SAMEDI. Le premier jour du week-end. Le soleil était au zénith. La chaleur avait encore grimpé de deux degrés. Les touristes étaient allongés sur leur lit, la clim allumée, ou alors sur des chaises longues à la piscine de leur hôtel.
Les habitants avaient l'habitude. S'ils ne voulaient pas être embêtés par les touristes dans les rues, c'était à cette heure-ci qu'ils sortaient faire leur courses au marché.
Ainsi, les rues de la ville de Suna étaient toujours remplies. Les enfants couraient et rigolaient. Les marchands criaient afin d'attirer du monde autour de leurs produits. Les agents municipaux passaient régulièrement afin de réajuster les bâches, créant de l'ombre au-dessus des ruelles.
-Il parait que cela fait déjà plus de deux ans que l'explosion dans la forêt de Konoha a eu lieu, dit une cliente à son marchand de fruits.
-Déjà ?! Le temps passe vite. Malheureusement, avec toute cette neige, les plantes ont du mal à repousser. Les gardes forestiers sont très inquiets.
-Sans parler des problèmes sociaux. Il y a de plus en plus de demande de travail mais de moins en moins de travailleurs.
-Pas du tout étonnant. Les gens qui quittent la ville à cause de toute cette neige. Sans parler du trafic de drogue qui augment, poussant les habitants à gagner de l'argent facilement.
Juste à côté de ce marchant et de cette cliente, se trouvait un homme adossé contre le mur. Il portait une longue cape aux couleurs du désert de Suna. Une large capuche sur sa tête le protégeait du soleil brûlant.
Soudain, il se décala du mur et s'aventura dans l'allée marchande. Il fut vite rattrapé par un autre homme avec la même cape que lui, cachant son identité aux yeux du monde.
L'un deux avait une chevelure impressionnante, d'un brun foncé mais surtout d'une longueur incroyable. L'autre, avait les cheveux d'un blond doré et chaleureux qui tombaient sur ses yeux et sur ses oreilles. Il ne manquait plus grand chose pour qu'ils arrivent au milieu de ses omoplates.
Les deux hommes étaient habillés exactement pareil sous leur capes. Un gilet vert couvert de poches, une combinaison bleu foncé et des rangers noires. Le bras droit du blond était entouré d'un bandage blanc alors que le brun portait un bandana pour protéger son front, c'était la seule chose qui les différenciait.
-Ils t'ont repérés ?
-Oui. Tout se passe comme prévu, annonça le brun d'une voix faible. Il faut qu'on les amène au point de rendez-vous maintenant.
Les deux hommes marchèrent pendant longtemps sans prononcer un mot et sans se préoccuper de la troupe de Zetsu qui les suivait. A cause de cette chaleur, le brun était au bord de l'épuisement. Il regardait où il mettait les pieds pour ne pas trébucher pendant que le blond surveillait tout autour d'eux.
« -Étape une : faire sortir l'ennemi de la ville pour protéger les habitants. »
Enfin, ils débouchèrent sur une place à la frontière entre la ville et le désert rugueux. Une vieille fontaine, éteinte, se trouvait au centre, entourée de pots remplis de fleurs. Ils durent s'arrêter car un groupe de gens leur barraient à présent le passage.
-Ce sont eux, monsieur l'agent, s'écria une femme. Je vis ici, comme tout ces pauvres gens, et cela fait plusieurs semaines qu'ils sont là à roder dans les rues de la ville. Ce sont sûrement eux qui volent nos enfants.
-Bien. Merci madame, répondit un agent.
-Hé vous, s'écria le chef de police. Retirez vos capuches puis mettez les mains en l'air.
Le brun tourna la tête. Les ennemis qui les suivaient venaient aussi de mettre pieds sur la place. Ils étaient complètement encerclés. Le blond se mit à trembler.
-D'après toi, ils sont combien ? Je dirai plus que le dernière fois.
-On s'en fout. Le but c'est de les tuer jusqu'au dernier sans faire de cadeau, expliqua le brun.
Le blond fixa alors les policiers devant eux. Les villageois furent horrifiés par ces yeux. C'était ceux d'un animal.
Non. Ceux d'un tueur.
Ils pouvaient voir de l'excitation dans ces yeux rouges sang. Un sourire mauvais étira les lèvres du jeune homme, effrayant le groupe d'humains devant eux. Il s'apprêtait à faire quelques pas quand son camarade l'arrêta de la voix.
-Ne bouge pas ! Il faut attendre le signal.
Un coup de vent violent passa sur la place. Le brun attrapa les extrémités de sa capuche afin de l'enfoncer sur sa tête. Son identité devait être caché à tout prix.
