Titre: Le temps de la réflexion.
Disclaimer: Cette histoire m'appartient mais les personnages et l'univers appartiennent à notre reine J.K Rowling.
Rated: M
Résumé: Passer de bourreau à victime, c'est ce que va expérimenter Draco. Hermione ne sait plus qui elle est, ni ce qu'elle souhaite. Et le sentiment de perdition de ces deux êtres va les pousser à faire des choix. Et bientôt, très bientôt, il ne sera plus question de faire cavalier seul.
Note de l'Auteure: Bonjour, je vous retrouve pour la suite de cette histoire. Je sais bien j'ai pris un retard fou mais j'irai jusqu'au bout. Comme je vous le disais précédemment j'ai des choses à régler dans ma vie personnelle. Toutefois, je resterai au rendez-vous et j'espère que vous aussi. Je vous propose de ne pas perdre plus de temps et de directement plonger dans cette suite pas si attendue que cela.
Un grand merci à Orlane d'avoir pris le relais pour cette correction. Merci d'avoir été à l'écoute et d'avoir pris le temps !
On se retrouve en bas !
Le temps de la réflexion
Chapitre 5: La supplication de Madame Malfoy
A partir du moment où sa famille s'était vue enfermée dans les geôles du Ministère de la Magie, Draco n'avait eu de cesse de réfléchir à la meilleure stratégie possible pour sortir sa mère des griffes de la Justice.
Peu lui importait ce qui pourrait lui arriver à lui ou à son père, du moment que Narcissa était en sécurité et il savait que son père partageait son point de vue. Les actes pleins de malveillances et de préjugés, ils pouvaient les porter à leur charge mais sa mère était innocente dans l'histoire et il était hors de question qu'elle paie pour leurs erreurs, pour leurs crimes.
Ils étaient les seuls responsables de leurs actions, les seuls fautifs, c'était inconcevable qu'elle soit embarquée là-dedans et il s'en voudrait toute sa vie s'il devait lui arriver quelque chose alors qu'elle était l'âme la plus pure de ce drôle de trio familial qu'ils formaient.
Draco n'avait jamais brillé par son courage, ni par son intelligence, mais par contre il était aisé de constater sa ruse et sa détermination à obtenir ce qu'il souhaitait. Il savait que les membres du Magenmagot n'avaient pour seul désir que de les voir pourrir à Azkaban, ils n'avaient obtenu ce procès- ou plutôt cette mascarade- que par pur respect des lois et des procédures. Les condamnations étaient assez rares mais les actes dont ils étaient coupables leur assureraient à coup sûr un aller simple pour cet endroit infâme, domaine des détraqueurs.
Il lui était aisé de porter entièrement le chapeau, ce n'était pas comme s'il était blanc comme neige dans cette histoire. Depuis le départ il avait parfaitement conscience de ses actes et de leurs conséquences. A partir du moment où le Seigneur des Ténèbres lui avait apposé la marque il savait qu'il n'y avait plus de retour en arrière de possible. De plus, il avait désiré être Mangemort et suivre les traces de son père. Il s'était toujours senti supérieur et on lui avait toujours fait comprendre qu'il l'était, regarder les gens avec condescendance était un de ses passe-temps favoris. Il avait même ressenti un sentiment de fierté pendant un moment, lorsqu'il avait été choisi pour devenir Mangemort, mais cela c'était avant de réaliser dans quoi il s'embarquait réellement. De réaliser la quantité de sang et de larmes qui allait couler par sa faute. Son rôle était clair et limpide et même lui n'avait aucune envie de chercher des excuses à ses agissements. Il avait fait tout ça pour sauver sa peau et celle de sa famille, et il ne ressentait absolument aucun remord.
Assis- ou plutôt recroquevillé- au fond de la cellule, les mains jointes à la hauteur de son visage. Draco réfléchissait aux derniers événements et se refaisait le fil de l'histoire. Comment avait-il pu tomber si bas ?
