J'ai créé cette fic parce que j'ai beaucoup trop manqué du point de vue de Luis dans Plus belle la vie, de son background.. Alors je me suis servie de ce qu'on savait de lui (le peu) et d'autres éléments pouvant dans ma tête coller avec la psychologie du perso et je revisite ses scènes plus quelques inédites pour mieux comprendre ce personnage fascinant et je ne terminerai pas la fic à son éviction de Plus belle la vie car pour moi il y a beaucoup à raconter après sur son parcours personnel puis sur son lien avec Tom un peu plus tard.
Alors bonne lecture j'espère ! Un chapitre publié par semaine (le dimanche normalement).
Chapitre 1 :
Qu'est-ce que Luis pouvait s'ennuyer dans les cours, et encore plus dans la classe de Lezerman. Déjà que l'anglais n'était pas son fort, ce professeur était loin d'être passionnant. Il n'y avait que le nouveau, là, Tom Gassin, au super bon accent, pour aimer passer deux heures d'affilée dans cette salle.
Le jeune professeur avait demandé à Théo Bommel de lire mais cela lui était retombé dessus. En étant un espoir sportif, il ne pouvait pas se permettre comme lui de répondre à un prof et jouer aux imbéciles. Il se devait donc de lire ce texte de « The Great Gasby » en anglais devant tout le monde. Bon, de toutes façons, tout le monde était nul en anglais. Tout le monde sauf Tom Gassin bien sûr, qui a osé lui demander de se lever pour parler à voix haute. De quoi se mêlait-il ce connard ?
Alors qu'il commençait péniblement à lire, il l'entendit, derrière lui, pouffer comme un gosse. Cela l'énerva, le mit mal à l'aise, ce n'était pas possible de se faire mettre la honte comme ça par le petit nouveau. Et malgré la remontrance de Lezerman, il continuait :
« Avantage Luis » l'interpella le jeune adolescent en ricanant.
Luis se retourna et le foudroya du regard, lui ordonnant d'arrêter.
S'ils n'avaient pas été en classe, il lui aurait fait fermer sa gueule à coup de poing. Cette pensée fugace mais virulente le fit vaciller mais le visage de son camarade de classe appelait la violence en lui.
Il l'avait d'ailleurs attendu à la sortie. Il allait moins faire le malin tout seul.
Mais non, il ne s'était pas laissé faire, il l'avait regardé droit dans les yeux et, comme s'il lisait en lui, avait parlé de son gros manque de confiance en lui. Luis avait vu rouge… Le brun répliquait et répliquait sans s'arrêter, ne lui laissant jamais le dernier mot, même avec son "ta gueule" qui aurait fait déguerpir n'importe quelle crevette dans son genre. Tiens, c'était un surnom qui lui allait bien ça « crevette » ! Il partit extrêmement frustré.
Toute la nuit il repensa à la crevette, sa façon de se moquer de lui, de le prendre de haut… Il ne le supportait pas.
Il l'attendit encore le lendemain alors qu'il le voyait parler avec un grand dadais et une petite brune frisée. Il le choppa avant leur entrée en classe et le poussa brutalement contre le mur. Il n'allait pas le laisser s'en tirer comme ça, non, il n'avait qu'à pas se moquer de lui, il n'avait qu'à pas l'empêcher de dormir… Ils étaient liés maintenant, que cet idiot le veuille ou non. Il le scanna du regard de la tête aux pieds juste avant de lui asséner un coup dans le ventre, de toutes ses forces.
Rochat les avait presque grillés mais Tom était resté de marbre et n'avait pas contredit son mensonge éhonté. Tant mieux, il allait pouvoir s'amuser avec la crevette pendant encore un petit moment s'il se laissait faire comme ça...
En anglais, Tom, installé devant lui, n'allait pas bien. Il y était allé un peu fort quand même mais maintenant au moins il ne faisait plus son mariole, son petit air supérieur avait disparu de son visage fin. Il eut une idée, faire croire à Leserman que Tom avait la gastro. Cela conforterait l'histoire racontée à Rochat et cela lui permettrait de rabaisser un peu plus Tom devant toute la classe. Cela ferait certes un répit à son « camarade » mais il le menaça afin qu'il ne puisse pas penser qu'il allait le laisser tranquille. S'il allait à l'infirmerie, il ne donnait pas cher de sa peau. Cela finirait d'asseoir son emprise sur lui.
