Chapitre 3
Armoiries
Iliythia fut réveillée par un cri strident et un bruit d'os qui craquait. Elle se redressa et cligna plusieurs fois des yeux alors que son regard s'était déjà habitué à l'obscurité.
Elle mit un court moment à se rendre compte qu'elle n'était ni chez elle, ni dans son dortoir. Elle se trouvait dans une grande pièce qu'elle n'avait encore jamais vue auparavant.
La jeune femme était nichée dans un immense lit, aussi coquet que douillet, qui trônait en véritable Maître dans cette imposante salle rectangulaire, uniquement illuminée par la lumière blanchâtre de la lune.
Son regard distingua une immense commode sombre au pied du lit, une grosse cheminée éteinte qui faisait face à une méridienne, dont l'aspect flou paraissait d'époque, juste à sa gauche ainsi qu'une petite bibliothèque sur le côté.
Iliythia avait l'impression d'être une lilliputienne dans cette pièce exagérément imposante et ça ne fit qu'accentuer son malaise. Où Diable était-elle ?
Elle se redressa avec difficulté et une douleur immédiate lui enserra le crâne ainsi que sa cheville droite. Elle fit une grimace de douleur et retint difficilement un geignement alors qu'un nouveau cri la fit brusquement sursauter.
- Ne t'occupe pas du bruit, les gardes ne sont pas réputés pour manger calmement. S'enquit une voix juste à sa droite.
Son cœur fit une violente embardée alors que tout son corps se contracta violemment et que la peur enserrait son cœur.
C'était une sensation qu'elle connaissait assez, ordinairement, mais qui n'était pas très confortable dans un endroit aussi loin de tout ce qu'elle connaissait.
La voix était féminine, calme, ferme et terriblement envoûtante. Une voix qui, elle en était absolument certaine, n'appartenait à aucun membre de la Garde Volturi, qu'elle connaissait.
- Ce n'est pas la peine de paniquer, je ne vais rien te faire.
Iliythia sentit un mouvement au niveau de sa vis-à-vis et, quelques secondes plus tard, le lustre central diffusa une lumière tamisée qui illumina la pièce ainsi que le visage de l'inconnue.
Une longue chevelure noir de jais encadrait son visage de porcelaine inexpressif et parfait. Elle portait une longue robe noire d'époque, à la fois simple et belle. Cette femme pouvait être magnifique mais elle était assez terne, comme un tableau parfait et pourtant si imparfait…
Karen aurait hurlé à la mort à l'idée de voir une si jolie femme s'empêtrer dans un noir aussi morbide et une monotonie aussi déprimante.
- Pourquoi je suis ici ? Osa demander l'hybride.
Un sourcil parfait se souleva alors que la vampire continuait de fixer Lilith dans un silence pesant.
- Tu t'es évanouie dans les Jardins d'Aro. Lança-t-elle simplement.
La jeune femme se souvint qu'elle avait rencontrer deux vampires dont un, un Roi Volturi sans nul doute, qui l'avait terrifié.
Sur le moment, elle s'était dit que c'était une bonne idée de simuler une perte de connaissance mais elle ne parvint pas à déterminer à quel moment elle s'était réellement évanouie.
- Tu t'es fait projeter contre un mur par Victor qui t'a prise pour un intrus. Expliqua sobrement la femme.
Iliythia ne put retenir un reniflement dédaigneux face aux dires de la vampire. Elle ne connaissait pas personnellement ce « Victor » mais elle était sûre d'une chose : ce sale type savait très bien qui elle était.
Elle repoussa, à contrecœur, l'épaisse couverture et s'assit sur un coin du lit sans tourner le dos à l'immortelle.
Celle-ci ne semblait pas le moins du Monde menaçante mais Lilith était loin d'être stupide et pouvait sentir l'âge avancé de cette femme.
- Merci de m'avoir veillé mais il faut que je retourne travailler.
- Tu ne bougera pas d'ici, c'est un ordre.
