LE soir même, Hinata n'arrivait pas à dormir. Elle avait beau se retourner dans son lit, cherchant une position confortable, elle ne trouvait pas le sommeil.

Ses bleus lui faisaient encore mal. Dès qu'elle fermait les yeux, elle revoyait les pages de ses livres défiler. Son esprit repassait en boucle les séances d'entraînements dans son esprit.

Elle devait se rendre à l'évidence, elle était complètement stressée pour demain. Elle posa les pieds par terre avant de s'enrouler dans sa robe de chambre, ouvrit la porte puis la referma doucement pour ne pas réveiller Hanabi et Neji.

Elle prit la direction des toilettes, soulagea sa vessie avant de se laver les mains. Regardant son reflet dans le miroir, elle se convainquit qu'elle devait absolument dormir sinon demain n'allait servir à rien. Elle éteignit la lumière puis, à petit pas, retourna dans leur chambre.

Soudain, dès qu'elle eut refermé la porte de la chambre toujours silencieusement, un bruit d'explosion retentit, la maison se mit à trembler avant de s'arrêter brusquement. Qu'est-ce que ça pouvait être ? Hinata tourna la tête vers Neji, le garçon dormait toujours. Hanabi se retourna dans son lit. Avait-elle rêver ?

-Hinata...

-Hanabi, chuchota-t-elle.

Mais une horrible odeur de plastique brûlé arriva jusqu'aux narines d'Hinata. Affolée, elle remarqua de la fumée entre ses jambes qui s'infiltrait sous la porte de la chambre. Elle plaqua ses mains contre sa bouche et son nez avant de courir vers le lit de son cousin.

-Neji ! Réveilles-toi.

Le jeune garçon frotta ses yeux avant de grogner de mécontentement. Il s'apprêtait à protester mais il sentit à son tour l'odeur de brûlé. Il se leva dans son lit.

-Vite, Hinata ! La fenêtre.

La petite courut ouvrir la fenêtre pour laisser de l'air pur entrer. Neji déchira son drap en trois morceaux avant d'en plaquer un contre son nez. Il s'approcha d'Hanabi qui le regardait avec de grands yeux.

-Tiens !

Il plaqua le deuxième morceau de tissu sur le visage de sa petite cousine.

-Tu le gardes plaqué contre ton nez, ok ?

La plus jeune hocha la tête, les larmes aux yeux. Il lui prit la main avant de rejoindre Hinata, près de la fenêtre. Il lui tendit le troisième morceau de tissu qu'elle plaqua rapidement contre son nez et sa bouche. Ils s'assirent sous la fenêtre, essayant de ne pas céder à la panique.

"Quelqu'un va venir nous chercher. C'est obligé." pensa Hinata.

Malgré tout, elle était terrifiée. Elle attrapa la main de Neji avant de se serrer contre lui. Elle leva les yeux vers lui mais son regard ne défaillait pas, il fixait la porte, prêt à les faire sauter par la fenêtre s'il fallait.

-D'après toi, qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle pour ne pas perdre connaissance à cause de la chaleur.

-J'en sais rien, mais quoi qu'il arrive, je vous protégerai.

-Moi aussi, Neji. Moi aussi, je vous protégerai. Tu peux compter sur moi.

Soudain, la porte s'ouvrit avec fracas, laissant passer plus de fumée noire et épaisse. Les enfants protégèrent leurs yeux nacrés de leurs bras.

-Hanabi ? Hinata ? Neji ?

-Papa, appela le garçon.

-Natsu !

-Venez ! Venez vite, s'écria la gouvernante.

Hizashi avait l'air terrifié. C'était la première fois qu'Hinata le voyait ainsi. Les larmes coulaient sur les joues de Natsu mais ses lèvres s'étiraient en un petit sourire quand elle vit les trois enfants arriver près d'eux.

Hanabi vint se cacher dans ses bras, pleurant à chaude larmes. La gouvernante essaya de la calmer tout en regardant Hizashi qui vérifiait que Neji et Hinata n'avaient rien.

-Bien. On va essayer de sortir. Faites attention, ordonna Hizashi. Des poutres peuvent encore tomber.

