Titre: Le temps de la réflexion.

Disclaimer: Cette histoire m'appartient mais les personnages et l'univers appartiennent à J.K Rowling.

Rated: M

Résumé: Passer de bourreau à victime, c'est ce que va expérimenter Draco. Hermione ne sait plus qui elle est, ni ce qu'elle souhaite. Et le sentiment de perdition de ces deux êtres va les pousser à faire des choix. Et bientôt, très bientôt, il ne sera plus question de faire cavalier seul.

Note de l'Auteure: Bonsoir, je publie assez tard ce soir car j'ai eu quelques empêchements dû aux nouvelles annonces de notre Président. De ce fait, j'ai décidé un peu en catastrophe de partir chez mon amoureux pour le confinement, trop dur de passer autant de temps sans lui... J'espère que vous allez bien tout de même et que vous profitez (pour certains) de ces derniers moments de vacances !

Un grand merci à Orlane , pour sa patience et ses conseils avisés !

On se retrouve en bas !


Le temps de la réflexion

Chapitre 8 : L'altercation

Une douce chaleur estivale pénétra dans la chambre, lorsque Ginny ouvrit énergiquement les rideaux manquant de décrocher la tringle.

« Allez Hermione debout ! Il est presque midi! »

La brune avait présentement envie de tuer son amie. Elle n'avait dormi en tout et pour tout que quatre heures. Prise d'une insomnie elle n'avait pas réussi à trouver le sommeil plus tôt et lorsqu'elle avait réellement put suivre Morphée au pays des rêves, ses cauchemars l'avaient malheureusement hanté.

Hermione se mit en position assise sur le rebord de son lit et se frotta les yeux pour chasser l'envie de se rendormir sur le champ.

« Toi, tu n'as pas beaucoup dormi, encore une fois » constata la rousse en s'asseyant à ses côtés.

Hermione hocha la tête pour confirmer et lâcha un bâillement des plus significatif.

« Je suis désolée de te réveiller ainsi mais j'ai une lettre qui devrait te faire extrêmement plaisir. »

Il n'était pas difficile de remotiver la brune, il suffisait de titiller sa curiosité et Ginny venait justement de le faire. Il n'y avait qu'un seul courrier qu'elle attendait depuis des semaines et la rousse savait très bien de quelle missive il s'agissait.

« Une chouette de l'école vient juste de nous l'amener, elle a mit sa patte sur la tartine de marmelade de Ron et au passage elle a renversé le jus de citrouille d'Harry, je crois qu'elle est aussi maladroite que ce pauvre Errol » déblatéra Ginny en sortant la lettre de sa poche.

Elle était quelque peu froissée mais ça n'avait pas d'importance il y avait bien écrit Hermione Granger sur l'enveloppe et c'était tout ce qui comptait. Ce qui attrista de suite la brune c'était de constater que l'adresse des Weasley figurait dessus et non celle de ses parents. Il est vrai qu'elle n'y était pas retournée depuis un an mais ça ne l'empêchait pas d'être peinée à ce sujet.

« Merci Ginny. As-tu reçu la tienne également ? »

« Oui, elle était avec. Harry et Ron ont reçu des lettres aussi, même s'ils ne comptent pas retourner à Poudlard. Ils comptent répondre à McGonagall dans la journée et lui faire part de leur souhait. »

« Je trouve cela vraiment stupide de leur part, ils n'ont même pas terminé leur cursus. »

Hermione n'était pas la seule à désapprouver le choix de ses amis, Madame Weasley avait été affligé par leur décision. Elle les trouvait bien imprudent d'entamer ainsi une formation d'Auror. Monsieur Weasley était quant à lui plutôt fier, au grand désespoir de sa femme.

Ainsi, ils ne retourneraient pas ensemble à Poudlard. Cette nouvelle avait aussi affecté Hermione elle ne savait pas trop comment elle allait aborder cette année sans ses compagnons à ses côtés. Ce qui la réconfortait c'était de savoir qu'il y aurait toujours Ginny et Luna avec elle . Un duo de Gryffondor et une Serdaigle, ça ne pouvait que bien se passer.

