Bonjour ou bonsoir ! Il n'y aura pas beaucoup de dialogues dans ce chapitre.

J'ai tout mon temps maintenant que je suis en vacances. Deux mois complets de vacances. Le prochain chapitre sera la rentrée en deuxième année de Tom. Ils retrouveront le très cher Haze :)

J'ai fait moins de mots pour ce chapitre. Les deux précédents en contenaient 5 000. Mais je préfère le contenu à la quantité ! Pour moi, ce chapitre est bien. Mais bon, je veux pas que vous pensez que je me sur-estime ou quoi que ce soit. Je dis juste que je suis dans un bon état d'esprit, j'ai eu de l'inspiration et j'ai moins rush le chapitre comme je le faisais avant pour quelques-uns. Les reviews ne s'étaient pas affichées depuis des jours, mais elles sont apparues ce soir d'un seul coup avant que je me lance pour faire la suite. Ça m'a motivé de voir vos avis ! Mais bon, même si mon mood est très bon actuellement, ça ne veut pas dire que ce chapitre sera rempli de joie et de bonne humeur, au contraire...

Merci à tous pour votre soutient ! Super que ça vous plaise :)

Effectivement, Harry a besoin d'être lui-même assisté dans son rôle de père. N'oublions pas qu'il avait 17 ans quand il a remonté le temps. Certes, il est adulte maintenant, mais très jeune. Je dirais même trop jeune. Il n'a pas grandi dans une bonne famille et même s'il a déjà vu des exemples de bonnes familles avec les Weasley, il y a une grosse différence entre le voir et le vivre. Ne vous en faites pas, Haze est une très bonne aide mentale ;)

Dans le chapitre d'aujourd'hui, on verra au début Haze qui parlera avec Harry. Leur discussion fera remonter des souvenirs à Tom, et on en découvrira un peu plus sur lui... Puis on verra l'état d'esprit de Harry. Quelque chose se produira... à vous de le découvrir !

Bonne lecture.


Chapitre 14

La douce chaleur du soleil éclairait et chauffait le visage de Haze qui se réveillait sur le canapé. Il ouvrit délicatement les yeux et constata que les volets ont tous été levés. Un petit Tempus lui fit savoir qu'il était seulement 7h du matin. Il se redressa du canapé confortable et s'étira en baillant. Il chercha dans son sac ses vêtements. Il avait longuement hésité avant d'apporter son gilet marron pour changer du noir, car il se disait que sa malédiction des couleurs lui jouerait encore des tours, mais il avait calmé ses pensées négatives en essayant de se dire qu'une tâche ne serait pas la mort.

Il sortit tout de même un débardeur noir et un pantalon de la même couleur, puis enfila son gilet marron et ses chaussettes. Le gilet à manches longues descendait jusqu'à mi-cuisses et était fin. Il se détendit quelques temps en ne pensant à rien. Il se demandait à quelle heure la famille Riddle se levait habituellement. Si ça se trouve, ils étaient de gros dormeurs et ne se réveillerait pas avant midi.

Mais alors qu'il se disait cela, il entendit un bruit à l'étage suivit d'une porte qui s'ouvrait et sut directement que l'un d'entre eux s'était levé. Et d'après l'intensité des bruits de pas, il irait même plus loin en devinant que c'était Tom.

Tom descendit les escaliers après un moment et salua Haze par politesse.

- Bonjour professeur, bien dormi ?

- Très bien, merci. Et vous ?

- Très bien aussi, merci.

- Vous gardez habituellement vos volets ouverts la nuit ?

- Non, je me suis réveillé il y a environ une demi heure et j'ai ouvert les volets.

- Je vois.

- …

- ...

Un silence quelque peu gênant tomba entre eux, et Tom passa son chemin puis se dirigea vers la cuisine. Haze se leva du canapé et observa le jardin. Le soleil était déjà presque entièrement levé et éclairait la cabane que Haze savait être un endroit de stockage et de salle de magie où les potions étaient faites et les tests de sorts effectués.

- Que voulez-vous prendre au petit-déjeuner ? demanda Tom, le nez dans un placard. Il y a du pain, du beurre, des céréales, et en boissons du café ou du jus de pomme et d'orange. Harry a acheté de la brioche hier.

- Je prendrai juste du café avec un verre de jus d'orange et de la brioche beurrée, merci.

- Bien. Tout est dans le placard.

