TEL le soleil qui repousse les plus sombres nuits de ses rayons. Tel le vent qui balaye les gros nuages de pluie de ses rafales. Tel l'eau qui rince les imperfections de ses vagues. Naruto réchauffe les recoins les plus glacés de l'âme d'Hinata de son sourire.
Si les mots d'Hinata avait pétrifié les occupants de la chambre un peu plus tôt, ceux de Naruto avaient complètement figé le temps autour d'eux.
Le vent s'était arrêté de souffler. Sasuke et Sakura ne bougeaient plus. La trotteuse du réveil d'Hinata ne faisait plus de bruit.
Hinata pensa que le silence allait s'installer mais un bruit persistait dans la pièce. Les forts et rapides battements de son cœur résonnaient dans ses oreilles. Elle entendait aussi la respiration de Naruto. Elle était posée et profonde. Il était tellement proche d'elle que ses mèches blondes s'entre-mêlaient avec ses cils fins et noirs.
Ce n'était pas la première fois qu'ils étaient si proches. Seulement, maintenant que chacun avait avoué ses sentiments, ils avaient l'impression de tout voir sous un nouveau jour.
Les nerfs étaient à fleur de peau, ressentant tout ce que l'autre faisait. Les mains semblaient plus douces malgré les bandages, signe qu'ils avaient chacun leurs problèmes et leurs peurs. Les fronts semblaient ne pas vouloir s'éloigner l'un de l'autre. Ou, s'arrêter de répandre une douce chaleur entre eux.
Malgré tout, Naruto avait l'impression que son cœur avait arrêté de battre. Il n'avait jamais été aussi stressé de toute sa vie. Mais, toujours perdu dans son regard, il vit les yeux nacrés d'Hinata s'écarquiller de surprise puis, briller de bonheur. De nouvelles larmes coulèrent sur ses joues. Alors qu'un doux petit sourire fendit son visage rosie, remplaçant l'expression de surprise qu'elle avait affiché lorsqu'elle avait entendu ses mots franchir ses lèvres.
-Tu... Tu...
-Je t'aime, répéta-t-il. Je t'aime.
Il prit goût à prononcer ces mots. Il avait l'impression d'enfin pouvoir tenir quelque chose, qui lui était propre, dans ses mains. Et il était prêt à le partager avec Hinata.
Il était prêt à dire ces mots autant de fois que possible.
-Je t'aimerais jusqu'à la fin de mes jours.
-J-Je..., souffla-t-elle. Je t'aime aussi, Naruto. Tellement.
Il ne s'était pas attendu à une longue réponse. Après tout, c'était lui qui était en retard. Et pour ça, il allait s'en vouloir toute sa vie. Mais, Hinata avait parlé avec une telle intensité, qu'il eut mal au cœur devant l'honnêteté et la profondeur de ces mots.
Elle l'aimait à ce point, réalisa-t-il.
D'un coup, tout reprit son cours autour d'eux. Le vent souffla autour du bâtiment. Sakura aida Sasuke à se relever, alors que celui-ci touchait son menton meurtri. La trotteuse recommença sa course. Et enfin, le coeur de Naruto put reprendre ses battements. C'est à son tour de sourire avant de se rapprocher encore plus d'elle. Il frotta son nez contre celui d'Hinata dont les joues passa de rose à rouge.
-Que dirais-tu de partir d'ici ? chuchota-il.
Hinata ne prit même pas la peine de réfléchir. Elle secoua la tête, passant ses bras autour de sa nuque, enfouissant son visage dans le creux de son cou. Elle respira son odeur, apaisant son cœur, éloignant son angoisse. Elle avait confiance en lui. S'il lui avait dit que rien n'allait arriver, alors elle aussi devait y croire.
Naruto tira le drap, libérant les jambes d'Hinata avant de se pencher à nouveau vers elle. Ses cheveux blonds frôlaient son front pendant qu'il passait ses bras autour de son buste et sous ses jambes.
