Hello !
Post-it-supérieur-droit-en-commençant-par-la-gauche : à la question Pourquoi ? Je répondrais, je ne sais, pas, c'est arrivé comme ça.
A savoir : Je répondrais aux reviews de mes autres histoires certainement ce soir ou demain.
Sinon : Je ne sais pas quoi penser de cette histoire, je n'ai pas osé la relire autrement que pour la corriger. Mais d'un autre côté, publier me fait renouer avec l'écriture, alors je vais arrêter de me freiner par peur du résultat. Il n'y a pas pire pour tuer l'envie XD
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PS : Je galère à mort pour publier cette fic, Fanfic est en train d'achever mon peu de confiance en moi, je me sens défaillir ! Sérieux, j'espère que c'est pas un signe XDDDD
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Bonne lecture !
JUSTE COMME ÇA
Ça avait commencé par le bruissement ténu du tissu qui se froisse dans une poigne incertaine. Serrée sur son col, elle avait hésité entre le repousser ou s'accrocher à lui. Ça avait commencé par un regard insolent malgré la lassitude, des yeux gris hantés par le néant. Par deux tristesses, deux cris bâillonnés par des milliers de mains qui se voulaient prévenantes ou juste punitives. Deux noirceurs comme deux plaies impossibles à panser. Et des heures sans sommeil, sans repos, sans porte ni sortie.
Dans leur salle commune obscurcie par la nuit, ils étaient seuls. Sans doute réveillés par un mauvais rêve ou piégés dans les serres de l'insomnie. Ils étaient venus se réfugier loin du silence de leur lit. Ici, il y avait toujours un son, le crépitement des braises mourantes, l'ambiance chaleureuse des rires timides et discutions passées qui s'attardaient entre les murs comme des rumeurs.
Harry s'était attendu à être seul, mais Drago l'avait devancé.
Le Gryffondor avança sans lâcher des yeux celui qui reculait en essayant de garder la tête haute malgré ses épaules toujours basses. Il avait l'air tellement épuisé, si près de s'écrouler.
— Tu viens prendre ta revanche, Potter ? Fais la queue.
C'était leur huitième année. Ils n'avaient pas été nombreux à revenir, alors on leur avait aménagé une salle et des chambres. Aucune distinction de maison pour ne pas empiéter sur les autres années qui s'enchaînaient sans attendre qu'ils se redressent.
— C'que tu fous ? murmura sourdement Malefoy alors que Harry l'acculait complètement.
Il sentit juste le souffle de Drago sur ses lèvres, celui d'après il se glissait entre elles en douceur. Sa main se saisit de sa nuque alors qu'il l'embrassait. Malefoy ne s'en défendit pas, ne le repoussa pas. Il se pétrifia une seconde, celle d'après il capturait l'instant et son corps tout entier renonçait. Harry gémit en savourant sa langue de la sienne. Ses mains s'entichèrent de ce corps alors qu'il s'égarait, affamé de ses petits soupirs haletants et perdus, le cœur triomphant.
Drago resserra sa poigne sur son maillot et lui rendit son désir, ses envies, son abandon. Il avait le goût d'une promesse dont Harry avait manqué toute sa vie.
Au début, ce ne furent que des baisers, des caresses dans le secret de l'obscurité. Sans un mot, tout juste quelques soupirs mêlés de gémissements, quelques murmures d'envie feutrés dans le silence.
Son ennemi, son désir coupable.
Deux êtres que tout séparait, jusqu'à l'inavouable.
En journée, Drago restait Malefoy. Même après une guerre, un procès, une rentrée chaotique et le scepticisme d'étudiants qui ne le regardait jamais en face, mais toujours de travers, il restait un Malefoy. Droit, presque noble. Il essayait de ne rien perdre de son éducation comme si c'était le dernier costume à la mode. Parce qu'il n'avait plus rien d'autre à leur opposer, tout juste assez de fierté.
Drago se retrouvait entouré de ceux qu'il n'avait pas hésité à trahir pour son rang, pour la pureté du sang. Peu de jeunes osaient s'en prendre à lui ouvertement, refusant le verdict d'un procès qui exigeait sa détention entre les murs de Poudlard, Drago était davantage ignoré que fustigé.
— Bouge, Mangemort, cracha un élève de cinquième année en s'apprêtant à le bousculer.
Harry l'empoigna avant même qu'il n'y parvienne.
— N'essaie même pas, menaça-t-il gravement à deux centimètres de son visage avant de le relâcher brusquement.
