On se retrouve pour le véritable début de cette grande aventure!
LES CINQ PICS, CHINE
-Maître Eunomie, c'est impossible !
Le jeune homme qui vient de prononcer ces mots se nomme Kadmos. Il vient de Grèce et a 14 ans, et depuis 6 ans, il s'entraîne pour devenir un Chevalier de Bronze de la Déesse Athéna. Mais là… Ce que lui demandait son maître était tout bonnement impossible ! Cette dernière était assise en tailleur sur une petite corniche surplombant la grande cascade de Rozan, tandis que Kadmos se tenait face à cette impressionnante étendue d'eau. C'était une femme à l'allure altière, aux longs cheveux blonds et au visage constamment caché par un masque doré, si bien que le jeune homme n'avait jamais vu à quoi ressemblait ce maître pour laquelle il avait tant d'admiration et qui lui avait tout appris. Kadmos avait également des cheveux blonds mais coupés courts, et aux yeux d'un bleu semblable à celui de la cascade qui lui faisait face et qui semblait lui causer bien du souci. Avec un petit rire, Eunomie tenta de rassurer son élève.
-Allons, je sais que tu en es capable. Je t'ai appris tout ce que je savais, c'est-à-dire plus que juste rester assis !
-Mais… Inverser le courant de la grande cascade, j'en suis incapable… C'est contraire aux lois de la nature !
-Et qui a dit que la nature devait dicter ses lois ? Le saumon ne nage-t-il pas à contre-courant une fois le printemps revenu ? Nous autres Chevaliers interagissons avec le monde qui nous entoure grâce à notre Cosmos, et inverser le courant d'une cascade n'est pas grand-chose… C'est ta dernière épreuve avant d'obtenir ce pourquoi tu es venu i ans !
À la mention de l'objet de sa quête, Kadmos respira un grand coup et se concentra. Depuis 6 ans, il avait encaissé l'intégralité de l'entraînement de son maître, qui si elle ne fut jamais injuste ou cruelle n'en demeurait pas moins exigeante et sévère, convaincue du potentiel de son protégé. Sentant le Cosmos, cet univers au fond de lui, le jeune homme laissa cette formidable énergie parcourir son corps, focalisé sur un seul but : inverser le courant de cette cascade. Puis, déclenchant un uppercut rageur, Kadmos libéra la technique qu'Eunomie lui avait appris.
-ROZAN SHŌRYŪHA !
Un dragon ascendant jaillit alors du poing du garçon, et le résultat escompté fut là : un bref instant, le courant de la grande cascade de Rozan s'inversa, dévoilant ce pour quoi Kadmos était venu lorsqu'il avait 6 ans : une étrange statue en forme de dragon. Mais en réalité, ce n'était pas une statue : il s'agissait d'une Armure… Toujours perchée sur sa corniche, Eunomie eut un sourire satisfait derrière son masque.
-Aujourd'hui, le Dragon a pris son envol…
L'ÎLE D'ANDROMÈDE, AU LARGE DE L'ACTUELLE SOMALIE
-Ce gros nul d'Alpheratz n'a aucune chance de réussir.
-Tant pis, on en sera débarrassés ! Ça m'étonne quand même que le maître Palomar l'ai envoyé à la mort comme ça vu comme il le chouchoute…
La population de l'Île d'Andromède s'était rassemblée pour observer ce qui est appelé l'épreuve du Sacrifice. Sur cette île est gardée l'Armure de Bronze d'Andromède, sous la responsabilité de Palomar, Chevalier d'Argent de Céphée. Un adolescent, presque un jeune adulte, était attaché par des chaînes qui semblaient indestructibles à un rocher battu par les flots. Ce jeune garçon, aux cheveux et yeux verts, répond au nom d'Alpheratz. L'épreuve du Sacrifice repose sur un concept simple : si le candidat survit, en se libérant des chaînes grâce à son Cosmos, alors il sera fait porteur de l'Armure d'Andromède. Mais s'il échoue à se libérer avant d'être englouti par les flots… Épargnons-nous les détails, voulez-vous ?