Prudemment, le groupe de cinq avança à travers les couloirs, cherchant une porte afin de sortir de la maison. Tout le rez-de-chaussé était en feu, les flammes dégageaient une telle chaleur qu'Hinata crut qu'elle allait s'étouffer.

-Monsieur Hizashi, comment le feu peut-être aussi puissant malgré le froid qu'il y a dehors ? demanda Natsu protégeant la tête d'Hanabi de sa main.

-Je n'en sais rien. Mais tu as raison, ce feu est trop puissant pour être naturel.

-Mon oncle, j'ai entendu une explosion tout à l'heure, avant de sentir la fumée.

-Une explosion ? répéta Neji qui n'avait rien entendu tellement il avait le sommeil lourd.

-Serait-ce un coup prévu ? demanda Natsu.

-Par tous les dieux, je crains le pire, avoua Hizashi.

Ils réussirent à descendre par l'escalier du fond en se collant contre le mur, méfiant que les marches s'effondre.

-Regarde papa, droit devant, s'écria Neji une fois en bas.

La porte de la cuisine n'était pas encore attaquée par les flammes. Hizashi se dépêcha de l'ouvrir puis il fit passer Natsu, Hanabi et Hinata suivit de Neji. De l'autre côté, les flammes n'avaient pas encore attaqué la pièce.

Ils devaient se dépêcher, si le feu touchait le gaze, la maison entière allait exploser. Ils traversèrent la cuisine à toute vitesse pour rejoindre la deuxième porte qui donnait sur l'extérieur.

Ce n'est qu'une fois que leurs pieds touchèrent la neige qu'ils se sentirent en sécurité. Hélas.

Une fois tous dehors, ils crurent atterrir dans un autre monde. Hinata voyait tout autour d'eux des monstres blancs se jeter sur les hommes de mains de son père avant de les tuer sans remords. Elle n'entendait plus que les cris des hommes mourant, le feu qui crépitait derrière eux et le rire amer des tueurs.

-Natsu ! Amènes les enfants à l'habit avec les autres ! s'écria Hizashi avant de partir en courant pour aider les autres Hyûga.

-Papa ! cria Neji tout en le suivant.

Son père revint, se baissa et le serra le plus fort possible contre lui.

-Neji, tu dois protéger tes cousines. N'oublies pas ce que je t'ai appris. La famille c'est fait pour s'entraider. Va mon fils, je te vois bientôt.

Hizashi se redressa, laissant Neji seul au milieu des cris de douleurs des Hyûga et des cris de joie des monstres. Le garçon essuya ses yeux avec rage avant de se tourner vers Hinata et Natsu. Il attrapa la main de sa cousine puis les deux enfants suivirent leur gouvernante.

-Surtout faites attention. Ne me quittez pas des yeux, ordonna Natsu.

Le petit groupe se mit à courir vers le fond du jardin. Là-bas, il y avait une trappe qui menait sous terre. En cas de danger, les anciens, les femmes et les enfants devaient tous s'y retrouver. Un lieu sûr était en face d'elle, malgré ça, Hinata ne pouvait s'empêcher de regarder les alentours. Elle avait envie d'aider mais rien que de voir ces monstres démembres leurs victimes, la faisait se sentir impuissante.

Neji, lui, fonçait tête baissée, priant pour qu'il n'arrive rien de grave à son père. Il aurait tellement voulu aller avec lui, afin de pouvoir se protéger mutuellement.

Soudain, un éclair blanc éclata juste à côté d'eux.

-Neji ! Attention !

La fillette sauta sur son dos. Ils atterrirent tous les deux au sol, la chute fut tellement violente qu'elle coupa leurs respirations. Ayant repris ses esprits, Hinata se frotta les yeux avant de se retourner le plus rapidement possible en face de l'ennemi.

Il était différent des monstres blancs, il avait l'air humain. Très large d'épaules, il devait mesurer au moins trois mètres de haut. Ses cheveux, sa peau et ses yeux étaient blancs comme la neige. Hinata se frotta les yeux, regardant autour d'elle mais compris qu'ils avaient été séparés de Natsu et Hanabi.

