Je suis de retour ! Pour vous jouer de mauvais tour ! (Gros bisous à tous ceux qui choppent la référence)
Bref tout ça pour dire que non, je ne suis pas morte, enfin pas encore x3
C'est juste qu'entre les partiels, le confinement qui m'a tout sauf aidé à écrire et les vacances que je me suis permise après ce beau bordel, ce chapitre a tardé à sortir et je m'en excuse encore. Mais trêve de pensées négatives, il est là et c'est le principal.
Sur ce, bonne lecture.
~o~
- Plus vite ! Vociféra Gienah.
- Mais... Mais... Je... Je donne déjà tout ce que j'ai...
- Faux ! Si tu donnais tout ce que tu avais, tu te fondrais dans le cosmos et tu ne serais plus là ! Et tu ne pourrais même pas me parler !
- Mais...
- Pas de « mais » ! Continue de courir et puis c'est tout ! Maintenant concentre-toi et tais-toi !
Elara avait l'impression de mourir intérieurement, de brûler toute son énergie vitale. Elle tentait tant bien que mal de pallier la douleur en enflammant son cosmos, mais rien n'y faisait.
Cela faisait des jours que son nouveau maître usait ses limites physiques. Le pire avait quand même été quand il lui avait ordonné de se placer sur une des roches volcaniques, au cœur même du volcan, pour respirer à plein poumon la fumée toxique exhalée par la lave. Elara l'avait regardé, les yeux plein de questions. Pourquoi tous ces entraînements harassants ? En quoi mourir d'asphyxie pouvait l'aider à obtenir cette fichue armure qu'elle commençait à regretter d'avoir choisi ?
Mais, malheureusement pour la jeune apprentie, cet entraînement épuisant n'était pas le seul problème qu'elle devait gérer. Depuis la rencontre avec son maître et le début de son entraînement, Elara n'arrivait pas à dormir ou du moins pas plus de quelques heures. Toutes les nuits, elle faisait le même rêve. Toutes les nuits, elle se réveillait en sursaut, se sentant épié. Toutes les nuits, elle se retrouvait incapable de se rendormir. Le pire dans tout cela était qu'elle ne comprenait pas ce satané rêve. Elle n'arrivait pas à en saisir le sens et plus elle y pensait, plus la solution lui échappait.
Et malgré les cernes énormes sous ses yeux, Gienah continuait de la faire travailler sans relâche.
La jeune fille n'osait pas lui en parler de peur de passer pour une faible ou encore pire pour une folle... En effet, ces rêves n'étaient pas normaux. Elara ne savait pas pourquoi, mais au fond d'elle, elle savait que ses rêves lui montraient le futur.
Elle y voyait une armure au reflet violet qu'elle déduisait comme étant un surplis d'après ce qu'elle avait appris, un immense incendie avec une silhouette humaine en son centre, un champ de bataille démesuré, des morts, trop nombreux pour qu'elle puisse les compter et parmi les cadavres, des visages connus, des chevaliers d'Athéna qu'elle avait déjà rencontrés, avec qui elle était amie. Puis, toutes ces visions se mélangeaient, se fondaient en un gigantesque tourbillon duquel émergeait une ombre sinistre deux fois plus grande qu'un homme. Un homme effrayant dont la simple vue de son ombre suffisait à faire paniquer la jeune fille.
Elara n'arrivait pas à concevoir que toutes ces scènes s'étaient ou pouvaient se produire. Elle ne savait que faire.
~o~
Une nuit de plus, la jeune fille revint à elle, en sueur, le cœur palpitant dans sa poitrine. La peur au ventre encore présente, à deux doigts de la crise de panique, elle se leva et décida de faire quelques pas pour tenter de se détendre. Mais cette nuit était différente des autres. En effet, en passant à côté du camp de Gienah, ce dernier ouvrit les yeux et la fixa de son regard clair. Elara se figea, prise sur le fait.
