Bonsoir à tous, on se retrouve pour la suite de cette aventure mythologique et la fin du premier arc de cette histoire! Delphini a vaincu le Sculpteur Noir, mais elle n'est pas indemne pour autant: va-t-elle s'en sortir? Et qu'en est-il des autres combattants? Les réponses immédiatement!
Haletante, Delphini laissa un genou tomber à terre. Quel adversaire redoutable le Sculpteur Noir avait été… Mais c'était terminé : désormais, les Chevaliers Noirs étaient vaincus, et plus jamais ils ne causeraient de tort. À présent, il fallait retourner chez Chiron, mais la Saintia du Dauphin en aurait-elle seulement la force ? Sa blessure à la hanche s'était élargie lors du dernier assaut, et appliquer une pression dessus ne suffirait certainement pas à arrêter complètement l'hémorragie. Titubante, l'adolescente mit un pied devant l'autre, difficilement, sa vision floue, consciente qu'elle avait bien peu de chances de s'en sortir. Au moins, si elle venait à mourir aujourd'hui, elle pourra se dire qu'elle a été jusqu'au bout une véritable protectrice d'Athéna… Mais son jour n'était pas encore venu. Une silhouette frêle se présenta à Delphini, et la hissa sur ses épaules, bien déterminée à ne pas laisser sa cheffe mourir ici.
-Tiens bon, Delphini ! On a gagné, tu vas quand même pas me claquer entre les mains ? Comment je vais faire pour devenir une Saintia digne de ce nom sans toi ?
Reconnaissant la voix enjouée de la Petite Ourse, le Dauphin eut un faible sourire, heureuse de cette intervention providentielle et de voir à quel point Plume avait gagné en maturité en si peu de temps. Bafouillant, Delphini remercia sa camarade de l'avoir sauvée mais la plus jeune des Saintias secoua la tête d'un air agacé.
-Tu me remercieras lorsqu'on aura retrouvé les autres ! Je crois que tous l'ont emporté… Pas question que tu ne participes pas à notre victoire !
Le reste du trajet se fit dans un silence morne, Plume se concentrant pour ne pas céder. Et enfin, telle une vision paradisiaque, la destination recherchée se présenta aux deux Saintias : la cabane de Chiron. Et si ça n'était évidemment qu'une petite mansarde, la Petite Ourse y voyait là la plus somptueuse des demeures, après l'intensité des combats que tous avaient eus à mener. Toquant difficilement à la porte, Plume trébucha (encore) à l'entrée avec Delphini sur le dos, mais cela n'ôta rien à sa bonne humeur à propos du fait que tout le monde était là, en vie. En bonne santé ? Pas vraiment. Les moins amochés avaient quand même sacrément morflé, et certains étaient dans un état critique. Fort heureusement, si Chiron n'était pas faiseur de miracles, il restait un médecin talentueux et avait pu sauver d'une mort certaine certains des combattants venus exterminer les Chevaliers Noirs. En plus des 10 Chevaliers, il y avait également un homme enchaîné par les chaînes d'Andromède. Trop exsangue pour demande qui c'était, Plume se contenta de faire son rapport à Chiron, qui la félicita ainsi que l'ensemble de ses camarades.
-Vous avez fait du bon travail, Chevaliers. Vos adversaires étaient redoutables, mais vous avez su prouver que vous étiez dignes de vos Armures. Je ne peux pas totalement vous soigner, mais une fois au Sanctuaire, vous irez mieux, soyez-en assurés. Nous n'avons plus qu'à attendre le retour du capitaine Theophrastus, désormais.
À peine le Centaure avait-il terminé sa phrase qu'un navire mouilla au port de fortune de l'île. Par chance, c'était celui du capitaine ! Le Centaure alla l'accueillir, mais une expression de terreur se lisait sur le visage du marin, alors qu'un homme orné d'un masque terrifiant débarquait du navire, avec une petite fille dont le visage ressemblait étrangement à celui d'Alpheratz lorsqu'il était plus jeune. Cela troubla profondément Ankaa, qui se demanda comment une telle similitude pouvait être possible ! Mais il ne dit rien, tant le Cosmos colossal de l'homme était écrasant, nettement supérieur au sien ou que celui de n'importe quel Chevalier ou Saintia présents. Seul Chiron semblait pouvoir lui tenir tête, mais assez curieusement, le Chevalier d'Argent du Centaure avait un air serein sur le visage, comme s'il était content de voir le nouveau venu.
-Merci d'être venu, Énochos.
-Ce n'est pas pour toi que je suis venu, mais uniquement par dette envers Athéna. Tes petits Chevaliers de Bronze et Saintias sont-ils parvenus à vaincre la menace ?
-À la perfection.
-Ce ne sont donc pas totalement des incapables… Je te dis adieu, Chevalier du Centaure, car nous ne nous reverrons pas. Et les inconscients qui fouleront le sol de cette île dans une vaine quête de puissance n'en ressortiront pas… Pas vivants, en tout cas.
