/!\ Disclaimer : La série ne m'appartient pas et j'écris pour le plaisir. Je ne touche évidemment pas d'argent.
Sur ce, bonne lecture à vous !
Samedi
Bosco se réveilla avant Faith ce matin-là. Bien avant.
Même si ça avait été agréable de s'endormir dans le lit de Faith, bercé par son parfum sur les oreillers, il avait malgré tout très mal dormi. En réalité il avait passé plus de temps à tourner et se retourner sous les couvertures, à rechercher une position qui soit à la fois confortable et pas douloureuse, qu'à dormir.
Si bien qu'il entendit l'alarme de Faith résonner dans la chambre d'Emily. L'appartement de Faith était tellement silencieux depuis que Fred était parti, emmenant avec lui les enfants. Il se rappelait que Faith lui avait confié avoir eu du mal à dormir les premiers mois, peu habituée à vivre seule dans un si grand appartement. Et puis Emily était revenue vivre avec elle, ramenant un peu de vie dans ces lieux.
Bosco resta dans la chambre encore un peu sans se lever, laissant à Faith le temps de se réveiller tranquillement. Elle n'était pas spécialement grognon le matin, mais il savait qu'une fois qu'il serait debout elle ne s'occuperait plus que de lui. Or il ne voulait pas la déranger dans sa routine matinale. Maintenant qu'elle avait enfin du temps pour elle, sans avoir toute une maisonnée - à savoir deux enfants et un empoté de mari - à gérer, il ne voulait pas empiéter dessus.
À sa grande surprise, Faith débarqua quelques minutes plus tard dans sa chambre, deux tasses de cafés dans les mains. Elle s'approcha à pas de loup et vint s'asseoir au bord du lit. Quand leur regard se croisèrent, elle lui sourit.
« J'ai fait du café, tu en veux ?
- Merci. »
Bosco se redressa dans le lit comme il put, calant les deux oreillers entre la tête de lit et son dos. C'était la seule façon de pouvoir s'y adosser sans trop de douleur.
« Je vais devoir aller travailler aujourd'hui, on doit encore boucler notre affaire, mais j'essaierai de ne pas rentrer trop tard.
- D'accord.
- Tu veux rester ici ou tu veux que je te dépose chez toi et que je te récupère ce soir ?
- Je ne veux pas m'imposer, Faith.
- C'est comme tu veux. »
Faith cacha sa déception dans son café.
« Ce soir c'est bien, déclara-t-il finalement. De toute façon je serai incapable de m'étaler cette foutue pommade tout seul vu mon état.
- Vrai.
- Tu pars à quelle heure ?
- Dans une petite heure. Ça ira pour toi ?
- Ton heure c'est mon heure, lui répondit Bosco avec un sourire rassurant.
- D'accord. Je vais te laisser boire ton café, alors.
- Tu peux rester, si tu veux. »
Ils échangèrent un regard, puis Faith se mordit la lèvre doucement, comme hésitante.
« Je dois aller me préparer, lui dit-elle en s'excusant presque.
- D'accord. »
Faith hocha la tête et s'apprêta à se lever, mais Bosco la saisit par le poignet. Elle le regarda, confuse, puis il l'attira à lui d'une main sur sa nuque et l'embrassa. Doucement au début, puis plus intensément.
Le cœur de Faith battait tellement fort qu'elle était persuadée que même les voisins pouvaient l'entendre. Lorsque Bosco se détacha d'elle, elle se sentit rougir sous son regard sombre. Cet homme la rendait faible. Se levant à regret, Faith quitta sa chambre, non sans un dernier regard vers lui, et termina son café rapidement avant d'aller se glisser sous la douche.
Elle détestait déjà cette journée par avance. L'idée de devoir rester coincée au poste toute la journée alors qu'elle aurait pu la passer avec Bosco était tout sauf réjouissante. Et savoir qu'elle devrait attendre le soir pour le rejoindre ne la ferait que paraître plus longue encore.