Observant au loin, Palomar ne pouvait se défaire d'une sourde inquiétude. Alpheratz devait devenir le Chevalier d'Andromède. Il le fallait. L'avait-il envoyé trop tôt à cette épreuve si dangereuse ? Mais… Si le jeune portugais ne se montrait pas digne d'Andromède, personne ne le pourrait. Le Chevalier de Céphée en était convaincu. Une telle gentillesse, une telle bonté d'âme émanait du jeune garçon, ce qui lui valait souvent les moqueries de ses camarades. Mais cela, Palomar s'en moque : les autres était trop dissipés et tout simplement pas au niveau d'une Armure de Bronze, trop indignes de devenir l'un des Chevaliers de la Déesse Athéna. Cependant, le temps passait, et le rocher commençait à être totalement englouti par les flots… Sous l'eau, Alpheratz tentait de brûler son Cosmos, cette mystérieuse énergie qui habitait son corps. Ce n'est pas seulement pour lui qu'il voulait cette Armure, mais également pour tenir sa promesse faite envers deux personnes.
-S'il te plaît, Cosmos qui est en moi… Brûle ! Jaillis ! Rien qu'un instant… Permets-moi de me libérer de ces chaînes !
Mais tout espoir semblait perdu : le rocher était désormais totalement submergé… Palomar baissa la tête, alors que les autres élèves se gaussaient de l'échec de leur camarade.
-Alpheratz… Finalement, même pour toi, c'était trop difficile…
Mais alors que le Chevalier de Céphée se lamentait de la perte de son meilleur élève, une gerbe d'eau se souleva depuis le rocher où avait lieu l'épreuve du Sacrifice. Triomphalement, Alpheratz se tenait debout, sourire franc aux lèvres et yeux fermés en raison de l'effort, les chaînes d'Andromède à la main. Palomar jubilait : il avait réussi !
-Maître Palomar, j'ai réussi… Ankaa, j'ai réussi seul, sans l'aide de personne !
PLAINES GELÉES DE SIBÉRIE
La température devait avoisiner les -30°C, mais cela ne semblait pas indisposer les trois individus qui se tenaient debout dans cette grande plaine, face à un mur de glace semblant indestructible. Ils avaient tous trois le teint très clair. Le plus âge d'entre eux, qui était le maître des deux autres, était torse nu, et possédait de courts cheveux bleus clairs ainsi que des pupilles de la même couleur. Ses élèves étaient un garçon et une fille du même âge, de jeunes adolescents : le garçon était habillé d'une tunique bleue sans manches, avait des cheveux bruns lui arrivant à la nuque et des yeux gris comme l'acier. Quant à la fille, sa chevelure d'ébène contrastait avec la pâleur de sa peau et sa tunique blanche comme la neige. Mais ce qui était certain, c'est que la température extrême ne refroidissait en rien les ardeurs des deux élèves, qui étaient ici depuis 6 longues années. Et enfin… le maître les a jugés dignes de tenter de remporter leurs précieuses Armures. Croisant les bras de satisfaction, Ganymède (car c'est son nom) pensa à tout le chemin parcouru par ces enfants.
-Albireo, Fuyuka… Vous n'étiez que des enfants quand je vous ai accueilli ici. Tu sais que j'ai entrainé ton frère, Albireo, mais tu es tout aussi unique et tu seras un vaillant Chevalier. Quant à toi, Fuyuka, si je ne peux t'apprendre le rôle des Saintias, je t'ai enseigné tout ce que je sais sur les techniques de glace. Les enfants, montrez-moi ce que vous avez appris toutes ces années !
Albireo et Fuyuka firent face au mur de glace éternel, dernière étape avant l'obtention de leurs Armures. L'épreuve n'est pas compliquée sur le principe : démolir ce mur pour y déloger les Armures qui y sont logées, celles du Cygne et de la Couronne Boréale. Mais si Ganymède n'aurait aucun souci pour réduire en miettes ce mur, ça allait être une autre paire de manches pour ses élèves ! Toutefois, il n'avait aucun doute sur leur réussite, aussi se prépara-t-il à apprécier le spectacle. Les candidats firent chauffer leurs Cosmos, prêts à démolir le mur qui leur faisait face puis, d'un seul et unique violent coup de poing de leur part, le mur se fissura, dévoilant deux Pandoras Box, ornées d'un cygne et d'une couronne. Fermant les yeux de satisfaction, Ganymède congratula mentalement ses élèves qui ne tenaient plus en place.