Iliythia s'immobilisa un instant avant de regarder fixement la femme et de froncer les sourcils.
- Qu'est-ce que je dois faire ?
- Tu restes au lit en attendant qu'il revienne de son dîner.
Iliythia n'avait pas vraiment de doute quand au fameux « il » qui devait venir à sa rencontre. Elle ne savait pas vraiment quoi penser de cette première rencontre mais elle n'était pas tout à fait certaine de vouloir le rencontrer de nouveau.
C'était plus facile de duper un garde, quoique ça dépendait duquel mais un Roi, c'était une toute autre affaire et Lilith s'était toujours arrangée pour ne pas avoir à attirer leur attention.
Chose relativement facile quand on savait que les Maîtres de ce clan ne s'occupaient absolument pas des choses aussi triviales que les humains qui bossaient pour eux.
- Je peux connaître votre nom ?
Lilith n'était pas du genre curieuse mais cette femme ne semblait pas snob ou dédaigneuse et, quitte à attendre la catastrophe, autant passer le temps comme elle le pouvait.
La vampire l'observa pendant des secondes qui paraissaient une éternité avant de poser les yeux au sol pendant une seconde pour revenir sur le visage poupin d'Iliythia.
- Je suis Sulpicia, tu ne dois pas savoir qui je suis.
- Si, vous êtes la Reine Volturi, une grande fan du canevas.
Sulpicia haussa les sourcils alors que Lilith se donna des gifles mentales. Cette information elle la détenait de Griselle qui affectionnait les nombreux ouvrages de la Reine.
Lilith se souvenait que cette information était la plus inutile dans ses leçons spéciales Volturi mais, elle ne savait pas pourquoi, Griselle tenait toujours à ce qu'elle se souvienne de ce détail.
Peut-être avait-elle espérait qu'une fois en contact avec le clan, Sulpicia lui ferait une ristourne sur ses canevas ?
- C'est vrai que j'en fais souvent mais comment… ?
- Les gardes parlent entre eux et parfois… parfois j'ai les oreilles qui traînent. Se justifia précipitamment l'hybride.
- Je vois…
Iliythia avait l'impression que Sulpicia ne croyait pas vraiment à son histoire et pour cause : Aucun garde ne parlait jamais des Reines.
Il arrivait parfois que les travailleurs humains surprenaient des discussions vampires concernant les Seigneur Marcus, Caius et Aro mais jamais les épouses de ces derniers n'étaient mentionnées.
Ces femmes étaient enfermées à double tour dans la grande tour à horloge et n'en sortaient qu'à de très rares occasions. Griselle avait avoué qu'elle n'avait aperçu les Reines que trois fois dans son existence et toujours de loin.
Si ça paraissait logique au départ, maintenant que Lilith savait que Griselle avait fait partie des Volturi, elle trouvait vraiment très étrange le confinement de ces Reines au sein même de leur propre clan.
- Tu sais en faire ?
- Pardon ?
- Du canevas, tu sais en faire ?
- Euh… Oui, ma nourrice m'a appris.
Elle ne savait pas vraiment où allait cette conversation mais c'était la plus légère qu'elle avait eu depuis des semaines et, contre toute attente, Iliythia appréciait bien le déroulement de cet entretien.
Elle eut l'extrême honneur d'apercevoir un sourire radieux sur le visage de l'immortelle qui lui faisait face et Lilith se perdit totalement.
Elle n'avait jamais vue une femme aussi magnifique que cette Sulpicia souriant sincèrement. Il y avait quelque chose de touchant chez cette femme qui lui faisait totalement oublier sa nature vampirique.
Ce petit quelque chose qu'elle ne voyait qu'en sa sœur, généralement et qui donnait l'impression d'être un peu plus proche de cette Reine, à l'apparence si solitaire.
- Souvent les gens peuvent confondre avec la broderie mais le canevas est vraiment une activité plaisante et ludique.