« Maman a dit qu'on ira sur le Chemin de Traverse tout à l'heure. Tu ferais mieux de t'habiller. »

« Très bien, je descends dans quelques minutes. »

La rousse lui sourit avant de s'éclipser et de la laisser seule avec le courrier sur les cuisses. Après les événements de Mai, Hermione avait passé quelques temps en Écosse à reconstruire le château. Elle n'y était pas restée bien longtemps, la main d'œuvre avait été conséquente et la magie aidant, le château fut semblable à son état d'origine en un rien de temps.

Malheureusement pour Hermione, les Elfes de maison étaient revenus y « travailler » mais c'était un autre sujet sur lequel elle comptait bien se pencher à un moment donné. La perspective de retrouver Poudlard comme elle l'avait connu la remplissait d'allégresse. Elle ne comprenait vraiment pas le choix d'Harry et Ron.

Harry avait été le premier à exprimer son désir d'entreprendre une formation intensive d'Auror. Son envie ne datait pas d'hier, bien sûr, mais Hermione avait pu constater qu'elle s'était manifestée juste après le procès des Malfoy. Il en avait fait part à Kingsley qui leur avait assuré une place pour Septembre, Hermione trouvait cela un peu scandaleux de la part du Ministre d'user de son pouvoir de cette façon mais il était persuadé que les qualités de duellistes démontrées par certains lors de la Bataille de Poudlard les exemptait du cursus habituel. Ron n'ayant jamais été particulièrement porté par les études, cela n'avait que guère étonnée la brune qu'il suive les traces du survivant.

A chaque fois qu'Hermione repensait au procès de la plus illustre famille de Sang-Pur du pays, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un sentiment de gêne. Elle se remémorait son discours en faveur de Malfoy et elle avait envie de se cacher six pieds sous terre. Elle était partagée entre un sentiment de fierté de s'être si bien exprimée et un sentiment de malaise d'avoir défendu un homme comme lui.

Il ne méritait vraiment pas toute la compassion qu'elle avait ressentie à son égard à ce moment. Surtout que Ron avait particulièrement était choqué par son intervention. Ils en avaient discuté par la suite pendant des heures. Elle avait beau lui expliquer ce qu'elle avait vu dans la pensine, il pensait dur comme fer que la brune s'était laissée manipuler.

Enfin, le verdict était maintenant prononcé et il était impossible de revenir en arrière. Malfoy n'était peut-être pas un sorcier digne de confiance mais Hermione restait persuadée que sa place n'était pas entre les murs d'Azkaban.

La Lionne s'habilla promptement après avoir consulté sa liste de fournitures. Elle était en train d'enfiler une de ses robes d'été quand des coups se firent entendre à travers la porte.

« Entrez » invita la brune en attachant la ceinture en tissus assortie.

Une tête rousse fit son apparition et Hermione constata vite qu'il s'agissait de Ron.

« Tu vois j'ai appris à frapper aux portes. »

« Je vois ça »ricana la brune.

« Maman voudrait que tu manges avant de partir » signala le plus jeune Weasley en pénétrant dans la chambre.

Hermione opina du chef mais afficha très rapidement une moue dubitative.

« Je n'ai pas vraiment faim. »

« Hermione tu n'as rien mangé depuis la veille au soir et tu vas me dire que tu n'as pas faim ? »

« Je t'assure, je mangerai bien ce soir mais pour l'instant je n'ai pas faim. »

Dos à elle, Ron accepta sans broncher son explication et la prit dans ses bras lui arrachant un rire. Il enfouit son visage dans ses cheveux et les huma avant de l'embrasser dans le cou ce qui la fit frissonner.

« Ron... Ta sœur pourrait rentrer. »

« Et quoi ? Je n'ai pas le droit d'embrasser ma petite-amie ? »

« Si, bien sûr que c'est permis. C'est même recommandé. »

Hermione se retourna lentement et plaça ses mains autour de sa nuque. Très doucement elle posa ses lèvres contre les siennes et dans une infinie tendresse il attrapa ses hanches pour la rapprocher de son corps chaud et imposant.

La brune était consciente de la nécessité de profiter de ce genre de moment car bientôt ils allaient être séparés pour plusieurs semaines. Elle ne savait même pas si la formation d'Auror leur donnait des permissions de retour au domicile pour les vacances de la Toussaint.

« Tu vas me manquer quand tu seras à Poudlard » lui chuchota le roux au creux de l'oreille.

