Titre: Le temps de la réflexion.

Disclaimer: Cette histoire m'appartient mais les personnages et l'univers appartiennent à notre reine J.K Rowling.

Rated: M

Résumé: Passer de bourreau à victime, c'est ce que va expérimenter Draco. Hermione ne sait plus qui elle est, ni ce qu'elle souhaite. Et le sentiment de perdition de ces deux êtres va les pousser à faire des choix. Et bientôt, très bientôt, il ne sera plus question de faire cavalier seul.

Note de l'Auteure: Bonjour, voila la suite de cette histoire ! Comment allez-vous ? Et bien moi ça ! J'ai hâte d'être en vacances à la fin du mois pour tout vous dire ahaha Cette fois nous retrouvons Hermione qui fera la découverte de faits intéressants sur le passé de Draco.

Un grand merci à Orlane pour sa correction !

Comme d'habitude on se retrouve en bas !


Le temps de la réflexion

Chapitre 6 : Le dilemme d'Hermione

Hermione était assise dans une pièce annexe de la salle d'audience. La pièce, semblable à une grande salle de réunion, était décorée de briques noires et d'un sol sombre à l'instar du reste du Ministère. Elle comportait des fenêtres magiques donnant l'impression qu'à l'extérieur un véritable ouragan avait lieu et ça n'avait pas pour effet de la mettre très à l'aise. Les éclairs et la foudre se reflétaient dans les lunettes de son meilleur ami qui contemplait les fenêtres avec une certaine mélancolie qui lui était propre.

La jeune femme avait toujours connu Harry avec cette maturité, presque acquise un peu malgré lui. Et la barbe qu'il portait aujourd'hui mais qu'il rasait de temps à autre, lui donnait un air d'autant plus sérieux et adulte du haut de ses dix-huit ans nouvellement acquis.

L'assemblée des membres du Magenmagot était restée dans la salle d'audience et ils tentaient de s'occuper, le temps que le président s'entretienne avec ces adolescents qu'il devait considérer comme perturbateurs- à raison- et désinvoltes.

Hermione était en stress total car Kingsley n'avait pas prononcé un mot depuis qu'ils étaient entrés et semblait en pleine réflexion. Il s'était assis à l'autre bout de la longue table que contenait la pièce et n'avait pas sorti sa tête d'entre ses mains depuis maintenant cinq bonnes minutes.

Mais qu'est-ce qu'il se passait ici ?

Ron s'était assis à ses côtés et tapait frénétiquement du pied comme si cela allait aider la situation. Il tortillait ses mains dans tous les sens et regardait tour à tour Harry et Kingsley, tout comme elle, il attendait qu'un des deux veuille bien prendre la parole. Ce qui, apparemment, était loin d'être gagné.

Hermione commençait sérieusement à désespérer qu'un des deux se lance enfin, quand soudain Harry se mit à parler et à sa plus grande surprise il était d'un calme olympien :

« Je sais que vous désapprouvez notre présence à tous les trois. »

Kingsley releva lentement sa tête et soupira.

« Je ne désapprouve pas votre présence Harry mais tu dois admettre que le fait que vous soyez là est assez étrange et j'ai du mal à comprendre votre venue, par ailleurs. »

Harry croisa ses bras sur sa poitrine en un geste imperceptible de défense.

« Car il le faut, il faut que nous soyons présents Kingsley, c'est de la plus haute importance. Vous rendez-vous compte qu'il s'agit d'une famille entière que vous vous apprêtez à enfermer à Azkaban ? »

Le sujet de la famille avait été mis sur le tapis. Hermione savait pertinemment qu'Harry était sensible à cela n'ayant pas connu ses parents, cela était normal. En revanche, cela l'étonnait qu'il accorde de l'importance à cette famille-là. Il fallait dire que les Malfoy n'étaient pas une famille des plus « côtés ». Et Hermione avait été témoin des nombreux différends qui avaient opposé Draco et lui. Ils ne se portaient pas dans le cœur l'un de l'autre et cela était de notoriété publique.

« Pour l'instant aucun verdict n'a été rendu Harry et laisse-moi te signaler que ce n'est pas parce que tu es l'Élu, le Survivant, celui qui a combattu Voldemort en personne, que tu peux te permettre de faire ce que tu veux » lui spécifia Kingsley, il semblait passablement agacé et avait du mal à cacher son exaspération. « Je vous avais spécifié que vous ne pouviez intervenir que si je vous l'autorisais. Tu sens-tu au-dessus des lois mon cher Harry ? Parce que ici je suis celui qui la représente et tu ne peux te permettre de défier ainsi mon autorité, je suis le Ministre de la Magie maintenant et le Président en chef de cette audience, tu ne peux pas faire ce que tu veux. »

Harry serra ses dents mais acquiesça tout de même aux dires de Kingsley. Hermione, respectueuse des lois comme elle l'était, était bien entendu d'accord avec lui mais elle ne pouvait s'empêcher de prendre la défense d'Harry, c'était plus fort qu'elle. De plus, elle trouvait que Kingsley avait usé d'un ton trop infantilisant à son goût.