-Tu es celle que nous cherchons, petite, dit le géant.

L'homme fit apparaître une hache dans sa main puis un sourire mauvais étira ses lèvres. Il abaissa la lame vers Hinata tout en poussant un cri. Paralysée, la fillette ne bougea pas, regardant l'arme arriver droit sur elle.

Mais, au dernier moment, elle fut tirée en arrière par Neji. Il l'aida à se mettre debout avant de se placer entre elle et le géant. Deux autres monstres arrivèrent pour prêter main forte à l'homme à la hache.

-Neji...

-Hinata ! Va-t'en ! cria-t-il. C'est toi qu'ils veulent. Va-t'en, je couvres tes arrières.

Ne voulant pas que les trois ennemis l'attaquent en même temps, son cousin se jeta sur l'un d'eux en premier. Hinata se mit à reculer tout doucement, son esprit était en plein conflit.

C'était le moment parfait pour utiliser tout ce qu'elle avait appris pour aider Neji. Mais en même temps, elle avait peur de le gêner. Elle n'était pas assez forte pour caler ses mouvements avec ceux de son cousin.

Soudain, elle se sentit être soulevée par derrière. Un main avait entouré sa taille. Le géant l'avait attrapé et la portait maintenant sous son bras.

-Lâche-moi ! s'écria-t-elle terrorisée.

Le géant rigola d'un rire grave. Neji se retourna avant de foncer vers lui.

-Hinata !

La jeune fille le vit tomber dans la neige. Un monstre venait de le frapper derrière la tête. Du sang rouge se mit à couler dans la neige blanche. Hinata cria son nom. Était-il blessé ? Ou était-il mort ?

-Occupe-toi du corps, Zetsu, ordonna le géant.

-A vos ordres, maître Kinshiki, répondirent les deux monstres.

Hinata les regarda ramasser le corps de Neji comme un vulgaire sac. Elle se mit alors à crier à s'en casser les cordes vocales, à gigoter dans tous les sens mais Kinshiki ne faisait pas attention à elle.

Encore une fois, elle était impuissante et n'avait que ses yeux pour pleurer.

-Où est Urashiki ? Trouvez-moi Urashiki !

Les quelques autres Zetsu qui n'avaient rien à faire partirent en courant, criant le nom de leur maître.

Soudain, le géant s'arrêta. Hinata leva la tête et fût envahie par le soulagement. Devant eux se trouvait Hizashi. Il avait du sang sur les mains mais il ne semblait pas blessé.

-Mon oncle ! Ne vous occupez pas de moi ! Neji est en danger ! Ces monstres, ils l'ont... Ils l'ont...

Que dire ? Elle ne voulait pas dire qu'il était mort. C'était faux.

-Ne t'inquiète pas Hinata.

La petite vit son oncle sourire. Neji était-il hors de danger ? D'un coup, elle sentit des mains s'accrocher à ses chevilles avant d'être violemment tirée vers l'arrière. Toute secouée, Hinata atterrit dans les bras d'Hiashi.

-P-Père.

Le géant se retourna, encerclé par les deux frères jumeaux. Hizashi envoya une boule de neige dans sa tête afin d'attirer son attention.

Pendant ce temps, Hinata sentit ses larmes coulées encore plus. Son père allait bien. Mais qu'en était-il de sa mère ? De sa soeur ? Hiashi la mit face à lui avant de poser ses mains sur ses épaules.

-Hinata, écoutes-moi. J'ai une mission très importante pour toi, d'accord ? Je veux que tu cours le plus vite possible jusqu'à la trappe et que tu attende là-bas, d'accord ? Tu ne te retournes ou tu ne t'arrêtes en aucun cas. On a prévenu la police, dès que tu entends leurs sirènes, je veux que tu guides les survivants jusqu'à eux. Tu as bien compris ? Tu dois protéger les Hyûga qui attendent sous la trappe. Je peux te faire confiance ?

Hinata regarda son père dans les yeux. Il était serein, il n'avait pas peur. Alors pourquoi aurait-elle peur ?

-Père, je suis désolée...