Le chevalier du corbeau ne décrocha pas son regard en se redressant. Il avança vers son apprenti d'un pas lent et dit calmement, sans aucune trace de colère dans sa voix :
- Maintenant, tu vas me dire ce qui ne va pas.
Malgré l'envie d'Elara de déguerpir aussitôt, le ton employé par son maître réduisit à néant ses tentatives de mensonges. Gienah ne demandait pas une réponse, il l'ordonnait.
- Je... Je... Cela fait plusieurs nuits... Commença Elara avec une petite voix qui fut coupée par le Corbeau.
- Toutes les nuits, tu veux dire.
- Oui et alors ?! Répliqua Elara d'un ton sec avant de se gratter la gorge pour reprendre. Bref, je disais donc... Cela fait plusieurs nuits que je me réveille en sursaut après avoir fait un rêve bizarre, toujours le même. Et ce rêve, il... Je ne le comprends pas...
C'était sans doute dû à la fatigue, mais les yeux d'Elara s'embuèrent de larmes. Elle n'essaya même pas de les retenir, toute résistance était inutile et elle ressentait le besoin de pleurer. Gienah, devant la scène s'offrant à lui, adopta un air plus doux et s'approcha doucement de son élève.
- Tu aurais dû m'en parler avant, j'aurais pu t'aider à régler cette situation instable. Maintenant que nous y sommes, racontes moi. Je pourrais peut-être t'aider.
Alors Elara lui raconta tout, la panique qui l'envahissait chaque nuit, l'impuissance de revivre ce même rêve, inexorablement, sans pouvoir le comprendre, les horribles scènes desquelles elle était la témoin impuissante, l'incapacité de se rendormir après avoir vu de telles horreurs. Et, en dépit de tout ce qu'Elara aurait pu penser, Gienah se montra compatissant avec elle, allant même jusqu'à la serrer dans ses bras pour la consoler et laisser ses larmes tarir. Il lui souffla des mots réconfortants et lui expliqua que ce rêve ne représentait en rien l'avenir, cela devait sans doute être l'œuvre d'Hypnos qui tentait de l'effrayer.
C'est ainsi, enlacée à son maître, qu'Elara trouva enfin le sommeil, après de longues semaines d'insomnie.
~o~
Le matin suivant, la future sainte du Phénix se réveilla, revigorée. Elle avait dormi comme un bébé et se sentait prête à accomplir des miracles.
La soirée d'hier, ou plutôt la nuit, se rappela à son bon souvenir, lui faisant réaliser que le soleil était déjà haut. Mais, pensa Elara, son maître n'était-il pas censé sonner le branle-bas à l'aurore ? C'est sur ces réflexions qu'elle se leva pour le trouver et obtenir des explications.
Elle le trouva assit sur un rocher en tailleur, au bord d'un immense vide, le visage tourné vers le ciel et ses cheveux gris anthracite voletant au vent. Elle n'osa pas le déranger, comprenant qu'il était en pleine réflexion, et s'assit à quelques mètres de lui pour elle aussi méditer.
Son esprit dériva. Elle pensa au Sanctuaire, à toutes les personnes qu'elle avait laissées derrière elle pour venir sur cette île : Aédé, Francisca, Théodore, Calysté et tous les autres chevaliers d'or, d'argent et de bronze avec qui elle était devenue amie, et surtout Athéna. Cela allait bientôt faire un mois qu'Elara était parti et le cosmos doré de la déesse lui manquait, ce cosmos qui lui permettait de se sentir complète et heureuse, peu importe les circonstances, ce cosmos chaleureux qui la rassurait et lui rappelait la première étreinte de la déesse à son arrivée au Sanctuaire.
