Il Benefattore
Il possédait le Monde, désormais.
Aucun ennemi sur son chemin, aucun obstacle sur sa route…
Ses desseins réalisés et son devoir accompli, il s'installa négligemment sur son trône, leva son nez vers le ciel et ferma les yeux en soupirant profondément.
Ses ambitions étaient enfin satisfaites :
Il avait un royaume conséquent, des alliés de poids, une réputation exceptionnelle, une cour influente et dévote ainsi qu'une reine bien docile.
Il avait correctement réussit et pourtant son cœur ne ressentait toujours rien d'autre que le vide que l'éternité avait a offrir.
Il ouvrit lentement les yeux sur le plafond en pierres blanches de la salle des trônes où il s'était isolé.
Le Roi était persuadé qu'en se battant pour cette place tant fantasmée, en affrontant intelligemment les situations les plus délicates pour atteindre le sommet et en faisant les bons choix et les sacrifices nécessaires, tout changerait.
Pourtant, malgré tout le mal qu'il s'était donné pour être où il était aujourd'hui, il n'était pas plus vivant que son confrère dont la perte de sa moitié avait détruit son existence entière.
Apathique, accablé et tourmenté… Il était dépourvu de tout sentiment positif, de toute vie et de toute émotion bienveillante. Il semblait emmitouflé dans une épaisse couverture de lassitude et ne semblait pas pouvoir s'en défaire.
Il songea que c'était sûrement là, la véritable malédiction des vampires, en fin de compte... De magnifiques créatures figés dans le temps et l'espace, parcourant le Monde dans l'espoir d'étancher une soif à jamais inassouvie et condamnés a vivre dans la solitude et l'ennui la plus profonde.
Il inspira de nouveau, réflexe inutile quand on était un vampire, avant de cligner des yeux lentement.
Il ne fallait pas qu'il fasse ça, plus jamais... Il ne devait surtout pas se laisser aller au désespoir. Il ne devait pas se laisser entraîner dans les abysses les plus profonds de sa négativité.
Il était Roi, il ne pouvait pas se le permettre, par égard pour son clan mais surtout pour la personne qu'il avait aimé plus que tout dans de bas Monde et qu'il avait dû sacrifier sur l'autel de ses ambitions.
Parfois il fermait les yeux, comme il le faisait maintenant, et il repensait à ce petit bout de femme aussi brillante que le soleil et aussi délicate que n'importe quelle déesse des Cieux.
A la joie qu'elle procurait tout autour d'elle et aux sentiments de confiance qu'elle inspirait à ses proches. Il songeait à sa douce chaleur, à son petit caractère rafraîchissant ainsi qu'à la très intime complicité qu'ils partageaient tout les deux.
Il ignorait s'il l'avouerait un jour mais il se demandait parfois si sa mort avait vraiment valu le coup :
Cette admirable femme n'avait-elle pas été la raison pour laquelle il s'était entraîné dans cette voie dangereuse et difficile ? N'était-ce pas pour ses beaux yeux qu'il s'était démené pour atteindre ses objectifs et les préserver, tout deux, d'une existence d'insécurité ?
Il détestait ardemment penser à elle... Il était une personne réfléchie et intelligente. Pourtant, les souvenirs de cette horrible nuit défiaient toute logique qu'il possédait et ne cessaient de le poursuivre.
Il ne comprenait pas quelle mouche avait bien pût le piquer pour qu'il en arrive à une telle décision insensée. Même encore aujourd'hui, ce Roi qui était capable de se souvenir de tout et qui possédait un sens du détail extraordinaire, ne voyait les évènements de ce moment qu'à travers un voile épais et flous qui l'irritait profondément.
Il regrettait, à chaque lever de soleil, son geste dérisoire mais, à chaque coucher du jour, il se disait que s'il l'avait fait, c'était qu'il le fallait et qu'il n'y avait pas d'autre solution envisageable.
C'était triste et ça lui faisait terriblement mal, comme s'il avait accepté de s'arracher le cœur volontairement, mais il se raccrochait à cette excuse comme un noyé à une goulée d'air parce qu'il n'avait rien d'autre.
Des bruits de pas le tirèrent soudainement de ses bien sombres pensées et il observa le couloir principal où un de ses gardes venait de faire son entrée.
- Que veux-tu ? Réclama un peu trop sèchement notre Roi.
Le garde baissa la tête avec culpabilité et s'inclina plus profondément en guise d'excuse.
- Les Maîtres vous attendent pour la réunion.
Le Roi fronça les sourcils avant de se souvenir de la rencontre avec deux chefs de clans asiatiques qui devaient être jugés pour avoir organisés un « zoo humain ».
La situation l'aurait sûrement fait sourire et n'aurait pas forcément attirer l'attention des Volturi, d'ordinaire.
