Hellop' ! Bon, désolé pour l'attente, j'ai été un peu débordé, mais je pense que vous apprécierez ce chapitre plus long que les précédents ! J'ai vraiment du mal à trouver des idées innovantes pour ces deux-là, donc je prends le temps, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop !

Lisez les notes présentes en bas du texte, elles sont assez importantes si vous n'êtes pas forcément calés sur cet évènement. On se voit en bas.

Bonne lecture !

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Il était debout sur le ferry, attendant d'être débarqué. Sa hiérarchie le punissait pour avoir inclus Sherlock dans ses enquêtes. Il devait aller superviser les opérations policières à Derry* au lieu de boucler une affaire sombre qui l'empêchait de dormir à Londres. Il était en colère contre ses supérieurs, car ils avaient donné l'enquête à Dimmock, et, il fallait être honnête, il ne l'aimait pas beaucoup. D'autant plus qu'il savait qu'il inclurait également Sherlock ans ce dossier. Il sourit à cette pensée, en lui souhaitant beaucoup de plaisir. Certes, le détective-consultant était ingérable et odieux, mais après de longues années de collaboration, l'inspecteur Lestrade s'était mis à apprécier le cadet des Holmes. Seulement apprécier, il ne fallait pas aller trop loin non plus. Il soupira et s'appuya à la balustrade du bateau, le vent marin s'engouffrant dans ses cheveux. L'air frais et beaucoup moins vicié lui faisait énormément de bien.

Il débarqua dans la fin d'après-midi et après l'avoir sommairement accueilli, on l'escorta jusqu'aux bâtiments qu'il occuperait pendant les semaines à venir. Il déballa les quelques affaires qu'il avait pris avant de sortir dans la ville. On l'avait prévenu de ne rester que dans le côté « anglais » de la ville, parce qu'on ne pourrait lui garantir de lui sauver la vie s'il traversait la rue. Il aurait réellement aimé aller jusqu'à Belfast pour voir sa petite-nièce, qui était née deux semaines auparavant, le samedi 15 janvier 1972. La lettre de sa cousine lui disait qu'elle ressemblait comme deux gouttes d'eau à son mari et qu'elle riait déjà. Il sourit en repensant à la photographie qu'elle avait jointe à la lettre. Il entretenait une relation très forte avec elle, puisqu'elle avait vécu plusieurs années avec sa famille, dans un village près de Londres. Il trouva la nuit bien calme, seuls quelques passants étaient de sortie, se dépêchant d'avancer, rasant les murs. Il sentit l'angoisse nouer une boule dans son ventre et il se dépêcha de retourner vers son lieu de départ.

Lorsqu'il s'assit devant le petit bureau qui faisait face à la fenêtre, il se détendit enfin. L'atmosphère était lourde, même dans les quartiers militaires qu'i lavait dû traverser, et il craignait le pire. Il n'était là que pour des affaires mineures, alors pourquoi avait-il ce sentiment de crainte ? Il se décida d'écrire à sa cousine qu'il était à Derry, si lui ne pouvait pas se déplacer, elle pourrait peut-être le faire dans quelques semaines, après avoir récupéré de l'accouchement. Il regarda sa montre. 29 janvier 1972, 10 :07pm**. Il sortit le papier à lettres du tiroir dans lequel il l'avait rangé précédemment, pris un stylo et écrivit à la lumière du réverbère qui se situait devant sa fenêtre.

Il se leva tôt le dimanche matin, et se rendit au poste de police où on l'attendait. Tout le monde se bousculait, et il se rendit avec beaucoup de mal dans un bureau où on était censé l'attendre.

« - Lestrade ? »

Il se retourna pour apercevoir un homme d'une quarantaine d'années, les cheveux blonds, une moustache épaisse sous son nez.

« - Oui.

- Manifestation. On y va, lança l'homme en lui faisant signe de le suivre. »

Il le suivit jusque dans sa voiture. Il se présenta sommairement et se rendirent dans le Bogside***, où avait lieu la manifestation.