L'esprit d'Elara dériva vers son amie d'enfance. Aédé lui manquait, terriblement. Elle se souvint de ses premiers jours au Sanctuaire où il lui arrivait de s'exiler à certains moments de la journée pour écrire à sa meilleure amie. Elles avaient ainsi conservé un contact malgré la distance. Mais ce contact maintenant rompu, à cause de la nature de son entraînement et de l'isolement de l'île Kanon, lui pesait sur le cœur. La jeune fille ne pouvait s'empêcher d'imaginer des centaines de scénarios critiques. Et s'il arrivait quoi que ce soit à Aédé, comment pourrait-elle le savoir ? Et si le Sanctuaire était attaqué ? Et si un de ses amis mourrait ou disparaissait ? Coincée au bout du monde, elle ne le saurait qu'après avoir fini son entraînement et donc des semaines après les événements. Elara se sentit soudainement inutile, perdue sur cette île volcanique avec pour seul compagnon et seule source de conversation, un chevalier d'argent colérique et intransigeant. Ces réflexions négatives brisèrent la méditation dans laquelle elle s'était plongée, faisant, par le fait d'un mouvement brusque incontrôlé, tomber une roche qui s'écrasa au sol dans un grand bruit, sortant le chevalier du Corbeau de sa transe.
Ce dernier fixa Elara, sans doute surpris de la trouver, juste à côté de lui, parfaitement éveillée.
- Bonjour jeune fille. Commença Gienah.
- Euh... Bonjour...
- Je vois que tu as rattrapé ton sommeil en retard. Avant qu'Elara puisse lui répondre quoi que ce soit, il ajouta avec un sourire sadique. Nous allons pouvoir commencer l'entraînement. Le but du jour est de briser la pierre juste là, de tes poings nus.
Elara le regarda, abasourdie. Ses yeux passaient de son maître au rocher, puis du rocher à son maître.
- Vous voulez que je brise un rocher de la taille d'une maison sans aucune arme pour m'aider ?!
- Tout chevalier qui se respecte doit être capable de réaliser une telle chose. Ce n'est pas un exploit dans les rangs d'Athéna. J'ai déjà vu des chevaliers démolir des montagnes alors vu la taille de cette pierre, ce que je te demande est plutôt facile à faire. La seule chose que tu dois savoir effectuer, c'est contrôler ton cosmos pour que ce dernier t'aide à casser une roche de cette taille. Vu ce que ton ancien maître m'a rapporté, cet exercice devrait t'être facile. De plus, j'ai déjà vu ta maîtrise de la cosmoénergie à l'œuvre et cette dernière est presque parfaite, ce ne devrait donc pas être compliqué. Depuis le début de ton séjour sur cette île, je me suis contenté de tester ton endurance, il est temps d'examiner ta force physique pure. Sur ce, je te laisse, viens me trouver quand ce ridicule morceau de roche sera réduit en charpie.
Et Gienah partit, laissant Elara ébahie. Elle allait se briser les poings à taper sur ce bloc de lave... Elle tourna et retourna, faisant les cent pas devant cette roche de la taille de son baraquement au Sanctuaire. Mais alors qu'elle se sentait prête à abandonner pour demander conseil à son maître, son esprit combatif prit le dessus. Elle briserait cette roche à mains nues ! Elle le ferait pour obtenir le plus vite possible son armure et retrouver toutes les personnes auxquelles elle tenait.
Elle se posta face au rocher, droite et fière. Elle baissa les yeux vers ses poings serrés et fit brûler son cosmos. Ses mains s'entourèrent d'une douce lueur orangée. Fermant les yeux, elle laissa cette sensation de puissance l'envahir. Son cosmos déployé, elle se sentait invulnérable, plus rien ne pouvait l'atteindre. Un immense sourire couvrit son visage avant qu'elle ne souffle, se reconcentrant sur l'ennemi en face d'elle, les yeux toujours clos. Elle recula d'un pas, se préparant à frapper.