Mais les humains, d'aujourd'hui, avaient une arme extraordinaire qui obligeaient tous vampires a devoir être plus prudent pour garder le secret de leur existence : Les médias.
Les humains n'arrêtaient jamais le progrès malgré leur très courte vie. Ils étaient, tout à fait, fascinants pour ce Seigneur. Capable d'avoir autant d'ingéniosité pour des créatures tellement fragiles relevé de l'exploit.
Il n'avait vraiment pas envie d'y aller, il voulait s'isoler tranquillement et observer la vie qu'il n'avait plus et qui avait tellement changé à travers les millénaires qui le séparait de l'humain qu'il fut autrefois.
Il soupira une nouvelle fois et se leva de son siège avant de réajuster sa lourde cape sombre et de s'avancer vers l'entrée.
- Tu connais la situation ? Demanda le Roi en se dirigeant vers le lieu où se tenait la réunion.
- Le Seigneur Caius aimerait une exécution public de chaque membres du clan en laissant les deux chefs pour montrer l'exemple.
- J'imagine que notre frère n'est pas d'accord…
- Le Seigneur Marcus estime qu'en réglant le conflit de cette façon, nous risquons une révolte.
Notre Roi plissa les lèvres alors qu'il entrait dans la salle de réunion où ses frères attendaient patiemment son arrivée et où les deux coupables étaient agenouillés devant eux.
Cette réunion était pareille à toutes les autres, les divergences d'opinion entre les deux Rois n'était pas différentes de d'habitude et le monarque devait prendre parti pour l'un, pour l'autre ou trouver un compromis qui satisfasse tout le monde, comme à chaque fois…
Il mit quatre minutes a prendre une décision et les deux coupables furent jugés avec sévérité mais justice. Caius fut satisfait et Marcus également, le Roi choisit de se retrancher dans son bureau avant de s'immobiliser devant la porte de la salle de réunion.
- Je pars pour la France. Annonça-t-il subitement.
Les Seigneurs Caius et Marcus se regardèrent en fronçant les sourcils avant de se retourner vers leur frère.
- Quelle affaire retient notre attention en France ? S'enquit Caius.
- Aucune, c'est ma destination de vacances.
- « De vacances » ? Répéta Marcus en haussant un sourcil.
Le Roi se retourna vers ses co dirigeants en souriant avec sa sempiternel jovialité feinte.
- Je veux changer d'air pendant un court instant.
- Crois-tu qu'il soit sage de quitter Volterra, maintenant ? Demanda subitement Marcus.
Oui, cette pause était nécessaire. Le Seigneur en était convaincu en voyant le visage dépourvu de vie de son frère Marcus. Cet homme qui n'était plus que l'ombre de lui-même depuis la disparition de l'Amour de sa vie.
Amour de sa vie qui avait été cruellement arraché par son propre frère de clan dans le plus grand secret. Un mystère entier pour le tueur même et une véritable tragédie pour Marcus.
Notre Roi Volturi sentait une pointe de culpabilité à chaque fois qu'il voyait le visage anéanti de son frère mais, par égard pour sa position et la sécurité de leur base de pouvoir, ce secret devait rester un secret. De toute façon, le Roi n'était pas tout à fait certain que l'avouer rende un quelconque service alors il tairait cet acte jusqu'à la fin de sa « vie »…
Professionnellement parlant, cependant… Il comprenait bien les soucis que posait son frère de clan :
Si on apprenait que les Rois Volturi se séparaient, même pour un court moment, le clan risquait des difficultés supplémentaires et d'éventuelles révoltes et coups d'état potentiels.
- Je ne vous quitte que pour une semaine, mes frères. Je reviendrai juste à temps pour l'anniversaire d'Athénodora.
Le Seigneur Caius était réputé internationalement pour son côté cruel et sadique mais le clan savait que, face à son épouse, il s'inclinait avec plaisir et la gâtait jusqu'au pourrissement.
Athénodora était une femme digne et fière qui avait un faible pour les évènements mondains, les nouvelles modes et le tissage. Elle paraissait froide et sans cœur mais elle était, en réalité, maternelle et avisée avec ses proches. Les Rois avaient une grande affection pour cette Reine discrète et pleine de retenue.
- Je n'ai rien contre ton voyage, mon frère, mais tu ne peux pas te permettre d'y aller seul. S'enquit Marcus avec un calme olympien.
Le Roi n'était pas enthousiaste a l'idée de partager son voyage, il cherchait le calme et le repos plutôt que la compagnie mais il avait une position convoitée et dangereuse qui impliquait certaines responsabilités.
Il était un guerrier hors-pair et un excellent stratège mais il n'était pas invincible et il fallait qu'on assure ses arrières.
