LES cris, les flammes, le sang et la neige battue rendaient la nuit effrayante. Étaient-ils arrivés en Enfer ? Seule, sans les étoiles pour l'accompagner, la lune brillait au dessus d'eux, ne pouvant que les observer se faire exterminer sans pouvoir rien faire. Neji se sentit exactement comme ça lorsqu'il vit son père courir pour aider les autres Hyûga.

-Neji ! Attention !

Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il n'avait pas vu que les ennemis les avaient encerclés. Hinata venait de sauter sur son dos pour le protéger. Il essaya de reprendre son souffle. C'est alors à ce moment-là qu'il entendit une voix grave retentir.

-Tu es celle que nous cherchons, petite.

Neji leva la tête et vit un immense homme devant lui. Ses yeux s'écarquillèrent de peur. Ses membres ne voulaient plus lui obéir. Mais lorsqu'une hache apparu dans les mains de l'ennemi, son instinct prit le dessus.

« -Neji, tu dois protéger tes cousines. N'oublie pas ce que je t'ai appris. La famille c'est fait pour s'entraider. »

Son père était parti avec un sourire confiant aux lèvres. Alors pourquoi devrait-il avoir peur ? Il lui avait promis qu'ils se reverraient bientôt.

Serrant les dents, Neji sauta sur ses jambes et tira Hinata par le col de sa robe de chambre. Elle tomba sur ses fesses dans la neige mais n'était pas blessée. Il l'aida à se redresser avant de se mettre entre elle et le géant. Malheureusement, d'autres monstres arrivèrent pour prêter main forte à l'homme à la hache.

-Neji...

-Hinata ! Vas-t'en ! cria-t-il. C'est toi qu'ils veulent. Vas-t'en, je couvres tes arrières.

Ne réfléchissant plus, il se jeta sur l'un des deux ennemis. Mais, il n'eut pas le temps de faire grand chose. Il entendit Hinata lâcher un cri. Le géant rigola d'un rire grave. Neji se retourna avant de foncer vers lui.

-Hinata !

Il n'eut pas le temps de l'atteindre. Il reçut un violent coup à la tête. La douleur fut si forte qu'il ne réussit pas à rester éveillé. Il sombra, voyant Hinata être emportée de force sous le bras du géant.

Il n'avait pas réussi à la protéger.

Qu'allait dire son père ?

Soudain, un bruit contre une porte métallique réveilla Neji, maintenant allongé sur un sol en pierres froides. Il tourna la tête mais une violente douleur le prit. Il lâcha un gémissement avant de passer la main sur le derrière de son crâne. Du sang était en train de sécher parmi ses cheveux.

-Allez, on se lève !

Le garçon cligna plusieurs fois des yeux pour regarder autour de lui. Un mur en pierres se trouvait derrière lui mais sur les côtés, Neji était entouré de barreaux, le laissant voir l'étendu de la pièce. Il pouvait voir chaque extrémité.

Mais surtout, il pouvait voir les autres prisonniers.

-Papa ! s'écria-t-il en courant sur sa droite.

-Neji ! Que les dieux soient loués, tu vas bien.

Le père et le fils tendirent les mains à travers les barreaux pour essayer de se prendre dans les bras.

-On est où ? demanda-t-il.

-Je n'en sais rien. La dernière chose dont je me souvienne c'est...

Les images de l'autre soir revenaient petit à petit dans les mémoires des prisonniers.

-Oh non, Hiashi. Je l'ai vu, il... Il est mort.

Neji se redressa et se mit à chercher Hinata et Hanabi des yeux. Il faisait sombre dans la pièce, il ne voyait que les contours des formes des autres membres de sa famille. Chacun isolé dans une cellule.

-Hinata ?! Hanabi ?! s'écria-t-il alors.

-Oh, toi là !

Un des monstres blancs de l'attaque apparut devant la porte d'entrée de la cellule de Neji.

-Tu vas te taire, oui ?

Tenant toujours la main de son père entre les siennes, Neji sentit une décharge électrique, provenant des barreaux, lui traverser le corps. Il lâcha un cri en s'éloignant. En face de lui, Hizashi avait aussi reculé, frapper par la même force.

-Si tu continues à t'exciter, tu seras le premier, continua le Zetsu avant de s'éloigner.

Le premier ? Mais le premier de quoi ?

