Bonjour à tous, me revoilà avec un nouveau chapitre. Je préviens tout de suite, ce n'est pas la joie dedans...
Pour ceux qui se sont perdus en route, petit résumé succinct : Elara, officiellement devenu chevalière du Phénix, est rentré au Sanctuaire. Mais là-bas, elle y apprend une terrible nouvelle. Durant son absence prolongé dû à son entrainement, des incendies ont ravagés la capitale française et de nombreux bâtiments ont été touchés, notamment son ancien orphelinat. Et parmi les victimes se trouve la personne la plus importante aux yeux d'Elara, sa meilleure amie : Aédé.
(Dites-moi si ce genre de résumé vous plait, que je sache si je continue à en faire ou non.)
Info de ce chapitre : une grosse partie est écrite en italique et n'est pas du point de vue d'Elara, c'est normal. C'est en réalité la seule part de la guerre sainte du XVe canon. Elle est dessinée et racontée dans les tomes XV et XVI de Saint Seiya the Lost Canvas Chronicles, par Masami Kurumada et Shiori Teshirogi.
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Elle devait partir. Elle devait quitter le Sanctuaire. Elle devait la retrouver. Elara n'y croyait pas, Aédé ne pouvait pas être morte. Elle ne pouvait pas l'avoir quitté sans avoir tenu sa promesse. Elle ne pouvait pas l'avoir quitté, elles s'étaient promis...
La jeune fille prit sa tête entre ses mains, s'efforçant de penser à autre chose. Elle était décidée à quitter le Sanctuaire. Elle irait enquêter en France. Elle irait trouver les coupables, peu importe qui ils étaient. Elle irait la retrouver. Ces incendies n'étaient pas naturels, elle le sentait, elle le croyait, elle l'espérait. Aédé ne pouvait pas être morte, comme ça, par accident, il y avait forcément des coupables à punir. Elle retournerait à Paris. Peu lui importait les conseils de ses amis, même Francisca ne la ferait pas changer d'avis. Aédé avait besoin d'elle.
Elle descendait rapidement les marches lorsqu'elle fut coupée par une voix.
- Elara ! Attends !
Se retournant, elle tomba, sans grande surprise, sur un Sune quelque peu essoufflé. N'ayant aucune envie de lui parler, elle serra les deux et répliqua d'un ton sec.
- Sune. Que me veux-tu ?
- Je... J'ai entendu dire que tu voulais partir du Sanctuaire, à cause de... enfin, tu sais pourquoi... Du coup, je voulais te parler... Je sais que tu n'as pas trop la tête à ça, mais... Je voulais te dire quelque chose d'important...
Elara se retint de soupirer et de lever les yeux au ciel. Elle savait très bien de quoi Sune voulait lui parler. Après tout, la jeune fille avait compris son « problème » dès leur première rencontre... Cela ne l'avait pas empêché de devenir ami avec lui, et même de le compter parmi ses amis les plus proches au sein du Sanctuaire, mais il y avait toujours cette barrière invisible entre eux, tel le Cristal Wall du chevalier du Bélier. Sune était son « presque » meilleur ami, personne ne pourrait remplacer Aédé, mais il n'empêchait qu'elle le trouvait, de temps à autre, agaçant. Surtout quand il tournait autour du pot comme maintenant.
- Si tu dois me dire quelque chose, dit le tout de suite. Je suis pressée.
Ne prenant pas en compte des paroles agressives de son amie, Sune continua de chercher ses mots. Il avait l'habitude de la rudesse du franc-parler d'Elara, cette dernière préférait toujours dire la vérité plutôt que de se cacher derrière des manières, sauf bien sûr quand quelqu'un l'obligeait à parler de chose qu'elle voulait cacher ou qui la gênait. Enfin prêt à parler, Sune releva la tête et fixa Elara dans les yeux, ou plutôt son masque, gagnant par la même occasion quelques teintes de rouges sur ses joues.
- En fait... cela fait des mois que je souhaite t'avouer quelque chose, quelque chose que je te cache depuis qu'on se connait. Le... La première fois que l'on s'est rencontré, j'ai... comment dire... eu le coup de foudre pour toi ! Voilà. C'est dit. Je t'aime Elara !
Ne pouvant s'empêcher de soupirer. Elle enleva lentement son masque, fixant, cette fois, Sune directement dans les yeux.
- Écoute... Je le savais déjà. Malgré toute la douleur que son cœur contenait, elle pouffa de rire sous les yeux éberlués du chevalier du Loup. Tu n'es pas vraiment discret en réalité...
Sune devint plus rouge que jamais et fixa ses pieds tandis qu'Elara reprenait un air sérieux.
- Je suis désolé, mais si je ne t'ai rien dit, c'est parce que je ne partage pas tes sentiments. Je t'adore, tu es mon meilleur ami. Mais tu ne seras malheureusement jamais plus. Je suis encore désolé. J'espère que même après cela, notre relation pourra rester inchangé.
Sune releva un regard blessé vers elle.