« On s'enverra des lettres. Tu promets que tu m'écriras ? »

« Bien sûr... Allez finis de te préparer, nous aurons bien le temps de nous dire au revoir sur le quai du Poudlard Express. »

« Mais sur le quai du Poudlard Express je ne pourrais pas faire ça » l'informa-t-elle en s'emparant à nouveau de ses lèvres.

S'ensuivit des échanges de baisers plus fiévreux, leurs langues se mêlèrent au jeu dangereux qu'ils étaient tout deux en train de jouer. Leurs mains n'étaient pas en reste et se baladaient progressivement. Celles du roux glissèrent entre les bretelles de la robe et étaient occupées à caresser les épaules d'Hermione. Quant à elle, elle avait faufilé ses mains en dessous du t-shirt du roux.

Elle pouvait sentir ses abdominaux sous ses doigts, toucher la rivière de poils qui s'écoulait jusqu'à l'orée de son pantalon. Ni elle, ni Ron n'était allait plus loin que de simples caresses. Il ne s'était jamais rien passé de plus car Ron faisait toujours en sorte d'interrompre tout rapprochement trop poussé.

Et cette fois ne faisait, hélas, pas exception.

« Hermione... » chuchota-t-il, tandis qu'elle lui mordillait la peau fine du cou.

« Oui ? » murmura-t-elle suavement.

« Arrête... » lui dit-il dans une supplication.

Clairement frustrée, Hermione soupira avant de se reculer. Elle avait pris soin de ranger ses mains baladeuses derrière son dos, ses joues étaient en feu comme à chaque fois qu'elle se laissait ainsi aller.

Ron avait aussi l'air frustré qu'elle, il recula d'un pas et détourna maladroitement le regard. Hermione ignorait les raisons pour lesquelles il se comportait de cette façon mais elle ne pouvait s'empêcher de le trouver assez adorable.

« Je... Je retourne voir Harry. Il doit avoir besoin de mon aide... On se voit plus tard. »

Le roux sortit de la pièce, visiblement confus. Hermione resta encore quelques minutes le temps de reprendre ses esprits. C'était assez inédit pour elle d'être ainsi animée par ses désirs. Avant Ron, elle n'avait pas ressenti l'envie de contacts charnels, était-ce cette contradiction entre la Hermione qu'il avait toujours connue et celle qu'elle était aujourd'hui qui semblait l'effrayer ?

Hermion soupira une nouvelle fois et se décida à descendre à la cuisine. Elle n'avait pas mentit à Ron, elle n'avait pas faim. En réalité depuis quelques temps, elle ne mangeait pas par envie mais par obligation car elle savait que son corps avait besoin de nutriments pour fonctionner mais elle n'y prenait aucun plaisir.

Tout lui paraissait fade et pourtant la réputation en matière culinaire de Madame Weasley n'était plus à faire donc elle ne savait vraiment pas ce qui lui prenait. Elle pensait souvent à la chance qu'elle avait de pouvoir être entourée et de pouvoir manger, comparé à d'autres qui ne pourraient plus jamais le faire mais cela ne la réconfortait guère. Elle repensait alors à ses anciens camarades qu'elle avait vue étendus dans l'enceinte de la Grande salle et cela ne faisait que la rendre plus morose.

Elle n'osait pas en parler avec les Weasley car il venait de perdre un de leur fils, un frère. Cela aurait été malvenu de mettre sa peine en avant. Elle aurait pu en parler avec Harry, mais là encore Hermione ne se sentait pas légitime dans ses sentiments, face à son ami qui avait tant perdu.

C'est en traînant des pieds qu'Hermione arriva dans la cuisine, absolument pas prête à recevoir les remarques de Madame Weasley en pleine face. Elle aimait beaucoup la mère de famille mais parfois elle pouvait un peu manquer de tact.

« Hermione te voilà enfin ! » s'exclama-t-elle en la voyant arriver timidement vers la table à manger.

La brune salua l'assemblée composée de Monsieur Weasley qui lisait la Gazette et de Ginny qui buvait un verre d'eau. Les garçons devaient certainement être occupés à répondre à McGonagall. Et Hermione savait bien que sans son aide, ils avaient pour l'après-midi à chercher leurs mots. De plus, ils devaient encore préparer leur inscription à la formation d'Auror donc Hermione savait bien qu'ils devaient être assez occupés.

« Je t'ai préparé une assiette Hermione » lui signala Madame Weasley.