Haze se surprit à penser que Tom était plutôt ingrat de ne pas se proposer à lui servir le petit-déjeuner. Certes, Haze était un invité, mais il savait aussi se débrouiller. Nul besoin d'attendre de l'aide d'un enfant de 11 ans pour qu'il lui prépare le petit-déjeuner !

- Merci bien.

Il prit les aliments et les boissons et les posa sur la table.

Haze et Tom mangeait silencieusement face à face.

- Votre père dort-il toujours ?

- Oui.

- D'accord.

Puis seul le son des aliments mâchés pouvait être entendu. Haze avala sa dernière gorgée de café et se leva.

- Merci pour ce repas. Je vais dans la salle de bain.

Tom ne lui accorda qu'un regard d'à peine une seconde. Haze montait les escaliers, une trousse de toilette et une serviette dans les bras.

Il se positionna devant le miroir de la salle de bain et se regarda. Ses cheveux n'étaient pas très emmêlés et ses yeux n'étaient pas fatigués. Il prit son peigne de sa trousse de toilette et commença à démêler ses cheveux détachés. Le bruit de la porte s'ouvrant lentement lui fit tourner le regard vers la provenance du bruit, et un Harry aux yeux mi-plissés et les cheveux débraillés était figé à la porte. Harry plissa les yeux et se les frotta.

- Hein ? Une fille ? Que… OH ! Haze ! Pardon, je…

Haze regardait Harry rougir et déblatérer des excuses. Haze n'avait pas vraiment de traits féminins, mais il se demandait bien comment Harry voyait sa silhouette sans ses lunettes. Ressemblait-il tant que ça à une fille aux yeux d'un myope sans ses lunettes ? Haze cligna des yeux. Ce genre de pensées ne le ressemblait pas !

- Calmez-vous Riddle, je ne suis pas offensé. J'allais me brosser les dents, je viens de prendre le petit-déjeuner avec votre fils.

- Oh, et ça va ? Il n'a pas été trop désagréable ?

- Non. Nous n'avons pas beaucoup conversé. Pour être honnête, je sens toujours cette aversion et cette jalousie qu'il ressent envers moi.

- On va dire qu'on y peut rien pour le moment… Il n'a pas fait une très grosse crise quand il a appris que vous veniez, c'est déjà ça.

Haze haussa un sourcil.

- Est-ce que ça veut dire qu'il a tout de même fait une crise ?

- En quelque sorte. Vous savez, Tom a beau être calme devant les autres et même devant moi, je reste la seule personne avec qui il est le plus proche. Évidemment qu'il va montrer toutes ses faces devant moi. Il me dit quand quelque chose ne va pas. Il ne me cache plus grand chose comme il le faisait avant, haha !

- Je vois.

Tandis que Harry et Haze bavardaient sans se soucier du reste, Tom, qui avait écouté du bas des escaliers, se répétait les paroles de Harry dans sa tête.

"...je reste la seule personne avec qui il est le plus proche. Évidemment qu'il va montrer toutes ses faces devant moi. Il ne me cache plus grand chose, haha !"

- …

"Évidemment qu'il va montrer toutes ses faces devant moi."

Tom souffla et ses yeux se firent sombres.

"Il ne me cache plus grand chose, haha !"

Tom monta silencieusement dans sa chambre et s'y enferma. Il resta debout sans bouger pendant un petit moment, puis, sans un mot, se dirigea vers son bureau et prit quelque chose dans un tiroir. Il alla vers son lit et s'y pencha. Sous le lit étaient posées trois caisses de rangement. Il sortit l'une d'entre elles et déverouilla le cadenas. Le cliquetis retentit dans le silence de la chambre et Tom regarda dedans, perdu dans ses souvenirs. Des petits objets en tout genre y étaient. Il y avait des petites peluches, des bibelots. Il y avait aussi le pot de vernis à ongles noir qu'il prit fermement dans ses mains, puis il regarda ses ongles peints.

Flash-Back

Tom était à la bibliothèque un Jeudi après-midi alors qu'il n'avait pas cours. Peu de gens étaient présents ce jour-là. Tom arpentait les rayons sans but précis, par pur ennui.

- Regarde ça, chuchota une Serdaigle de troisième année à son amie en tendant un petit pot de vernis à ongle noir, ma grande-sœur m'en a offert pleins à mon anniversaire.

- Wow ! T'as de la chance, mes parents ne veulent pas que j'en ai. Tu comptes le mettre maintenant ?

- Bah ouais, y'a presque personne et si on a le nez dans nos livres ils vont pas trop poser de questions. S'ils sentent l'odeur on a qu'à dire que c'est pas nous.