- Je le savais... Je ne sais même pas pourquoi je t'en ai parlé, j'étais presque sûr de me faire rembarrer et... gagner ! C'est fait ! Je suis moi aussi désolé, mais rester amis avec toi dans ses conditions m'est impossible, je ne pense pas pouvoir rester amis avec toi tout en sachant que tu sais pour mes sentiments pour toi ! Adieu Elara. Je te souhaite d'avoir une belle vie malgré toutes les épreuves que tu as dû et que tu devras traverser.
Et c'est ainsi qu'il fit demi-tour, laissant une Elara plus esseulé que jamais. Remettant son masque, elle laissa les larmes couler librement sur ses joues. Et une amitié de plus de détruite.
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Se dirigeant à grand pas vers la sortie du Sanctuaire, sa Pandora box sur le dos, elle ignora délibérément les chevaliers d'ors cherchant à la stopper. Pour la seule fois de sa vie, Elara fut heureuse de porter son masque. Au moins, personne ne pouvait apercevoir son visage brisé et les larmes silencieuses coulant sur ses joues.
Elle revenait d'une entrevue avec Athéna. Quitter la déesse s'était avéré plus dur que prévue. Au départ, elle avait pensé fuir, quitter le Sanctuaire sans prévenir personne, mais elle connaissait le sort réservé aux déserteurs. Selon elle, sa situation était différente, elle avait juste besoin de temps pour faire son deuil, du temps loin du Sanctuaire... Mais elle serait considérée comme traître aussitôt les limites du domaine franchis. Heureusement, sa déesse avait compris sa décision et ne l'avait pas radiée de l'ordre de la chevalerie. Elles avaient longuement discuté, enfin, Elara avait longuement parlé et Athéna l'avait écouté d'une oreille attentive, prenant le temps d'envelopper la jeune fille d'un cosmos chaleureux et réconfortant. Sa seconde mère, la seule s'étant occupée d'elle, l'avait soutenu tout le long de son apprentissage et était aujourd'hui prête à la laisser partir sans aucune certitude de retour. L'amour qu'Athéna portait à ses chevaliers ne cessait d'impressionner Elara jour après jour.
Cependant, tout l'apaisement que lui avait apporté sa déité le long de leur discussion avait disparu aussitôt les portes de la Maison du Grand Pope franchis. La colère l'enveloppait de nouveau. Elle en voulait au monde entier. Pourquoi Francisca ne l'avait pas prévenu de la mort d'Aédé ? À quoi cela avait servi d'obtenir l'armure du Phénix si ce n'était pas pour sa meilleure amie ? Sauver des innocents ?! Mais à quoi bon si sa vie n'avait aucun sens ?
Sentant sa tristesse remonter à la surface, Elara prit une grande inspiration alors qu'elle se trouvait juste derrière le temple du Taureau. Fermant les yeux pour mieux se concentrer, elle ne vit pas l'occupant du temple s'apercevoir de sa présence et monter lentement les marches pour la rejoindre. Elle ne reprit conscience de la réalité qui l'entourait qu'au moment où la main de Francisca se posa sur son épaule. D'une torsion du torse, elle se dégagea de cette main dont la pitié la mettait hors d'elle. Elle se tourna d'un seul geste vers le propriétaire de ladite main pour lui lancer un regard noir, à travers son masque, mais que son maître sut très bien retranscrire à la vue de ses poings serrés et de ses épaules contractées.
- Que me veux-tu ? Encore m'annoncer ma mort d'un de mes proches ?! Oh, mais j'oubliais, je n'en ai plus ! Commença la jeune fille sur la défensive.
- Calme-toi Elara, je suis ici pour te parler de toi, ou plutôt de ton départ. J'ai appris par le Pope Itia que tu comptais quitter le Sanctuaire malgré tous les avertissements que tu as reçus.
- Et qu'est-ce que cela peut bien te faire ?! Je n'ai plus rien à faire avec toi que je sache !
- Elara... Soupira le chevalier d'or. Nous sommes amis. Je ne veux que ton bien...
Les larmes lui montant aux yeux, la Sainte du Phénix le coupa.
- Mon bien était Aédé ! Sans elle, je ne suis plus rien !
Francisca tenta de s'approchait, mais plus il avançait plus elle reculait. Il fronça les sourcils et son regard devint encore plus compatissant, finissant d'énerver Elara. Il n'aimait pas voir les gens souffrir, et encore moins quand il les connaissait personnellement.
- Elara... Écoute-moi. Je ne le répéterai jamais assez, mais je suis désolé pour Aédé. Je sais ce que cela fait de perdre un être cher. Au début, on se sent vide, inutile. On ne trouve plus de sens à son existence... Mais dit toi qu'Aédé ne voudrait pas te voir te morfondre... Elle voudrait te voir devenir plus forte et t'épanouir... Elle voudrait...
