Bonjour ou bonsoir ! Je n'ai aucune excuse pour ce retard, si ce n'est la panne d'inspiration. Ce n'est pas que je savais pas quel scénario faire pour la suite. Je savais ce qui allait se passer. Mais je savais pas comment l'écrire.

Merci à tout le monde pour votre soutien, comme d'habitude !

Dans le chapitre d'aujourd'hui, Harry et Tom vont discuter de ça. Tom va donner sa version de ce qu'il a ressenti et Harry va tenter de s'expliquer sans révéler son secret (le fait qu'il ne soit pas de cette époque). Haze est présent pour tenter de réconforter les deux Riddle qui sont en pleine déprime. Comment vont-ils s'en sortir ? Eh bien tout est dit dans le chapitre !

La rentrée en deuxième année de Tom se fera aussi dans ce chapitre, mais elle occupera une toute petite place dans ce chapitre. Mais je vais quand même titrer ce chapitre en "Deuxième année", comme repère. Ça sera pareil jusqu'à la fin. Comme ça, si je veux revoir certains chapitres année par année ou si je cherche quelque chose en particulier que j'aurais oublié mais que je sais que ça se passe en 4ème année (par exemple), je n'aurais pas à chercher longtemps. Donc même si la rentrée en deuxième année occupe une place assez mineure dans ce chapitre, je vais tout de même le nommer ainsi.

Un autre petit détail : Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais Haze appelle Harry "Riddle" et appelle Tom "monsieur Riddle". Enfin, pour le moment hehe. Ça a commencé par "professeur Riddle", puis "Riddle". Haze a même échappé un "Harry" une fois. Je fait juste cette remarque au cas où certaines personnes auraient pu confondre quand Haze parle de Tom ou Harry, on ne sait jamais.

Bonne lecture.


Chapitre 15

Le cœur de Harry sembla s'arrêter quand Tom fut projeté à quelques mètres de là où il se tenait, l'arbre ayant servi à le cacher étant déraciné.

Harry cria le prénom de son fils en se précipitant à ses côtés et s'effondra près du petit corps. Il savait que Tom n'avait aucun dommages physiques grâce à la barrière qu'il avait érigé à temps, mais le fait de l'avoir vu être projeté a tout de même secoué son cœur.

Tom était immobile, les yeux écarquillés, et cette vue rappela à Harry comment Cédric avait été tué. Sauf que cette fois-ci, c'était son tueur qui était dans cette position, même si ce tueur n'en était pas un encore. Et ne le sera jamais.

Les yeux de Tom se fermèrent très fortement et sa respiration se fit irrégulière. Harry commença à craindre que Tom eût été blessé physiquement malgré le bouclier.

- Tom, appela Harry d'une voix tremblante.

Tom réagit au bout de quelques secondes en ouvrant difficilement les yeux.

- Tu es blessé ? demanda Harry en le prenant délicatement dans ses bras.

- Non.

Harry laissa échapper une longue respiration qu'il avait inconsciemment retenue.

- ...Mais ta magie m'a coupé le souffle, ajouta Tom.

Harry le regarda étrangement.

- Littéralement, précisa Tom. J'ai eu littéralement le souffle coupé.

- Oh… Respire un bon coup. Prend ton temps.

Tom suivit les instructions de Harry en l'imitant. Il inspira profondément et expira lentement de grandes bouffées d'oxygène.

- Je suis désolé… je me serais retenu un peu plus longtemps si je savais que tu étais là.

Tom le stoppa d'une main et fixa le vide pendant quelques secondes.

- Pouvons-nous en parler demain ? Je sens que je vais m'évanouir d'une seconde à l'autre. Je pense qu'on mérite une bonne grosse nuit de sommeil… surtout toi.

Harry n'osa pas protester. Les deux ont reçu un gros choc émotionnel, et il valait mieux ne pas débattre plus loin alors qu'il était si tard.

Harry enroula doucement ses bras autour du corps mou de Tom et le souleva comme une princesse. Il jeta un dernier regard navré à la clairière dévastée et s'en alla sans se presser.