-Non, pas de ça. Tu dois accomplir ta mission puis on se reverra quand tout sera fini et là on pourra s'excuser tout les deux.

Elle s'accrocha au cou de son père, le serrant le plus fort possible. Malgré son calme, Hiashi ne put s'empêcher de presser sa fille beaucoup plus fort que prévu.

-Va maintenant.

Hinata se détacha sans regarder derrière elle. Pourquoi échanger un dernier regard alors que bientôt, tout ça sera fini et qu'elle sera à nouveau dans ses bras ? Elle s'éloigna sans regarder le combat des jumeaux qui faisaient rage face à leur imposant ennemi.

Elle prit la direction de la trappe. Elle courait presque à ras du sol pour éviter d'être repérée. Elle ne savait pas si c'était à cause de ses larmes mais elle avait l'impression d'avoir un voile devant les yeux. Malgré ça, elle fut témoin des horreurs qu'elle voyait autour d'elle. La maison s'était effondrée, des tas de corps humains gisaient sur le sol pendant que des monstres blancs, mort de rire, les empilaient avant de mettre feu aux cadavres des Hyûga.

Elle se frotta rageusement les yeux. Hinata avait envie de crier. Jamais sa famille ne connaîtra la paix auprès des dieux ? Ses parents, Neji, Hanabi, ils devaient survivre. Elle se mit à répéter une prière. Est-ce que les dieux allaient l'entendre ? Est-ce qu'ils allaient réagir ? Elle ne le savait pas.

Elle arriva près de la trappe mais fut apeurée quand elle la vit grande ouverte. A cause de l'obscurité et de sa vision flou, Hinata ne vit rien mais un bruit se fit entendre. Elle descendit les escaliers sur la pointe des pieds.

Devant elle se trouvaient quatre Zetsu, lui donnant dos. Devant eux se trouvait sa mère qui protégeait comme elle pouvait les femmes, les bébés et les anciens qui ne pouvaient pas se battre. Quelques-uns de ses cousins étaient en position de combat mais tout comme Hinata, c'était la première fois qu'ils se battaient pour de vrai. Des tremblements les secouaient de la tête aux pieds.

Lady Hyûga baissa le regard sur sa fille. Ses poings étaient serrés, ses pupilles grises traduisaient son état, son nez rouge montraient qu'elle avait pleuré. Elle descendit les dernières marches, tremblante. Elle ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Sa mère fronça les sourcils avant de secouer très discrètement la tête de gauche à droite. Mais Hinata avant déjà prit sa décision.

-Tu dois protéger les Hyûga qui attendent sous la trappe.

Sa voix explosa avec force.

-Hé vous là-bas !

Les quatre monstres se tournèrent vers elle.

-Je sais que c'est moi que vous cherchez... Je suis là alors venez m'attraper !

Hinata remonta les escaliers vers la sortie, regarda derrière elle : ils la suivaient. Une fois dehors, elle se mit à courir aussi vite que ses jambes le purent mais elle buta contre un grand corps dur comme la pierre et tomba à la renverse dans une flaque qui n'était pas d'eau. C'était du sang.

La petite leva ses mains devant ses yeux. Sa vision devient encore plus trouble à cause des larmes. Elle n'arrivait pas à l'accepter. Avait-elle vraiment le sang de sa famille sur le visage et les mains ? Elle regarda ses pieds et ses vêtements avant de crier d'effroi.

-Hinata Hyûga. Quelle ravissante petite.

Celui, dans lequel elle avait buté, se tenait devant elle. Fin et grand, les cheveux et les yeux blancs. Il souriait avant de poser sa canne à pêche par terre. Hinata voulut reculer mais les Zetsu étaient derrière elle, les yeux brillants dans la nuit. L'homme se baissa, attrapa son poignet avant d'humer son odeur.

-Quel parfum envoûtant. Je ne l'ai jamais vraiment oublié. On te cherche depuis tout à l'heure. Mais si ton père t'avait gentiment amené à moi, il n'y aurait pas eu tout ce désordre.

-Maître Urashiki, que faisons nous maintenant ?

