Titre: Le temps de la réflexion.

Disclaimer: Cette histoire m'appartient mais les personnages et l'univers appartiennent à J.K Rowling.

Rated: M

Résumé: Passer de bourreau à victime, c'est ce que va expérimenter Draco. Hermione ne sait plus qui elle est, ni ce qu'elle souhaite. Et le sentiment de perdition de ces deux êtres va les pousser à faire des choix. Et bientôt, très bientôt, il ne sera plus question de faire cavalier seul.

Note de l'Auteure: Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien en cette période de confinement. Moi tout va bien, on essaye de continuer la vie de tous les jours même si elle n'est plus tout à fait la même qu'avant. Je n'ai pas trop eu de retour sur la dernière publication. J'avoue que ça m'a un peu attristée... Enfin, je continue d'écrire et ça se passe bien donc je vous livre ce neuvième chapitre avec grand plaisir. Bonne lecture !

Encore merci à Orlane !


Le temps de la réflexion

Chapitre 9 : La protection des Weasley

Draco se réveilla dans une chambre qui lui était inconnue. Son corps tait tout endolori, comme s'il avait passé son temps à jouer au Quidditch. Des affreuses courbatures avaient pris possession de lui. Une odeur boisée envahissait ses narines et malgré la douleur qu'il pouvait ressentir, il se savait dans un endroit chaud et il reposait sur une surface douce et moelleuse.

Il tenta de se relever sur ses coudes, mais il se sentait comme groggy et il abandonna bien vite. Son visage lui faisait très mal et sa tête lui tournait alors qu'il ne s'était même pas levé du lit. Certain de ne pas réussir à faire mieux aujourd'hui-peu importe le jour que l'on était- il ferma les yeux et essaya de se rendormir.

Il ne lutta pas contre le sommeil qui l'emporta très rapidement. Il ne savait depuis combien de temps il dormait quand il entendit des éclats de voix non loin de lui. Il tenta d'ouvrir les yeux, mais il était trop las, c'était comme si un poids reposait sur sa poitrine. Il n'arrivait pas à se libérer, il était comme prisonnier. Et puis à quoi bon ? Il n'y avait rien qui l'attendait dans le monde réel. Draco sombra à nouveau dans un univers qui n'appartenait qu'à lui seul.

Après un laps de temps qui lui sembla bien court, le blond fut encore réveillé, mais cette fois, c'est une douce mélodie couplée à une caresse qui le tira de ses songes. Au prix d'un effort qui lui parut sur-humain, Draco répondit à la complainte de la voix et ouvrit les yeux. Au début, sa vision était floue et la pièce n'était que peu éclairée ce qui ne l'aidait pas à y voir plus clair. Il avait l'impression que sa mère était là et essayait de lui apporter le réconfort dont il avait tant besoin.

Il cligna plusieurs fois des yeux et quelle ne fut pas sa surprise de constater que Granger était au-dessus de lui. Sa main reposait sur son épaule et elle le regardait les sourcils froncés. Quand elle constata qu'il était belle et bien réveillé, elle s'empressa d'enlever sa main comme si elle s'était brûlée. Elle s'installa sur un siège, non loin de lui et afficha un petit sourire. Elle semblait gênée, mais Draco avait bien trop mal pour lui lancer une vanne vaseuse.

Il y avait un milliard de questions qui lui passaient par la tête et il comptait bien obtenir des informations même s'il n'était pas vraiment en état d'exiger quoi que ce soit, ni de faire pression sur qui que ce soit. Semblant comprendre son désarroi par ses yeux allant de droite à gauche, Granger prit timidement la parole.

« Tu avais l'air de faire un cauchemar » déclara-t-elle. « Tu dois souffrir atrocement, d'après Molly, tu as des côtes cassées. On a préféré ne rien tenter durant ton sommeil. »

Draco voulut parler, mais il n'arrivait qu'à émettre des quintes de toux qui lui firent encore plus mal à l'abdomen. Il en avait les larmes aux yeux. Précautionneusement, Granger lui tendit un verre d'eau, qu'il s'empressa d'attraper pour en boire tout son contenu.