XXX
Il n'allait pas laisser Tom, non, il avait aimé qu'il fasse exactement tout ce qu'il lui avait dit. Il avait trouvé une nouvelle idée pour l'emmerder. C'était plus fort que lui, il aurait pu s'arrêter là mais il avait envie de lui faire définitivement rabattre son clapet. C'était une bonne journée, Leserman leur proposait un exercice cool, traduire une chanson, il avait le droit de le faire pour son rap préféré. De plus, il n'avait pas loupé son coup, Rochat avait choppé Tom.
Dès l'entrée en cours d'anglais, il avait subrepticement mis la bombe aérosol dans le sac de Tom et en avait profité pour prendre son téléphone. Son mot de passe : la date de naissance de Tom, récupérée sur son carnet de liaison. Quatre chiffres pianotés et voilà qu'il avait accès à tous ses contacts.
Il ne put s'empêcher de remarquer qu'il avait peu d'amis… Il fit sonner son portable pour récupérer son numéro et enregistra le sien sous le nom de Luis dans celui de Tom, qu'il sache tout de suite à qui il avait affaire quand il recevrait un de ses messages. Il pressentait qu'il ne dirait rien, il ne l'avait pas fait jusque-là et se laisserait faire. Il reglissa ensuite discrètement le portable dans le sac à dos du jeune adolescent.
Avec un peu de chances, on le renverrait de Scotto pour avoir fait un tag sur la porte du bureau du proviseur… Et ce serait une superbe journée pour Luis ! Pensa-t-il avec un grand sourire. C'est que même devant Rochat, la crevette ne se laissait pas faire, ça l'exciterait presque…
Et ce doigt d'honneur qu'il lui avait glissé juste avant son entrevue avec le provisueur avait été assez jouissif, voir sa tête de crapeau ainsi, comprendre que c'était encore un coup de Luis!
Bien sûr, il avait appris que Rochat n'avait pas renvoyé Tom, il était bien trop guimauve pour cela ce bouffon de proviseur. En même temps, cela lui permettrait de continuer son jeu du chat et de la souris avec Tom, il appréciait beaucoup sa proie à vrai dire. Il lui envoya un message le soir-même :
« ça t'a plu le coup du tag ? à lundi j'ai hâte ! »
Et c'était vrai, il avait vraiment hâte de revoir Tom….
Mais avant cela, il avait son tournoi interscolaire de natation à passer. Son père lui téléphona la veille au soir.
"-Luis, nous ne rentrerons pas avant lundi soir, nous avons été invités à la réception de Mr le Maire.
-À Nice ?
-Oui, il nous a gentiment invités afin que je lui parle de mon nouveau projet.
-Je comprends papa c'est une super opportunité, je comprends que vous ne puissiez pas venir au tournoi.
-Au tournoi ? s'étonna son père. Ah oui, tu affrontes un autre collège c'est ça ? On viendra une autre fois, ce n'est pas comme si ce tournoi allait changer ton classement régional de toute façon", annonça-t-il nonchalant.
Luis accusa le coup. Un Careille ne comptabilisait que les victoires, les ultimes victoires, son père ne voulait que le meilleur pour lui, donc certainement pas une 3ème place…
"-Je dois te laisser Luis, vu que tu as ton tournoi, je vais décommander ta grand-mère, je voulais qu'elle vienne à la maison mais si tu n'es pas là les trois – quarts du temps, cela ne sert à rien.
-Papa ?
-Luis, je ne peux pas faire attendre Mr le Maire, qu'y a-t-il ?
-Bien sûr, soupira-t-il, juste bonne chance pour ton projet."
Son père grommela un rapide merci et raccrocha. Luis se sentit tout à coup très petit dans son si grand salon et alla s'enfermer dans sa chambre. Il aurait aimé que sa grand-mère vienne le voir vu que ses parents ne seraient pas là mais il n'était plus un petit garçon, il n'avait besoin de personne.