Le chemin vers la maison s'est passé dans un silence gênant. À mi-chemin, la tête de Tom se posa contre la poitrine de Harry et il luttait contre le sommeil. Par gêne et par appréhension de l'atmosphère gênante qui risquerait d'y avoir une fois rentrés, Harry voulait finir cette nuit sans un mot, alors il ralentit son rythme de marche et fit en sorte que ses pas soient fluides. Ainsi, Tom fut plus bercé que secoué. Par conséquent, le sommeil le rattrapa rapidement suite à la douceur et à la chaleur de son père.

o0O0o

Tom se réveilla au son de quelqu'un toquant frénétiquement à la porte d'entrée. Il se leva, toujours en pyjama, et se dirigea vers le haut des escaliers d'où il pouvait entendre la conversation. Il entendit Harry ouvrir la porte et parler à quelqu'un. La voix de la deuxième personne était plutôt familière.

- Que… Haze ? Mais pourquoi vous êtes venu ?

- J'ai reçu votre lettre il y a peu. Je me suis inquiété même si vous avez dit que je n'avais pas trop m'en soucier. Veuillez m'expliquer plus en détail.

- Bien-sûr… Entrez. Vous voulez à boire ? À manger ? Il est presque midi mais je n'ai pas encore préparé le repas. Vous pouvez rester ici si vous le voulez.

Tom retourna dans sa chambre et s'habilla dans une tenue simple : un t-shirt à manches courtes et un pantalon. Quand il descendit, Harry et Haze étaient déjà attablés. Les deux paires yeux des adultes étaient déjà fixées vers l'endroit où Tom se tenait car ils l'avait entendu arriver malgré sa tentative infructueuse de rester discret lors de son arrivée. Mais après tout, rien ne pouvait échapper à deux adultes pareils. Harry lui fit un grand sourire et l'invita à table à côté de lui. Il lui avait déjà servi son assiette et les trois se mirent à manger en silence.

Le silence était très, très gênant. L'atmosphère était pesante. Seuls les bruits des couverts et de la nourriture mâchée pouvaient être entendus. Mais ça, Haze s'en fichait à moitié. Cette ambiance générale ne le gênait pas, mais il était plus ou moins concerné par l'aura nerveuse et palpable entre Harry et Tom. Harry évitait le regard de son fils, et ce-dernier avait les yeux rivés fixement vers le bas, clignant des yeux le moins possible. Il était évident qu'il essayait durement de se concentrer sur son assiette et seulement son assiette, rendant sa gestuelle raide et tendue. Ici présent, seul un œil avisé comme celui de Haze pouvait discerner que les mouvements de Harry étaient tremblants dû au stress et à l'anxiété.

Haze retint un soupire. Il avait reçu ce matin une lettre de Harry disant qu'un incident s'était produit entre lui et Tom. Harry avait précisé que rien de grave ne s'était passé et qu'il n'y avait eu aucun blessé, mais qu'il ne savait pas comment gérer la situation. Il avait demandé dans sa lettre comment Haze réagirait s'il subissait une explosion magique, projetant quelqu'un au loin, et que ce quelqu'un avait visiblement reçu un choc émotionnel. Bien-sûr, quand Haze a lut les mots "incident", "blessé" et "explosion magique", il n'a pas prit la peine de chercher à écrire une réponse et s'était instantanément préparé pour aller chez les Riddle.

Haze aurait cru que la barrière magique autour de la maison de Harry l'aurait repoussé, mais ce ne fut pas le cas. Il s'était surpris à constater que Harry avait créé un laisser-passer à Haze. Mais la pensée que l'incident magique ait pu briser la barrière lui est venu en tête, et il s'est empressé de marteler la porte. Harry avait un petit soupçon de surprise dans ses yeux, mais sans plus. Au final, il devait sûrement l'avoir senti pénétrer la barrière.

Le repas dura une éternité selon Harry et Tom, même si Haze n'avait pas vu le temps passer. Harry débarrassa la table d'un coup de baguette. Tom le regarda étrangement du coin de l'œil. Harry ne faisait presque aucune tâche ménagère avec la magie, et il lavait toujours les assiettes de ses propres mains.

- Je suis désolé, Tom.

Cette fois, Tom et Harry se regardèrent droit dans les yeux.