« Doucement ! » le réprimanda la brune. « Tu vas finir par t'étouffer. »

Il lui jeta le regard le plus noir qu'il avait en sa possession, mais il termina tout de même son verre un peu plus calmement. Elle l'agaçait déjà et elle n'avait dit que quelques mots. C'était prodigieux l'effet qu'elle avait sur sa personne. Il tenta de se remémorer ce qui l'aurait conduit à être en sa présence, mais il n'arrivait tout simplement pas à retracer le fil des événements.

« Bien... » commença-t-il avant de se racler la gorge. « Qu'est-ce que je fais ici ? Où suis-je d'ailleurs ? »

La jeune femme se mordit la lèvre, certainement d'appréhension et Draco pressentit qu'elle allait lui révéler quelque chose qui n'allait guère lui plaire.

« Nous sommes au Terrier, chez les Weasley. »

Il ne manquait plus que ça, d'abord, il tombait nez à nez avec Granger et maintenant elle lui annonçait qu'il était détenu dans la famille sorcière la plus pauvre du Royaume-Uni.

« Ceci explique donc cette odeur de... rousseur » déclama-t-il d'un air dégoûté.

Certainement agacée par sa remarque, elle leva ses yeux au ciel et croisa ses mains sur sa poitrine. Elle garda un moment le silence et le blond en profita pour l'observer, ses cheveux étaient retenus en arrière par un élastique, il ne doutait pas qu'il allait bientôt rendre l'âme. Elle était vêtue d'un pyjama et d'une robe de chambre bleue ciel. La jeune femme avait l'air prête à filer au lit, c'est alors que Draco remarqua par les fenêtres de la chambre, la noirceur qui régnait au dehors. Il devait être une heure avancée de la nuit, pourquoi était-elle là, à le surveiller comme un chien de garde ?

« Pour ton information, les roux n'ont pas une odeur plus forte que le reste du commun des mortels » poursuivit-elle. « Tu devrais être reconnaissant qu'ils tolèrent ta présence. »

Il ricana méchamment et roula des yeux à son tour.

« A ce sujet, j'aimerais bien savoir ce qui les a poussés à se montrer si tolérant. »

Granger fronça les sourcils, elle avait l'air passablement soucieuse.

« Je... Je ne comprends pas. Tu ne te souviens de rien ? »

Draco fit signe que non de la tête. Tout ce dont il se rappelait, c'était d'être parti en quête de nourriture. Il n'avait pas plus de souvenirs. Il fallait dire que depuis le procès chaque jour ressemblait au précédent...

« Nous étions sur le Chemin de Traverse, Madame Weasley, Ginny et moi, quand j'ai entendu des hommes crier au milieu de la rue. Ils étaient deux et ils te frappaient. Ils t'ont roué de coups jusqu'à ce que tu en perdes connaissance et je suis venue à ta rescousse. J'en ai stupéfié un, mais l'autre a pris la fuite. Ils étaient vraiment lâches, deux contre un... » finit-elle en un reniflement dédaigneux.

C'était donc cela. Il s'était fait battre par deux abrutis et en plus, d'après Granger, à la manière Moldus. Il essayait de rassembler ses souvenirs de cette journée et soudain la raison de cette esclandre lui revint clairement. Il avait honte de son geste et encore plus honte de devoir encore sa vie à cette foutue rat de bibliothèque.

« Et je suppose que tu as pris ton pied en me voyant en si mauvaise posture » cracha le blond à présent en colère.

« Non, bien sûr que non... » répondit-elle surprise. « Que voulais-tu que je fasse ? Je n'allais pas te laisser pour mort tout de même, c'était logique de... »

« Peut-être que tu aurais dû, je ne t'avais rien demandé après tout ! La gentille Granger, toujours prête à se jeter dans n'importe quelle cause perdue ! Ça fait combien de temps au juste que je suis ici ? » aboya-t-il.

Draco était furieux et il avait bien l'intention de montrer son ressentiment, ça tombait bien que sa pire ennemie soit dans cette pièce.

« Trois jours » dévoila-t-elle sans réagir à ses piques. « Il faudrait que tu manges d'ailleurs. »

Sur ces paroles, elle se dirigea vers un coin de la pièce et s'approcha du lit, un plateau repas entre les bras. Draco n'avait qu'une envie, envoyer valser le plateau et elle avec, mais voilà, la réalité était là. En effet, en dehors de son séjour chez les Weasley, cela faisait presque une semaine qu'il n'avait pas mangé et la faim commençait à lui creuser douloureusement l'estomac.