La femme était lancée et parlait avec grand plaisir de ce qui semblait être une véritable passion. Iliythia aurait pu être ennuyée par cette conversation anodine, elle ne partageait pas du tout cet attachement pour cette activité ou les activités manuelles en générale, au grand dam de sa nourrice.
Pourtant, cette vague ressemblance qu'elle lisait dans le regard passionné de cette Reine et qui lui rappelait tant sa Didi, ainsi que l'affection que portait Sulpicia à cet art, procuraient à Lilith une excellente sensation de bien-être.
Elle s'était toujours imaginée les Reines Volturi à l'image de leurs monarques, froides et indéchiffrables, mais cette Souveraine était terriblement attachante et arrachait à Lilith des sourires tendres et sincères qu'elle ne réservait qu'aux membres de son clan, généralement.
Entièrement prises dans leur conversation, elle ne se rendirent même pas compte qu'une nouvelle présence discrète s'était invitée dans la pièce et les observait avec beaucoup d'attention.
Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que Sulpicia tourna la tête et s'immobilisa brusquement avant de se murer dans le silence comme si elle s'était fait transformer en statue de pierre par Méduse, elle-même.
Iliythia tourna la tête, à son tour, et imita la Souveraine pendant une fraction de seconde.
Le Roi Volturi, qu'elle avait déjà rencontré plus tôt, était présent à quelques mètres d'elles et les examinait dans le plus grand des silences.
Son aura imposante commença doucement à les entourer ainsi que cette atmosphère écrasante de conquérant qui ne semblait jamais le quitter.
- Je vous en prie, continuez. Lança-t-il doucereux. C'est tellement divertissant de vous entendre bavarder gaiement.
Sulpicia baissa le regard docilement et sembla se faire toute petite, ce qui eut le don profond d'agacer l'hybride.
Elle mit son anxiété et la peur que lui inspirait le monarque, de côté, et se tourna complètement vers Sulpicia en ignorant royalement le Roi.
- J'aimerais beaucoup voir vos ouvrages, un jour, si vous me le permettez.
Dire que les deux immortels de la pièce étaient surpris semblait être un doux euphémisme.
Sulpicia fixa Iliythia comme si une deuxième tête venait de lui pousser alors que le Maître des lieux lui lançait un regard médusé.
Iliythia savait bien qu'elle franchissait les limites et qu'elle abusait peut-être un peu trop. Elle n'était qu'une petite réceptionniste humaine, après tout donc parfaitement remplaçable, mais c'était plus fort qu'elle !
Elle n'aimait pas ces Sires mâles qui se croyaient tout permis simplement parce qu'ils étaient dotés d'un chromosome Y et voir la réaction de biche apeurée de la Reine, prise entre les griffes d'un lion affamé, énervait bien plus la jeune femme que de coutume.
Sulpicia ouvrit la bouche et la referma comme un poisson hors de l'eau ce qui donnait une drôle de scène venant d'un vampire.
- Euh… Je… Balbutia-t-elle sans savoir quoi dire.
Elle ne semblait pas être habituée à ce qu'on se préoccupe d'elle en présence de son époux. Il s'agissait du Seigneur Aro, après tout, tout le monde se devait d'y faire attention.
- Euh… Oui, d'accord. Finit-elle par consentir, toujours confuse.
- Bien, une nouvelle amitié est naît, semble-t-il. Lança le Roi, un peu moins sucré qu'auparavant.
Elle l'avait piqué dans son égo et ça, Iliythia le savait parfaitement. Aucun leader vampire n'aimait être mit au second plan au profit d'un individu moins puissant socialement, c'était quelque chose que Griselle et Oscar s'étaient fait un devoir de lui enseigner. Une des choses essentielles, propre à la nature de chaque immortel.
A Volterra, tout le monde l'ignorait mais Sulpicia et Lilith partageaient le même statut social. Pourtant, bien que toutes deux Reines, elles étaient diamétralement opposées.