Alors que son poing partait à toute vitesse vers le rocher, elle se revit enfant, frappant désespérément un arbre, espérant trouver la puissance qui lui permettrait d'écraser les grands qui lui cherchaient des noises ou qui embêtaient Aédé. Elle se souvint de ses poings minuscules, couverts de sangs après avoir cogné des heures durant ce pauvre chêne. Aujourd'hui, sa détermination était la même qu'à l'époque, elle était décidée à gagner, coûte que coûte.
Son poing heurta la surface rocheuse et produisit une immense fissure. Devant les yeux fiers d'Elara, la crevasse s'agrandit, lézardant sur l'entièreté de la roche qui tomba en morceau dans un vacarme assourdissant. Un sourire amusé sur les lèvres, Elara shoota dans un des cailloux et partit rejoindre son maître en trottinant en pensant « Voilà qui est fait ! ».
~o~
- Puisque je vous dis que je suis prête ! Je peux obtenir mon armure ! J'ai fini mon entraînement ! JE SUIS PRÊTE !
- Sache, jeune fille, que JE suis ton maître et que JE déciderai quand le moment sera venu pour toi d'obtenir ton armure ! Alors cesse de maugréer et va reprendre ton entraînement !
- NON ! Hurla presque Elara.
- Non ?! Tu oses défier mon autorité jeune fille ?!
Gienah fixa son élève, la défiant de répliquer. Mais cette dernière en avait assez et ne prit pas compte de la recommandation sous-entendue.
- J'ai dit non ! Je ne veux plus m'entraîner en vain. Cela fait plus de six mois que je suis ici et je n'ai toujours pas obtenu mon armure ! Je parie que les chevaliers de bronze partis en même temps que moi doivent être déjà revenus. À l'heure actuelle, ils doivent certainement fanfaronner dans leurs armures toutes neuves alors que moi, je suis ici, m'entraînant toujours autant, jour après jour, alors que je considère avoir le niveau pour acquérir l'armure du Phénix qui n'attend que moi !
- Je vois... Répliqua le Corbeau d'un ton sec. Tu t'estimes donc en droit de décrocher l'armure du Phénix alors même que ta formation n'est pas achevée.
Elara fulminait. Il osait lui dire qu'elle n'était pas prête. Après toutes les épreuves qu'elle avait traversées et tous les entraînements sans queue ni tête qu'elle avait accomplie sans discuter, il OSAIT lui dire qu'elle n'était pas prête ?! Il ne savait pas ce qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle passait à proximité du volcan où la Pandora box reposait.
- Ce n'est pas ma faute si vous êtes aveugle ! Cela fait des semaines que je suis préparée à recevoir cette armure et vous ne voyez rien ! Et bien sûr, au moment où j'ose vous proposer cette alternative, vous refusez ! Je ne comprends pas ce qui ne va pas ! Je suis prête pour ce test ! Cela fait des semaines que l'armure m'appelle ! Je m'efforce de ne pas écouter ses mots ! Je m'efforce de me convaincre que mon entraînement doit être fini ! Mais la tentation est dure. Le ton d'Elara se fit plus douloureux. S'il vous plaît... J'ai besoin de la rejoindre...
Voyant la détresse de son élève, Gienah décida de lâcher prise. Il comprenait très bien ce qu'un chevalier pouvait ressentir à l'appel d'une armure. Il ne dit mot, mais balança sa main en direction du volcan en faisant demi-tour, lui signifiant qu'elle pouvait partir chercher le Phénix caché au milieu de la lave.
Elara ne se fit pas priée et se rua aussitôt vers le centre de l'île. Alors qu'elle courait, son cosmos s'enflamma de lui-même et alla toucher l'armure. Enfin, elles avaient un contact ! Enfin, elle pouvait ressentir la puissance inouïe de cette armure ! Arrivant à destination, elle fixa, fascinée, la Pandora box irradiant de lumière. Elle tendit le bras, inexorablement attirée par ce halo. Alors qu'elle réfléchissait à comment l'attraper, il lui sembla que la Cloth l'entendit. Elle leva les yeux et vit l'armure se soulever de son socle pour venir se poser à quelques pas d'elle. Elara franchit, sans attendre, la distance la séparant de son avenir.