Plusieurs années plus tard, il avait toujours du mal à se souvenir de tous les évènements. Les cris le hantèrent durant de nombreuses années et les images étaient floues.

C'est un cri qui le sortit de sa torpeur. Son nom. On l'avait hurlé tandis qu'il était dans la foule, se faisant bousculer, perdant peu à peu pied. Un corps tomba près de lui. Et un deuxième. Il suivit le mouvement de foule pour se mettre à l'abri. L'armée avait tiré. Sur des civils. Sur une manifestation pacifique. Il s'arrêta brusquement pour se retourner. Il était sur le point de tourner la tête lorsque quelqu'un agrippa son bras avec force, l'obligeant à continuer d'avancer. Il lança un regard sur sa droite et croisa un regard froid et dur qui le fit obéir. Ils marchèrent vite, et lorsqu'ils tournèrent dans une ruelle, le policier se plia en deux pour reprendre son souffle. Il releva les yeux après quelques minutes, et reconnut l'homme qui se tenait devant lui.

« - Mycroft Holmes ?

- Inspecteur Lestrade, répondit celui-ci sans pour autant le regarder.

- Qu'est-ce que vous faites là ? »

L'autre le regarda sans comprendre.

« - Sur le terrain, précisa Lestrade.

- Oh. »

Il jeta un regard dans la rue qu'ils avaient quitté de longues minutes auparavant et planta ses yeux dans les siens.

« - Je me sentais coupable de votre… mutation. »

Le policier leva un sourcil et finit par s'asseoir à même le sol. Il était épuisé et avait du mal à reprendre une respiration calme. Il porta la main à son visage lorsqu'il vit qu'elle était pleine de sang. Tout comme sa chemise. Sa main se mit à trembler, ses yeux s'agrandirent et son souffle se coupa. Il sentit les mains froides de l'autres hommes sur ses joues, le forçant à bouger la tête pour qu'il le regarde.

« - Inspecteur, tout va bien, ce n'est pas votre sang.

- Parce que ce n'est pas le mien tout va bien ?, murmura-t-il en baissant les yeux.

- Ce… Enfin reprenez-vous ! »

Le regard scandalisé qu'il planta dans celui du politicien le fit taire. Il le vit s'accroupir face à lui et il parla avec une voix douce.

« - Gregory… je peux vous appeler comme ça ? »

L'intéressé hocha affirmativement la tête.

« - Je rentre à Londres ce soir, et vous venez avec moi. »

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Plusieurs semaines s'étaient écoulées, et lorsque l'inspecteur Lestrade se réveilla un matin de mars, il se blottit dans les bras de son amant, qui grogna doucement.

« - Un souci, Gregory ? »

Le policier releva la tête et déposa un baiser sur les deux joues et les lèvres du politicien avant de murmurer :

« - J'ai bien dormi. »

Il sentit plus qu'il ne vit Mycroft sourire et il le serra plus fort encore contre lui. C'était la première nuit qu'il avait fait sans cauchemar. C'était aussi la première avec Mycroft.

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*j'utilise volontairement Derry et non Londonderry. J'ai mes propres raisons, ayant énormément travaillé sur ces années de conflit je me suis forgé ma propre opinion, mais je vous laisse libre du vôtre, sachez seulement que ces deux noms désignent le même endroit.

**j'ai laissé l'heure en version anglaise, 10 :07pm = 22h07.

***banlieue de Londonderry en Irlande du Nord. Bastion catholique républicain, fief de l'IRA, il s'agit d'un lieu important du conflit nord-irlandais (merci wikipédia…).

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J'espère que ce chapitre vous aura plu. J'ai beaucoup plus d'idées pour les décennies suivantes, et le dernier chapitre est déjà écrit, ce qui devrait me faciliter la tâche ! Je vais essayer de faire au mieux, et j'espère que les fautes d'orthographes qui m'auront échappées ne vous embêteront pas.

Prenez bien soin de vous, le chapitre suivant devrait être publié avant la rentrée de septembre, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en review ou en message !

XOXO

-JimmM