Me revoilà pour le chapitre 1. Il est un peu long et explicatif mais il était nécessaire de raconter tout ça pour la suite de l'histoire. J'espère qu'il vous plaira quand même.

Pour ce chapitre, j'ai eu le plaisir de chercher sur google maps le nombre d'heure de trajet séparant Paris d'Athènes... à pied... environ 330h (sans pause) pour les curieux.

Petit point info : cette fanfiction se passe au XVe siècle mais il est difficile de ne pas faire d'anachronismes... mais je ferais de mon mieux pour les éviter. Promis. Néanmoins, je considère le Sanctuaire plus avancé au niveau des découvertes que le reste du monde, donc certains choses y apparaissent avec un ou deux siècles d'avance.

Bonne lecture.

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- Le Sanctuaire ? Qu'est-ce que c'est ?

- C'est un endroit merveilleux où tu pourras apprendre à maîtriser cet univers qui bouillonne en toi et où tu trouveras de nombreux camarades et amis de différents âges et origines ayant les mêmes pouvoirs. C'est aussi l'endroit où tu rencontreras ta future déesse. La grande Athéna, déesse de la Sagesse et de la Stratégie guerrière.

- Et Aédé pourra venir avec nous ?

- Je suis désolé, mais seuls les enfants s'étant éveillés à la Cosmoénergie sont emmenés au Sanctuaire. Elle ne peut malheureusement pas venir avec nous…

À ces mots, Elara se renfrogna, il était hors de question qu'elle parte sans sa meilleure amie. Si Aédé restait, elle restait. Où qu'elles soient, elles s'étaient jurés d'être toujours ensemble, quoi qu'il puisse arriver.

- Alors je ne viens pas ! Je n'abandonne pas Aédé !

- Hélas, je suis aux regrets de te dire que tu seras obligée de me suivre. Avec ce cosmos, il m'est impossible de te laisser ici. Tu serais en danger et tu deviendrais peut-être une menace pour le Sanctuaire. Je te laisse jusqu'à demain pour réfléchir à la situation et pour faire tes bagages. Et ce n'est pas négociable, ajouta-t-il avant que l'enfant ait le temps de répliquer. Désolé…

Le chevalier d'origine irlandaise partit sur ces paroles, laissant seules Elara et Aédé, restée derrière sa jeune amie durant toute la conversation. Brusquement, la plus jeune, Elara, se retourna, les poings serrés et la mâchoire crispée. Les yeux emplis d'une colère difficile à contenir, elle fixa sa meilleure amie. Les larmes vinrent ensuite, naturellement, dues à la colère, la fatigue, mais également la tristesse de son possible départ. Les lacs gelés entrèrent en contact avec la lave en fusion et cela suffit à Aédé pour comprendre tout ce que ressentait sa meilleure amie. Après tout, elles n'avaient pas besoin de mot pour se comprendre, et ce, depuis longtemps. Et heureusement, car en période difficile, la châtaine se murait dans un silence inquiétant.

Ne sachant que dire de plus pour calmer cette dangereuse ardeur, la plus âgée ne réfléchit pas plus et serra hâtivement sa seule amie dans ses bras, lui fourrageant doucement les cheveux, comme pour s'assurer que sa présence n'était pas un rêve. Face à ce doux contact, Elara ne put retenir ses larmes, les laissant enfin courir librement, elle éclata en sanglots dans les bras de sa meilleure amie. Elle mit de longues minutes à se calmer malgré les douces paroles qu'Aédé lui chuchotait à l'oreille. Quand ces pleurs se tarirent enfin, la jeune fille aux cheveux menthe prit son visage en coupe et se confia :

- Écoute Elara. Il faut que tu tentes ta chance et que tu partes avec cet homme. Avec lui, tu pourras te créer un avenir… Et ne me regardes pas comme cela, nous savons très bien toutes deux qu'aucun débouché ne s'ouvrira à nous tant que nous resterons dans cet orphelinat. Nous sommes trop âgées pour nous faire adopter. Aucune famille ne veut d'un adolescent en pleine crise intérieure. De plus, la France a beau être un pays de réussite, la misère y est tout de même présente et nous faisons déjà partis de la classe sociale la plus pauvre, en changer sera difficile. Mais aller à ce Sanctuaire te permettrait te détacher de tout cela et d'enfin donner un sens à ta vie, de te créer un avenir. Et je refuse que tu gâches cet avenir radieux qui t'es présenté à cause de moi. Ne t'inquiète pas, je saurais me débrouiller seule. Je ne souhaite en aucun cas mettre fin à notre amitié, mais je veux simplement te faire comprendre que pour l'instant, si je représente un obstacle à ton destin, je peux rester de côté. Pense plutôt à la chance qui t'est donné et ne te pose plus de questions. Fonce ! Aédé posa son front contre le sien et lui susurra. Et puis, souviens toi que nous nous retrouverons toujours, peu importe les obstacles entre nous. Nous sommes liés…

Les larmes débordant de ses yeux couleur lave en fusion, la jeune fille acquiesça. Au fond de son esprit, elle était déjà prête. Pas à quitter sa meilleure amie, non. Cela, elle n'y serait jamais préparée. Mais prête à commencer une nouvelle vie, loin de cet orphelinat parisien.

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Ils marchaient, encore et encore, depuis des heures entières. Et Francisca continuait de lui parler, à peine essoufflé. Elara ne parvenait pas à savoir comment y réalisait ce miracle, sûrement grâce à sa cosmoénergie se dit-elle un jour dans un éclair de lucidité.