Tom aurait normalement passé son chemin. Mais il était resté là, écoutant la discussion de ces filles, et un sentiment qu'il pensait disparu quelques mois après son adoption refit surface. Comment réagiraient ces filles si elles se faisaient surprendre en train de se mettre du vernis à ongle dans une bibliothèque…? La bibliothécaire sera probablement… furieuse. Et ce vernis… Elle avait bien dit que c'était un cadeau, non…?

L'expression de Tom changea. Il analysa son environnement. Ces filles étaient assises côte à côte cachées entre deux étagères. Tom se trouvait juste derrière elles. Comment attirer leur attention autre part ? Il regarda par-dessus son épaule. Il pouvait avoir une petite vue entre deux livres du dos des deux filles. Le vernis était posé par terre à côté. Tom ne pouvait pas le prendre sans se faire voir. Il fallait une distraction.

Il sortit sa baguette et lança un Wingardium Leviosa sur quelques livres sur le rayon d'à côté et les fit tomber. La bibliothécaire, entendant un petit boucan, grommela et les rangea d'un coup de baguette. Heureusement pour Tom, cette petite distraction avait suffit pour que les deux filles tournent le regard quelques secondes vers la source du bruit.

Grâce à ces quelques secondes, il avait pu déplacer quelques livres et rapidement tendre le bras pour récupérer le flacon. La Serdaigle s'en était déjà appliqué, et l'odeur ne tardera pas à atteindre les narines de la bibliothécaire.

Ce qu'il avait oublié, c'était que l'odeur était aussi sur le pot. Et il ne connaissait pas de sorts pour effacer les odeurs. Tom ferma le pot et trouva comme meilleure cachette sa chemise. La chemise étant rentrée dans son pantalon, une poche qui retiendrait le pot se formerait. Aucun risque.

Il se leva et commença à partir, quand la voix aigu de la fille retentit dans toute la bibliothèque.

- Voleur !

Tom se retourna, le regard neutre. Quand trois paires d'yeux et un index accusateur se posèrent sur lui, il feint la surprise et l'incompréhension.

- Hum… Quoi ? dit-il d'une petite voix pleine d'incompréhension jouée de toute pièce.

- Tu as volé mon vernis !

- Quoi, moi ? Je n'ai rien fait, qu'est-ce que tu dis ?

- Les enfants, que se passe-t-il ici ? demanda la bibliothécaire.

- C'est lui, il a volé mon vernis, j'en suis sûre !

Tom se tourna vers la bibliothécaire et fit un regard presque larmoyant.

- Je n'ai rien fait madame, dit-il d'une petite voix calme, je le jure. Vous pouvez fouiller mes poches si vous le voulez.

La bibliothécaire regarda les trois élèves avec suspicion. L'une des Serdaigle avait la moitié de ses ongles peints en noir, et une forte odeur de vernis à ongle en émanait. Mais en émanait aussi de Tom Riddle. Comme s'il avait lu dans son regard, Tom trouva l'excuse.

- J'étais assis juste derrière elles quand elles se sont appliquées du vernis. Il paraît évident que j'en ai l'odeur.

- Mais c'est justement parce que tu étais derrière nous que tu es le coupable ! Il n'y a personne d'autre ici, comment peux-tu... comment oses-tu encore continuer à essayer de te défendre quand le fait que tu sois le coupable est l'évidence même ?! Tu as même fait en sorte de faire tomber ces livres pour qu'on ne te voit pas !

- Peut-être que quelqu'un sous invisibilité vous l'a volé ! Madame, c'est ridicule. En plus je suis un garçon, qu'est-ce que j'aurais à gagner à voler du vernis à ongle ?

- Vous les Serpentards n'avez jamais vraiment besoin d'une raison pour blesser les autres ! De la méchanceté gratuite, c'est tout ce que vous savez faire !

La bibliothécaire regarda méchamment les deux filles. Non seulement elles auraient très bien pu en renverser et tâcher les livres et le sol, mais aussi elles accusaient l'un des élèves les plus gentils, doués et studieux qu'elle n'ait jamais connu. De plus, le regard du petit Riddle était dénué de quelconques mauvaise intentions, n'importe qui pouvait dire qu'il ne ferait jamais quelque chose du genre.

- Vous, dit-elle d'une grosse voix en jetant un regard très sévère sur les filles, venez avec moi dans mon bureau. Je vais vous apprendre ce que c'est de se croire dans un salon de beauté ! Mon petit Riddle, vous pouvez retourner à vos occupations.

