Bonjour ou bonsoir ! Aujourd'hui, chapitre dédié à Haze !

Merci pour vos retours, je les lis tous et cela m'encourage !

J'ai beaucoup écrit aujourd'hui. Contrairement à ce que je pensais, je n'ai pas battu mon record en terme de mots ! Le maximum que j'ai pu faire était au chapitre 9 avec plus de 6 000 mots, et là je constate qu'il y a plus de 4 000. Il y avait pourtant beaucoup plus de pages sur ce chapitre. Mais bon, je voulais vraiment finir le passé de Haze en un seul chapitre ou deux maximum. Et puis en fait, je ne me sentais pas de le couper, alors j'ai fait un seul.

/!\Ce chapitre traite de plusieurs sujets pouvant être considérés comme sensibles, tels que la négligence parentale, les inégalités des sexes, les agressions physiques et la consommation d'alcool. Je ne soutiens aucunement ces quatre choses-là. Je ne fais qu'aborder ce sujet car je juge que c'est utile au développement des liens entre les personnages. Buvez de l'alcool avec modération, ou ne buvez pas du tout. Buvez de l'eau, c'est mieux :3/!\

Dans le chapitre d'aujourd'hui, Haze parle enfin de son passé à Harry pour se débarrasser de cette épine qui restait coincée dans son cœur. Qu'a-t-il bien pu vivre ? La réponse est dans ce chapitre.

Pour rappel, le prénom de Haze est William.

Il y aura un flash-back dans un flash-back. Je sais ça peut être confus dit comme ça, mais ne vous en faites pas, normalement vous ne serez pas perdus.

Bonne lecture.


Chapitre 12

Le moment fatidique arriva. Haze était devant les appartements de Harry et réajusta son col. Il voulut attendre d'être prêt mentalement et physiquement avant de toquer à la porte. Alors qu'il levait finalement la main, une autre main dépassait la sienne et toqua à sa place. Il écarquilla les yeux. Il n'avait entendu personne arriver. Pourtant, il n'était pas déconcentré ou perdu dans ses pensées ! Alors pourquoi ? Comment ?

Il regarda la personne. C'était Tom, dans une tenue décontractée : un simple T-shirt blanc à manches courtes et un pantalon, et dans ses bras un sac. Son élève lui lançait un regard très sombre, et si Haze avait été plus sensible à ce genre de choses, il en aurait frissonné. La porte s'ouvrit et un sourire chaleureux l'accueillit.

- Je vous attendais. Entrez, vous deux !

Tom entra en premier en dépassant rapidement Haze. Quel petit insolent, se dit-il. Ils n'étaient certes, actuellement plus sur le temps de cours, mais il restait un élève. Tom enleva ses chaussures et les mit à l'entrée à côté de celles de Harry. Harry invita Haze à faire de même.

Ils entrèrent dans le salon. Haze lança un regard en coin à Tom.

- Finalement, je ne pense pas qu'un enfant comme lui devrait écouter...

- Ne vous en faites pas, il n'écoutera pas. Tom, tu peux faire tes devoirs dans ma chambre si tu veux.

Tom lui lança un regard qui disait : "Je ne veux pas.", mais ne protesta pas. Pas question d'être lui-même devant un intru. Harry comprit rapidement cela et leva les yeux au ciel. Tom alla dans la chambre de Harry mais laissa la porte entrouverte pour entendre plus clairement la conversation à venir. Il vit pour la première fois la chambre de Harry à Poudlard. Elle était moins décorée que chez eux. Le lit était presque double et n'avait pas de baldaquin comme ceux des élèves. Il y avait une commode où se trouvaient ses vêtements et un bureau contre le mur. Tom posa son sac sur le bureau et commença à sortir ses affaires.

Il regarda les papiers sur le bureau. Il y avait des devoirs d'élèves de plusieurs classes, et Tom trouva un dossier comportant son emploi-du-temps et des fiches contenant des informations sur ses classes et ses élèves. Un petit résumé de leur comportement en classe était à côté de chacun de leurs noms, sûrement pour qu'il puisse tous suffisamment connaître leur caractère et les aider ou quoi que ce soit. Il lança un sort pour dupliquer tous ces documents et rangea les copies dans son sac.

o0O0o

Haze se frottait la nuque. C'était la première fois que Harry le voyait si tendu et gêné. Il avait servi du café pour Haze et du chocolat chaud pour lui-même et pour Tom qui travaillait dans la chambre.