Lorsqu'elle parvenait à reprendre son souffle et à articuler une phrase intelligible, elle lui posait mille et une questions. Il lui apprit ainsi qu'elle avait raison et que son endurance hors du commun venait de sa force physique, déjà excellente, combiné à son cosmos. Il lui parla également des neufs différents sens existants en ce bas monde : les cinq premiers étaient communs à tous les hommes : l'ouïe, la vue, le toucher, le goût et enfin, l'odorat le sixième sens, aussi présent chez de nombreux hommes, était en fait l'intuition le septième sens, quant à lui, n'était présent que chez les chevaliers ayant une parfaite maîtrise de leur cosmos. Il représentait le sens ultime atteignable, il était décrit comme la fusion des six sens précédents et apportait une puissance incommensurable le huitième sens, aussi appelé Arayashiki, ne donnait pas un gain de puissance véritable ,mais il permettait de se rendre vivant aux Enfers ainsi que de conserver son libre-arbitre en temps qu'âme au sein même de la demeure d'Hadès et enfin le neuvième sens, était réservé aux Dieux et qui permettait, entre autres, de voyager ou de se réfugier dans la dimension des Déités.

Il lui expliqua également que les chevaliers d'Athéna existaient depuis les milliers d'années et protégeaient la Terre des invasions répétés d'Hadès, Poséidon et Arès qui souhaitaient exterminer le genre humain. Les Saints, quant à eux, étaient classés par ordre de puissance : les plus faibles, les Bronzes, étaient au nombre de quarante-huit et avait pour totem les constellations de l'hémisphère sud tandis que les Argents, représentés par les constellations de l'hémisphère nord, étaient vingt-quatre. Les Ors, quant à eux, représentaient l'élite de la protection d'Athéna et leur nombre était le plus faible : douze comme les douze constellations du zodiaque solaire. Il existait cependant quatre armures disparues et de nature inconnue que seule Athéna, lors de sa première vie, connaissait.

Elara déclara que si elle devait devenir chevalier, elle serait sainte d'Or parce qu'ils étaient les plus puissants.

Cette réclamation fit doucement rire Francisca qui lui fit remarquer que le rang ne délimitait pas forcément la force, le classement ne prenait pas compte de l'évolution de la puissance.

- Certains chevaliers de bronze et d'argents égalent les chevaliers d'or. Pour te donner un exemple, le chevalier de la constellation de Pégase, qui est un Saint de Bronze, et le seul humain à avoir réussi l'exploit de blesser l'enveloppe charnelle d'Hadès lors de la première Guerre Sainte. Et pour cette génération, nous avons un chevalier d'argent, celui de l'Autel, qui une cosmoénergie aussi puissant que celle des chevaliers d'or, voire même plus que certains. Donc, tu vois, les armures d'or ne sont pas les seules à être puissantes. De plus, c'est dommage pour toi, mais la chevalerie d'or est au complet, si on oublie l'armure disparue de la Balance, et il n'y a donc pas de place pour une petite jeunette. Mais ne t'inquiètes pas, tu trouveras une armure faite pour toi.

Elara, absorbée par le récit de son nouvel ami, avançait sans vraiment s'en rendre compte, gardant un souffle régulier et non pas erratique comme i peine quelques minutes. L'irlandais sourit à cette constatation. Cette petite était vraiment prometteuse, elle parvenait déjà à utiliser son cosmos pour renforcer sa condition physique lors de l'effort. Et le tout sans même s'en rendre compte. Le grand Pope serait fier de lui pour avoir déniché un tel talent inné. D'habitude, il fallait plusieurs mois pour apprendre aux apprentis à se servir de leur cosmos et cet enfant y arrivait sans même une explication de sa part, ses progrès promettaient d'être gigantesques.

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Ils continuèrent à marcher pendant au moins un mois, s'arrêtant régulièrement pour que la petite se repose ou pour visiter un peu les pays traversés. Après tout, lier l'utile à l'agréable était plus sympathique que de bêtement faire le trajet entre Paris et le Sanctuaire en ligne droite sans se soucier des territoires traversés, qui, pour certains, malgré la pauvreté accrue, restaient magnifiques. De plus, c'était la première fois qu'Elara quittait son orphelinat français. Étant d'une nature très curieuse, Francisca la surprit plusieurs fois dans des endroits interdits au public, un peu comme le jour de leur rencontre, ou bien juchée sur les murets ou des tas d'objets en tout genre, un vrai petit singe, en train d'observer les allés et venus de la foule.

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Ils arrivèrent au Sanctuaire vers la fin mai.

Étant plus petite que l'Irlandais, lorsqu'ils parvinrent à l'entrée du lieu sacré, Elara ne vit qu'une immense montagne de roche coupante, sans aucun aménagement si ce n'est le chemin sur lequel elle avançait. Elle crut que Francisca se moquait d'elle quand il lui annonça qu'ils étaient arrivés à destination. Mais ce dernier ne quittait pas son sourire niai et un tantinet moqueur à son encontre. Il fallut à Elara un gros quart-d'heure pour enfin apercevoir un signe de vie, ou plutôt une gigantesque bâtisse en pierre à l'air oriental. Athéna n'était pas censée être grecque ?! Et puis c'était drôlement petit pour un temple accueillant une centaine de guerriers. Son air sceptique surprit le chevalier qui lui demanda :

- Que se passe-t-il ? Tu n'es pas heureuse de découvrir ton futur chez toi ?