- Je ne suis pas en colère, répondit Tom. Je n'ai pas besoin d'excuses. J'ai seulement besoin d'explications.

- Eh bien… Comment dire… Hum…

Voyant Harry mal à l'aise, Haze se pencha sur sa chaise et s'accouda sur la table.

- Riddle, voulez-vous que je parte ? Si vous préférez régler ça entre vous et votre fils…

- Non ! Non, ne partez pas. Je vous ai inquiété, alors je vous dois de clarifier les choses avec vous aussi.

Harry prit une grande inspiration. Il ne devait pas dire qu'il venait du futur. Il ne devait rien dévoiler sur ça. Facile. Il n'avait qu'à dire une partie de la vérité.

- J'ai 19 ans.

Haze haussa simplement un sourcil, perplexe. Puis il les fronça. N'était-ce pas un peu trop jeune pour être un père ? Et Tom avait 11 ans…

Tom se figea. Il n'avait jamais su l'âge de Harry. Harry n'en avait jamais parlé, n'avait jamais fêté son anniversaire. Et Tom n'avait jamais pensé à le demander. Ils avaient pourtant déjà fêté l'anniversaire de Tom.

- Attendez, dit Haze en se pinçant l'arrête du nez, vous avez eu Tom à quel âge…?

- Je l'ai adopté. Je vous l'ai déjà dit, mais vous étiez saoul à ce moment-là, donc vous ne vous en rappelez pas.

- Attends, dit Tom d'une voix basse, est-ce que ça veut dire que tu avais… 17 ans ?

- Oui. J'étais mineur quand je t'ai adopté. Je n'étais qu'un adolescent qui ne savait pas ce que c'était d'être un adulte. Finalement, être majeur ne change pas grand chose à ma mentalité. J'ai juste plus de responsabilités avec le fait de posséder une maison et d'avoir un travail. Les aléas d'être adulte, haaa ! Hum. Comme tu peux le deviner, avoir un enfant à charge à l'âge de 17 ans n'est pas de tout repos. Je ne connaissais rien au devoir parental. Je n'ai pas expérimenté l'amour familial, alors je n'ai pas pu avoir de bonne référence sur laquelle m'appuyer. Alors tu te doutes bien que quand adolescent qui a vécu des choses plutôt instables adopte un enfant à peine pré-adolescent, c'est une grande source de stress. De plus, à cette époque-là, nous n'avions pas de maison. Nous vivions dans une location au Chaudron Baveur, et tu ne faisais presque rien à part lire puisque je ne t'autorisais pas à sortir du pub sans moi. Je devais me lever très tôt et me coucher parfois très tard, et j'étais stressé par le fait que tu puisses te sentir délaissé.

- Je n'ai jamais pensé de cette façon… Je ne me suis jamais senti délaissé.

- Alors je suis soulagé, répondit Harry en souriant. Puis le temps passa. Tu es entré à Poudlard. Tu sais à quel point je suis… en quelque sorte obsédé par le fait que tu deviennes une bonne personne. Au fond de moi, je me disais que tu ne changeras pas ta nature. Tu es déjà resté toute ton enfance à l'orphelinat, et ces 10 années ont suffit à t'affecter en te laissant des séquelles. Mais je suis content, tu as réussi à me considérer comme ta vraie famille et à laisser le passé derrière toi.

Tom ressenti soudain une grande vague d'un sentiment désagréable le submerger. La culpabilité. Le remord. Pourquoi ressentait-il ça ? Il n'avait pas culpabilisé quand il avait volé des objets à des élèves à Poudlard ; pleins de petits objets dérobés par-ci par-là durant toute sa première année. Il en avait même ressenti du plaisir. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi culpabiliser maintenant ? Parce que Harry pensait que Tom avait laissé tombé le passé ? Mais l'orphelinat ne l'a pas affecté ! Il n'y pensait plus maintenant.

...Ou peut-être que si, au final. Peut-être que tous ses méfaits étaient dû à cette période. Cette période de souffrance où tout le monde le considérait comme un monstre. Où il n'avait pas hésité à voler les biens des autres enfants, où il n'avait pas hésité à arracher la vie des êtres vivants. Et alors qu'il ne pensait plus à sa vie passée, ça a quand même réussi à le rattraper sans qu'il ne s'en rende compte.

