Bonjour! Voici comme promis la seconde partie qui clôture ce Twoshot.
Attention /!\ Je rappelle à nouveau que la partie rajoutée par rapport à l'oeuvre originale est adressée à un public avertit! Le M n'est pas là pour faire joli!
Bonne lecture!
Le bal se tenait ce soir et j'étais attendue dans le salon des Lancaster. J'aurais dû être enchantée à l'idée que mon séjour ici prenne fin. Mais, cela signait aussi le terme du sien auprès de moi. Mon cœur, qui s'était fait de plus en plus léger depuis son arrivée, s'alourdissait de nouveau à cette triste constatation. Mais il n'était pas encore temps d'y penser et je préférais songer à profiter de ce bal à ses côtés puisqu'elle était celle à m'y accompagner.
—Acceptes-tu d'être mon cavalier ?
—J'en serais ravie.
Elle me donna cette réponse tout en saisissant délicatement ma main tendue vers elle dans la sienne tandis que je ratais un battement à peine une seconde. Comment cela pouvait-il autant m'émouvoir quand c'était de toute façon déjà prévu sans que j'en fasse la demande ? En y repensant, c'était pourtant assez évident. Moi qui la pointais du doigt pour ne pas être au fait de la complexité des relations humaines… Je n'étais pas plus douée en la matière visiblement. Reprenant contenance, je lui sautais littéralement au cou, lui exprimant ma joie du moment.
Toutes les jeunes aspirantes avaient revêtu leurs plus belles robes pour l'occasion tandis que je m'habillais de celle offerte par mon « père » et qu'elle passa la tenue envoyée par son entreprise. Toutes blanches, ces robes symbolisaient notre innocence et notre pureté alors que nous nous préparions à entrer dans le monde. Si toutes les nouvelles débutantes étaient très joliment apprêtées, il était indéniable que nous l'étions encore plus au vu de tous les regards qui sur nous se posaient durant notre avancée.
Ou peut-être étaient-ils seulement attirés par sa tenue en particulier, car elle portait pour sa part non pas une robe mais une combinaison pantalon ainsi qu'une veste longue assez fluide. Son émeraude en bijou venait parfaire sa tenue qu'elle portait divinement bien. Alors que toutes voyaient là mon chevalier servant, je ne pouvais m'empêcher de lui superposer l'image d'un ange. Elle était sans doute la plus pure de nous toutes, du moins à mes yeux. Je ne pu que lui faire remarquer qu'elle attirait immanquablement l'attention. Les chuchotements raisonnant autour de nous, je lui soufflais :
—Elles ont les yeux fixés sur toi…
M'adressant un air étonné, elle me répondit naïvement.
—Ai-je commis une erreur quelconque ?
Sa tête penchée légèrement sur le côté, elle m'offrait une vision fort drôle et je ne pu me retenir de rire en me cachant derrière mon bouquet. Était-elle vraiment si peu consciente de sa propre beauté ?
—Mais non, maligne ! C'est parce que tu es ravissante.
Et encore, ce mot n'était pas suffisant pour décrire à quel point je la trouvais magnifique. Elle me répondit pourtant.
—Elles sont toutes habillées à la perfection.
—Mais tu es de loin la plus belle de toutes.
Elle me dévisageait, je sentais son regard interrogateur sur moi se poser alors que je lui demandais expressément de rester près de moi pour cette nouvelle épreuve. Ma main tremblait de peur dans l'étreinte de la sienne que se voulait rassurante.
—Oui, je vous le promets.
J'hochais doucement la tête. Avec elle a mes côtés, je ne pouvais qu'y arriver. Alors que nous entrions dans le salon, je regardais partout autour de moi, angoissée à l'idée d'être la seule à éventuellement échouer. Quelle honte ce serait… Ce fut encore sa voix qui me tira de cette tempête dans laquelle j'étais faite prisonnière malgré moi.
—Mademoiselle Isabella…
Ses yeux azurins rassurants finirent de me convaincre de garder mon calme et que tout irait bien. Je la laissais alors m'entrainer au milieu de la pièce, nous préparant pour la danse que nous devions effectuer. L'émotion me submergea à la pensée que c'était là notre ultime valse avant son départ. Alors, avant que la musique ne commença, je lui livrais quelques mots.