- ELLE VOUDRAIT VIVRE ! MAIS ON LUI A Retiré CE DROIT ! Comment des gens luttant pour la paix peuvent laisser faire ça ?! Comment peuvent-ils laisser tant de personnes mourir ?! Inutilement !
- Calme-toi s'il te plait... Je sais que tu souffres, mais tu dois réfléchir à tes actions, ne fais pas de choix imprudents, tu pourrais le regretter...
- La seule chose que je regrette, c'est d'avoir abandonné Aédé !
Reculant d'un pas, Elara retira son masque et le jeta violemment au sol. Au contact des dalles de marbre blanc, ce dernier se fissura en travers, du front jusqu'à la joue. À la vue de cette relique brisée, la jeune chevalière laissa couler une dernière larme, abandonnant définitivement cette partie de sa vie derrière elle, et s'enfuit en courant. Francisca, resté figé devant ce geste, se pencha doucement vers le masque et ramassa les deux parts brisés. Il fixa pendant de longues minutes les débris du dernier souvenir que lui avait laissé son élève. Le Taureau était presque sûr de ne jamais la revoir sur les terres sacrées d'Athéna, mais il ne pouvait s'empêcher de garder espoir. Il garderait ce masque jusqu'à son retour.
Il fut coupé dans sa contemplation par une main rude, mais douce se posant sur son bras. Se retournant, il ne fut pas surpris de croiser un regard orangé semblable à un soleil couchant. Son expression s'adoucit à cette vue, il avait dû sentir leurs cosmos agités. Ne réfléchissant pas plus, il posa sa tête dans le creux du cou de son amour, respirant son odeur. La main tendre du Sagittaire caressa doucement les cheveux de sa nuque, espérant soulager sa peine. Francisca resta quelques minutes ainsi, appréciant ce moment hors du temps et coupé du monde. Ils se trouvaient, cependant, au milieu des marches, au vu et su de tous. Ainsi, préférant ne pas ébruiter leur relation, Aeras tira doucement la main de son amant et se dirigea vers les appartements privés du Taureau. Ce dernier le suivit, perdu dans ses pensées, prenant juste le temps de poser le masque de son apprenti sur la première table qu'il croisa. Le Sagittaire le fit s'asseoir sur son lit et partit pour lui chercher un verre d'eau. Avant qu'il n'ait pu quitter la pièce, une main le stoppa. Le plus jeune venait de saisir son poignet.
- Reste. S'il te plaît. La seule chose dont j'ai besoin, c'est de t'avoir auprès de moi.
Aeras ne rajouta rien, mais fit demi-tour pour venir se coucher sur le lit, attendant que Francisca vienne à lui. Celui-ci ne tarda d'ailleurs pas, se couchant aussitôt à ses côtés. Aeras chuchota des paroles réconfortantes à l'oreille du second gardien, le berçant. Et ce ne fut que lorsqu'il fut sûr que le blond soit plongé dans un profond sommeil qu'il se permit de rejoindre à son tour les bras de Morphée.
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Depuis près de deux mois, elle errait.
Lors de son arrivée à Paris, elle avait découvert une ville ravagée, dévastée par les incendies dont les habitants peinaient à se remettre. Se repérer dans les rues s'était avéré difficile étant donné le nombre de bâtiments détruits et les nombreux travaux. Elle avait, malgré tout, réussi à retrouver son ancien orphelinat, réduit en cendres.
Pour ce qui avait été la tombe d'Aédé, la tâche avait été plus ardue. Elle avait écumé tous les cimetières sans jamais retrouver sa trace. Jusqu'à ce qu'un horrible constat l'accable, elle savait en réalité très bien où sa meilleure amie était enterrée. Cette dernière n'avait ni ami, ni famille à part elle, bien sûr qu'elle y serait. Elara avait foncé vers le cimetière des innocents*. Arrivée là-bas, elle s'était démenée pour arriver à obtenir la liste des morts enterrés dans la fosse commune et c'est sans surprise, mais avec douleur qu'elle avait posé ses yeux sur le nom d'Aédé. Elle se souvenait encore de cette sensation d'impuissance, la sensation de voir tous ses espoirs réduits à néant. La réalité était là, Aédé était morte.
Depuis ce jour, elle déambulait, les yeux dans le vide, dans les rues parisiennes pourtant animées malgré les catastrophes advenues. De temps à autre, elle croisait des personnes ayant le même regard que le sien, triste, brisé. Elle voyait bien les gens la fixer avec pitié, mais elle n'en avait cure, plus rien ne comptait de toute façon. Elle vivait dans la rue, elle mangeait quand elle pouvait, elle volait un peu, mais elle préférait éviter, gardant en tête les règles que les chevaliers d'Athéna lui avaient inculqué. En d'autres termes, elle se contentait de survivre.
Plus le temps passait, plus Elara avait l'impression de devenir misérable, de se perdre. Elle passait ses journées, couchée dans une ruelle, sans argent, sans nourriture. Elle faisait brûler son cosmos de plus en plus chaque jour, pour se réconforter, pour ne pas abandonner, pour ne pas mourir.