Et Harry pensait qu'il avait laissé le passé derrière lui. Alors que non. Et Tom trouva enfin la source de la culpabilité soudaine et de la honte qu'il ressentait actuellement. Mais comment se faire pardonner ? Comment s'expliquer ? Harry voudrait-il toujours de lui en sachant que Tom avait menti et n'était pas un si bon garçon ?

- Tom…?

Harry et Haze échangèrent un regard. Tom n'avait rien dit depuis une minute. Alors que Harry s'apprêtait à poser sa main sur son épaule, Tom releva la tête, et dans ses yeux se trouvaient une émotion indéchiffrable. Il planta son regard dans celui de Harry.

- Je suis désolé, dit Tom d'une voix déterminée.

Harry fut surpris. Tom s'était excusé ? Et d'un ton si franc ! Pourquoi ?

- Je suis désolé pour tous les méfaits que j'ai commis. Tu as dit que j'avais réussi à laisser le passé derrière, mais c'est faux. Même en te considérant comme ma vraie famille depuis tout ce temps, je suis quand même redevenu celui que j'étais quand j'étais à l'orphelinat. J'ai volé aux autres, je t'ai menti et trompé, j'ai tué… Même si c'était un oiseau, j'ai quand même tué. Ce que j'ai fait est impardonnable. Je… ne suis vraiment pas la bonne personne que tu veux que je sois. Et j'en suis désolé… Désolé…

La vision de Tom se brouilla. Son cœur battit plus fort. Il cligna des yeux et les larmes se mirent à couler librement sur ses joues. Il toucha sa peau humide. Il écarquilla ses yeux. Harry se leva de sa chaise et le prit dans ses bras.

- Je pleure…?

- Laisse tes larmes couler, Tom. Laisse-toi aller.

- Mais je déteste ça ! Je ne devrais pas pleurer, je… ne devrais pas… Je déteste me sentir aussi faible ! Je suis un Serpentard ! Un Serpentard n'est pas un faiblard...

Harry fit des cercles lents dans son dos.

- Être un Serpentard ne justifie rien. Pleurer n'est pas un signe de faiblesse. Je me demande le nombre de fois où j'ai pleuré. De joie, de peur, de tristesse, de colère. Mais pleurer à cause de sentiments négatifs n'est pas forcément signe de faiblesse. Tu restes un enfant, Tom. Peu importe ta maturité, peu importe qui tu es. Ce n'est pas comme si les larmes sont prohibées.

Haze regarda la scène et se sentit de trop. Au final, peut-être aurait-il dû partir, se dit-il.

Harry se retira de l'étreinte et sourit à Tom.

- J'accepte tes excuses, Tom. Je peux te pardonner seulement si tu me promets de ne plus jamais recommencer. Essaye de te retenir au maximum. Ne vole plus. Ne tue plus. Ne ment plus. Tout ce temps j'ai été stressé en me poussant à bout pour être le parent exemplaire, et ça n'a pas suffit. Pour preuve : tu es revenu à de mauvaises habitudes et j'ai fini par avoir de nouveau une explosion de ma magie. C'est pour ça que je me suis décidé. Dorénavant, je serais plus honnête à moi-même. Je ne vais pas me forcer à amplifier mes côtés positifs en bridant mes côtés négatifs. Il est inutile pour moi de te sourire à pleine dents alors que je suis triste ou en colère. Il est inutile pour moi de toujours essayer de montrer mon moi lumineux si mon esprit est brumeux.

- Harry…

- Tu as dit que ce que tu avais fait est impardonnable. Ce n'est pas vrai. Ce qui serait moins pardonnable en revanche, serait que tu recommences les mêmes erreurs sans remords alors que tu es pleinement conscient des conséquences. Tu as aussi dit que tu n'étais pas la bonne personne que tu voulais que je sois. Mais Tom, le simple fait que tu regrettes et que tu as avoué tes fautes en toute sincérité es l'une des choses que je veux. Je n'aurais vraiment pas apprécié la malhonnêteté. Si tu es un peu plus honnête, si tu ne fais pas de mauvaises choses et si tu apprends à être empathique, alors j'aurais tout gagné.