-Qui vous a dit de quitter vos postes ?! hurla l'homme. Je n'arrive pas à croire qu'une simple humaine de huit ans vous ait berné à ce point !

Effrayés, les Zetsu retournèrent à l'intérieur de la trappe sous les yeux d'Hinata remplit de désespoir. Sa mère, sa famille se trouvaient encore au sous-sol.

-Pourquoi !? s'écria-t-elle. Pourquoi vous faites ça ? C'est moi que vous cherchez alors pourquoi vous acharnez sur ma famille !? Pourquoi ?

Urashiki ne lui répondit pas mais ne la lâcha pas non plus.

-Allez, allez. On y va.

Il la tira par le bras, la remettant sur ses pieds. Hinata voulut se dégager mais elle n'eut pas le temps de bouger. Un kunai se planta dans le poignet d'Urashiki qui poussa un cri de surprise et de douleur. Il lâcha sa main afin de retirer l'arme comme si c'était une simple aiguille.

Vers la gauche, d'où venait le kunai, Kô se tenait en position d'attaque, les yeux fixés sur l'ennemi.

-Je vous protégerai, mademoiselle Hinata.

Il courut vers Urashiki qui avait les sourcils froncés. Ne lui laissant aucun répit, Kô envoya son poing vers l'ennemi tout en poussant Hinata de son autre main.

-Allez-vous en ! Ils ne doivent pas vous attraper.

Hinata se remit alors à courir. Tout le monde se battait dur, elle venait de comprendre pourquoi : ils voulaient tous lui faire gagner du temps. Sa nouvelle mission était de prévenir quelqu'un. La police allait arriver mais dans combien de temps ?

Les Hyûga vivaient peut-être en marge de la société mais ils avaient des voisins. Hinata prit la direction de la ville de Konoha. Mais dès qu'elle posait les yeux autour d'elle, elle ne voyait personne debout à part ces monstres indestructibles. Son sang se glaça. Elle avait tort. Elle ne pouvait pas demander de l'aide. Si quelqu'un l'aidait, il en payera le prix de sa vie.

Ses mains se mirent à trembler. Et si c'était elle le véritable ennemi ? Cela voulait dire qu'elle devait s'enfuir. S'il y avait des survivants, ils ne devaient pas venir l'aider.

Soudain, un éclair blanc éclaira tout autour de la demeure des Hyûga. Hinata fut de nouveau aveuglée mais elle en profita pour se remettre à courir, s'enfonçant dans la forêt, prête à disparaître. Malheureusement, elle sentit qu'elle était suivit.

Son premier réflexe fut de se cacher parmi les arbres mais elle ne connaissait pas l'extérieur. Elle détacha sa robe de chambre pleine de sang avant de s'essuyer le visage et de la lâcher derrière elle, continuant de courir. Malheureusement, elle n'avait jamais posé pieds hors du domaine, elle se perdit rapidement dans la forêt.

Non ! Elle ne voulait pas se laisser rattraper.

Mais elle sentait son corps l'abandonner, sa respiration était trop saccadée, elle manquait d'air. Elle s'arrêta derrière un arbre et ce fut à ce moment-là, qu'elle vit Kiba pour la première fois.

-Aller viens Hinata, ma maman m'attend un peu plus loin, elle saura t'aider.

Il la tira hors des buissons. Hinata se laissa traîner sans résistance. De toute façon, elle ne voyait pas bien, son petit corps n'en pouvait plus. Elle avait l'impression que son coeur allait exploser d'un moment à l'autre. Sans s'en rendre compte, Kiba avait pris la direction de chez elle.

Ce n'est que lorsqu'elle sentit l'odeur de fumée que la peur la cloua au sol. Kiba fut impressionné par sa force, il n'arrivait pas à la faire bouger.

-Je ne veux pas... Je ne veux pas aller là-bas.

Elle savait, au fond d'elle-même, qu'elle n'y trouvera que la mort.

Sa respiration se fit encore plus saccadée. Ses paumes devinrent moites.

-Ma maison... Je ne veux pas...

-D'accord, d'accord. Je ne t'emmène pas là-bas, dit Kiba précipitamment. Hinata, calme-toi.