L'autre recula par réflexe et Harry dévisagea chaque jeune présent. Le message de sa menace muette sembla passer mieux qu'avec une beuglante. Il se retourna et jeta un œil à un Malefoy très contrarié par son intervention.
— Drago, le salua-t-il détaillant sa colère évidente.
— Potter, pesta l'autre en le fusillant du regard.
Harry avança à reculons pour le dévisager un moment avant de se retourner pour partir, sourire aux lèvres.
Peu comprenaient que Drago reste ici, sous la tutelle de McGonagall. Aucun ne voyait les barreaux de sa prison, l'ampleur réelle de sa condamnation. Ils ne comprenaient pas qu'ils étaient son véritable châtiment. Ils ne remarquaient pas ce qu'il se devait d'affronter pour gagner le droit de prétendre être libre. Leurs regards, leurs jugements, leur mépris et leur méfiance. Il n'avait pas un ennemi, il en avait des centaines et il avait perdu le droit de s'en défendre.
Harry pensait comprendre. Harry voulait le faire. Il n'excusait pas tout, mais il lui avait depuis longtemps pardonné l'essentiel. Après tout, n'être qu'un pion résumait la grande majorité de sa vie. Être le pantin d'une situation ou d'un maître, quelle différence ?
Ça avait commencé comme s'embraserait un feu juste avant de mourir. Comme un éclat d'eux même avant sa dispersion. Et c'était bon, puissant. C'était vif et grisant. Une échappatoire au milieu des cendres qui décomposaient leur existence.
— Ne t'arrête pas, Potter, bégaya-t-il en empoignant ses épaules avec force.
Adossé au mur, la poigne de Harry autour de leurs sexes bandés, Drago avait les paupières alourdies de plaisir. Il était beau dans son abandon, dans sa renonciation. Comme si enfin, il avait le droit de n'être plus que Drago, loin de son nom, loin d'une existence tracée pour lui et dans laquelle il n'avait eu aucun choix. Sa respiration haletante se calquait à ses moindres mouvements et il rejeta sa tête en arrière, perdu dans ses sensations.
— Merlin, c'est bon, geignit-il, à bout de souffle, en laissant son bassin faire n'importe quoi.
Harry le bloqua d'une main ferme, sa propre respiration saturée de désir. Il se rapprocha, contraignant davantage son corps tout en les caressant durement. Drago resserra sa prise sur l'une de ses épaules en délaissant un gémissement brisé.
— Putain, Potter, a-attends, je…
Harry se réfugia dans son cou sans cesser ses mouvements, s'enivrant de son odeur, de sa peau pâle, de ses sanglots défaits. Il mordit le creux de son épaule et Drago s'accrocha brutalement à lui pour jouir de tout son être. Harry chuta dans son propre orgasme sans cesser de mordre sa peau pour y étrangler son râle rauque.
Une insomnie, un cauchemar, une angoisse, et ils se rejoignaient pour s'étouffer dans la bouche de l'autre, pour réapprendre à respirer. Ils léchaient, touchaient, mordaient. Ils donnaient du sens à leur vie, s'y imposaient et s'y inventaient une place qu'ils n'étaient pas certains de seulement mériter.
— Tu as l'air… mieux, se moqua gentiment Hermione en arquant un sourcil entendu à son intention.
Ils étaient en attente pour leur cours de potion et Harry sourit doucement avant de hausser les épaules.
— Il voit quelqu'un, lâcha Seamus sans même relever le nez de son parchemin.
— Clair, renchérit Dean, railleur, en réajustant son sac sur son épaule. Potter baise une nuit sur deux pendant que Poudlard essaie de pioncer.
Le cœur de Harry fit une méchante embardée.
— La ferme, grogna-t-il en se frottant la tignasse. Et comment tu saurais ça ?
— On a tous des insomnies, Harry, admit Neville en grimaçant.
— Et on a tous appris à remonter les escaliers le plus vite possible pour ne pas te surprendre avec quelqu'un et vous entendre bramer comme des cerfs, vieux, compléta Seamus en enroulant son parchemin.
— Quelqu'un est un mec ? s'intéressa Ron en baillant aux corneilles.
Tous les regards convergèrent sur le seul mec capable de dormir pendant son propre meurtre.
— Si quelqu'un est sympa et qu'il rend Harry heureux, alors j'apprécie ce quelqu'un, crut bon de préciser Hermione en fusillant son petit ami des yeux.
— Je n'ai rien contre quelqu'un, se défendit celui-ci en évitant de justesse une claque de sa petite amie. Moi aussi je pense que Harry le mérite. Il a gagné le droit de se faire sucer la cervelle par la queue toutes les nuits jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Des gémissements dépités répondirent à sa réplique.
