Bonsoir à tous ! Voilà un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Je remercie tous mes fidèles lecteurs pour leurs commentaires. J'espère en avoir beaucoup d'autres pour pouvoir améliorer mon texte. Bonne lecture.

Chapitre 14 Taquineries

Mr Bennet se réjouissait à l'idée de surprendre sa famille en leur annonçant qu'il avait rendu visite à Mr Bingley. Évidemment, il ne s'attendait pas vraiment à ce que les trois dames soient vraiment surprises. Elle savait très bien qu'il ferait cette visite. Après tout, Netherfield lui appartenait et il était normal qu'il veuille connaître le nouveau locataire.

Mais Mme Bennet et les jeunes filles en eurent bientôt connaissance. L'événement fut alors révélé de la manière suivante : comme il n'en pouvait garder longtemps le secret, Mr Bennet, qui regardait sa seconde fille occupée à garnir un chapeau, lui dit subitement d'un ton plein de gaieté :

– J'espère, Lizzie, que Mr Bingley le trouvera de son goût.

Elisabeth leva les yeux et regarda son père avec surprise :

- Pourquoi devrait-il apprécier mon chapeau ? Ce n'est qu'un simple accessoire.

- Mais il est très joli. Et il sera sans doute de mon avis.

- Je pense qu'il ne s'en souciera guère lorsqu'il aura vu Jane au bal, répondit Elisabeth. Car, je suppose qu'il s'y rendra.

- Vous pouvez en être certaine, dit Mr Bennet. C'est un jeune homme charmant qui aime beaucoup la danse. J'ai pu constater qu'il était impatient de faire la connaissance de toutes les jeunes femmes, y compris mes propres filles.

Toutes trois le regardèrent avec surprise.

- Que voulez-vous dire, Thomas ? Êtes-vous allé rendre visite à Mr Bingley ? demanda Mme Bennet.

- Bien entendu. Je tiens à le connaître. Il me fait penser à un chiot plein d'enthousiasme pour tout.

Elisabeth sourit.

- Vraiment ? Il a l'air très agréable. Je suppose que vous voulez dire qu'il a un caractère semblable à celui de Jane ?

- Tout à fait. Mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose pour un homme. Il risque fort de se faire tromper par des gens mal intentionnés.

Jane écarquilla les yeux.

- Oh, Papa ! Vous n'êtes pas sérieux, n'est-ce pas ? dit-elle.

- Il faut espérer qu'il a des amis capables de veiller à lui éviter ce genre de situation, dit Elisabeth avant que son père ne puisse répondre à sa sœur.

Mr Bennet sourit.

- Je suis très sérieux, Jane. Et il serait préférable que Mr Bingley soit capable de se prendre en charge tout seul plutôt que de compter sur quelqu'un d'autre pour le faire.

- Il ne sera pas seul, n'est-ce pas, Papa ?

- Non. Il doit avoir des invités. Une tante qui sera son hôtesse, deux sœurs avec leurs maris et un ami.

- Eh bien, nous pouvons nous réjouir de pouvoir profiter de la compagnie de nouvelles personnes.

Jane était heureuse de savoir qu'ils allaient faire de nouvelles connaissances. Elle était très curieuse au sujet de Mr Bingley. Elle était bien trop modeste pour penser à Mr Bingley comme sa propriété légitime. Mais elle devait admettre qu'elle éprouvait une grande curiosité à faire sa connaissance. Ce qui, sans doute, était parfaitement naturel. Quelle jeune femme ayant l'âge du mariage pourrait ne pas être intéressée à faire la connaissance d'un beau jeune homme ? Elle rejoignait l'opinion de beaucoup de jeunes filles, bien que pour des raisons différentes.

?

Quelques jours plus tard, un matin, Jane quitta sa chambre et découvrit sa sœur, Lizzie, penchée par-dessus la rampe de l'escalier, au premier étage. En voyant sa sœur, elle lui fit signe de la rejoindre rapidement.

