Titre: Le temps de la réflexion.
Disclaimer: Cette histoire m'appartient mais les personnages et l'univers appartiennent à notre reine J.K Rowling.
Rated: M
Résumé: Passer de bourreau à victime, c'est ce que va expérimenter Draco. Hermione ne sait plus qui elle est, ni ce qu'elle souhaite. Et le sentiment de perdition de ces deux êtres va les pousser à faire des choix. Et bientôt, très bientôt, il ne sera plus question de faire cavalier seul.
Note de l'Auteure: Salut la compagnie ! Désolée je commence à peine cette fiction et je suis déjà en retard dans mes publications, my bad. Si tout se passe bien je vous retrouve lundi prochain avec le prochain chapitre !
Encore merci à Chloé qui est si gentille et si patiente avec moi, quel amour.
On se retrouve en bas !
Le temps de la réflexion
Chapitre 3 : La capture
Draco ne pouvait jurer avoir aperçu Lucius faire un quelconque serment d'abstinence, en tout cas si c'était le cas il y avait un moment qu'il avait rompu sa promesse. Chaque jour depuis qu'ils étaient arrivés, celui-ci s'enfonçait un peu plus dans l'alcool et le jeune homme avait de plus en plus de mal à reconnaître son père.
Lorsqu'ils étaient au Manoir, il lui était plus facile de cacher son penchant pour la boisson mais Draco n'avait jamais été dupe. Les bouteilles d'hydromel et de Whisky Pur Feu, traînaient un peu partout. Il n'était pas rare de voir Lucius arpenter le Manoir, ainsi que les jardins, un verre à la main, la démarche titubante.
Narcissa le regardait toujours d'un œil désapprobateur dans ces moments-là, le menton levé, un air dédaigneux sur le visage. Elle n'avait pas hésité à exprimer son désaccord vis à vis de la nouvelle passion de son époux, cependant il ne l'avait pas écouté et ne l'écoutait toujours pas, préférant se soûler du matin au soir. Draco n'avait pas vu son père complètement sobre depuis des mois, il imaginait qu'il faisait ça pour tromper l'ennui et chasser le désespoir d'avoir vu sa famille sombrer dans une telle décrépitude.
Depuis la bataille, la famille Malfoy s'était installée dans une de leur résidence secondaire, dans le Dorset. Après plusieurs transplanages pour brouiller les pistes, ils avaient fini par poser leurs bagages.
La maison ne payait pas de mine, elle était très loin du standing de leur Manoir. C'était une petite maison située en haut d'une falaise, elle était invisible pour les Moldus et elle était si proche du vide que Draco pouvait voir la houle des vagues se rompre sur les rochers en contrebas.
Elle était tellement à l'écart du village le plus proche que Draco l'avait surnommé « L'îlot ».
Ce n'était pas une maison qui faisait officiellement partie de leur patrimoine, elle avait même été quasi abandonnée par la famille qui, par ailleurs, ne sortait pratiquement plus de peur des représailles. Ils n'espéraient pas qu'on les trouve ici mais ils préféraient tous se montrer prudent.
« L'îlot » n'avait que deux chambres, une salle de bain, et une petite cuisine ouverte sur le salon-salle à manger. Ils s'en accommodaient, ils n'avaient pas trop le choix. Draco aimait se dire qu'il s'agissait de vacances, que ce n'était que provisoire, mais le temps pluvieux n'aidait pas vraiment à se projeter.
Il aurait rêvé pouvoir s'échapper, partir. Il voulait voler, aller de plus en plus loin, de plus en plus haut, toucher les étoiles peut-être. Il avait envie de plus que ce qu'il vivait actuellement. L'air lui semblait de plus en plus oppressant et chaque jour était plus long que le précédent.
Ils n'avaient pas eu de nouvelles du monde magique depuis des semaines, ils ne savaient même pas qui avait fini par l'emporter. Ils espéraient juste qu'il s'agissait de la personne qui leur offrirait un temps de répit, une fin heureuse où la famille désœuvrée retrouverait de sa superbe qu'importe qui l'emporterait. Pour l'instant ils étaient juste heureux d'être encore de ce monde.
C'est dans ce contexte flou et pour le moins navrant qu'ils évoluaient tous les trois.
Narcissa s'occupait en lisant les quelques livres qu'elle avait emportés. Elle s'était mise à la cuisine pour la première fois de sa vie et avait découvert que ce n'était pas plus compliqué que de préparer une potion. Draco était rassuré de savoir qu'ils n'étaient pas condamnés à mourir de faim, c'était déjà ça de gagné. Heureusement, sa mère avait toujours été intelligente et douée en potion.