- Je vais prendre Griselle.
Griselle était une vampire de plus de huit cents ans et une garde pas très haut placée, dans la hiérarchie du clan. Elle n'avait pas de don particulier mais elle était une excellente combattante et elle savait se rendre invisible par son étonnante discrétion et sa personnalité effacé.
Ça faisait d'elle la compagne de voyage idéale et pas trop encombrante pour des vacances royales et revigorantes.
Aux regards perplexes de ses compagnons de clan, notre Roi comprit que sa décision de partir avec cette garde ne faisait pas l'unanimité mais il décida de s'en ficher. Il était Roi, après tout !
Il quitta la pièce en laissant ses deux frères chuchoter entre eux et partit rejoindre la salle de garde pour prévenir sa garde et préparer leurs affaires.
Il voulait un bel endroit pour se ressourcer, et prendre du bon temps, et la France avait toujours été un pays aux régions magnifiques et à la culture surprenante. Même si le Président actuel, François Mitterrand, n'était pas du goût de notre Roi.
Il était un monarchiste convaincu mais il pouvait reconnaître la personnalité inspirante et admirable d'un président, quand il en rencontrait un, mais définitivement pas de celui-là.
La France était un pays qui avait toujours fasciné sa plus jeune sœur et sa préférée. C'était sûrement pour cette raison que son choix s'était porté sur ce territoire qui regorgeait de trésor et de souvenirs.
Oui, la France était une excellente idée de voyage pour prendre soin de soi et oublier un peu les mauvaises pensées qui le rongeaient.
Le départ s'était révélé bien plus ardu pour notre Roi qu'il ne le pensait… Son épouse, la Reine Sulpicia, n'avait pas apprécié la nouvelle et Jane, l'une des gardes les plus proches des Rois et l'arme fétiche du monarque, avait détesté être évincé de ce voyage.
Elle ne pouvait pas se permettre d'être furieuse auprès de son Maître, la liberté qu'il lui permettait avait tout de même ses limites, mais la crispation constante et le visage dénué de toute émotion en disait long sur ses pensées et son avis.
Le Roi adorait mettre cette petite fille, de bientôt deux cents ans, dans tous ses états. C'était le genre d'activité qu'il affectionnait beaucoup au grand dam de cette pauvre garde qu'il menait à la baguette.
- Maître, il pleut ce soir. S'enquit Griselle en s'inclinant et en lui tendant un parapluie noir.
Il venait de sortir de la librairie où notre Roi s'était fait plaisir et avait probablement rendu le libraire fou de joie avec le ticket qu'il venait de réaliser.
Ça faisait maintenant six jours qu'ils étaient perdus au fin fond de la Bretagne, dans une ville inconnue des médias et où les touristes aimaient à se perdre, par moment.
A la fois pittoresque et un peu oubliée, cette destination était suffisamment grande pour jouir de toutes sortes d'activités variées et de merveilleux paysage. Un ravissant mélange entre cité et campagne que le Roi affectionnait beaucoup.
Le ciel était toujours grisâtre et sombre et si, de temps en temps, quelques rayons parvenaient à filtrer à travers les épais nuages, il pleuvait très souvent, pour le plus grand plaisir de notre monarque.
La pluie avait quelque chose de vraiment réconfortant… Elle éloignait les indésirables, avides de soleil, et avait le curieux don de rendre les individus plus pensifs et plus créatifs.
Il se posa sur le siège passager de la sublime et onéreuse Fiat Coupé bleue nuit qu'ils avaient loué et qui était sortie, à peine l'année précédente.
Ce véhicule faisait encore tourner les têtes sur son passage, pour le plus grand plaisir du Roi. Griselle prit le volant et commença à regagner l'hôtel sans prétention, qu'ils s'étaient trouvés.
Notre Roi affectionnait les endroits luxueux et confortables mais, lorsqu'il était en voyage, il n'était pas très regardant sur le confort que les humains avaient a offrir, privilégiant son propre faste.
Les vampires étant incapables de dormir, il ne choisissait les suites que pour le confort de leur salle de bain et de leur siège pour pouvoir lire en toute impunité.
Côté gastronomie, les bretons étaient des mets assez particuliers que le monarque avait eut, peu souvent, l'occasion de goûter.
Comme si le beurre, qu'ils s'enfilaient de la naissance jusqu'à l'overdose, pouvait se sentir à travers leur sang, leur donnant un goût si unique et si étrange à la fois.
Alors qu'il repensait encore au sang de cette femme peu désirable qu'il avait bu ce matin, Griselle pilla brusquement en plein milieu de la route et sans aucun signe avant coureur.
- Tu ne sais plus conduire ? Grogna le Roi en fusillant son garde du regard.
