Pfiouuu ce chapitre m'a donné un peu de mal mais le voilà et j'espère qu'il plaira. C'est tellement difficile pour moi de me remettre à écrire en français alors que ça fait des années que je passe mes journées à parler en anglais. Je galère à trouver les mots ou les bonnes tournures de phrases c'est affreuuuuuux w

En tout cas j'espère que cela ne se ressent pas trop à la lecture, j'essaye de la rendre la plus agréable possible… Mais peut-être que mon histoire sera plus facile à lire une fois que notre Clexa débutera vraiment x)

Trève de blabla, je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 5 - Mieux vaut une défaite qu'un triomphe coupable

Quelques minutes auparavant, de l'autre côté de la vitre.

Clarke n'en croyait pas ses yeux. Lorsque la porte de l'arène s'était ouverte pour laisser entrer le dixième combattant, elle pensait avoir tout vu. Après sa dernière victoire elle pensait vraiment être sur le point de réussir. De rejoindre les Grounders. Rejoindre Lexa. Mais lorsqu'elle vit Octavia lui faire face, elle sut qu'elle avait perdu.

Incapable de parler ou d'esquisser le moindre geste en direction de son amie, Clarke la regarda avec désespération. Elle cherchait par dessus tout à trouver un éclat dans le regard d'Octavia, scrutant son visage familier à la recherche du signe le plus infime qu'elle l'avait reconnu. Elle n'y trouva rien d'autre que de l'indifférence. Le visage complètement fermé, celle-ci avançait d'un pas déterminé dans sa direction.

Une vague de désespoir parcouru le corps de Clarke. Elle entrouvrit la bouche, voulant appeler Octavia, mais aucun mot n'en sorti. Elle voulait la voir réagir, la supplier de la reconnaître, d'arrêter ce mauvais jeu. Elle voulait recommencer là où elles s'étaient arrêtées. Oui Clarke voulait tout cela, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge nouée. Tout comme les sentiments amoureux de Raven, la froideur de la conduite d'Octavia montrait qu'elle ne partageait dorénavant plus la même histoire. Le même passé. Et cela brisait le coeur de Clarke en un millier de petits morceaux.

Les jambes tremblantes, elle regarda son amie lui faire face. Elle regarda la jeune femme brune déposa son sabre au sol pour lui offrir un combat équitable à mains nues, Et Clarke aurait pu sourire devant cette force de caractère propre à Octavia si elle n'était pas aussi exténuée par ses précédents combats. Mais au contraire cette nouvelle action n'eut de don que de renforcer son malaise. Comment pouvait-elle être si différente et si similaire avec son Octavia. Cela la dépassait complètement.

Lorsqu'Octavia commença à se rapprocher, Clarke recula instinctivement. Elles avaient beau être à armes égales, la jolie blonde savait qu'elle ne tenait toujours aucune chance face à elle. Aussi essaya-t-elle de retarder l'affrontement fatidique en conservant une distance de sécurité avec la jeune guerrière. Même s'il s'agissait de son amie, même si elle savait que ses chances de réussite étaient inexistantes. Clarke se devait de réussir. Coûte que coûte. Elle ne pouvait échouer si près du but.

C'est pourquoi malgré les battements incessants de son coeur, malgré ses jambes flageolantes, malgré sa gorge nouée et la transpiration qui perlait sur son front, elle se mit en garde et se tint prête. Du moins c'est ce qu'elle pensait.

Octavia attaqua avec une rapidité déconcertante, se jetant au sol, sa jambe fit un arc de cercle pour venir faucher celles de son adversaire. Clarke l'évita de justesse en bondissant en arrière. Elle eut tout juste le temps de retrouver son équilibre et raffermir sa garde qu'Octavia repassait à l'attaque.

Reculant aussi vite qu'elle le pouvait, Clarke évita avec peine l'avalanche de coups de poings et pieds qui s'abattait sur elle. Ce combat était éprouvant physiquement, et plus celui durait plus Clarke se trouvait en difficulté. L'exhaustion de ces deux dernière semaines se faisait sentir dans chacun de ses muscles, chacun de ses mouvements et Octavia ne lui laissait pas une seule seconde de répis pour lui permettre de reprendre son souffle. Quand sa vue commença à se troubler sous l'effort, Clarke sut qu'elle était perdue. Et alors qu'elle venait juste d'écarter sa tête pour voir un direct gauche lui frôler la joue elle ne put éviter à temps le crochet du droit qui vint s'abattre violemment contre sa joue.