- C'est ça le Sanctuaire ?! Parce que c'est quand même petit. Et puis elle est où Athéna ? En plus, pourquoi vous vous êtes installé ici, c'est nul comme endroit. On ne voit rien perdu au milieu de ses montagnes. Et franchement, ce n'est pas des masses impressionnant comme bâtiment. Je veux dire, quand des méchants arrivent, le Sanctuaire doit être envahi en quelques minutes à peine…

Elle fut coupée dans ses réflexions par l'éclat de rire de son ami. En effet, ce dernier se tenait le ventre de rire et avait quelques larmes lui perlant sur le coin des yeux. Il réussit néanmoins à calmer son hilarité incontrôlée et lui répliqua :

- Mais non voyons, ce n'est pas cela le Sanctuaire. Enfin, ce n'est pas que cela. Ce que tu vois là n'en est qu'une infime partie. Je te présente donc la Maison du Bélier, premier des treize temples du domaine d'Athéna. Et au sommet de ce mont se trouve l'Autel d'Athéna où est sculptée une immense statue de notre déesse. Si seulement tu pouvais le voir du ciel… tu serais impressionné par sa magnificence… Pour en revenir aux temples, il y a donc douze maisons zodiacales et le temple du Grand Pope. Chacune de ses maisons est unique et est gardée par un Chevalier d'or. La mienne se situe juste derrière celle-ci, je suis le second rempart en cas d'invasion. D'ailleurs, je dois aller faire mon rapport et te présenter au Pope. Tu vas donc m'accompagner dans mon ascension, cela te permettra de faire la connaissance des différents chevaliers d'or.

Il prit donc Elara par la main, avant qu'elle ne fasse la moindre remarque, et la conduisit à l'intérieur du temple du Bélier, première barrière en cas d'attaque de Spectres ou de Marinas, guerriers d'Hadès et de Poséidon. Le gardien, Gateguard, selon Francisca, parut à l'enfant beaucoup moins sympathique que le Taureau. Il avait des cheveux rouges bordeaux coupés au carré et des yeux bleu roi surmonté d'une frange asymétrique qui lui donnait un air sévère. Lors de leur passage, il se contenta de leur jeter un regard froid pour ensuite les congédier hors de son temple. Le blond lui expliqua suite à cela que la seule personne avec qui Gateguard était respectueux et montrait ses sentiments était le Grand Pope, son maître. Elara se dit que ce Grand Pope devait vraiment être quelqu'un de puissant et respectueux pour être la seule personne admirée par cette bête à cornes caractérielle.

Il y avait une volée de marches entre chaque temple, et même après des mois de marche quotidienne, les monter sembla un supplice pour Elara. Surtout lorsqu'elle se rendit compte du nombre qui lui restait encore à gravir avant d'atteindre le palais du Grand Pope. Le temple du Taureaux se dessina alors sous ses yeux, majestueux, grandiose, somptueux. Deux impressionnants Taureaux se tenaient de part et d'autre du grand escalier. Ce temple, contrairement à celui du Bélier, était plutôt d'architecture grecque, et de l'avis d'Elara, correspondait totalement à son propriétaire. Malheureusement, ils ne s'y attardèrent pas, au grand regret de la jeune française qui aurait bien aimé avoir plus de temps pour observer en détail le lieu de vie de son nouvel ami.

Arrivée au temple des Gémeaux, Elara observa longuement le bâtiment avant d'entrer, sûrement de peur de tomber sur un chevalier ayant le même comportement que Gateguard. Le temple était assez carré et sur les deux immenses blocs de pierre délimitant l'entrée étaient sculpté deux chérubins. D'ailleurs, ce temple était d'une symétrie parfaite, sûrement lié à l'identité double des Gémeaux. Avant même qu'ils aient eu le temps de rentrer, ils virent une silhouette se dessiner à l'entrée de la maison. Et lorsqu'ils l'atteignirent, Francisca lui présenta Théodore, gardien des lieux. Ce dernier se pencha directement vers Elara pour lui demander d'où elle venait. Pas timide pour un sou, l'enfant lui répondit qu'elle venait de France pour devenir chevalier, sans même bafouiller, ce qui surpris les deux adultes, d'habitude les apprentis étaient impressionnés de se retrouver devant des chevaliers d'or et ne s'exprimaient pas vraiment clairement, intimidés. Les deux chevaliers échangèrent ensuite quelques banalités, mais lorsque Théodore demanda à son collègue comment s'était passé sa mission, Francisca baissa les yeux, tout d'un coup énervé et marmonna des paroles incompréhensibles.

Les deux adultes s'éloignèrent quelques instants pour une conversation privé qu'Elara n'entendit pas avant de revenir à l'entrée, souriants et sereins comme si rien ne s'était passé. La jeune détailla le propriétaire des lieux quelques instants. Elle n'avait pas vraiment fait attention, mais il était plus grand que son collègue. Il possédait de grands et brillants yeux vert avocat, mais Elara y aperçus une étincelle de tristesse, présente en toutes circonstances. Elle aurait bien voulu savoir quelle était la raison de ce sentiment, mais n'osa pas poser la question, après tout, ils se connaissaient depuis à peine un quart-d'heure. Ses cheveux, quant à eux, étaient beaucoup plus longs que ceux de ses deux camarades, il lui arrivait au milieu du dos et était d'un magnifique bleu azurin qui faisait ressortir ses yeux. Ils étaient coiffés en deux petites tresses se rejoignant à l'arrière et deux mèches libres entouraient son visage.

L'enfant fut coupé dans ses réflexions intérieures par une main qui lui caressa doucement les cheveux, celle de Théodore. Ce dernier lui dit gentiment au revoir avant que Francisca ne l'entraîne vers le temple suivant : celui du Cancer.