Il avait fini premier à la grande joie de Rochat, battant leur nemesis. Pour fêter ça, il envoya de nouveau un message à Tom.
Celui-ci ne lui avait pas répondu de tout le week end et l'avait évité au lycée. Ça avait le don de l'agacer, tous ces efforts pour même pas une toute petite réaction. Il lui envoya des tas de messages pour bien lui faire comprendre qu'il ne le lâcherait pas : un fuck, un couteau avec du sang (c'était hard, il devait bien l'avouer mais ça devait faire son petit effet) un « dans ton cul » qui l'avait bien fait marrer et tout un tas d'autres petits mots doux… Il ne fallait pas que Tom l'oublie même s'ils ne s'étaient pas croisés physiquement.
Il ne lui avait pas répondu, il avait gardé son flegme et cela irritait Luis qui s'était démené à trouver toutes ces petites photos, ces jeux de mots... Pour que dalle. Il prit donc le taureau par les cornes le lendemain et alla à la rencontre de la crevette.
Il attrapa son sac et en déversa le contenu parterre. Tom ne bronchait pas, ramassant ses affaires. Il le poussa alors avec son pied et s'assura que personne n'irait rien dire. Le brun lui reprocha ses textos, preuve qu'il n'avait pas été indifférent à ses attentions finalement, pensa Luis, assez content. Il l'appela crevette devant lui pour la première fois. Tom ne broncha pas. Le blond lui ordonna de ramasser ses merdes et là Tom riposta :
« Sinon quoi ? tu vas me frapper ? Ben non je suis bête, il y a trop de monde !»
Luis attrapa son bras qu'il relâcha aussitôt et lui avoua qu'effectivement il préférait quand ils n'étaient que tous les deux. Et Tom dit ce qu'il n'aurait pas dû dire:
« Moi aussi, ça m'excite » en le regardant droit dans les yeux.
Ça dégoûtait Luis d'entendre Tom dire ça, sous-entendre que Luis l'excitait sexuellement. Il partit en l'insultant de « fils de pute » mais Monsieur "je ne sais jamais quand m'arrêter" continua et parla de sa mère morte comme si Luis en avait quelque chose à foutre avant d'insulter la sienne. Il ne pouvait pas laisser passer deux affronts d'affilée : d'abord l'allusion sexuelle puis maintenant sa mère, ça en était trop ! Il lui cracha son plus gros molard dans la gueule à ce connard !
Ce que lui avait dit Tom tournait en boucle dans sa tête, cela l'obsédait. Il alla sur la place du Mistral voir s'il le trouvait. Il le vit de loin, assis sur un banc, seul, l'air triste. Pendant une seconde, Luis se dit qu'il allait le laisser, il avait l'air déjà assez mal, cela suffirait pour aujourd'hui. Mais une jeune un peu plus âgée qu'eux, frisée au teint mate, s'assit à côté de lui. Cela le fit voir rouge. Ce mec avait des amis alors que ça faisait à peine quelques semaines qu'il était là et qu'il était si confiant, se croyant supérieur à tout le monde… Que pouvait-elle bien lui trouver cette grue ? Il allait lui montrer qu'il n'était qu'une larve vu que la leçon n'était pas encore comprise… Il lui envoya un message pour qu'il laisse sa copine et le rejoigne. A la grande satisfaction de Luis, Tom le fit. Bon, ses menaces à la jeune fille n'y étaient sûrement pas étrangères mais le résultat était là, Tom venait à lui pour se faire frapper. Ce qu'il ne manqua pas de faire, repensant au moment où il lui avait dit que ça l'excitait quand ils étaient tous les deux. Il allait lui faire passer l'envie de raconter des conneries pareilles. Il le frappa à la cuisse, très fort vu sa colère à cette pensée et le laissa seul avec son membre meurtri.
xxx
Il n'avait pas cessé de lui envoyer des messages plus dégueulasses les uns que les autres. Mais jamais Tom ne lui répondait. Cela le frustrait au plus haut point et au plus il était en colère, au plus il envoyait de textos. Et il était sûr comme ça que Tom ne l'oublierait pas. Il n'avait même pas révisé pour le contrôle de maths du lendemain.