Alors qu'elle se lavait les cheveux Faith se sermonna mentalement. Elle était en train de réfléchir comme une adolescente et ça ne lui ressemblait pas. Bon sang Bosco, qu'est-ce que tu fais de moi ? Songea-t-elle. C'était pathétique.
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Comme Faith l'avait soupçonné, une bonne partie de la journée traîna en longueur. Elle ne changea de rythme qu'en fin de journée, lorsqu'ils quittèrent le poste pour aller appréhender leur suspect. Cela faisait plusieurs jours qu'ils l'avaient dans leur ligne de mire, mais les preuves leur avaient jusque-là fait défaut. Or sans preuves pas de mandat, pas de mandat pas d'arrestation, pas d'arrestation, pas de dossier pour le tribunal.
L'arrestation en elle-même fut un succès, mais dans les faits elle fut plutôt mouvementée.
Faith était assise sur le coin de son bureau à discuter avec Jelly après le débriefing. Elle n'avait qu'une hâte : rentrer chez elle et prendre un bon bain chaud. Mais avant elle devait encore passer chercher Bosco chez lui.
Comme si penser à lui suffisait à l'invoquer comme par magie, Bosco apparut sur le seuil de son bureau dont la porte était restée ouverte, et il frappa quelques coup sur le cadre en bois pour signaler sa présence.
Faith tourna la tête vers lui et Bosco perdit son sourire.
« Qu'est-ce qui t'es arrivé ?
- Ça ? fit-elle en écartant la poche de glace de son visage. Rien de bien méchant. »
Elle lui fit un sourire rassurant mais cela ne suffit pas à Bosco qui n'attendit pas qu'on l'invite pour entrer dans la pièce. Il s'approcha d'elle et écarta de nouveau la main de Faith de son visage. Elle avait un sacré bleu sur la fossette, juste sous l'œil.
« Un suspect qui n'a pas apprécié se faire coffrer par une femme, expliqua Jelly. »
Bosco le regarda un instant, il semblait amusé, presque fier. Plutôt que de s'en prendre inutilement à l'inspecteur, lui rappelant qu'il n'y avait rien de marrant à laisser un suspect frapper une collègue, et encore moins une femme, Bosco se reconcentra sur Faith.
« T'as mal ?
- Non, ça va.
- Sûre ?
- La glace c'est juste pour éviter que ça gonfle trop, lui assura-t-elle.
- D'accord.
- Et puis c'est pas la première fois qu'un suspect lève la main sur moi, tu devrais le savoir. »
En effet il le savait, mais c'était pas pour autant qu'il appréciait.
« Qu'est-ce que tu fais là ?
- J'avais pas de nouvelles alors je suis venu voir si t'étais pas morte étouffée sous la paperasse.
- Eh bien comme tu peux le voir, c'est pas le cas.
- Je vois ça. Je sais pas si j'aurais pas préféré, finalement.
- Ferme-la Bosco… rigola Faith. Aller, on y va. À lundi, Jelly. »
L'inspecteur les regarda partir, la curiosité piquée. Depuis que Faith était passée inspecteur, il n'avait jamais autant vu Bosco dans les parages. Même quand il bossait avec eux de temps en temps sous la coupelle de Cruz, jamais l'officier ne passait tant de temps au premier étage.
On lui avait bien dit que ces deux-là étaient inséparables, pourtant. Mais à l'époque il était persuadé que c'était juste une histoire de binôme parfaitement fonctionnel, et qu'une fois Yokas inspecteur elle s'éloignerait de tous les autres uniformes. C'était ce qui se produisait à chaque fois. Mais Faith et Boscorelli semblaient être l'exception qui confirme la règle. Plusieurs années plus tard et toujours les mêmes inséparables. Des vrais de vrais.
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Le temps du trajet entre le commissariat et l'appartement de Faith il s'était remis à neiger. Le simple fait de passer de la voiture au hall de l'immeuble avait suffi à ce que leur manteau soit recouvert d'une couche épaisse et que le froid se glisse sous leurs vêtements.