Cependant, le vent fit tomber la capuche du blond sur ses épaules. A la vue de son visage, les hommes autour d'eux crièrent d'effroi.
-U-Un démon !
-C'est le démon renard qui nous traquait, remarqua un des policiers.
-C'est un piège !
Sous le regard curieux des villageois, les zetsu se mirent à courir vers les ruelles, cherchant à s'enfuir mais le passage semblait être bloqué par une étrange force.
-La barrière est en place. Tous les ennemis sont dans la zone. MAINTENANT ! s'exclama une voix féminine provenant de la fontaine.
« -Etape deux : séparer les villageois des Zetsu. »
Soudain, deux nouveaux camarades se dressèrent au milieu de la fontaine. Ils portaient eux aussi les même capes et leur capuches sur la tête. L'un d'eux avait une arme à feu. L'autre portait dans son dos un carquois de plusieurs flèches et tendait devant lui un arc, prêt à tirer.
-Attention, Kiba ! Je te rappel, qu'il y a de vrais humains parmi eux, s'écria le brun caché sous sa capuche.
-On sait ce qu'on fait, s'écria l'interpellé avant de refermer son arme chargée. Occupez-vous de votre partie du plan.
Le brun se retourna en même temps que le démon pour empêcher les ennemis qui les avaient suivi jusqu'ici de rejoindre les autres. Sous leur forme humaine, les Zetsu pouvaient ressentir les émotions et tout ce qu'ils ressentaient en ce moment était la peur. Cependant, ils avaient beau frappé du poing, une barrière invisible les empêchait de s'échapper.
-Quand tu veux, Saï, annonça Kiba.
-A mon signal ! dit-il en visant. Feu !
Pendant que des coups de feu retentirent, Saï lâcha sa flèche qui arriva pile devant le pied d'un des villageois. A peine avait-il relâché la corde de son arc qu'une autre flèche était déjà en position pour être envoyée.
Apeurés par ses flèches et ses coups de feu en l'air, les villageois se mirent à courir dans le sens opposé au démon et à son camarade. Grâce à ça, les Zetsu, qui s'étaient faufilés parmi eux, durent suivre le mouvement vers l'extérieur.
Dans un vacarme sourd et un rythme précipité, les habitants se dépêchèrent de regagner leur domicile, préférant laisser les forces de police régler l'affaire.
-La voie est libre, s'écria la même voix féminine de toute à l'heure.
A ce moment, Saï et Kiba sortirent de la fontaine et se mirent à viser pour ne plus rater leur cible.
Dès qu'une flèche ou une balle touchait un homme dans la cuisse, le bras ou le ventre, la métamorphose se déclenchait et les Zetsu reprenaient leur forme originale. Leur peau d'humain devenait blanc avec des reflets vert, des piques sortaient de part et d'autre de leur corps et leurs yeux virèrent au jaune.
Maintenant, ils ne ressentaient plus rien à part l'obligation d'exécuter l'ordre de leur maîtres. Ils rigolaient fort.
-Attention, ils vont riposter ! s'écria Saï.
-Attendez !
Trop tard, Saï avait déjà tiré deux nouvelles flèches. Malheureusement, un des Zetsu repoussa une des deux d'un coup de bras sans la casser. Cette dernière continua donc sa course vers une villageoise qui s'était retrouvée coincée dans la foule.
Entourée de tous ces monstres, elle était pétrifiée et ne voyait pas la flèche arriver droit sur elle.
-Temari !
Une autre cape sauta d'un des toits, un éventail à la main.
-Moi, Temari, demi-déesse du vent, utilise mon pouvoir afin de protéger ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-même !
Elle ouvrit son éventail au premier cercle violet et l'abaissa de toutes ses forces vers la flèche déviée. Cette rafale fit reculer tous les zetsu qui s'étaient rapprochés des tireurs.
Malheureusement, le coup de vent fut tellement puissant qu'il projeta la femme au milieu du groupe de Zetsu. Au même moment, Saï et Kiba envoyèrent un nouvel assaut.
-Oh non !
La villageoise à terre fut totalement paralysée en entendant les coups de feu et voyant toutes ces flèches arrivées vers elle. Elle ferma les yeux, priant les cinq dieux.
Mais rien n'arriva.
Elle ouvrit les yeux et vit un mur de terre devant elle. Elle entendit les flèches tomber par terre les unes après les autres sans comprendre. Elle ouvrit alors les yeux et vit un mur de terre et un homme accroupi devant elle, les paumes de ses mains à plat au sol.
Soudain, la femme se sentit devenir légère. L'homme venait de la prendre dans ses bras pour la mettre à l'abri du combat.