—Merci Violet. Merci pour tout.
Ses yeux s'écarquillèrent tandis qu'elle prit une légère inspiration. Elle semblait tout aussi émue.
—Avec plaisir.
L'orchestre se mit à jouer et j'inspirais profondément avant de me laisser aller. Je devais seulement me remémorer nos cours et la laisser conduire, je suivrais. J'eu de nouveau la sensation d'être dans une bulle, coupée de toutes les autres participantes tant je me laissais capturer par ses prunelles bleutées d'une rare intensité. L'espace d'un instant, si bref fut il, je pus imaginer que j'étais véritablement une princesse et qu'elle était bel et bien mon vaillant chevalier…
Levant la tête vers la tapisserie du plafond alors que nous tourbillonnions au rythme de la musique, mes yeux se posèrent sur deux colombes peintes sur un ciel bleu. L'un d'elle volait très haut quand l'autre semblait tenter de la rejoindre. Elle m'apparaissait alors comme étant cette colombe d'une blancheur éclatante qui volait haut dans les nuées. J'étais pour ma part l'autre oiseau essayant d'y monter. Hélas, je ne pouvais que seulement rêver l'effleurer. Peu importait car avoir pu, même pour si peu, la côtoyer était une grâce dont je me satisfaisais.
A présent le bal est terminé et j'ai quitté ma robe quand elle s'est aussi changée. Nous allons bientôt nous quitter, mais avant, je veux lui demander quelque chose. Je lui ai déjà soumis la requête qu'elle écrive une lettre pour moi adressée à ma petite sœur. J'en ai aussi profité pour lui raconter mon histoire et comment j'étais passé d'orpheline à membre de la famille des York. Comment j'avais abandonné le nom d'Amy Bartlett pour celui d'Isabella York. Je lui confiais surtout mon chagrin incommensurable d'avoir dû quitter Taylor, une gamine abandonnée que j'avais décidé d'élever, pour lui assurer un meilleur avenir que la misère dans laquelle nous vivions alors.
Elle me dit, à la suite de mon récit, que mon histoire lui rappelait la sienne. Et en effet, sa propre vie ne fut pas un long fleuve tranquille, elle qui fut une enfant trouvée et élevée pour devenir une arme pour la guerre. Elle me raconta que cela dura jusqu'à sa rencontre avec quelqu'un qui la traita pour la première fois avec bonté. C'est aussi cette personne qui lui apprit à écrire, lui donnant un but dans la vie. Je lui rétorquais que pour ma part je n'avais jamais rien pu donner à qui que ce soit.
Elle se leva alors et s'agenouilla devant moi pour saisir mes mains et me détromper. C'était faux car je lui avais donné mon affection, lui apprenant que tenir les mains de quelqu'un qui compte pour nous peut réchauffer notre cœur. Puis elle me rassura encore en me disant que j'avais donné à ma petite sœur, à Taylor, plus que je ne pouvais l'imaginer. Je ne pus empêcher les larmes de venir s'accumuler dans mes yeux à ses mots, finissant par les laisser couler librement sur mes joues. Elle m'assura que mes sentiments lui parviendraient grâce à la lettre qu'elle écrirait pour moi, et ce où qu'elle soit.
Nous venons d'achever de rédiger ma lettre à Taylor. J'espère qu'elle lui parviendra vraiment. Je suis maintenant assise sur mon lit. Elle repart tôt demain matin et mon cœur se serre de voir lui faire mes adieux. La tête baissée, je ne la regarde pas alors qu'elle prend place dans le lit pour notre toute dernière nuit.
—Quelque chose ne va pas Mademoiselle Isabella ?
Relevant les yeux, je tombe dans les siens qui m'observent avec curiosité, toujours teintés de ce même bleu qui me rappelle le ciel dans lequel je l'imagine déployer ses ailes. Mon ange tombé des nuées, comment me résoudre à la voir me quitter ?
—Violet…
—Oui ?
—Puis-je…formuler un dernier souhait ?
—De quoi s'agit-il ?