« Je ne suis pas là pour vous contredire Kingsley, vous savez combien je vous respecte, mais Harry n'avait pas l'intention de défier votre autorité, mais simplement de faire entendre sa voix. »

Ron se contenta d'acquiescer à ses dires, comme pour lui donner raison.

« Et il le fera » assura Kingsley. « Vous le ferez tous d'ailleurs, vous apporterez des éléments pour étoffer leurs dossiers mais cela dans un temps imparti. Je vous propose de prendre des notes et quand il sera à votre tour de parler vous évoquerez tout ce qui vous semblera pertinent. Cela vous convient à tous les trois ? »

Ils hochèrent simultanément leurs têtes et d'un coup de baguette Kingsley fit apparaître trois petits calepins et trois plumes perpétuellement imbibés d'encre de sorte qu'ils n'aient pas besoin de la tremper constamment.

« Maintenant j'aimerais savoir la vraie raison de votre présence ici. J'ai l'impression que cela te tiens plus à cœur Harry qu'à Ron et Hermione. Est-ce que je me trompe ? »

Le brun finit par s'asseoir sur la chaise lui faisant face et gratta par réflexe sa cicatrice qu'il portait toujours malgré la chute de Voldemort.

« Tout d'abord Kingsley, sachez que comme l'a dit Hermione, ce n'était pas mon intention de vous manquer de respect. J'ai simplement senti qu'il était indispensable que j'intervienne à ce moment. Cependant, je comprends les règles du jeu et je me fierai à votre volonté. Quand j'ai appris que la famille Malfoy avait été arrêtée et qu'ils allaient bientôt être jugés j'ai tout de suite prévenu Ron et Hermione qu'il fallait que nous nous nous rendions au Ministère et pour cause, nous détenons des informations que vous n'avez pas, nous pouvons apporter des témoignages qui pourront les aider. »

« Je vois. Comme ce que tu as dit tout à l'heure par rapport à votre rencontre au Manoir? »

« Tout à fait. Je suis persuadé encore aujourd'hui que Malfoy, pardon Draco, savait très bien qui nous étions. »

« Et il aurait consciemment gardé l'information pour lui ? Pour quelle raison ? »

« C'est ce que j'essaie de savoir depuis des mois et ce n'est pas la seule choses qui s'est passée. Draco n'a pratiquement pas lutté quand j'ai essayé de m'emparer de leurs baguettes. Si je n'avais pas récupéré sa baguette je n'aurais jamais pu battre Voldemort car il était le seul vrai détenteur de la baguette de Dumbledore après l'avoir désarmé dans la Tour d'Astronomie. Kingsley, Sirius m'a dit un jour qu'il y avait une part d'ombre et de lumière en chacun de nous, je suis persuadée que les Malfoy ont simplement poursuivi le mauvais chemin à un moment donné mais qu'ils ont toujours cette part de lumière en eux. »

« Hermione es-tu consciente de ce dans quoi tu t'embarques ? » lui demande Kingsley, toujours aussi perplexe.

Il voulait certainement s'assurer qu'elle accomplissait ça de son plein gré et qu'elle ne se contentait pas de suivre bêtement son meilleur ami.

« Oui, bien sûr Kingsley » s'entendit-elle répondre.

En réalité, elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle faisait pour le moment mais elle avait toujours eu confiance en Harry et elle avait confiance en son instinct.

« Et toi Ron ? »

« Je ne dirais pas que je suis honoré de le faire mais si je dois dire la vérité, je le ferai même pour sauver cette famille de sales fouines. »

« Ronald ! » le réprimanda-t-elle en lui faisant les gros yeux.

Il se contenta de hausser les épaules, il donnait l'impression d'être totalement étranger à ce qui se passait. Harry afficha un sourire en coin et Kinglsey décida qu'il était temps de conclure ce petit aparté.

« Très bien, nous sommes d'accord. Je pense que nous pouvons reprendre l'audience à présent » conclut Kingsley en commençant à se lever.

Ils commencèrent par tous se diriger vers la sortie. Hermione était toujours agacée par la réflexion de Ron quand des coups provenant de la porte se firent entendre. Kinglsey allait inviter la personne à se présenter quand la porte s'ouvrit sur un homme habillé en tenu d'Auror.

« Désolé de vous déranger Monsieur le Ministre mais Madame Malfoy souhaiterait s'entretenir avec Miss Granger. »

Dire qu'Hermione était surprise, était un faible mot.