C'était une immense bâtisse en forme de croix entouré de colonne. Le symbole du Cancer y était gravé juste au-dessus de l'entrée comme pour ses collègues et le milieu du toit était typé oriental, comme le premier temple. Le chevalier du Cancer, Sage, quant à lui, était un jeune homme fort sympathique et un peu plus jeune que Francisca. C'était d'ailleurs le plus jeune des chevaliers d'or de cette génération, selon le Taureau. Il débordait d'énergie et fut très heureux de les accueillir quelques minutes dans son temple. Francisca souffla à Elara que son frère ainé était encore pire que lui ce qui fit doucement rire l'enfant. Étant pressés à cause du retard pris à discuter avec Théodore, ils ne purent pas s'attarder chez le crabe, le rapport de Francisca à faire au Pope et l'adhésion officielle d'Elara à leur rang étaient plus urgent. Mais la Française avait le sentiment profond que Sage était quelqu'un de bien et qu'elle pourrait compter sur lui si jamais un problème advenait.

Ils passèrent rapidement à la maison suivante et Elara se surprit à avoir de moins en moins de mal à franchir les innombrables marches séparant chaque temple.

La maison du Lion ressemblait fortement à celle du Taureau, mais il y avait tout de même une différence notable, à la place de deux bovins de part et d'autre des escaliers, se trouvait deux lions majestueux qui impressionnaient toute personne passant par là. Après tout, ce n'était pas tous les jours que l'on se retrouvait avec deux immenses lions de pierre en face des yeux. Le chevalier du Lion, quant à lui, était un jeune homme de moins de trente ans ayant l'air d'avoir un caractère enfantin. Il avait une dégaine assortie à son comportement : de courts cheveux roux coiffés en pétard et des yeux doux d'un rose saumoné. De plus, un détail attira la dernière arrivante du Sanctuaire. Cyrus avait un anneau à la lèvre. Était-ce vraiment autorisé au sein de la demeure d'Athéna ? Mais elle n'eut pas vraiment le temps de le lui demander, leur passage dans la maison du Lion restant très rapide avant qu'ils ne se rendent à grands pas vers la maison suivante.

Le temple de la Vierge était encore un temple particulier. En effet, son entrée était entourée de deux immenses statues. Ne connaissant pas le personnage représenté, Elara se dépêcha de demander à son futur collègue qui lui expliqua qu'elles symbolisaient le « Dieu » de la mythologie bouddhiste, Bouddha, dont le chevalier de la Vierge était le représentant terrestre. La jeune française s'attendait donc à tomber sur un illuminé. Effectivement, servir Athéna tout en aimant une autre divinité était un peu idiot. Mais à la place, lors de leur entrée dans le temple, elle vit une jeune femme aux longs cheveux safran, assise en lotus et flottant à quelques centimètres du sol. Elle fut surprise, mais n'en montra rien. Alors comme ça, les chevaliers étaient aussi capables de léviter ?! Mais le plus surprenant fut quand la chevalière se posa au sol et ouvrit les yeux. L'enfant se retrouva face à un regard… dépareillé. L'un de ses yeux était bleu de Prusse et le second vert prairie. Devant le regard admiratif de l'enfant, elle se contenta de la fixer calmement de ses grands yeux vairons. Elle lui adressa ensuite ces quelques mots :

- Tu as bon fond jeune fille. Tu deviendras un grand chevalier et tu joueras un rôle glorieux dans la future Guerre Sainte. Mais ton chemin sera semé d'embûches et tu perdras bientôt quelque chose de précieux. Tu devras ainsi faire preuve d'un grand courage pour vaincre tous ces obstacles.

Elle referma ensuite les yeux et se replongea dans sa méditation laissant Elara confuse. Son regard perdu se fixa sur Francisca qui lui sourit et lorsqu'ils furent sortis du temple, il ajouta que la chevalière était un peu spéciale et qu'il ne fallait pas se soucier de toutes ses paroles.

Ils continuèrent ainsi leur ascension vers le temple de la Balance. Ce dernier avait d'ailleurs une forme un peu spéciale. Il n'était pas vraiment rond, mais pas vraiment carré non plus. Le toit avait un style assez asiatique. Avant d'entrer, Francisca lui précisa de ne pas être surprise par l'inoccupation de la septième maison, le dernier chevalier de la Balance ayant été nommé Grand Pope, le poste était depuis vacant. Ils traversèrent ainsi l'habitat. Elara remarqua qu'une bonne couche de poussière s'étalait sur le peu de meubles présents. Se tournant vers le Taureau, elle demanda.

- Mais... où est l'armure de la Balance ? Elle devrait être là non ?

- Eh bien, le fait est que l'armure de la Balance à... Tout bonnement disparu il y a quelques années sans que l'on ne sache pourquoi ni comment. C'est pour cela qu'il n'y a pas de chevalier de la Balance malgré l'approche de la Guerre Sainte. De nombreux chevaliers ont été envoyés à la recherche de cette Cloth disparue, mais tous sont revenus bredouilles. L'armure du septième gardien a tout bonnement disparu de la surface de la Terre ou ne veut pas être retrouvé.

C'est sur ces belles paroles qu'ils se dirigèrent vers le huitième temple, celui du Scorpion, typiquement grec. Le toit tenait, soutenu par des colonnes de part et d'autre de l'entrée. Au-dessus de ces dernières, était sculpté dans le marbre un majestueux scorpion, symbole du gardien des lieux. Lorsqu'ils entrèrent dans le temple du Scorpion, ils furent surpris d'y trouver deux chevaliers. Francisca les présenta comme étant Krest, le chevalier du Verseau et Adonis, chevalier du Scorpion en fonction. Le premier était assez jeune, Elara ne lui donnait pas plus de seize ans. Néanmoins, il dégageait une aura particulière, comme si un froid anormal s'étendait tout autour de lui. Ses cheveux presque bruns étaient d'ailleurs parsemés de flocons ce qui fit sourire l'enfant dont la seule envie à présent était de secouer cette chevelure pour les chasser. Ses yeux d'un vert feuille n'étaient cependant pas très expressifs. Pour ce qui était du Scorpion, il fit assez peur à l'enfant dès son entrée dans son temple. En effet, son sourire sadique ne le quittait pas et les ongles de ses deux index étaient peints en rouge et semblaient anormalement pointus et longs. Ces cheveux, eux, étaient attachés une tresse grossière à l'arrière et étaient plutôt longs. Ils étaient d'un rouge pourpre puissant. Quant à ses yeux, ils étaient rouge carmin et brillaient d'une étincelle de sadisme qui fit frissonner Elara. Alors qu'ils partaient vers le temple suivant après avoir salué les deux chevaliers, elle aperçut la main d'Adonis dériver lentement vers le bas du dos de Krest et continuer ensuite sa descente. Elle ne comprit pas vraiment ce geste, étant encore trop jeune, et n'osa pas le demander tout de suite à Francisca.