Bien que leur rencontre fut brève, Iliythia parvenait sans aucun mal à déterminer la nature royale de Sulpicia :
Sulpicia n'était pas une Souveraine qui s'imposait, Iliythia oui.
Sulpicia s'écrasait en présence d'un Roi, tout puissant qu'il était, Iliythia non.
Sulpicia était une Reine d'apparat, une Reine trophée qui était seulement là pour faire jolie et qui ne pouvait exister sans seconder un Roi, Iliythia était une Reine conquérante qui ne reculait devant rien pour atteindre ses objectifs et qui pouvait tracer son propre chemin seule, une survivante.
Tout en sachant cela, Iliythia avait un sentiment de frustration face aux réaction de la Reine Volturi. Comme si, en courbant l'échine face au monarque, c'était elle-même qui acceptait de s'incliner.
C'était un sentiment qu'elle se devait de corriger le plus rapidement possible, elle ne pouvait pas se permettre de se faire tuer aussi stupidement que de cette façon.
Elle se redressa du lit avec difficulté mais s'inclina élégamment, malgré tout.
- Je suis sincèrement désolée d'avoir pénétré dans vos jardins sans permission.
- Ne t'en fais pas, j'ai appris que Virginie t'avait fait une petite farce.
« Farce » n'était pas tout à fait le terme qu'aurait employé Lilith mais elle eut le bon réflexe de ne faire aucun commentaire.
Un détail la frappa subitement alors qu'elle se retourna brusquement vers l'unique fenêtre de la pièce.
- Mais combien de temps ais-je dormi ?
- Toute une journée.
- Oh, je suis sincèrement désolée, il faut impérativement que je retourne au travail. Lâcha-t-elle précipitamment.
Elle savait qu'elle n'aurait pas dû se laisser berner par cette grognasse de vampire mais la curiosité l'avait emporté, comme toujours. Il fallait vraiment qu'Iliythia se ressaisisse et qu'elle se fasse la plus petite possible afin de ne plus s'attirer d'ennuis.
Elle pouvait néanmoins se promettre que si elle devait tomber, elle allait se faire un plaisir d'embarquer Virginie dans sa chute.
Elle ne savait pas encore comment mais elle était certaine qu'elle n'allait pas laisser cette gourde en vie bien longtemps.
La porte s'ouvrit doucement sur une vampire que Lilith n'avait encore jamais vue mais qu'elle reconnue comme un garde haut-gradé par sa tenue.
Elle en conclut rapidement que la nouvelle arrivante devait être une garde rapprochée de la Reine.
- Le Seigneur Marcus vous demande de toute urgence, Maître.
Sa voix semblait éteinte et nonchalante mais la jeune femme n'eut aucun mal à déceler un certain empressement dans la voix.
Les vampires, déjà présents dans la pièce, se tendirent d'une manière si légère que Lilith eut l'impression d'avoir rêvé cette réaction.
Le Maître des lieux se retourna vers les deux femmes et leur fit un sourire affable malgré la très douce tension de sa mâchoire.
- Ma mie, si vous voulez bien tenir compagnie à notre jeune abeille en attendant mon retour. J'ai quelques questions à lui poser…
Iliythia se tendit légèrement alors que Sulpicia inclina gracieusement la tête en consentant docilement à l'ordre de son Maître.
Il inclina la tête également sans se départir de son sourire tendu et suivi la garde en laissant les deux femmes seules.
Le cerveau d'Iliythia carburait à toute vitesse, elle ignorait totalement les questions qu'on allait lui poser et ne voulait surtout pas être prise au dépourvu. Elle avait gagné ce premier échange mais l'hybride était loin d'être sotte, elle n'avait gagné qu'un court délai.
Sulpicia tourna le dos à sa vis-à-vis avant de se diriger gracieusement vers l'imposante commode.
- Lors de ta perte de connaissance, tu es tombée dans un plant de fleurs qui est très cher à mon époux.