-Naruto ? Qu'est-ce que tu fais ?
Debout, portant Hinata dans ses bras, il se tourna vers ses deux amis. Cette fois-ci c'était Sakura qui fronçait les sourcils. Sasuke avait les yeux écarquillés, comprenant déjà ce qu'il allait faire.
-C'est pas une bonne idée, Naruto.
En un éclair, Naruto donna un coup de pied dans la porte-fenêtre et se retrouva debout sur le rebord du balcon, un sourire sur le visage. Il ne s'était jamais senti aussi surpuissant et en même temps, aussi heureux et léger. C'était comme si tous ses problèmes s'étaient envolés alors qu'il n'avait même pas encore ouvert la bouche. Il avait l'impression que rien ne pourrait jamais effacer ça. Il resserra Hinata dans ses bras.
-Désolé, mais on va vous quitter, annonça-t-il. On a des trucs à faire et j'ai l'impression que vous aussi. Sakura, tu devrais soigner le mauvais coup que ton copain s'est pris. C'est pas beau à voir.
Sasuke claqua sa langue contre son palais. Naruto avait pris un ton bien arrogant et ses yeux étaient presque joueurs. Il se balançait d'avant en arrière sur ses talons, défiant la gravité elle-même.
Fébrile, Hinata regarda discrètement derrière eux. Le vide l'appelait, lui tordant le ventre. Elle resserra sa prise autour de Naruto.
-O-On pourrait peut-être p-passer par la p-porte.
-Tu ne sais pas ce qui est marrant, Hinata, chuchota-t-il contre son oreille.
Il ne lâchait pas Sasuke des yeux. Il le savait assez rapide pour lui arracher Hinata des bras. Cependant, il savait que sa voix allait attirer l'attention d'Obito juste en-dessus de lui.
Il devait faire vite puisqu'il n'y avait pas d'autres issues. Il était venu par le toit mais, avec Hinata dans ses bras, il ne pouvait pas partir par là. C'était trop dangereux pour elle.
-Oh ! Et je vais te donner un conseil, Sasuke ! reprit-il avec une voix grave et un visage fermé. Tu ne devais pas essayer de me suivre. Et n'envoie pas Aoda, ça revient à être de la filature. Si je vois une de ses plumes ou un de vos cheveux noirs, je serai très contrarié et ça pourrait mal finir.
Sasuke retient un frisson alors que Sakura s'approchait de Naruto à grands pas.
-Tu ne peux pas l'enlever, Naruto. Dis-lui Hinata...
Sasuke lui attrapa le bras pour l'arrêter ce qui étira un nouveau sourire sur les lèvres de Naruto, satisfait.
-Je fais ce que je veux, merci Sakura. Et ne t'inquiète pas, je vais te ramener Hinata. Je ne sais pas encore quand. Sûrement lorsque j'en aurais assez. Ce qui, en réfléchissant bien, ne risque pas d'arriver. Allez salut !
Toujours avec son sourire plaqué sur les lèvres, Naruto se retourna. Hinata prit une grande bouffé d'air et il sauta dans le vide. Elle se mordit les lèvres pour ne pas crier pendant leur chute alors que que le sol se rapprochait de plus en plus vite.
Elle ne s'habituera jamais aux sorties de Naruto.
Peu avant d'atterrir, il plia les jambes pour que ses pieds rencontrent, tout en douceur, la fine couche de neige.
Beaucoup plus légère que la dernière fois, Hinata ne gêna pas Naruto qui put se redresser de toute sa hauteur avant de se tourner vers un Obito, surpris. Il avait vu un gros point noir tombé sur lui et maintenant qu'il voyait le couple, il était paralysé de stupeur.
-Yo !
Naruto lui sourit avant de lever la tête vers le quatrième étage. Sakura les regardait d'en haut avec un visage horrifié. Sasuke avait les bras croisés sur le rebord du balcon avec son visage de nouveau fermé.
-Désolé pour tous vos futurs problèmes ! Bonne soirée, salua Naruto.