Estomac, qui se rappela à lui de manière sonore dès que son sens de l'odorat eut capté les effluves de la soupe au potiron rapportée par Granger. Elle l'aida à se positionner un peu plus confortablement et déposa le plateau sur ses cuisses. Il râla tout du long, mais elle ne se démonta pas.

« Qui me dit que ce n'est pas empoissonné ? » questionna-t-il en scrutant le plateau remplit de vivres en tout genre, de la poire aux petits croûtons à mettre dans sa soupe.

Granger se mit à rire franchement, pourquoi riait-elle ? Il y avait des chances qu'au moins un membre de la famille tente de l'empoisonner. C'était mathématique, il n'était pas chez des gens qui lui voulaient du bien.

« Pourquoi voudrait-on t'empoisonner, dis moi ? » répondit-elle malgré tout, il ne fallait pas alimenter plus son côté paranoïaque. « Nous n'aurions aucun intérêt à te tuer. Sinon, nous t'aurions laissé à ton triste sort. »

Il est vrai qu'elle marquait un point, si vraiment ils voulaient le voir rejoindre ses ancêtres, Granger n'aurait eu qu'à le laisser se faire battre jusqu'à ce qu'il tombe raide mort au milieu du Chemin de Traverse.

« Tu marques un point » capitula-t-il en grognant avant de se saisir de la cuillère. « Néanmoins, les Weasley sont tellement pauvres qu'ils veulent peut-être conserver mon corps pour le manger plus tard. »

Elle leva à nouveau les yeux au ciel sans pouvoir s'en empêcher, certes le cannibalisme n'était pas très répandu dans la communauté sorcière, mais c'était tout de même une chose qui existait. Il avait bien le droit de se méfier. Elle finit par lui sourire pour l'encourager à se nourrir et finalement il ne se fit pas prier plus longtemps, il avait trop faim. Cependant, c'est en portant la première bouchée qu'il se rendit compte qu'il avait mal à sa langue.

« Tu as dû te la mordre lors de la bagarre, ça sera désagréable encore pour un moment et ça disparaîtra » lui expliqua la brune.

Oui, et bien en attendant, il ne profitait pas vraiment de ce premier repas depuis ce qui lui semblait être un siècle. Las de souffrir à chaque fois qu'il mangeait, il abandonna une fois la moitié du bol avalé.

« C'est déjà ça » jugea la jeune femme en débarrassant son plateau. « Bon, je vais te laisser maintenant... »

« NON ! » lui cria-t-il avant de se reprendre mal à l'aise. « J'aimerais... Prendre une douche, si possible. »

Il lui avait fait peur en criant et elle avait sursauté manquant de faire tomber les victuailles du plateau.

«Oui, c'est possible. Attends une minute, je reviens. »

Où voulait-elle qu'il aille en même temps ? Elle s'éclipsa à l'extérieur de la chambre et réapparut quelques minutes plus tard des serviettes et des vêtements propres dans les bras.

« A qui sont ces vêtements? Où sont les miens d'ailleurs ? » demanda-t-il en réalisant enfin qu'il n'était habillé que d'une simple chemise de nuit.

« A George, ce sont des vêtements qu'il a laissé en cas de visites à l'improviste. La salle d'eau est au bout du couloir, tu ne peux pas te tromper. »

Elle déposa tout le nécessaire au pied du lit et s'en retourna vers la porte.

« Bonne nuit » lui souhaita-t-elle avant de franchir la sortie.

Draco se retrouva seul en un rien de temps. Pris d'un élan de fureur, il envoya balader l'oreiller derrière lui à l'autre bout de la pièce. Il n'arrêtait pas de se demander comment il faisait pour toujours se retrouver dans des situations aussi merdiques.

Il tentait de se raisonner en se disant qu'il y avait bien pire, mais en voyant le modeste mobilier et le plancher craquant, il devait se rendre à l'évidence, il était bien coincé dans un univers parallèle. Enfin, au moins il n'était plus à la rue.

Une fois ses esprits repris, il s'extirpa lentement du lit et il prit les affaires ramenées par Granger. A pas de loup, il quitta la pièce où il résidait pour se diriger vers le fond du couloir. La maison était silencieuse et il se demandait toujours quelle heure il pouvait être.