-Le Cygne a déployé ses ailes, et la Couronne Boréale a trouvé sa reine… Félicitations, les enfants !
Albireo et Fuyuka, désormais Chevalier du Cygne et Saintia de la Couronne Boréale, échangèrent une étreinte joyeuse avant de se séparer, un peu gênés par tant de proximité d'un coup, avant que la japonaise ne reprenne la parole.
-C'est… C'est super. Tu vas enfin pouvoir revoir ton frère !
-Oui, c'est vrai… J'ai vraiment hâte ! Et toi, tu vas pouvoir assister Delphini, à présent !
DEATH QUEEN ISLAND
L'échange de coups était d'une brutalité rare, même pour des Chevaliers, et il était évident que le premier qui se prendrait un coup serait mis KO. Mais entre parades, esquives et contre-attaques, ni l'un ni l'autre ne semblait pouvoir prendre le dessus. L'atmosphère étouffante de l'île n'aidait pas à calmer le combat, et contribuait au contraire à augmenter son intensité. Depuis une falaise environnante, un centaure en Armure d'Argent observait avec satisfaction l'échange entre ses deux élèves, qui à coup sûr obtiendraient leurs Armures à l'issue de cet entraînement. Ses protégés, un garçon et une fille, tous deux dans l'adolescence, continuaient leur échange de coups : le jeune homme tenta une balayette circulaire pour faire chuter sa camarade, mais celle-ci anticipa et fit un salto arrière pour passer dans le dos de son ami, avant de lui donner un coup du tranchant de la main dans la nuque, si brutal qu'il s'effondra sur le coup, hors combat. Haletante, la jeune femme reprit son souffle avant d'être rejoint par le centaure.
-Je vois que tu n'y vas toujours pas de main morte, Tsih !
L'intéressée tourna le regard vers leur maître en souriant, heureuse d'avoir un compliment de la part du légendaire Chiron du Centaure. Il n'avait beau être qu'un Chevalier d'Argent, il avait entraîné les plus grands, dont des Chevaliers d'Or, et c'est lui-même qui choisit ses élèves, intéressé par les potentiels.
-J'ai eu beaucoup de chance, maître, si le combat s'était éternisé, j'aurais sûrement perdu.
-Peut-être, peut-être pas… En tout cas, je suis fier de vous. Je vais réveiller ton camarade !
Appuyant sur un point vital du garçon pour le réveiller, le Centaure lui demanda comment ça allait, ce à quoi il répondit positivement, plus blessé dans son amour-propre que physiquement malgré la tatane que Tsih lui avait envoyé.
-Alors, ça fait combien maintenant Ankaa ? 50 partout ?
Ankaa resta muet un instant, le temps de boire un peu d'eau et de faire le décompte. Depuis qu'ils s'entraînaient tous deux, depuis déjà six longues années, Tsih et lui se livraient une petite compétition amicale pour avoir un objectif supplémentaire et comme peut l'attester le score, la compétition était serrée !
-C'est ça, égalité parfaite, même si ça me fait mal de l'admettre. Enfin, au moins j'ai du challenge avec toi !
-Je te retourne le compliment !
Chiron observa encore un instant ses élèves avant de les interrompre. Désormais, il en était certain : c'était le bon moment pour leur offrir leurs Armures. Faisant demi-tour, le centaure revint bien vite avec deux Pandoras Box qu'Ankaa et Tsih reconnurent aussitôt : les Armures du Phénix et de Cassiopée ! Réalisant la stupeur de ses élèves, Chiron leur fit un grand sourire.
-Elles sont à vous, désormais !
Le fraîchement promu Chevalier du Phénix serra le poing de satisfaction : enfin, il allait retrouver son frère…
ATHÈNES, GRÈCE
Deux femmes, l'une masquée, l'autre le visage découvert, se battaient, bien que le terme « bagarre » soit inapproprié, car il s'agissait d'un entraînement. La femme masquée était indubitablement le maître, tant son expertise surclassait l'autre combattante sur tous les points. Elle était plutôt petite, mais costaude, avec des cheveux blonds lui arrivant à la nuque. Son élève, qui n'avait pas de masque, avait des yeux verts et une longue chevelure rousse qui lui arrivait jusqu'au bas du dos. Haletante, elle avait du mal à suivre la cadence infernale de l'entraînement du jour.