-Je n'ai aucun doute là-dessus. Allez, en route mauvaise troupe ! On rentre au Sanctuaire !
Les Chevaliers de Bronze et les Saintias ne se le firent pas dire deux fois : ni une ni deux, ils montèrent à bord du navire qui les ramèneraient chez eux, au Sanctuaire. Contrairement à l'aller, Homam ne passa pas son temps à vider son estomac par-dessus bord : son combat contre Markab l'avait trop éreinté, tant sur le plan physique que moral, pour qu'il pense à autre chose. Il redoutait grandement le moment où il allait devoir annoncer à Mégara qu'il avait dû tuer un ancien camarade. Le même genre de pensées troublait Kadmos, d'un autre style : car si Homam n'avait pas eu le temps de réellement connaître Markab, Kadmos considérait presque Thuban comme un frère. Dire qu'il avait été celui à lui ôter la vie… Au fond de la cale, Charles, Chevalier Noir du Caméléon, fixait des yeux celui qui lui faisait face. Alpheratz dormait profondément, comme un bienheureux, tandis qu'Ankaa dardait de ses prunelles azures le scandinave. Celui-ci eut un sourire mesquin face au portugais.
-Qu'est-ce qu'il a pu nous soûler avec toi. Et Ankaa par-ci, et Ankaa par-là… Un vrai geignard, ton frère aîné. Je n'en reviens toujours pas d'avoir perdu contre lui…
-Mesure tes paroles, Chevalier Noir. Je n'ai ni la bonté ni la miséricorde d'Alpheratz, et si ça ne tenait qu'à moi, tu serais en train de nourrir les poissons du Pacifique. Je me moque bien de ce que tu penses de moi, mais si tu redis du mal de mon frère… Je me chargerais moi-même de ta punition. C'est une situation que tu ne veux pas voir arriver, je peux te l'assurer.
Déglutissant, le Caméléon Noir baissa les yeux, intimidé par la prestance du véritable Phénix qui surpassait largement celle de Fawkes…
Le reste de la traversée se déroula sans incidents notables, et un peu plus de deux semaines plus tard, ils furent tous de retour au Sanctuaire. Chiron ouvrit le cortège, et les Chevaliers d'Or laissèrent la petite procession passer, conscients de l'urgence de la situation. Rapidement, les Chevaliers de Bronze et les Saintias se retrouvèrent devant Athéna. Le Centaure décida de faire son rapport, se doutant bien qu'il était en meilleur état que les adolescents !
-Chiron du Centaure au rapport, Déesse Athéna. Notre long périple sur Death Queen a été couronné de succès : les Chevaliers de Bronze et Saintias ont brillamment réussi la mission qui leur avait été confiée. Les Chevaliers Noirs ne sont plus une menace pour l'instant, mais il n'est pas impossible que d'autres individus, attirés par l'appât du gain et de la puissance superficielle, ne décident de revenir sur l'île en quête des Armures Noires. Ça ne sera pas un souci : ils pourront essayer d'y entrer, ils n'en ressortiront pas Énochos est désormais le gardien de cette île. Tant que lui et sa descendance veilleront, la Chevalerie ne sera pas inquiétée par ces traîtres qui salissent votre nom. De plus, si la majorité des Chevaliers Noirs ont été éliminés, le jeune Alpheratz a épargné son adversaire qui était un de ses camarades d'entraînement. S'il est absolument exclu qu'il puisse concourir pour une nouvelle Armure, nous pourrions toutefois en faire un garde du Sanctuaire.
Athéna se leva de son trône et se saisit de son sceptre. Une telle aura de divinité se dégageait d'elle… Souriant, elle prit la parole.
-Merci, mon très cher ami. Chevaliers de Bronze, Saintias, je crois que les félicitations sont de rigueur ! Bien que je ne doutais pas de votre valeur et de votre courage, vos adversaires étaient puissants, et vous avez su prouver que vous n'aviez pas usurpé vos Armures. La Chevalerie vous doit une fière chandelle, et vous avez bien mérité un peu de repos ! Quant au camarade d'Alpheratz, libérez-le. Je ne lui imposerais rien : s'il souhaite se mettre au service du Sanctuaire, je l'accueillerais avec plaisir s'il souhaite partir, je ne l'en empêcherais pas. Chiron, je pense qu'un passage dans la 9ème maison du zodiaque s'impose pour nos jeunes amis. Peux-tu les accompagner ?
-À vos ordres, Déesse Athéna.
Avec un dernier salut, les onze combattants se dirigèrent vers le 9ème maison du zodiaque, celle d'Ophiuchus. À l'aller, ils n'avaient pas croisé le Chevalier en poste, mais il y avait désormais signe de vie, l'occupant des lieux devait donc être rentré.
-Asclépios ? Asclépios ! Mon cher élève, c'est moi, Chiron !