Oserais-je vraiment le lui demander ? J'ignore si j'ai suffisamment de courage pour cela. Non, je suis incapable de le dire à haute voix. A la place, je préfère me lever pour m'agenouiller sur le matelas. Elle est assise en tailleur et de cette façon nous faisons la même taille car habituellement elle est bien plus grande que moi. Son air interrogateur ne l'a pas quitté alors j'attrape entre mes mains son visage étonné. J'ancre mon regard dans le sien, tentant de lui transmettre les sentiments qui m'agitent.
Je prends mon temps lorsque je descends vers sa bouche, qu'elle puisse s'écarter si elle le souhaite. Constatant qu'elle n'en fait rien, je pose enfin mes lèvres sur les siennes dans un contact doux mais qui ne dure pas longtemps. Je ne veux pas la choquer, une telle intimité ne doit pas lui être familière bien que ce ne soit pas non plus mon cas. Ses billes azurées sont un peu troublées lorsque je les croise de nouveau et sa respiration s'est quelque peu accélérée.
—Je crois… peine-t-elle a formuler, avoir lu quelque part que ce genre de rapprochement se fait entre deux personnes qui tiennent beaucoup l'une à l'autre, non ?
Je souris devant sa candeur habituelle. Je suis égoïste, je sais bien que son cœur appartient à quelqu'un d'autre. Seulement, je ne veux pas que cette première fois soit livrée à un quelconque mari que l'on m'aura désigné. Je veux que ce soit-elle, mon premier et sans doute unique amour pour la suite de ma vie. Que ses douces mains d'argent soient les premières à ainsi pouvoir me toucher. Tout comme ses lèvres qui ont la primeur de m'embrasser.
—Violet… Est-ce que cela te dérange ? Je ne veux rien faire qui te gênerais.
Je dis cela mais je redoute plus que tout qu'elle me repousse. Cependant je l'accepterais car mes paroles sont vraies et je ne souhaite aucunement la forcer. Se sont ses mains qui viennent à leur tour trouver mon visage. La fraicheur des ces dernières est agréable sur mes joues rougies de notre échange précédent.
—Mademoiselle…
—Non, ne m'appelle pas ainsi s'il te plait.
—Amy, sachez que je ne connais rien de tout ceci. Êtes-vous certaine de le vouloir ?
—Je n'en connais pas plus tu sais, c'est aussi la première fois pour moi.
Un doux sourire étire ses lèvres qui me manquent déjà.
—Alors, nous apprendrons ensemble.
Nous nous lions de nouveau et sa douceur m'enveloppe instantanément. Ses lèvres, puis sa langue qu'elle darde brièvement et qui m'électrise soudain. Notre baiser s'approfondissant, je sens l'atmosphère devenir un peu plus ardente. J'ai moi aussi déjà trop chaud alors que mes mains glissent dans ses longueurs dorées tandis que je me serre davantage contre elle. Sa poitrine rencontre la mienne, nos tenues de nuit n'étant guère épaisses. Je brise notre contact alors que cette nouvelle sensation me fait haleter.
Les mains de Violet ont quitté mon visage pour descendre sur mes hanches et je les sens rejoindre le bas de mon dos. Je suis si sensible que cela me fait pousser mon bassin vers l'avant au point de me retrouver presque assise sur elle. Mais, elle est bien téméraire car elle glisse encore plus bas, effleurant mes fesses, jusqu'à se poser sur le bord de ma chemise de nuit. Je n'ai plus qu'une envie, qu'elle me l'ôte sans attendre, mais d'un autre côté cela m'intimide un peu. Je ne porte rien d'autre que mes dessous hormis le vêtement.
Elle m'interroge silencieusement pour savoir si elle peut en effet me dévêtir et dans un hochement gêné je lui en donne l'autorisation. Ma chemise est soulevée et je lève les bras en réflexe pour lui faciliter la tâche. Le froid de l'air me saisi à peine suis-je mise presque à nu. Ma tenue atterrissant par terre, ses prunelles se posent sur ma poitrine découverte. Mes joues se colorent un peu plus si c'est possible tandis que je referme mes bras pour me protéger de sa vue.