-Neji, chuchota alors une petite voix.

Il regarda devant lui, s'approcha des barreaux et vit sa petite cousine de deux ans. Son nez et ses yeux rouges à cause des larmes qui n'arrêtaient pas de couler. Ses cheveux bruns étaient emmêlés. Ses vêtements étaient couverts de boue et de poussière mais elle ne semblait pas blessée. Elle était tellement recroquevillée sur elle-même que Neji la voyait à peine dans sa grande cage juste en face de la sienne, de l'autre côté du couloir.

-Hanabi. Tout va bien, ok ? Je suis là. On est tous là.

Soudain, Neji se rendit compte de ce qu'il venait de dire. Il avait remarqué Natsu à la droite de sa cousine. Quelques anciens étaient là aussi. Mais, la majorité des prisonniers étaient des enfants. Est-ce que cela voulait dire qu'Hinata avait été capturée ?

Il avait beau regarder autour de lui, il ne la voyait pas. Il faisait trop sombre. Il se tourna vers son père, posant sa question silencieusement mais Hizashi lui fit comprendre qu'il était tout aussi perdu que lui.

Soudain, un flot de lumière passa par la porte ouverte et illumina la pièce. Le visage d'un nouvel ennemi apparut. Il était froid et fermé. Il ne semblait pas content.

-Voilà tout ceux que nous avons ramené de notre combat, maître Momoshiki.

-Je vous avez demandé une seule personne ! tonna le sorcier. Qu'une seule personne. Une fillette en plus ! Quelle bande d'incapables !

Les pas des deux sorciers claquaient dans le silence de la pièce. Tout les Hyûga regardaient les deux hommes arpenter le couloir tout en posant leurs yeux froids et méprisants sur eux. Quand Neji croisa leur regard, il sentit des sueurs froides couler dans son dos et la peur lui tordre le ventre. Il ne savait pas pourquoi mais il sentait une force incroyable émaner d'eux.

Leurs peaux étaient étrangement pales. Leurs cheveux étaient longs et blancs comme la neige. Malgré ça, ils portaient une robe blanche qui ne relevait aucune couleur. Mais, ce qui frappa Neji, maintenant qu'il pouvait les voir, fut la couleur atypique de leurs yeux. Ils étaient exactement comme ceux des Hyûga.

Celui qui avaient des cornes plates sur la tête semblait être le chef. Pour l'instant ses délicats traits faciaux exprimaient du mécontentement.

Momoshiki s'arrêta devant la cellule de Hizashi. Il l'observa quelques secondes avant de pincer ses lèvres.

-Tu sais qui je suis, n'est-ce pas ? demanda-t-il.

-Un Otsutsuki. La branche des sorciers de notre famille. Que voulez-vous ? Relâchez ces enfants tout de suite.

-C'est moi qui pose les questions !

Soudain, l'air de la pièce se fit rare. Tout le monde se mit à suffoquer, sentant leurs poumons brûler. Neji ne comprenait pas ce qui se passait. Personne n'avait bougé et pourtant, Momoshiki contrôlait l'air de la pièce à sa guise.

C'était comme s'il aspirait tout l'air respirable.

Juste avant que sa tête explose, Neji sentit l'air revenir. Tout le monde prit une grande inspiration pour tenter de calmer les battement de leurs coeurs. Ayant senti la mort approchée, les petits Hyûga explosèrent en sanglots, comprenant que les adultes étaient complètement impuissants face à cet homme.

-Où est la fille ? répéta Momoshiki.

Reprenant sa respiration, Hizashi ne répondit pas.

-Maître Momoshiki...

-Où est-elle ?!

-Je ne vois pas de qui vous parlez, mentit Hizashi. Ils y avaient beaucoup de filles dans notre famille.

-Assez ! grogna le sorcier dans ses dents. Je n'ai pas de temps à perdre. Amenez-le. Il veut protéger ces enfants, il ne parlera pas tant qu'ils auront les yeux posés sur lui.

Neji vit les zetsu ouvrit la grille de la cellule de son père. Mais Hizashi ne se laissa pas faire, il frappa le zetsu qui tomba, surpris. Deux autres paires de mains attrapèrent le prisonnier pendant que celui à terre se releva et le percuta son visage, le désarçonnant.

Hizashi fut traîné jusqu'à la porte avant de disparaître dans la lumière. Impuissant, Neji s'accrocha aux barreaux, refoulant ses larmes.