- Bien madame. Je vais y aller.

Les filles gloussèrent et jetèrent un regard très, très mauvais à Tom qui voulut sourire. Alors que les filles se faisaient lourdement réprimander, Tom marchait dans les couloirs, tenant le vernis à ongle dans sa main, un sourire satisfait sur ses lèvres. Il ne pouvait plus voler les biens précieux des enfants de l'orphelinat ? Pas de problème ; Poudlard était une école. Qui dit école dit enfants.

Ce sentiment de supériorité par rapport aux autres lui avait manqué en quelque sorte. Peut-être que Harry serait fâché. Mais il suffisait qu'il ne le découvre pas. Et puis, même si Tom détestait voir Harry ressentir des émotions négatives envers lui, il savait que Harry ne pourrait jamais le détester. Si Tom faisait une bêtise, Harry ne pourrait jamais le renvoyer à l'orphelinat. Harry l'aimait trop.

Et c'était là la faiblesse de son père.

Fin du Flash-Back

Il reposa le pot. Il n'avait toujours aucun remord face à ce vol, ni au vol des biens des enfants de l'orphelinat qui se trouvaient sous ses yeux. Il avait été un peu rusé sur ce vol-là, mais il avait juste appris le lendemain que le sortilège Accio existait. Si la bibliothécaire avait lancé ce sort pour trouver le pot, c'en aurait été fini de lui. À partir de là, Tom s'était sérieusement mit à l'étude des sortilèges et avait passé plus de temps à la bibliothèque. Harry pourrait aussi lui faire un programme avancé personnel s'il le lui demandait.

Un toque à sa porte retentit.

- Tom ? Tu peux prendre la salle de bain si tu veux.

- J'arrive.

Harry ne savait pas que Tom arrivait de moins en moins à canaliser certaines pulsions. Comme la pulsion de voler les biens précieux des élèves pour voir le visage qu'ils feraient. Comme la pulsion de se venger de quelques élèves un peu trop ennuyeux en détruisant ce qu'ils ont de précieux. Ce qui incluait les animaux de compagnie.

Harry ne savait rien de tout cela. Personne ne savait que Tom Riddle était derrière tout cela. Personne ne connaissait le vrai visage de Tom, et cela comprenait Harry lui-même. Tom était le seul à se connaître.

o0O0o

Le mois dernier, Haze avait passé sa dernière journée chez la famille Riddle. Ils s'étaient tous les trois baladés à Pré-au-Lard puis au Chemin de Traverse. Ils ont fait des photos, ont fait les boutiques, ont bu dans un bar… et à la fin de la journée, Haze avait l'air vraiment content que son gilet n'ait pas été tâchée. Il semblerait que sa malédiction des couleurs ait été brisée par un moyen inconnu.

Harry avait insisté pour que Tom garde dans sa chambre un cadre-photo avec un cliché prit d'eux trois. Honnêtement, il aurait bien voulu que Haze ne soit pas sur cette belle image. Tom, assis sur son bureau, passa une main sur la photo animée. Il regarda les traits souriants du visage juvénile de Harry.

Soudain, un frisson étrange lui parcourut tout le corps, puis gros fracas au rez-de-chaussé le fit sursauter. Il posa la photo sur le bureau et se dirigea à pas feutrés vers les escaliers. Il entendit Harry pester et lancer un Réparo. Tom ne savait pas ce qu'avait Harry aujourd'hui. Il était rarement de très mauvaise humeur, mais là était un de ces jours. Un de ces jours où son père ne souriait pas et avait toujours un froncement de sourcils, où ses mots avaient un ton sec mal contenu, et où la magie autour de lui semblait instable, pouvant faire casser quelques objets qui avaient le malheur de croiser son regard vert.

Tom avait demandé ce qui n'allait pas. Mais Harry avait simplement répondu que ce n'était rien, que ça allait passer le lendemain, et qu'il était désolé de l'inquiéter inutilement. Tom n'avait pas protesté plus que ça. Le frisson qui l'avait parcourut tout à l'heure devait être cette explosion de magie que Harry avait laissé s'échapper, cassant l'objet qu'il avait réparé par la suite. Mais si cette explosion de magie avait atteint Tom jusqu'à l'étage, à quel point Harry se contenait, et combien de magie exactement il contenait ?