Elle m'embrasse de nouveau tendrement alors que ses mains fraiches se posent sur mes bras pour doucement les écarter.
—Vous n'avez nul besoin de vous cacher, vous êtes magnifique.
Décroisant finalement, je la laisse me regarder et constate que c'est vrai : dans son regard je me sens belle. Elle se lève alors et me repousse doucement en arrière, m'allongeant sur le dos. Elle vient ensuite au-dessus de moi pour de nouveau sceller nos lèvres. Et tandis que sa langue se fraie un chemin pour trouver la mienne, ses mains reviennent sur moi se poser. Le métal dont elles sont faites est un peu froid mais il se réchauffe rapidement au contact de ma peau brûlante.
Peu à peu, elle quitte mes hanches où elles étaient sagement posées pour découvrir mes flans, mes côtes et enfin l'arrondis de mes seins. Oh…cette sensation lorsqu'elle les pose tout à fait. Elle me caresse alors doucement. Ses doigts volent sur ma peau avec toute l'habileté qu'ils ont lorsque c'est au-dessus des touches de sa machine à écrire. Ils écrivent sur moi des sensations, me donnent des vertiges et tracent les sillons de multiples frissons.
Comment peut-elle savoir comment agir quand c'est pourtant sa première fois aussi ? Lorsqu'elle atteint mes extrémités, je laisse échapper mon premier gémissement involontaire. Sa bouche quant à elle a quitté mes lèvres pour déposer quelques baisers dans mon cou dont je lui laisse l'accès en rejetant ma tête d'un côté. Sa chevelure caresse doucement ma joue tandis que son parfum fleurit m'enveloppe. Je suis à sa merci, elle fait ce qu'elle veut de moi et je ne peux même pas résister. De toute façon, est-ce que je le veux seulement ?
Elle poursuit ses douces attentions sur ma poitrine avant que ses mains ne la délaissent pour être remplacées par ses lèvres qui sont descendues de mon cou en frôlant mes clavicules au passage. C'est encore plus délicieux, au point que je doive fermer les yeux sous ses assauts. Je peux sentir l'humidité de sa langue parcourir mes pointes érigées et je pourrais bien basculer seulement comme cela tant je suis d'une haute sensibilité. Un hoquet m'échappe alors, car durant ce temps l'une de ses mains a poursuivit son chemin jusqu'à effleurer l'intérieur de ma cuisse.
—Est-ce que vous allez bien ?
Elle m'interroge, soudainement inquiète de l'exclamation que j'ai prononcée. Pas un mot n'est capable de franchir mes lèvres car ils meurent à peine les ai-je pensés. Je me contente de hocher la tête pour lui communiquer mon assentiment. Rassurée quant à mon état, elle m'embrasse brièvement avant de redescendre en laissant une trainée de baisers, presque des soupirs tant ils sont légers, le long de mon corps. Elle passe entre mes seins, frôle mon ventre et mon nombril, jusqu'à arriver là où ses doigts étaient précédemment posés. Je perds la tête et pourtant, elle ne fait que respirer près de mon aine.
—Puis-je vous l'enlever ?
Sa question me prend au dépourvu avant que je ne comprenne qu'elle fait allusion au dernier rempart protégeant mon intimité. La température augmente encore soudainement à la pensé que si je la laisse faire je serais totalement exposée à sa vue. Mais, je lui fais confiance et lui accorde l'autorisation d'un nouveau hochement.
—Oui…
Elle fait alors glisser mon dernier vêtement doucement le long de mes jambes et le laisse tomber au sol également. A présent, je n'ai plus rien derrière quoi me cacher, si ce ne sont mes cuisses qui, comme mes bras tout à l'heure, se referment automatiquement. Mon amante d'un soir me sourit tendrement et répète ses gestes en caressant mes jambes pour que je me détende. Alors qu'elle sème aussi des baisers le long de ses dernières, je fini par doucement les desserrer. Ce sont à présent mes yeux que je cache pour ne pas la voir me regarder à cet endroit si secret.
—Dites-moi si jamais vous souhaitez que j'arrête, et je cesserais à tout moment.