Il se retourna et partit en direction du quartier général.
-Laisse-le partir, Obito.
Naruto jeta encore un coup d'œil derrière lui avant d'accélérer.
Le vent dans ses cheveux et le froid de l'extérieur sur son visage firent monter un sentiment de liberté au fond d'Hinata. Avec Naruto tout près d'elle, elle se sentait en sécurité mais, la dernière phrase qu'il avait prononcé tournait en boucle dans sa tête.
C'était bien la première fois qu'elle faisait quelque chose qui allait à l'encontre de ce que l'on attendait d'elle. Toutefois, elle ne pouvait pas nier le plaisir que ça lui procurait. Mais, en même temps, ce qu'ils venaient de faire allait créer de lourdes conséquences.
Et si Sakura était virée par sa faute ? Et si Sasuke avait des problèmes avec les chasseurs par sa faute ? Elle avait accepté de partir avec Naruto parce qu'elle en avait eu envie. Et elle en avait toujours envie. Mais, est-ce que sa décision n'allait pas faire du tort à ses amis ?
-Ne t'en fais pas pour eux, dit Naruto comme s'il avait entendu ses pensées. Sasuke est intelligent, il trouva une solution. Il a l'habitude d'essuyer mes bavures.
Ses bras fins et aimants avaient glissé de son cou. Il remarqua qu'elle s'était mise à jouer avec ses doigts, tirant sur les pansements de couleurs. Connaissant Hinata, il savait qu'elle s'inquiétait pour ses amis. Malgré lui, l'idée qu'elle puisse regretter d'être parti avec lui, effleura son esprit.
Elle voulait être avec lui, pas vrai ? Il tourna vers la droite, prenant la direction du centre de la ville.
-Où allons-nous ? demanda Hinata d'une petite voix.
-J'ai un truc à te montrer dans la forêt. Mais avant, on va au Q.G. J'ai trop peur que tu attrapes froid là où nous allons.
Hinata prit soudain conscience de comment elle était habillée et rougit. En effet, le pauvre ensemble d'hôpital couvrait à peine ses bras et ses pieds. Cependant, grâce à Naruto, elle n'avait pas encore froid. Ses cheveux étaient emmêlés à cause du vent. Et surtout, elle imagina son visage qui devait être horrible à voir.
Soudain, Naruto ralentit son allure pour s'arrêter complètement.
-On est arrivé. Bienvenue au quartier général des Kages.
Elle leva les yeux et les sentit s'agrandirent de surprise.
Un immense manoir essayait de ne pas écraser les immeubles et maisons modernes qui se tenaient autour de lui. Il était haut de plusieurs étages et larges de plusieurs pièces. Malgré que ce soit l'habitation de ses amis, Hinata ne pouvait pas ne pas voir l'étrange ambiance que les lampadaires créaient à l'entrée. Sa devanture de couleur sombre ne lui donnait pas un air sympathique. Mais, il restait tout de même majestueux grâce à son apparence du dix-neuvième siècle.
-Ce n'est pas très discret pour un quartier général.
-Justement. C'est la tactique de Shikamaru. Au plus c'est visible, au moins c'est suspect.
Hinata lâcha soudain un petit cri lorsque Naruto la fit sauter dans ses bras pour la repositionner comme il voulait. Il lui offrit un sourire joueur face à sa moue boudeuse.
Grimpant les quelques marches, ils étaient maintenant devant la porte. Soudain, il réalisa que ses deux mains étaient prises et qu'il ne pouvait donc pas ouvrir la porte. Or, il ne pouvait pas poser Hinata. Dans leur précipitation, elle était partie pieds nus et il redoutait de la lâcher pour après la voir tomber de fatigue. Il ferma les yeux, retenant sa respiration.
-H-Hinata, Euh... E-Est-ce que tu pouvais... P-Prendre les clés qui sont dans la poche arrière de mon jean ?