Il révisait devant la salle de cours la leçon du livre pour éviter le massacre au contrôle quand la crevette arriva, sourire aux lèvres, et lui arracha son bouquin des mains.
Il le menaça de le mettre à poils devant tout le monde s'il ne lui rendait pas son manuel mais Tom ne se démonta pas, comme si ça lui plaisait presque. Cela le fit tiquer et Luis lui demanda à quoi il jouait et monsieur « j'ai toujours réponse à tout » répliqua qu'il se demandait à quoi lui jouait quand il lui envoyait quarante textos par jour. Cela fit rire Luis de voir que finalement il les comptait ses petits messages. Il ne put s'empêcher de lui lancer :
« Ah, mais en fait tu me kiffes ! "
Pourquoi avait-il lui-même relancer ce sujet dégueulasse ? Il s'étonnait de ses réactions parfois.
Mais quand Tom lui répondit qu'il pensait à lui le soir avant de dormir, cela le mit en rage. Qu'insinuait-il encore ?
Il le bouscula mais ne put aller plus loin vu qu'ils avaient cours. Mais il ne laisserait pas ça couler, non… Personne n'insinuait qu'un mec pensait sexuellement à Luis Careille ! Certainement pas ! Pas sans y laisser des plumes.
Plus tard dans la journée, il trouva Tom assis sur un banc, un petit sourire aux lèvres en regardant son portable. C'était le moment qu'il comprenne qu'on ne disait pas à Luis Careille qu'on pensait à lui avant de s'endormir, qu'on ne répliquait pas à chaque fois qu'il venait lui démontrer sa force et sa supériorité, qu'il aurait dû rester à sa place. Et il allait bien lui faire passer le message…
Il le surprit en plein visionnage de photos, Tom en tomba son téléphone. Luis n'hésita pas à écraser sa main pour l'empêcher de l'attraper et le récupéra. Il regarda les derniers clichés. A priori ce devait être sa mère. Il lui demanda de but en blanc comment elle était morte, pour lui faire mal, oui, mais étrangement, il était également curieux.
Tom voulait absolument récupérer son téléphone.
"-Tu ne peux pas me faire ça, le supplia-t-il.
-La preuve que si, glissant le portable dans la poche intérieure de son blouson.
-Non non, sérieusement , tu peux pas me faire ça, l'implorant.
-Qu'est-ce qu'il t'arrive crevette là hein ?
-Il y a des photos de ma mère que je n'ai pas sauvegardées.
-Oh non, faussement concerné.
-Alors s'il te plait, rends-moi mon téléphone."
Luis savait que ce qu'il allait faire était vraiment cruel, que ça dépassait tout ce qu'il avait pu faire jusque-là et pourtant il n'avait jamais été aussi dur qu'avec Tom Gassin. Mais il ne pouvait pas laisser penser à Tom qu'il pouvait lui demander quelque chose et l'obtenir. Il n'était pas faible, jamais. Il était fort, il était un Careille, personne ne devait penser autrement.
Tom avait l'air si désespéré. Il lui proposa de se mettre à genoux, ce qui le fit tout de suite sourire. C'était parfois trop facile avec Tom…
Il le regarda s'agenouiller devant lui, à sa merci, « la tête juste à la bonne hauteur » fut sa première pensée…
Il allait lui faire passer l'envie de faire des blagues douteuses.
Il l'humilia, le frappa, et dans un geste qu'il ne put réfréner, attrapa son visage.
« Regarde-moi dans les yeux quand je te parle !
Tu sais pourquoi tu es ridicule ? Parce qu'on dirait que tu veux me sucer ! »
Tom se dégagea, ça en était trop pour lui mais il n'avait encore rien vu. Luis fit mine de lui rendre son téléphone, juste pour mieux le balancer au sol et l'écraser, afin d'être sûr que Tom ne puisse pas le réparer.
Voilà, il avait fait comprendre à Tom Gassin qu'il ne fallait pas jouer avec lui et qu'il ne fallait pas qu'il s'attende à quoi que ce soit de sa part, aucune pitié. La pitié c'était pour les faibles et il ne l'était pas. Certainement pas. Il ne put retenir sa main d'aller tapoter la joue de Tom et partit avant de voir la tristesse sur son visage. Il savait qu'il était allé loin cette fois mais il ne lui avait pas laissé le choix. Au moins, il arrêterait ses allusions dégueulasses et comprendrait que Luis était le plus fort, toujours.