- Bien, donc… Par où commencer…

- Prenez votre temps. Racontez-moi tout ce qui vous pèse sur le cœur.

- J'aimerais tant oublier…

- C'est dur d'oublier. Une fois que vous pensez avoir oublié, il y aura toujours un risque que quelque chose qui nous rappelle le mauvais souvenir survienne. Je pense que le meilleur moyen est d'accepter notre passé. En l'acceptant, même si c'est douloureux, on est plus serein car on va de l'avant. Le passé est le passé, il faut y tirer une croix. Ce n'est pas facile. Il y a tant de choses que j'ai vécu et que j'aimerai oublier moi aussi, mais je les ai acceptées.

Mais encore, était-ce si vrai ? S'il était revenu dans le passé, n'était-ce pas parce qu'il n'avait pas réussi à accepter la triste réalité ? Qu'il n'avait pas accepté le fait que tous ses proches soient morts ? Qu'il n'avait pas réussi à accepter les conséquences de la guerre et ce qu'elle a prit de si cher à ses yeux à tout jamais ?

Harry baissa les yeux. Il disait des paroles que même lui ne croyait qu'à moitié. Mais si cela pouvait rassurer Haze, alors qu'il en soit ainsi.

Dans la chambre, Tom tendait l'oreille. Harry le savait, bien entendu, et Tom savait que Harry savait. C'était forcément je genre de Tom. Mais mieux valait ne faire aucun commentaire là-dessus.

- Bien… Que dire en premier ? Je suis né en Écosse et je viens d'une famille sorcière normale. On était ni riches ni pauvres. Mes parents travaillaient dans la même boutique et mon frère et moi restions à la maison puisque nous n'avions pas l'âge d'aller à Poudlard. On vivait une vie tout à fait banale et épanouie, du moins jusqu'à mes six ans.

- Oh… Que s'est-il passé ?

- Mes parents n'étaient pas les propriétaires de la boutique, qui était une grosse entreprise. Un jour, alors que mon père devait empaqueter des objets très coûteux et précieux pour un client qui a fait une grosse commande, il a fait un faux mouvement. Tout a cassé. Les objets étaient uniques et non-réparables magiquement. Il s'est fait virer, les supplications de ma mère n'ont rien changé. Cela a ruiné sa vie, car il n'a pas pu trouver d'autre job et nous fûment durement endettés. Ma mère était donc la seule à ramener l'argent à la maison. Nous étions devenus pauvres en un rien de temps, car les femmes sont moins bien payées que les hommes, et elle avait une place très mineure dans la boutique. Mon père a sombré dans une profonde dépression et restait à la maison. Le temps passa. Mon père ne nous parlait presque plus.

- Pourquoi n'a-t-il pas trouvé un nouveau travail ? Il y a forcément quelqu'un qui l'aurait prit !

- L'ancien directeur de son entreprise et le client ont lancé des rumeurs sur lui, par pure vengeance pour le faire payer. Personne n'a voulu de lui.

- C'est injuste ! Et vous, qu'êtes-vous devenus ?

- Nous vivions comme nous le pouvions. Mon frère entra à Poudlard. Nous ne voyons presque plus ma mère pendant un certain temps, car elle avait travaillé d'arrache-pieds pour payer la dette et pour permettre à mon frère d'acheter ses fournitures, ainsi qu'à moi deux ans plus tard, puisque je suis de deux ans son cadet. Le temps passa lentement, et j'ai enfin quitté l'ambiance malaisante qui régnait dans toute la maison au quotidien, pour aller à Poudlard. J'ai été réparti à Serdaigle tandis que mon frère était dans sa deuxième année à Gryffondor. Nous ne savions pas ce qu'il se passait à la maison pendant notre absence. Je me suis seulement concentré sur mes études. Mon frère aussi, sauf qu'il était un brin plus sociable que moi. Disons qu'il avait sa bande d'amis et ne se renfermait pas sur lui-même quand on lui parlait.

Haze marqua un temps d'arrêt et inspira.

- Tout s'est définitivement effondré quand j'avais seize ans.

Flash-Back

Les vacances d'été sont enfin arrivées. L'année prochaine, il serait en sixième année. Son frère, quant à lui, allait bientôt fêter sa majorité et devait trouver un travail ou suivre des études. Son frère ne savait pas encore vers quoi s'orienter exactement.