— Ronald Wesley !
La conversation se transforma en bataille puérile. C'était simple, si loin de ces dernières années de doute et de peur sous la menace des ténèbres. C'était plaisant, douloureusement parfait et Harry s'efforça d'en faire partie, de leur hilarité, de cette gaieté qu'ils avaient si longtemps crue tabou, frappée par les deuils comme une interdiction à ressentir une quelconque forme de joie, même précaire.
Depuis quand n'avaient-ils pas eu le droit de se laisser porter par les rires oubliés aux dépens de la gravité écrasante dont toute leur génération souffrait ? Depuis quand Ron ne s'était-il pas autorisé à rire sans songer à son frère ? Depuis quand Hermione n'avait-elle pas été gentiment horripilée, distribuant ses remontrances en essayant de dissimuler ses sourires irrépressibles ?
Harry secoua la tête, amusé et dépité, et tomba dans un regard gris particulier. Sans perdre son rictus, il s'autorisa à lui faire un clin d'œil rapide avant de s'en détourner aussi vite.
En journée, ils continuaient plus ou moins à s'ignorer. L'un jouait le rôle qu'on attendait de lui, l'autre se faisait doucement oublier en se murant dans le mutisme et la passivité.
Et le soir n'appartenait qu'à eux.
Harry avait le sentiment de n'attendre que ça, le soir, la nuit. Il y plongeait, tête la première, avec l'envie soudaine de ne plus émerger, de ne plus retrouver la terre ferme. S'y noyer. Il avait rêvé de cette peau si longtemps, si souvent, qu'un rien l'attisait. Alors il prenait en main leur plaisir pour ne pas montrer l'ampleur de son exaltation, pour garder un semblant de contrôle quand il idolâtrait sa peau de nacre, quand il avalait ses soupirs, affamé de ses geignements perdus.
C'était un amour interdit. C'était lui qu'il avait détesté aimer et qu'il s'autorisait à faire jouir pour se repaître de ses moindres sanglots de plaisir.
Ça avait commencé comme une tempête sur ses sens, comme un orage dans son ventre, comme un foutu ouragan. Et ça avait tout ravagé, ses peurs, sa hargne, ses rancœurs et cette colère intarissable. Ça avait balayé son amertume, charrié son dégoût de lui-même jusqu'à en déraciner l'inacceptable. D'extase en jouissance, il s'était réapproprié son corps sur celui d'un autre, cherchant dans ce poitrail étranger ses propres battements de cœur.
— C'est tellement bon, gémit Drago en vibrant de la tête aux pieds.
Ils avaient abandonné la salle commune pour l'intimité de leurs chambres, de leur secret.
Harry accepta sa poigne dans sa tignasse noire et le laissa baiser sa bouche de manière totalement désordonnée. Il s'accrochait à ses hanches, le retenant tout juste de le détruire. L'excitation de Drago avait tendance à faire sombrer Harry dans un état second où plus rien n'existait autre que ses geignements brisés de plaisir.
— T'arrête pas, Potter, s'extasia Malefoy, fébrile et fiévreux, délirant de plaisir.
Et Harry obéit, affamé de lui, de ses cris. Il prit tout ce qu'il pouvait et Drago jouit sans prévenir dans un beau gâchis qu'il ne parvint pas totalement à avaler, déglutissant sur le sexe de Malefoy qui semblait dévasté par son orgasme. Il releva rapidement Harry pour se goûter sur sa langue.
— Tu me tues, susurra-t-il en baissant son pyjama sans attendre pour lui rendre son intention.
Harry s'agrippa à lui, un plaisir aveuglant s'emparant de tout son corps. Drago avait ce pouvoir absurde sur lui. Celui de le mettre à genoux et de le faire se tordre de plaisir. Il s'extasia à son tour, complètement essoré, surconscient de Malefoy qui frottait doucement son nez sur sa tempe. Comme pour le rassurer, pour le consoler. Comme s'il l'aimait, au moins un peu.
Ça devint plus facile de dormir, de rêver. Plus simple de ne rien regretter, de ne pas haïr Poudlard sous le mauvais prétexte qu'il avait servi de théâtre pour la pièce d'une guerre dont Harry se croyait encore quelques fois l'auteur. Facile de sourire à ses amis au matin, le cœur trop léger pour être tout à fait honnête. Trop simple de suivre les cours, de faire ses devoirs, de vivre cette septième année confondue en huitième comme si rien n'en avait d'abord saccager la route déjà abîmée.