À l'entente de ce nom, le Chevalier d'Or qui habitait cette maison se dévoila. Kadmos le reconnut alors : c'était celui à la chevelure violette, avec un sceptre orné d'une tête de serpent dans la main droite. C'était donc lui, le fameux Asclépios d'Ophiuchus, surnommé le Guérisseur ou bien encore l'Homme le plus pur du Sanctuaire…
-Ces qualificatifs me gênent, maître, dit d'un ton un peu gêné le maître des lieux. Je ne fais que mon travail de Chevalier d'Or et médecin ! Jeunes gens, je dois vous féliciter pour le succès de votre mission. Mais il semblerait que vous ayez mené de rudes combats ! Par chance, je suis l'homme de la situation : détendez-vous et laissez-moi faire.
Chauffant son Cosmos, le Chevalier d'Or d'Ophiuchus apposa les mains sur chacun des Chevaliers de Bronze et Saintias. Et, miraculeusement et quasi instantanément, l'intégralité des blessures subies par les combattants furent guéries ! Un tel pouvoir était bien digne d'un Chevalier d'Or, ceux considérés comme les 14 humains les plus puissants de la planète… Amusé, Chiron prit la parole.
-Impressionnés, les enfants ? Telle est la puissance d'Asclépios. Il n'est pas le plus puissant des Chevaliers d'Or en termes de combat, mais ses capacités de guérison sont absolument inégalées ici au Sanctuaire. Même notre Déesse ne lui arrive pas à la cheville, c'est elle-même qui le dit.
-Vous me flattez, maître. Nous avons tous nôtre rôle à jouer dans ce combat, et je suis heureux de remplir le mien.
-Tu es trop modeste, mon ami… Allez les petits, quartier libre jusqu'à ce qu'on ait besoin de vous ! Vous avez bien mérité un peu de repos.
Dans la maison du Verseau, Ganymède avait accueilli Mikhaïl et Sobieski, attendant le retour d'Albireo pour le féliciter. La Croix du Sud donnait l'impression d'être indifférent, mais en réalité, il s'était fait un sang d'encre pour son petit frère chéri, l'Écu ne manquant pas de le taquiner sur ça. Le Chevalier du Verseau eut un petit sourire satisfait, car s'il ne considérait pas les émotions comme une faiblesse, il admirait tout de même l'impassibilité de son premier élève.
Kadmos, de son côté, rentra piteusement dans la maison de la Balance, et dit d'une petite voix le nom de son maître pour s'assurer qu'elle était bien là. L'intéressée répondit, et remarqua immédiatement le trouble de son élève.
-Maître… J'ai… J'ai retrouvé Thuban.
Un mélange d'excitation et d'inquiétude submergea alors la Balance, qui demanda plus de précisions, mais lorsque le Dragon lui apprit que leur ami était mort, tué par sa propre main, elle resta muette de tristesse. Puis, se doutant que Kadmos cherchait du réconfort, elle lui demanda alors si tous deux s'étaient battus fidèles à leurs principes et lorsque son élève lui affirma, un fin sourire se dessina derrière le masque de la Justice incarnée.
-Alors, c'est tout ce qui compte. Je te souhaite une bonne nuit, mon cher élève.
Le son de cloche était bien différent chez Mégara, en apprenant d'Homam et Kitalpha la mort de son premier élève. Rien à foutre de ce bâtard, il l'avait bien cherché et a eu ce qu'il méritait ! Le ton impitoyable de l'Aigle surprit légèrement Pégase et le Petit Cheval, mais ils prirent congé rapidement.
Dans la soirée, avant d'aller se coucher, les 10 combattants se retrouvèrent et se félicitèrent mutuellement. Le combat avait été éprouvant, mais certainement pas vain, et ils formaient désormais une bonne petite équipe. Unissant leurs poings en signe d'amitié fraternelle, les Chevaliers d'Athéna se jurèrent de continuer à se battre pour elle. C'était une victoire plus qu'éclatante pour un premier combat ! Désormais unis comme les dix doigts des mains, les Chevaliers de Bronze et les Saintias étaient plus que jamais déterminés et prêts à se battre pour l'amour, la justice, la paix… Pour Athéna !
SANCTUAIRE, CHAPITRE 1 : FIN
C'est donc sur un succès total que s'achève ce premier arc. Mais des combats bien plus périlleux attendent les Chevaliers d'Athéna, qu'ils soient de Bronze, d'Argent ou d'Or...
Nous allons effectuer une petite pause dans la publication, d'au moins une semaine le temps de nous laisser rédiger les derniers chapitres du 2ème arc qui sera bien plus conséquent que celui-là (au moins le double de chapitres si ce n'est le triple). Quoi qu'il en soit, ce deuxième arc est quasiment terminé, donc le hiatus ne devrait pas être trop long! Dans tous les cas, merci à toutes et à tous de passer sur cette histoire, ça nous fait vraiment super plaisir.
Si ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à partager ou à laisser une review, ça prend pas longtemps et vous n'imaginez pas le boost de motivation que ça représente pour nous. De mon côté je vous dis à je sais pas quand (mais dans au minimum une semaine), d'ici là portez vous bien et surtout, que brûles votre Cosmos!