- J'espère que la condition à la maison s'est améliorée, dit William alors qu'il avançait d'un pas indéci vers la maison.

Elijah avait ses yeux bleus assombris et passa une main dans ses cheveux blonds un peu plus foncés que ceux de son frère.

- Depuis le début de notre entrée à Poudlard à 11 ans, on a reçu aucune lettre d'eux et ils ne prennent même pas la peine de venir nous chercher à la gare. Y'a pas moyen que ça aille mieux aujourd'hui et tu le sais très bien, murmura-t-il.

- Je sais… Mais laisse-moi espérer un peu au moins…

- Il n'y a plus d'espoir depuis longtemps.

William baissa les yeux. Il inspira profondément et ouvrit la porte d'entrée. Le père de famille était sur le canapé à lire le journal. Il leva les yeux et jeta un coup d'œil à ses enfants, mais ne dit rien et reporta son attention sur sa lecture. La mère arriva d'une autre pièce.

- Qu'est-ce que vous faites là ? dit-elle d'un ton sec. Vous êtes pas à Poudlard ?

Elijah grinça des dents et le visage de William se décomposa.

- C'est les vacances, dit William. Vous n'avez pas reçu nos lettres ?

Leur mère rit froidement.

- J'ai autre chose à faire que de lire vos lettres. Votre père les lit et les a toutes gardées, mais je pense qu'il n'a pas prit la peine de vous répondre, hm ? De toute façon, ça sera bientôt fini. J'ai demandé le divorce et je pars bientôt de cette maison.

- Quoi ?! s'écria Elijah. Et nous alors ?!

- Vous viendrez avec moi. Pas question que je vous laisse avec ce bon à rien.

Elle jeta un coup d'œil à son mari qui avait toujours les yeux rivés sur le journal.

- Vous voyez ? Il ne réagit à rien sur ce qui l'entoure et ne se soucie de rien.

- Non ! cria William. Je ne partirai pas d'ici !

Elijah et sa mère le regarda avec surprise. Même le père avait arrêté sa lecture. Même si son visage était resté blasé, il était intérieurement assez surpris. Leur mère regarda William sombrement. Sa main se leva, et elle gifla son enfant. Les deux autres regardèrent la scène avec stupeur. Les larmes montèrent dans les yeux de William. C'était la première fois que leur mère levait la main sur un de ses enfants.

- Alors toi aussi, tu préfères les hommes ?

Elijah et William regardèrent leur mère avec incrédulité.

- Qu'est-ce que tu racontes ? dit William. Enfin, qu'est-ce que tu veux dire par là ?

La mère regarda William avec des yeux vides. Ses yeux se plissèrent.

- Ah… Non, je ne voulais pas dire cette phrase dans ce sens. Vois-tu, j'ai été virée de mon travail. Parce que je suis une femme. Quelle société pourrie, hein ?

Flash-Back dans le Flash-Back

Madame Haze et un jeune homme se tenaient debout côte à côte devant un bureau où se trouvait leur patron. Madame Haze s'avança.

- Pourquoi je devrais être celle qui serait virée ? Je gagne la moitié de ce que gagne un homme !

Le patron abordait un odieux sourire.

- Madame Haze, comprenez, nous devons faire un choix.

- Ce serait plus intelligent de renvoyer un homme ! Je travaille très tôt le matin jusqu'à la tombée de la nuit. De plus, même sans m'en vanter, je suis très efficace et la clientèle ne se plaint jamais de mon professionnalisme. Je suis à leur écoute quand il le faut, je sais conseiller tel ou tel produit, et je garde toujours le sourire, même dans les temps difficiles !

Son patron sourit derrière ses petites lunettes.

- Mais voyons, Madame. Vous êtes un femme, ce qui veut dire que vous travaillez sous l'accord de votre mari. En plus de cela, monsieur Haze et moi avions fait un marché, vous souvenez-vous ? Vous continuez de travailler jusqu'au remboursement total de votre dette, puis vous partez. Votre dette est entièrement remboursée.

- Mais…!

- Vous êtes la seule femme de cette entreprise. Cela met nos clients mal à l'aise et la concurrence peut se servir de cela contre nous.