Hinata rougit jusqu'aux oreilles. Il se maudissait intérieur. Si seulement il avait pensé à les mettre dans les poches de sa veste, ça aurait été plus simple.
-B-Bien s-sûr...
Elle passa sa main sous le bras de Naruto avant de la glisser timidement dans la poche. Pendant ce temps, il essayait de penser à autre chose, les yeux au ciel.
Bien sûr, les clés n'étaient pas là.
-Ah, d-désolé ! s'exclama-t-il d'un rire nerveux. J-J'ai oublié de dire que c'était dans l'autre poche.
Naruto était sûr que son visage dégageait de la fumée tellement sa peau lui brûlait. Hinata finit par trouver les clés, les libérant tous les deux de cette gêne intense qu'ils ressentaient.
-C'est la plus grosse, lui indiqua-t-il.
Hinata se pencha en avant et déverrouilla la porte avec la clé. Elle fut même étonné de la simplicité dès qu'elle entendit le clic de la serrure. Elle s'était attendue à ce qu'un code secret apparaisse ou qu'une question leur soit demandées afin de vérifier leurs identités.
Tout doucement pour ne pas faire de bruit, Naruto poussa la porte du pied. Une bonne odeur de forêt les enveloppa alors qu'Hinata refermait la porte derrière eux, les plongeant dans le noir.
-Répète après moi, Hinata. Je suis rentré.
- « Je suis rentrée. »
-Analyse terminée. Bonsoir, Naruto Uzumaki. Bonsoir, Hinata Hyûga.
Hinata sursauta au son de cette voix fluide et aiguë.
-C'est rien, rassura-t-il. Enfin non, c'est pas rien. C'est juste Katsuyu, une intelligence artificielle. Elle gère et surveille le manoir. Elle doit sûrement être quelque part au sous-sol, physiquement. Mais sinon, elle est reliée à tout les pièces.
-I-Impressionnant.
Connaissant le manoir comme sa poche, Naruto marcha dans un large couloir. Après avoir retiré ses chaussures. Ils arrivèrent dans l'immense salon dont les rideaux avaient été tirés, empêchant les curieux de la rue de voir à l'intérieur.
-A partir de maintenant, il faut faire le moins de bruit possible, ok ? chuchota-t-il.
Il sentit Hinata secouer la tête contre son torse.
Ils ne s'éternisèrent pas dans la pièce et Hinata entendit Naruto monter des escaliers. Il arriva sur un premier palier mais reprit de nouvelles marches. Le silence du manoir était presque inquiétant pour elle. Enfin, il arriva au quatrième palier et se dirigea vers une chambre.
Il demanda à Hinata d'ouvrir la porte. Cette dernière se cogna la main plusieurs fois avant de trouver la poignée. Elle poussa le battant et découvrit une jolie chambre que la lumière de la lune éclairait naturellement à travers la vitre de la fenêtre.
-Bienvenue dans ta chambre, dit Naruto avant de poser Hinata sur le lit extra-large.
-Ma chambre ? répéta-t-elle.
-Oui. Quand tu sortiras de l'hôpital, tu pourras venir ici. Enfin si tu veux. Mais au moins, tu ne seras pas seule. Neji dort dans une des chambres du troisième étage. Puis, tu as celle de Fû au bout du couloir. Celle de Tenten est juste en face à droite de la tienne et celle de Sakura à gauche.
-Sakura vit ici aussi ? demanda-t-elle en levant la tête vers lui.
Hinata avait entendu Sakura parler de ses parents à la fête d'anniversaire de Kiba et d'après ce qu'elle avait comprit, monsieur et madame Haruno étaient très protecteurs envers leur fille unique.
-Oui. Ça n'a pas été facile de convaincre ses parents mais Sasuke leur proposa un marché. S'ils laissaient Sakura s'installer ici, Katsuyu pouvait l'accompagner.
-L'intelligence artificielle ?