-Papa ! Papa !

-Qu'on le fasse taire, ordonna Momoshiki.

Cette fois-ci, la décharge fut beaucoup plus violente.

Tellement plus violente que Neji tomba à la renverse, se frappant à nouveau la tête contre le sol froid. Tout comme pour Hinata, il venait de voir son père être amené et il n'avait rien pu faire avant de sombrer dans les ténèbres.

Quand Neji reprit ses esprits, son père n'était toujours pas revenu dans sa cellule. Il sentit son corps commencer à le lancer à force d'être resté trop longtemps allongé par terre. Tous les autres étaient soit allongés sur leur lits, pleurant sur leur sort, soit à genoux, priant les cinq dieux de les venir en aide.

Alors avec difficulté, Neji s'assit sur son lit et attendit. Son cou se mit à le gratter mais au moment où il approcha sa main pour se soulager, un coup de jus électrique rencontra ses doigts. Surpris, il lâcha un cri.

-A ta place, je ne le toucherai pas.

Neji tourna la tête vers la gauche et découvrit le sourire d'un des anciens.

-Pendant que tu était dans les vapes, les monstres blancs nous ont installé ces trucs autour du cou. D'après ce que j'ai compris, ils vont nous garder. Ce collier enregistre tout ce que nous faisons et ressentons. Il est directement relié aux nerfs du cerveau alors ne fais rien de stupide si tu veux rester en vie.

Neji sentit ses lèvres tremblées. C'était beaucoup trop pour un jeune garçon de son âge. Il aurait voulu rester fort pour sa cousine et son père mais trop d'émotions le submergeaient. Il sombrait de plus en plus profond dans la terreur et l'angoisse.

Il s'allongea alors face au mur et laissa couler ses larmes, le plus silencieusement possible.

Une longue et oppressante routine se mit en place dès le lendemain, il n'y avait rien d'autre à faire à part manger aux heures convenues par les sorciers. Et très vite, à cause de leur maigre rations, les Hyûga passaient leurs journées allongés sur leur lits, incapable de bouger par manque de force.

Petit à petit, les bruits de ventre affamés brisèrent le silence et devinèrent le seul son quotidien dans la pièce. Personne n'osait bouger ou même parler. Les zetsu faisaient souvent des rondes entre les cages et s'amusaient à faire peur aux plus petits. Ils semblaient être les rois des lieux quand les sorciers n'étaient pas présents. Cependant, Neji regardait toujours ce qu'ils faisaient, espérant trouver une explication à tout ce qui se passait autour de lui.

Au bout de ce qui lui sembla une éternité, Neji revit son père. Il avait survécu à quatre semaines de torture. Les zetsu le jetèrent dans sa cellule après lui avoir extrait toutes les informations que Momoshiki avait jugé utiles d'obtenir.

-Papa ! chuchota Neji qui réussit à lever la tête pour voir son père se redresser.

-Neji ! C'est affreux. Écoute-moi, si je ne survis pas, tu dois trouver un moyen de sortir ici. J'ai pu entrevoir l'extérieur. Nous ne sommes pas à Konoha. L'air n'est pas froid. Ecoute-moi Neji. Ils vont se servir de nous. Ils veulent créer quelque chose de puissant pour détruire leurs ennemis. Je n'ai pas tout compris mais tu dois trouver ce qu'il manigance Tu as compris ?

Malgré son manque de concentration, le jeune garçon avait tout entendu mais son cerveau avait arrêté de fonctionner aux mots que son père avait chuchoté.

« Si je ne survis pas. »

-Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda le garçon. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Pourquoi tu crois que tu vas mourir ?

-Ce n'est pas important, Neji. La famille passe avant tout. Tu dois aider tes cousins et cousines à survivre. Tu as compris ? Est-ce que tu as compris ? Ils vont d'abord utiliser les adultes et les anciens donc tu dois trouver un moment de vous enfuir.

Ils étaient tout près l'un de l'autre. Mais, même si Hizashi n'avait pas de collier, aucun d'eux ne se touchaient de peur d'être électrocutés à nouveau.

A partir de ce moment-là, ce fut la descente aux enfers pour Neji. Son père sortait tous les matins de sa cellule pour être amené quelque part à l'abri des yeux indiscrets des Hyûga. Chaque soir, il revenait de plus en plus faible et de plus en plus pâle.