Je fredonne une réponse tremblante sans toujours la regarder. Je n'ose pas certes, mais cependant, mes mains quittent mes yeux pour venir serrer les draps dans celles-ci devenues poings quand sa bouche se pose finalement sur ce lieu vierge de tout contact auparavant. Seigneur, c'est tellement bon que mon bassin se met à onduler de lui-même pour accentuer l'effleurement. Les mains d'argent ne sont quant à elles pas restées inactives car l'une d'elle tente de me maintenir à peu près quand l'autre est partie trouver l'une des miennes.
J'ouvre alors les yeux lorsqu'elle me saisit et la vision qu'elle m'offre augmente la pression de mon intime anatomie qui, je le sens, ne tardera pas à s'embraser sous ses assauts langoureux. Elle ne tarde pas à m'achever alors qu'elle se concentre sur cette zone un peu plus élevée et sensible. Je murmure son prénom telle une prière adressée aux cieux vers lesquels elle me mène.
—Violet…Ah…
Je ne crie pas, ce serait inconvenant, mais un long gémissement m'échappe alors qu'une lame de fond stoppe presque les battements de mon cœur qui se faisaient effrénés depuis le début de notre étreinte. Ma tête partant en arrière, je cambre le dos quand mon bassin se presse une dernière fois contre sa bouche avant que je ne retombe d'épuisement. Tous mes muscles ont l'air de s'être contractés en même temps sous la vague de la délivrance qui me submerge.
Sentant sûrement ma sensibilité exacerbée après ce tutoiement du firmament qu'elle vient de m'offrir, elle ne me touche plus et se contente de remonter à ma hauteur, ses mains caressant mes cheveux et me serrant contre elle le temps que je retrouve une respiration normale. Une fois cela fait, elle m'embrasse alors tendrement et je rougis de sentir sur ses lèvres ce qui est probablement le fruit de mon désir et de son assouvissement.
Je voudrais lui retourner la faveur mais j'avoue être particulièrement fatiguée après tous ces événements. Mes mains ont à peine esquissé de la toucher qu'elle me stoppe doucement en secouant la tête.
—Endormez-vous, une longue journée vous attend demain.
Cette journée, oui, celle où elle va me quitter. C'est aussi celle où je vais « entrer dans le monde » comme nos préceptrices nous l'ont souvent répété. Bientôt mon « père » me trouvera un bon parti que je serais tenue d'épouser inévitablement. Peu importe cela dit, je ne lui offrirai pas ma première fois cependant. Car celle-ci m'a été ravit par nulle autre que la propriétaire de ces douces mains argentées…
Le lendemain, mon réveil est pour le moins difficile. Ouvrant prudemment les yeux pour ne pas être éblouie par la lumière matinale, je constate deux choses assez gênantes. Je suis toujours aussi nue que le jour de ma naissance, et il semble que Violet soit éveillée depuis un moment, m'observant durant tout ce temps.
—Bonjour Mademoiselle Isabella.
Comment peut-elle rester si… Alors que je suis probablement plus gênée que je ne l'ai jamais été. Enfin, je suppose que c'est aussi ce qui fait son charme.
—Bonjour.
—Avez-vous bien dormi ?
—Merveilleusement bien pour être honnête.
—Vous m'en voyez ravie.
Pudique, malgré cette étreinte que nous avons partagée cette nuit, je ramène le drap pour cacher ma nudité. Elle se lève et m'indique qu'il est temps de nous préparer car elle doit bientôt partir. Ce brusque rappel de la réalité s'abat sur moi, me coupant presque la respiration. C'est vrai, cette soirée n'était qu'une parenthèse, une bulle qui va bientôt devoir éclater. Sentant certainement mon trouble, elle fait le tour du lit jusque mon côté pour déposer un léger baiser sur mes lèvres après avoir relevé mon visage.
—Violet…
—Qu'y a-t-il ?
—Tu n'es plus obligée de faire cela. Mon souhait n'était valable que pour la nuit passée.
—Ai-je mal agis ? Vous sembliez en avoir besoin et j'en avais également l'envie.