-Oui. C'est un genre de mélange entre un garde du corps et une servante que Sakura se trimbale depuis qu'elle est toute petite. Enfin bref, ça a rassuré les parents de Sakura donc Shino a fait un truc, je me souviens plus trop. Mais bon, il a bidouillé deux, trois câbles et puis Katsuyu nous sert maintenant de sécurité à tous.
Elle s'attendait à ce qu'il lui parle de Fû mais Naruto ne dit rien de plus. Il se contenta d'allumer la petite lampe avant de s'asseoir à côté d'elle pendant qu'elle faisait le tour de la chambre des yeux.
Contrairement au reste du manoir, cette pièce était amicale et réconfortante. Ses murs étaient peint d'un violet foncé, parsemés de fleurs blanches. Hinata posa ses pieds froids sur le parquet chaud. Le chauffage venait directement d'en-dessous. La seule fenêtre permettait à la lumière extérieur de pénétrer dans la pièce. Derrière une porte adjacente, se trouvait la salle de bain, comprit-elle. Plusieurs meubles, tels qu'une armoire, une étagère et un bureau remplissaient la chambre.
-On a essayé de la reproduire comme celle de ton dortoir, avoua Naruto d'une voix légère.
Voilà donc pourquoi Hinata avait l'impression d'être déjà venue. Elle nota plusieurs cartons posés dans le coin, entre l'armoire et le bureau.
-A quoi servent-ils ? demanda-t-elle curieuse.
-C'est tes affaires qu'on a déplacé de ta chambre. Ino veut pas que j'y touche. Elle parlait toujours d'intimité. Pourtant, dès que je les ouvrais, j'avais l'impression que tu étais à côté de moi.
Hinata sentit sa main se poser sur la sienne. Elle leva timidement les yeux vers lui et découvrit un petit sourire à moitié gêné, à moitié désolé.
-Tu as donc fouillé dans mes affaires ?
-Hein ? Non. Non. Bien sûr que non. J'ai ouvert le cartons de livres. Et... Et aussi celui des draps... Mais c'est tout. Je jure.
Combien de fois Naruto avait senti son envie de voir Hinata prendre le dessus sur ses obligations ?
Tellement de fois, qu'il ne s'était jamais senti tranquille. Surtout lorsqu'il traversait l'hôpital avec Shion. Il était comme tiré mystérieusement vers la chambre 410. Donc, en plus de Saï, il s'était auto-surveillé sans relâcher sa vigilance de peur de céder à la tentation. Mais, dès qu'elle était trop forte, il venait dans cette chambre et s'asseyait par terre, ouvrant les cartons pour sentir l'odeur d'Hinata s'en échapper. Puis un jour, sans s'en rendre compte, il avait fait le lit avec ses draps et il s'était allongé par-dessus comme pour retrouver les sensations qui l'avait habité la nuit où il avait dormi avec elle.
-Je t'embête, Naruto, dit-elle d'une petite voix timide qui le ramena à l'instant présent. Si ça t'a aidé à ne pas t'approcher de moi pendant tout ce temps, tant mieux.
Elle lui sourit à son tour avant de croiser ses doigts avec les siens. Il sentit son cœur accélérer. Est-ce que tout ça était bien réel ?
-J'avais terriblement envie de venir, Hinata. J'étais tellement malheureux. Mais quand j'ai appris pour tes deux crises, j-je me suis dit que tu n'étais pas encore prête à me revoir.
-Je ne le suis toujours pas... avoua-t-elle.
-Peu importe, coupa-t-il. T'es là, avec moi, et c'est tout ce qui compte. J'ai confiance en toi.
Il accentua ses mots en se rapprochant d'elle, comme si c'était encore possible physiquement. Ils rougirent légèrement lorsqu'ils sentirent le contraste entre leurs deux corps. L'un grand et puissant, l'autre petit et fragile.
-B-Bon. Je vais te laisser te changer. C'est qu'un petit arrêt qu'on fait. On a encore de la route. Ça va aller ? demanda-t-il.