C'était bon, brûlant. C'était un feu capable de réchauffer leurs poitrails glacés par les pertes et regrets. C'étaient des bras capables de s'enserrer trop fort. Des mains coupables se repentant et réinventant chaque nuit leurs petites morts. Deux souffles vibrants d'envie. Des yeux qui avaient pleuré d'anéantissement et desquelles ils forçaient des larmes d'extase pour submerger le désespoir et s'offrir une forme d'asile.
Leur folie, leur exil.
D'un soir ou deux par semaine ils passèrent à toutes les nuits. Harry ne se lassait pas de ce corps, de cet être tabou entre ses bras fauteurs. Il voulait plus. Le posséder, lui appartenir. Il voulait des rêves saturés de ses soupirs, et pourquoi pas de ces rires grinçants qu'il n'avait plus jamais entendus. De ses sourires aujourd'hui inexistants. De ses remarques un peu tranchantes, à bout portant.
Quand Harry était trop fatigué, ses amis se moquaient gentiment de son état. Ils savaient tous qu'il voyait quelqu'un et c'était d'ailleurs ainsi qu'ils continuaient à le nommer pour le taquiner.
— Tu vas voir quelqu'un ?
— Comment va quelqu'un ?
— Tu pourrais amener ton quelqu'un.
— Passe le bonjour à quelqu'un.
— Je trouve que quelqu'un y va de plus en plus fort sur les suçons.
— Tu aimes quelqu'un ?
— Tu ne pourras pas toujours nous cacher quelqu'un et le garder pour toi seul.
Harry balayait leurs remarques et cherchait malgré lui un regard gris aux ombres moins douloureuses. Un clin d'œil, un sourire, et il se détournait de celui qui hantait toutes ses pensées.
— Ouais, McGo est d'accord pour samedi, répéta Dean, tout sourire.
Ils étaient dans leur salle commune, avachis dans les canapés qui faisaient face à la cheminée. Harry prenait toujours l'unique fauteuil et la plupart des élèves se moquaient en le comparant à un trône juste pour l'entendre bougonner de manière ridicule.
— Tu viendras avec nous, Harry ? demanda Seamus, assommé par la chaleur du feu.
— Non, il va sans doute passer son week-end avec quelqu'un, se moqua Neville en déclenchant le rire des autres.
— La ferme, pesta celui-ci, affaissé dans ses coussins.
— Tu ne sors jamais avec nous, vieux, renchérit Ron. Laisse quelqu'un respirer et amène-toi. On va juste boire un verre ou deux, sortir un peu.
Hermione, affalée dans son giron, approuva doucement en resserrant sa prise sur les doigts de son petit ami noués avec les siens. Harry ne put s'empêcher de chercher discrètement une autre approbation, celle de celui qui grattait un parchemin sur l'une des tables qui longeaient les fenêtres.
Sans le regarder, Drago sembla lever les yeux au ciel. Ce fut suffisant pour affoler le cœur de Harry déjà branlant. Il fixa le feu et inspira profondément.
— Alors ? insista Dean en lui balançant un papier froissé pour le rappeler à l'ordre.
— OK, accepta-t-il en lui renvoyant son projectile.
Tous ses amis crièrent ridiculement leur victoire et Harry maugréa en se passant une main lasse sur la bouille.
— Tu vas nous présenter quelqu'un ? joua Ron en arquant plusieurs fois les sourcils.
Ce fut ce moment que Drago choisit pour déserter la salle et rejoindre sa chambre devant les regards curieux qui commençaient doucement à perdre de leur hostilité.
— Peut-être un autre jour, éluda Harry alors qu'Hermione l'observait beaucoup trop pour son bien.
Ça avait commencé par un léger tiraillement à l'orée de son cœur. Un petit rien capable de le faire dérailler. Un ciel gris obscurci par une promesse d'orage dans le creux de poitrails déchirés par le manque. Une secousse, un tremblement de terre, et deux mondes entrant en collision, désaxés jusqu'à la raison.
—C'que tu fous ? Il fait jour..., expira suavement Drago, ses bras tendus vibrants alors qu'il renforçait sa prise sur lavabo au point d'en blanchir ses phalanges.
Harry, pratiquement plaqué à son dos dénudé, le souffle superficiel, colla son front sur sa nuque. Il passa l'élastique de son boxer pour caresser sa fesse qui frémit sous sa paume. Il retint tout juste un grognement.
—Potter, on est dans les douches communes, crut bon de lui rappeler Malefoy, déjà essoufflé. N'importe qui pourrait…
—Dis-moi d'arrêter, susurra-t-il maladroitement avant de mordiller sa nuque pâle.