Il avait beau cacher son état à son clan et à son fils, Neji voyait très clairement le sang couler des yeux de son père. Tout ce dont Hizashi s'autorisait à lui dire était ce qu'il voyait lorsqu'il était traîné hors de la pièce.

Malheureusement, le père et le fils avaient beau réfléchir, ils n'arrivaient pas à savoir où ils se trouvaient.

Puis vers la fin du sixième mois d'emprisonnement, Hizashi fut secoué de plusieurs crises, alertant les Hyûga mais aussi les sorciers. La douleur à sa tête était tellement puissante qu'il perdit connaissance pendant plusieurs heures d'affilées avant d'être évacué hors de la pièce.

A part regarder et pleurer, Neji ne pouvait rien faire.

-A quoi pensez-vous, maître Urashiki ?

Les crises étaient de plus en plus rapprochées au fil des jours, ce qui inquiétait le maître des lieux. Un jour, Hizashi avait hurlé toute la nuit et, malgré les anti-douleur que lui avait donné les zetsu, il continuait de souffrir.

-Ça fait à peine trois mois qu'on le teste. Je pense que son corps rejette la contamination. Voilà pourquoi il pleure du sang, annonça le sorcier avant de souffler. C'est clair que c'est un échec.

-Que devons-nous faire ? demanda le zetsu.

Allongé dans son lit, Neji retenait sa respiration. Malgré la fatigue qui alourdissait ses paupières, il n'arrivait pas à dormir à cause des plaintes de son père juste à côté de lui. Au son de ses cris et de ses supplications, il savait qu'il ne pourrait jamais imaginer l'ampleur de la douleur que Hizashi était en train d'expérimenter.

-Je ne pensais vraiment pas que le rejet aurait été si rapide, marmonna Urashiki mécontent. Je vais devoir me dépêcher d'améliorer la contamination. En attendant, si demain le sujet numéro 080168 n'a pas maîtrisé sa douleur, vous aurez le droit de le tuer.

Alors que le sorcier sortit de la pièce, prêt à travailler toute la nuit, Neji eut l'impression que son monde venait de s'écouler autour de lui. Le rire glacial des zetsu continua de résonner dans ses oreilles malgré qu'ils soient sorti de la pièce.

Dès que la porte fut fermée, il se redressa sur ses bras maigres et fragiles pour de se diriger vers son père.

-Papa, tu dois te calmer, dit Neji essayant de réconforter son père.

Mais ce dernier continuait de serrer les dents de douleur. Les larmes aux yeux, Neji passa le reste de la nuit assis par terre auprès de son père en lui parlant d'une voix douce. Toutefois, rien ne marchait.

A l'heure du petit-déjeuné, alors que les zetsu faisaient leur ronde pendant que les Hyûga mangeait calmement, le silence de mort de la pièce était déchiré par les pleurs et les cris de plus en plus violents d'Hizashi.

Sans demander leur reste, les zetsu ouvrirent sa cage et l'attrapèrent malgré les gestes incontrôlés du sujet pour se libérer.

-Non, non, non, murmura Neji. Attendez !

Les zetsu ne firent pas attention à lui. Ils laissèrent la porte de la cellule ouverte. Il fallait la nettoyer tant elle puait le sang et le pourri. Comme si un corps humain était en train de se décomposer.

-Attendez ! hurlait Neji. Je vous en pris ! Je vous en pris !

La porte se referma et enfin, un vrai silence s'installa. Plus de cris, plus de pleurs, plus de mouvements de lit. Juste des prisonniers faisant leur prières pour accompagner l'âme de leur frère en lieu sûr auprès des dieux.

Neji était toujours accrochés aux barreaux. Les yeux écarquillés, la bouche ouverte, aucun son en sortait. Son visage était trempé de larmes qui ne voulaient pas s'arrêter de couler. Son cœur lui faisait mal, tellement mal. Il n'aurait jamais cru ressentir autant de douleur six mois plus tôt.

A cette époque, il avait encore sa famille.

Il sentit le regard d'Hanabi sur lui mais il savait que s'il voyait les tristes yeux nacrés de sa cousine, il allait vraiment perdre les pédales. Petit à petit, il commença à se renfermer sur lui même, abandonnant en même temps tout espoir de sortir d'ici en vie.