Lilith se souvint de fleurs pulmonaires, extrêmement simplistes, juste derrière elle avant que son assaillant ne l'attaque.
Elle avait beaucoup de mal à croire que, parmi toute la myriade de fleurs et de plantes plus belles et rares les unes que les autres, ces fleurs parfaitement ordinaires soient celles qu'elle avait abîmé et que chérissait le Roi vampire.
Il semblait être le genre de personne à favoriser la rareté et les capacités extraordinaires des végétaux toxiques ou médicinales. De simples pulmonaires, qu'on trouvait partout et qui ne possédaient aucune particularité singulière, étaient assez détonnant dans cette jungle insolite.
Sulpicia ouvrit la commode, attrapa quelque chose avant de la refermer et de se retourner vers l'hybride.
- J'ai changé tes vêtements et je t'ai nettoyé.
Iliythia écarquilla brusquement les yeux d'incompréhension. Pourquoi Diable cette femme s'était occupée d'elle comme si elle était une bonniche quelconque ?
La Reine sembla comprendre le cheminement de ses pensées avant de pousser un petit soupir.
- J'étais présente lors de ta chute, je voulais prendre l'air et j'ai voulu visiter les… Elle se souvint finalement qu'elle n'avait pas à se justifier devant d'autres que son Roi. Passons, lorsque tu es tombée, j'ai aperçu un objet brillant et j'ai voulu en savoir plus.
Lilith fronça les sourcils, toujours aussi confuse avant d'écarquiller le regard à nouveau. Elle porta automatiquement la main à sa poche vide et son cœur s'arrêta pendant une seconde alors qu'elle vit Sulpicia écarter légèrement ses longs doigts parfaits pour découvrir l'insigne des Volturi.
- Je ne l'ai pas volé. Se défendit Lilith par automatisme.
- Je le sais. Chaque collier à sa propre particularité et il est attribué à un de nos sujets en particulier.
Sulpicia tendit le bijoux à Iliythia qui le prit avec beaucoup d'hésitation. Le savoir à nouveau en sa possession conféra, à la jeune femme, un immense soulagement.
Une émotion qui fut bien vite balayer par une certaine méfiance face au regarde indéchiffrablement morne de la Reine Volturi.
- Je peux savoir comment tu as obtenu ça ?
- C'est… compliqué.
Iliythia ne voyait pas comment elle pouvait justifier ça sans risquer de se compromettre complètement.
Bien sûr, elle pouvait utiliser son don pour empêcher Sulpicia de découvrir la vérité mais elle n'avait pas touché à une goutte de sang depuis son arrivée et plus elle s'éloignait des repas vampires, plus elle s'éloignait de ses compétences d'immortelle.
De plus, même si elle parvenait à provoquer ce miracle et éloigner la Reine de la vérité, le Roi Aro était un télépathe qui était donc immunisé à son pouvoir.
Quelle que soit sa réponse, Lilith se retrouvait embourbée dans une situation aussi délicate que dangereuse pour son existence.
Sulpicia poussa un nouveau soupir face au silence de sa vis-à-vis avant de lui faire signe de la suivre et de s'avancer vers la sortie de la chambre.
Un peu inquiète, Iliythia consentit à obéir tout de même et suivit la Reine à travers un grand couloir avec un éclairage tamisé.
L'hybride s'était toujours imaginée la forteresse Volturi comme un immense château fort en pierres éclairé à la bougie dans une ambiance médiévale.
Griselle avait toujours parlé de ce clan comme d'une tribu puissante, crainte mais avec la fâcheuse habitude d'être « de la vieille école » et à l'évolution technologique assez lente.
Depuis qu'elle travaillait pour les Volturi, Lilith s'était rendu compte que les propos de Griselle étaient véridiques quand elle voyait la manière moyenâgeuse dont la plupart des Volturi vivaient. Mais elle avait aussi remarqué que plus les gardes, de ce clan, étaient hauts gradés et moins ils usaient de technologie. Pour monter dans la pyramide hiérarchique, ils se devaient donc d'oublier la technologie au même titre que leur humanité et ça, Iliythia trouvait ça vraiment dommage.