- Veuillez me pardonner, Maître, mais une femme vient de se jeter sous nos roues.
Le Seigneur fronça les sourcils avant de sortir de la voiture, arrêtée sur une route déserte. Il s'avança vers l'avant de la voiture pour apercevoir une masse assombrie par la nuit ascendante.
Arrivé à son niveau, il découvrit une femme humaine gisant par terre avec le souffle court. Il s'accroupit, alors que Griselle s'approchait à son tour, et contempla la pauvre petite chose roulée en boule.
Notre Roi avait beaucoup d'affection pour la chasse :
En tant que vampire, il était un prédateur hors-pair et pas des moindres. Pourtant, il n'était pas contre un bon dîner bonus, surtout si le gibier se jetait, de lui-même, dans la gueule du loup.
Si son odeur, à la fois étrange et unique, lui avait donné une petite indication, c'est le ventre bien arrondi de cette humaine qui ne lui donna plus aucun doute quand à son état actuel.
Le Roi Volturi avait déjà rencontré des femmes enceintes, tout au long de son humanité et de son immortalité, il en avait même tué quelques-unes, même si ça restait un phénomène assez rare. Pourtant, si elles avaient toutes une odeur particulière, celle-ci dégageait une fragrance unique qui intrigua aussitôt notre Seigneur.
La femme était dans un état plutôt chaotique pour sa grossesse avancée. Couverte de poussière et de terre, les vêtements déchirés et de légères écorchures, sans gravité, mais tout de même inquiétantes pour sa condition.
Elle ouvrit lentement de profonds yeux verts et les posa mollement sur le monarque avant de poser sa main tremblante et poussiéreuse sur la chemise immaculée du Roi.
Elle avait du mal a respirer, semblait épuisée et effrayée par quelque chose. Elle avait les traits tirés et crispés par la douleur et l'anxiété.
- Accoucher… Parvint-elle a articuler avant de lâcher un râle de douleur glaçant.
Il n'avait été, que très rarement, témoins d'accouchement, tout au long de sa très longue existence. Le dernier étant un évènement très particulier, cette femme le lui rappelait bien malgré lui.
Il n'était pas du genre a croire au Destin, il était plus le genre de personne a provoquer les évènements pour qu'ils jouent en sa faveur, tout manipulateur qu'il était.
Il ne croyait pas vraiment aux signes d'une quelconque puissance divine, ni au coïncidence mais il trouvait, tout de même, curieux qu'il se retrouve dans un endroit qui lui rappelait la femme qu'il avait aimé plus que tout au Monde et qu'il se retrouve dans une situation, similaire, qui lui rappelait son bon souvenir.
La vie pouvait être assez ironique et cocasse, par moment…
Il envisagea de la relever quand Griselle et lui sentirent brusquement une odeur qu'ils ne connaissaient que trop bien.
Griselle observa, à travers les alentours, les silhouettes de deux vampires en pleine traque. Ils était à, au moins, quatre kilomètres d'eux. Elle se mit instinctivement en mode défensive et se posta entre l'éventuelle menace et son Maître.
- Occupe-toi d'eux et rejoins moi à l'hôtel quand tu as fini. Ordonna-t-il froidement en installant la femme sur le siège passager.
Griselle hocha la tête sans lâcher les traces chasseurs et entendit son Seigneur partir en trombe avec l'humaine.
Jusqu'alors, elle avait toujours pensé que son Maître était quelqu'un de froid et d'insensible. Ce Roi donnait un peu d'affection à son épouse et a quelques membres de la garde Volturi mais elle voyait bien que tout était parfaitement calculé.
Elle avait pensé qu'il tuerait simplement cette femme et qu'ils rentreraient à l'hôtel comme si de rien n'était mais le comportement de son Roi l'avait beaucoup intrigué et légèrement touché, également.
Elle ne devait pas se permettre d'éprouver la moindre émotion, peu importait la situation, ça faisait partie de son travail mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. L'espoir d'une naissance était toujours un évènement qui l'émouvait au plus haut point.
Lorsque les ennemis potentiels atterrirent devant elle avec leur mine patibulaire, elle leur fit son sempiternel petit sourire professionnel.
- Messieurs, puis-je vous aidez ? Demanda-t-elle poliment.
La femme commençait a faire de bruyants petits souffles courts alors que le Seigneur traversaient les quelques kilomètres qui le séparaient de son hôtel.
- Ne préférez-vous pas que je vous conduise à l'hôpital ?
- Non, ils vont me retrouver si j'y vais… Articula difficilement la femme.
Inconfortablement installée dans le véhicule, elle s'accrochait fermement à son imposant ventre. La voix transpirait toujours la douleur, la nervosité et la fatigue mais elle parvenait toujours à faire des phrases.