- Venez et voyez, Jane, Mr Bingley est venu rendre visite à notre père. Ils sont enfermés dans la bibliothèque depuis près de dix minutes, maintenant. Ils ne vont probablement pas tarder à sortir, maintenant.

Le bruit de l'ouverture de la porte de la bibliothèque confirma la théorie d'Elizabeth et des voix d'hommes se firent entendre. Leurs tons étaient bas et en sourdine, et les filles ne pouvaient pas entendre ce qu'ils disaient, peu importait la façon dont elles se sont appuyés sur la balustrade. Le visiteur s'apprêtait à partir après sa visite. Il avait espéré qu'on le présenterait à ces demoiselles, dont on lui avait beaucoup vanté le charme et la beauté. Mais il ne vit que le père.

- Regardons par la fenêtre. Peut-être aura-t-on un aperçu du jeune homme.

Les deux jeunes filles s'approchèrent de la fenêtre. Ils virent le garçon d'écurie qui amenait un cheval blanc dehors. Un homme en manteau bleu et chapeau de castor sortit de la maison et s'approcha de sa monture. Il avait un beau visage souriant, quelques boucles blondes s'échappant de son chapeau.

- Il est visiblement bien fait de sa personne, dit Jane.

- Je suis d'accord. Il faut espérer que son caractère sera aussi agréable que son apparence, approuva Lizzie. Et son cheval est magnifique, n'est-ce pas, Jane ?

Jane l'avait déjà remarqué et elle sourit. Les messieurs qui montent à cheval sont tous dotés d'une certaine élégance, dit-elle. Je crois, cependant, qu'il y a des choses plus importantes que la simple apparence. Je pense que nous devrions éviter les spéculations avant même de l'avoir rencontré. Peut-être devrions-nous nous demander s'il est intelligent, bien éduqué et respectable. Ce sont, je crois, des critères plus importants que l'apparence physique.

- Vous avez raison, Jane. Mais je ne vois rien qui permet de penser qu'il n'est pas respectable. Mais nous le saurons lors de l'Assemblée, puisqu'il compte s'y rendre.

Elles virent le jeune homme se hisser sur sa monture et jeter un rapide regard vers les fenêtres de l'étage. Elles s'écartèrent aussitôt, gênées d'avoir été surprises en train de l'observer. Puis le cavalier talonna sa monture et disparut bientôt de leur vue.

?

- Alors, Mr Bingley a l'intention de venir à l'Assemblée de demain ? demanda Jane à Charlotte Lucas, désireuse d'avoir une confirmation de la présence du locataire de Netherfield au bal, tandis que les trois jeunes filles marchaient tranquillement sur l'un des chemins conduisant de Lucas Lodge à Longbourn.

- Oui, et il doit emmener avec lui de nombreux invités, à ce que j'ai cru comprendre, répondit Charlotte en souriant. Quelque chose comme ses cinq sœurs et un autre monsieur.

- Cela fait trop de dames, dit Lizzie. Mais comme il s'agit de ses sœurs, cela ne devrait pas être trop gênant.

- J'ai entendu dire qu'il avait retourné sa visite à votre père et qu'il avait même pu avoir un aperçu de la plus célèbre des demoiselles Bennet.

Charlotte poussa ses deux amies du coude, mais elle adressa un regard parfaitement explicite à Jane.

- Je dirais que nous avons eu un meilleur aperçu de lui de notre fenêtre du premier étage que lui de nous du haut de son cheval, dit Lizzie. Nous avons pu voir qu'il était acceptable…, répondit Elisabeth en riant. Cependant, il était difficile de se faire une opinion sans le voir de plus près.

- Lizzie, ne soyez pas si moqueuse avec lui. Je suis sûre qu'il est beaucoup plus beau de près et que Papa la trouvé très agréable, la réprimanda doucement Jane.

- Nous le saurons demain, dit Charlotte. Je ne doute pas que l'Assemblée sera mémorable.