« Ce froid, c'est pas humain, râla Bosco en retirant ses gants et son bonnet.
- Et on en encore pour plusieurs semaines.
- T'étais pas obligé de me le rappeler.
- Désolée, répondit-elle amusée par l'air désespéré de son ancien partenaire.
- Ouais ben pas autant que moi. »
Faith devait bien le reconnaître, d'eux deux Bosco était le plus à plaindre avec un temps pareil. C'était lui qui passait 8h dehors dans le froid quand elle passait une partie de son temps au chaud au poste, à remplir des pages et des pages de paperasse.
« Tu veux prendre un bain ? lui proposa Faith.
- Je peux me débrouiller avec la douche, mon dos va mieux.
- Je voulais dire… avec moi.
- Oh. »
Faith lui fit un sourire timide et le cœur de Bosco chavira une fois encore. Il pourrait vraiment s'habituer à ça. Voyant que Faith attendait toujours une réponse, Bosco s'approcha d'elle, lui prit la main et l'emmena lui-même jusqu'à la salle de bain.
Il avait passé tellement de temps dans cet appartement au fil des ans qu'il s'y sentait presque davantage chez lui que dans son propre appartement Peut-être parce que Faith l'avait toujours considéré comme faisant partie de sa famille, et ce même lorsque ladite famille ne le tolérait qu'à peine.
Bosco n'avait jamais été un grand amateur des bains en couple. Jamais assez de place, on ne savait jamais vraiment comment se mettre pour être confortable sans gêner l'autre. Mais alors qu'il était immergé dans l'eau chaud, le corps de Faith littéralement enroulé autour de lui, il décida qu'il était temps de changer d'avis.
C'était Faith qui avait suggéré qu'il se mettre devant elle, comme ça il n'aurait pas le dos appuyé contre la baignoire, et elle avait eu une excellente intuition. Même si son dos le lançait de temps à autre lorsqu'il bougeait – la douleur ayant quand même déjà diminué d'intensité par rapport à la veille - il était nettement plus à l'aise contre elle.
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Une fois bien réchauffés les deux policiers décidèrent de commander chez le traiteur chinois plutôt que de s'embêter à faire à manger. Il y avait un air du bon vieux temps, à cela.
Ils discutèrent du boulot, des patrouilles de Bosco et du poste d'inspecteur de Faith, de l'époque où ils étaient encore 55-David. Faith avoua à Bosco que tout ça lui manquait. Certains jours plus que d'autres, évidemment, mais tout de même. Étonnement Bosco ne chercha pas à lui faire regretter d'avoir accepté la promotion. Au contraire, il la rassura sur la légitimité de sa place et sur ses capacités. Il avait toujours su qu'elle irait loin, mais égoïstement il avait voulu la garder près de lui, partout, tout le temps. Mais ça il ne lui dit pas clairement. Elle s'en doutait probablement, cela dit.
Une fois qu'ils eurent fini de manger, sans prendre la peine de débarrasser la table basse, Faith proposa à Bosco de remettre de la pommade sur son dos. Il accepta sans rechigner, admettant malgré lui que ça le soulageait quand même pas mal. Après quoi ils se réinstallèrent sur le canapé pour regarder le film qui passait à la TV. À un moment donné, Bosco s'allongea carrément sur Faith, prétextant que ce serait plus confortable le temps que la crème sèche, et elle ne trouva rien à redire. En vérité elle appréciait cette proximité entre eux, et le naturel qu'ils avaient dans une intimité qui ne leur était pas familière.
Bosco finit par s'endormir sur elle, bercé par les caresses de ses doigts dans ses cheveux. Faith attrapa le plaid qui pendait sur le dossier du canapé et le fit tomber sur eux deux. S'ils devaient passer la nuit ici, autant être confortablement installés. Même si, pour Bosco, ça semblait déjà être le cas.