Au départ, cette haine qu'il avait entretenue pour les Nés-Moldus, haine qu'il nourrissait avec plaisir, cette haine n'était pas pour rien dans sa décision d'intégrer les rangs du Seigneur des Ténèbres. Cela avait même sacrement pesé dans la balance. Certes, il n'avait pas trop eu le choix mais ça le Magenmagot n'était pas obligé de le savoir. Comme il n'était pas obligé de savoir qu'il n'était revenu à Poudlard ce soir-là que dans le seul but de coincer Harry Potter et de le livrer à son maître mais qu'il s'était dégonflé au dernier moment. Pourquoi fallait-il que Potter soit aussi... Potter ?
Ce n'était pas pure bonté d'âme qu'il avait épargné la vie du survivant, parce qu'il avait des tonnes de raisons de lui faire la peau après tout. Il le détestait depuis tellement d'années. Non, il l'avait épargné tout simplement car- et il avait honte de l'avouer- il avait vu de l'espoir en lui. En voyant Harry si déterminé à tout stopper, à arrêter les cris et les souffrances. Il n'avait pas pu s'empêcher de flancher. Et pourtant seul Merlin savait combien il avait désiré la mort de ce sorcier, et cela à de nombreuses reprises. Il avait même imaginé les tortures qu'il aurait pu lui faire subir et particulièrement après les humiliations que lui et sa famille avaient subies par sa faute.
Son père lui avait demandé de retourner à Poudlard le soir de la Bataille Final. Il n'aurait jamais cru le voir tomber si bas, c'était presque comme s'il l'avait supplié. Il s'en souvenait encore, celui-ci l'avait regardé et parlé avec une étrange douceur, comme pour bien se faire comprendre. Il n'aurait même pas été étonné de le voir se mettre à genoux et l'implorer en s'accrochant à ses vêtements qui tombaient déjà en lambeaux. Au manoir il avait d'ailleurs eu la même réaction quand Potter et sa bande avaient débarqué retenu en otage par quelques rafleurs en mal d'attention.
Depuis qu'ils s'étaient échappés, depuis que sa famille et lui avaient fui, il n'avait pas regretté une seule seconde d'avoir pris cette décision ce soir-là au château et de laisser filer Potter. Sur le moment, il ne s'était pas bien rendu compte de ce que cela allait impliquer de lui laisser sa vie sauve mais en le sauvant des flammes du Feudeymon il lui avait rendu la pareille, alors il estimait qu'ils étaient quittes. Cependant, Draco n'avait absolument pas prévu de l'entendre s'exprimer à l'audience. Il avait été pris de court dans son plan et apparemment il n'était pas le seul avoir été surpris par son intervention. Weasley et Granger avaient l'air plus que surpris et affichaient tous deux des têtes d'ahuris.
« Si tu souhaitais ma mort avec autant d'ardeurscomme tu sembles si bien l'affirmer Draco. Pourquoi ne pas nous avoir dénoncés au Manoir Malfoy ? »
Mais s'il l'avait fait, s'il les avait vraiment tous dénoncés. Ils auraient certainement continué cette vie de servitude. Le sentiment d'avoir la même valeur qu'un elfe de maison ne l'avait jamais semblé aussi palpable que lorsque le Seigneur des Ténèbres était présent chez lui. Et Draco n'aurait jamais supporté cela et aurait fini par en mourir, alors autant mourir en dénonçant et en assumant ses actes. Alors pendant plusieurs minutes au Manoir, ce soir-là, il avait essayé de gagner du temps.
D'abord il avait vraiment hésité. La pression était bien présente et s'il avait eu le malheur de se tromper, ils étaient tous fichus. Il est vrai que d'autres personnes auraient très bien pu prendre leur apparence et se faire passer pour eux. Ils avaient entendu parler du soir du transfert du survivant. Personnellement, voir autant de Potter en une seule soirée lui aurait probablement donné la nausée, mais ils avaient tout de même fait ce choix et s'ils avaient recommencé une telle manigance... Il n'était donc pas question ce jour-là au Manoir de commettre une malencontreuse erreur de jugement.