Soudain, une chaude couverture se posa sur les épaules frêles de la jeune fille, de fortes mains se mirent à les masser, dissipant son début de crise d'angoisse. Malheureusement, cela n'arrêta pas leurs tremblements.

-Elle est sous le choc. Il vaut mieux que tu restes avec elle, je peux compter sur toi ?

Alors que Kiba acquiesça, Hinata tourna la tête et vit une magnifique femme. Ses cheveux étaient aussi bruns et épais que ceux du garçon. Ses traits étaient fins mais sévères. Elle portait, sous son manteau noir, un uniforme de police.

C'est comme ça qu'Hinata fit la connaissance de la mère de Kiba. Tsume Inuzuka, chef de la Konoha Police.

-Ça ne te dispense pas de la discussion que nous allons avoir après tout cela, mon garçon.

Kiba frissonna de peur pendant que sa mère les mettait à l'abri à l'arrière de la voiture de police puis, elle ferma la porte derrière eux, les coupant du monde extérieur.

Fasciné, Kiba observait les hommes de polices se diriger vers la maison une fois que les pompiers eurent fini d'éteindre ce feu. Sa mère fit signe d'envoyer les chiens sur toute la propriété, à la recherche des habitants.

Puis, son attention revint sur la Hinata tremblante à côté de lui. Tête baissée, ses bras étaient serrés autour d'elle et les larmes coulaient silencieusement de ses yeux rouges écarquillées.

-Ne t'inquiète pas, les chiens de police ont un super odorat. Ils vont trouver les survivants, je peux te l'assurer.

Il sourit mais Hinata ne le regardait pas. Maintenant que l'adrénaline avait quitté ses veines, elle s'était renfermée sur elle-même.

-Je sens que je vais bien me faire gronder, rigola-t-il doucement. Faut dire que j'ai faussé compagnie à ma grande sœur qui devait normalement me surveiller.

Sa tentative de détendre l'atmosphère échoua, Hinata ne l'écoutait pas.

-Surtout n'es pas peur.

Tout doucement, il attrapa ses doigts - elle se laissait faire comme une poupée sans vie - et les croisa entre eux. Soudain, un claquement retentit dans la voiture. Hinata arrêta de trembler. La douleur la ramena sur Terre. Kiba venait de frapper ses mains, elle pouvait voir le rouge apparaître sur leurs dos, elle pouvait à nouveau ressentir.

-Ma mère va venir te voir tout à l'heure. Elle va t'annoncer soit une bonne soit une mauvaise nouvelle. Mais ce qui va compter, c'est que tu lui décrives les méchantes personnes qui ont fait ça à ta famille et à toi. Si tu lui décris bien ces gens, ils pourront les arrêter facilement, continua-t-il en serrant ses mains autour des siennes. Donc, faut que tu te reprennes, au moins pour raconter ce qui c'est passé.

Croisant le regard sérieux de ce jeune garçon qu'elle ne connaissait pas, Hinata ne put que rester muette. Avait-il vraiment envie de l'aider ? Malgré tous les défauts qu'elle avait ? Malgré qu'elle ait pris la fuite ?

Soudain, la porte derrière Kiba s'ouvrit et il fut tiré hors de la voiture.

-Hé ! tomba-t-il dans la neige.

-Je n'arrive pas à croire que vous venez de frapper cette jeune fille, monsieur Inuzuka.

-Je ne l'ai pas frappé, je l'ai aidé à reprendre son calme.

Une grande femme se trouvait derrière lui, les mains sur les hanches. Elle avait les cheveux blonds attachés en deux couettes basses, ses yeux marrons clairs brillaient d'agacement. Malgré le froid, elle portait une simple veste verte et un pull gris à col roulé.

-Madame Tsunade Senju, vous êtes déjà arrivée, remarqua Tsume qui arriva près d'eux.

-Vu l'heure du coup de fil, j'avais bien compris que c'était urgent, madame Inuzuka.

La policière lui montra l'intérieur de la voiture du doigt, l'invitant à s'asseoir. Tsunade se baissa et découvrit la petite Hinata qui fixait encore ses mains rougis.