La salle d'eau était plus que sommaire, mais au moins elle avait tout ce qu'il fallait pour qu'il puisse un minimum se détartrer la peau. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas pris une bonne douche. Il actionna le jet d'eau chaude et laissa couler l'eau. Il enleva la chemise de nuit et se contempla dans le miroir. Il hoqueta de surprise en voyant son reflet.

Il avait des bleus et des contusions sur quasiment tout son visage. Un de ses yeux était injecté de sang, sa lèvre était fendue, sa pommette tuméfiée, son arcade ouverte était recouverte d'une croûte, signe qu'elle commençait à cicatriser.

Le reste de son corps n'était guère mieux et il était maigre, non pas qu'il était de nature bien gras, mais il avait encore plus maigri. Ses os ressortaient dans son dos, ses clavicules étaient également visibles ainsi que ses côtes, qu'il savait cassées grâce à Granger. Draco ne ressemblait plus qu'à l'ombre de lui-même et il en était bien conscient.

Peu à peu, de la buée se créa sur la vitre et il détourna son regard pour se mettre sous le jet d'eau. Il avait envie que l'eau le protège et en même temps le lave de tous ses malheurs. Il aurait bien aimé se laisser aller aux larmes, mais il était tellement mal physiquement que les forces semblaient lui manquer. Il finit par s'appuyer sur le mur de peur de chuter, des vertiges lui vinrent régulièrement, ainsi après s'être savonné et rincé, il prit la décision de couper court à sa séance de nettoyage.

Il se sentait déjà un peu mieux, plus propre. Il s'empara d'une serviette s'enroula avec et se frictionna les cheveux avec l'autre. Il regagna sa chambre avec la même chemise de nuit- humiliation- et se positionna à nouveau sous les couvertures.

Il faisait une chaleur à crever et Draco se demandait si sa mère avait aussi chaud. Suite au procès le plus médiatique de Grande-Bretagne, elle avait pris la décision de s'éloigner des journalistes et de leur soif de scoop. En France, elle savait qu'elle serait plus tranquille chez une cousine éloignée. Bien entendu, elle avait supplié Draco de l'accompagner, mais le jeune homme avait refusé en lui rappelant qu'il ne pouvait quitter le territoire. De plus, il n'avait aucune envie de se terrer encore une fois, alors il avait opté pour la vie de bohème. Il avait loué une chambre au Chaudron Baveur, mais très vite, il n'avait plus eu une seule Mornille.

Il avait passé une nuit dehors, terrassé par la peur, il n'avait pas trouvé le sommeil. Le matin même, il ne voulait qu'une chose : se procurer une baguette. Il savait bien qu'il n'avait pas le droit de faire de la magie. Il était conscient des risques qu'il prenait, mais c'était plus fort que lui, Draco était persuadé que tous ses soucis prendraient fin une fois le précieux objet entre ses doigts.

Il s'était rendu au Chaudron Baveur. Arrivé au bar, il avait bien vite repéré ses cibles. C'était bien trop facile. L'un était déjà éméché et l'autre n'était pas en meilleur état. Il profita d'un moment d'inattention pour s'emparer d'une baguette qui dépassait du pantalon d'un des hommes. Hélas, bien que loin d'être sobres, ils n'avaient pas perdu de leurs réflexes et s'aperçurent rapidement du larcin. Draco avait couru aussi vite que possible, mais rendu faible par sa condition physique médiocre, il se fit rapidement distancié et s'en suivit la scène à laquelle Granger avait assisté.

C'est vrai, parfois il regrettait de ne pas être auprès de sa mère. Si elle savait ce qui lui était arrivé, elle ne s'en remettrait pas. Déjà dans ses lettres, Draco sentait son angoisse de mère poule. Il aurait voulu tout lui raconter, mais le jeune homme estimait qu'elle avait bien le droit de refaire sa vie et de penser à des choses plus positives. Il aurait tout donné pour elle, y compris sa propre vie. C'était encore la personne qui comptait le plus pour lui.