-Partez maintenant ! Nous ne sommes pas l'ennemi et nous allons vous débarrasser de ces monstres qui volaient vos enfants. Ne vous en faites pas.
La villageoise le regardait avec de grands yeux. Ses cheveux noirs étaient attachés en une courte queue de cheval. Ses yeux étaient noirs et fins. Mais ce qui la frappa fut ses oreilles pointues et ses cornes qu'il cachait sous sa capuche.
-Mais q-qui êtes vous ?
-Nous sommes les Kages mais c'est un secret, dit-il en souriant.
Le jeune homme la poussa hors de la barrière. Une fois de l'autre côté, elle cligna plusieurs fois des yeux avant de repartir comme si de rien n'était. Le pouvoir des fées, la sélection naturelle, venait de supprimer sa mémoire.
« -Étape trois : supprimer l'ennemi. »
Le jeune homme se retourna vers le combat. Il vit Temari lui faire signe qu'elle ne sentait plus aucun humain présent dans la zone.
-On peut lancer l'assaut ! s'écria-t-il en faisant signe de la main pour attirer l'attention sur lui.
Plusieurs Zetsu étaient à terre mais seulement blessés. Saï fit tomber son arc et son carquois avant de dégainer son épée.
-Parfait ! On passe enfin aux poings ! s'écria Kiba en s'approchant du démon. Je vais les éclater ces enfoirés.
Le camarade du blond comprit que son heure avait sonné. Il s'éloigna d'eux pendant que Kiba retira sa cape. Il lâcha son arme vide dessus avant de se mordre le pouce et de dessiner deux traces rouges sur ses joues
-T'es prêt, Naruto ?
-Tu viens vraiment de me poser cette question ? demanda-t-il. C'est la partie du plan que je préfère.
Les deux jeunes hommes se mirent à se déshabiller pendant que Shikamaru protégeait leur arrières. La cape de Naruto rejoignit celle de Kiba puis leurs chaussures, leurs gilet verts et enfin leurs combinaisons bleues.
-Il me semble que la dernière fois, j'en avais tué beaucoup plus que toi. Je me trompe ? demanda Kiba en regardant son camarade.
Le blond était en train de défaire le bandage autour de son bras droit. Un fois le nœud défait, il laissa la bande glisser toute seule, dévoilant la peau noire et légèrement sanglante de son bras.
-Bien sûr que tu te trompes, répondit-il en pointant son pouce sur son torse. C'était moi qui ais gagné la dernière fois.
-Kiba ! Naruto ! C'est pas le moment ! rugit Saï à bout de nerfs. Shikamaru, j'ai besoin d'aide.
-Ils vont mordre la poussière !
Les zetsu virent les poils roux de Naruto couvrirent peu à peu tout son corps pendant que son nez devenait noir et que ses ongles s'allongeaient. Il se jeta dans la mêlée suivi de près par un immense loup blanc.
Pendant ce temps, Shikamaru courut rejoindre Saï qui se retrouvait seul devant une horde de monstres blancs.
-Shikamaru ! Dis-moi ce que je dois faire, s'écria Temari qui ne pouvait pas intervenir.
L'elfe s'apprêtait à lui répondre mais pendant qu'il parait le coup d'un ennemi, il vit la barrière autour d'eux commencer à clignoter.
-Ino ! s'écria-t-il. Il y en a qui essaye de passer ta barrière naturelle !
S'occupant de faire passer la communication entre les membres de son équipe et en même temps du maintien de la barrière de protection, la jeune fée était toujours cachée dans la fontaine. Les mains reliées entre elles du bout des doigts qui commencèrent à prendre une couleur blanchâtre, signe de sa concentration.
-Je vais avoir besoin d'aide, Chôji.
-Temari, tu vas faire l'échange avec Chôji. Il faut absolument que quelqu'un surveille le véhicule.
La demi-déesse secoua la tête et partit en direction de leur centre d'opération mobile.
En effet, garé un peu plus loin entre les animations de la ville et les rues désertes de Suna où avait lieu le combat, se trouvait un fourgon de la Police de Konoha. Repeint en blanc, il avait été transformé en QG pour l'équipe des Kages.
Tous les occupants du véhicule avaient reçu les ordres de Shikamaru par télépathie et se mettaient déjà en mouvements.
-Bon, dit Chôji en posant son paquet de chips. C'est à moi de rentrer en scène. Je te laisse la suite des opérations, Shino.
-Tu ne faisais rien du tout à part manger, releva le garçon à lunettes concentré sur les écrans d'ordinateurs devant lui.
-Ne t'inquiète pas, on est là nous ! s'écrièrent deux filles en même temps.