« C'est très gentil de votre part mais je n'ai pas vraiment faim. »

« L'appétit vient en mangeant » l'encouragea la patriarche en lançant quelques sorts de nettoyage.

« Molly a raison Hermione, il faut que tu avales un petit quelque chose » appuya Monsieur Weasley, ses yeux rivés sur la page des sports.

La Gryffondor voyait Ginny l'observait avec insistance et elle décida qu'il était préférable de céder et de faire honneur au plat préparer par ses hôtes. Elle n'avait aucunement envie de les vexer mais elle n'avait vraiment pas faim. Elle picora quelques haricots vert et jugea que c'était bien assez.

Madame Weasley la regarda, peu convaincue par sa prestation mais s'abstint de tout commentaire supplémentaire. Au grand soulagement d'Hermione.

« Quand partons-nous pour le Chemin de Traverse ? » demanda la brune.

« Quand tu le souhaiteras » signala Ginny.

Madame Weasley acquiesça aux dires de sa filles et elles ne tardèrent pas à se mettre en route. Elles avaient énormément de choses à acheter et cela mettait en joie Hermione qui adorait les courses de rentrée. Elle avait toujours aimé ce moment qu'elle passait habituellement avec ses parents. Ils lui manquaient très souvent mais elle savait qu'ils étaient mieux là où ils étaient sans leur sorcière de fille et le monde dangereux dans lequel elle vivait.

Les trois femmes se dirigèrent tout d'abord vers Gringotts et retirèrent des sous pour faire leurs achats. Arthur était maintenant un peu mieux placé dans la hiérarchie de son Département ce qui permettait à la famille de vivre un peu plus confortablement. Ils étaient encore loin d'être riches mais l'argent rapporté en plus par Arthur leur permettait de faire les courses de rentrée un peu plus sereinement qu'auparavant. Même si de fait il y avait moins d'enfants à scolariser cette année.

Hermione ne tarda pas à demander à se rendre chez Fleury & Bott elle avait besoin de plusieurs livres de magie avancée et Ginny également. Elles passèrent l'entrée et Hermione ressentit tout de suite un sentiment de sécurité et de bien-être, elle se sentait bien entourée de livres poussiéreux, de reliures à peine écornées et de pages pour la plupart jaunies, c'était son petite havre de paix.

Enthousiaste, elle se dirigea vers la section Métamorphose de la librairie. Elle commençait la lecture d'un grand ouvrage quand une silhouette assez longiligne attira son attention à sa gauche dans le fond de la boutique. Il portait son capuchon sur sa tête et semblait résolument décidé à ne pas lui porter attention. Il lisait également un livre, légèrement appuyé contre une étagère.

Hermione ne pouvait pas voir son visage mais elle le trouvait bien désinvolte. La jeune femme leva les yeux au ciel et poursuivit sa lecture avant de le choisir et de poursuivre sa recherche pour l'école. Une fois les emplettes faites dans chaque magasin. Les filles se dirigèrent vers la boutique de Florian Fortarôme pour un peu de repos sur la terrasse, au soleil. Hermione avait bien envie de se laisser tenter par une glace.

« Et bien on peut dire que nous avons été assez efficaces » déclara Madame Weasley en s'éventant.

Le ciel était relativement dégagé, très peu de nuages à l'horizon mais la chaleur était particulièrement accablante.

« On ira rendre visite à ton frère avant de partir Ginny. »

La benjamine des Weasley hocha vivement la tête. Malgré le décès de son jumeau, George avait tout de même souhaité reprendre son activité. Il estimait que ce n'était pas rendre hommage à Fred que de laisser la boutique en décrépitude. Chacun gérait son deuil comme il le pouvait. Pour George il s'agissait de se plonger dans le travail. Molly était assez inquiète pour lui, elle-même avait encore du mal à réaliser qu'elle n'avait plus que six enfants au lieu de sept.

Les trois femmes apprécièrent ce moment passé entre elles. Hermione commanda une glace à la menthe, Ginny un cornet au chocolat et Molly un sorbet à la fraise.

« Vas-tu continuer l'étude des Ruines cette année Hermione ? » questionna Ginny en croquant dans son cornet.