La position de sa tête sur sa poitrine le faisait ronfler légèrement, et ce fut à cela qu'elle sut qu'il était parti pour une bonne nuit. Ce n'était pas une position spécialement confortable pour dormir - pour une sieste, éventuellement, mais pas pour une nuit complète - mais elle ne comptait pas bouger. Elle l'avait entendu remuer une partie de la nuit et avait vu son visage fatigué au matin. Il semblerait qu'être à plat ventre était la seule position dans laquelle il puisse dormir.
Faith ferma les yeux et posa son bras libre sur ses yeux. Elle n'avait pas le cœur à risquer de réveiller Bosco juste pour éteindre la lumière du salon.
ooo
Bosco fut tiré de son sommeil par un bruit de clé dans la serrure et une porte que l'on ouvre puis referme. Encore entre deux eaux, il prit conscience du corps chaud de Faith sous le sien, ce qui termina de l'alarmer. Si Faith était avec lui sur le canapé, qui venait d'ouvrir la porte.
Il se redressa précautionneusement et entreprit de se lever du canapé.
« Bosco ?
- Emily ? Qu'est-ce que tu fais là ? Tout va bien ?
- Oui.
- Laisse-moi réveiller ta mère, d'accord ? »
Encore un peu dans le brouillard, Bosco parvenait quand même à être inquiet. Il n'avait pas oublié ce que lui avait dit Faith : ce week-end Emily était chez Fred. Alors si elle débarquait ici au beau milieu de la nuit, c'était forcément qu'il y avait un problème.
Bosco s'accroupit près du canapé et entreprit de réveiller Faith.
« Bosco, qu'est-ce qui est arrivé à ton dos ? s'exclama Emily.
- C'est rien de grave, t'en fais pas. »
Bosco réalisa alors qu'il était encore torse-nu. Il s'était allongé contre Faith en attenant que la pommade ne pénètre sa peau et avait dû s'endormir avant d'avoir eu le temps de remettre sa chemise. Et Faith n'avait apparemment pas cherché à le réveiller.
Faith grogna doucement d'être réveillée.
« Quoi ?
- Emily est là.
- Quoi ?
- Ta fille vient de rentrer. »
L'instinct maternel envoya une décharge électrique dans le cerveau de Faith, et l'instant d'après elle était presque totalement réveillée et alerte.
« Em' qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle en se levant.
- Rien, je voulais pas vous faire peur, répondit l'adolescente en terminant de retirer son manteau.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? À cette heure-ci ? Ton père doit être fou d'inquiétude.
- J'étais en soirée chez Casey, il est au courant. »
Emily retira son manteau et s'approcha. Faith la prit dans ses bras avant de prendre son menton dans une main.
« Tu es sûre que tout va bien ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- La fête s'est mal terminée, et je voulais pas que papa soit au courant. »
Emily raconta comment la petite soirée entre amies avait dégénérée. Des copains qui invitent des copains qui invitent des copains, et bientôt la soirée pyjama se transforme en rave party avec des gens peu fréquentable et des consommations pas très légale.
« J'ai laissé un message à papa pour lui dire que la mère de Maureen me ramenait et me déposait ici pour la nuit comme c'était plus près, la rassura Emily.
- Bien, c'est très bien. »
Faith soupira, rassurée. Tant de savoir sa fille saine et sauve, que de voir à quel point elle était devenue responsable.
« Tu veux boire ou manger quelque chose ? demanda Bosco.
- Non, merci. Je veux juste aller dormir.
- D'accord mon ange, vas-y. »
Emily se leva et alla dans sa chambre. Elle revint dans le salon quelques minutes plus tard, vêtue pour la nuit.
« T'as dormi dans ma chambre ?
- Hier soir oui.
- Bosco a pris mon lit.
- Et ce soir ? »
Faith prit un instant avant de répondre.
« Je vais dormir sur le canapé, t'en fais pas.
- Ou vous pourriez tous les deux prendre ton lit, glissa Emily avec malice.
- Em' !