« Moi ? Mais pourquoi ? » répondit-elle interloquée.

Harry et Ron se retournèrent vers elle d'un seul chef, tous les deux semblaient aussi médusés qu'elle. Kingsley fronçait les sourcils, il n'avait pas l'air ravi.

« Elle a dit qu'elle avait des informations très importantes à vous transmettre et elle veut vous voir, en privé. »

« Je ne suis pas certain qu'il soit judicieux de laisser Hermione seule avec une prisonnière » lui fit remarquer Kingsley.

Harry et Ron approuvèrent, ce dernier avait un air froid sur le visage et semblait se contenir pour ne pas intervenir. Hermione lui caressa le dos de la main pour l'inviter à se calmer. Après tout, il ne s'agissait que d'une petite entrevue. De plus, elle était curieuse de savoir ce que la mère de Draco avait à lui dire à elle personnellement.

« C'est pour cette raison qu'elle ne le sera pas vraiment » lui expliqua l'Auror. « Elle aura les poignets liés magiquement et je resterai dans un coin de la pièce si vous m'y autorisez. »

Kingsley prit le temps de la réflexion, puis il se tourna vers Hermione pour lui demander son avis. Après tout, elle n'était pas obligée de répondre positivement à la demande de Madame Malfoy.

« Ne vous inquiétez pas, je… Je vais gérer la situation au mieux. »

« Tu es sûre Hermione ? » la questionna Harry en posant sa main sur son épaule.

« Parfaitement. »

Cela faisait deux fois en même pas vingt minutes qu'elle cherchait à montrer qu'elle était sûre d'elle mais au fond d'elle, elle n'en menait pas large.

« Très bien, faites la entrer, nous attendrons dans la salle d'audience. Vous la ramènerez dans sa cellule lorsque l'entretien sera terminé. Je lui accorde dix minutes, pas plus » statua Kingsley avant de franchir les lourdes portes, sa robe de sorcier voletant autour de lui.

Ron lui pressa gentiment la main avant de lui embrasser la joue et il disparut à son tour avec Harry dans le couloir. L'Auror alla chercher Madame Malfoy et Hermione se retrouva seule dans cette pièce bien trop grande pour elle. Les fenêtres projetaient cette fois l'image d'un ciel étoilé sans nuage.

Hermione songea tout à coup à s'asseoir quand Madame Malfoy fit son apparition dans l'encadrement de la porte, escorté par l'Auror qui avait annoncé son arrivée. Hermione n'avait que peu côtoyé cette femme. Enfin, si on pouvait appeler ça « côtoyer». Elle ne l'avait croisé que deux ou trois fois au cours de sa vie. Elle se rappelait notamment d'elle au Manoir et de sa passivité face aux sévices que sa sœur lui avait fait subir. Machinalement, la jeune femme porta sa main à son bras gauche là où reposait la cicatrice que lui avait infligé Bellatrix.

Le visage froid de Narcissa semblait cacher une certaine fragilité et son regard témoignait d'une certaine urgence. Son chignon était quelque peu défait, des mèches de cheveux s'en échappant et elle avait une tache sur sa robe, chose qui devait présentement lui être égale mais Hermione savait combien les apparences comptaient pour cette famille à une époque. Nerveuse, mais déterminée à ne pas lui montrer son angoisse, Hermione croisa ses mains et attendit qu'elle avance vers elle.

« Bonjour Miss Granger. »

« Bonjour » lui répondit-elle rapidement.

Elle s'approcha un peu plus d'elle et l'Auror se mit dans un coin de la pièce. Il la surveillait du coin de l'œil comme si elle était un animal sauvage prêt à attaquer à tout moment. A raison ou à tort, en tout cas Hermione ne pouvait pas dire de quoi cette femme était capable exactement. De un, elle ne la connaissait pas vraiment et de deux elle se doutait qu'il s'agissait d'une femme rusée et intelligente. Et Hermione se méfiait des femmes rusées et intelligentes.

« Je sais, vous devez être un peu déroutée » déclara Madame Malfoy. « N'ayez crainte, je ne vous veux aucun mal » lui assura-t-elle.

A ce moment-là la brune réalisa à quel point elle n'était pas douée pour dissimuler ses émotions même Madame Malfoy avait su lire en elle.

« Je n'ai pas peur de vous » lui assura-t-elle à son tour. « Toutefois, je suis en effet surprise par votre requête. Pourquoi souhaitiez-vous me voir ? »

« J'ai des renseignements à vous donner et ils sont de la plus haute importance » lui énonça-t-elle.