-N'en fais pas trop non plus, Tenten. Tu pourrais te blesser. Et toi, dit Chôji en posant sa main sur les cheveux turquoises de la deuxième fille. Reste ici, sinon Naruto ne sera pas content.
La jeune femme se laissa tomber dans un fauteuil pour bouder. Chôji ouvrit la porte coulissante du fourgon et se retrouva nez à nez avec Temari et son camarade brun, essoufflé et vidé d'énergie.
-C'est... bon... je... suis là.
Tenten se précipita afin de les aider à monter à bord. Puis Temari récupéra les papiers confidentiels qu'elle tendit à Shino. Chôji claqua la porte derrière lui et courut vers Ino. Grâce à ses grandes enjambées, il y arriva rapidement.
-Besoin d'aide peut-être ?
Soulagée de le voir enfin, Ino sourit et secoua la tête. Chôji posa sa main sur l'épaule de son amie et sentit son énergie traverser son corps pour rejoindre celui de la fée. Dès que la connexion entre le géant et la fée fut établie, la barrière invisible fut de nouveau opérationnelle à cent pour cent.
Attirés par le nouvel arrivant, les Zetsu se jetèrent sur Chôji qui réussit à les dominer d'une main.
-Est-ce que Shino à découvert quelque chose grâce à ses insectes-caméras ? demanda Shikamaru à son ami.
-Rien. On a fouillé les cachots mais aucun démon ou expérience était retenu là-bas.
-Je vois, fit Shikamaru.
Une véritable bataille se déroulait à Suna, cachée et étouffée des habitants par Ino.
Kiba et Naruto tenaient à eux seuls la moitié des Zetsu pendant que Saï et Shikamaru s'occupaient de l'autre moitié. Pendant ce temps, Ino maintenait la communication télépathique et la barrière en l'alimentant avec le pouvoir de Chôji qu'elle transformait en énergie naturelle alors que celui-ci la protégeait des quelques zetsu qui voulaient la mettre hors d'état de nuire afin de pouvoir s'échapper de cette barrière.
La seule difficulté était le nombre d'ennemi qu'ils devaient combattre en même temps mais la plupart tombaient comme des mouches au sol.
Naruto sautait de corps en corps pour écraser les Zetsu sous ses griffes. Voilà maintenant deux ans que son groupe les traquait à travers le monde. Malheureusement, ils avaient beau rencontrer ces monstres qui gardaient les laboratoires, ils n'avaient jamais vu un seul sorcier supérieur.
Cependant, aujourd'hui, la chance lui avait sourit. Il avait trouvé quelque chose d'inestimable dans les rues de Suna. Il avait enfin trouvé le moyen de réveiller Hinata. En ce moment même, Shino lisait les explications que Temari lui avait donné.
Naruto n'avait qu'une envie, c'était de retourner à Konoha pour voir si cela fonctionnerait. Ce n'était pas la première fois qu'il y rentrait avec l'espoir d'avoir trouvé la solution. Mais, aujourd'hui était la bonne.
Pressé d'en finir ici, il grogna avant de refermer ses crocs sur le cou d'un de ses adversaires. Derrière lui, Kiba semblait bien se débrouiller.
Une fois le dernier ennemi à terre, Ino se releva difficilement sans dissiper la barrière naturelle. Naruto tourna la tête vers elle. Malgré l'énergie que Shikamaru lui avait demandé d'utiliser aujourd'hui, Ino ne s'était pas évanouie. Tout comme ses camarades, il l'avait vue évoluer et devenir plus forte de jours en jours.
Après avoir rassemblé tous les corps ennemis et mis feu au tas, le groupe se rassembla à la fontaine.
-L'opération est un succès, annonça Ino à tout le monde.
Shikamaru se laissa tomber par terre, exténuée. Ino voulut s'asseoir à son tour mais elle sentit ses forces l'abandonner. Elle n'eut pas le temps de poser sa main au sol pour se rattraper. Plus rapide qu'elle, Saï la retient avant de l'appuyer contre la fontaine et de lui proposer de l'eau sans un mot.
-Merci beaucoup.
-Tu as bien travaillé Ino. Maintenant, ménage-toi, ordonna Shikamaru.
Chôji s'assit à son tour entre Ino et Saï avant de sortir un paquet de chips. Il proposa ensuite le contenu à ses camarades. Contrairement à ses habitudes, la blonde en prit une bonne poignée avant de les grignoter pour reprendre des forces.
-Ici aussi, Shino n'a rien trouvé. C'est encore une fausse piste, annonça Shikamaru.
-Tu penses qu'on s'est débarrassé de tous les monstres ? demanda Saï.