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Un jour, alors qu'elle regardait avec envie un stand de pomme, l'une d'elle apparut comme par magie dans ses mains - elle ne dut d'ailleurs son rattrapage in extremis qu'à ses réflexes innés de chevalière -. Ainsi, elle leva la tête et tomba nez à nez avec un homme souriant, la chevelure courte poivre et sel. Haussant un sourcil, elle voulut rétorquer, mais l'homme la précéda.
- C'est pour toi. Tu avais l'air d'avoir faim donc je te la donne.
Énervée qu'on la voit aussi faible, Elara répliqua, sur la défensive, un état dont elle n'était jamais vraiment sortie depuis la mort d'Aédé. Sa confiance en soi et surtout en les autres avaient tout bonnement disparu. Elle refusait de se fier à qui que ce soit ou de devenir ami avec d'autres personnes si c'était pour les perdre ensuite.
- Je ne t'ai jamais demandé de l'aide, je n'ai besoin de personne pour vivre, je peux me débrouiller toute seule.
Devant le regard interloqué de son interlocuteur, Elara comprit qu'elle venait, par erreur et surtout à cause de fatigue, de s'exprimer en grec. Monsieur pomme ne risquait pas de la comprendre... se grattant la gorge elle reprit, un peu plus calmement.
- Je... Je disais donc que je n'ai pas besoin d'aide, surtout pas venant d'un inconnu.
- Tu n'en as peut-être pas besoin, mais j'ai décidé de te l'offrir quand même. Cela fait des semaines que je te vois tous les jours déambuler dans les rues, les yeux vides et plein de tristesse.
Repassant sur la défensive suite à ces paroles, la jeune chevalière s'exclama d'un ton sec et cassant :
- Je vous l'ai déjà dit, je ne veux pas de votre aide et encore moins de votre pitié !
Sur ces mots, elle fit demi-tour et partit en courant, loin de cet homme, loin de ces paroles, loin de ces problèmes, elle l'espérait. De toute façon, elle avait beau fuir encore et encore, ces souvenirs la rattrapaient, ils la retrouvaient toujours, de la même façon que les Moires avait trouvé sa meilleure amie. Enfin, elle s'était rendu compte qu'elle aurait aimé être un peu plus qu'une amie.
Elara avait fait cette douloureuse constatation, devant la fosse commune où le corps de la jeune fille reposait. À genoux, les mains plongées dans la terre fraîchement retournée, elle avait pleuré Aédé, elle avait pleuré sa meilleure amie, elle avait pleuré son premier amour, son premier et seul amour, elle se l'était juré. Plus jamais elle ne tomberait amoureuse à nouveau si c'était pour souffrir, encore. Il lui avait fallu du temps pour mettre un nom sur ce sentiment, et, comme d'habitude, elle l'avait encore fait trop tard, elle le faisait toujours trop tard : elle s'était rendu compte trop tard que quitter l'orphelinat était une erreur, elle avait appris trop tard pour les incendies, elle était arrivée trop tard pour la sauver et elle n'avait même pas pu l'enterrer.
À quatorze ans, elle considérait que sa vie comme gâchée, elle avait envisagé de nombreuses fois même d'y mettre fin. Mais à chaque fois, les paroles de Francisca lui revenaient en mémoire : « Dit toi qu'Aédé ne voudrait pas te voir te morfondre... Elle voudrait te voir devenir plus forte et t'épanouir ». Oui, Aédé aurait voulu la voir vivre, la voir heureuse.
Pris soudainement d'un regain d'énergie, Elara se releva subitement du coin de rue où elle s'était posé, il lui fallait manger quelque chose, elle avait besoin de force.
Le chemin pour le Sanctuaire était long.
Marchant d'un pas énergique, elle rassembla les quelques pièces qu'elle avait amassées au fil des jours. Il y avait de quoi se payer un petit repas avec. Passant sans s'en apercevoir à côté de l'homme l'ayant aidé, elle ne vit pas le sourire de fierté s'étaler sur son visage à la vue de son air déterminé. Elle s'était repris, elle avait repris espoir. Elle allait enfin pouvoir recommencer à vivre.
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Croquant avec vigueur dans le pain qu'elle venait d'acheter, Elara sourit. Pour la première fois depuis de longs mois, elle avait retrouvé espoir et cette fois, elle comptait bien le garder précieusement.
Le chemin pour le Sanctuaire allait être long et surtout silencieux. La dernière fois, le voyage jusqu'en France lui avait paru un peu floue, elle n'était alors pas entièrement maître de ses mouvements, perdu dans sa douleur. À présent, la solitude la pesait, mais elle gardait espoir, elle allait revoir Francisca, Théodore, Sune et tous les autres. Elle se souvenait encore de son premier voyage, en compagnie du Taureau. Elle avait bien changé depuis, elle avait grandi, elle avait mûri et surtout elle était devenu chevalière. Et c'est pour honorer ce titre qu'elle se sentait prête à retourner auprès de sa déesse.