« Je vous écoute. »

Madame Malfoy baissa brièvement son visage vers le sol comme pour réfléchir avant de se lancer dans ses explications :

« Premièrement, Draco n'a jamais voulu être un Mangemort et si j'avais pu lui éviter cette épreuve, croyez-moi je l'aurais fait mais malheureusement il a toujours voulu prendre exemple sur son père qui même à l'époque où je l'ai rencontré, n'était pas un modèle de bonté personnifié. Draco était un jeune garçon impressionnable et craintif. »

Hermione pouffa à ces mots. Pour elle Malfoy était un jeune homme stupide et dénué d'intérêt. A partir du moment où il avait fait leur connaissance. Il n'avait affiché que du mépris et du dédain à leur égard. La brune était persuadée que Madame Malfoy était tout simplement aveuglée par son rôle de mère. Elle ne le voyait pas comme elle le voyait, elle ne voyait pas son véritable visage. Et plus le temps avançait, plus elle se trouvait ridicule d'être au sein même du Ministère pour défendre son principal persécuteur comme si quelque part elle tendait le bâton pour se faire battre.

« Je ne sais pas ce que je fais ici Madame Malfoy » lui dit-elle se sentant de plus en plus mal à l'aise. « Je pense ne pense pas pouvoir être utile en quoi que ce soit, je ne devrais pas être ici.. »

« Non, s'il-vous-plait Miss Granger, ne partez pas » lui implora-t-elle en la voyant se diriger vers la sortie. « Je vous en prie. Je refuse que Draco paie pour nos erreurs passées. »

Hermione qui était de dos, resta un moment interdite. Elle ne savait pas ce que Narcissa Malfoy attendait d'elle et elle ne savait pas comment elle allait pouvoir répondre à sa requête. Le doute s'empara d'elle. Elle avait souvent dû faire des choix tout au long de sa vie et plus particulièrement dans ses moments les plus critiques. Comme quand elle avait choisi de modifier la mémoire de ses parents.

Ses parents justement... Elle ne voulait surtout pas comparer sa situation avec celle de Draco mais elle savait ce que c'était que d'être séparée des gens que l'on aimait et elle ne souhait pas cela même à son pire ennemi. Certes, il avait pris les plus mauvaises décisions mais elle ne pouvait le blâmer entièrement. En tout cas elle avait envie de lui donner le bénéfice du doute.

La brune ravala les larmes qui étaient prêtes à couler et se retourna vers Madame Malfoy, le regard plus vif et déterminé.

« Très bien Madame Malfoy » commença-t-elle avant de se racler la gorge pour se donner une certaine contenance. « Je suis prête à vous écouter. »

Si Madame Malfoy fut soulagée, elle n'en montra rien et s'approcha à nouveau d'elle.

« Je dois vous expliquer tout le cheminement qui a conduit Draco à faire les choix qu'il a fait mais n'ayant pas beaucoup de temps devant moi je préfère vous montrer. Je veux que vous preniez mes souvenirs et que vous les consultiez le plus rapidement possible. Est-ce que vous en serez capable ? » lui demanda-t-elle.

« Et bien... C'est à dire que je ne sais pas où je pourrais trouver une pensine. »

« Je suis sûre que vous en trouverez une. Prenez ces quelques souvenirs. Faites en sorte de sauver mon fils. Je ne vous ai pas choisi par hasard Miss Granger, je sais que vous avez en vous assez de ressource, de bienveillance et de compréhension pour faire face à ce que vous allez voir. Ne condamnez pas Draco trop vite. »

Hermione hocha la tête, elle comprenait ce qu'elle essayait de lui dire. Madame Malfoy l'invita par la suite à se saisir de sa baguette et à l'approcher de sa tempe. Hermione pris le temps d'extraire les souvenirs que la mère de Draco souhaitait lui montrer et sortit une fiole de son sac, où elle les enferma. Elle vit Madame Malfoy lâcher une larme lorsque l'opération fut terminée et lui prendre les mains afin d'insister une nouvelle fois sur la nécessité de consulter ces souvenirs . Peu après, l'Auror leur indiqua que leur entretien devait prendre fin et se saisit du bras de Madame Malfoy dans le but de la guider vers la sortie de la pièce.

La jeune femme se retrouva seule, dans sa main elle tenait encore la fiole contenant les souvenirs de Narcissa Malfoy. Elle regarda le semblant de liquide qu'il contenait, il était gris et quelque peu vaporeux. C'était la première fois qu'elle récoltait les souvenirs de quelqu'un. Elle n'avait pas de raison de penser à son ancien professeur de potion mais cela lui rappelait le sort qui avait été réservé à Severus Rogue et les larmes qu'il avait personnellement demandé à Harry de prendre dans un dernier geste avant la mort.

Elle n'avait pas d'autres choix que de les consulter dans une pensine maintenant mais comme elle l'avait dit à Madame Malfoy, elle ne savait pas où est-ce qu'elle pourrait en trouver une. Ce n'était pas comme si elle connaissait le Ministère comme sa poche...