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Il vit Tom au loin, encore avec le grand dadais avec lequel il l'avait déjà croisé. Il s'approcha, se demandant qui il était, si finalement avec le coup du téléphone il était allé si loin que Tom l'avait dénoncé. A sa demande, Tom les présenta. Le gars précisa qu'il était son frère.
"-Et toi t'es qui ? l'interrogea le barbu.
-Un ami, on va dire. Pas vrai crevette ?"
Le regard noir que lui lança Tom ne lui plut guère. Il y avait clairement une lueur de défi dedans.
"-Pourquoi tu l'appelles crevette ? lui demanda le frère.
-Parce qu'il a une petite bite !"
S'il croyait qu'il allait se démonter le frérot, il ne connaissait pas Luis Careille.
"-Qu'est-ce que t'en sais ?
-Ben, je le vois à poil dans les vestiaires et puis euh, il en profite pour me mater. Pas vrai ? "
Il sortait parfois de drôles de trucs, mais c'était Tom qui avait commencé avec ses sous -entendus ridicules alors il n'avait qu'à assumer devant son frère ce qui devait être sa sexualité déviante.
Il ne savait pas s'il avait parlé à son frangin. Il avait couvert leur échange mais alors qu'il regardait Tom partir, il l'avait traité de connard… Il ne le sentait pas cette fois, Tom avait cafté… il chercha à le chopper mais celui-ci l'évita et prit la fuite. Cela frustra énormément Luis. Il y pensa beaucoup ce soir-là. Comme tous les soirs depuis quelques temps s'il était honnête.
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Vu qu'il n'avait pas eu de bruit de Rochat ou de la famille de l'orphelin, Luis se disait que finalement Tom n'avait pas parlé de ce qu'il se passait entre eux. Il le vit assis sur les marches qui menait au premier étage du lycée et sortit son appareil photo, commençant à le filmer. Mais Tom ne se laissa pas faire, relevant son cahier sur son visage. Il voulait absolument faire une vidéo et la mettre sur snap et il ne le laissait pas faire. Cela l'agaçait. Il s'énerva qu'il ne le calculât pas, fit tomber son cahier pour qu'il le regarde enfin.
« Allez, montre-nous ta gueule de tapette là ! »
Il n'eut même pas le temps de finir sa phrase qu'il se sentit tiré en arrière et que le frère lui tomba dessus.
Il n'avait même pas pu se défendre, c'était Rochat qui lui avait sauvé la mise. Ça l'avait vraiment mis hors de lui. Qu'allait-on dire de lui maintenant ? C'était lui qui éclatait tout le monde, personne ne mettait Luis Careille à terre. Et si son père apprenait ce qu'il s'était passé ? Et tout ça, c'était la faute de Gassin… Toujours lui…
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Voilà qu'il était convoqué par Rochat maintenant…
Il allait devoir assurer pour ne pas se mettre à dos le proviseur.
Le père de Tom était déjà présent dans le bureau, il avait l'air sacrément remonté. Il se défendit comme il put, Rochat avait l'air de vouloir le croire mais le père non. Il souhaitait très certainement lui en coller une. Quand il fit mine de l'attraper, Luis fut à deux doigts de perdre son calme mais il garda son masque impassible devant le proviseur. Toujours sauvegarder les apparences avait-il appris de son père…
Il vira et tourna toute la nuit dans son lit. Il n'était pas sûr de pouvoir contrôler cette situation bien longtemps.
Dans ses tergiversions, il se demanda si c'était à cela que ressemblait un père prêt à défendre son fils bec et ongle ? Quand cette pensée le traversa, cela le mit davantage en colère. Son père travaillait lui, il n'était pas au chômage, il subvenait aux besoins de sa famille, pas comme ce bouseux… Il voulait le meilleur pour son fils, c'est pour cela qu'il semblait parfois si froid, il voulait qu'il ait une situation, qu'il marche sur ses traces.