-A mon avis, oui. Notre appât était parfait. Ils l'ont suivi puis lorsqu'ils ont vu qu'on prenait le dessus, ils ont envoyé des renforts. Mais, je pense qu'on refera une tournée ce soir.
Pendant ce temps, Kiba et Naruto s'étaient transformés auprès de leur vêtements, à présent plein de poussières.
-Alors, combien ? demanda Kiba en attrapant sa combinaison pour la secouer.
-119, dit Naruto fièrement.
-Ahhhh, j'y crois pas, j'ai perdu d'un point, se plaignit-il.
-Bah, ça sera sûrement pareil la prochaine fois, dit Naruto avant de sourire en coin tout en haussant les épaules.
-Quoi ?! Oh non, non, non. La prochaine fois, je te jure...
-Mais bon sang, allez-vous vous dépêchez de vous habiller ! s'écrièrent Shikamaru et Ino.
-OH... Euh, oui !
Les autres se mirent à rigoler pendant qu'ils ramassèrent leur vêtements. Shikamaru vit Naruto regarder son bras droit. Il serra le poing de toute ses forces puis remit son bandage.
L'elfe était inquiet. Depuis qu'Hinata était dans le coma, Naruto avait de moins en moins de contrôle sur sa régénération. Tous les derniers changements et le fait d'être loin d'elle devaient avoir un impact physiologique sur lui. Mais, il ne voulait jamais en parler. Shikamaru savait qu'il était proche de Saï mais même le chasseur ne savait pas grand chose.
Puis, il y avait eu ses nouveaux pouvoirs qui étaient instables. Depuis qu'Itachi lui avait enlevé la restriction, la forme renard de Naruto était beaucoup plus grande qu'avant. Il avait dû réapprendre à se déplacer sans tout casser autour de lui. Il avait eu aussi de violentes migraines à cause de son nouveau pouvoir télépathique.
Heureusement pour eux, ils avaient trouvé Hagoromo à Kiri quelques mois après leur départ de Konoha. Il s'avérait qu'il s'était réfugié chez Meï, le contact que Fûka avait donné à Naruto et Saï. Ils pensaient aussi avoir trouvé un moyen de réveiller Hinata.
Ils étaient donc retournés à Konoha.
Malheureusement, ce fut un échec et les Kages avaient redouté que Naruto fasse une nouvelle crise mais la présence d'Hagoromo et d'Hinata avaient quelque peu remonter son moral et son énergie.
Le groupe était ensuite parti pour Kumo et ce fut la-bas qu'ils rencontrèrent Kiba et Shino. Les deux jeunes hommes avaient trouvé un des démons porté disparu, Nanabi. Au début, ce fut assez tendu entre Shino, Kiba et Naruto mais ils apprirent à travailler ensemble. Depuis, ils n'avaient pas quitté les Kages.
Naruto était en train d'attacher son pantalon quand il vit une ombre au-dessus de sa tête. Il leva les yeux au ciel et remarqua un aigle brun.
"Aoda" pensa-t-il en le reconnaissant.
Il se raidit pendant que l'oiseau descendit vers lui. Naruto offrit sa main droite comme perchoir pour que l'animal puisse s'y poser. Une boule se forma dans sa gorge lorsqu'il vit un message attaché à la patte de l'oiseau. Il se rapprocha alors de ses amis.
-J'ai reçu un message de Sasuke.
Le silence tomba lourdement autour d'eux. Ils regardèrent tous l'animal comme s'il apportait la peste. Le cœur de Naruto se mit à battre rapidement.
-Tu veux que je l'ouvre ? demanda Shikamaru.
-Non. C'est à moi qu'il est venu.
Il détacha le message de la patte de l'oiseau avant que celui-ci s'envole pour se poser sur le haut de la fontaine. Malgré lui, les mains de Naruto se mirent à trembler.
Pourquoi Sasuke lui envoyait un message maintenant après des mois de silence ? Pourquoi le lui transmettre avec son aigle ? Pourquoi pas par SMS ? Il aurait très bien pu l'appeler. Était-ce une bonne nouvelle ? Une mauvaise nouvelle ? Quelque chose était-il arrivé aux vampires ? A Hagoromo ? Pire, à Hinata ?
Avec difficulté, il ouvrit le message. Il fut surpris de trouver juste un seul mot. Il ne comprit pas tout de suite l'intérêt du message. Cependant quelque chose attira son attention. Alors tout s'éclaira dans son esprit. Il sentit sa respiration s'arrêter devant le seul mot du message.
Naruto tomba à genoux devant ses camarades qui se précipitèrent près de lui.
-Naruto ! s'écria Kiba.
-Ça a l'air grave.
-Qu'est-ce qui se passe ?