- Vous n'avez pas a vous inquiétez de vos assaillants, si c'est ce qui vous inquiète.
- C'est très aimable mais vous ne savez pas à qui vous avez affaire…
Le Seigneur ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire à la déclaration de cette femme. « Si elle savait… » Songea-t-il avec amusement.
Il ne tenait pas a tergiverser pendant des lustres quand à sa nature et au pouvoir qu'il détenait. Les ennemis qui effrayaient tant cette jeune femme faisaient pâles figures à côté de la menace Volturi.
La femme commença a souffrir de plus en plus et se tortilla sur son siège en suppliant le monarque de lui changer les idées à la stupéfaction de ce dernier.
D'ordinaire, il était ce qu'on pouvait appelé un véritable démon de l'éloquence, mais il ne savait pas quoi faire ou dire pour la soulager alors il se mit a parlé de son pays d'accueil :
Les inventions culinaires, l'art, la culture de l'Italie en générale, étaient des domaines connus de manière internationales mais ça suffit a calmer, très légèrement, la femme et à supporter un peu plus la douleur immense qu'elle ressentait.
La destination n'était plus très loin et notre Roi s'accrochait fermement à l'odeur si particulière de cette inconnue, au point de faire complètement fi de ses, très nombreux, gémissements plaintifs.
...
D'insupportables râles et cris traversèrent la porte de la chambre à coucher de la plus grande suite de l'hôtel, que le Seigneur avait prit pour passer un bon voyage.
Il n'arrivait vraiment pas a comprendre pourquoi il ressentait autant d'émotions en voyant cette pauvre femme en gestation, pourquoi son odeur était-elle aussi réconfortante et addictive, et si peu face à sa douleur agaçante. C'était assez incompréhensible pour le monarque d'avoir un tel désaccord avec lui-même et ça l'irritait prodigieusement.
Il avait fait appeler le médecin obstétrique de l'hôpital le plus proche, qui s'était précipité ici avec deux sages-femmes du coin.
Actuellement dans le petit salon à lire un des multiples livres, qu'il venait d'acquérir, sans vraiment y faire attention, il attendait patiemment la fin du travail.
Les progrès de la médecine étaient, tout de même, faramineux Le Seigneur était très impressionné par la capacités qu'avaient les humains d'évoluer aussi rapidement dans certains domaines.
Il se surprit à sourire en repensant à sa défunte mère, enceinte de sa dernière sœur, qui était en plein travail avec deux femmes de son village chargées de l'aider a donner naissance.
Même alors qu'elle venait de perdre les eaux, elle avait tenu a terminer ses tâches quotidiennes et avait vociféré des ordres à ses enfants et des menaces aux femmes qui souhaitaient son repos pour sa santé et celle de l'enfant a naître.
Sa mère n'avait jamais été une femme très facile a cerner, ni a vivre. Elle avait un caractère autoritaire et était très sûr d'elle, malgré leur très faible condition sociale et la dure vie qu'ils devaient mener.
Elle avait pourtant su affronter chaque obstacle avec son incroyable sens de la débrouillardise et sa forte personnalité de matriarche. Elle avait parut insensible en obligeant ses propres enfants a faire ce qu'elle dictait pour leur offrir une meilleure situation que la sienne.
Il n'avait jamais été très proche de la femme qui l'avait mit au Monde et s'étaient souvent disputés pour diverses raisons. La fierté de cette femme l'avait obligé a mettre un mur infranchissable entre ses enfants et elle, sauf avec sa dernière née qui avait été un cas tout à fait a part.
En y repensant, cette naissance aurait dû faire naître en lui un sentiment d'amertume et de jalousie mais, malgré le favoritisme évident qu'avait reçu sa plus jeune sœur, il l'adorait autant que les gens qui avaient eut le bonheur de croiser sa route.
C'était parce qu'il l'adorait qu'il était aussi proche d'elle.
C'était parce qu'elle était sa préférée, qu'il lui avait permit de la suivre sur le chemin de l'immortalité.
C'était sûrement parce qu'il l'aimait comme un fou qu'il avait réagit aussi durement quand elle avait souhaité s'éloigner de lui…
- Monsieur ?
Debout, a quelques mètres de lui, le médecin obstétrique l'avait tiré brusquement de ses pensées.
Le Seigneur reprit son habituel masque de jovialité feinte et se releva du fauteuil en s'approchant du professionnel. Ce dernier prit une mine défaite mais garda tout de même sa contenance.
- Je suis sincèrement désolée, Monsieur, votre femme n'a pas survécu. Annonça-t-il avec tristesse.
Cette nouvelle ne fit ni chaud ni froid au Roi vampire. Il se donna une mine peinée pour faire bon genre mais, même si la femme avait pu être agréable et admirable, elle restait une banale humaine.