Chez elle, c'était tout l'inverse… Si ses vampires ne savaient pas se fondre dans l'époque actuelle et se servir des outils de dernière pointe, ils étaient simplement mit de côté.
Chaque membre de son clan avait sa particularité et c'était ce qui faisait de son clan, la pépite qu'il était aujourd'hui.
Plus les jours passaient et plus le contraste entre la vie à Volterra et la vie en Bretagne était saisissant et profond.
Leurs clans n'avaient pas du tout la même manière de fonctionner mais les deux groupes semblaient, malgré leurs énormes différences, parvenir à trouver un certain ordre établis.
Qui avait tort et qui avait raison ? La réponse à cette question était de plus en plus flou…
Sulpicia finit par emmener Lilith dans un genre de boudoir à la fois cosy et chic qui ne manqua pas d'impressionner l'œil critique de la jeune demi-humaine.
Les ouvrages s'étendaient sur toute la longueur des murs et deux causeuses centrales sombres se faisaient face, séparées par une table basse en verre et en fer forgé au design d'époque qui s'harmonisait avec le reste du décor.
Sulpicia guida Iliythia jusqu'au fond de la pièce où on trouvait le seul mur vierge de toute étagère ou livre. Il y avait comme un immense arbre généalogique, sans nom, avec des photos trombinoscopes ou des peintures représentant la tête jusqu'à la moitié du buste des protagonistes.
- Il s'agit du grand organigramme de notre clan, chaque membre y est parfaitement représenté.
Lilith se rapprocha d'un pas et étudia les petits portraits avec une grande attention en remarquant les quelques vampires qu'elle avait déjà rencontré et d'autres qu'elle ne connaissait que de nom.
Au milieu de l'organigramme on trouvait les trois Rois dans une élégance qui débordait même de leur portrait avec leurs épouses à leur côté.
Iliythia reconnu Sulpicia dont la photo ne rendait pas justice à la beauté naturelle de la Reine. Elle porta son regard sur la photo de la Reine Athénodora qui ressemblait vaguement à son époux et l'hybride beugua sur le Roi Caius.
Son visage, ses cheveux, ses yeux… La ressemblance entre ce Roi et elle était frappante. Elle ne l'avait jamais rencontré mais elle savait que Caius était un Roi particulièrement connu pour son vice et sa cruauté ainsi que son mépris brutal pour les lycanthropes.
Iliythia ne pouvait pas dire qu'ils étaient différents en tout point et cette pensée la dégouta quelque peu. Elle ne voulait pas ressembler à cet homme et pourtant physiquement, c'était à s'y méprendre. Comme s'ils étaient de la même famille.
La jeune femme cligna plusieurs fois des yeux comme pour essayer de s'enlever cette pensée de la tête et se concentra sur le Roi Marcus qui semblait s'ennuyer comme un rat mort et le portrait, tête en bas, de son épouse.
- Chaque portrait retourné représente un membre de notre famille que l'on a perdu. Expliqua platement Sulpicia. Certains ont disparu il y a plusieurs siècle, c'est pour cette raison que les portraits sont restés à l'état de peinture.
Le portrait à l'envers représentant l'épouse du Roi Marcus était la plus vieille peinture de cet immense arbre non généalogique.
Les traits semblaient grossiers mais la peinture était de qualité. Elle représentait une femme brune au regard vif mais timide et une candeur qui impressionnait l'hybride quand au talent du peintre.
Les traits lui étaient vaguement familiers mais ce genre de peinture était fréquent chez elle alors elle ne chercha pas plus loin que ça et continua son excursion.
Son regard s'arrêta soudainement sur une photo en noir et blanc représentant un visage qu'elle ne connaissait que trop bien pour l'avoir observé tout au long de sa vie.