À quelques mètres de là, se trouvait Gienah assistant, ému, au spectacle.
Ne sachant que faire, elle avança doucement sa main vers l'armure de bronze. Lorsque sa peau entra en contact avec le métal, une explosion de lumière se produisit. Durant celle-ci, Elara sentit une protection revêtir son corps, mais ne vit rien à cause de la luminosité. Cependant, ce qu'il sentit en elle était merveilleux et inimaginable. Elle se sentait puissante, intouchable. Elle se sentait capable d'abattre des montagnes. Quand la lumière revint à la normale, elle brillait de mille feux, vêtue d'une armure flamboyante. Sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, les larmes débordèrent de ses yeux, des larmes de joie, de satisfaction. Mais malgré les pleurs inondant ses joues, un immense sourire illuminait son visage. Elle était heureuse, comme jamais. Elle avait atteint son but. Elle était devenue chevalier.
Elara se tourna vers son maître, la joie irradiant de son visage. Ce dernier en retour lui sourit, fière d'elle.
- Je vous avais bien dit que j'en étais capable.
Ainsi, le chevalier du Phénix venait de renaître de ses cendres.
~o~
« Enfin de retour ! ». Enfilant son masque, sa Pandora box sur le dos, Elara franchit les portes du Sanctuaire d'Athéna et commença à gravir les marches la menant vers ses amis, du moins le peu qu'elle s'était fait.
Elle passa sans problème la première maison, vide de tout propriétaire, à sa plus grande joie, pour se diriger vers son objectif du moment, le temple du Taureau. En y entrant, elle remarqua bien vite l'absence de son occupant. Ne s'en inquiétant pas, elle continua son ascension. Mais lorsqu'elle se rendit compte que le troisième gardien était également absent, elle se rendit à l'évidence, elle ne croiserait aucun chevalier d'or, ou du moins dans l'immédiat. Ils devaient avoir été convoqués dans la maison du Grand Pope par ce dernier ou par leur déesse. Elara se dirigea donc vers son baraquement pour y déposer les quelques affaires en sa possession. En chemin, elle choisit de passer non loin de l'arène, pour voir s'il y avait âme qui vive dans ce coin du domaine d'Athéna.
Quelle ne fut pas sa surprise de trouver, au beau milieu de l'arène, deux chevaliers sans armures combattant. Deux chevaliers d'or et plus précisément la chevalière du Capricorne contre le chevalier du Taureau. De là où elle se trouvait, la jeune fille pouvait apercevoir les deux Saints se toisant. Elle courut vers les gradins pour trouver une place, ne voulant en aucun cas rater un pareil combat. Zigzagant entre les personnes déjà présentes, elle parvint à s'asseoir assez près de l'arène. De sa place, elle pouvait, avec un plaisir non dissimulé, observer les deux chevaliers et peut-être en apprendre un peu plus sur quelques techniques de combat. Posant sur le sol toutes les affaires qu'elle transportait, elle aperçut le jeune garçon à côté d'elle l'observer fixement. Elle tourna la tête vers l'inopportun qui osait la fixer et faillit lui lancer un regard noir, visible, elle l'espérait, même à travers son masque, qui fut coupé par le sourire éclatant qu'il lui envoya. Sentant ses joues chauffées sous le regard appuyé de son voisin, elle lui fit un simple salut de la main pour ensuite se reconcentrer sur le combat.