Seule le parfum qu'elle dégageait était suffisamment intriguant pour faire tiquer le monarque. Malgré la mort de cette femme dont il ignorait même le nom, cette odeur était toujours présente dans la pièce d'à côté et entourait même, subtilement, le médecin.
- Et l'enfant ? Demanda-t-il soudainement.
A ce moment-là, une des deux sages femmes entra dans le petit salon avec un petit sourire, sûrement fané à cause du décès de la mère, avec un nourrisson, emmitouflé dans une petite couverture en pilou jaune, dans les bras.
- C'est une petite fille. Annonça-t-elle doucement.
Elle tendit le nouveau-né au Roi qui la prit dans ses bras en savourant inconsciemment la douceur de la couverture et le très faible poids de la petite chose. Cela faisait bien des millénaires qu'il n'avait pas eu d'enfant dans les bras et encore moins une toute jeune à-peine-née.
C'était cette petite créature qui l'avait donc rendu aussi curieux, la fragrance était partout autour de cette petite fille âgée de quelques minutes.
Si l'odeur merveilleuse avait été indescriptible, au départ, le parfum que dégageait ce bébé était terriblement enivrant pour le Seigneur Volturi. Une odeur sucrée de biscuit, un parfait mélange appétissant et doux que le Roi trouvait absolument merveilleux.
Elle était plus grosse que sa plus jeune sœur, à sa naissance, c'était un très beau bébé qui avait l'air en parfaite santé. Elle avait une peau aussi blanche que lui et du duvet extrêmement clair, presque blanc.
- Tu vas devenir une magnifique petite Reine, mon enfant. Sourit-il en berçant doucement le nourrisson.
Il se retourna vers les humains, encore présents dans la pièce, et leur fit un sourire radieux. Un véritable sourire, celui qu'il n'avait pas sortit depuis si longtemps.
- Vous pouvez disposer. Ordonna-t-il simplement.
- Oh, nous ne pouvons pas, il y a encore des choses à…
Griselle entra dans la chambre à ce moment là avec les vêtements couverts de terre et mouillés. Elle vit son Seigneur et s'inclina avant d'observer les humains dans la pièce.
- Tue-les et occupe-toi d'eux, n'oublie pas de t'occuper de la femme dans la chambre également. Ordonna calmement le Roi en berçant l'enfant avec amusement.
Sans se poser la moindre question et sous le regard horrifié des humains présents, elle exécuta sa tâche avec professionnalisme et silence alors que le monarque s'installa sur son fauteuil en contemplant avec affection et adoration, le petit nourrisson dans les bras.
Une fois sa funeste tâche accomplie, Griselle prit les corps et s'en débarrassa avec dextérité alors que le Roi était toujours en émotion devant le nouveau-né.
Il ne remarqua même pas sa garde qui revint auprès de lui, après son devoir accompli, trop obnubilé par la petite vie qu'il berçait avec une étrange douceur.
La vampire ne savait pas vraiment quoi penser de cette scène surréaliste. C'était totalement unique que son Maître se laisse aller à de tels épanchements, rien que pour un quelconque nourrisson.
- Vous voulez qu'on la ramène à Volterra ? Demanda-t-elle malgré tout.
- Oh non, nous ne pouvons pas nous le permettre. Volterra n'est pas un environnement équilibré pour une petite princesse comme elle.
- Alors que devons-nous faire ?
Le Roi eut une mine brusquement pensive alors qu'il s'installait dans le fauteuil avec le bébé.
- Que voulez ces traqueurs ? Demanda-t-il subitement.
- Je n'ai rien pu tirer d'eux, ils voulaient probablement juste la tuer pour se nourrir.
- Tu n'as pas vraiment l'air d'y croire… Le Roi haussa un sourcil vers son sujet.
Griselle n'était pas très sûre des intentions de ces vampires, bien trop de choses ne collaient pas. Elle aurait aimé pouvoir revenir pour en savoir plus grâce au témoignage de cette femme inconnue mais sa mort l'empêchait de faire son travail avec efficacité.
- Je trouve bizarre qu'elle ait réussi a distancer deux vampires en pleine possession de leurs moyens.
- C'est curieux, en effet. Tu penses que cette petite sera menacée ?
- Je ne sais pas. Elle haussa les épaules. Je me suis occupée des vampires mais d'après ce que j'ai compris, ils n'étaient pas les seuls à la recherche de cette femme. Ce bébé sera sûrement en danger, oui.
- Alors tu vas rester avec elle. Décida-t-il subitement.
- Moi ? Elle écarquilla les yeux en contemplant son Roi.
- Oui toi. Tu t'assurera qu'elle ne manque de rien et tu t'arrangera pour savoir quelles histoires dissimulait cette femme.