Griselle était dans une tenue des années vingt qui ne lui allait pas vraiment et qui, pourtant, la rendait tout de même très jolie. Son regard n'était pas plus expressif que celui des autres Volturi mais Iliythia eut un soudain pincement au cœur à la vue de ce portrait.
- Il faut que tu fasses bien attention à qui est-ce que tu montres ce collier. Commença Sulpicia en regardant fixement sa vis-à-vis. Il y a une histoire avec Griselle concernant le clan et, crois-moi, tu ne veux pas y être mêlée. M'as-tu comprise ?
Iliythia jeta un regard à la Reine avant d'hocher timidement la tête, pas sûr des propos de la Souveraine. Repenser à Griselle l'effrayait, lui donnait envie de vomir et lui faisait terriblement mal.
- Sulpicia. Lança une voix divinement sexy.
Les deux femmes se retournèrent sur le Seigneur Caius qui avait le regard vissé sur l'humaine de la pièce.
Un profond malaise envahit Iliythia mais elle fit de son mieux pour ne rien laisser paraître, toute fière qu'elle était.
Sulpicia lança un petit sourire à Caius alors qu'elle s'avançait vers lui en lui prenant les mains dans un geste élégant et affectueux.
- Je pensais que tu étais avec Aro et Marcus.
- Non, ils sont aux cachots pour notre nouvelle invitée. Je voulais te voir dans tes appartements mais Chelsea m'a dit que je te retrouverai dans ceux d'Aro.
- Oui, il y a eu un incident aujourd'hui.
- Quel genre d'incident ?
- C'est sans importance, je peux te l'assurer.
Leur manière de se parler ou d'agir aurait put paraître étrange aux yeux du Monde mais elles rappelaient à Iliythia la manière d'être de sa sœur Didi et de son précepteur Oscar.
L'hybride aurait put les écouter parler pendant des heures tant leur échange lui rappelait sa maison mais Sulpicia se retourna vers elle avec un petit sourire qui n'atteignit pas son regard froid.
- Tu peux retourner dans les appartements d'Aro, Lilith. Il ne va sûrement pas tarder. Ordonna-t-elle gentiment.
- Bien.
- J'espère que nous aurons à nouveau l'occasion de nous entretenir intimement dans les jours prochains.
Iliythia était loin d'être stupide, Sulpicia voulait des informations concernant le collier et elle n'accordait, à la demi-humaine, qu'un simple sursis mais, tôt ou tard, elle exigerait des réponses que Lilith n'allait sûrement jamais lui donner.
Elle inclina poliment la tête envers ses deux vis-à-vis et quitta la pièce en ignorant le plus possible le sentiment de profond inconfort qu'elle ressentait quand elle fixait le Seigneur Caius.
Aro la terrifiait et Caius la mettait extrêmement mal à l'aise, elle n'avait pas hâte de rencontre le Roi Marcus, de peur qu'il ne lui provoque une autre émotion particulièrement désagréable.
Elle revint en vitesse dans les appartements du Seigneur Aro et s'affala lourdement sur le lit défait. Elle ne savait pas comment elle allait se sortir de ce foutu guêpier mais, une chose était certaine, ce collier allait rester son secret le plus longtemps possible et elle espérait sincèrement que Sulpicia se contente du peu qu'elle lui avait apprit aujourd'hui.
C'était absolument vitale…
...
...
- Tu es sûr de toi ? Demanda Sulpicia.
- Oui, il n'y avait pas de doute possible.
- C'est un véritable miracle !
- Un miracle, en effet…
Sulpicia était trop heureuse de cette nouvelle, totalement saugrenue, pour s'inquiéter du regard préoccupé du Roi en face d'elle.
Caius ne voyait pas la bonne nouvelle mais se gardait bien de le dire pour ne pas attirer le regard inquiet de son amie. Si ce que ses gardes lui avaient apprit était vrai, le clan allait se retrouver dans une situation aussi délicate qu'inédite. Pour le meilleur ou pour le pire.