Elle nota avec admiration que malgré l'avantage certain que détenait Francisca en raison de sa carrure, Astrée, le dépassant de quelques centimètres, menait le combat. Elle n'était que souplesse et ruse. Elle se faufilait dans les moindres creux de la garde du Taureau. Elle allait gagner, Elara en était persuadée. Pas qu'elle ne croit pas en son maître, mais ce dernier n'avait aucune chance face à l'agilité du Capricorne, elle dirigeait le combat d'une main de maître. Tout en surveillant le combat, Elara se rendit compte que pour la première fois, après des mois passés au Sanctuaire, elle apercevait enfin une grande partie la peau de la chevalière. En effet, la plupart du temps, Astrée se couvrait de vêtement des pieds à la tête et il était assez difficile d'apercevoir un bout d'épiderme. Effectivement, la chevalière du Capricorne, sans doute réchauffé par le combat, avait tombé sa veste, se retrouvant en t-shirt, bras nu et cou découvert. Elle gardait cependant ses mitaines pour une raison obscure.
Sa peau fascina Elara, elle était bicolore, un coup, brune, un coup, beige, comme si quelqu'un s'était amusé à décoloré son épiderme, mais seulement par endroit. Cette constatation fit rire intérieurement Elara, elle s'imaginait très bien une personne passer une pâte décolorante sur la peau de la chevalière, sous le regard indigné de cette dernière. Elle pouffa, ce qui attira l'attention de son voisin qui se tourna vers elle avec un sourire espiègle.
- Ce combat te fait rire ?
Elara s'empourpra, se grattant la nuque, ça lui apprendrait à raconter des bêtises, même intérieurement. Elle s'empressa de répliquer :
- Non ! Non ! Ce n'est pas ça ! Je ne me moquais pas d'eux !
Le blond, assit à côté d'elle, rit en levant les mains, en signe de paix.
- Ne stresse pas. Je ne t'attaque pas. Je t'embêtais juste un peu. Il fit un sourire en coin. Au fait, je m'appelle Sune et je suis moi aussi un chevalier du bronze, celui du Loup. Et toi, jolie demoiselle, comment-tu t'appelles ?
Reprenant son sérieux face au ton un peu trop dragueur de ce Sune, le Phénix reprit :
- Tout d'abord, ne m'appelle plus comme cela et...
- Je le ferai si tu me donnes ton prénom, qui doit être magnifique.
- Ne me coupe pas la parole ! Je disais donc, ne m'appelle plus ''jolie demoiselle'' ou tout autre surnom idiot. Je m'appelle Elara et je suis la chevalière du Phénix. Et puis arrêtes de me draguer, tu es lourd.
- Tout ce que tu voudras jolie Elara.
Alors que celle-ci allait remettre une fois de plus ce dragueur aux yeux bleus à sa place, elle fut coupée par une voix dans son dos.
- Elara, c'est toi ?
Reconnaissant instantanément le propriétaire de ladite voix, elle se retourna et se jeta dans les bras d'un Francisca surpris de la voir, mais aussi par son geste.
- Tout doux louloute ! Je ne dois pas sentir la rose, tu sais...
Enfouissant son visage dans la tunique de son maître, elle grogna qu'elle s'en fichait ce qui tira un sourire au grand blond. Il referma ses bras autour de son dos. C'était bon de se revoir.
~o~
- Alors comme ça, tu as souffert le martyr pendant cet entraînement ?
Francisca rit à sa propre remarque sous le regard outré de son élève. Mais elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.
- Arrête de te moquer de moi ! Ce Corbeau est un tyran ! Il m'a fait faire des choses ignobles ! Depuis quand s'asseoir au milieu d'un volcan est normal ?!
Le Taureau agrandit son sourire.
- Tu as l'armure du Phénix, lié aux flammes et à la lave. Tu vas devoir t'y habituer. D'ailleurs, je ne sais pas si quelqu'un te l'a appris, mais ton armure est la seule à pouvoir se réparer d'elle-même. Tu n'as besoin ni du sang d'un chevalier ni d'un Atlante pour la remettre en état.
Elara parut surprise. Ainsi, son armure pouvait se restaurer seule. Elle resta pensive.