Hinata secoua la tête pour le rassurer. Naruto se leva avant d'ouvrir la porte et de se retourner. Il gratta le derrière de sa tête en la regardant à nouveau.
-Au fait, commença-t-il dès qu'il y eût contact visuel entre eux. Vois tout ça comme un rencard.
Surprise, le cœur d'Hinata rata quelques battements alors qu'une véritable tempête s'était déchaînée dans ses entrailles. Un sourire franc apparut sur le visage de Naruto, accentuant sa beauté. Un puissant frisson parcourir tout son corps, faisant tourner sa tête tellement vite qu'elle crut s'évanouir.
Dès qu'il fut de l'autre côté de la porte fermée, Naruto s'appuya contre le mur. Tout son corps prit son temps pour se détendre. Mais son excitation ne voulait vraiment pas se calmer. Alors qu'il inspirait et expirait par la bouche et le nez, il essuyait ses mains moites sur son pantalon.
Pour l'instant tout se passait bien.
Son ventre gargouilla, brisant le silence et lui faisant comprendre que toute son angoisse lui avait ouvert l'appétit. À pas feutrés, il prit la direction de la cuisine pour se préparer à manger.
Pendant ce temps, Hinata avait toujours le regard posé sur l'endroit où Naruto se tenait quelques secondes plus tôt.
"Un rencard. Un rencard. Un rencard."
C'était le seul mot qui tournait en boucle dans sa tête alors qu'elle se tenait là, figée. Un sourire béat apparut sur ses lèvres. Elle en avait presque mal aux joues à force. Mais elle n'arrivait pas à garder tout son bonheur pour elle-même.
"J'ai un rencard avec Naruto. J'ai un rencard avec Naruto."
Soudain son regard s'arrêta sur les cartons contenant ses affaires. Son sourire tomba de son visage.
"Un rencard, Hinata. Un rencard. C'est une catastrophe."
Elle se leva du lit, bien trop rapidement qu'elle tomba à la renverse. Elle se redressa une nouvelle fois, plus doucement, avant d'avancer lentement vers les cartons. Elle s'assit par terre puis les ouvrit. Il restait encore quelques habits mais rien qu'elle pouvait se permettre de mettre pour un rencard avec Naruto.
"Comment était-il habillé ? Simplement comme d'habitude. Mais, il est peut-être parti se changer ? Bon, j'ai quelques jupes. Mais, je ne sais même pas où on va. Il a dit qu'il ne voulait pas que j'attrape froid. Mais tous les vêtements chauds que j'ai n'ont aucune classe. Il a aussi parlé de la forêt. Ne serait-ce pas mieux que je mette un pantalon ? Mais j'ai bien trop honte de leur état."
Hinata plaqua ses mains sur ses joues, se retenant de pousser un grognement de frustration. C'était beaucoup plus difficile qu'elle le pensait de se préparer pour un rendez-vous. Elle ouvrit un carton et y vit sa brosse à cheveux.
"Autant commencer par le plus simple."
Elle se décala devant le miroir de l'armoire et elle faillit crier de peur devant l'étrange fille qui se tenait devant elle. Cette histoire de rencart lui avait fait oublié quel était son état actuel. Hinata comprit maintenant pourquoi elle avait toujours refusé de se voir dans la glace de sa douche à l'hôpital. Cette image d'elle-même rendait les choses trop réelles.
Elle passa une main dans ses cheveux pour retirer toutes les pinces et barrettes qu'Ino avait placé pour retenir sa longue frange de tomber dans ses yeux. Puis, elle commença à brosser ses mèches violettes mais s'arrêta rapidement.
Elle posa une main tremblante sur son visage, tirant sur sa peau. Certes, ses joues avaient des couleurs mais seulement parce qu'elle pensait à son premier rendez-vous. Elle avait aussi le nez rouge d'avoir pleuré. Toutefois, le reste de sa peau était presque translucide. Quant à ses yeux, ils surplombaient d'énormes cernes, traduisant la fatigue cumulée au fil de ses courtes nuits.