- Je pense au contraire que cela vous ajoute un plus. Embaucher une femme, qui travaille très efficacement de surcroît, peut montrer votre ouverture d'esprit, votre sens de l'acceptation et de la tolérance. Je travaille bien car je connais mon métier, cela montre qu'une femme peut-être très utile.

- Vous avez des enfants, Madame Haze ?

- ...Oui. Deux.

Le patron n'avait pas l'air surpris. Ce n'aurait même pas été surprenant qu'il sache déjà qu'elle était mère.

- Deux ? Ils doivent bien se sentir seuls sans leur mère, depuis que leur père reste toujours chez lui et ne s'occupe pas d'eux, et que la situation dure depuis des années maintenant.

- Comment savez-vous que…

Le patron la coupa et ignora sa remarque.

- Même s'ils sont à Poudlard et sont déjà des adolescents, ils souffriront d'un manque maternel, non ? Cela pourrait avoir un grave impact sur leur futur. Ne souhaitez-vous pas le meilleur pour vos enfants ? Vous savez, être présente à leurs côtés, s'occuper d'eux quand ils rentrent en leur préparant à manger, en gardant la maison propre pour leur confort et leur sentiment de sécurité… vous avez pensé au fait qu'ils puissent se sentir délaissés, mal aimés, rejetés ?

- …

- Oh, vous n'y avez pas pensé, n'est-ce pas ? Je suis désolé de vous l'apprendre, mais ils vous voient sûrement comme une femme qui préfère l'argent à sa famille. Ce n'est pas très généreux de votre part.

- Je ne… je…

- Alors, Madame Haze ? L'argent ou vos enfants, qui passe avant ?

Fin du Flash-Back dans le Flash-Back

William pleurait silencieusement dans les bras de Elijah qui caressait sa joue dans une tentative vaine de soulager la douleur physique et psychologique. Leur mère avait fini de raconter ce qu'il s'était passé. Cela faisait maintenant quelques minutes qu'elle parlait, au bord de l'hystérie.

- Ce sale psychopathe de patron ! Et tout ça c'est à cause de vous ! Si… si je n'avais pas eu d'enfants, je ne me serais pas faite avoir !

Le père grogna à ces paroles. Il se leva soudainement et se dirigea vers sa femme.

- J'en ai ma claque ! s'écria-t-il. Tu arrêtes de t'en prendre à eux et tu les laisse tranquilles ! Tu gueules tout le temps, j'en peux plus d'entendre ta voix !

- Ah parce que tu crois que TOI, tu fais mieux les choses que moi ?! Tu te contentes de les ignorer, tu ne vaux pas mieux que moi !

Le couple en déclin commença à se disputer. Elijah et William s'éclipsèrent discrètement dans leur chambre. Les éclats de voix n'étaient plus aussi bruyants une fois la porte fermée. Ils restèrent assis en silence chacun sur leur lit superposé, attendant que tout se termine.

- Protego ! Espèce de folle ! Qu'est-ce que tu crois faire ?! Lâche ta baguette ! Expelliarmus !

Le cœur des deux enfants rata un battement. Il y eut un silence, puis un cri retenti. Elijah sortit en courant, William juste derrière lui, prêt à les supplier d'arrêter. Leurs parents se faisaient face. La baguette de leur mère avait volé à l'autre bout de la pièce, et celle de leur père était pointée vers sa femme. Elijah s'avança prudemment.

- Papa, baisse ta baguette, calmez-vous…

Les deux l'ignorèrent.

- Dolo…

- Expelliarmus !

William attrapa la baguette au vol. William était en colère contre ses parents pour en être venus à lancer des sorts. Le père se rua vers sa femme et passa ses mains autour de son cou et serra de toutes ses forces. Elijah et William écarquillèrent les yeux. William était figé sur place et Elijah s'élança pour essayer de faire lâcher prise à son père.

- Merde ! Papa, arrête !

Les yeux de la femme se révulsèrent et la bave coula le long de sa bouche. Ses mains griffèrent le menton et les bras de son mari dans une tentative désespérée de se défaire de l'emprise forte.

William voulait bouger. Il voulait faire quelque chose. Il avait suffisamment de connaissances en duel. Il pouvait gagner contre quelqu'un qui n'avait pas sa baguette. Mais ce quelqu'un ici était en fait son père. Et dans la réalité, quand on a les connaissances mais pas le courage suffisant pour les appliquer, c'est inutile.