Hermione décida de quitter calmement la pièce puis de se rendre vers la salle d'audience. Kinglsey avait peut-être une pensine en sa possession. Elle rangea la fiole dans son sac en perles et franchit les lourdes portes de la salle dans laquelle les discussions allaient bon train. Les voix s'arrêtèrent au fur et mesure qu'elle pénétrait dans la salle, Kingsley siégeait toujours et la regarda se planter au milieu de la salle devant les fauteuils des prévenus.

Ron et Harry étaient absents, ils étaient certainement partis rejoindre Arthur, ne sachant pas quand exactement le procès allait reprendre.

Elle toussota et se lança, la lanière de son sac serrée entre ses doigts, elle était un peu stressée et pour cause elle n'avait jamais eu autant de regards tournés vers elle :

«Kingsley... » débuta-t-elle avant de s'interrompre. Elle ne s'attendait pas à ce que sa voix résonne autant. Cependant, elle se reprit bien vite. « Je désirerais accéder à une pensine, en avez-vous une dans votre bureau ? »

Kingsley lui jeta un regard interrogatif mais ne fit pas plus de commentaire.

« Malgré que Dumbledore a longtemps insisté pour que j'en ai une en ma possession, j'ai toujours repoussé ce moment. Toutefois, il me semble que... »

« Moi j'en ai une ! » s'exclama soudainement quelqu'un parmi les membres du Magenmagot.

Hermione essaya d'identifier d'où provenait la voix sifflante et plutôt aiguë. Et repéra bien vite un vieil homme trapu qui essayait de se frayer un chemin vers elle. Celui-ci était le seul à avoir un fez sur le sommet de son crâne contrairement aux autres.

La Gryffondor s'approcha de lui et le reconnut enfin. Elle se rappelait l'avoir croisé au mariage de Bill et de Fleur, ainsi qu'à certaines réunions de l'Ordre du Phoenix, elle ne participait pas à ces réunions par du fait de son jeune âge mais celles-ci s'éternisant parfois elle avait eu l'occasion de le croiser. Il s'agissait d'Elphias Doge, il était un grand ami de Dumbledore. Elle aurait pensé qu'il aurait arrêté d'exercer en tant que membre du Magenmagot mais il n'en était rien. Cela devait être une position qui lui convenait après tout.

Elphias la rejoignit finalement au centre de la pièce et râla contre « ces fichus sorciers impolis qui ne savent pas se décaler quand on leur demande » et se mit en marche vers les lourdes portes sans même lui dire bonjour. Peu après, ils avançaient tous les deux dans le long corridor en direction du petit bureau qu'Elphias avait le privilège d'encore avoir au Ministère. Il était tout de même un des membres les plus âgés. Enfin d'après ce qu'il lui disait.

« Oh par Merlin, je ne vous ai même pas demandé comment vous alliez Miss Granger. »

« Et bien ma foi, on fait aller. Et vous-mêmes ? »

« Vous savez la vie suit son cours, j'essaie d'être présent là où on a besoin de moi. J'ai assisté à une flopée d'audiences, de jugements et de condamnations après la première guerre des sorciers. Des Mangemorts sont tombés et des visages se sont révélés. Lucius Malfoy a pu faire jouer de ses relations la première fois, et déclarer qu'il avait été victime du sortilège Imperium mais cette fois il ne pourra pas en faire autant... »

« Cela a l'air de vous faire plaisir, est-ce que je me trompe ? » l'interrompit-elle.

Elphias soupira et tourna à gauche au bout du couloir.

« Oui et non. Bien sûr, voire une famille être ainsi déchirée ne me fait en rien plaisir mais vous devez savoir que Monsieur Malfoy, terrorisait et intimidait un peu tout le monde au sein du Ministère. Cela ne lui fera pas de mal de se faire un peu taper sur les doigts. »

« Il risque tout de même d'être emprisonné à vie à Azkaban voir pire. Pour moi cela est loin d'être de simples petites tapes sur les doigts. »

Pour conclure la conversation, Elphias leva ses épaules au ciel et Hermione le trouva bien désinvolte. Il finit par s'arrêter devant un mur vierge de toute porte et la jeune femme se demanda s'il n'avait pas perdu la tête. Elle se mit à ses côtés et le vit agiter sa baguette devant le mur carrelé qui ne tarda pas à dévoiler une porte noire semblable à toutes les autres présentes dans le Ministère.

« Voici mon bureau » lui annonça Elphias en pénétrant dans ce qu'Hermione considérait elle comme un placard à balais.