Il n'avait plus eu de nouvelles de son père depuis son emprisonnement. Il ne cherchait pas à en avoir non plus. Il serait mentir que de dire qu'ils étaient en excellent terme et il n'avait pas envie de correspondre avec lui juste par simple politesse. Draco pouvait se montrer fourbe et pernicieux, peut-être parfois hypocrite dans ses relations, mais avec son père, il n'avait pas envie de faire semblant, de jouer au fils prodige et de lui donner l'occasion de se racheter.

Il lui en voulait encore terriblement de l'avoir ainsi manipulé toutes ces années et de s'être lui-même laissé embobiner par les dires d'un homme, certes puissant mais surtout dangereux pour leur famille et le monde sorcier. Il lui en voulait d'avoir terni un peu plus leur réputation et de les obliger à vivre de cette façon.

Draco espérait au fond de lui qu'il resterait à Azkaban pour toujours, qu'il reste loin d'eux et qu'il apprenne de ses erreurs passées.

Tranquillement mais sûrement, et malgré ses côtes qui le faisaient atrocement souffrir, Draco se mit à observer la nouvelle chambre qu'on lui avait semble-t-il attribuée. Les murs étaient d'une couleur criarde, des posters trônaient un peu partout, une vieille armoire et également quelques objets dont il n'avait aucune idée de leur utilité.

Il espérait vraiment être dans un cauchemar ou mort, l'idée d'être redevable à Granger était une chose, mais alors être redevable à la famille Weasley toute entière, il ne pouvait le supporter. En grimaçant une fois de plus à cette idée, il raviva sa douleur à la lèvre et décida de se rendormir une bonne fois pour toute.

Il fut réveillé par des voix s'élevant, lui semblait-il, du rez-de-chaussée. On aurait dit que les murs étaient faits en carton dans cette maison. Il allait sans dire que les Weasley ne pouvait guère s'offrir plus que cela. Il avait à peine ouvert les yeux qu'un autre éclat de voix résonna. Sa curiosité soudainement ravivée Draco sortit du lit en se tenant les côtes qui étaient toujours aussi douloureuses. L'édredon tomba au passage et il se faufila dans le couloir pour mieux distinguer les voix.

Arrivé en haut de l'escalier, il entendait plus distinctement une femme qui paraissait enguirlander quelqu'un de façon virulente.

« Je ne peux pas croire que tu sois si égoïste ! »

« Moi, je suis égoïste ?! Vous nous l'imposez comme si c'était Merlin en personne et je dois rien dire ?! »

« Je ne t'ai pas élevé ainsi Ronald Bilius Weasley ! Je t'ai juste fait remarquer qu'il serait bon de lui laisser un peu de porridge, ce n'est pas compliqué tout de même ! »

« Mais je suis encore chez moi à ce que je sache ! Je mangerai autant de porridge que je veux ! »

« C'est moi qui le fait ce porridge à ce que je sache et j'en fais profiter qui je veux. »

« Papa, tu ne vas donc rien dire et laisser ce sale Mangemort dormir sous ton toit et manger ta nourriture ?! »

Les cris se firent entendre davantage et un brouhaha inintelligible résonna entre les murs. Draco, les sourcils froncés, se tenait à la rambarde de l'escalier et essayait d'analyser la situation. Ce qui ne fut pas bien compliqué à faire.

Il semblerait que la belette ne voulait plus de lui dans les parages et bien soit. Qu'il en soit ainsi. De toute façon, il n'avait aucunement l'intention de passer le reste de ses jours ici. Rien que de savoir qu'il avait en quelque sorte une dette envers les Weasley et Granger, il en était malade.

Tandis que les cris continuaient, il entendit une porte claquer violemment et puis les éclats de voix s'estompèrent petit à petit. Il avait hâte de partir et cela au plus vite.

Draco retourna dans la chambre dans laquelle il retrouva ses vêtements et il se hâta de les enfiler, ou en tout cas, il fit du mieux qu'il pouvait pour les mettre le plus rapidement possible. Il se rendit alors compte qu'ils avaient été réparés et nettoyés.

Il n'était que plus dégouté par ce constat. Comment ces gens pouvaient-ils être si... Naïfs. Il aurait très bien pu mettre leur demeure à feu et à sang, ils n'avaient aucune raison de lui accorder leur confiance. Tête baissée, la rage montait en lui au fur et mesure de ses réalisations. Il bouillonnait, il exultait. Il sentait la fièvre l'envahir, le consumer. Il débordait. Il se contenait. Et finalement, il se sentit tomber à terre.

Draco se réveilla, le cœur au bord des lèvres et son cerveau semblait vouloir s'échapper de sa boîte crânienne. Il n'avait jamais eu aussi mal de sa vie, même quand ce saleté de poulet de Buck lui avait littéralement arraché le bras, il n'avait pas eu aussi mal.

Il sentait un linge humide reposer sur son front et il ouvrit lentement les yeux. Il était certainement dans un cauchemar, car il reconnut instantanément la chambre qu'il souhaitait quitter à l'origine. Ce n'était pas réel. Il voulut fermer à nouveau les yeux mais une voix l'en empêcha.

« Tu as enfin repris tes esprits mon garçon, tu nous as fait peur. »

La matriarche de la famille Weasley rangeait des vêtements propres dans l'armoire tout en lui tournant le dos. Elle s'arrêta soudainement et fit un geste du poignet avec sa baguette pour que le reste se range seul. Elle fit demi-tour par la suite et se rapprocha du lit.

« Je ne sais pas ce que tu essayais de faire, mais ça t'as valu un bon malaise, si j'étais toi je resterais sagement au lit » le réprimanda-t-elle les mains sur les hanches.

« Vous... Vous n'êtes pas moi » articula difficilement Draco.

« Ça c'est sûr mon garçon, déjà parce que je suis une sorcière et deuxièmement parce que je ne traîne certainement pas dans des affaires aussi louches que les tiennes. »

Draco fronça les sourcils à sa remarque et il n'eut que plus mal à la tête, alors il s'arrêta bien vite.

« Qu'est-ce... Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Tu as fait une poussée de fièvre, je pense que c'est dû à tes blessures qui ne sont pas encore cicatrisées, il faut que tu penses bien à prendre les potions que j'ai laissé sur la table de nuit. »

Il se contenta de tourner la tête pour signifier qu'il voulait mettre un terme à cette conversation.

« Je suppose que tu dois être fatigué, prends la potion de sommeil sans rêves. »

« Je ne veux pas de cette potion, quand elles sont mal réalisées on fait encore plus de cauchemars. »

« Elle ne peut pas être mal réalisée » lui expliqua la mère de famille.

« Pourquoi cela ? »

« Pour une simple et bonne raison » commença-t-elle en se dirigeant vers la porte d'entrée. « Cette potion a été faite par Hermione Granger. »

Et elle s'en alla, apparemment très fière de sa tirade. Il manquait plus que Granger se prenne pour une folle des chaudrons. Dans un autre temps, il aurait fait lui-même ses propres potions. Il se sentait séquestré à présent, sa vie lui échappait totalement.

Draco passa le reste de son séjour chez les Weasley, principalement dans la chambre, ne sortant que pour prendre une douche, une fois tout le monde endormi. Il n'avait aucune envie de tomber sur un membre de la famille.

Il communiquait essentiellement avec la mère Weasley ou avec Granger. Enfin, communiquer était un grand mot, il ne faisait aucun effort pour entretenir une conversation préférant répondre par oui ou par non et parfois il lui arrivait de ne pas répondre du tout.

Il sentait les forces lui revenir petit à petit, il allait bientôt pouvoir quitter ces gens et il espérait ne plus avoir à faire à eux. Il savait la rentrée à Poudlard se rapprocher et il était à la fois heureux et triste. Heureux, car il allait pouvoir être nourri et logé à l'œil et triste, car il n'avait plus vu le château depuis de nombreuses semaines, depuis les événements tragiques de Mai en l'occurrence.

L'ancien Serpentard ne pouvait plus nier son impatience à l'idée de pouvoir quitter les lieux et c'est ainsi qu'il prit la direction de la porte de sortie en pleine nuit. Il espérait ne pas se faire repérer de cette façon et ne devoir ni dire au revoir, ni remercier qui que ce soit.

Il était proche de la porte d'entrée quand il entendit une chaise se racler dans l'obscurité de la cuisine, celle-ci était uniquement éclairée par la lumière de la lune, et c'est pour cette raison qu'il n'avait pas vu la personne qui se cachait dans le noir.