Drago ne le fit pas et le cœur de Harry s'emballa comme jamais. Sa vision devint floue, brumeuse. Il expira gravement et caressa le galbe offert, inconscient de fermer les yeux sous l'intensité de ses impressions. Il laissa ses doigts descendre lentement jusqu'à son entrecuisse brûlant. Le râle gauche et tremblotant de Malefoy lui fit serrer sa prise et il rapprocha son bassin par réflexe, son sexe s'imposant de lui-même entre ses fesses.
Le palpitant malade, il débarrassa Drago de son boxer, hypnotisé par ses muscles qui tressaillirent en réponse. Il ne le connaissait qu'à travers la pénombre et le voir en plein jour le déstabilisait au plus haut point.
Sans changer de position, il attoucha ses abdos et cette ligne de poils qui n'avait de cesse de hanter sa mémoire, léchant ses épaules et sa nuque. La queue bandée de Drago sursauta sur un gémissement plus aigu que les autres et le gland humide toucha le revers de sa main.
Harry ferma les yeux, grognant de satisfaction quand Drago recula sur son membre tendu pour inciter ses mouvements. Il commença à se frotter langoureusement, enivrer par les geignements de Malefoy, si réceptif à ses moindres touchés.
—Attends, Potter, supplia-t-il, le corps fiévreux. Si quelqu'un, si… c'est…
Harry attaqua son épaule avec de petites morsures sans cesser ses mouvements de bassin. Il ne voyait plus clair et se sentait si proche du gouffre qu'il ne savait plus quoi faire pour calmer ses ardeurs.
Quand Drago commença à se caresser en délaissant ses dernières miettes de conscience, il perdit complètement pied. Il baissa son propre caleçon pour glisser son sexe frémissant entre les lobes charnus. Harry les saisit à pleine main pour les serrer autour de son membre et s'y enfoncer.
—Potter, suffoqua Malefoy en accompagnant ses coups de rein.
Il n'en fallut pas plus pour que son déhanchement devienne anarchique. Drago se crispa entièrement, jouissant en se tenant méchamment au lavabo d'une seule main tremblante. Harry se laissa complètement dévaster par sa félicité. Il grogna en sentant tout son corps se tendre, se rependant sur ce cul accueillant qu'il rêvait de baiser. Ses muscles tressautèrent et il s'agrippa à cette taille pour se perdre dans les répliques de son orgasme.
Leurs souffles finirent par se calmer et Harry bascula son visage sur le pouls difficile de Drago. Ils étaient un beau gâchis et le rire bref et dépité de Malefoy sembla tomber d'accord avec cette pensée silencieuse.
Les jours passaient et les nuits dépassaient toutes ses espérances. Et si le reste du temps ils s'ignoraient, ne se jetant que quelques coups d'œil à travers les couloirs, les cours ou leur salle commune, dans l'intimité, le monde entier ne se réduisait plus qu'à eux seuls. Ils ne dormaient jamais ensemble, même si la plupart du temps, Harry aurait préféré, au moins pour se réveiller au côté de celui dont il rêvait pratiquement toutes les nuits.
Ils n'en parlaient pas. Ils ne parlaient jamais vraiment et Harry craignait d'entacher leur étrange histoire avec ces petites déceptions qui fleurissaient doucement dans sa poitrine. Alors, il se taisait. Alors, il prenait ce qu'il pouvait, tout ce que Drago lui donnait, et il le lui rendait au centuple.
—Tu es sûr ? Maman va être déçue, réfléchit Ron en grimaçant à l'idée.
Ils étaient autour de la table basse qui faisait face au canapé qu'il squattait tous trois, comme autrefois. Comme dans la tour Gryffondor quand il attendait que le château s'endorme pour échanger leurs idées folles.
—Ron, si Harry a besoin de se retrouver seul, c'est son droit, intervint Hermione en tapotant gentiment la cuisse de son meilleur ami.
—Je sais bien, mais tu vois…
Il ne parla pas de Fred, le l'absence d'un des fils de Molly, mais le poids qui s'installa autour d'eux le fit pour lui.
—Je crois qu'on a tous eut peu de temps pour nous, continua Hermione sans s'appesantir de l'ambiance qui se chargeait de deuil et de culpabilité. Après… tout ça, on a juste enchainé comme si le fait de s'arrêter un moment pour souffler était inconcevable. Je crois, je crois qu'on ne s'est pas laissé le temps nécessaire pour nos propres deuils. Alors, si Harry estime que passer Noël ici, seul, lui fera du bien, je crois qu'on devrait respecter ça.