- Mais je n'arrive vraiment pas à ressentir ce que les autres ressentent.

- Si ce n'est pas possible pour toi, alors c'est comme ça. Mais l'empathie, ce n'est pas que ça. L'empathie, c'est aussi comprendre les sentiments des autres. Se mettre à leur place. Comprendre le pourquoi du comment. Tu n'y peut rien si tu ne ressens rien devant une personne triste par exemple. L'important est que tu comprennes pourquoi cette personne est triste, et que tu ne la juge pas, ni n'en profite pas. Profiter de la faiblesse des autres, ce n'est pas être une bonne personne. Bien-sûr, tout dépend de la situation.

- …

- Tu comprends ?

Tom voulut sécher ses larmes, mais se rendit compte que ses yeux et ses joues étaient déjà secs. Il avait arrêté de pleurer. Mais à la place, Harry pleurait. Ce n'étaient que des petites larmes au coin des yeux, presque rien comparé au flot de larmes de Tom plus tôt. Et sans y penser, Tom leva la main et essuya les quelques larmes qui menaçaient de couler. Harry ouvrit la bouche d'étonnement, puis se mit à rire. Un rire sincère et joyeux. Et bien que Tom ne riait pas, il ne put empêcher le petit sourire qui fleurissait sur son visage.

Ils restèrent ainsi plusieurs minutes. Plusieurs minutes dans un silence confortable. Puis Harry releva la tête et planta son regard dans celui de Haze qui n'avait pas bougé depuis tout ce temps. Il avait même presque oublié de respirer, de peur de briser cette atmosphère enfin devenue joyeuse après avoir été pesante un moment.

- Merci, dit Harry à Haze.

- Heu ? Mais je n'ai vraiment rien dit ni fait…

- Merci d'être venu. Ça m'a donné du courage.

- Vraiment ? Dans ce cas, j'en suis ravi. Je suis juste venu pour m'assurer que vous deux étiez sain et sauf.

- Nous deux ? intervint Tom.

Haze le regarda pendant quelques secondes.

- Oui monsieur Riddle. Vous deux. Je me soucie beaucoup de votre père, mais cela ne veut pas dire que je me soucie moins de vous. Vous êtes non seulement mon élève, mais aussi son fils. Votre père n'a pas précisé que c'était vous qui avait été projeté par l'onde magique, mais j'aurais quand même été inquiet même si cela n'avait pas été vous. Pourquoi s'inquiéter d'un inconnu, me direz-vous ? Tout simplement parce que je suis humain. Et un humain qui se soucie des gens dans le besoin, même si j'en ai pas l'air.

Tom haussa les sourcils.

- Je suis un ancien mercenaire, du temps où je voyageais. J'ai certes, fait certaines choses par soucis d'argent, mais aussi par l'envie d'aider les autres dans leurs problèmes. Alors quand votre père me dit qu'une personne a été impliquée dans cette affaire d'explosion magique, je me soucie aussi naturellement de la personne en question, en plus des autres problèmes impliqués.

Quand Harry et Tom se mirent à fixer Haze, ce-dernier sentit soudain une légère perle de sueur couler sur son front.

- Heu… Désolé, finit par dire Haze d'une petite voix. Je crois que j'ai été un peu influencé par l'atmosphère et j'ai finit par raconter ma vie.

Harry rit et balaya l'air avec sa main.

- Haha, ce n'est rien, ne vous excusez pas pour ça ! Hum, ça vous dit de rester un peu plus longtemps ? Oh, je ne vous force pas ! Si vous avez déjà quelque chose à faire…

- Je n'ai absolument rien à faire. Je voudrai volontier rester, mais je ne voudrais pas déranger. N'avez-vous pas besoin de temps seuls ?

- Hmm… Tom ? Est-ce que ça te dérange ?

- En toute honnêteté ?

- En toute honnêteté.

- ...En toute honnêteté, je ne m'en soucie pas trop.

Harry claqua deux fois des mains, tout sourire.

- C'est une très bonne évolution ! Et dire qu'avant, tu ne voulais même pas entendre son nom sortant de ma bouche !