Le vieil homme l'invita à se rapprocher et sortit la bassine dure et froide d'un tiroir, il le plaça en lévitation au milieu de la pièce et lui proposa de verser les pensées et souvenirs qu'elle souhaitait consulter. Tandis qu'elle recherchait la fiole, il lui expliqua que cette pensine était un cadeau de Dumbledore, des fines inscriptions figuraient sur le côté et il y était très attaché.

« Je n'aurais jamais eu l'idée de m'en acheter moi-même mais il faut croire qu'il avait raison car l'âge avançant j'ai de plus en l'impression d'avoir la mémoire altérée. »

« Vous voulez dire que notre mémoire peut-être déformée ? Pas forcément conforme à la réalité des faits ? »

Hermione craignait justement de ne pas avoir accès à la vérité et c'était pourtant ce qu'elle était venue chercher.

« La mémoire est une chose fascinante et fragile. L'avantage de la pensine c'est que nous pouvons consulter des bribes de notre mémoire. Quand nous nous rappelons de quelque chose notre cerveau peut avoir tendance à modifier certains événements, le second avantage de la pensine c'est qu'elle reste au plus proche de ce que la personne a vu et/ou ressenti. »

« Vous voulez dire qu'il n'y a pas de mensonge possible ? »

« Un souvenir peut-être modifié ou falsifié mais pour cela il faut le faire avant magiquement, à l'aide d'une baguette je veux dire. »

« Je vois » murmura Hermione elle paraissait assimiler les informations. « Donc il faudrait que la personne puisse l'extraire de son cerveau et modifier son souvenir par la suite pour... Tromper quelqu'un ? »

« Exact. »

« Je vois » répéta-t-elle. « Merci Monsieur Doge pour votre prêt et et vos renseignements. »

« Je vous en prie. Savez-vous comment marche la pensine ? »

« Je dois verser le contenu de la fiole et plonger ma tête à l'intérieur, c'est bien cela ? »

« Tout à fait. Voulez-vous que je vous laisse un peu d'intimité ? »

« Oui mais je ne voudrais pas vous déranger. »

«Ne soyez pas stupide, je vous attendrai dehors dans ce cas. »

« Bien. »

Elphias, rassembla ses affaires puis se dirigea vers l'extérieur. Hermione était à nouveau seule avec elle-même. Elle regarda attentivement le contenu de sa fiole avant de le verser dans le récipient. Au fond une substance qui ressemblait à un nuage remuait de manière quasiment hypnotique et éclairait l'ensemble de la pièce. Elle prit ensuite son courage à deux mains- elle n'était pas Gryffondor pour rien- et plongea son visage dans les souvenirs de Madame Malfoy.

Hermione se retrouva bien vite, dans une toute autre ambiance. Comme il était étrange de se retrouver dans un souvenir, c'était comme parcourir un endroit vaporeux, tout avait l'air effaçable. Les couleurs étaient pâles comme dans une peinture à l'aquarelle.

La jeune femme se trouvait dans le parc du Manoir Malfoy, elle le savait car elle pouvait distinguer la bâtisse un peu loin dans le paysage. Hermione se rendit alors compte qu'ils possédaient une propriété impressionnante. Elle regarda un peu autour d'elle et se rendit compte qu'il s'agissait d'une fin d'après-midi et qu'un petit garçon jouait près de l'étang. Il devait certainement s'agir du dernier fils Malfoy. Elle s'approcha et vit qu'il était très petit, il ne devait pas avoir plus de cinq ans. Il était accroupi près de l'étang et caressait les cygnes qui venaient à sa rencontre. Hermione le trouvait mignon, elle lui aurait bien dit qu'il était dangereux de jouer avec les cygnes mais d'une part il ne l'aurait pas entendu et d'autre part une autre voix s'en chargea.

« Draco les cygnes pourraient te mordre, fais attention »

La brune se retourna et s'aperçut qu'il s'agissait de Narcissa Malfoy. Elle n'avait pas tellement changé, à vrai dire seules quelques marques de fatigue entachaient son visage aujourd'hui mais elle restait toujours aussi élégante.

Hermione observa Narcissa s'installer auprès de son fils dans sa robe corsetée. Elle portait évidemment des bijoux qui lui allaient à ravir. Elle respirait la richesse et la vanité. Elle caressa les cheveux de son fils, puis commença à le chatouiller quand elle s'aperçut qu'il ne l'écoutait pas.

« Il n'y a que les femmes pour apprécier les cygnes, c'est un animal d'une banalité à pleurer » déclara une voix traînante dans leur dos.

Ils retournèrent et Hermione s'aperçut qu'il s'agissait de Lucius Malfoy, sa fidèle canne entre ses doigts. Il transpirait la froideur. Etait-il né aussi coincé ?