Ils continuèrent donc leur route vers le temple du Sagittaire, situé une volée de marche plus haut. Durant l'ascension, Francisca lui raconta que Krest était le plus âgé des chevaliers d'or et était, avec Itia, un des deux survivants de la dernière Guerre Sainte, ayant eu lieu au XIIIe siècle. La jeune Française fut surprise, il avait l'air d'un enfant, c'était impossible ! De plus, personne ne pouvait vivre aussi longtemps, surtout sans vieillir ! Le Taureau lui expliqua alors qu'il existait une technique dont seule Athéna avait la connaissance : « Misopetha Menos » qui permettait que le cœur du chevalier touché ne batte plus que sur un rythme de cent mille battements par an, soit le nombre de battements réalisés en un jour par un cœur normal. Ainsi, lorsque les autres vivaient une année, le cœur de Krest ne vivait qu'une journée. Cela expliquait donc son physique d'adolescent malgré son âge avancé.

Alors qu'ils discutaient, ils arrivèrent devant le temple du Sagittaire. Ce dernier ressemblait fortement à celui du Scorpion si ce n'étaient deux différences notables. Premièrement, les colonnes se situaient toutes à égale distance et ne laissait donc qu'une entrée beaucoup plus petite que l'entrée du Scorpion et deuxièmement, le Centaure armé d'un arc, symbole du neuvième temple, n'était pas sculpté sur un mur, mais trônait fièrement sur le point le plus haut du toit de la maison. Le gardien du temple quant à lui, semblait tout aussi froid que Gateguard. Aeras, lui présenta Francisca, avait des cheveux noirs corbeaux assez court et coiffés en bataille. Son visage, peu avenant, était tourné vers eux alors qu'il était tranquillement assis sur une colonne brisé déposé là pour servir de décoration et d'assise. Le Taureau s'apprêtait à le saluer, mais Aeras le devança.

- Tu es vraiment tête en l'air Francisca. Tu viens de monter plus de la moitié des maisons zodiacales avec une apprentie sans masque.

- Oh shit ! Je savais bien que j'avais oublié quelque chose… Tu crois que c'est grave, surtout que la moitié des chevaliers d'or a déjà vu son visage…

- Ne t'inquiète pas. À proprement parler, elle n'est pas encore véritablement une apprentie chevalier puisque le Pope ne l'a pas encore rencontré. Tu peux donc la présenter aux autres chevaliers sans crainte. Elle n'obtiendra son masque qu'après sa présentation au grand Pope, mais cela aurait quand même était plus sérieux si elle avait déjà été en possession d'un masque avant sa rencontre avec Sire Itia.

Ne pouvant s'en empêcher, Elara posa la question qui la taraudait, à savoir quel était ce masque dont les deux adultes parlaient. Ce fut le Sagittaire qui lui répondit :

- En entrant au Sanctuaire en tant que chevalières d'Athéna, toutes les femmes doivent abandonner leur féminité. La déesse Athéna doit représenter la seule figure féminine du Sanctuaire. Pour les chevaliers d'or la règle est plus souple comme tu l'as sans doute remarqué avec Élisée de la Vierge qui refuse de porter un masque. Néanmoins, pour les autres chevalières, le port d'un masque est obligatoire, car si jamais un homme aperçoit un jour leur visage, seuls deux choix s'offrent à elles, le tuer ou l'épouser. Cette règle a beau être contraignante et idiote, elle doit être respecté.

Celle règle est vraiment stupide, songea la jeune fille. Le visage n'est en rien la partie la plus féminine chez une femme. Elle ne fit cependant aucune remarque, ne voulant pas froisser ses nouveaux camarades. Camarades qui semblaient d'ailleurs perdu l'un dans les yeux de l'autre, l'oubliant complètement. Doucement, la main de Francisca vint rejoindre celle du Sagittaire. Aucun mot ne fut échangé, mais il n'aurait pas été utile. Elara avait très bien compris le lien spécial unissant les deux chevaliers. Lentement, presque avec déchirement, les deux mains se lâchèrent et Francisca partit vers la sortie du temple, non pas sans un dernier sourire et un dernier regard. Elara le suivit, heureuse pour son maître.

Ils rencontrèrent ensuite la chevalière du Capricorne en chemin vers son temple. En effet, cette dernière partait pour une longue mission en Espagne pour y suivre les traces d'un meurtrier fou faisant le tout de l'Europe et qui ne s'était jamais fait arrêter. Elle semblait assez jolie, même si son visage était caché par un masque, le même masque dont lui avait parlé Nilos. Sur ce dernier, une forme abstraite, parme, recouvrait l'œil droit. De plus, le peu de peau que l'enfant voyait était spéciale, marron, mais décoloré par endroits. « Vraiment bizarre » se dit-elle. Elara remarqua alors que le peu de peau visible était celle des mains, les autres parties du corps étant cachés par des vêtements amples et par une écharpe pour son cou. Ses cheveux, d'un violet couleur aubergine étaient assez longs et attachés en une queue-de-cheval complexe reposant sur son épaule droite. L'enfant regretta de ne pas pouvoir voir ses yeux, cachés derrière son masque.