Pour toute réponse, il leur tendit le papier que Shikamaru lut à haut voix.
"Naruto"
-Quoi c'est tout ce qu'il y'a écrit ? demanda Saï
-Tu peux nous expliquer ce qui se passe ? dit Chôji.
-C'est surement un message caché. Il doit avoir y avoir une double signification.
Naruto essaya d'avaler sa salive comme il put mais sa gorge resta malgré tout sèche.
-C'est... C'est...
-C'est QUOI bordel ! s'écria Kiba
-Ho ! Calme toi, dit Ino.
-C'est l'écriture d'Hinata.
TOUT était noir. Puis, au fur à mesure qu'elle souleva ses paupières, la lumière de la pièce envahit son champ de vision. Ses yeux voyaient troubles. Était-ce à cause de ses larmes ?
Elle entendit un cri d'oiseau. Le bruit de quelqu'un qui se levait d'une chaise, d'une ouverture de porte.
-Sakura ! Elle est réveillée ! Hinata vient de se réveillée !
Elle n'était donc pas morte. Elle reconnut la voix malgré qu'elle soit remplit de soulagement. Ce fut nouveau pour elle. Elle voulut se redresser pour le saluer mais dès que son cerveau envoya l'ordre à son corps, une forte douleur la traversa de toute part.
Ses muscles, ses os, tout lui faisait mal. Terriblement mal. Sans parler de sa tête qui était sur le point d'exploser mais cette douleur n'était rien comparée à ce que ses yeux ressentaient. Elle avait l'impression qu'ils brûlaient.
Elle se mit à hurler.
C'est à ce moment que les infirmières et le docteur arrivèrent près de son lit.
-Docteur Shizune, on vient de lui refermer sa blessure. Si elle bouge trop, les points vont se déchirer.
-Vite ! Sakura ! Plus de morphine.
Hinata se sentit tout à coup très lourde. Mais au moins la douleur s'était arrêtée. Elle se mit à voir des petits points noirs devant ses yeux. Elle avait trop peur de s'endormir. Elle ne voulait pas retourner la-bas. Elle se força à rester éveillée mais elle perdit la bataille.
ELLE se réveilla une nouvelle fois, beaucoup moins paniquée. Combien de temps avait-elle dormi ? Allait-elle encore avoir mal ?
Cette fois-ci, elle attendit les yeux ouverts. Elle entendit quelqu'un approcher son lit. Quelle surprise ! C'était donc bien lui qu'elle avait entendu appeler les infirmières tout à l'heure.
-Salut Hinata.
Sasuke lui souriait d'un air gêné avant d'appuyer prudemment sur le bouton de la télécommande pour redresser le dossier de son lit.
-Je reviens, ok ? Je vais chercher quelqu'un.
Il tourna les talons et sortit de la pièce.
Hinata fit le tour de la chambre des yeux. Tout était clair. Tout était blanc et froid. Près du lit, il y avait un bouquet de fleurs et une petite horloge. Elle voyait quelle heure il était mais elle ne connaissait pas le jour, ni le mois et encore moins l'année.
La porte s'ouvrit à nouveau. Elle reconnut son médecin Shizune. Mais elle fut surprise de voir Sakura en tenue d'infirmière, qui poussait un chariot. Les deux femmes s'approchèrent d'elle.
-Hinata ? Tu m'entends ? demanda Shizune.
Elle secoua doucement la tête mais arrêta rapidement son geste à cause de son cou tendu.
-Tu veux me dire quelque chose ?
Elle essaya mais sa gorge était en feu et sa langue était trop pâteuse pour bouger.
-C'est pas grave, dit Shizune. Pas la peine d'aller trop vite.
Elle prit une spatule en bois, demandant à sa patiente d'ouvrir la bouche en grand. Puis, elle prit un stylo et le mit devant les yeux d'Hinata qui se mit à le suivre du regard.
-Tu le vois clairement ?
Elle acquiesça de nouveau. Shizune vérifia tout les tuyaux puis machines avant de tendre les mains vers le front d'Hinata. Elle se rendit compte qu'elle avait un bandage autour de sa tête.
Shizune l'informa qu'elle allait regarder sous son t-shirt. Elle ne répondit rien mais se laissa faire. Elle sentit les mains de la doctoresse se poser sur un épais pansement posé sur son flanc. Lorsqu'elle se redressa, elle grattait son menton.
-La patiente ne peut pas parler à cause de ses cordes vocales fatiguées et irritées. Cependant, elle entend. On ne peut pas encore affirmer si sa vue est redevenue normal. Il faudra faire un examen plus poussé. Aucun problème avec les machines et les tuyaux. Cependant, les ondes envoyées par son cerveau sont encore trop supérieurs à la moyenne. Enfin, rien à signaler au niveau de la blessure qui sera à revérifier plus tard.