Chacun partit un moment dans ses pensées, laissant le crépitement des braises temporiser les battements lourds de leurs cœurs accrochés au passé.
—Et je crois aussi que tu as peur, Ronald. Peur de devoir affronter le chagrin de ta mère. Alors que si Harry était là, Molly le ferait peser sur lui, tu ne crois pas ?
Sa question faible fit déglutir Ron qui se réfugia un moment dans son cou avant de frotter son menton sur ses cheveux bruns un peu hirsutes. Hermione lui sourit tendrement avant d'embrasser doucement ses lèvres.
—On s'en sort bien, conclut-elle alors que les garçons acquiesçaient, le regard égaré.
Cette nuit-là, il fit jouir Drago deux fois uniquement pour entendre sa voix s'enrayer de manière déplorable. Pour le détruire de plaisir. Il l'adora de mille façons jusqu'à le rendre incohérent.
Et s'il aurait préféré rester simplement là, le prendre dans ses bras et lui dire que tout irait bien, il se contenta de lui faire perdre tout contrôle. De se repaître de cette beauté trop brutale pour son cœur amollie malade de ses cris d'agonie. Et s'il aurait aimé frotter son menton sur ses cheveux pâles et pourquoi pas embrasser doucement ses lèvres, juste comme on murmure des mots à quelqu'un qu'on aime, il en ravala simplement l'intention malhabile.
Parce qu'il ne savait pas ce qu'il avait le droit ou non de faire. Il ne savait pas ce qu'ils étaient.
Alors il embrassa sa peau comme on susurre des aveux d'amour. Il le caressa comme on confit les rumeurs, du bout des lèvres. Il fit éclore autant de frissons sur sa peau qu'il avait de sentiments à offrir. Il le griffa et le mordit, l'empoigna et le contraignit pour graver sur lui son envie de sa peau, ce besoin viscéral de son existence dans cette vie devenue incohérente. Pour le meurtrir de tous ces mots enfouis dans le creux de son cœur qu'il n'arrivait pas à lui dire, qui enserraient sa poitrine et détruisaient sa gorge saturée de larmes taries.
Et Drago le laissa jouer de son corps comme d'un instrument. Chaque sanglot, chaque gémissement, chaque cri et soupir larmoyant devenait des notes fiévreuses et enivrantes. Jusqu'à sa jouissance. Jusqu'à le sentir trembler des répliques de son plaisir entre ses bras aimants. Jusqu'à ce que l'extase devienne sa seule musique, son seul tourment.
—Bonjour, souffla-t-il quelques minutes plus tard alors que Drago sortait à peine de sa sieste éphémère.
Allongé face à lui, il caressa doucement le visage de son amour interdit.
—Ce n'est pas encore le matin, Potter, expira bassement celui-ci, repu. J'ai besoin de dormir.
Harry cessa ses caresses et retira doucement ses doigts de sa mâchoire anguleuse, tentant de faire abstraction de l'étau qui enserrait sa gorge, de la peur qui en faisait de même autour de son cœur.
Ça avait commencé par des conversations silencieuses, des centaines d'heures à ne rien dire, par le langage d'un corps qu'il espérait connaître, celui de son idylle. Par deux ennemis s'abreuvant à la bouche de l'autre comme si elle était source de vie. Et des espoirs sur le tranchant de vœux peut-être impossibles à quérir.
Peu d'élèves restèrent à Poudlard pour les vacances d'hiver. C'était trop tôt pour que le château inspire l'euphorie d'antan. Il leur faudrait sans doute encore quelques années, à tous ces parents et leurs enfants, pour confier à ce monument historique la confiance nécessaire à leur rendre Noël de nouveau féérique.
Harry passa ses vacances pratiquement seul. Il en profita pour longer les couloirs et se réapproprier ses bons souvenirs, ceux d'un enfant curieux avide d'aventure qui avait plongé dans un monde bien trop vaste pour lui. Un enfant émerveillé qui n'aurait jamais d'une vie pour se lasser de la magie. Il avait eu ce sentiment profond de trouver sa place, ses racines.
Il essaya de se retrouver, de renouer avec lui-même, avec ses escapades nocturnes au saint de ce château qui lui avait appris autant qu'il lui avait repris.
Ce fut long, deux semaines. Difficile sans échappatoire, sans l'odeur de Drago pour chasser les cauchemars. Quand le château se remplit à nouveau du son des rires, des cris et du chuchotement ténu des rumeurs, il accueillit le retour de ses amis et les laissa conter leurs fêtes un peu moroses, mais chaleureuses. Ils lui donnèrent des gâteaux que Molly n'avait fait que pour lui et Harry se laissa emporter dans le courant de leur enthousiasme presque contagieux.