Toutefois, il avait rapidement été certain de les reconnaître mais il s'était bien gardé de leur faire savoir à tous. Il en avait tellement vu en vivant au Manoir sous le même toit que ce mage noir. Pour sa fierté personnelle, il n'aurait jamais accepté de mourir de sa main.
Suite à la question posée par Potter, des chuchotements se sont fait entendre de partout dans l'ensemble de la salle d'audience du Magenmagot. Le ministre s'était chargé de faire taire l'assemblée et la salle s'était finalement faite silencieuse après quelques secondes de murmures supplémentaires. Après la déclaration de l'élu, Narcissa avait tout juste eu le temps de croiser le regard de Draco avant que Kingsley demande un report d'audience et invite le trio d'or à le suivre.
Des Aurors ont été chargés de raccompagner la famille Malfoy dans leur cellule provisoire située au fin fond du ministère. Les geôles du Ministères étaient, d'après Lucius, un peu près semblables à celles d'Azkaban, peut-être afin de donner un aperçu aux accusés de ce qui allait possiblement les attendre.
« Mais enfin par Morgane, qu'est-ce qui t'a pris Draco ?! » s'écria Narcissa après que les portes se soient refermées derrière eux.
Il était extrêmement rare de voir Narcissa Malfoy perde son sang-froid mais Draco n'était pas prêt de se laisser démonter. Impertinent, il avait haussé ses épaules et s'était assis dans un coin de la pièce où il avait essayé de lutter contre ses démons intérieurs. Au bout de quelques minutes, Narcissa avait repris la parole.
« Alors c'est cela ? Tu ne comptes même pas me répondre ? Je te rappelle que ce n'est pas du tout ce que nous avions prévu. Nous avions un plan. Maintenant tout le monde va penser que tu as fait tout cela de ton plein gré. »
« Et bien quoi ? N'est-ce pas justement ce que je souhaitais ? La mort de Potter ? Le règne du Seigneur des Ténèbres ? »
Narcissa le regarda, la mine défaite, elle se retourna vers son époux, cherchant apparemment du soutien mais celui-ci avait le regard plongé dans le vide.
« Non, cela c'est tout ce que l'on t'a inculqué mais tu n'es qu'un garçon Draco, un jeune garçon qui a fait ce qu'on lui demandait, qui a appris, ce qu'on lui enseignait, qui a suivi les principes que l'on voulait bien lui imprégner dans le crâne. »
« Cela ne change rien aux faits, j'ai désiré que toutes ces choses arrivent à un moment donné. Je ne peux nier être un agneau dans cette histoire et je refuse de laisser les gens croire que je suis tout blanc. Dans une histoire il y a toujours un bouc émissaire, le Seigneur des Ténèbres est mort. A nous d'assumer nos actes à présent. Nous avons assez fui. »
Draco vit le visage de sa mère se décomposer un peu plus à chacune des paroles qu'il prononçait, il sentait bien que cela faisait écho à ses propres pensées. Cependant, il ne pouvait lui faire part de tout son plan, il ne pouvait lui dire que derrières toutes ses paroles, son seul et unique but était de l'épargner, la protéger.
Brusquement, Narcissa retrouva un visage déterminé et même colérique et fit face à Lucius.
« Toi ! Que lui as-tu encore dit ?! »
« Moi ? Mais absolument rien, Draco est assez grand maintenant pour faire ses propres choix » se justifia-t-il.
« Je ne te crois pas. Si vous croyez que je vais vous laisser finir vos jours à Azkaban sans lever le petit doigt vous vous trompez, tous les deux autant que vous êtes ! Je ne laisserais pas mon fils unique finir ses jours en prison à cause d'erreurs que NOUS avons commises. Tu m'entends Lucius ? »
Lucius se terra dans le silence et Draco n'y tient plus, il fallait qu'il décharge le stress accumulé.