Lucius passait ses journées à cuver le vin ou le whisky qu'il avait réussi à emporter. Il ingurgitait des quantités de plus en plus importantes et se terrait à l'étage. Il réapparaissait parfois à l'heure du souper mais il n'avait jamais une remarque positive à faire. Il ne se rasait plus et avait les yeux cernés, preuve que le sommeil se faisait rare. En définitif, Lucius Malfoy ne ressemblait plus qu'à l'ombre de lui-même.
Draco, lui, révisait ses cours. Il n'aurait jamais cru voir ce jour venir où il prendrait plaisir à avoir au moins celà à faire. Il tentait de faire passer le temps. Parfois, il jouait aux échecs avec sa mère, c'était encore la seule personne qui lui portait un minimum d'attention.
Ils évitaient de faire de la magie. Cela arrangeait Draco qui avait de plus en plus de mal à supporter l'absence de sa compagne de presque toujours, sa baguette.
La famille évitait de sortir mais, quelquefois, la tentation était bien trop forte. Même s'il pleuvait, Narcissa aimait faire une petite balade dans les montagnes ou sur la plage. Draco l'accompagnait, profitant de chaque occasion pour quitter cette maison à la fois déprimante et salutaire.
Ils marchaient sans quitter le sentier tracé naturellement, leurs capuches rabattues sur leurs têtes. Par chance, ils ne faisaient pas froids ce jour-là mais un léger brouillard leur masquait légèrement la vue.
« Je m'inquiète pour ton père » lui confia Narcissa en tournant son regard vers la maison un peu plus loin.
Draco se tourna lui aussi et put apercevoir Lucius qui les regardait par la fenêtre, il ressemblait à un fantôme à demi-caché derrière les persiennes.
« Il voudrait avoir des nouvelles. Comme nous tous » lui répondit le jeune homme.
« Il vit dans le déni, Draco » affirma-t-elle en reprenant sa marche sur le sentier.
« Le déni ? » questionna-t-il en la suivant.
« Il pense que nous pourrons reprendre nos vies là où nous les avons laissées mais il se trompe. »
Narcissa ne devait pas le savoir mais Draco pensait la même chose que son paternel. Il n'était pas naïf au
point de croire que leurs vies seraient aussi identiques qu'avant; elles ne pourraient plus jamais l'être, mais il avait toujours pensé que les choses s'arrangeraient avec le temps. Sa mère avait apparemment fait une croix sur ce futur chimérique.
L'espace était immense ici - quel gaspillage de temps et d'énergie !- il aurait pu mettre toute sa frustration dans un petit vol sur son balais mais cela aurait bien trop attiré l'attention.
« J'aimerais pouvoir refaire de la magie » lui révéla-t-il, soudain.
« J'aimerais que nous le puisons tous. Je pense qu'il n'y a pas pire punition pour un sorcier que d'être destitué de sa baguette. »
Et elle avait raison, c'était en effet la punition qui était accordée aux nés-moldus. Cela voulait tout dire.
Ils se rendirent jusqu'à la plage, celle-ci était pleine de galets. Des mouettes poussaient quelques cris en tournoyant dans le ciel. Le vent leur apportait une douce odeur d'iode et après des jours passés enfermés, il n'y avait rien de plus revigorant.
Sans la magie tout devenait compliqué, le seul fait de devoir recoudre un bouton leur était totalement inconnu auparavant. C'était même grâce à la magie que Draco réussissait à se coiffer, cela faisait des années qu'il n'avait pas utilisé un peigne. Désormais ses cheveux tombaient négligemment sur son front et ses yeux et il ne cessait de les rabattre en arrière.
« Tu sais, Draco » commença Narcissa après quelques instants. « Il y a certaines forces qui nous dépassent » lui expliqua sa mère. « As-tu déjà tenté la magie sans baguette ? »
Draco repensa à ses vaines tentatives, les fois où il avait tenté de simplement faire léviter un objet par la seule force de sa pensée et de sa main tendue.
« Pas ici, évidemment, mais il m'est arrivé de m'entraîner à Poudlard, malheureusement sans résultat tangible. »
Ils finirent par s'asseoir sur un vieux tronc d'arbre abandonné et Draco en profita pour se saisir d'une branche à ses pieds. La mer était plutôt calme et il n'y avait personne à l'horizon.
« Si seulement je pouvais fabriquer ma propre baguette… » soupira-t-il en inspectant la branche entre ses mains.
Le bois était blanc, quelque peu humide et l'écorce se détachait assez facilement. Il regarda la tige d'un peu plus près et imagina alors un monde où il lui aurait suffi de l'agiter pour faire voltiger les pierres et les cailloux.