- Ben quoi ? Ça sera toujours plus confortable que dormir l'un sur l'autre sur le canapé comme tout à l'heure. »
Faith ouvrit la bouche pour parler mais aucun son n'en sortit. Bosco observait leur échange sans pouvoir s'empêcher de sourire.
« Oh aller maman, sois pas si coincée ! la taquina Emily. Je ne suis plus une enfant.
- Au lit !
- Oui maman ! »
Emily vint embrasser sa mère, puis fit un petit signe de la main à Bosco avant de retourner dans sa chambre. Elle s'arrêta cependant sur le pas de la porte et se retourna.
« En tout cas je suis contente pour vous, leur dit-elle. Par contre si vous pouviez évitez de faire des bêtises quand je suis dans l'appartement, ça serait sympa.
- Emily !
- Bonne nuit maman ! Bonne nuit Bosco.
- Bonne nuit Emily, répondit Bosco."
Il ne rigolait pas, même presque. Cependant, quand Faith le fusilla du regard, il ne put se retenir plus longtemps et éclata de rire. Faith était si mal à l'aise qu'elle n'était pas crédible du tout.
« Arrête ça, tu veux ?
- Désolé.
- Tu ne l'es pas.
- Non c'est vrai. »
Faith lui tourna le dos et ramassa le plaid qui était tombé par terre.
« Aller viens, allons nous coucher.
- Vas y, je te laisse mon lit. »
Bosco s'approcha de Faith, tout sérieux retrouvé, et lui prit la main pour la forcer à le regarder.
« Viens avec moi ? lui demanda-t-il doucement.
- Je ne sais pas, Bos'…
- C'est à cause d'Emily ? voulut-il savoir. Et quand Faith évita son regard il sut qu'il avait vu juste. Tu as bien vu sa réaction, ça ne lui pose pas de problème. »
Faith ne le regardait toujours pas.
« Laisse-moi au moins rester avec toi ici cette nuit… s'il te plait ? J'ai jamais aussi bien dormi que ce soir.
- D'accord. »
Bosco déposa un baiser sur sa tempe et Faith soupira d'aise avant de se laisser aller contre lui. Il l'entoura de ses bras et posa son menton sur le haut de sa tête.
« A quoi tu penses ?
- Je n'imaginais pas qu'Emily aurait à le découvrir comme ça, soupira Faith.
- Tu parles comme si j'étais un terrible secret caché au fond de ton placard.
- Non, ce n'est pas le cas. Crois-moi. Je suis désolée…
- Je plaisantais, Faith.
- D'accord. »
Bosco la serra un peu plus fort contre elle. Ce besoin qu'elle avait de se justifier, il avait l'impression de revenir quelques années en arrière lors de leur patrouille, et il n'aimait pas spécialement ça. À l'époque, à chaque fois qu'elle parlait de Fred à Bosco, elle se sentait obligée de justifier toutes ses décisions, même si cela ne le regardait en rien. Comme un réflexe qu'elle avait acquis à force d'années de mariage avec cet abruti.
Bosco guida Faith jusque dans sa chambre et referma la porte derrière eux. Il força Faith à s'asseoir au bord du lit et vint s'accroupir devant elle, posant les mains sur ses genoux pour se stabiliser.
« Je suis désolé que ta fille nous ait trouvé comme ça, commença Bosco. Mais je ne suis pas désolé qu'on se soit retrouvé dans cette position.
- Moi non plus, chercha-t-elle à le rassurer.
- C'est pas un reproche, Faith. Ce que je cherche à dire c'est que… j'aime ce qu'on a toi et moi. Et je m'en fous si les gens découvrent que je suis dingue de toi. »
Faith sourit mais ne dit rien, gardant toujours la tête baissée.
« Mais si tu me dis que tu préfères garder le secret, alors c'est d'accord.
- D'accord. »
Bosco releva doucement le menton de Faith d'un doigt sous son menton.
« Faith, parle-moi.
- C'est juste…
- Quoi ?