D'ailleurs, en ce qui concernait les masques, Astrée, chevalière du Capricorne de son état, fit encore une fois une remarque sur l'oubli de son futur maître concernant son masque ce qui fit gentiment râler le Taureau national du Sanctuaire. N'ayant pas beaucoup de temps à leur consacrer en raison de son départ, elle se contenta de souhaiter la bienvenue à Elara et les laissa continuer leur route. Ils atteignirent donc le temple du Capricorne qu'ils se contentèrent de traverser sans s'arrêter. Mais l'enfant pris tout de même le temps de le détailler. Il était semblable à celui du Sagittaire si ce n'étaient les colonnes plus resserrées sur les côtés laissant plus de place pour entrer et un Capricorne remplaçant le Centaure.

Le temple du Verseau, lui, était rond. Pas vraiment facile à meubler se dit l'enfant en le voyant. Il était donc la demeure de Krest, rencontré plus tôt au temple du Scorpion. La maison, pareille à son propriétaire, laissait échapper un air glacial, prévenant ainsi de la température intérieure, plus proche de zéro que de la température printanière grecque. Sachant le temple vide, Francisca s'apprêtait à le traverser très rapidement, mais fut stopper par Elara qui lui attrapa la main à l'entrée de la maison pour attirer son attention. Il arrêta donc sa marche et se tourna vers l'enfant, lui demandant implicitement ce qu'il lui arrivait sans même ouvrir la bouche. Elle prit donc une grande inspiration et se lança.

- Dit, ils ont quoi comme relation Adonis et Krest ? Parce que tu m'avais dit que le chevalier du Verseau était surtout considéré comme un maître et que du coup, les autres chevaliers lui parlaient et le traitaient comme un supérieur. Sauf que tout à l'heure, au huitième temple, Adonis était très familier avec lui et j'ai vu qu'il posait la main sur lui à des endroits bizarres.

Francisca ne comprit pas tout de suite les paroles de l'enfant.

- Comment ça ? Quels endroits bizarres ?

- Eh bien, en partant, j'ai vu Adonis mettre sa main dans le dos de Krest et ensuite descendre plus bas…

À ces mots, Francisca devint soudainement tout rouge et bafouilla une réponse qu'Elara ne comprit pas. Il sembla ensuite avaler sa salive de travers et toussa pendant quelques secondes. La jeune fille attendait toujours, les yeux fixés sur lui, une lueur d'incompréhension au fond du regard. Il mit cependant plus d'une minute à reprendre contenance et lui expliqua :

- En fait… Euh… Krest et Adonis sont… comment dire… plutôt proches… enfin... plus proche que des amis en tout cas…

- Oh ! Comme toi et Aeras. D'accord…

Elara n'ajouta rien. Et traversa le temple, vite suivit de Francisca, une touche de rouge de plus sur le visage, qui lui aussi préféra ne rien ajouter de peur de lancer l'enfant sur ce sujet assez épineux.

La maison des Poissons était semblable à celui du Sagittaire même si pour celui-ci, le symbole du temple était deux poissons qui se trouvaient à chacun à une extrémité du toit. Lorsqu'ils entrèrent dans la demeure d'Echo, ils trouvèrent le sol couvert de roses de différentes couleurs. Francisca lui expliqua que c'était dû aux attaques du chevalier des Poissons, liés aux fleurs épineuses. Il précisa ensuite qu'elle ne verrait peut-être pas le maître des lieux. Depuis des générations, les chevaliers du douzième temple vivaient avec une malédiction les poussant à se couper du monde. En effet, pour survivre aux poisons de leurs roses, ils s'empoisonnaient le sang petit à petit et devenaient ainsi des roses humaines : belles, mais dangereuses.

Alors qu'ils passaient sans attendre, Elara eut la désagréable impression d'être observée. Elle se tourna donc brusquement vers la droite, espérant voir l'observateur, mais la seule chose qu'elle put apercevoir fut une courte chevelure anthracite fuyant derrière un mur de peur d'être vu. Voyant ensuite que Francisca n'avait rien remarqué, elle se dépêche de revenir à sa hauteur sans faire de commentaire.

Après ce si long chemin, le palais du Grand Pope ne lui parut qu'une simple étape supplémentaire. Lorsqu'ils y entrèrent en fin d'après-midi, ils trouvèrent Itia, Grand Pope de son état, anciennement chevalier de la Balance, assit sur son trône et à ses côtés, Athéna, majestueuse, somptueuse, et dégageant un cosmos d'une puissance et d'une douceur sans égale.