-Je vois.

La blonde prit la place de Kiba avant de fermer la porte. Le garçon courut à l'avant de la voiture mais fut retenu par sa mère.

-Tu en as assez fait comme ça.

Il se mit à bouder avant de poser son regard sur la petite fille dans la voiture. Il avait envie de savoir qui avait pu attaqué cette famille. Mais sa mère le traîna avec lui, laissant Tsunade s'occuper d'Hinata.

-Hinata ?

La fillette ne réagit pas.

-Hinata, je suis Tsunade Senju. Je travaille avec la police mais je suis surtout psychologue pour les enfants de l'école de Konoha. Je ne te veux aucun mal.

Sa voix était douce et chaude. Hinata leva enfin les yeux vers elle et Tsunade les vit se remplir de larmes avant que la fillette se remettre à sangloter mais elle avait beau pleurer, la douleur ne voulait pas quitter son cœur.

Doucement, la femme s'approcha d'elle et la prit dans ses bras, caressant très légèrement ses cheveux violets. Elles restèrent comme cela longtemps, sans être interrompu. Tsunade comprit que la police n'avait toujours pas trouvé de survivants.

-Je ne veux pas te brusquer mais, penses-tu pouvoir me décrire ce qu'il s'est passé ici ?

-Mais ce qui va compter, c'est que tu lui décrives les méchantes personnes qui ont fait ça à ta famille et à toi. Si tu lui décris bien ces gens, ils pourront les arrêter facilement.

Kiba avait raison. Elle devait reprendre son calme. Mais elle avait du mal à réfléchir, ses yeux, sa tête, ses pieds lui faisaient atrocement mal.

"Ma famille a encore besoin de moi, c'est pas le moment de baisser les bras." Les images des Hyûga se battant pour elle lui revenaient en mémoire. "Mais s'ils m'aident, eux aussi ils seront en danger. Je suis la cible de ces gens. Que faire ?"

Impossible de réfléchir, elle voulait juste que le temps s'arrête puis se rembobine. Elle s'en voulait de ne pas avoir mieux réagi dès qu'elle avait entendu l'explosion. Elle voulait revoir ses parents, son oncle, Hanabi, Neji...

"Il aurait sur quoi faire lui... Qu'est-ce que Neji aurait fait ? Il aurait tout raconté... c'est sûr. S'il y a une micro chance pour que je les revois, je dois la prendre. Voilà ce que Neji aurait fait, il nous aurait aidé jusqu'au bout."

Prenant son courage à deux mains, Hinata se mit à tout raconter, du début jusqu'à la fin. D'abord surprise, Tsunade ne réagit pas. Elle ne pensait pas que la fillette allait être aussi compréhensive. Puis, sans la lâcher, elle chercha dans son sac un petit enregistreur qu'elle mit en marche tout en l'écoutant parler.

La fillette fit plusieurs pauses, surtout quand elle racontait comment tous les membres de sa famille avait essayé de la protéger. Sa voix tremblait dès qu'elle décrivait un des Otsutsuki. Son nez coulait contre le pull de la femme. Elle avait mal à la gorge, elle revoyait tout se dérouler une seconde fois devant ses yeux.

Mais elle tenait bon et une fois fini, elle passa la main devant ses yeux.

-Je te félicite, dit alors Tsunade d'une voix douce.

Elle s'écarta d'Hinata puis passa son pouce verni sur les joues de la petite.

-Je vais aller donner l'enregistrement à la police. Ils seront quoi faire.

Mais avant ça, elle prit l'enfant dans ses bras une nouvelle fois pour la câliner encore quelques minutes. Pendant ce temps, dans le dos d'Hinata, elle versa de l'eau et quelques gouttes de somnifère dans un verre avant de le lui tendre gentiment. La petite but quelques gorgées et reposa sa tête contre le corps chaud de Tsunade.

Au fur et à mesure que le somnifère agissait, Hinata se calma, sentant ses paupières devenir lourdes puis, elle tomba de sommeil quand les premières lueurs de l'aube apparurent dans le ciel.