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En arrivant au Sanctuaire, elle s'était attendue à le retrouver inchangé, un tel endroit ne pouvait être qu'intemporel. Mais dès son arrivée, alors même qu'elle n'apercevait pas encore le domaine sacré, elle avait senti un problème, elle avait un mauvais pressentiment. Gravissant les marches du domaine sacré, la première maison lui posa une énigme, elle était vide et surtout, sans aucune trace d'un quelconque propriétaire. Enfin, le temple était vide si ce n'était une chose, une chose qui figea Elara et la fit regretter d'être revenu. Devant elle, au milieu du temple, se trouvait l'armure du Bélier, abîmée par endroits. Cependant, un élément glaça le sang d'Elara. La Cloth n'en était plus une, elle était devenu un surplis de Spectre. Les reflets violets du Bélier firent accélérer les battements du cœur du Phénix. De deux choses l'une, la matière infernale et la présence de l'armure à cet endroit ne pouvaient avoir qu'une seule explication : Gateguard les avait trahis et en était mort. Le chevalier du Bélier n'était plus.
Retrouvant rapidement Francisca, elle ne fut pas surprise de voir un regard brisé se fixer sur elle, quelque chose de grave s'était déroulé en son absence, elle en était sûre. Du baume embauma son cœur lorsque le Taureau la fixa abasourdi avant de lui faire un des plus beaux sourire qu'elle n'ait vu de sa vie, peut-être teintée de tristesse, mais magnifique quand même. Elle s'approcha doucement et le serra dans ses bras le plus fort qu'elle put. C'était fini, elle ne l'abandonnerait plus, plus jamais, il était sa famille.
La jeune femme s'assit sur la chaise en face de Francisca et posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis son arrivée :
- Que s'est-il passé durant mon absence ?
Le regard du second gardien se voila. Elara commença à élaborer mille et uns scénarios catastrophe dans son esprit. Hadès s'était-il réveillé ? Avait-il attaqué le Sanctuaire ? Gateguard lui avait vendu son âme ? Francisca souffla, éreinté.
- Un conflit intérieur a eu lieu... De nombreux chevaliers ont été envoûtés par de la magie obscure et... certains d'entre eux nous ont quittés...
- Raconte-moi ! J'ai besoin de savoir. Ajouta Elara, le regard suppliant.
- Durant ton absence, les armées d'Hadès ont commencé à s'éveiller. De plus en plus de chevaliers étaient envoyés sur le champ de bataille pour les repousser. Mais des rumeurs parcouraient le Sanctuaire. Fondés ou pas, certains chevaliers affirmaient qu'un espion d'Hadès y était présent. Bien sûr, la plupart des Saints refusaient d'y croire, nous avions tous juré allégeance à Athéna. Enfin, nous avons tous réfuté ce bruit qui courait jusqu'à ce jour sombre...
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Hakurei parcourait le Sanctuaire en courant, il était à présent sûr que cette rumeur n'en était pas une, un espion était véritablement présent au Sanctuaire, il le sentait. En temps que protecteur d'Athéna, il se devait de le stopper. L'arrivée imminente de la Guerre Sainte rendait tous les chevaliers nerveux. Le Grand Pope n'avait pas besoin de ce genre de soucis. Mais alors qu'il courrait toujours, Hakurei sentit une odeur familière, destructrice, l'odeur du monde des morts...
Il se stoppa immédiatement à la vue de silhouette encapuchonnée présente sur la plaine emplie de colonnes brisés et autres morceaux de temple.
- Serait-ce donc toi le traître qui s'est vendu à Hadès ! Armant son poing, il cria. Allez, montre-moi ton visage !
C'est alors que la cape noire se déchira, laissant apparaître, sous les yeux angoissés d'Hakurei, le visage froid de son propre frère, de son jumeau tant aimé, Sage.
- Sage ?! C'est incroyable... que fais-tu ici ?
Son frère se contenta de lui jeter un regard glacial, le visage de marbre.
- Sage ! Hurla Hakurei, espérant le réveiller de sa transe.
Le regard du plus âgé des deux frères se fixa alors sur la faille derrière son jumeau, une faille menant droit au puits des Enfers. Il réfléchit. Une faille dans le monde des morts... Sage appelait les âmes errantes de la bouche des Enfers ! Si cela continuait... Il fut coupé dans sa réflexion par la voix de son frère.
- Hakurei ? Que fais-tu en cet endroit ? L'interrogea le Cancer d'un ton glacial.
- Je voulais en savoir plus sur cette rumeur qui court au Sanctuaire. On dit que quelqu'un essaierait de réveiller les armées d'Hadès au sein même du Sanctuaire ! J'ai suivi l'odeur du monde des morts et je suis tombé sur toi. J'aimerais que tu cesses de faire des choses bizarres.
- Des choses bizarres ?
Hakurei pointa un doigt accusateur sur son jumeau.