Le cœur d'Elijah battait très fort dans sa poitrine. Il ne pouvait penser correctement. Il ne savait quel sortilège jeter. C'est comme si ses cours à Poudlard s'envolèrent en un rien de temps, de même pour son courage de Gryffondor. Il ne souhaitait en aucun cas lancer d'Impardonnable, de toute façon il doutait avoir la puissance magique nécessaire. Alors totalement ravagé par la rage et la peur, il courut vers la cuisine et prit un couteau dans ses mains.

Ce qu'il se passa ensuite arriva très rapidement aux yeux de William. Ce-dernier vit son frère, un couteau en main, courant vers son père.

- Eli ! Non !

William s'interposa entre son père et son frère. Il ne sentit pas tout de suite la douleur, mais elle ne tarda pas à arriver. Une vive douleur au niveau de son ventre. La chemise de son uniforme prit une teinte rouge. Le souffle des frères se coupa en même temps. Par réflexe, Elijah s'apprêta à retirer le couteau, mais son frère arrêta de peu son geste avec le peu de force qu'il avait.

- Non…! Surtout, ne retire pas le couteau… ça risquerait d'aggraver les choses...

Le père avait vu que quelque chose s'était passé, et il se retourna, lâchant par la même occasion sa femme. Il retrouva son plus jeune fils au sol. Le sang coula légèrement, mais était bien heureusement contenu par le couteau. Elijah ne réagit pas. Ses yeux se firent vides.

La mère avait fini de tousser et pu finalement voir la scène. Tout le monde était à genoux au sol. Son mari regardait ses deux enfants d'un air choqué alors que les larmes coulaient le long de ses joues. Elle faillit vomir à la vue du sang. Elle cria.

- Je… Je vais chercher de l'aide, dit la mère en se précipitant hors de la maison.

Plus personne ne dit rien pendant un moment, et on pouvait seulement entendre les gémissements de douleur de William.

- Aidez-moi à m'allonger…

Elijah saisit son frère avec des mains tremblantes sans un mot et suivi ses consignes.

Personne ne savait quoi dire, car personne ne savait sur qui blâmer la faute en premier. Le temps sembla passer trop lentement. Soudain, trois personnes furent irruption en trombe dans la maison. C'étaient la mère et deux médicomages. Elle avait transplané à St-Mangouste d'urgence et avait crié hystériquement que l'on vienne sauver son fils.

Les médicomages durent prodiguer des soins d'urgence sur place. La mère criait hystériquement :

- Mais j'y crois pas ! Mais quelle famille de taré ! De taré !

- Sortez-la de la pièce s'il-vous-plaît, dit l'un des médicomages.

Elijah voulut prendre doucement sa mère par le bras, mais elle gifla sa main.

- Ne me touche pas, siffla-t-elle. Meurtrier !

Elijah resta figé et regarda le vide. Son souffle s'accélera. Son père s'avança et essaya de prendre le bras de sa femme, mais elle s'écarta, sans surprise.

- Toi non plus, ne me touche pas ! Meurtrier ! Assassin ! Ça suffit, je m'en vais. Je m'en vais de cette famille de taré !

Elle regarda avec dédain la chemise de William qui a été enlevée et jetée au sol à côté.

- Ce rouge sang est dégoûtant… Je souhaite sincèrement que tous les vêtements que porterez et qui ne seront pas noirs seront salis, comme ça vous n'aurez jamais à revoir une telle couleur vous souiller.

Sur ce, elle fit rapidement le tour de la maison le temps d'amasser toutes ses affaires. Elle sortit en claquant la porte. Ce fut la dernière fois qu'ils la virent. Elle disparut du jour au lendemain, et plus personne n'entendit parler d'elle. Certains disaient qu'elle avait déménagé dans un autre pays, d'autres disaient qu'elle était morte. Mais personne n'a vraiment essayé de la retrouver.

Fin du Flash-Back

Harry était bouche bée. Il ne pouvait croire ce qu'il avait entendu. Cette famille avait été brisée sans crier gare. Il y avait eu tant d'injustices dans cette histoire. Tom avait la posé sa tête dans ses bras sur le bureau et avait écouté avidement chaque mots.

- Qu'est-il arrivé à votre frère et votre père par la suite…?

- Mon père a eu ma garde, mais il s'est suicidé une fois que j'ai atteint ma majorité.