-Papa, papa.

Cette fois-ci, Neji ne se cacha pas. Il pleura tout son mal et son désespoir.

Dès le lendemain, les zetsu vinrent nettoyer la cellule d'Hizashi, effaçant les dernières traces de son existence.

Les mois se transformèrent très lentement en années. Cependant, la pièce des prisonniers se vidait de plus en plus rapidement. Les sorciers perdirent les plus âgés et les plus jeunes, un à un, pendant les trois premières années après leur captures. Ce chiffre s'ajoutait aussi au nombre qu'ils avaient perdu à cause de leurs expériences.

Neji ne savait pas comment ils choisissaient les cobayes. Peut-être que c'était du pur hasard. Dans tous les cas, il continuait de prier pour qu'Hanabi soit choisie parmi les derniers.

Malgré le manque de nourriture, d'eau et de soleil, les deux cousins avaient continué de grandirent en silence. Personne parlait de peur d'être choisi comme prochain sujet. Tout le monde avait l'impression de voir la Mort avec sa faux attendre sagement dans le coin sombre de la pièce.

Malheureusement, les années de répit étaient arrivées à leur termes, l'année des dix ans d'Hanabi. Les deux cousins étaient maintenant les deux derniers survivants depuis plusieurs années maintenant. Ils avaient entendu des rumeur comme quoi le projet d'Urashiki avait été mis en pause par manque de résultats satisfaisants. Cependant, ils avaient gardé les deux Hûyga en vie.

Alors que Neji essayant de dormir comme il pouvait sur son lit devenu trop petit pour sa taille, les zetsu ouvrèrent la porte de la pièce en parlant fort.

-Le maître a dit le numéro 270304.

-Ouais. Elle est quelque part au fond.

-Il parait que c'est la sœur de la fille que les maîtres recherchent. Voilà pourquoi ils l'ont gardé ici le plus longtemps possible.

-Ta gueule, on s'en fout.

A l'appel de son matricule, Hanabi avait senti l'angoisse se propager le long de ses membres. Quand à Neji, il s'était carrément levé pour être sûr qu'il ne rêvait pas. Hélas, les zetsu étaient bien devant la cellule de sa cousine.

-Allez à ton tour, dit un des monstres en l'attrapant par son collier.

Hanabi essaya de s'échapper mais ses maigres et faibles jambes n'arrivaient pas à supporter son poids. Elle n'eut même pas la force de résister.

-Neji...

-Non, attendez ! Ne la prenait pas ! Utilisez-moi ! Faites tout ce que vous voulez mais je vous en pris, laissez la tranquille, supplia-t-il.

Mais les zetsu ne l'écoutait pas. Il avait l'habitude maintenant. Dès qu'ils arrachaient quelqu'un à cette prison, les plaintes se faisaient toujours de plus en plus fortes.

-Attendez je vous dis ! Je suis le grand frère ! hurla-t-il.

Cette fois-ci, les zetsu s'arrêtaient. Ils se regardèrent de leurs yeux vides d'intelligence avant de se tourner vers Neji. Alors qu'Hanabi essayait de se défaire comme elle pouvait de leur emprise, les monstres se mirent à chuchoter entre eux.

Neji vit l'un d'eux courir vers la porte de sortie. Ça lui donnait du temps pour réfléchir. Mais le zetsu revient trop rapidement, accompagné du maître des lieux, Urashiki Otsutsuki.

Ça faisait longtemps que Neji n'avait plus vu le sorcier prendre la peine de venir voir les prisonniers. Il fut impressionné de constater que son ennemi n'avait pas pris une seule ride sur son visage.

-Numéro 030797, lut Urashiki sur son cahier.

-Oui. C'est lui qui a dit qu'il était le grand frère, répéta le zetsu.

-Ce n'est pas ce que les tests disent, dit le sorcier en parcourant la page des yeux.

-Eh bien vous vous êtes trompés, interrompit Neji. Regardez-nous. Cette fille est ma copie conforme.

Le zetsu s'apprêta à baisser le levier de commande du collier de Neji quand Urashiki l'arrêta de la main. Les yeux plissés, il le dévisagea. Le jeune homme sentit son cœur battre à tout rompre dans ses oreilles.

-Si j'en crois ce qu'il y a écrit, tu es le cousin de la Princesse.