- J'ai entendu dire que les chevaliers du Phénix sont immortels, c'est vrai ?
- Vous n'êtes pas véritablement immortels. En vérité, si vous mourrez en armure, lorsque cette dernière se régénère, vous guérissez avec elle. Cependant, comme tous les chevaliers, vous pouvez mourir de vieillesse.
En un sens, la jeune fille fut soulagée. Elle n'aurait pas à voir les gens qu'elle aimait mourir. Elle n'aurait pas à leur survivre. Elle n'aurait pas à vivre avec cette peine.
Ils continuèrent ainsi à discuter de longues heures durant. Lorsqu'ils se séparèrent, Elara décida de rendre visite à Théodore pour prendre de ses nouvelles. Elle monta vers le temple des Gémeaux, mais le trouva vide. Où pouvait être le propriétaire du troisième temple ? Un des seuls le sachant était obligatoirement Sage, étant son voisin, il connaissait presque tous ses déplacements. D'un pas rapide, elle gagna le temple du Cancer. Elle y trouva son chevalier tranquillement assis sur son canapé, prenant un thé. Le regard du jeune homme s'illumina à la vue de son invitée.
- Oh ! Bonjour Elara. Que puis-je faire pour toi ? Tu veux du thé ?
- Bonjour. Ou plutôt bonsoir. Je te remercie pour le thé, mais je n'ai pas très soif. En réalité, je cherche juste Théodore, tu ne saurais pas où il se trouve par hasard ?
Sage esquissa un sourire espiègle en pouffant.
- Je pense que tu le trouveras à la maison des Poissons.
Elara le remercia d'un sourire et entreprit l'ascension des marches pour trouver son ami aux cheveux bleu azurin. Elle croisa presque tous les ors, mais ne les gratifia que d'une simple salutation avant de continuer son chemin.
Entrant lentement dans le temple des Poissons, elle tomba nez-à-nez avec un spectacle on ne peut plus gênant. Echo, hissé sur la table du salon, enserrait de ses jambes la taille de Théodore. Ce dernier avait posé des mains baladeuses sous la tunique du poisson. Les deux chevaliers s'embrassaient amoureusement. Elara rougit violemment. Tentant de faire demi-tour, elle trébucha sur son propre pied et s'écrasa au sol dans un violent fracas.
Les deux chevaliers se lâchèrent brusquement et tournèrent la tête vers la source de ce raffut. Aussi rouge de gêne qu'Elara, Théodore s'accroupit à côté d'elle pour s'enquérir de son état. Le Phénix gémit de douleur et de gêne mélangés, pour le tact et les manières, elle repasserait. L'aidant à se relever, le Gémeau en titre lui fit un petit sourire d'excuse.
- Pardon pour nous deux, tu n'étais pas censée assister à un tel spectacle. Je m'en excuse encore. Sinon, tu es venu pour voir Echo ? Ou juste pour passer ?
- Euh... Non... Je suis passée te voir, Sage m'a dit que tu serais ici.
- Sage ?! Il se tourna vers Echo qui lui répondit d'un simple regard. D'accord, on en parlera plus tard... Le Gémeau reporta son attention sur Elara. Sinon, tout va bien ?
- Parfaitement. En fait, je suis venue pour t'annoncer que ça y est, je fais officiellement partie de la chevalerie.
- Tu as reçu ton armure ?! Répliqua Théodore, enjoué.
- Oui ! Un grand sourire recouvrit le visage d'Elara. Je suis maintenant la chevalière du Phénix !
- Bravo ! Je suis fier de toi. Et je suis sûr que c'est la même chose pour Echo.
Il tendit sa main vers Echo, ce dernier la prit, quelque peu rouge, et avança à côté de lui. Le Poisson lui fit un doux sourire, mais ne prononça pas mot. Elara en avait l'habitude, il n'avait jamais été très bavard. Osant, la jeune fille posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- Alors comme ça, tu es en couple avec Echo et tu ne me l'as même pas dit ?!