Cette nuit-là, il traversa les dortoirs des huitièmes années et entra dans une chambre en particulier. Il fut aussitôt pointé par une baguette qu'il repoussa d'un revers de la main.
–Potter…
Il ne réfléchit pas son allant. Il attrapa la nuque de Drago et fondit sur ses lèvres, complètement foudroyé par ses impressions. Le manque des derniers jours vibrait jusque dans ses veines. Malefoy geignit et lui rendit son baiser sans résister.
Harry s'enflamma complètement, le cœur à deux doigts d'exploser. Son goût, ses lèvres, sa foutue odeur. Rien ne valait Drago Malefoy entre ses mains trop possessives. Il avança pour le faire reculer jusqu'au lit. Là, il le poussa sur le dos et s'allongea entre ses cuisses, trop excité pour se soucier de quoi que soit d'autre.
Il voulait le ravager autant que son cœur était dévasté.
Il agrippa sa tignasse blanche pour la tirer en arrière et infliger mille morsures à sa gorge soumise et gémissante.
— J'ai tellement envie de toi, s'entendit-il grogner avant de mordre le creux sous son oreille, celui de son épaule à peine vêtue.
Son corps vibrait d'un désir nouveau, sauvage, presque violent dessus celui de Drago en proie à l'abandon. Il vira son propre maillot avant de le dévêtir, profitant de chaque parcelle de sa peau d'albâtre. Il lécha, mordit, ravi des frissons qui en accentuaient la fébrilité.
— Potter, faut, c'est, gémit Drago alors que celui-ci attrapait ses hanches pour cambrer sa taille et le sucer profondément. Je, Merlin…
Sa faim devint insatiable, son appétit vorace.
— Attends, s'il te, Potter… attends…
Mais ce dernier n'attendit pas. Il n'attendait plus. Il avait appris dans ce lit, sur ce corps fébrile captif de ses désirs, qu'il pouvait être implacable. Insensible aux suppliques dont il était le bourreau.
Il avala la queue de Drago jusqu'à sa base et le maintint comme ça, dos arqué par sa poigne impitoyable. Les gémissements perdus de Malefoy détraquaient ses pensées jusqu'à les déliter. Il déglutit sur le sexe qui remplissait sa bouche trempée de salive et Malefoy sanglota comme une épave avant de trembler de tout son corps et de se déverser dans sa gorge dans des soubresauts déplorables. Il geignit alors que Harry avalait autour de son gland pour accompagner sa déchéance. Complètement démis par son orgasme, il retomba mollement sur le lit et Harry consentit à desserrer sa prise.
— C'est, c'était, essaya Drago, son regard gris brumeux, alors que Harry le surplombait pour embrasser doucement ses lèvres. Intense…
— Hum, répondit-il en léchant dans sa bouche.
— Juste…, souffla Malefoy, perdu, quand il délaissa ses lèvres pour dévorer férocement sa gorge et y imposer ses morsures encore pleines de désir. Harry… deux minutes…
— Je vais te faire du bien, promit celui-ci en léchant son téton.
Sans attendre, il se redressa pour le retourner et embrasser chaque parcelle de peau à portée.
— Je vais te faire oublier ton nom, susurra-t-il en mordillant ses reins, sa taille, sa fesse. Tu n'auras plus que le mien à la bouche, Drago…
Il releva son bassin pour le mettre sur les genoux.
— Harry…, gémit-il alors qu'il lui écartait les cuisses et saisissait ses lobes à deux mains.
Ce fut tout ce qu'il lui fallut pour perdre prise sur ses sens. Il se vit à peine se pencher pour goûter son intimité avant de la baiser avec sa langue. Drago devint un amas de frissons, de cris brisés, de murmures, de geignements désespérés. Harry s'entendit tout juste grogner de plaisir à l'idée de le défaire totalement. Perdu dans le plaisir, il le prépara avec déférence, l'esprit complètement embrumé.
Il s'appliqua à le détendre, fébrile à l'idée d'être en lui, de le posséder entièrement.
Il glissa lentement sur lui, en lui, s'extasiant du fourreau serré autour de son sexe palpitant. Drago ne lui opposa aucune résistance et il passa toutes ses barrières jusqu'à la garde. Il lui fit l'amour pour la toute première fois, pleinement, entièrement.