Francisca s'agenouilla immédiatement sans qu'Elara s'en rende véritablement compte, trop absorbée à détailler de la tête aux pieds sa future déesse, le regard brillant. Les larmes faillirent déborder lorsque la déité lui sourit gentiment. À ce moment-là, elle comprit tout ce que pouvait représenter un modèle maternel. Ce modèle qui lui avait toujours manqué sans même qu'elle ne s'en rende compte. Durant toute son enfance, elle avait considéré que la présence d'une famille était superflue, sa meilleure amie lui suffisait. Mais aujourd'hui, elle réalisait que la présence d'une mère aimante lui avait horriblement manqué pendant toutes ces années. Elle se retint difficilement de se jeter dans les bras d'Athéna pour l'enlacer. Mais leurs rangs différents l'empêchèrent d'assouvir son envie. Comme devinant le conflit intérieur qui la secouait, la déesse s'approcha doucement d'elle, se déplaçant avec une grâce que seuls les Dieux pouvaient attendre. Elle posa ensuite un genou à terre face à l'enfant, sous les regards surpris du Grand Pope, de Francisca et des quelques servantes présentes dans la salle popale. Elara continua de la fixer, même si une lueur surprise avait remplacé la tristesse dans ses yeux. Et lorsque la déesse de la Sagesse ouvrit ses bras pour une invitation silencieuse, l'enfant hésita. C'était tout de même sa future déesse et elle ne pouvait donc pas se permettre d'être trop familière avec elle. Mais devant le regard insistant de la Déité, elle céda. Elle se jeta dans ses bras et Athéna lui chuchota des mots rassurant à l'oreille en la serrant contre elle, lui expliquant qu'elle n'était plus seule et qu'elle avait trouvé une nouvelle famille au Sanctuaire, que tous ses problèmes étaient enfin finis… À ces paroles, les dernières barrières de l'enfant cédèrent et elle éclata en sanglots. Toute sa tristesse, toute sa colère et toute sa peur ressurgirent. Le tourbillon d'émotion de son cœur déborda et l'envahit toute entière.

Il lui fallut de longues minutes pour se calmer et enfin daigner se détacher de sa déesse, non sans un reniflement. Et alors qu'elle s'écartait, la Déité prononça une phrase qui resterait à jamais gravé dans sa mémoire :

- Bienvenue au Sanctuaire Elara. Bienvenue à la maison.

~o~

La suite resta floue dans l'esprit de l'enfant. Le Grand Pope lui réexpliqua tout ce que le chevalier irlandais lui avait déjà appris durant le trajet, tout en le réprimandant pour une raison qu'elle ne comprit qu'après-coup et une servante l'emmena ensuite jusqu'au baraquement qui servait de maison à tous les apprentis sans armure. La future chevalière aux yeux de feux fut surprise, le baraquement des filles était plein et le Grand Pope lui avait précisé qu'il y avait plus d'hommes que de femmes au Sanctuaire. Elle imaginait donc le nombre immense d'apprentis masculins.

Alors qu'elle pensait enfin être tranquille, une femme chevalière s'approcha d'elle. Elle portait un masque, cachant l'intégralité de son visage, décoré par trois points rouges sous l'œil droit et une petite griffure de la même couleur peinte sur l'œil gauche et un autre gris uni dans la main. Lorsqu'elle arriva à son niveau, la chevalière se pencha vers elle, lui sourit gentiment et lui dit :

- Salut petite. À ce qu'on m'a dit, tu es nouvelle ?!

Ne voulant pas s'attirer les foudres des autres chevaliers dès son arrivée, elle se tint droite et lui répondit de la façon la plus poli possible.

- Oui madame, et je m'appelle Elara.

- Enchanté Elara. Mais tu n'es pas obligé d'être aussi formelle, tu sais. Tu peux m'appeler Calysté, on est entre nous, et puis ça me vieillira moins, ajouta-t-elle dans un rire. Comme tu as pu le remarquer et comme on te l'a sûrement expliqué, chacune d'entre nous porte un masque. Voici donc le tien.

Elle lui tendit alors le masque gris qu'elle tenait et qu'Elara se dépêcha de saisir pour le détailler.

- Pour l'instant, il est entièrement gris, mais ne t'inquiète pas, cela ne va pas durer. Il restera tel quel tant que tu n'auras pas atteint le rang de chevaliers. Après l'obtention de ton armure, tu pourras le décorer selon tes envies et il fera en quelque sorte partie de ton identité de chevalière. Un peu comme le mien

- Les dessins sur votre masque correspondent à votre histoire en tant que chevalier d'Athéna ?

- Oui, mais tu es encore trop jeune pour en connaître les raisons. Je te les expliquerais peut-être un jour.

- D'accord. Dans ce cas, j'attendrais ce jour avec impatiente. Mais sinon, vous êtes quoi comme chevalier ?

- Je suis Calysté du Serpentaire, une chevalière d'argent. Si je suis venu te voir aujourd'hui, c'est pour deux raisons. Premièrement, te donner ton masque que tu dois d'ailleurs porter toute la journée. Et deuxièmement, pour te dire que l'entraînement des apprentis commence tous les jours à huit heures tapantes sauf le dimanche où le jour est au repos. C'est moi qui suis en charge de cet entraînement donc demain matin, rejoins la partie de l'arène où tu m'apercevras. Je serais assez facile à repérer, je serais la seule en armure parmi tous les apprentis. Quant à l'arène, elle se situe à quelques mètres du camp, un peu plus haut. Sinon, je te souhaite la bienvenue parmi nous, essaie de te faire des amis. Sur ce, bonne soirée et à demain, s'exclama-t-elle en se relevant.

- Au revoir.

C'est sur ces belles paroles qu'elle partit du baraquement où se trouvait Elara, sûrement pour rejoindre le sien, laissant l'enfant seule au milieu de visages inconnus et essayant tant bien que mal de s'habituer à son champ de vision quelque peu réduit à cause du masque.

N'ayant aucune envie de se mêler aux autres apprentis et pas d'autre activité constructive à effectuer, elle partit en direction du temple du Taureau, la seule personne qu'elle connaissait véritablement au sein du Sanctuaire. Le parcours ne fut pas trop long, mais elle dut plusieurs fois rebrousser chemin, s'étant trompée de route. Après tout, elle n'était pas vraiment concentrée lorsqu'elle était sortie du Palais du Grand Pope pour se rendre à son baraquement et n'avait ainsi pas pris la peine d'observer les alentours pour se repérer. Elle finit tout de même par se retrouver devant le Temple du Bélier qu'elle traversa à toute vitesse, elle n'avait aucune envie de revoir son gardien, trop froid et calculateur pour être quelqu'un de gentil et de généreux envers les apprentis. La jeune enfant l'avait vite compris en le voyant. Il était louche et Aédé lui avait toujours conseillé de se tenir à l'écart de ce genre d'individus.