- Pauvre Mr Bingley ! Je crains que les matrones du voisinage ne voient seulement en lui un mari potentiel pour leurs filles, dit Lizzie. Sa situation ne sera pas facile. Et s'il a invité d'autres amis célibataires, leur sort ne sera pas meilleur. Elles vont les pourchasser sans leur donner la moindre chance de s'échapper.

- Voyons, Lizzie, vous ne pensez pas que vous exagérer ? demanda Jane.

- Non, absolument pas ! N'êtes-vous pas d'accord avec moi, Charlotte ?

- Je pense que vous avez raison, Lizzie. Mais je crois aussi qu'elles n'auront pas la moindre chance lorsque Mr Bingley aura vu Jane. Elles seront bien obligées de se résigner à leur déception.

Jane devint écarlate.

- Lizzie ! protesta-t-elle. Vous ne devriez pas parler ainsi !

- Mais c'est une évidence, Jane. Vous êtes la plus belle jeune fille du voisinage. À moins d'être complètement aveugle, il ne pourra pas ne pas vous remarquer.

- Je préfèrerais être vue par autre chose que mon aspect physique, dit Jane.

Lizzie saisit la main de sa sœur.

- Oh Jane, vous ne devez pas vous inquiéter. Je suis sûre que vous rencontrerez un homme qui verra au-delà des apparences. Votre bon caractère, votre douceur, votre gentillesse sont évidents pour tous. Il ne pourra pas ne pas les voir.

- J'ai bien peur, Lizzie, que les messieurs s'intéressent à d'autres choses que le caractère ou l'apparence physique, dit Charlotte. Comme la dot, par exemple. C'est un critère qu'ils jugent important. Vous devez bien vous douter que dans la bonne société, le rang, la fortune et les relations comptent plus que la beauté, le respect et l'amour.

- Je le sais. Mais je préfère rester célibataire plutôt que d'épouser un homme que je ne peux ni respecter ni aimer.

- Je pense que ce genre de mariage est rare, Lizzie, dit Charlotte. Et nous, les femmes, n'avons pas toujours d'autre choix que de prendre ce qui se présente.

- Pensez-vous que j'aurai dû accepter Mr Clarke ?

Charlotte eut une grimace de dégoût.

- Non, je ne crois pas. L'homme était insupportable. Il ne cessait de faire la morale aux autres, mais ne respectait même pas ses propres conseils. Non, vous avez eu raison de le repousser. Il ne vaut pas la peine que vous le regrettiez. Il était vraiment déplaisant avec sa croyance qu'il savait tout sur tout mieux que les autres.

- Je ne pouvais pas le respecter, dit Lizzie. Son comportement était méprisable. Et il était évident qu'il n'avait pas le moindre respect pour moi. Il croyait pouvoir m'acheter. Et il s'attendait à ce que j'approuve tout ce qu'il disait comme si je n'avais pas de cervelle. Il était vraiment ridicule.

Jane était très gênée. Elle aurait voulu protester, mais elle savait très bien que ce serait un mensonge. Pour dire la vérité, elle non plus n'aimait pas Mr Clarke. Sa conduite envers sa chère sœur l'avait profondément choquée. Surtout lorsqu'il avait laissé entendre qu'en tant qu'enfant trouvée, elle avait peu de chance de voir un autre homme demander sa main. Elle avait été soulagée lorsque son père avait chassé l'homme de Longbourn en lui interdisant d'y remettre les pieds. Il ne valait vraiment pas la peine qu'on le regrette.

- Je ne pense pas que Mr Bingley soit comme Mr Clarke, dit-elle. Sinon, Papa nous l'aurait dit. Et comme il est peu probable que nous le revoyons un jour, il vaudrait mieux ne plus parler de lui.

- Vous avez raison, Jane. Oubliez-le. Ce serait lui faire trop d'honneur que de penser à lui.

Les trois jeunes filles poursuivirent leur chemin, en discutant de sujets plus agréables.