Cette enfant était terriblement intrigante et son odeur faisait tourner la tête du monarque. Elle lui rappelait cette petite sœur qu'il avait aimé comme un fou autrefois et qu'il avait perdu maintenant.
Il commençait sincèrement a penser qu'une puissance divine l'avait guidé jusqu'ici pour croiser la route de cette illustre inconnue. Ce nourrisson lui rappelait l'époque très dur de son humanité et, s'il en avait terriblement souffert pendant des siècles, il y songeait avec une certaine nostalgie à présent.
Parfois les coups du sort avaient, décidément, une drôle d'ironie…
- Maître, cette enfant possède sûrement certains souvenirs de sa mère in utero. Expliqua la garde avec tact. Peut-être que si vous utilisez votre don, je pourrais m'assurer au mieux de sa sécurité.
- J'y ai pensé, figure-toi. Sourit-il à Griselle. Mais vois-tu cette petite vie est purement fascinante. Il posa son index parfait sur le bout du nez du nourrisson. J'utilise mon don, je touche sa peau douce et tout semble soudainement brouillé… Il y a comme des flashs et c'est tout ce que je peux tirer de notre adorable princesse.
Griselle haussa les sourcils face à son Roi qui tenait dans sa main, les petits doigts de l'enfant. Elle allait de surprise en surprise et ça n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter.
Son Maître était un monarque exceptionnel :
Il était intelligent, sensé, stratège et avenant. Fiable et charismatique, ce Roi avait toutes les qualités nécessaires pour être un dirigeant hors-pair.
Elle savait que, dans le clan, il y avait trois Rois mais c'était celui-là qui tenait véritablement les rennes du monde vampire. Tous le savaient et ses adorateurs étaient toujours plus nombreux et plus importants à travers les siècles qui défilaient.
Elle connaissait aussi le caractère de cet homme, elle savait qu'il détestait les imprévus et qu'on se paie sa tête. Il y avait eu, à travers le temps, de très rares personnes capables de contrer son exceptionnel et célèbre don de télépathie tactile. Généralement, il le prenait très mal et se débarrasser, sans aucun scrupule, de ces « personnes superflus ».
Le fait qu'il soit aussi magnanime avec quelqu'un était très étonnant et surtout avec un tout jeune nourrisson inutile et encombrant pour tout vampire qui se respectait.
Griselle avait beaucoup d'affection pour les enfants, même une fois devenue vampire, son attachement pour ces petits êtres ne changeait pas. Elle accomplirait sa tâche avec beaucoup de plaisir et, d'autant plus, avec l'approbation de ses monarques mais une chose semblait la chagriner.
- Faut-il prévenir le clan ? Demanda-t-elle.
Le clan Volturi saurait parfaitement rester à l'écart de la vie de cette enfant mais l'affection que son Seigneur avait pour cette petite humaine finirait par se voir, assurément.
Ses Seigneurs étaient des personnalités importantes avec leur propre caractère et réputation. Ils ne pouvaient pas se permettre d'être aussi facilement sujets à une faille de cette taille.
Griselle était une excellente garde mais elle ne ferait pas le poids contre un clan entier qui tenterait un coup d'état contre son Maître. Elle avait ses propres limites et son clan le savait aussi bien qu'elle.
Le Seigneur vampire soupira avant de reporter son regard sur le visage endormis du nourrisson. Il ne pouvait pas se permettre la moindre erreur, après tout…
- Je préviendrais le clan moi-même. Assura-t-il fermement. Je leur dirais le strict minimum et qu'aucun membre ne tente de s'approcher de l'enfant. Nous garderons contact et tu me décrira son évolution mais nous nous tiendrons à l'écart par sécurité.
- Alors que dirons-nous ?
- … Que j'ai trouvé un petit animal de compagnie ? Proposa-t-il en souriant. Caius va râler mais ça ne l'étonnera guère et Marcus s'en fichera, comme d'habitude.
Il était déchirant de devoir laisser cette enfant ici, loin du monarque, mais il n'avait pas d'autre choix. Ses responsabilités ne lui permettaient pas une pleine liberté de mouvement, à son plus grand déplaisir.
Il regarda, une nouvelle fois, la petite vie dans ses bras. Cette mission allait être facile pour Griselle :
Elle représentait les Volturi, peu importait ses déplacements et ne serait sûrement pas inquiéter même par les étranges secrets de la mère inconnue. Si traqueurs il y avait, elle avait carte blanche.
Cette petite allait grandir et évoluer avec l'éducation qu'il choisirait lui-même, à travers sa garde. Elle deviendrait la princesse qu'il voulait qu'elle devienne jusqu'à être une magnifique Reine en devenir.