Elle fouilla malgré elle dans ses cartons. Elle savait qu'elle n'avait jamais acheté aucune boîte de maquillage et maintenant elle s'en mordait les doigts.
"Tant pis. Il va falloir s'en passer." Elle replongea les mains dans les cartons à la recherche de vêtements.
Elle ne trouva rien de correct à se mettre. Elle mordilla sa lèvre inférieur, reprit la brosse et la fit glisser sur ses cheveux. Elle y remit les barrettes et les petites pinces puis jeta un nouveau coup d'œil aux cartons.
Elle sortit une paire de sous-vêtements, un body à manches longues blanc, une épaisse chemise bleu clair à carreaux, un jean noir et une paires de chaussettes. Elle accrocha le tout à la poignée de l'armoire avant de se redresser sur ses jambes. Elle essaya de se stabiliser pour ensuite se diriger vers la salle de bain.
Elle ne fit même pas attention à la décoration. Elle s'accrocha au lavabo avant de s'asperger le visage pour essayer de se rendre présentable. Elle revint devant l'armoire et tira la chaise du bureau pour s'y asseoir et se déshabiller. Elle évita au maximum de faire attention à son silhouette et remonta son pantalon. Elle passa sa chemise par-dessus son justaucorps mais, ses mains tremblaient tellement qu'elle n'arrivait pas à fermer les boutons. Elle retenta plusieurs fois mais rien à faire.
Elle sentit sa gorge se serrer alors qu'elle attrapait sa paire de converses blanches. Elle glissa ses pieds dans ses chaussures, tira sur les lacets mais exactement comme pour les boutons, elle ne réussit pas à les attacher.
Cette fois-ci, elle était sur le point de lâcher un cri de frustration, quand Naruto ouvrit la porte. Sursautant, elle se retourna et fut soulagée de voir qu'il ne s'était pas changé. Il lui offrait un magnifique sourire en tenant une assiette dans sa main. Toutes ses mauvaises émotions s'envolèrent comme balayés par sa présence.
-Désolé, j'aurais dû frapper.
Il referma derrière lui et s'approcha d'elle. Elle était à nouveau penchée vers l'avant, en train de faire ses lacets.
-Je t'ai fait des tartines de Nutella ! s'exclama-t-il fièrement. Je me suis dis que tu devais avoir faim !
-Merci, marmonna-t-elle.
Naruto remarqua qu'Hinata était toujours concentrée sur ses pieds. Quelque chose n'allait pas. Suivant son regard, il vit ses efforts pour faire ses lacets. Posant l'assiette sur le bureau près d'elle, il s'accroupit en face d'elle.
-Laisse-moi faire, proposa-t-il avec un sourire chaleureux.
Elle se redressa sans rien dire, sa lèvre inférieur tremblante et coincée entre ses dents.
Dès qu'il le vit, Naruto tendit sa main vers elle et de son pouce libéra cette pauvre lèvre martyrisée. Hinata sentit son doigt frôler celle de dessus, électrifiant tout son corps. Il laissa tomber ses doigts très lentement, sans lâcher sa bouche des yeux.
-Comme tu ne peux plus blesser tes mains, tu t'attaques à tes lèvres ? lâcha-t-il alors qu'il baissait la tête pour se concentrer sur les lacets.
Hinata prit une des tartines de pain dans sa main avant de la grignoter.
-T-Tu as remarqué ?
-Bien sûr... Tu veux en parler ? demanda-t-il d'un voix douce.
Le silence se fit alors que Naruto s'attaquait au double nœud de la première converse. La vue de ses cheveux blonds devant elle lui rappela leur premier jour ensemble. Il l'avait aidé à mettre un de ses pantalons noirs. La sensation qu'elle avait ressenti et les pensées qui lui avait traversé l'esprit lui reviennent en mémoire, faisant chauffer ses joues.
Déjà à cette époque, il était attentionné.