Alors que Sulpicia lui fit son sourire le plus sincère et le plus tendre, Caius jeta un court regard à l'organigramme représentant les membres de son clan et fronça les sourcils soudainement suspicieux.
- Aro est venu dans cette pièce récemment ? Demanda-t-il subitement.
- Pas à ma connaissance.
- Quelqu'un l'a mit au courant d'une situation en particulier concernant sa pupille ou on a des nouvelles de Griselle ?
- Euh… Non mais pourquoi toutes ces questions, tout à coup ? Requit Sulpicia confuse.
- Le portrait de Griselle, regarde.
La Reine observa l'organigramme et son regard s'écarquilla quand il se posa sur le portrait de la garde en mission.
Pour l'avoir observé quelques minutes plus tôt, elle put constater avec effroi le portrait de Griselle n'était pas comme avant son arrivée dans la pièce.
Caius l'avait interrompu alors qu'elle s'apprêtait à questionner Lilith sur sa relation avec la garde et elle avait bien remarqué que cette étrange humaine n'avait pas envie de s'étendre sur ce sujet en particulier.
Mais c'était peut-être parce que Sulpicia avait reconnu le collier de Griselle que Lilith s'était sentit obligée de prévenir la Reine concernant cette garde dont elle n'avais pas de nouvelles depuis des années.
Sans prononcer un seul mot, avec un seul geste simple et concis, Lilith en avait beaucoup apprit à la Reine sur la position de sa garde car, en effet le portrait avait changé de position.
Désormais le portrait de Griselle était à l'envers et Sulpicia comme Lilith, ainsi que tout les membres du clan Volturi, savaient pertinemment ce que ça voulait dire…
...
Hello !
Oui, je suis en vie ! Je suis toujours aussi occupée et je n'ai plus autant de temps à consacrer à mon ordinateur. (Le pauvre doit se sentir bien seul...) Mais je ne vous oublie pas, pas de panique !
Toujours vivante, toujours debout, comme dirait presque Renaud.
Voici donc le chapitre 3 qui s'est bien fait attendre, en espérant qu'il vous plaise !
J'espère que pour vous tout va pour le mieux et que mon histoire vous permet un peu de vous évadez comme vous le pouvez.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, j'attends vos retours avec impatience ! (C'est comme mes cadeaux de Noël ! JE BAVE DESSUS !)
Passez une bonne nuit et une bonne soirée !
J'vous aime !
Akiss4
PS : Rose : Tes reviews m'ont fait plaisir (Si, si ! Même la fausse manip' xD) Je suis ravie de t'avoir appris quelque chose, ça fait toujours plaisir de faire croire aux autre qu'on est un peu cultivée (ça donne du prestige paraît-il !) J'ai énormément d'idée pour cette fiction, comme tu le crains et comme à chacune de mes histoires. J'ai des tas d'idées, trop qui partent dans tous les sens mais je fais le tri, je ne les mets pas si elles ne sont pas cohérente ou alors je les transforme pour qu'elle le soit. J'aime faire ça, c'est de cette façon que j'ai l'impression que mon histoire vit et qu'elle vous divertit. Il m'arrive même, souvent d'ailleurs, que vos retours me donne une toute autre approche et me fasse totalement changer ma vision de mon histoire ! (C'est déjà arrivé pour ma toute première fiction !) Après sache que j'ai fais quelques recherches pour que mon histoire soit un minimum cohérente dans l'univers et son intrigue (j'vais pas faire venir des licornes et des extra-terrestres... encore que le scénario pourrait être drôle ! x'D) mais ce ne sont pas de très très grosse recherches non plus (Il arrivera parfois que tu trouve certaines situations ou comportements bizarres et si c'est le cas n'hésite pas à m'en faire part, j'espère que j'aurais une réponse cohérente à t'apporter :-)