Lentement, délibérément, il allait et venait, vibrant de la tête aux pieds à cette chaleur et cette prise autour de son membre bandé. Chaque pénétration était de plus en plus profonde. Harry n'était plus que désir, plaisir, et il ne voulait rien de plus que faire durer les choses et retarder l'échéance. Les gémissements démolis de Malefoy se mêlaient à ses grognements gutturaux alors qu'il le baisait avec toute la langueur du monde, une main sur le haut de son dos pour l'épingler au matelas.
— T'es bon, Drago, gronda-t-il en s'enfonçant dans son corps frémissant qui semblait l'avaler un peu plus à chaque poussée. Tellement bon…
— Harry, supplia Drago, détruit de plaisir. Plus vite...
— Chut, ronronna-t-il en sortant lentement pour se rengainer avec une lenteur délibérée.
La sensation était divine. L'envie de jouir s'accumulait dans ses reins. Il ne tiendrait plus longtemps. Il attrapa ses hanches et affermit sa prise pour les tirer vers lui, adorant entendre Malefoy geindre et se tortiller autour de sa queue agité de soubresauts.
— Ouais, juste comme ça, gémit Drago dans un sanglot alors que Harry le retirait de sa bite sans plus bouger les reins.
Il le remboita sur lui à la seule force de ses mains, s'extasiant à la sensation alors même que Malefoy devenait l'objet volontaire de son plaisir. Pantin tremblant sous l'assaut de ses envies, il se laissa faire sans cesser de vocaliser son ivresse. Harry perdit toute notion de réalité jusqu'à se vider au plus profond de son corps. Il fut à peine conscient de la jouissance de celui qui tressaillait sous lui en psalmodiant son nom dans une litanie de prières dépourvue de sens.
Ça avait commencé comme l'esquisse d'un sourire sur un visage qui avait depuis longtemps désappris le rire. Comme un battement de cœur prompt à s'enfuir. Comme une étrange admiration déplacée, presque illicite. Et deux corps s'épousant dans la nuit, intouchables, à mille lieues d'ici. Deux magies s'abreuvant de l'autre jusqu'à la lie.
— Reste, souffla Drago, à peine remis de sa déchéance. S'il te plait, ne pars pas…
— Ouais ? osa-t-il, éperdu à l'idée de partager son sommeil.
Son cœur battait à tout rompre alors qu'il s'allongeait juste devant celui qui, yeux clos, peinait à reprendre son souffle. Il caressa sa joue et Drago ouvrit lentement les paupières.
— S'il te plait...
Harry se pencha sur lui et déposa le plus petit des baisers sur ses lèvres pleines. Drago ne ferma pas les yeux. Drago le fixa comme s'il craignait de le voir disparaître. Il se rapprocha et Harry frotta doucement leurs nez ensemble.
—OK, souffla-t-il en remontant la couverture sur eux avant de le prendre dans le creux de ses bras.
Et si son pouls fusa dans sa poitrine presque douloureusement, s'il se réfugia dans les cheveux de Drago pour en inspirer l'odeur jusqu'à l'asphyxie, s'il dut retenir l'envie de pleurer qui endolorissait sa gorge, il le confia dans l'étreinte de celui qui lui rendit avec le même attachement, la même tendresse.
Dormir ensemble devint une habitude. Il leur arrivait de ne rien faire d'autre, juste rester allonger face à face, s'apprendre du bout des doigts sans chercher l'extase ni la jouissance. S'aimer comme ils ne l'avaient encore jamais fait, de tout leur cœur.
Ça avait commencé par un défi fragile dans l'obscurité. Deux regards s'affrontant sans force, victimes d'une guerre qui ne les avait pas épargnés. Deux faiblesses se confrontant comme se constatent les morts sur un champ de bataille. Et un baiser comme un pardon, un besoin viscéral d'évasion. Oublier, se battre différemment. Peut-être pour s'aimer, peut-être pour cesser de se haïr. Peut-être juste pour ne plus exister, ou pour surexister une fraction de seconde au milieu d'années à n'avoir aucune prise.
Ça avait commencé juste comme ça.
Note de fin de textation textuelle : Elle a peut-être un petit goût d'inachevée, mais je ne saurais quoi faire de plus XD
Comme toujours : Merci de l'avoir lu, j'espère qu'elle aura sû agrémenter votre journée, votre soirée, votre tête un peu renfermée par ce nouveau confinement. Un mot, une impression ? n'hésitez pas, je suis tout à l'écoute, même si c'est pour me tacler (hahaha, je suis au bout de ma vie)
Votre gribouilleur du dimanche,
M. Dray