Avant même qu'elle ne chute sous le terrible impact, Clarke sentit deux mains lui agripper sa tenue et le temps sembla s'arrêter. Bien qu'à moitié sonnée par le coup, Clarke releva le regard et ses yeux rencontrèrent vraiment pour la première fois vraiment ceux d'Octavia. À sa grande surprise, elle vit un éclair d'hésitation passer dans les yeux de celle-ci.

Clarke, elle, n'hésita pas. Elle saisit cette seconde de flottement et réagit au quart de tour. Mettant toute sa force dans cette action elle agrippa à son tour la tunique d'Octavia et se jeta violemment en arrière. L'attirant irrésistiblement avec elle. Mais avant même que son dos ne touche le sol, Clarke tendit sa gauche dont le pied vint se figer contre l'estomac de son adversaire. Le visage d'Octavia se figea de stupeur, comprenant ce qui allait lui arriver. Mais il était déjà trop tard. Clarke acheva son mouvement, roulant sur le dos alors que de son pied elle envoya valser le corps de la jeune guerrière derrière elle. Un bruit sourd et un grognement lui indiqua que celle-ci avait mordu la poussière assez violemment. Et ce bruit annonça la fin de leur combat.

Se redressant lentement, Clarke posa un regard sur Octavia qui semblait enrager de cette défaite cuisante. Et alors qu'elle ne pouvait empêcher un profond soulagement de l'envahir, Clarke ne put retenir les trois mots qui sortirent de ses lèvres trop vite pour qu'elle les arrête.

-Je suis désolée.

Mais alors qu'Octavia la jugeait du regard avec la plus grande incompréhension, une autre voix s'éleva dans l'arène avant qu'aucune des deux ne puisse ajouter un mot.

-Nul besoin d'être désolée voyons !

Tout juste entré dans l'arène, le roi Matthias s'avança pour rejoindre les deux jeunes femmes, attendant que leurs regards se posent sur lui pour continuer.

-Mes plus sincères félicitations Clarke Griffin, vous venez de passer avec succès nos épreuves de sélections. Un entretien avec notre recruteur vous sépare de votre intégration définitive dans la troupe des Grounders. Une simple formalité j'en suis sûr, ajouta-t-il avec un fin sourire alors qu'il lui tendit un contrat à son nom.

Figée devant la vision du monarque devant elle, Clarke mit un instant avant de baisser la tête dans un salut respectueux et accepter le précieux document. Elle prolongea son salut quelques secondes de plus qu'elle ne le devrait et profita de regarder le sol pour essayer de calmer les battements affolés de son coeur. Elle avait en face d'elle le père de Lexa et cette simple vision lui avait donné le tourni tellement elle la reconnaissait en lui. Mais plus que tout elle était sonnée, autrement que par le crochet d'Octavia, à l'idée d'avoir réussi. Deux semaines interminables de tests harassant physiquement et moralement où elle avait vu les autres candidates faillir ou abandonner les unes après les autres. Et elle avait tenu bon. Mieux elle avait réussi. À compter de demain elle espérait bien faire officiellement partie de l'organisme de sécurité le plus haut et surtout le plus proche de la famille royale. Et par conséquent le plus proche de Lexa. Une Lexa dont elle avait appris l'existence un peu plus de deux semaines auparavant.

Si elle n'était pas aussi déshydratée elle aurait pu en pleurer. C'est donc légèrement tremblante qu'elle se redressa pour faire face au roi qui lui adressait un regard plein de compassion.

-Rentrez chez vous Clarke, vous l'avez entièrement mérité. Un garde vous conduira jusqu'à la sortie. Prenez connaissance du contrat que vous nous ramenez signé. Si votre entretien de demain se passe bien comme nous l'expectons il sera directement enregistré et vous commencerez en suivant alors reposez vous bien.

Ayant terminé ce qu'il avait à dire, le roi se détourna de Clarke pour porter son regard sur Octavia. Aussitôt fait, un garde s'avança pour intimer Clarke de le suivre vers la sortie et celle-ci jeta un dernier regard complètement perdu en direction du monarque. Mais celui-ci l'ignorait désormais, et sans un mot elle entreprit de suivre le garde.