Tom eut le teint blême et jeta un coup d'œil à Haze. Haze haussa un sourcil, plus amusé que offensé.

- Harry ? Hum, si ça ne te dérange pas, pourrions-nous retourner à la clairière où tu as eu cette explosion de magie ?

- Pourquoi ? Ce n'est qu'une zone dévastée maintenant. Il n'y a pas grand chose à voir.

- Je veux juste… Voir quelque chose. Confirmer quelque chose.

- Très bien…

Harry, Tom et Haze sortirent de la maison et Harry conduisit les deux à l'endroit. Une fois sur les lieux, Haze et Tom se figèrent pour deux et mêmes raisons. La première, c'était l'étendue des dégâts. Il ne restait que le tronc des arbres, et certains ont même été déracinés et gisaient sur le sol. L'herbe avait été comme fauchée. La deuxième raison était l'air. L'air était étouffant. Ce n'était pas qu'il n'y avait plus d'air. C'était que l'air regorgeait de magie. La magie qui avait explosé de Harry avait non seulement tout dévasté, mais s'était aussi répandue en masse dans l'air environnant et n'était toujours pas partie. Harry ne semblait pas dérangé.

- Ah, fit Harry en se frottant la nuque, oui… Cet excès de magie dans l'air peut être étouffant. Je le sens, mais ça ne m'étouffe pas vraiment. C'est ma magie après tout. Elle ne peut pas vraiment me blesser… C'est pourquoi elle n'implose pas mais explose, haha. Je n'imagine même pas si elle venait un jour à imploser...

- …

- …

- Ah, mais ne vous en faites pas, ça devrait se dissiper dans quelques jours. Ne vous approchez pas trop du centre de la clairière. Puisque vous ressentez tant de pression alors que vous n'êtes qu'à la frontière, je n'imagine même pas si vous êtes au centre...

- Donc c'est bien ça... C'est pourquoi j'ai eu le souffle coupé, remarqua Tom.

- Oui… Si je n'avais pas mit la barrière protectrice autour de toi à temps, qui sait ce qui serait arrivé de pire… Je ne veux même pas y penser. Retournons à la maison.

o0O0o

Harry, Tom et Haze ont passé le reste de la journée dans le calme. Il n'y a pas eu de nouveau une ambiance lourde. Tom, sous la demande de Harry, a avoué en toute franchise tous les méfaits qu'il avait commit, et a promis qu'il ne recommencerait plus.

Au fil des discussions et des échanges, Tom a trouvé que Haze n'était pas de si mauvaise compagnie. Et même si Tom avait toujours cette jalousie et cette possessivité envers Harry, il arrivait à se calmer quand il le fallait, en se rassurant du fait que peu importe quoi, Harry le verrait toujours comme son numéro un.

Le soir, après le dîner, Haze est retourné chez lui. Tous les trois avaient été satisfaits de la compagnie de chacun, et les poids lourds ont été relâchés. Ils ne purent que s'endormir heureux la nuit tombée.

o0O0o

- Oh mon dieu, cours plus vite Tom !

- Je fais ce que je peux…

- Accroche-toi bien !

La foule les regardèrent. Certains étaient amusés, d'autres exaspérés, d'autres choqués… Il y avait de tout. En même temps, qui n'aurait aucune réaction en voyant un jeune homme tenant un enfant contre lui dans ses bras, sautant du quai pour rejoindre un train qui partait ?

Une fois les pieds sur la petite passerelle à l'extérieur du wagon, Harry et Tom échangèrent un regard et Harry pouffa de rire.

- Ce n'est pas marrant Harry ! C'est la deuxième fois qu'on doit sauter sur le train.

- Oui, c'est vrai… Mais cette fois-ci c'est pas ma faute !

- Oui, si cette petite vieille ne nous avait pas demandé de l'aider à débarrasser toute l'eau dans sa maison inondée, on n'aurait pas été en retard. Pour une fois qu'on partait en avance…

- On avait pas le choix, on allait pas la laisser là dans sa galère. C'est notre voisine, on lui doit bien ça puisqu'elle est toujours gentille.

- On lui a parlé seulement deux fois dans notre vie. Et ces deux fois n'étaient qu'un "bonjour".

- