Bavardages de l'auteure : En grosse fujo que je suis, j'ai passé la nuit sur Insta à baver sur des fanarts Kiribaku et à lire des crack jokes sur MHA. Ça a bien trigger mon inspiration, du coup cette fiction risque d'avancer bien plus vite que prévu !


Bromance ? – Chapitre 2


Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Il s'était agité, avait cogné son oreiller, s'était roulé de tous les côtés et malgré la fatigue, impossible de dormir. Bakugo avait besoin de ses heures de sommeil pour être performant, il avait un programme, il était réglé comme une horloge, pas moyen de devenir numéro un quand on faisait n'importe quoi avec son corps.

« Ça me dérangerait pas de sortir avec toi… »

À chaque fois qu'il allait s'endormir, la phrase résonnait dans sa tête et ses envies de meurtre le maintenaient éveillé. Il avait envie de défoncer la porte de Kirishima pour lui exploser la gueule. Il consulta l'heure sur son téléphone et l'écran se déverrouilla sur le « Bonne nuit, fais de beaux rêves » que lui envoyait tous les soirs la tête d'ortie et auquel il ne répondait jamais.

– Bordel de merde, jura-t-il en rougissant.

Il referma la conversation et fixa avec mauvaise humeur l'horloge comme si elle pouvait changer ce qu'elle indiquait sous l'insistance carnassière de son regard et il se leva. Puisque c'était foutu pour lui, autant faire quelque chose de son temps. En quittant sa chambre, il passa devant la porte de la source de ses tourments et lutta très fort pour ne pas faire un boucan d'enfer pour le réveiller. Comme ça, gratuitement, juste pour le plaisir de ne pas être le seul con à ne pas dormir. Mais il n'avait pas envie de voir sa petite tête pleine de sommeil et son sourire béat quand il le verrait. Il passa son chemin et prit la direction du réfectoire.

– T'es tombé du lit ? demanda Shoto après avoir enfourné une bouchée de nouilles soba.

Comment pouvait-il manger des trucs pareils de bon matin ? Les protéines, y'avait que ça de vrai…

– Ta gueule, double face ! rétorqua-t-il.

Mais il s'installa néanmoins à la même table, il n'y avait qu'eux dans le réfectoire donc aucun témoin et puis, ils allaient au même endroit après tout…

– T'es troublé par ce qu'a dit Denki hier ?

Bakugo ressentit un choc intérieur puissant : depuis quand le roi des déductions pourries arrivait à la bonne conclusion ? Mais Todoroki reprit :

– Moi aussi ça me vexerait qu'on lise des intentions romantiques dans une simple amitié…

Ce gars allait mourir puceau…

– Vraiment, la ferme ! grogna Bakugo.

Shoto le fixa avec un mélange d'agacement et de mépris.

– Quoi ? Si t'as un truc à me dire, dis-le en face ! s'embrasa Katsuki.

Todoroki soupira, puisqu'il le lui demandait…

– T'es imblairable, vraiment, et les gens qui sont dans cette école sont du genre à mourir pour venir en aide aux civils… Alors si Kirishima t'apprécies à ce point, épouse-le, parce que je vois vraiment pas qui d'autre pourra te supporter.

Le sang monta à la tête de Bakugo, il allait le buter ! Il se leva pour lui exploser la tronche quand All Might entra dans la cantine.

– Bien le bonjour, les garçons ! Vous êtes bien matinaux ! fit-il avec bonne humeur. Prêts pour le cours de rattrapage du permis provisoire ?

Ils étaient motivés, c'était certain. Rien n'énervait plus Bakugo que d'être à la traîne ! La pensée que le nerd avait eu son permis provisoire avant lui lui fit exploser sa brique de lait.

– Putain !

Et maintenant il allait devoir nettoyer son merdier ! Mais au moins, pendant trois secondes, il n'avait pas pensé à Kirishima.


Le vent soufflait fort dans la vie d'Eijiro, il lui passait souvent sous le nez et faisait claquer les portes.

– Bakubro, je t'ai photocopié les cours ! s'exclama-t-il tout sourire.

Il n'avait pas vu Katsuki de la journée et sa tête d'énervé lui avait manquée. Bakugo se sembla pas partager la joie de le retrouver. Il lui arracha les feuilles des mains et traça. Malgré le petit craquement que faisait les brisures de son cœur dans sa poitrine, Kirishima sourit. Il était endurant, il laisserait son bro traiter les infos et il reviendrait vers lui plus tard. Il passa la fin d'après-midi dans la salle commune avec le reste de la classe à rire et à discuter.

– Katchan fait la gueule ? demanda Izuku.

– Parce que tu arrives à voir la différence avec d'habitude ? rétorqua Denki.

Midoriya sortit de sa poche l'un de ses calepins. Il avait carrément créé une échelle de la mauvaise humeur de Bakugo. Todoroki posa une main compatissante sur l'épaule d'Izuku. Dire qu'il avait connu et supporté cet énergumène toute sa vie ! Il avait l'étoffe d'un vrai héros !

– Ça lui passera ! fit Kirishima avec optimisme.

Il commençait à avoir faim, alors il se leva et alla toquer à la porte de la chambre de Bakugo. Ça le stressait un peu d'être là à attendre dans le couloir vide. Son cœur battait incroyablement vite dans sa poitrine et il jura qu'il s'était arrêté totalement quand il entendit le cliquetis de la poignée. Il maîtrisa toutefois sa nervosité et se plâtra un sourire sur la figure.

– Katsuki, on mange ensemble ?

La porte se referma brutalement devant son visage dans un claquement sonore. Il resta con quelques secondes, le temps de traiter la situation.

– Katsuki ! Ça va ?

– Barre-toi ! J'ai pas envie de voir ta gueule, là maintenant ! hurla la bombe humaine depuis l'autre côté du battant.

Kirishima soupira, abattu mais rien dans sa voix ne trahit la douleur qu'il éprouvait à cet instant de s'être fait rejeté.

– D'accord, on se verra plus tard alors !

Et il redescendit et dîna avec les autres membres de la classe. Il fit de son mieux pour ne pas montrer que la seule chose qu'il avait dans la tête, en tache de fond, c'était les mots durs de Katsuki qui tournaient en boucle.

– T'as pas faim ? s'inquiéta Hanta.

– Hein ? Non, ça va…

Il prit une bouchée de riz et ça avait le goût du carton. Lunch Rush avait raté la cuisson ou quoi ? Kirishima dut se rendre à l'évidence.

– Je crois que je me suis pris un râteau…


La vérité c'était que Bakugo n'avait pas envie que Kirishima voit sa gueule. Parce que lui avait vu la tronche qu'il tirait et il s'était fait pitié ! Qu'est-ce qu'il avait à rougir tout le temps quand l'autre était dans les parages ? S'il apparaissait publiquement avec lui, tout le monde allait cramer que Red Riot ne le laissait pas indifférent et s'il entendait la moindre moquerie, il allait réduire le lycée en cendres ! Ça lui mettait les nerfs en pelote qu'un imbécile heureux amateur de crocs soit capable de le foutre dans des états pareils ! Son ventre gargouilla. S'il ne descendait pas rapidement, la cantine allait fermer pour ce soir et il devrait attendre le lendemain pour se nourrir.

Il se reprit. Il fallait être le dernier des lâches pour renoncer à bouffer parce qu'il ne voulait pas croiser son pote qui lui avait fait une décla cheloue. Il se prépara à sortir quand il entendit des bruits de pas dans le couloir. Il se figea. On frappa à sa porte. Il avait déjà éteint la lumière, s'il ne faisait pas de bruit, il pourrait dire qu'il dormait et qu'il n'avait rien entendu. Kirishima le prenait déjà pour une mamie, il ne s'étonnerait pas qu'il dorme à vingt-heures. Il retint son souffle.

– Peut-être que tu dors… mais au cas où… Je sais que tu n'es pas descendu manger, alors je t'ai apporté des trucs, dit Kirishima derrière la porte. Je te les laisse-là.

Il déposa le plateau par terre avant de lancer avec douceur :

– Bonne nuit, fais de beaux rêves…

Bakugo crut qu'il avait perdu le contrôle de son alter parce que son cœur venait juste d'exploser. Il ne reprit son souffle que lorsqu'il entendit la porte de Kirishima se refermer.


Eijiro sentit un picotement au niveau des paupières. Il avait l'impression d'avoir une pierre sur le cœur. Qu'est-ce qui lui avait pris d'ouvrir sa bouche ? Il se reprit, se mit deux claques et raffermit sa détermination. Il mobilisa les paroles de Crimson Riot. Même s'il avait peur de perdre Katsuki, il donnerait tout ce qu'il avait pour ne pas que ça arrive. Les regrets étaient inutiles. Il lui avait fait une déclaration et s'était fait jeter mais cela ne voulait pas dire que leur amitié était morte. Il prit son courage à deux mains et envoya un message à Katsuki.


De : Tête d'ortie

Si tu ne veux plus me parler à cause de ma décla pourrie, on oublie tout !

Mon bro me manque.

– Fils de pute ! jura Katsuki en jetant son téléphone contre le mur.