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Le lendemain, Rochat le convoqua à nouveau. Il fallait que Tom règle la situation en le couvrant. Il vit Théo Bommel. Il lui demanda où était le brun. Vu que celui-ci se moquait un peu de lui parce que le frère de Tom l'avait mis à terre, il se dit qu'il fallait prouver qu'il était un vrai dur et quoi de mieux que de montrer qu'il se voyait comme le patron de tom, celui qui commandait sa secrétaire, sa pute, son punching ball ! Il fallait que Théo comprenne qui détenait le pouvoir dans cette relation. Qu'il puisse le dire à tout le monde.
Malheureusement pour Luis, le père de Gassisn avait tout filmé. Il le menaça de poster la vidéo sur les réseaux sociaux et cela fit monter la honte et la haine chez Luis. Jérôme Balesta avait, de toute évidence, touché un point sensible chez l'adolescent.
« Si vous faites ça, ça va vous coûter cher » cracha-il avec dédain.
Il ne pouvait pas le laisser faire ça, ses parents ne devaient jamais voir cette vidéo. Sa mère serait trop déçue et son père comprendrait qu'il ne valait pas tous ses espoirs.
Ils trouvèrent un arrangement.
Luis alla voir Tom installé en terrasse du mistral avec son frère et lui tendit son portable. Leur tête étonnée amusa Luis un instant, il les avait déstabilisés. Il se surprit à penser que le frère de Tom était sympa quand il loua son iPhone de compliments. Mais il se reprit vite. Ils allaient tous les deux vite disparaitre de sa vie, ça valait mieux. Il partit sans demander son reste…
Il regarda son nouvel IPhone, le tout dernier modèle. Sa mère le lui avait acheté en sortant du coiffeur, il lui avait menti en disant qu'il l'avait fait tomber au travers d'une plaque d'égouts. Il avait sauvegardé le numéro de Tom. Il ne s'en servirait probablement jamais plus mais il l'avait gardé, tout comme la vidéo où Tom s'était caché derrière son cahier. C'était juste un rappel de ce qui avait failli lui coûter sa réputation, failli décevoir sa famille, une façon de se souvenir…
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Luis avait ignoré Tom depuis le jour où il lui avait donné son tél. C'était un peu bizarre, il avait été dans ses pensées, dans tous ses messages, pendant plusieurs semaines, et c'était comme si rien de tout ça n'était arrivé maintenant. Le brun l'ignorait totalement d'ailleurs. Mais il n'en avait rien à faire, il fallait juste qu'il se plonge dans la natation, qu'il évite de penser à Tom et ses abrutis de copains. Car oui, cet idiot arrogant s'était fait ami avec les Bommel… que de losers ensemble.
Un soir, il découvrit, comme le reste de sa classe, le message de Clara Bommel sur les réseaux sociaux. Mais qu'est-ce que c'était que cette histoire ? Elle avait toujours été un garçon ? Non mais sans déconner, ça existait vraiment ce genre de choses ? Une nana qui se sentait mec ? Elle voulait quoi ? Se faire mettre une bite sérieux ? ça le fascinait cette histoire…
Une petite voix dans sa tête lui disait qu'elle avait du courage de s'exposer comme ça la petite Clara. Une nana qui avait déjà des couilles quelque part… Mais non, qu'est-ce qu'il pensait ? C'était juste une dégénérée ! En même temps c'était normal, elle était devenue super pote avec Gassin, qui se resemble s'assemble. Il avait hâte d'être au lycée et de voir Clara.
Cela ne loupa pas, le lendemain, ils attendaient leur prof dans le couloir et il voulut en savoir plus. Mais Clara ne le calculait pas. Tom s'en mêla, ce qui l'agaça deux fois plus. Il insista, pourquoi elle ne lui répondait pas alors que cela ne la gênait pas de s'afficher sur les réseaux. Il voulait savoir si elle avait déjà un nouveau sexe et balança sa main vers son anatomie. Il ne vit pas venir le coup dans les parties qu'elle lui assena. Elle lui mit la honte devant tout le monde. Ils riaient tous.