- Tu es en train de te fourvoyer en tant que chevalier d'or ! Referme immédiatement la faille que tu as créée ! L'averti Hakurei.
- Je ne le puis !
- Serais-tu en mission secrète ? Proposa le plus jeune, espérant encore que son frère ne soit pas ce qu'il pensait être, un espion au service d'Hadès.
- Hakurei...
Le sus nommé le regard quelque peu surpris par le changement de ton du Cancer. Lui qui avait l'air un peu distant paraissait maintenant hostile et près à attaquer. Le chevalier de l'Autel fronça les sourcils. Son frère le fixa dédaigneusement et s'exclama :
- Comment oses-tu me parler ainsi alors que tu n'es qu'un chevalier d'argent ?!
- Sage ?
- Tu as beau être mon frère, tu n'as pas à interférer dans des affaires qui concernent les chevaliers d'or, et si tu t'obstines... Menaça le chevalier d'or.
Un amas d'âme avait commencé à se former dans le creux de sa main droite. Sans qu'Hakurei ait pu réagir, ces âmes, maintenant enflammés, le touchèrent à l'épaule, puis d'autre, et encore d'autre. Il grogna de surprise et de douleur.
- Seki Shiki Kisôen ?! Les âmes de défunts s'embrasent ! Gronda Hakurei, luttant contre la brûlure.
- Disparais d'ici mon frère...
- Non... Souffla le plus jeune.
- Hakurei chevalier de l'Autel !
Le brasier autour du chevalier d'argent augmenta, l'enveloppa bientôt entièrement. Ça y était, son heure était venue. Il allait mourir, tué de la main de son propre frère, quelle désillusion. Lui qui pensait finir sa vie en affrontant des Spectres, allait mourir, seul, tué par la personne qu'il aimait le plus... Non... Cela ne pouvait pas se finir comme ça... Il ne pouvait pas, il ne devait pas. Il fallait qu'il protège Athéna !
De son côté, Sage resta de marbre devant la vision du corps de son frère, couvert de flammes bleus. Jetant un regard froid sur le brasier et déclara simplement :
- Pour le retour de l'âge d'or !
Alors qu'il s'apprêtait à faire demi-tour pour terminer sa mission, une chose invraisemblable se produisit. Les flammes se mirent à tournoyer, de plus en plus vite. Cela était incompréhensible... Le brasier se mit à changer de forme. Puis, au milieu de ce tourbillon de flamme apparu une forme noire, une ombre sinistre.
- C'est impossible ?! Glapit le Cancer.
Une brèche vers le puits des Enfers s'ouvrit sous les yeux stupéfaits de Sage, aspirant toutes les âmes vers le monde souterrain. Une faille du cercle de l'Enfer venait de s'ouvrir et les flammes ainsi que les âmes retournaient au Royaume des morts sous les yeux ébahis de Sage.
Les âmes enflammées continuèrent à tourbillonner jusqu'à ce qu'une silhouette apparaissent en leur centre : Hakurei de l'Autel. Les deux ouvertures du Puits des Enfers se faisaient, ainsi, face, de même que leurs deux créateurs.
- Hakurei... Tu as ouvert un passage pour t'y dissimuler au tout dernier moment ?
- Sage ! Un sourire de fierté s'afficha sur son visage. Aurais-tu déjà oublié que même si je suis un chevalier d'argent, nous nous sommes affrontés pour recevoir l'armure du Cancer ! Ma cosmoénergie est comparable à celle d'un chevalier d'or ! Je suis tout aussi puissant que toi !
Levant un doigt vers le ciel, les âmes entourèrent son corps et emprisonnèrent celui de son frère.
- Tu as parlé « d'âge d'or », Sage... Qu'entendais-tu donc par-là ? Pourquoi as-tu tellement changé ? Déplora le jeune chevalier de l'Autel.
Le regard d'Hakurei se voila. Il ne voulait pas se battre contre son frère, il ne voulait pas lui ôter la vie... Mais il ne pouvait en être autrement, il avait attaqué le Sanctuaire, les traîtres à la solde d'Hadès devaient périr...
- Je vais directement le demander à ton âme, Sage ! Seki Shiki Mekai Ha ! Hurla Hakurei, donnant le plus de puissance qu'il pouvait dans cette attaque.
Alors que l'âme de son frère s'extrayait de son corps, il vit une chose bizarre, un papillon blanc vola près de ses yeux, un papillon de cosmos.
- Un papillon ? Sage, ton âme...
Ce n'était pas normal. Devant son regard horrifié le Cancer releva la tête et un immense papillon venait d'apparaître sur la moitié de son visage. Puis, des milliers de papillons jaillirent du corps de son frère et commencèrent à attaquer Hakurei.
- Mais d'où sortent tous ces papillons ?! J'ai l'impression qu'ils me rongent le corps ! Bon sang ! S'écria l'Autel.
- Tu as raison... Répondit Sage en se relevant, le regard toujours aussi inexpressif. Ce sont des Fairies, les papillons du monde des morts. Ils vont emporter ton corps au plus profond du Mont Praesepe !