- Et a ce moment-là, je viendrais te chercher et nous serons très heureux, toi et moi. Qu'en penses-tu ma princesse ? Cela te plaît-il ? Minauda-t-il avec impatience.
A cet instant, les deux petits yeux de l'enfant s'ouvrirent pour la première fois. Deux orbes d'une couleur unique, un gris presque blanc constellé d'une multitude de tâches rouges, absolument sublime.
Le Roi ressentit un étrange chamboulement quand ses petits yeux s'accrochèrent à son regard rouge nébuleux. Il sut, à cette instant, que cette enfant allait être bien plus importante que n'importe qui d'autre dans son existence.
Sa séparation serait fatalement déchirante mais le Seigneur savait que ce n'était que temporaire. Qu'il finirait par revenir chercher cette petit chose fragile, une fois devenue une magnifique femme forte.
Il ne savait pas comment mais, il sentait qu'elle aurait un caractère de véritable Reine A la fois forte et indomptable, manipulatrice et ambitieuse. Un véritable bijou, le sien.
Oui… il savait qu'elle finirait par devenir quelqu'un, que ce soit dans cette vie là ou dans son existence de vampire. Personne ne pourrait jamais empêcher l'ascension de cette magnifique et invincible petite fleur.
- Bienvenue dans ton futur royaume. Ce Seigneur t'attendra le temps qu'il faudra, ma petite Reine. Déclara-t-il dans un italien presque solennel, en embrassant doucement le front de l'enfant.
Pour finir, il prénomma le petit nourrisson dans ses bras, avec beaucoup de sérieux et mûres réflexions. Deux noms tout particulièrement choisit pour celle qui allait devenir sa Reine…
Le premier nom qu'il lui offrit fut celui de sa mère :
Pour qu'elle puisse hériter de sa forte personnalité et de sa débrouillardise. Il espérait qu'un peu de sa mère puisse lui permettre de traverser les épreuves de la vie en toute simplicité.
Le second fut choisit en hommage à la petite sœur qu'il affectionnait tant :
Pour qu'elle acquiert la douceur et le charisme de son homonyme et qu'un peu de sa sœur vive encore à travers cette petite.
Deux femmes aux tempéraments parfaitement opposés mais qui avaient énormément compté dans son existence et qui avaient fait de lui, l'homme qu'il était, dorénavant.
Ces prénoms semblaient parfaitement adéquats pour la pupille exceptionnelle qu'elle allait être, le Seigneur Volturi en était infiniment convaincu.
Les ténèbres du sommeil semblaient vouloir que la nouvelle-née retourne, de nouveau, dans leurs girons réconfortants. Elle entendit vaguement son Gardien fredonner doucement son tout nouveau nom.
«Iliythia Didyme. »
Et comme pour l'approuver, la petite referma lentement ses petits yeux énigmatiques et s'endormit avec paix après avoir vu le sourire magnifique et véritable de son Benefattore.
Bonjour !
Je me présente, avant toute chose, je m'appelle Akiss4. Je suis un peu émue et intimidée de vous présentez cette histoire qui me trotte dans la tête depuis maintenant un an et demi.
Sachez que s'il y a des fautes d'orthographe (et je suis sûre qu'il y en a...) je tiens à m'excuser. Je n'ai pas de bêta et j'ai parfois des erreurs qui passent sous le radar de mes relectures.
BREF PASSONS !
Voici donc "Son Bienfaiteur" ! C'est une fan fiction sur Twilight (les livres, pas les films) centrée sur les Volturi. J'espère que cette fiction vous plaira autant qu'elle me plait a l'écrire.
Ce n'est pas un univers alternatif, on nage au beau milieu de l'océan Twilight et, même si vous le savez déjà, je tiens à rappeler qu'hormis certains personnages que j'ai créé, dont le personnage principal, aucun des personnages ne m'appartient. J'essaie de respecter leur caractère au mieux même si je devrais sûrement changer quelques traits de caractère pour les faire correspondre à mon histoire.
Je suis actuellement sur une autre fiction en cours, qu'il faut que je termine donc cette histoire ne sera probablement pas très régulière, dans un premier temps mais je ne vais pas l'abandonner, ne vous inquiétez pas pour ça.
N'hésitez pas a me faire des retours, c'est toujours bon d'avoir les avis positifs ou négatifs pour que je m'améliore. Ils me boostent et me permettre, même parfois, de changer le cours de mon histoire au profit de vos avis.
C'est ce que j'adore avec les fan fictions, elles sont vivantes ! Du moins, quand je les crée et que je vous les transmets ^O^
Voilà j'ai tout dit et je ne vous embête plus, c'est promis !
Passez un bon moment ! *^cœursurvouslesamis^*
Akiss4.