« Je pense que oui. J'ai entendu dire que Kingsley voulait rendre le cours d'étude des Moldus, obligatoire, qu'en dites-vous ? »

« Je pense que c'est une bonne chose » répondit Ginny sans hésitation. « Encore trop de sorciers ignorent ce qu'est le monde Moldus, cela permettra de peut-être changer des opinions, de diminuer des préjugés et des représentations. »

« Oui tu as sûrement raison. Et vous Madame Weasley, qu'est-ce que vous en pensez ? »

« Je partage l'avis de Ginny. Arthur m'a fait un peu découvrir le monde des Moldus mais il y a encore tant de choses que nous ne comprenons pas. »

Hermione acquiesça, songeuse.

« Tu n'as pas l'air convaincue ma chérie » constata Molly.

« Si je le suis, j'ai simplement peur que certains y voient du favoritisme et de l'incitation à découvrir un monde qui finalement n'a pas accepté les sorciers et leurs croyances. »

« On aurait tort de penser aujourd'hui que tous les Moldus sont contre les sorciers, si c'était réellement le cas il n'y aurait pas autant de Sangs-mêlés. C'est mathématique. Je ne dis pas que notre monde doit cessé d'être caché et protégé, je dis simplement que faire un pas vers l'autre, ne peut pas faire de mal » philosopha la mère de famille.

Hermione ne pouvait pas dire qu'elle n'était pas enthousiaste à l'idée que plus de familles sorcières s'intéressent à son monde d'origine. Elle espérait simplement que cela ferait réellement changer les mentalités comme le suggérait Ginny et sur ce point de vue elle restait mitigée.

« En parlant de faire un pas vers l'autre, je me demandais si ça ne serait pas intéressant de faire aussi un cours sur le monde sorcier au moins pour les premières années. Ce cours serait à destination des élèves Nés-Moldus ou Sang-Mélés qui n'avaient pas connaissance de la partie magique en eux avant leur rentrée à Poudlard. Certes, il y a les cours d'Histoire de la magie mais ça ne nous apprend pas ce que cela signifie d'être un sorcier dans la société magique aujourd'hui. »

Les deux rousses prirent le temps de la réflexion, mais un sourire s'afficha rapidement sur leurs lèvres.

« C'est réellement une idée géniale. Hermione tu devrais vraiment songer à entrer en politique au Ministère, tu révolutionnerais la société du tout au tout » déclara sa meilleure amie.

La jeune femme rougit sous les compliments. Elle n'était pas fermée à l'idée d'intégrer le Ministère par la suite mais elle voulait encore se laisser du temps quant au choix de sa carrière. Une chose était certaine, elle ne manquait pas d'idées.

Les femmes discutaient de tout et de rien quand un grand fracas venant de la ruelle attira leur attention. Par réflexe, Hermione sortit sa baguette rangée dans la ceinture de sa robe. Beaucoup de passants s'étaient amassés en cercle et des éclats de voix se faisaient entendre.

« Restez ici, je vais aller voir ce qu'il en est » s'exclama Hermione avant de se lancer dans la rue. Ginny et Molly préférèrent se mettre à l'abri à l'intérieur du glacier.

La Gryffodor s'avança un peu au pas de courses, bousculant au passage quelques badauds. Elle tenta de se rapprocher le plus possible du centre du cercle là où avait lieu le cœur de l'action. Elle ne se sentait pas l'âme d'une justicière mais sensible comme elle était, la scène à laquelle elle assista ne pouvait clairement pas la laisser de marbre.

Deux hommes s'en prenaient violemment à un autre. Il s'agissait du même homme qu'elle avait vu à Fleury & Bott un peu plus tôt, elle aurait pu en mettre sa main à couper. Ce n'était pas dans l'habitude des sorciers de se battre à la façon Moldus mais à priori, ils avaient décidé de faire la peau à cet inconnu au vue des coups qu'ils lui donnaient.

Les hommes semblaient savoir se servir de leurs poings. Ça ne devait pas être la première fois qu'ils en usaient. Il traitait notamment l'homme de voleur et ils l'accusaient d'avoir tenté de les soudoyer de leurs baguettes.

Personne ne réagissait, jusqu'à ce qu'un d'entre eux décide de lui relever son capuchon et tout le monde pu découvrir avec stupéfaction le visage de Draco Malfoy ou en tout cas ce qu'il en restait. Il était assez amoché. Son visage était rempli de sang et de contusions. Il avait l'air assez amaigri et n'avait pas pour projet de se défendre. De toute façon, à deux contre un, il ne pouvait rien faire.