« Mais tu ne comprends pas. Des erreurs que VOUS avez commises ? Que fais-tu de mes propres choix ? De mon libre arbitre ? Moi aussi j'ai fait des choix qui m'appartiennent, moi aussi j'ai fait de mauvaises rencontres, tu ne peux pas me blanchir pour le coup, tu ne peux pas me protéger. »
Et là Draco vit une chose qu'il n'avait aperçu que rarement chez sa mère : des larmes. Elles essayaient de se frayer un chemin et il pouvait sentir tout son désarroi, rien qu'à son timbre de voix.
« Que l'on soit au clair toi et moi, Draco . Je te protégerai quitte à en mourir parce que c'est mon devoir. Tout ce qui m'importe et tout ce qui m'a toujours importé c'est ta sécurité. Je crois que tu as bien vu de quoi j'étais capable. »
Et là elle faisait référence à ce qu'elle lui avait raconté quelques jours plus tôt, elle faisait référence à son intervention dans la forêt interdite. Rien ne lui avait plus importé que de savoir son fils en sécurité et mentir au Seigneur des Ténèbres lui avait paru comme une évidence à ce moment-là.
Draco jeta un ultime regard en direction de son père, espérant trouver le soutien dont il manquait cruellement mais il ne reçut en retour qu'une œillade dissuasive. Il n'y avait rien à faire pour la raisonner, sa mère était ainsi faite.
« Si vous croyez que je vais rester les bras croisés. Gardien ! » hurla-t-elle soudain en se cramponnant aux barreaux de leur cellule.
« Mais que fais-tu ? » l'interpella Draco en se jetant sur elle.
« Mon devoir » lui répondit-elle. « Gardien ! » hurla à nouveau Narcissa.
« Que vas-tu faire ? »
« Je ne sais pas. Je ferai ce qu'il faut. »
« Ne mets pas ta vie en danger, je t'en supplie. »
« Tu ne peux pas y aller Narcissa enfin ! » la dissuada le patriarche.
« Ne me dis pas ce que j'ai à faire Lucius. Je les convaincrai. »
« C'est de la folie » soupira-t-il.
« Gardien ! » hurla à nouveau Narcissa en se cramponnant toujours fermement aux barreaux telle une démente.
Elle avait à présent les jointures blanches et secouait les barreaux de ses bras frêles espérant attirer leur attention, que finalement elle ne tarda pas à obtenir sous le regard paniqué de son fils qui ne voyait aucun moyen de l'arrêter dans sa funeste entreprise.
« Qu'est-ce qui se passe ?! » cria un des Aurors en venant à leur rencontre.
Il avait un sandwich à la confiture déjà entamé dans sa main droite et mâchait sans aucune élégance. Narcissa se recula et arrêta de gesticuler. Son chignon était quelque peu défait, des mèches s'en échappant. Elle regarda l'Auror avec tout le dégoût qu'il lui inspirait et releva son menton, comme on lui avait appris à leur faire en présence d'individus qui lui étaient de fait, inférieur.
« Je désirerais m'entretenir avec Miss Hermione Granger » répondit Narcissa d'une voix calme et posée.
Le gardien ricana puis éclata franchement de rire, se moquant ouvertement d'elle. Draco en profita alors pour dire sa façon de penser à sa mère.
« Que comptes-tu faire ? »
« Ce que je fais de mieux et ne t'avises pas de te mettre en travers de ma route. »
« Ce que tu fais de mieux ? Mais ne vois-tu donc pas que notre sort et d'ores et déjà scellé ? »
« Ah non celle-là c'est la meilleure... Vous qui êtes une famille de Mangemorts avérés, vous souhaitez voir le trio d'or et vous pensez que nous allons accepter votre requête comme si de rien n'était ? » questionna le gardien en continuant de manger son sandwich.