-J-Je ne comprends pas, avoua-t-elle en baissant les yeux sur ses mains. J-Je ne fais pas encore grand chose avec mes mains. Mais, je me suis entraînée à faire des lacets. Et là, je ne sais pas pourquoi, mes doigts n'arrêtent pas de trembler.
Naruto finit le deuxième nœud puis leva la tête vers elle, jetant ses cheveux en arrière.
-Ne sois pas trop pressée ou trop dure avec toi-même, Hinata. Dois-je te rappeler que t'es restée accrochée à moi de l'hôpital à ici ?
Les joues d'Hinata rosirent pour le plus grand plaisir de Naruto qui prit ses mains dans les siennes.
-Vas-y doucement avec ton corps, ok ? Il est important, ne le maltraite pas trop.
Secouant la tête, elle remarqua qu'il avait autre chose à dire. Il racla sa gorge deux trois fois avant de se lancer.
-Est-ce que... Est-ce que tu veux que je boutonne ta chemise ?
Se comportant comme des adolescents, ils étaient maintenant tous deux gênés par la question. Mais, il n'y avait rien de méchant, n'est-ce pas ? C'était juste qu'ils avaient bien senti leur attirance augmenter depuis qu'ils avaient quitté la chambre d'hôpital d'Hinata.
-S-Si ç-ça te d-dérange p-pas, murmura Hinata.
-B-Bien sûr que non.
Elle l'observa attraper les deux pans du vêtements pour les rapprocher. Ses doigts bougeaient et accrochaient chaque boutons un par un. Son sang bouillait dans ses veines. N'est-ce pas le contraire ? N'est-ce pas ce genre de sensation qu'on ressentait lorsque l'on se déshabillait pour quelqu'un ? Hinata repoussa ses images de stiptease bien trop subjectives.
Tout comme Naruto qui essayait de ne pas faire attention à toutes ses pensées. Il avait l'impression qu'Hinata pouvait les entendre tant elles semblaient fortes dans son esprit. Peut-être qu'il aurait dû tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de proposer quelque chose d'aussi dangereux. Mais, il ne voulait vraiment pas qu'elle tombe malade.
Chacun d'eux retinrent sa respiration lorsque les mains de Naruto arrivèrent au niveau ses seins. Seulement, aucun doigt n'échappa au contrôle de leur propriétaire pour son plus grand soulagement.
Un geste, ou une parole déplacée pourrait mettre son plan à l'eau.
-Et voilà, annonça-t-il une fois le dernier bouton placé.
Hinata se félicita silencieusement d'avoir choisi un jegging. Comment aurait tourné la situation si Naruto avait dû fermer son pantalon ?
Bleu croisa nacré. Ses mains retombèrent doucement sur les accoudoirs du fauteuil de chaque côté d'Hinata. La tension entre les deux amoureux était insoutenable. L'attraction les attirait l'un vers l'autre mais Naruto se redressa rapidement en se tournant vers l'armoire qu'il ouvrit maladroitement.
Il sortit le vieux manteau d'Hinata et une de ses écharpes. Il se tourna vers elle et couvrit son cou puis ses épaules. Elle passa ses bras dans les manches du vêtement et il remonta le zip de la fermeture éclair. Content que ce soit fini, Naruto détendit les muscles de son visage pendant qu'elle se redressait et levait les bras en l'air.
-Mmh, il est presque redevenu à ma taille, dit-elle à haute voix.
Il lui tendit la dernière tartine avant de lui sourire.
-Allez ! On finit, ordonna-t-il.
Elle se dépêcha de finir son en-cas puis leva les yeux vers Naruto.
-On va pouvoir y aller.
Il offrir son bras qu'Hinata prit timidement entre ses mains. Elle se tenait à la rambarde pendant qu'ils descendaient les escaliers et elle crut qu'ils n'arriveraient jamais jusqu'à la porte de sortie. Elle avançait si lentement.
Ou alors, elle en eut l'impression à cause de son impatience qu'elle ne parvenait plus à contenir.