Sakura gribouilla rapidement les observations de sa chef sur la feuille de suivi avant de la glisser dans un cadre en verre au pied du lit.
-Je vais tout de suite prendre rendez-vous pour les examens, annonça Shizune. Tu peux prendre la suite, Sakura ?
La jeune stagiaire hocha la tête avant de se tourner vers le chariot. A la main de Shizune posée sur la sienne, Hinata leva les yeux vers elle, découvrant un grand sourire.
-Bon retour parmi nous, Hinata.
Elle laissa la place à Sakura en sortant de la pièce. Dès qu'elle fut hors de son champ de vision, Sasuke pénétra dans la chambre.
-Alors comment elle va ? demanda-t-il.
-Elle n'a pas l'air d'avoir de graves problèmes pour l'instant. Mais son cœur s'est quand même arrêté, deux fois.
Pendant que Sakura changeait la poche de sang vide, Sasuke essaya de poser des questions à Hinata sur ce dont elle se rappelait mais au plus elle réfléchissait, au plus elle avait mal à la tête.
-Arrête de l'embêter, ordonna Sakura.
-Je me suis dit que peut-être elle avait un souvenir important sur les sorciers.
A ses mots, Hinata frisonna. Pour l'instant, son esprit était complètement vide mais elle ne se sentait pas rassurée. Sasuke rapprocha alors la table à roulette de son lit. Il y avait un papier et un stylo posés dessus.
-Tu n'as qu'à écrire ce qui te vient à l'esprit.
Sakura jeta la seringue vide qu'elle avait dans les mains avant de soupirer.
-Hinata, écoute moi. Si tu as trop mal, tu n'es pas obligée, ok ? N'écoute pas cet idiot.
Sasuke claqua sa langue contre son palais avant de s'asseoir sur une chaise et de croiser les bras contre son torse.
Hinata fut tellement surprise de sa réaction. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il laisse Sakura le traiter d'idiot. Elle vit les joues de Sasuke rosir alors qu'il regardait par la fenêtre pour cacher sa gêne. Il se comportait exactement comme elle, dès qu'elle était avec Naruto.
Alors, d'une main tremblante mais avec le sourire, Hinata s'appliqua à écrire la seule chose qui tournait en boucle dans son esprit malgré son mal de tête.
"Naruto"
Soudain, sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit, sa main lâcha le stylo d'épuisement. Elle essaya de le récupérer mais son membre ne répondait pas. Hinata posa alors ses yeux dessus et prit soudain conscience de son état.
Sa main était presque transparente, osseuse et n'arrêtait pas de trembler. Son regard longea son bras couverts de veines noires mais tout aussi maigres et fragiles. Ses yeux s'agrandirent d'effroi avant de sentir des larmes coulées sur ses joues.
-Hinata, ça va ?
Sakura fit le tour du lit et lui prit délicatement la main. Elle se mit à faire des petits mouvements pour débloquer les articulations. Heureusement, qu'elle avait vu Lee le faire plusieurs fois sur Hinata.
-Tu as mal ? demanda-t-elle doucement ne sachant pas si ce qu'elle faisait aider la patiente.
Hinata secoua la tête de droite à gauche. Elle avait juste pris peur dès qu'elle avait arrêté de sentir sa main bouger.
Sakura reposa sa main sur le drap, lui conseillant de ne pas trop forcer. Elle éloigna la table avant de tendre le papier à Sasuke. Le jeune vampire fixa le mot sur le papier puis le plia dans son poing.
Discrètement, Sakura toucha l'épaule de Sasuke. Ce dernier leva les yeux vers la jeune patiente avant de soupirer. Il se redressa et s'approcha du lit.
Hinata n'avait aucun souvenir d'avoir déjà eu un contacte physique avec Sasuke. Après tout, il était un vampire et elle, une humaine. Cependant, après avoir quelque peu hésité, il posa sa main sur la sienne. A ce moment, elle put voir, cachés derrière ses cheveux noirs, ses yeux devenus vairons.
-Il t'attend.
C'était les seuls mots qu'il prononça.
Mais ces simples mots gonfla son coeur. Elle remit à pleurer. Mais cette fois, elle savait que c'était des larmes de joies.
-Tu as encore mal quelque part ? demanda gentiment Sakura.
Hinata secoua une nouvelle fois la tête.
-C'est à cause du sang, expliqua Sasuke. Il décuple ses émotions. Elle ne doit surement rien contrôler.