Continuant de fixer la guerrière de petite taille en face de lui, Matthias attendit qu'ils ne soient plus que tous les deux pour reprendre la parole.

-Cesse donc de faire ta mauvaise tête Octavia, la réprimanda-t-il.

Il reçut un regard noir de la part de la concernée en échange.

-Telle est ma volonté, cita-t-elle, faisant référence au discours du roi dans la salle d'observation. Pourquoi m'avoir ordonné de perdre ce combat ?

-Ce combat comme tu le dis a été injustement arrangé par ma fille et tu le sais. Elle n'avait aucune chance en faisant face au garde du corps personnel du roi de Polis. Je n'ai fait que lui donner ce qu'elle avait déjà mérité, que cela plaise à Lexa ou non, conclua-t-il d'une voix qui n'autorisait aucune remarque.

Octavia le comprit bien mais ne put s'empêcher d'ajouter contrariée.

-Pour mon prochain combat je penserai à retirer ces maudits écouteurs de mes oreilles.

Le roi retint un sourire devant l'insubordination d'Octavia. S'il était bien trop attaché à elle pour lui tenir rigueur de son comportement déplacé, il ne voulait rien laisser paraître. Aussi commença-t-il à marcher en direction de la sortie de l'arène, Octavia le suivant comme son ombre.

-Allons O', tu ne peux pas voir cela comme une défaite. Après tout, tu ne faisais qu'obéir à mes ordres. J'appellerai même plutôt cela une victoire.

Étouffant un soupir d'exaspération, Octavia hocha légèrement des épaules, capitulant. Et tous deux disparurent dans les dédales du Palais.


Au dernier étage du Palais une princesse semblait contempler quelque chose par la fenêtre. Quelque chose qu'elle semblait être la seule à voir. Le regard fixé dehors, elle observait deux silhouettes qui s'enlaçaient, des cheveux blonds se mêlant à des cheveux bruns. Et si sa mâchoire se crispa fortement lorsque l'une d'entre elles se pencha pour venir voler un baiser aux lèvres de la deuxième, elle ne détourna pas les yeux. Pas plus quand elle vit la seconde mettre son casque de moto et venir s'asseoir à califourchon derrière la première. Elle ne quitta pas la moto des yeux tandis que celle-ci s'éloignait, emportant avec elle les deux jeunes femmes.

Et quand enfin après un virage à gauche, la moto disparut dans une avenue adjacente et que ses yeux ne purent plus les suivre, Lexa poussa un profond soupir.


-On est arrivééééeeees !

Raven ne pouvait être plus excitée. Ouvrant théâtralement la porte de leur appartement, elle céda la place à Clarke qui entra précautionneusement pour découvrir la pièce à vivre qui avait été complètement décoré par Raven pour l'occasion. Une bannière de bienvenue s'étendait d'un bout à l'autre de la pièce De nombreux ballons de baudruches de toutes les couleurs étaient accrochés tout autour de la salle tandis que d'autres jonchaient le sol. Le bar attenant à la cuisine était recouvert de nourritures plus appétissantes les unes que les autres. Clarke aurait dû être affamée après ces deux semaines éreintantes, son ventre désespérément vide aurait dû crier famine. Pourtant elle ne ressentait aucune envie de manger. Et lorsqu'elle sentit les bras de Raven venir l'enlacer tendrement par derrière, son coeur tomba un peu plus dans sa poitrine. Enfouissant son visage dans le cou de sa fiancée, Raven était complètement inconsciente que chacun de ses gestes venait tordre un peu plus l'estomac de Clarke.

-Tu m'as manqué, murmura-t-elle au creu de son oreille.

À cette phrase la respiration de Clarke se fit difficile. Bien sûr que Raven lui avait manqué durant ces deux dernières semaines. Mais elle savait aussi que ce manque n'était en rien similaire à celui qu'avait ressenti son amie. Depuis le moment où Clarke avait vu Lexa sur l'écran de leur television un gouffre s'était creusé dans son coeur. Si deux semaines auparavent elle avait été faible et avait cédé aux avances de Raven, elle s'en savait désormais incapable. L'idée de trahir les sentiments de Raven à son égard la tuait de l'intérieur. Elle n'en pouvait plus de ces faux-semblants. Sa fausseté la rendait malade. Elle n'était pas honnête dans leur relation et cela la rendait toxique. Autant pour elle que pour Raven.