- Eh bien... C'est-à-dire que... Ce n'est pas vraiment officiel alors si cela pouvait rester entre nous...
- Bien sûr, mais... si je puis me permettre, si vous voulez que cela reste secret, vous feriez mieux de vous cacher un peu plus...
- C'est... Théodore se gratta la gorge. C'est vrai, tu as raison... Mais trêve de bavardages, tout va bien, j'imagine. Tu es rentrée aujourd'hui ?
- Je viens à peine d'arriver en fait, la preuve, mes affaires sont encore chez Francisca, ajouta Elara en riant.
- En effet, et que comptes-tu faire maintenant ? Tu vas rester un peu au Sanctuaire ?
- Oh non ! Je vais repartir. J'avais promis d'aller voir Aédé une fois devenu chevalier. Je retourne en France lui rendre visite.
Suite à sa réplique, la jeune fille vit Théodore perdre son air joyeux et pâlir sans qu'elle n'en connaisse la raison. Elle tenta de lui demander ce qui n'allait pas, mais le Gémeau resta évasif. Il lui répéter d'aller plutôt, rapidement, parler de son départ à Francisca. La chevalière essaya encore et encore lui faire expliciter le problème, mais rien n'y fit. Même Echo semblait plus pâle que d'habitude. Ainsi, la joie d'Elara quitta son corps. Quel était le souci ? Elle ? Ou le fait de retourner à Paris ? Un mauvais pressentiment lui nouait la gorge. Cessant de questionner le Gémeau, Elara leur fit rapidement ses adieux et repartit d'un pas rapide en direction du second temple. Il fallait résoudre ce mystère, elle le devait. Et d'après les dires de Théodore, Francisca pouvait l'éclairer.
Arrivant à la maison du Taureau, peut-être un peu trop précipitamment, elle tomba nez-à-nez avec le gardien, ayant l'air de quitter son temple. Elle ne prit même pas la peine de lui demander si elle le dérangeait.
- Je suis venu t'annoncer une importante nouvelle, annonça-t-elle abruptement.
Francisca perdit son sourire à la vue du visage fermé de son élève.
- Je t'écoute, que se passe-t-il ?
- Je pars en France demain, retrouver Aédé. Je viens d'en parler à Théodore, mais cela n'a pas eu l'air de lui plaire. Je ne comprenais pas pourquoi alors je lui ai posé la question. Sa seule réponse a été de me renvoyer vers toi. Alors je suis là.
La chevalière avait parlé rapidement, sans même prendre le temps de reprendre son souffle. Et comme elle s'y attendait, Francisca pâlit lui aussi. Son regard se fit triste ce qui finit de convaincre Elara qu'un problème était présent. Francisca sembla chercher ses mots en détournant les yeux. Lorsqu'il releva les yeux, son regard dur effraya la jeune fille.
- Elara. Je dois t'annoncer quelque chose. Quelque chose de grave.
Elle ne répliqua rien, mais le supplia du regard de lui expliquer le souci.
- Lors de tes six mois d'absence, j'ai appris une dure nouvelle. Je n'ai pas pu te prévenir et je n'ai pas voulu le faire pour ne pas te déconcentrer dans ton entraînement. Il y a environ quatre mois de cela, en France, un incendie a dévasté une grande partie la capitale. Ton ancien orphelinat comptait parmi les bâtiments brûlés. De nombreux enfants et bonnes sœurs ont péri. Aédé en faisait partie. Je suis désolé.
Et alors, le rêve d'Elara se brisa.
~o~
Bon... Je crois que j'adore faire souffrir mes lecteurs en finissant mes chapitres de cette manière...
Mais j'espère que ça ne vous empêchera pas de laisser une petite review pour me dire ce que vous en pensez )