Le temps passé à Poudlard lui paraissait bien loin à présent. Il était maintenant trop tard pour faire les choses autrement et avoir des regrets mais il ne pouvait s'empêcher d'en avoir. Sans vraiment y penser, le jeune homme caressa son avant-bras gauche et sa mère ne put s'abstenir de lui faire une remarque.
« Elle te fait encore souffrir ? »
Dans la journée qui avait suivi leur départ précipité du Westchester, lui et son père avaient ressenti une vive douleur traverser leurs bras, leurs peaux, puis s'écouler lentement dans leurs veines. La douleur avait été telle que Draco avait cru perdre son bras. Son père avait un peu plus supporté la chose mais Draco, lui, s'était senti fiévreux et s'était pratiquement évanoui. D'après sa mère il avait même était victime d'hallucinations.
Tout ceci les avait laissés perplexe. Le Seigneur des Ténèbres avait-il été vaincu ? Une partie de lui vivait-elle encore quelque part ? Etait-il devenu encore plus puissant ? Ils n'en savaient rien. Après quelques jours la marque avait commencé à devenir plus terne et c'est ce qui avait vraiment interrogé Draco sur la possibilité de la mort du plus puissant mage noir de l'histoire. Aujourd'hui, elle était toujours présente mais l'encre était bien moins vivace qu'auparavant.
« Non » répondit-il en jouant avec son bout de bois. « Je me demande toujours ce qui a pu provoquer cette réaction. »
« Moi aussi. »
« Est-ce que tu crois que... » hésita-t-il. « Est-ce que tu crois que le Seigneur des Ténèbres a pu être vaincu ? »
Il évitait d'en parler à la maison, même s'il savait que ses parents partageaient plus ou moins les mêmes opinions que lui sur la question. Il n'avait pas envie d'insuffler de faux espoirs car sa défaite signifiait trop de choses en ce qui les concernait.
Sa mère gigota un peu sur son siège de fortune, visiblement mal à l'aise, elle croisa et décroisa ses jambes, puis décida finalement de se redresser.
« Et même si c'était le cas » lui répliqua-t-elle en le regardant dans les yeux. « Nous serons à vie considérés comme des parias. Ne l'oublie jamais. »
Narcissa n'avait jamais été le genre de femme à édulcorer son quotidien ou à être trop utopiste, elle faisait face aux choses comme elles venaient, tout en se méfiant de ce qui pourrait l'attendre. Et elle avait élevé son fils dans la même optique.
« Draco, la vie ne te fera jamais de cadeau et tu ne dois jamais lui en faire. Garde bien cette phrase en tête. »
Le jeune homme acquiesça et sur ces mots, Narcissa se leva et se dirigea vers la maison. Draco lui indiqua qu'il souhaitait rester un moment seul mais il lui promit de revenir assez vite.
Suite au départ de sa mère, le blond se mit face à la mer. Il jeta un ultime regard à la branche qu'il avait ramassé et finit par la jeter dans l'océan. Leur situation n'avançait pas et il se sentait prisonnier. De rage, il attrapa quelques galets et les balança eux aussi à l'eau. Ça n'avait aucun sens de faire ça, il le savait bien, mais c'était la seule chose qui lui permettait de se défouler.
Quelques semaines plus tard, Draco rentrait à « L'îlot » après une petite ballade et quelle ne fut pas sa surprise après son arrivée. Sa mère et son père n'avaient jamais été très démonstratifs mais il fallait croire que leur venue sur la falaise les avait quelque peu perturbés, Draco avait du mal à croire qu'ils étaient en train de se disputer au bout milieu du living room.
« Combien de temps encore va-t-on passer à se terrer ? Cela fait des semaines. Je n'en peux plus de cette situation Narcissa ! » lui cria-t-il en remplissant son verre d'un liquide ambrée.
« Et que crois-tu Lucius, que cela représente une partie de plaisir pour Draco et moi ? Que nous nous amusons follement pendant que monsieur pleurniche sur son sort ? »
« Quand est-ce que nous allons cesser cette comédie bon sang ?! Nous sommes des sorciers par Merlin et nous sommes des Malfoy. Je refuse de me cacher une minute de plus et je te préviens si... »
La phrase de Lucius mourut au fond de sa gorge à l'entente de la venue de son fils dans la pièce.
« Désolé, je ne voulais pas... » débuta le jeune homme un peu paniqué.
« Monte dans ta chambre, Draco » lui ordonna son père.
Sans se faire prier, Draco baissa sa tête et marcha jusqu'à l'escalier. Le regard de son père vrillait sur son dos. Il allait monter la première marche quand il rebroussa chemin. Des sentiments contradictoires envahissant sont esprits.