« Et voilà , Mesdames et Monsieurs le visage de la honte. La honte de l'Angleterre » s'exclama un des deux homme en ricanant.

Quelle humiliation, pensa Hermione. Elle se dit que l'histoire s'arrêterait là mais le public se mit à rire à son tour et certainement galvanisés par les gloussements et railleries, les bourreaux continuèrent à frapper leur victime dans le ventre et à lui donner des coups de pieds, tandis qu'elle s'écroulait à terre.

Hermione ressentit un peu de pitié pour lui mais elle n'arrivait pas à prononcer un mot. Elle était comme figée. Et puis après tout...Pourquoi devrait-elle se soucier de lui ? Il s'était toujours fiché d'elle, de ses sentiments, de sa santé mentale. Il n'avait aucune considération pour autrui. Il y a encore peu de temps, il était à ses yeux un déchet de la société et pourtant elle ne pouvait ignorer plus longtemps la brutalité qui se déroulait face à elle. Elle ne pouvait laisser ces hommes s'acharner sur lui et c'est d'une voix qui lui sembla sortir d'outre tombe qu'elle leur hurla d'arrêter.

Le temps sembla se suspendre sur le Chemin de Traverse. Personne ne bougea, les assaillants s'arrêtèrent brusquement et scrutèrent les alentours à la recherche de la personne qui aurait bien pu les interrompre.

« Qui a parlé ?! »

Hermione ne prononça pas un mot et s'approcha en silence. Elle était à présent en colère et sans qu'elle ne réfléchisse sérieusement à son geste, elle leva sa baguette.

« Stupefix ! » s'écria-t-elle en visant l'un d'entre eux.

L'homme s'écroula au sol un peu plus loin, évanouit, et les gens se mirent à chuchoter qu'Hermione Granger était présente dans la foule mais la jeune femme n'en avait cure. Le deuxième homme prit la poudre d'escampette. Cependant, avant de s'enfuir il menaça Draco.

« Malfoy, sale Mangemort, reviens par ici et on te fera la peau ! »

Hermione lui jeta un regard noir, elle allait lancer un second sort quand elle réalisa que ce lâche était déjà bien loin. La brune accourut alors auprès de Draco qui gémissait de douleur dans son propre sang.

« Est-ce qu'il y a un Médicomage ici ? »

Personne ne semblait prêt à lui porter assistance. Pire encore, les passants détournaient le regard, certains s'en allaient. Le spectacle était terminé. Le sol était couvert d'hémoglobine par endroits. Hermione se sentait impuissante, des flashs de la guerre lui revenaient en mémoire comme pour la torturer. Tous ces corps, parfois mutilés, ces amis amochés, toutes ses connaissances mortes. Elle ne pouvait le supporter et se prit la tête entre les mains. Aussi héroïne de guerre qu'elle était, Hermione comprit bien vite que personne ne l'aiderait à secourir un ancien Mangemort comme Draco.

Et au moment où elle allait se résoudre à l'emmener par elle-même à Saint-Mangouste, elle entendit des pas sur le pavé et une voix familière l'appeler.

« Par Merlin Hermione, qu'est-ce qui s'est passé ? » lui demanda Ginny en se penchant au-dessus de la victime. « Mais c'est Draco Malfoy » constata-t-elle.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » répéta Madame Weasley.

« Je ne sais pas... » chuchota Hermione un peu paniquée.

« Venez, il ne faut pas rester là. Ginny, aide Hermione à transplaner. Je m'occupe du jeune Draco. »

Aussi rapidement que cela, Madame Weasley prit en charge les opérations et ils retournèrent au Terrier avec, en compagnie, un jeune homme qui n'aurait en temps normal, jamais mis les pieds là-bas.


Et donc c'est ainsi que Draco va se retrouver au milieu de ces petits roux qu'il déteste allègrement. On se retrouve la semaine prochaine pour avoir son ressenti ! A votre avis cela va bien se passer ? Hermione va-t-elle réussir à garder son calme ? J'espère que cette histoire vous plait toujours !

Je vous dis à la semaine prochaine et n'hésitez pas à me donner vos impressions.

Prenez soin de vous, gros bisous !

Flow 01