« Je suis la seule à vouloir rencontrer Miss Granger et je suis la seule dans cette pitoyable cellule à ne pas avoir la marque. »
« Ce n'est pas parce que vous n'avez pas la marque, que vous n'avez aucun lien avec vous-savez-qui. Et je ne vois pas pourquoi j'accepterais de vous faire sortir pour faire votre petite balade. »
« Vous n'avez aucun droit ici, espèce de subalterne, ce n'est pas à vous que je souhaite m'adresser mais à un de vos supérieurs » répliqua-t-elle en le défiant du regard.
« De quoi vous m'avez traité ? Peu importe, la machine judiciaire fera son travail de toute façon. »
« J'espère bien, qu'elle fera son travail. Maintenant faites en sorte que je vois un de vos supérieurs. »
« Vous n'avez aucunement le droit de m'obliger à faire quoi que ce soit. »
« D'après la charte des droits du Magenmagot, toute personne considérée comme étant suspecte dans une affaire impliquant des tierses personnes a le droit de faire entendre des témoins à décharge. Un article dit également que tout sorcier en capacité de s'exprimer de manière claire, consciente et éclairé peut être amené à faire entendre sa voix dans une affaire qui doit être porté en jugement devant la justice magique » énonça Narcissa de manière stoïque.
Draco était tout simplement stupéfait, toute trace de panique avait déserté son visage. A quel moment avait-elle pris connaissance de tout cela ? Ou alors peut-être essayait-elle de semer le doute dans son esprit.
« Hum et bien... Je vois » répliqua le gardien un peu perturbé. « Mais je ne vois tout de même pas pourquoi je devrais accéder à votre demande. »
« Vous ne voyez toujours pas ? Il faut absolument que vous accordiez de l'importance à ce que je vais vous exposer. Vous êtes prêt ? »
Le gardien hocha la tête, concentrée et Narcissa s'avança plus près des barreaux. Elle agita son index pour qu'il s'approche et lui chuchota à l'oreille quelque chose que Draco ne put entendre mais il vit les yeux de l'Auror s'ouvrir graduellement. Quand elle eut fini Narcissa se recula à nouveau et regarda toujours cet air de défi affiché sur son faciès.
« Vous êtes certaine de ce que vous dites-là Madame ? »
« Affirmative, mon petit. De toute façon, je n'ai aucun moyen de me dérober. Mettez-moi les liens qui vous plaisent, faites-moi encercler par une douzaine d'individus, tout ce qui m'importe c'est de parler à Miss Granger. »
L'Auror sembla réfléchir quelques instants et lui demanda de patienter. Narcissa avait réussi un coup de maître et ils n'étaient revenus dans leur geôle que depuis une quinzaine de minutes peut-être. Il avait un peu perdu la notion du temps en fait. Il pourrait très bien être neuf heures du soir ou du matin qu'il ne ferait pas la différence.
« Je n'arrive pas à croire que tu aies fait ça, c'est donc ce que tu fais de mieux ? » déclara le blond.
« La connaissance Draco, c'est ce qui sauvera le monde. Il n'y a que les ignorants qui finissent dans un trou ou à surveiller des prisonniers au fin fond du ministère » affirma-t-elle pleine de dédain.
« Je suis curieux de savoir où est-ce que tu as pu apprendre tout cela. »
« Il fallait bien s'occuper dans cette bicoque humide de bord de mer. Et puis, je savais que nous allions nous faire attraper à un moment donné. Je ne l'espérais pas bien sûr, mais j'ai préféré me préparer au pire. Et je t'assure que la présence de Miss Granger aujourd'hui est une aubaine. »
« Si tu le dis » marmonna Draco, pas ravi pour un sous de la présence de ses anciens camarades.
« Il revient » annonça Lucius en s'écartant des barreaux.
Draco se plaça à côté de sa mère et écouta les voix qui provenaient du couloir adjacent.
« Elle dit qu'elle a quelque chose d'important à lui dire... » commença la voix de l'Auror à qui ils avaient eu affaire tout à l'heure.