Il avait croisé plusieurs élèves de seconde qui rigolaient et se tenaient les parties sur son passage. Tout ça c'était de la faute à ce monstre, ni fille ni garçon. Il se vengea en inscrivant un gentil petit mot pour Théo. Cela le fit remonter sa côte auprès de ses potes de la natation après l'incident. Il parlait avec eux quand il vit « Antoine ». C'était le moment de se venger et de faire un truc cool. Ils l'attrapèrent et Luis voulut vérifier qui il/elle était : Clara ou Antoine. Il déchira sa chemise et tomba sur un torse aux seins bandés. Quelle horreur ! C'était n'importe quoi. Un de ses potes filmait, ça allait loin mais en même temps, la première à s'être exposée sur les réseaux c'était elle. Mais Mme Blain entra. Cela ne la fit pas rire, loin de là. Cette fois, Luis était dans la mouise et il aurait du mal à s'en tirer.
Il fut convoqué par Rochat. Il ne le laissa pas se défendre, Terminator avait fait son travail de sape. En appelant ça une agression sexuelle elle avait placé la barre trop haute. Il se retrouva exclu du lycée et on lui annonça que l'affaire serait portée en justice.
Ses parents avaient été prévenus par téléphone. Son père rentrerait le soir-même d'un voyage d'affaires et ne serait pas content.
« -Luis, tu peux m'expliquer ce qui t'as pris ? Compromettre son parcours au lycée, pourquoi déjà ? »
Le fils baissa les yeux.
« -Réponds-moi quand je te parle !
-C'est un truc de fou, c'est une nana qui veut devenir un mec...
-Et qu'est-ce que ça peut te faire ? Pourquoi approches-tu des gens comme cela ? Ce sont des déchets de la société Luis. Ce sont les mêmes qui se travestissent, ont un mode de vie dégoûtant et veulent ensuite nous faire croire qu'ils peuvent élever des enfants aussi bien que les hétérosexuels. Et c'est pour que des gens comme ça n'accèdent jamais aux hautes fonctions politiques que je me crève à soutenir les politiques qui le valent bien, qui respectent nos valeurs. Et toi ? Tu fais quoi ? Tu te ridiculises à enlever sa chemise à quelqu'un qui ne vaut même pas la peine qu'on la regarde ? Tu me déçois Luis. Ce n'est pas comme ça qu'on règle ce genre de problèmes. Leur donner de l'attention, c'est leur permettre d'exister Luis et on sait très bien qu'ils ne devraient pas exister ces horreurs de la nature. Ils choisissent d'être comme cela et veulent nous faire croire qu'ils naissent comme ça. Et en les victimisant, on ne fait que donner du poids à leur pseudo combat. Il ne faut jamais se mettre frontalement contre l'ennemi, tu sais à quel point les apparences sont importantes pour ces questions. Tu te montreras plus intelligent que ça Luis, je le sais. N'est-ce pas ?
-Oui papa. J'ai compris.
-Bien. Je pourrais tout faire pour que tu n'aies pas de peine au vu de mes relations avec le commissaire mais non tu vas faire ta peine, je veux que tu comprennes où te mènent tes enfantillages Luis. Je veillerai seulement à ce que le nom de Careille ne soit pas éclaboussé. Tu me mets dans une position compliquée Luis, tu comprends ça.
-Oui papa, désolé, baissant les yeux.
-Bien. Donc, nous n'en reparlerons plus jamais. De toute façon, tu n'es pas le seul fautif, fils. Comment peut-on accepter cela dans un établissement scolaire ? Mais où va la France ! s'exclama-til en levant les yeux au ciel. Allez, Luis, viens là, se radoucit-il en attrapant son fils au cou. Si je suis dur avec toi, c'est parce que je t'aime et tu es mon seul héritier et être irréprochable c'est difficile mais essentiel quand on est un Careille. Je sais que tu feras ma fierté Luis.
-Je sais papa, je ne te décevrai pas. »
C'était important pour Luis que son père sache qu'il ne recommencerait pas, qu'il pouvait compter sur lui.
Il eut quelques jours plus tard sa peine : deux mois de Travaux d'Intérêt Général. Ce n'était pas le bagne… mais il ne retournerait pas au lycée avant la rentrée prochaine.