« Draco, fais ce qu'on te dit » le sermonna Narcissa.
« Non… Parce que moi aussi je suis d'accord avec papa » leur annonça-t-il.
Lucius parut surpris tandis que Narcissa lui jeta le regard le plus noir de sa collection.
« Tu penses que l'on devrait partir toi aussi ? » demanda son père.
« Oui, pourquoi rester ici après tout ? On a rien à perdre à tenter de construire une nouvelle vie ailleurs. »
Lucius leva ses mains au ciel, apparemment heureux que quelqu'un partage enfin son avis dans cette maison.
« Mais vous êtes devenus fous tous les deux » constata Narcissa en remplissant un verre, dont elle avala cul sec son contenu avant de grimacer.
« Doucement Cissy... »
« Oh, toi ne me dis pas ce que je dois faire ! Comment pouvez-vous seulement penser à rentrer ? »
« Et que veux-tu que l'on fasse ? Nous ne pouvons continuer à nous terrer éternellement. »
« Si nous rentrons et que Le Seigneur des Ténèbres est au pouvoir nous mourrons, tous. Si Potter a réussi à le vaincre, nous finirons nos jours à Azkaban et... »
« Peu importe que l'on finisse à Azkaban ou que l'on meurt ! Je préfère mourir ou être fait prisonnier que de finir mes jours ici » déclara Draco plus sûr de lui qu'il ne l'avait jamais été.
« Allez Cissy, Draco a raison. Prenons un Potorloin et quittons cet endroit. »
Narcissa, le regard dans le vide, se servit un autre verre. Elle semblait en intense réflexion. Draco et Lucius étaient accrochés à ses lèvres.
« Très bien » accepta-t-elle après quelques instants. « Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu »
Lucius afficha un sourire carnassier avant de déposer son verre et de se rapprocher de son épouse. Draco, de son côté, jubilait de l'intérieur.
Lucius tenta de serrer Narcissa dans ses bras mais celle-ci se mit rapidement en dehors de sa portée.
« Que fais-tu Cissy de ton amour du risque ? »
« Je crois que j'ai été vacciné pour une vie entière » annonça-t-elle avant de se détourner et de monter à l'étage mettant fin à la conversation.
Le lendemain matin, la famille Malfoy avait réuni leurs quelques affaires devant la maison. Lucius et Draco attendaient le retour de Narcissa qui était partie chercher l'objet pouvant les transporter aux Etats-Unis. De ce qu'ils savaient, le pays n'avait pas encore été touché par la guerre et ils espéraient trouver paix et tranquillité là-bas.
La mère de famille arriva sous les coups de 11h, un gros coquillage fendillé dans les mains. Elle était la seule pouvant exécuter correctement le sortilège. Elle avait réussi à se faire à l'idée de ce départ, même si elle restait toujours sur ses gardes.
Narcissa plaça le coquillage sur l'herbe. Automatiquement ils se mirent en cercle, leurs affaires dans leurs mains, Draco s'y accrochaient presque tellement il craignait de les égarer.
« Draco, es-tu prêt ? » interrogea son père.
Sa mère de son côté, faisait la moue et attendait le signal de son mari. Elle tapait nerveusement du pied et regardait un peu partout.
« Je l'ai activé pour qu'il soit fonctionnel dans deux minutes. » leur indiqua Narcissa.
Ils hochèrent la tête et dirigèrent lentement leurs mains vers le coquillage. Draco détailla une dernière fois « L'îlot » de son regard comme pour lui dire aurevoir. Elle avait un certain charme lorsqu'on la contemplait d'un peu plus loin. C'était bien le dernier endroit où il avait envie de retourner, et pourtant il ne pouvait s'empêcher de ressentir une forme de nostalgie comme s'il sentait que tout changerait à partir de cet instant.
Et il regretta presque d'avoir une telle intuition car à peine Narcissa entama son décompte, qu'une bande d'Aurors pointait leurs baguettes dans leurs directions et ne les lâchait pas du regard. Lucius serra les dents de rage, rage qu'il tenta de contenir par tous les moyens tandis que Narcissa affichait un sourire tristement ironique et chuchotait à leur attention :
« Je vous avais prévenu. »
C'est tout pour le moment. Je ne sais pas encore si je vais alterner tout le temps le point de vue de Draco et Hermione mais dites moi si cela vous plait ou si vous aimeriez avoir d'autres points de vues. Bon, pour l'instant il ne se passe pas grand et chose et je place le cadre mais dans le prochain chapitre vous en serez plus sur le sort qui leur sera réservé.
A bientôt !
Flow 01