- Oh… Je suis désolé…

- Ne le soyez pas. Quant à mon frère, je ne sais pas vraiment. Je ne crois pas qu'il ait quitté le pays, mais je n'ai eu aucune nouvelle depuis cet incident. Je n'ai pas regardé les journaux car j'ai été dans le coma pendant une certaine période, alors je ne sais pas s'il est allé à Azkaban ou non. Je ne pense pas, puisqu'il n'était pas encore majeur. Mais le fait qu'il m'ait poignardé n'est probablement pas resté impuni. Mon père ne m'a rien dit sur lui. Après sa mort, je me suis dit que je devais changer d'air. Alors j'ai voyagé. J'ai fait quelques pays, et je faisais ce que je pouvais pour gagner de l'argent. J'aidais les gens en échange d'un peu de sous. C'était merveilleux et très enrichissant. J'ai combattu des créatures, j'ai fait des duels... C'est ainsi que j'ai acquéri de l'expérience et des connaissances plus approfondies qu'à l'école. Le meilleur moyen d'apprendre est d'être sur le terrain.

Haze souffla. Il avait enfin fini. Harry se leva et s'assit juste à côté de lui. Il posa doucement une main sur son épaule et eut un doux sourire.

- Comment vous sentez-vous, maintenant ?

- Mieux… Je pensais que j'aurais plus de mal à en parler, mais finalement, c'est arrivé tout seul. Merci de m'avoir écouté, j'ai relâché un poids.

- C'est bien, c'est bien. Haze, voulez-vous pleurer ?

- Pas question de pleurer devant vous !

- Donc vous voulez pleurer. C'est normal ! Ne vous retenez pas, je ne vais pas vous juger. Personne ne va le faire.

Il y eut un petit silence, mais le sourire de Harry n'avait pas faibli. Finalement, Haze, se pencha et cacha ses yeux avec sa main.

- Avez-vous du whiskey Pur-Feu ? demanda Haze à voix basse.

- Heu… Oui. Pourquoi ? Vous voulez en boire ? L'alcool ne résoudra pas vos problèmes, au contraire.

- Juste pour aujourd'hui. Je n'en prendrai pas beaucoup, j'ai juste besoin de me vider l'esprit.

- D'accord… Mais seulement aujourd'hui. Promettez-moi que vous ne boirez plus jamais parce que vous vous sentez au plus bas !

- Promis.

Harry se leva et alla dans la cuisine chercher sa bouteille. Tom fronça les sourcils. Harry avait de l'alcool dans sa cuisine ? Il ne le savait pas. Harry devait rarement boire, alors. Harry revint avec une bouteille de whiskey. Elle avait déjà été commencée, mais il en avait très peu consommé. Il posa deux verres sur la table.

- Je ne vais pas vous laisser boire seul, dit Harry en réponse au regard interrogatif de Haze. Ne vous en faites pas. Si vous êtes bourré, je peux vous guider.

Haze marmonna quelque chose et Harry servi un verre à eux deux.

- Je ne pense pas être saoul si facilement, dit Haze en trinquant et en consommant son premier verre.

o0O0o

Harry était allongé sur le canapé, Haze allongé de tout son long sur lui, sanglotant dans son épaule, un verre à moitié plein la main. Harry n'avait pas finit son deuxième verre et l'avait posé. Haze, en revanche, avait pratiquement fini son troisième verre. Harry essaya de se défaire de l'emprise de Haze et attrapa le verre des mains de son collègue.

- Haze ! C'est pas du vin, c'est du whiskey ! C'est fort, n'en prenez pas autant !

- Chut ! J'fais ce que je veux…

- Oh mon dieu Haze, je pense que vous en avez assez eu. Je dois vous ramener à vos appartements. Où sont-ils ?

- Ici… Non, là… Je sais plus en fait… Je crois qu'ils sont là !

Haze pointa le bout du nez de Harry. Celui-ci soupira d'exaspération.

- Ça c'est mon nez ! Vous savez quoi ? Je pense que je vais vous laisser dormir ici… Je n'ai pas le cœur à vous laisser seul et sans surveillance.

- Eli… Eli… Harry...

- ...Je ne vais pas vous laisser seul.

Harry fit s'asseoir Haze sur le canapé et débarrassa la table. Tom fit irruption dans la pièce.

- Je veux aussi dormir ici.

- Hein ? Non, Tom. Tu dois retourner dans ton dortoir.

- Je dormirai ici, dit Tom avec ton dangereux.