-On s'arrête pour aujourd'hui Kitalpha, ça ne sert à rien de continuer tu n'es pas en état. Est-ce le fait d'obtenir ton Armure demain qui te stresse ?
Kitalpha hocha la tête devant son maître, Mégara de l'Aigle, réputée comme l'une des meilleures Chevaliers d'Argent. Soupirant derrière son masque, elle tenta de rassurer son élève.
-Tu sais ce que je pense des Saintias, je ne suis vraiment pas fan de ça. Je pense que tu vaux plus qu'une simple servante alors que tu sais te battre ! Mais la Déesse elle-même t'a choisi comme candidate pour l'obtention de l'Armure du Petit Cheval, alors je sais que tu y arriveras et que tu seras excellente à la tâche. Tu me le promets ?
La future Petit Cheval hocha la tête d'approbation, avant de demander à son maître où se situait un certain Homam, son camarade qui était aussi l'autre disciple de Mégara. L'Aigle haussa les épaules, supposant qu'il devait s'entraîner exceptionnellement avec une personne nommée Héraclès. Un peu plus loin, les intéressés s'entraînaient, bien que la « lutte » était complètement inégale ! Héraclès était un homme à la musculature massive, avec des cheveux noirs comme l'ébène et une barbe de la même couleur. Son œil gauche était crevé, signe d'une vie de combats, et son œil droit était de la même couleur que sa chevelure. Quant à Homam, ce n'était qu'un adolescent à la peau mat qui ne faisait pas vraiment le poids physiquement. D'un coup de poing assez violent, Héraclès envoya valser son protégé au loin, qui traversa une maison et s'écrasa devant deux Chevaliers d'Argent qui paniquèrent de cette intrusion intempestive. Précipitamment, ils se dirigèrent vers le maître des lieux.
-Maître Indra, maître Indra ! Quelqu'un vient de rentrer chez nous !
Indra était assis en tailleur et semblait méditer profondément, mais prêta attention aux alertes de ses disciples, qui répondaient aux noms de Metallah et Keyser, respectivement Chevaliers du Triangle et du Paon. Homam se releva piteusement avant de faire face à l'homme en tailleur, au teint indien et dont se dégageait un Cosmos colossal. Calmement, l'homme prit la parole, ou plus exactement une voix résonna dans l'esprit du jeune perse.
-C'est donc toi Homam, candidat à l'Armure de Bronze de Pégase ?
L'intéressé était trop éberlué pour répondre : ce vieux était yeux clos et bouche fermée, comment pouvait-il parler ? Embarrassé, il marmonna une piteuse réponse.
-Oui, c'est bien moi. Et vous ? Qui êtes-vous ?
-Il faut être sot et fortement simplet pour fouler le sol de cette demeure sans connaître le nom de son occupant. Ce n'est pas mon véritable nom, mais ici, tout le monde m'appelle Indra et je te suggère de faire de même. Dis-moi, pourrais-tu faire passer un message à mon cher voisin Héraclès ?
-Euhh... Oui, si vous voulez...
-Dis-lui qu'il serait dommage que le Sanctuaire soit détruit par seulement deux personnes. Surtout si celles-ci sont simplement en train de s'entraîner.
-D'accord, je lui dirais. Bon, je vais y aller ! À plus le vieux !
-C'est cela, va-t-en !
Voyant le jeune homme partir, Indra ne reprit pas immédiatement sa méditation, contrairement à ses habitudes. S'il ne se trompait pas, cette rencontre avec Homam n'est certainement pas la dernière…
-Enfin… Les cinq Chevaliers qui sauveront notre monde seront bientôt réunis ici, au Sanctuaire.
De nombreux personnages ont été introduits, et le chapitre suivant sera consacré à leur intronisation... On espère que ça vous plaira! Si c'est le cas, n'hésitez pas à partager, laisser une review ici ou sur les réseaux sociaux, ça prend pas longtemps et ça nous fait vraiment plaisir et nous motive à vous offrir la meilleure histoire possible!