- C'est stupide.
- Tu es la personne la moins stupide que je connaisse, Faith.
- Je… je n'étais pas sûre que toi et moi…
- Quoi ?
- Que ce soit quelque chose. Quelque chose de réel, tu vois ? »
Devant l'expression confuse de Bosco, Faith se mordit la lèvre inférieure de culpabilité.
« J'avais peur que tu partes, murmura-t-elle si bas qu'il dut presque se rapprocher pour l'entendre.
- Que je parte ?
- Quand tu iras mieux. Que le moment sera passé. »
Était-elle réellement en train de dire qu'elle était persuadée qu'il jouait avec elle ? Qu'il profitait de sa bienveillance pour tirer son coup et partir ensuite ? Bosco savait que leur amitié avait subi de nombreux heurts, mais il ne pensait qu'ils s'étaient tant perdus de vue.
« J'ai peur de pas être assez bien pour toi, Bos'… finit-elle par avouer.
- Quoi… ? »
Bosco était sans voix. Faith, pas assez bien pour lui ? Il n'avait jamais rien entendu d'aussi faux. Si quelqu'un n'était pas assez bien pour l'autre, c'était lui. Et pourtant il avait envie de croire qu'il était devenu quelqu'un de meilleur, d'assez bien pour elle malgré tout.
« Je t'aime, Faith, lui dit-il avec conviction, ne se rendant compte de son aveu qu'après l'avoir prononcé. Je t'aime et je ne veux personne d'autre que toi, d'accord ? Je ne compte pas partir, ni demain, ni jamais. Pas si ce n'est pas toi qui me le demande. »
Faith releva la tête doucement, les yeux brillants de larmes. Il détestait cette image. Il détestait la voir si misérable. Et il détestait Fred plus encore pour avoir volontairement cultivé cela pendant des années. À cet instant il se fit la promesse de tout faire pour inverser cela.
De tout faire pour prouver à Faith qu'elle méritait son attention et son amour. Qu'elle n'avait rien à craindre de personne. Et qu'elle n'avait pas à se justifier constamment. Ils ne partaient pas de rien. Elle et lui avaient les fondations les plus solides qui soient. Ensemble ils iraient loin si elle voulait bien de lui.
« Je ne le ferai pas, lui dit-elle au bout d'un moment. Devant son regard confus, elle précisa : Je ne te demanderai jamais de partir.
- Tant mieux.
- Oui. »
Bosco prit le visage de Faith entre ses mains, poussa sur ses pieds pour venir l'embrasser.
« Toi et moi, c'est officiel, lui dit-il en réponse à ses précédentes paroles. Je suis le seul et unique amoureux de l'inspecteur Mitchell. »
Faith se mit à rire devant ses bêtises et il sut qu'il avait gagné. Il se releva et lui prit les mains pour l'inviter à en faire autant.
« Moi aussi je me fiche que les gens le découvrent, avoua Faith.
- Vraiment ?
- Oui, confirma-t-elle avant d'hausser timidement une épaule. Je voulais juste faire les choses bien avec mes enfants. A cause de Fred, tu comprends ? »
Bosco hocha la tête. Il n'avait effectivement pas pensé à ça. Combien de fois Fred les avaient-ils accusés d'avoir une liaison à l'époque où ils patrouillaient ensemble et ce, même devant les enfants. Alors oui, il comprenait le désir de Faith de faire ça dans les règles.
« Est-ce que ça veut dire que je peux quand même t'embrasser au poste ?
- Bosco… soupira-t-elle en levant les yeux au ciel, le sourire aux lèvres.
- Est-ce que c'est un oui ?
- On verra.
- C'est un oui ?
- Oui… finit-elle par céder. C'est un oui.
- Chouette ! »
Faith se mit à rire doucement et lâcha les mains de Bosco. Elle déposa un baiser sur sa joue en passant à côté de lui, puis entreprit de se changer pour la nuit qui était déjà bien avancée.
Alors ? =)