Neji était perdu. De quelle princesse parlait-il ? Hanabi ? Hinata ? Si oui, cela voulait dire qu'elle était en vie. Mais, pas le temps de se réjouir.

-Je... commença-t-il ne sachant pas quoi dire.

-Cependant, tu prétends être le grand frère de cette fille. Cela renforcerait sûrement le lien, marmonna soudain Urashiki. Bien ! Faites l'échange ! Je prends le numéro 030797. Remettez le numéro 270304 à sa place. Nous l'utiliserons plus tard. Contrairement à lui, je suis sûr que cette fille est la sœur de la Princesse.

Hanabi fut remise dans sa cellule et Neji fut tiré de la sienne. Les deux cousins ne savaient pas s'ils devaient être soulagés ou terrifiés. Neji essaya de sourire devant les yeux larmoyants de sa cousine.

Dès qu'il passa la porte de la salle, le soleil de l'extérieur lui brûla les yeux. Il eut soudain très chaud et sentit son corps devenir lourd, mou. Il perdit plusieurs fois connaissance. Impossible pour lui de voir quoi que ce soit du paysage qui l'entourait.

Était-ce à cause de ce collier ?

Neji sentit les monstres soulever son corps avant de le poser sur un lit, dur comme une table. Les zetsu attrapèrent son pauvre bout de toile qui lui servait de vêtement et le déchira jusqu'à la taille. Le froid mordit sa peau. Puis, de larges sangles compressèrent son corps contre la table d'opération. Une lumière blanche fut mise au-dessus de son buste.

Malgré son manque de lucidité, son corps tremblait de peur. Il y avait des visages qui passaient de temps en temps devant ses yeux pendant que les bruits autour de lui se faisaient de plus en plus forts. Il ne savait pas ce qu'ils allaient lui faire. Ses dents se mirent à claquer.

Pourquoi avait-il si froid alors que tout à l'heure, il avait eu si chaud ?

-Retirez lui ce collier, imbéciles !

Des mains crochues s'approchèrent de son cou et il entendit un « clic » retentir dans la pièce. Mais, ça avait été trop rapide. Impossible pour lui de savoir comment ils avaient fait pour désactiver ce collier.

Puis le visage d'Urashiki, caché derrière un masque d'opération, apparut au-dessus de lui.

-Bien. Commençons.

Neji ne voyait pas son sourire mais ses yeux mauvais et sa voix machiavélique donnait le ton de ce qui allait suivre.

-Injectons d'abord le virus.

Deux larges aiguilles pénétrèrent son flanc gauche. La douleur coupa sa respiration. Pourquoi était-il encore réveillé ? Pourquoi ne l'endormaient-ils pas ? Malgré qu'il soit réveillé, Neji n'arrivait ni à parler ni à faire bouger son corps. C'était comme si tout son être était ralenti par une force magique.

-Maintenant le sang. Vite, vite ! hurlait Urashiki la main tendue.

Toujours au même endroit, une autre aiguille plus petite envoya un liquide d'une autre couleur. A ce moment, Neji sentit une grande force coulée le long de ses veines.

-Premier test en cours !

Tout le monde recula de la table d'opération, laissant Neji dessus. Puis, un éclair blanc apparut dans la pièce. Il fut aveuglé par cette étrange lumière et ferma les yeux beaucoup trop tard.

Quand il souleva ses paupières, tout autour de lui était flou. Comme si sa vue avait baissé. Il sentit la panique le submerger. Qu'avaient-ils fait ? Il sentit les sangles se desserrer autour de lui. Cependant, il ne bougea pas, attendant que sa vue s'adapte à nouveau.

Mais, rien.

Sans plus attendre, les zetsu attrapèrent Neji et le soulevèrent.

-Attention. Attention. Pas comme ça. On va le faire tomber !

Les zetsu s'organisèrent comme ils purent pour le ramener dans sa cellule. Une fois à l'intérieur, ils sortirent sans plus d'explications. Neji était complètement perdu. Il tâtonna autour de lui pour se repérer.

Impossible de trouver son lit.

-Avance et tends ta main devant toi, lui dit alors Hanabi.

Neji suivit ses instructions. Ses doigts entrèrent en contact avec le bois de son lit. Il s'assit dessus puis posa une main sur son flanc et l'autre sur ses yeux.