Moins de deux minutes après avoir quitté le temple du Bélier, elle se retrouva nez-à-nez avec un chevalier qu'elle n'avait jamais vu, d'argent, conclut-elle après avoir aperçu sa Pandora box. Il ressemblait drôlement au chevalier du Cancer, mais Elara ne fit pas tout de suite le rapprochement entre ce jeune homme et le frère du quatrième gardien dont lui avait parlé Francisca plus tôt dans la journée. Ne sachant pas si son ami irlandais se trouvait chez lui, elle décida de lui adresser la parole. D'ailleurs, parler avec ce masque sur le visage lui parut déroutant.

- Bonsoir. Est-ce que vous savez si Francisca est dans son temple ?

- Euh… Bonsoir… Mademoiselle… Qui es-tu ? Ton visage ne m'est pas familier.

- Je suis une nouvelle apprentie monsieur.

Cette réponse le fit bizarrement éclater de rire. Mais pour qui il se prenait lui ?! Il se croyait donc si supérieur à elle pour lui rire au nez ?! Elle allait lui envoyer une remarque bien sentie, mais il lui répondit avant qu'elle ait le temps d'ouvrir la bouche.

- Désolé. Je ne me moque pas de toi ne t'inquiètes pas. C'est simplement que du haut de mes 18 ans, personne ne m'avait encore appelé ''monsieur'' avec autant de sérieux… Et sinon, je me présente, je suis Hakurei de l'Autel et toi qui es-tu, jeune fille cherchant le chevalier du Taureau ?

- Je suis Elara, une apprentie ramenée au Sanctuaire par Francisca, mon futur maître. Est-ce qu'il est dans son Temple ?

- Oui, oui, ne t'inquiète pas. Sinon, désolé de t'avoir importuné avec mes questions futiles, mais j'aime bien connaître les apprentis chevalier pour pouvoir suivre l'avancement de leur entraînement. Nous n'avons pas grand-chose à faire, lors de paix, en tant que chevalier à temps plein. À part les missions et l'entraînement des apprentis, il n'y a aucune occupation constructive. Les fêtes entre chevaliers ne sont bien sûr pas comprises dans les activités constructives, ajouta-t-il en riant. Sur ce, je vais te laisser rejoindre Francisca. Bonne soirée et à une prochaine fois petite Elara.

- Au revoir.

Elle n'ajouta rien, mais n'en pensait pas moins, elle n'était pas petite par Athéna ! Sa croissance n'était simplement pas terminée !

~o~

Lorsqu'elle rejoignit Francisca quelques minutes après ce petit imprévu, ce dernier sembla surpris de la voir. D'ailleurs, il la dévisagea pendant quelques secondes avant de lui sourire, ayant sûrement eu du mal à la reconnaître à cause de son masque.

- Eh bien, que viens-tu faire chez moi à une heure pareille ?

- En fait, j'étais toute seule au baraquement et je n'aime pas trop me mélanger à des personnes que je ne connais pas. Il n'y a qu'Aédé avec qui je m'entends bien. Et toi, maintenant. Et du coup, je suis venu te voir parce que tu es mon seul ami ici.

- Ne soit pas si pessimiste voyons, je suis sûr que tu te trouveras de nouveaux amis parmi les apprentis et les chevaliers. Sinon, entre. Tu veux boire un thé ou un chocolat ?

Elara opta pour le chocolat, curieuse de découvrir cette nouvelle saveur qui lui restait inconnue. Ils restèrent ainsi, à discuter de tout et de rien, installé dans le salon du Taureau : des missions de Francisca, de la future armure d'Elara, de l'entraînement des apprentis… Les minutes et les heures passèrent sans qu'ils ne s'en rendent vraiment compte et après une invitation en bonnes et dues formes, Elara dîna chez le second Gardien après que ce dernier soit allé prévenir le chevalier en charge de la surveillance des apprentis.

Le repas se passa tout aussi bien que le début de soirée et les minutes continuèrent de filer à une vitesse folle.

Même après avoir marché côte à côte pendant plus d'un mois, ils arrivaient encore à trouver de nouveaux sujets de conversation. Aux alentours de vingt et une heure, Francisca congédia tout de même son élève qui devait encore perdre quelques minutes de sommeil pour se rendre à son baraquement. Elara fit donc le chemin inverse, mais cette fois-ci sans se perdre, connaissant maintenant l'itinéraire.

Elle arriva devant un baraquement complètement noir, toutes les apprenties étaient couchées et devaient dormir profondément. Heureusement pour elle, son lit se trouvait près de la porte et elle n'eut pas à réveiller des jeunes filles par mégarde. Elle se coucha dès qu'elle eut trouvé son nouveau chez elle, sa journée ayant été éreintante.

Demain, elle enverrait une lettre à Aédé pour l'informer de son arrivée au Sanctuaire. Elle se demanda aussi quelle armure allait pouvoir la choisir, elle, simple orpheline parisienne, sans compétente particulière. Sa dernière pensée avant de s'endormir fut de se dire que la vie ici n'était finalement pas si mal que ça, après tout, aujourd'hui, elle avait rencontré des personnes fantastiques qui l'aideraient sûrement à donner un sens à sa nouvelle vie, à son nouveau départ.

~o~

Petit point culture inutile : à la découverte du chocolat, ce dernier était considéré comme une boisson et non pas comme un aliment. Du coup quand je parle de « chocolat », je ne fais pas référence à du lait chocolaté mais bel et bien à du simple chocolat.

Une petite review peut-être ? Les commentaires sont toujours encourageants.