- Des Fairies ?! Tu es sérieux Sage ?
- Hakurei... As-tu déjà réellement étudié les anciennes mythologies ?
- Hein ? Répliqua le sus nommé, abasourdi.
- Il a existé une époque où dieux et humains ont vécu en harmonie, un âge d'or. Mais les humains jaloux et avides ont commencé à se battre, tuant père, mère, frère et sœur, provoquant des combats incessants puis des guerres... Les dieux, las de tous ces agissements ont alors décidé d'habiter les cieux ! Les hommes sont tombés dans les affres de la guerre et de la corruption.
- Qu'est-ce que tu racontes... Sage ?! Rétorqua Hakurei, le regard quelque peu effrayé.
- Afin que les Dieux et les humains puissent de nouveau vivre en harmonie. Un ordre et une discipline implacables sont nécessaires ! Et les seuls capables d'y parvenir sur cette Terre sont les personnes les plus puissantes en ce monde, et ayant atteint le septième sens ! Les douze chevaliers d'or ! Le regard sombre, il ajouta. Athéna est trop bornée pour obtenir une paix durable. Nous le savons ! La seule divinité de taille à réaliser pareil exploit est le seigneur Hadès !
- Tu as dit « nous » ... Mais alors... Les traîtres du Sanctuaire ne seraient autres que les chevaliers d'or ?! Croassa le plus jeune des jumeaux.
- Je dirais plus opposants et... Nous allons tous gouverner ce monde ! En tant que chevalier du Cancer, je vais constituer une armée d'esclaves sous mes ordres en utilisant les âmes des défunts dans des corps d'hommes vivants.
- Ce n'est pas possible ! Reprends tes esprits ! SAGE ! Cria Hakurei en tentant d'attaquer son frère.
- Je t'avais pourtant dit de ne pas interférer dans ma mission ! Répliqua le Cancer d'une voix blanche. VA EN ENFER !
Sage venait de réussir à le pousser dans la faille. Hakurei hurla, les âmes l'entourant lui faisaient horriblement mal. Mais ce n'était rien par rapport au regard glacial de son frère, à son comportement, à sa trahison. Cela ne pouvait pas être son frère ! Sage n'arrivait toujours pas à y croire. Il y avait un problème, il y avait forcément un problème. Retrouvant espoir, Hakurei activa son cosmos, prêt à se battre contre son propre frère. Il savait comment en finir. Voyant cela, Sage eut un air surpris, il s'attendait sans doute à gagner plus facilement.
- Que se passe-t-il ? Tu as activé la technique du Seki Shiki Kisôen ?! Tu es fou, tu vas utiliser cette technique alors que tu es sous forme astrale toi aussi ?! Tu vas te transformer en brasier et de disparaître !
- Je ne vais pas disparaître... Ajouta Hakurei d'un air mystérieux. Aurais-tu oublié Sage... qu'où que nous allions, ce serait ensemble ?!
Sous les yeux ébahis de son frère ainé, le chevalier de l'Autel venait de se transformer en brasier.
- Non... ! Tu as décidé de m'emporter avec toi dans la mort ?!
- Exactement et c'est toi-même qui l'as dit ! Finit l'Autel en saisissant son frère par les épaules, un sourire fier sur le visage. Ensemble à jamais !
- Hakurei ! Hurla Sage, le visage tordu par la colère.
- Seki Shiki Konsô Ha !
Une immense lumière envahit le Sanctuaire, brûlant les papillons maléfiques enveloppant les jumeaux et ne laissant derrière elle que le vide, le silence.
Des pas résonnèrent alors dans la plaine dépeuplée. Des bruits métalliques, brisant le calme présent. Une silhouette avançait, droite et fière, un sourire calculateur aux lèvres. Des papillons des enfers voletaient autour d'elle, créant de curieux reflets sur l'armure qu'il portait, celle du chevalier du Bélier.
- Quelle puissance ! Serait-ce le résultat de l'explosion due au mélange des papillons et des âmes chargées en puissance du cercle des âmes ? Les utilisateurs de ces techniques sont vraiment effrayants. Seulement... Ils sont aussi stupides... s'entretuer entre frères... Quel dommage... Il tendit la main et un papillon se posa sur le bout de son doigt. Notre plan est retardé. Il est dommage d'avoir perdu Sage. Et de la main d'un chevalier d'argent de puissance égale à un chevalier d'or qui plus est... Je reconnais bien là celui que l'on pressentait pour devenir le nouveau Grand Pope. Nous n'aurions pas dû sous-estimer ce jumeau... Mes Fairies adorés, recherchez-le ! Dans le monde des morts ou des vivants, partout ! Crois-moi, ajouta le traître en levant ses yeux, noirs comme la braise, corrompu par le mal, vers le ciel. Hakurei, tu n'échapperas pas à Gateguard du Bélier.