D'un mouvement de baguette, elle alluma les lumières de la cuisine et Draco réalisa que c'était Potter qui se dissimulait des regards trop curieux. Il avait l'air d'être fatigué, comme si il ne dormait pas vraiment depuis plusieurs jours.

La main encore posée sur la poignée, Draco regardait effrontément le Survivant, il le défiait de lui interdire de sortir. Il s'attendait vraiment à ce qu'il le fasse quand finalement il remit ses lunettes sur son nez, lunettes qu'il avait posé sur la table, et lui pointa une théière du doigt.

« Du thé peut-être ? » lui proposa-t-il.

« Non merci Potter, j'ai de la route, tu comprends. »

« Et tu comptes aller à Londres sans un sous en poche ? »

« Qui te dit que je n'ai aucun sous en poche ? »

Il n'avait vraiment aucune mornille sur lui, mais il ne comptait pas baisser sa garde devant lui. Il avait assez donné. Il préféra donc bluffer.

Potter lâcha un soupir et se frotta les paupières par dessous ses verres.

« Je ne dors pas beaucoup » commença-t-il. « Je pense que j'ai pris l'habitude depuis le temps. Je n'ai certes plus les visions de Voldemort pour me perturber l'esprit, mais j'ai toujours mes propres cauchemars pour venir me hanter. Et toi aussi Malfoy tu as des démons qui viennent te hanter ? »

Il lui demandait cela le plus innocemment du monde, c'en était hallucinant. Draco resserra sa prise autour de la poignée, si bien que ses jointures devinrent blanches.

« Je ne vois pas en quoi cela te regarde » lui répondit le blond la mâchoire serrée.

« Je sais ce que tu traverses... »

« Tu n'en aucune idée ! »

« Tu ne vas pas laisser tes à priori de petit sang pur prétentieux prendre le dessus. Ces gens sont là pour t'aider, laisse les faire. »

« Je n'ai pas besoin de votre pitié, je sais prendre soin de moi tout seul. »

« Oui, et on peut dire que jusqu'à maintenant cela t'a réussi. »

Il s'affrontèrent pendant un petit moment du regard quand des pas se firent distinctement entendre dans les escaliers. Granger fit alors son apparition dans l'étrange pièce de théâtre qui se jouait. Elle portait un gilet et un pantalon de pyjamas avec des chaussons.

« Qu'est-ce que vous faites là ? » leur demanda-t-elle en analysant la scène.

Draco avait toujours sa main sur la porte, prêt à partir à tout moment, Harry la regardait l'air de dire que la situation lui échappait.

« Et toi Granger qu'est-ce que tu fous là ? C'est la réunion des insomniaques dans cette maison ou quoi ? »

Granger baissa la tête, elle semblait embarrassée, limite mal à l'aise. Potter la regarda suspicieusement, mais n'ajouta rien.

« Vous allez pas me retenir indéfiniment de toute façon » leur fit remarquer le blond.

« On ne compte pas te retenir indéfiniment, tu es libre de partir quand tu veux » lui expliqua Potter d'un regard narquois.

« Je n'en ai pas l'impression... »

« Je te faisais juste remarquer que tu n'avais pas un sous en poche pour aller à Londres, de plus tu ne peux pas transplaner et de toute façon pour aller où. Je ne veux pas parler au nom des Weasley, mais j'en sais assez sur eux pour savoir qu'ils ont le cœur sur la main, tu aurais tort de ne pas profiter de la situation si tu veux mon avis. »

Sur ces paroles, Potter se leva, et regagna l'étage, sans un regard de plus pour son ennemi d'antan. Granger l'observait, elle avait l'air d'attendre sa décision. Elle ne se fit pas attendre bien longtemps, car Draco finit par relâcher violemment la poignée. Il fusilla Granger du regard avant de la bousculer au passage et de remonter quatre à quatre les escaliers jusqu'à la chambre. Maudit Potter.

Il se consolait intérieurement en se disant qu'il n'y avait plus pour longtemps avant de retrouver l'Écosse, Poudlard et la magie.


Bientôt le retour à Poudlard et des nouveaux événements vont avoir lieu. Impatient ?

N'hésitez pas à me laisser une petite trace de votre passage, ça fait toujours super plaisir. Puis, je sais que je ne suis pas la plus prolifique sur FF mais je suis là et c'est vous qui me faites tenir.

Bisous à vous !

Flow 01