-Qu'est-ce qui c'est passé ? demanda Hanabi à haute voix.

-J-Je n'en sais rien. J-J'ai mal et maintenant, je vois plus rien.

-C'est bizarre. C'est la première fois que ça arrive.

-Je sais et ça me terrifie, avoua-t-il d'une voix tremblotante.

Neji resta aveugle pendant un peu plus de vingt-quatre heures. Le temps que l'infection fasse son effet dans son corps. Le deuxième jour, il se réveilla sur une chaise en plein milieu d'un jardin. Devant lui, Urashiki écrivait sur son cahier, attendant qu'il reprenne ses esprits.

-Te voilà enfin réveillé. As-tu retrouvé la vue ?

En effet. Neji cligna plusieurs fois des yeux, soulagé. Il avait même l'impression que sa vue était mieux qu'avant. Une explosion de couleur l'entourait. L'herbe verte, le ciel bleu, le soleil jaune, le gris des pierres et le blanc du sorcier en face de lui.

-Vois-tu la barrière de glace autour de nous ?

En effet. En plus de son collier retrouvé, Neji voyait la magie qui les entourait, l'empêchant de s'échapper.

-Écoute. Si tu ne me réponds pas, je ne vais pouvoir t'aider.

-M'AIDER ? répéta Neji avant d'éclater de rire. Comme si j'allais te croire...

-Les prochains mois risquent d'être difficile alors tu dois répondre à mes questions si tu ne veux pas souffrir et mourir comme le reste de ta famille.

Urashiki avait parlé calmement mais tous ses mots n'étaient que menace. Malgré ça, la volonté de comprendre et la curiosité de Neji prirent le dessus.

-Je te vois très bien et je vois la glace autour de nous.

-Parfait.

Il cocha deux cases avant de lever ses yeux froids sur son sujet.

-Tu as mal si je presse sur ton front ? demanda-t-il en appuyant avec son stylo.

-Non.

-Parfait.

-Pourquoi ?

Il eut un silence. A quoi Neji s'attendait ? Urashiki n'allait parlé que pour satisfaire son intérêt. Par curiosité, il passa sa main sur son front. Il sentit des reliefs sous ses doigts pendant que ses yeux s'écaillaient de surprise.

-La Princesse que nous recherchons possède du sang de la Déesse Kaguya. Je ne sais pas pourquoi je ne n'y ai pas pensé avant mais j'ai mélangé la contamination avec son sang. Ta vue à donc baissé en résonance avec le sang de ma Déesse et ma magie. Cependant, la contamination a réajusté ta vue, te permettant de voir les peurs les plus profondes des gens autour de toi.

Neji ouvrit la bouche mais Urashiki le devança.

-Ce que tu as sur le front est le sceau qui permet à ton sang de copier celui de la Déesse. Sans ça, je pense que la contamination te tuera. Exactement comme les autres. Mais ça, je ne suis pas sûr. Tu es prêt à ce que l'on le découvre ensemble ?

Cette fois-ci, c'est lui qui rigola alors que Neji avalait comme il pouvait sa salive avec sa gorge serrée.

-Bien. Pas de saignement ? continua le sorcier en cochant joyeusement ses petites cases. Pas de mal de tête ?

-Pourquoi cherchez-vous Hinata ?

-Cette question n'a aucun rapport avec ce que l'on est en train de faire, n'est-ce pas ?

Son regard était vite devenu menaçant. Le visage de Neji resta impassible. Cet avertissement tordit quand même ses entrailles de peur.

-Pourquoi m'avoir rendu comme ça ?

-Bien, j'imagine que si tu continues de parler, ça veut dire que tu n'as pas de maux de tête.

Urashiki baissa son stylo pour cocher sa case avant de regarder Neji.

-Il faut bien des brouillons avant de rendre une copie bien belle et bien propre, dit-il pour répondre à sa question. Vous êtes les brouillons et quand le sérum sera prêt, j'ai parié avec ce stupide Toneri, que je le transfuserai moi-même à la Princesse, n'est-ce pas magnifique ?

Des frissons de dégoûts traversa Neji. Impossible que les Hyûga et les Otsutsuki soient de la même famille. Toute cette histoire avait l'air d'être un jeu pour eux. Comment manipuler la vie d'autrui puisse se transformer en pari ?

-Allez, assez parler ! On va mettre ce nouveau corps en pratique.