Harry fronça les sourcils. Les yeux de Tom étaient froids face au refus de Harry. Tom marcha dans sa direction et enroula ses bras autour de Harry. Il savait que tout acte tactile comme une "preuve d'amour" était son point faible. Et cela marcha. Le cœur de Harry fondit quand Tom l'avait enlacé.

- Pourquoi lui et pas moi…? Tu le préfères, c'est ça ?

- Pas du tout…! C'est juste… Il est un ami qui a besoin de moi…

- Et je suis ton fils.

Cela fit taire Harry. Finalement, il céda.

- D'accord, Tom…

- Hic ! Vous êtes mignons tous les deux, je vous envie…

Harry rougit et Tom sourit à Harry.

- Je sais pas quel âge vous avez Riddle, mais vous avez pas l'apparence d'un père ! Vous l'avez eu à quel âge le Tom ?

- "Le Tom" ? Ahhh… Je l'ai adopté, c'est pour ça.

- Et moi j'ai bientôt 25, célibataire et libre comme l'air !

- Vous… Vous avez 24 ans ?!

Haze alla devant Harry et posa ses mains sur ses épaules. Tom grogna quand il se retrouva pressé en sandwich, mais il n'avait toujours pas lâché la taille de Harry.

- Quoi ? Un problème avec ça ?

- Non, aucun problème. C'est juste que vous faites plus âgé. Je croyais que vous aviez déjà la trentaine. Bon, il est tard, je pense même qu'il est minuit passé. Nous devrions nous coucher.

- Ugh… Ouais, vous avez raison… Allons au lit ! Au lit ! Au dodo !

Haze tituba vers la chambre. Il retira sa robe de sorcier, sa ceinture et ses chaussettes et s'allongea de tout son long dans le lit. Il était encore vêtu de sa chemise et de son pantalon.

- Ridicule, dit Tom.

- Tom ! Tu ne dois pas te moquer des gens. Ce n'est pas bien. Il est saoul, bien évidemment qu'il fait des choses inconsidérées. Allez, va dans le lit en premier, je dois écrire une lettre. Au fait, tu as bien fait tes devoirs ? La conversation entre Haze et moi ne t'as pas trop distrait, hm ?

- ...J'ai tout fini. Comme tu l'as dit, nous avons tout le week-end pour nous.

- Oui, oui.

Tom s'assit sur le lit et joua avec ses mains en attendant Harry qui écrivait rapidement une lettre à Dumbledore informant que si jamais lui, Haze et Tom ne se présentaient pas au petit-déjeuner, c'était tout à fait normal et que tout allait bien. Il valait mieux prévenir une personne extérieure. Bien-sûr, Harry omis le fait que Haze était totalement bourré et que Tom avait tout simplement fait un petit caprice pour rester. Harry posa sa plume et ordonna à sa chouette de délivrer le message quand le soleil se lèvera.

Harry se changea en tenue de nuit sans se soucier des yeux de Tom le scrutant, puis il éteignit les lumières. Haze dormait déjà profondément sur le côté gauche du lit. Harry se mit au milieu et Tom à sa droite, collé à lui. Il rabattit les couvertures sur les trois. Tom ferma les yeux et passa son bras sur Harry.

- Tom ? chuchota Harry.

- Hm ?

- J'aurais une petite question à te poser plus tard dans la journée.

- Pourquoi pas maintenant ?

- Je suis fatigué. Allez, dors.

- C'est à propos de ce que Haze a raconté aujourd'hui ?

- Oui. Enfin, ce n'est pas sur Haze, mais plutôt sur… Bref. N'en parlons pas maintenant. Dormons.

- Tapote-moi la tête et je dormirai.

Harry ricana légèrement et se tourna sur le côté, face à Tom.

- Tu as quel âge, franchement ?

- Onze ans. Je suis encore un enfant et je serais toujours ton enfant, tu le dis tout le temps.

Harry sourit et passa sa main gauche autour de Tom et lui tapota légèrement la tête. Tom se détendit au geste, jusqu'à ce qu'il sente que petit à petit, Harry le faisait de plus en plus faiblement, jusqu'à ne plus le faire du tout, laissant sa main reposer sur la tête de Tom. Il s'était endormi.

Tom soupira dans l'étreinte. Il était heureux que Harry ait choisit de se tourner vers lui plutôt que vers Haze.