Quand les yeux de Tom rencontraient ceux de Harry alors que celui-ci était dans cette humeur, un frisson parcourait tout son corps et son regard se dirigeait vers la cicatrice en forme d'éclair. C'était comme… instinctivement. Il ne pouvait pas l'expliquer. Et quand Tom regardait cette cicatrice, Harry détournait la tête et frottait son front, marmonnant des choses incompréhensibles.

o0O0o

Harry en avait marre d'être toujours de bonne humeur. Au début, quand il a adopté Tom, il s'est forcé à simuler une joie débordante pour ne pas que les deux s'ennuient et pour pas que Tom se sente délaissé d'une quelconque manière. Quand il l'a adopté, il a réfléchi à quel caractère avoir. Puis il se dit que quelqu'un d'énergique et plein de vie serait probablement la meilleure façon d'éloigner Tom de sa destinée.

Cette fausse façade d'énergie a été dure à tenir au départ, mais a petit à petit fait partie de son quotidien. Puisqu'il avait même adapté ses pensées de sorte à se forcer à toujours penser positif jusqu'à en être malade certaines fois, c'est devenu son caractère principal, et dorénavant il l'abordait chaque jours sans se forcer.

Ça a créé de nombreux conflits dans son esprit, car lui-même ne croyait même pas à ce qu'il disait, faisait et pensait. Et il y avait des jours comme ceux d'aujourd'hui où son état d'esprit d'avant son voyage dans le temps apparaissait, remuant sa magie qui voulait alors déborder de son corps. C'était déjà arrivé quelques fois depuis l'adoption de Tom. Juste trois ou quatre fois. Mais ces trois ou quatre fois, Harry était certain que Tom ne l'avait jamais su car Harry faisait de son mieux pour agir positivement, même si ses pensées ne le suivait pas du tout.

Certes, il souriait peut-être un peu moins et quelques petites bribes de sa magie s'échappaient, mais Harry faisait de son mieux pour être positif. Et il contenait tous ses sentiments négatifs pour finalement les laisser couler dans un endroit désert et loin du Chaudron Baveur (quand il y habitaient encore). Ses sentiments négatifs mêlés à sa puissante magie se déversaient sous forme d'ondes qui généralement détruisaient tout ce qui entourait Harry, à la même image qu'une grosse bombe rasait tout sur son passage à la ronde.

o0O0o

Harry était parti dans la forêt d'à côté en pleine nuit. Il avait bien fait attention à ce que Tom ne le suive pas. Harry avait jeté un sort de silence sur lui-même quand il est sorti. Il devait évacuer sa magie et libérer son esprit rempli de négativité.

Et s'il ne réussissait pas à changer Tom ? Et si Tom le détesterait un jour ? Pourquoi essayait-il même toujours d'être le Harry joyeux alors qu'il sait qu'il n'a que très peu d'espoirs ? Des "pourquoi" et des "et si" se bousculaient continuellement dans son esprit.

Il arriva finalement dans une petite clairière après avoir marché assez longtemps. Là, moins de dégâts seraient causés, car il y avait moins d'arbres. Harry ferma les yeux et respira lentement. Il se laissa aller. Il sentit la magie couler, et ses pensées négatives s'évaporer en même temps.

Et s'il ne réussissait pas à changer Tom ? Non, bien-sûr qu'il y arrivera. Tom avait eu des leçons de morales, et les avait apprises. Et si Tom le détestait un jour ? Non, Harry savait que Tom l'aimait beaucoup trop. Tom serait peut-être furieux s'il apprenait certaines choses, mais il lui pardonnerait. Tom l'aimait beaucoup trop. Pourquoi essayait-il même toujours d'être le Harry joyeux alors qu'il sait qu'il n'a que très peu d'espoirs ? Évidemment qu'il devait être joyeux, l'avenir de Tom et du Monde Sorcier était en jeu. Et puis, Harry ne trouvait cela pas si mal après tout. Vivre dans le bonheur, un paradis, n'est-ce pas ?

Alors qu'il sentait sa magie se déverser pleinement, prête à lâcher une onde de choc qui détruirait sûrement tout à la ronde, il entendit un craquement de branche. Il tourna vivement les yeux, et aperçut Tom, en pyjamas, à moitié caché derrière un arbre, tremblant et les yeux écarquillés. Harry eut une expression d'effroi. Il lui cria de courir, mais Tom resta là, figé.

Harry tendit la main vers son fils alors qu'en un éclair, sa magie éclata et détruisit tout sur son passage. Dans le même moment, une lueur blanche recouvrait tout le corps du Serpentard. Le cœur de Harry sembla s'arrêter quand Tom fut projeté à quelques mètres de là où il se tenait, l'arbre ayant servi à le cacher étant déraciné.