« Draco, fais moi le plaisir d'aller apprendre tes leçons. »

« Mais... » commença-t-il à protester avant de vite se raviser. « D'accord. »

Il avait l'air de savoir qu'il n'y avait pas de discussion possible, il baissa sa tête et se précipita vers le Manoir.

Hermione regarda Narcissa se lever et se diriger à son tour vers le Manoir mais une main de poigne l'empêcha de faire un pas de plus. Lucius s'était emparé de son bras.

« Je t'interdis d'être aussi démonstrative avec lui Cissy, tu vas le rendre faible à le traiter comme un enfant. »

« C'est justement un enfant Lucius. »

Soudainement le souvenir s'estompa et Hermione se retrouva à l'intérieur dudit Manoir. Draco devait avoir environ dix ans. La famille Malfoy se trouvait dans une aile du Manoir où tous les portraits des membres de leur si illustre famille étaient affichés.

Ils se tenaient devant le portrait d'Abraxas Malfoy.

« Il s'agit de ton grand-père Draco. »

Draco observa le portrait de son aïeule, il regarda les traits glaciaux d'Abraxas, ses yeux allaient de sa moustache blonde, à son regard si semblable au sien quelques années plus tard. Abraxas avait environ une quarantaine d'année sur le portrait et apparemment il coiffait ses cheveux en arrière. Draco avait peut-être cherché à l'imiter en adoptant la même coupe de cheveux.

« Le sang des Malfoy coule dans tes veines Draco, ce qui fait de toi un être exceptionnel » affirma Lucius.

Il avança dans le couloir, Narcissa et Draco sur ses suivait, elle n'entendait pas ses pas sur le parquet et cela lui semblait toujours aussi étrange de faire partie de ses souvenirs ou en tout cas d'y assister.

« Un être exceptionnel car tu es au-dessus des autres » poursuivit-il.

« Au-dessus des autres ? »

« Tu ne le sais peut-être pas Draco mais tu es de sang-pur. Aucun membre de notre famille n'a jamais été en contact avec un moldu ou un né-moldu. Ce qui fait de nous des sang-pur. Ton sang se souillera si tu es en contact avec ce genre de personne et je veux que tu l'entendes avant d'aller à Poudlard. Quel dommage que tu n'ailles pas à Dumstrang d'ailleurs... »

Narcissa toussota et leva ses yeux au ciel.

« Nous en avons déjà parlé Lucius. »

« Oui, oui. Enfin, méfie toi Draco des gens que tu côtoies, un bon sorcier se reconnaît par ses fréquentations. »

Le souvenir se modifia à nouveau et Hermione se retrouva dans une autre aile de la bâtisse, aile bien plus austère, même si l'ensemble du Manoir pouvait être qualifié ne pouvait pas dire qu'elle trouvait cet endroit joyeux en tous les cas.

Elle entendit un bruit dans son dos et elle vit Narcissa entrer dans une piè accéléra la cadence de ses pas et se retrouva dans une sorte de cachot peu éclairé et à l'allure humide.

Hermione pénétra un peu plus dans le cachot et se retrouva face à une scène assez surréaliste. Draco était à genoux, ses bras autour de son torse, il respirait difficilement. Il releva son visage, il était tuméfié et plein de sueurs.

Narcissa fût auprès de lui en un instant et lui caressa le dos comme pour le consoler. Draco se retira vivement de son étreinte et quitta précipitamment la pièce en se tenant les côtes. Narcissa afficha un air peiné avant de se tourner vers Lucius.

«Lucius ! Tu ne peux pas faire ça ! Il faut que nous le protégeons. Nous ne sommes pas là pour le battre, enfin. »

Lucius qui tenait toujours sa baguette en main la rabaissa mais il n'avait pas l'air repentant pour autant.

« C'est ma manière de le protéger, Draco va devoir apprendre à se battre et à se défendre sinon il ne restera qu'un sorcier de pacotille » certifia-t-il.

« Car tu penses que notre fils de 13 ans est un sorcier de pacotille ? »

« Pour l'instant c'est ce qu'il est à mes yeux, en tout cas. On m'a rapporté que Draco avait été battu par Potter pendant un duel. Tu étais au courant ? De plus, si tu avais assisté au match de Quidditch que j'ai vu tu penserais la même chose. Si tu continues à te comporter avec lui, de la façon dont tu le fais, Draco n'apprendra jamais à s'endurcir. »

Le souvenir s'effaça à nouveau sur le visage interloqué de Madame Malfoy et Hermione se retrouva dans un nouveau souvenir, encore un. Elle frissonna à la vue de Voldemort tant sa présence lui paraissait réelle mais il s'agissait d'un souvenir, il n'était plus présent parmi eux. Toutefois, il paraissait si vivant, enfin aussi vivant qu'il pouvait avoir l'air.