Revoilà cette candeur et cette honnêteté qui ne cessent de me déstabiliser. Mes yeux se plissent d'un léger amusement et un sourire se forme, miroir du sien qui illumine ses traits. Je suis rassurée de savoir que je ne la force pas car il n'y aurait rien de plus atroce que cela. Pour autant, parvenir à saisir ses pensées et ses sentiments n'est guère aisé et je suis plutôt contente qu'elle les exprime à haute voix.
Nous nous habillons finalement et je profite amplement des ses mains me coiffant. Cette sensation, comme tout le reste, me manquera très certainement. Elle a revêtu sa tenue de voyage et lorsque je la détaille dans ces vêtements je me fais la réflexion qu'elle ressemble véritablement à une poupée. Je veux graver cette image, celle de sa simple beauté, dans ma mémoire pour les années à venir.
Le portail est ouvert, elle s'apprête à partir après ces trois mois passés ici. Comme je voudrais pouvoir la retenir et qu'elle ne me quitte jamais. Oui…mais je ne souhaite pas non plus la priver de cette liberté qui semble la suivre partout où elle se rend pour écrire ces lettres qui véhiculent tant de sentiments.
Je lui promets qu'un jour, je trouverais le moyen de la remercier pour tout ce qu'elle a fait pour moi quand elle me dit que ce n'est pas nécessaire.
—Mais…si j'en ai envie ?
—C'est difficile d'expliquer pourquoi, mais… Je ne préférerai pas.
Elle prononce ces paroles tout en portant l'une de ses mains à son cœur tandis qu'elle m'offre un regard triste.
—S'il vous plait.
Même le sourire qui étire ses lèvres semble d'une tristesse infinie. Certes, cette parenthèse fut un moment de grâce, une véritable bénédiction. Je ne regrette pas un seul instant de l'avoir rencontré, quand bien même, au départ, je n'en étais pas enchantée. Cependant, je suis une toute nouvelle lady, promise à un avenir qui ne peut que m'éloigner d'elle et de la liberté attachée à ses pas. Nos destins ne seront sans doute plus jamais mêlés car ils n'étaient au départ même pas amenés à se croiser.
Ma tristesse fait écho à la sienne, bien que le bonheur s'y entrecroise aussi. Cette ambivalence est à l'image de mon cœur qui en ce moment même semble à la fois lourd et pourtant léger. Mais je comprends ce qu'elle tente de me faire passer. Je lui pose néanmoins une toute dernière question.
—Tu…tu crois que nous nous reverrons ?
—Je n'en sais rien.
Bien sûr, elle est bien incapable de me mentir, ce n'est pas dans sa nature. Je lui suis pourtant reconnaissante de me donner cette réponse sans me faire de vaines promesses. Je crois… Non, je suis sûre que je ne l'en aime que plus encore justement. Car elle reste elle-même, peu importe la situation. Et bien, ce sont donc là des adieux… Elle me livre alors ses derniers mots.
—Mais souvenez-vous, Mademoiselle Amy…
Qu'elle utilise mon ancien prénom me fais immédiatement relever ma tête qui s'étais peu à peu abaissée comme si le poids de mon chagrin me pesait réellement. Alors qu'elle parle, le soleil passe les hauts murs de l'établissement et ses rayons l'éclairent alors en même temps que l'horizon. Cette image, la dernière d'elle que je vois, je sais que je la redessinerais dans mes rêves quand son absence se fera ressentir. Mais cet ange tombé du ciel, il est à présent temps pour elle y retourner.
—Je suis une poupée de souvenirs automatiques. Je peux donc me rendre partout où mes clients en ont besoin.
Elle m'offre une dernière fois son doux sourire, cette fois exempt de la tristesse qui l'a précédemment traversé. Puis, valise en main, elle se retourne et pars en direction de ce monde que je ne connais pas encore. Ses derniers mots, bien qu'ils ne soient toujours pas une promesse, me disent que si je le souhaite vraiment, nous pourrons nous revoir. J'ignore encore si j'agirais comme tel, lui faisant répondre à mon appel. Mais qui sait ? Pour écrire une nouvelle lettre, peut-être un jour en aurais-je besoin. Besoin d'elle et de ces douces mains d'argent…