Une fois rassurée et calmée, Hinata s'endormit rapidement d'épuisement. Son corps n'avait plus l'habitude et se fatiguait rapidement.
Quand elle se réveilla une nouvelle fois, ses deux compagnons étaient partis. Elle appuya alors sur le bouton rouge d'appel pour demander à boire. Sakura apparut alors avec le dîner.
Après s'être désaltérée, Hinata insista pour tenir la cuillère mais Sakura décida quand même de soutenir son bras pendant qu'elle faisait le geste d'amener la cuillère à sa bouche. C'était une simple soupe de légumes mais elle réchauffa son ventre vide.
Lorsqu'elle eut fini, Shizune rentra à son tour et vérifia le travail de Sakura avant de se tourner vers sa patiente.
-Maintenant tu te reposes, ordonna-t-elle. On repassera tout à l'heure.
Hinata secoua la tête avant de voir la médecin repartir avec le plateau. Elle attrapa la main de Sakura et voulut parler mais aucun son ne sortit. Voyant dans ses yeux lavandes toute la gratitude qu'elle avait pour elle, la stagiaire lui sourit.
-Ne t'inquiète pas, Hinata. Je ne fais que mon travail.
Elle serra doucement ses doigts avant de quitter la pièce.
Hinata remonta doucement sa couverture puis observa l'extérieur, laissant son esprit s'évader. D'épais nuages grises avaient amené la neige qui tombait sur la ville qu'elle pouvait voir de sa fenêtre. Elle reconnut les alentours. Elle était à l'hôpital de Konoha. Elle se rappelait les heures passées ici quand elle venait voir sa psy. Rien n'avait changé. Mais alors, pourquoi son corps semblait avoir vieilli. Elle était complètement perdue dans le temps.
Alors que le soleil était maintenant bien couché, elle aperçut un aigle tournoyer dans le ciel puis se poser sur le rebord du balcon pour l'observer de son regard perçant. Au même moment, des bruits retentirent dans le couloir. Des cris et des pas résonnaient. Elle tourna la tête vers la porte fermée de sa chambre.
-Je t'interdis de rentrer dans sa chambre dans cet état !
Elle reconnut la voix de Sasuke.
-M'en fou, Sasuke. Je veux la voir !
Cette voix. Malgré la colère qui résonnait dans ses mots, elle l'avait aussi reconnu. C'était celle de Naruto. Son cœur battait à tout rompre. Son corps entier tremblait d'appréhension. Il était là. Juste derrière cette porte.
-Non mais regarde-toi ! Je ne te laisserai pas passer !
-J'ai fait un long voyage en quelques heures, Sasuke. Si tu te décales pas tout de suite, je vais vraiment m'énerver.
-Bon sang ! Les garçons ! Nous sommes dans un hôpital ici !
-Saku... Aie !
-Pourquoi tu me frappes aussi ? demanda Sasuke.
-Ça suffit ! Naruto va au moins t'habiller. Non seulement tu effraie tout le monde mais en plus c'est une jeune femme que tu va voir ! Et toi Sasuke, tu vas arrêter de crier comme ça à travers tout l'hôpital.
Hinata n'entendit pas leurs réponses. Juste des pas qui s'éloignaient. L'idée de se lever et d'aller voir Naruto d'elle-même lui traversa l'esprit. Cependant, la porte s'ouvrit sur Sakura, allumant la lumière de la chambre. Au regard sévère que l'infirmière lui envoya, elle renonça à bouger du lit.
-Je suis vraiment désolée pour tout ce bruit. J'espère qu'ils ne t'ont pas réveillés ?
Hinata secoua la tête avant de sourire. Sakura vit ses yeux nacrés briller.
-Excuse-moi de te faire attendre. Je sais que tu as envie de le voir mais je ne pouvais vraiment pas le laisser entrer dans l'état où il était.
Sakura s'approcha d'elle, prête à faire le dernier examen de la journée. Elle vérifia tous les tubes reliés à ses bras puis souleva le bandage autour de sa tête. Les veines avaient bien disparu.
-Tu as toujours mal à la tête ?
Hinata secoua la tête de droite à gauche. Sakura nota alors quelques remarques sur son cahier. Et finit par lui sourire.
-C'est bon tout est en ordre. Je vais te laisser maintenant. Je n'ai pas à te rappeler de ne pas faire d'effort ?
Hinata secoua à nouveau la tête de droite à gauche. Elle vit Sakura refermer la porte et le silence retomba dans la chambre. Elle n'en pouvait plus d'attendre. Rien que le fait de savoir qu'il était dans le même bâtiment qu'elle, la comblait de joie. Elle regarda alors ses maigres doigts se tordre entre eux. Au fond, elle était complètement stressée.