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À l'autre bout du Sanctuaire, une lumière transcenda le ciel, laissant se dessiner une ombre, une forme humaine en armure. Des flocons apparurent, voletant aléatoirement. Krest du Verseau fit son apparition, vêtu de son armure d'or. Lorsque la lumière se dissipa complètement, elle laissa apparaître un immense bloc de glace. Dans ce bloc de glace, se trouvait deux silhouettes, deux chevaliers.
- Heureusement que j'ai pu te sauver au dernier moment, sinon... tu seras mort... Hakurei !
Le chevalier du Verseau brisa le bloc de glace d'une simple pression du doigt, laissant Hakurei et Sage s'effondrer sur le sol, encore enlacés. Soutenant son frère par la taille, Hakurei se redressa et adressa un sourire espiègle au Verseau.
- Cela faisait partie de mon plan et je suis heureux que vous veniez toujours à ma rescousse... Ô Krest du Verseau !
« Il est incroyable... Pensa Krest. Mais grâce à lui, j'ai compris ce qui se tramait au Sanctuaire. Hadès, cette fois, tu as une stratégie vraiment terrifiante... en possédant l'esprit des douze chevaliers d'or ! »
- Sage a été le premier à se rendre compte du danger qui régnait au sein des douze maisons et il a volontairement servi d'appât pour le lavage de cerveau en sachant que je le libérerais. Ajouta Hakurei, sortant Krest de ses pensées. Je vais en annuler les effets ! Les effets du papillon qui contrôlait son corps devraient avoir disparu... Il leva le doigt, chargé de cosmos destiné à soigner son frère. Réveille-toi Sage !
Il plaqua son doigt sur le cœur de son frère, faisant luire l'armure du Cancer. Ce dernier papillonna des yeux. Se réveillant d'abord lentement, il se releva brusquement lorsqu'il vit son jumeau penché au-dessus de lui.
- Hakurei ? Où suis-je ? Ces blessures ? C'est moi qui... ?
Retrouvant le sourire devant la reprise de conscience de son frère, enfin redevenu normal. Hakurei, éclata de rire, naturellement, sans se soucier des dangers planant sur le Sanctuaire, sur eux et sur Athéna elle-même.
- Ne t'inquiète pas, je suis du genre solide ! Il adressa un sourire affectueux à son frère. Nous avons dû nous affronter à pleine puissance, car c'était le seul moyen de tromper nos adversaires.
Le Verseau se perdit dans ses réflexions intérieures : « Oui... C'est une question de temps avant que nos ennemis se rendent compte qu'ils ne sont pas morts ! L'ennemi a pour but de nous détruire de l'intérieur ! Cet ennemi doit être très puissant pour avoir réussi à laver le cerveau des chevaliers d'or ! » Pendant ce temps, les jumeaux échangeaient des informations. Sage avait loupé tellement de choses en étant possédé.
- Sage, tu as pu savoir qui se trouvait derrière tout cela ?
- Malheureusement, non, je suis désolé. Répondit le chevalier du Cancer tristement. Je n'ai compris ni quand ni comment on avait réussi à ronger mon âme et mon esprit. Si mon armure ne m'avait pas protégé des attaques astrales, la possession de mon esprit aurait été totale !
- Le pire est qu'il n'y a peut-être plus un seul chevalier d'or qui ne soit pas sous emprise ! Ajouta Hakurei.
- Je pense que le Grand Pope et la déesse Athéna ont dû se douter du danger, confia Krest, restant de glace malgré la situation.
C'est alors qu'une étrange et horrible sensation prit possession des trois chevaliers, les figeant tous les trois.
- Vous avez senti ?! Souffla le chevalier de l'Autel.
- Oui, cela venait du palais du Grand Pope ! Compléta son frère.
« Mon ami... » Pensa Krest avant d'ajouter à voix haute un fait qui fissura son cœur, pourtant réputé de glace.
- Le Grand Pope... Il a été assassiné ?!
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* POINT HISTOIRE (pour ceux que ça intéresse) : Le cimetière des Innocents est un cimetière parisien populaire. Au XVe siècle, de nombreuses personnes y ont été enterrés. Selon leur richesse, les morts étaient répartis entre des tombes ou la fosse commune. En raison de l'insalubrité des lieux et d'un usage continu pendant au moins 15 siècles, le cimetière des innocents fut fermé dans les années 1780 après que les murs de la cave de maisons voisines, rue de la Lingerie, ne s'écroulent sous le poids des ossements. Après sa destruction en 1784, il fut remplacé par le marché des innocents.
De nos jours, il ne reste plus que la fontaine des innocents, élevée au XVIe siècle en bordure du cimetière et qui fut depuis profondément réaménagée.
Je vous préviens tout de suite, la partie en italique est trèèès longue et va durer un certain temps. Elle représente quand même 2 tomes de manga complet à réécrire... Du coup, les 2 prochains chapitres lui seront consacrés, voire plus si nécessaire.
Voilà, un chapitre de plus, j'espère qu'il vous a plus. N'hésitez pas à me le dire en review.