Narcissa se trouvait dans le salon tandis que Voldemort siégeait sur un trône improvisait. Il avait un drôle de sourire sur son visage de serpent et Hermione frissonna à nouveau, c'était plus fort qu'elle.

Draco attendait à l'extérieur qu'on l'invite à rentrer.

« Mon Seigneur, je ne suis pas certaine que Draco ait les épaules pour assumer une telle responsabilité et je... »

« Tais-toi ! » lui intima-t-il. « C'est à lui d'en décider après tout » lui expliqua-t-il en caressant la peau de son immonde reptile dont il ne séparait jamais. Il invita Draco à les rejoindre d'un geste de la main et celui-ci s'avança.

« Draco... » chuchota sa mère mais il la força à se taire d'un regard.

« Et bien Draco, il semblerait que Lucius ne soit plus d'aucune utilité. C'est bien dommage. J'ai une proposition pour toi et si tu arrives à l'accomplir dans mon infinie clémence je vous accorderai la vie sauve. Est-ce que tu comprends ? »

Draco hocha la tête, sa voix avait l'air d'être coincé au fond de sa gorge.

« Approche » lui ordonna Voldemort.

« Je ne vais pas te faire de mal, tu verras ça ne durera que quelques secondes. »

Puis, il apposa sa baguette sur le bras du jeune homme qui avait relevé sa manche et Hermione ne se rappelait pas l'avoir déjà vu si pâle.

Elle commençait à se prendre au jeu même si elle considérait un peu cela comme du voyeurisme.

Et ce souvenir en particulier la conforta dans ce sentiment de malaise. Narcissa se trouvait dans sa chambre et faisait de la broderie quand un Hibou Grand Duc frappa à la fenêtre. Hermione se rapprocha tandis que la blonde retirait le courrier de la patte du hibou.

Il s'agissait d'une lettre de son fils, qu'elle décacheta au plus vite. L'impatience semblait l'avoir emportée sur elle. Elle n'avait pas du tout envie de prendre le temps d'ouvrir correctement la lettre et déchiqueta l'enveloppe.

Hermione commença à lire par dessus son épaule, pendant que le visage de Narcissa se décomposait au fur et à mesure.

« Maman,

Je n'ai pas d'autres choix que d'accomplir cette mission qui m'a été confiée. Papa n'est plus là et il ne reviendra pas de sitôt. C'est à moi aujourd'hui d'assurer ta protection. J'espère que tu comprendras que je ne peux revenir au Manoir pour les vacances. La mission est en bonne marche et je ne veux pas m'arrêter en si bon chemin. Je ne vous décevrai pas que cela soit toi ou le Seigneur des Ténèbres. Je suis honorée de reprendre la suite de Papa et je le vengerai. Je me montre aussi fort que possible.

Prends soin de toi.

Ton fils. »

Narcissa allait refermer le courrier quand Hermione vit la trace de larmes séchées sur le parchemin. Et il ne s'agissait pas de celles de la matriarche qui avait l'air plus préoccupé que jamais mais elle n'avait pas l'air de vouloir céder aux larmes cette fois.

Et cela fût le dernier des souvenirs. Hermione fût projeté en dehors de la pensine et elle eut un peu le tournis en constatant qu'elle était de retour dans le bureau d'Elphias.

Elle savait très bien ce qui s'était passé juste après ce dernier souvenir. Dumbledore avait été assassiné de la main de Rogue, Draco n'ayant pas eu assez de courage pour formuler le sortilège de mort selon Harry.

Elle ne savait que penser de tout cela, est-ce que son regard avait vraiment changé ? Certes, Draco avait évolué dans un univers où il devait être fort en toutes circonstances, et ne donc pas montrer le moindre signe de faiblesse. Il avait été élevé dans la haine et le mépris des autres, il n'avait jamais désiré être Mangemort et apparemment il ne l'avait fait que pour protéger sa famille. Elle ne pouvait certainement pas lui en vouloir pour ça.

Et Hermione pouvait dire qu'elle avait vu le changement de comportement de Draco durant leur sixième année. Il avait l'air de souffrir, il était en fait consumé par la peur. La peur d'échouer dans sa mission. En ayant vu tous ces souvenirs elle ne pouvait dire qu'il avait consciemment souhaité tout ce qui était arrivé. Hermione eut brusquement de la peine pour le blond, il était en fait un pur produit formaté.


Et bien il n'a pas traversé des moments très joyeux ce petit Draco, un peu normal vous allez me dire vu l'environnement dans lequel il a vécu.

Dans le prochain chapitre on ira du côté de Draco et on verra le verdict de l'audience.

J'ai remarqué que vous n'avez pas du tout réagit au chapitre précédent, je n'ai eu aucune review et je me demande donc si cette histoire vous intéresse toujours.

Bye,

Flow 01