« J'espère bien que c'est important Johnson, nous sommes au Ministère de la Magie et pas dans un moulin. Vous imaginez si nous laissions sortir tous les suspects à leur guise ? Si un jour une loi pareille passe je veux bien finir mes jours à Saint-Mangouste. »
Le gardien de tout à l'heure et un homme vêtu d'une robe pourpre, propre aux membres du Magenmagot, s'arrêta devant leur cellule. Draco ne le reconnaissait pas mais il avait vu tellement de visage depuis que l'affaire avait commencé qu'il n'aurait pas pu le reconnaître même dans son état « normal ». Il avait une moustache assez proéminente et son chapeau descendait un peu trop bas sur son front, comme s'il était un peu trop petit pour sa tête.
« Qu'y a-t-il et que voulez-vous ? » déblatéra-t-il sans plus d'interlude.
« Déjà si vous pouviez vous présenter... Moi, je suis Narcissa Black épouse Malfoy. »
« Je sais qui vous êtes. Je suis Marvellius Williamson, chef du bureau des Aurors. Et je n'ai pas plus de temps que ça à perdre alors soit vous me dites tout de suite de quoi il s'agit, soit je me ferai un plaisir de vous quitter. »
« Bien. Comme je le disais à votre Auror il y a quelques minutes. Je souhaite vivement m'entretenir avec Miss Hermione Granger car j'ai des informations de la plus haute importance à lui transmettre. »
« Je vous l'avais dit Monsieur Willamson, c'est très important » ajouta l'Auror Johnson.
« Je ne vois pas pourquoi je dirais oui » lui dit-il en croisant les bras.
« Monsieur Williamson vous m'avez l'air d'être un homme intelligent et plein de bon sens, avec des années d'expérience derrière lui. Pourriez-vous supporter dans votre conscience la culpabilité d'une autre erreur judiciaire ? Mon cousin, Sirius Black, a après tout été lui aussi une des victimes du règne du Seigneur des Ténèbres et de notre système judiciaire. J'essaie, à mon maigre niveau, d'éviter qu'une autre erreur se produise » exposa Narcissa le visage neutre.
Le chef du bureau des Aurors sembla réfléchir et se tourna vers son employé pour échanger avec lui.
« Tu l'as refait » murmura Draco à l'attention de sa mère.
« N'est-ce pas merveilleux ? J'adore ce sentiment de pouvoir » ricana-t-elle.
« Je comprends mieux comment tu fais pour toujours avoir le dessus lors de nos disputes » grogna Lucius.
Les deux Aurors finirent par se mettre d'accord et Williamson donna signe de tête au subalterne.
« Johnson. Faites sortir Madame Malfoy et uniquement elle. Veuillez l'attacher par des liens magiques et la conduire auprès de Miss Granger. S'il y a une quelconque entourloupe je vous autorise à faire usage du sortilège d'Entrave ou du sortilège de Stupefixion. Maintenant faites-la sortir. »
Draco observa sa mère se rapprocher de la sortie et tendre ses poignets afin qu'on les lui lie à nouveau. Elle n'opposait aucune résistance et semblait satisfaite. Le blond ne voulait pas le montrer mais il était terriblement inquiet, ce que sa mère dût percevoir car elle lui dit avant de partir :
« Tout ira bien. Ne t'inquiète de rien. »
Et elle disparut dans le couloir froid et sombre. Sans nouvelles de sa mère, Draco ne savait plus à quoi se fier mais il savait qu'il n'y avait aucun autre moyen pour qu'ils arrivent à obtenir gain de cause. Il fallait au moins qu'ils essayent de s'en sortir et à défaut de réussir, ils auront peut-être la chance de périr ensemble.
Encore du suspens ! Dans le prochain chapitre on ira du côté d'Hermione, elle fera connaissance avec Narcissa qui lui fera des révélations assez surprenantes. Hermione devra alors faire un choix et se retrouvera face à un dilemme. Hermione pense tout connaitre du Draco de l'époque de Poudlard mais elle sera bien étonnée car c'est un homme pleins de contradictions notre petit blond.
Allez un petit commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé et vos attentes pour la suite.
Bye,
Flow 01