Depuis qu'elle avait vu Octavia, Clarke doutait plus que jamais. Retrouver une nouvelle personne de son passé avait autant été une bénédiction qu'une malédiction. Le doux sentiment familier qu'elle aurait dû ressenitir à la vision de son amie était entâché par le fait que Clarke était une étrangère pour elle. Ainsi, même s'il lui était donné l'opportunité de garder les personnes de son ancienne vie auprès d'elle, leurs relations étaient fondamentalement différentes. Même si elle construisait une nouvelle amitié avec Octavia ou détruisait sa relation avec Raven, rien ne serait jamais pareil. Clarke ressentait chacune de ces relations manquées comme une profonde perte. Et cela la rendait malade. Si l'enfer existait, elle y était assurément.

Mais plus que tout l'esprit de Clarke était désormais déchiré entre deux sentiments. Elle ressentait un bonheur incommensurable de savoir Lexa belle et bien vivante. Malheureusement si cette idée faisait vibrer de joi chaque parcelle de son corps elle la terrifiait tout autant. Et cette peur viscérale qu'elle ressentait était un sentiment beaucoup plus puissant et destructeur. L'idée même de voir la même indifférence qu'Octavia dans les yeux de Lexa lui donnait l'impression de suffoquer. Et pourtant cette possibilité était bien réelle, à son plus grand désespoir.

-Clarke ?

Celle-ci se retourna au son de la voix de Raven et ce ne fut qu'en voyant le visage de celle-ci se décomposer qu'elle se rendit compte qu'elle pleurait.

-Clarke parle-moi. Qu'est-ce qui se passe ? J'en ai trop fait c'est ça ? demanda Raven dont le ton saccadé trahissait le sentiment de panique qui était en train de la gagner.

La jolie ingénieure posa deux mains chaudes sur ses joues alors que de ses pouces elle essuya doucement les larmes qui y coulaient. Clarke ne put s'empêcher de fermer les yeux brièvement à ce doux contact, tentant difficilement de reprendre le contrôle de ses émotions.

-Je suis désolée. C'est parfait. Je suis juste exténuée, murmura-t-elle.

Raven sourit faiblement à cet aveu, continuant ses caresses sur le visage de Clarke qu'elle sentait se détendre doucement.

-Tu as tout donné, maintenant tu peux te reposer, conclua-t-elle.

-Oui, jusqu'à demain, acquiesça Clarke.

-Viens, passons à table. Tu pourras me raconter tout ça en mangeant.

À ces mots, Raven se pencha délicatement pour venir l'embrasser mais avant que ses lèvres ne puissent atteindre celles de Clarke celle-ci s'était écartée d'elle.

-Non, je suis désolée, je ne peux pas, souffla-t-elle.

Clarke se maudit intérieurement lorsqu'elle surpris le regard profondément étonné et triste de Raven.

-Je suis trop fatiguée pour avoir faim, je crois que je ferai mieux d'aller me coucher, s'empressa-t-elle d'ajouter.

Et avant que Raven ne puisse ajouter quoi que ce soit, Clarke lui tourna le dos et partit s'enfermer dans leur chambre aussi vite que possible. Taisant la nausée qui la tenaillait, elle se força à ne pas se retourner. Si elle avait fait, elle aurait vu son amie immobile au milieu de la pièce qu'elle avait mis des heures à décorer. Elle avait attendu le retour de Clarke depuis que celle-ci était partie et elles avaient à peine eu le temps de se retrouver. Raven essaya de secouer le sentiment d'incompréhension qui la saisissait. Sa fiancée était fatiguée dû aux épreuves qu'elle venait de passer. Elle lui avait dit elle-même.

Alors pourquoi est-ce que Raven avait la douloureuse impression que Clarke lui mentait ?


Edas44: Malheureusement tes questions vont devoir rester en suspens jusqu'au prochain chapitre mais Clarke ne la laisse pas indifférente en effet ! Merci de me lire et de suivre cette histoire, ça me fait énormément plaisir !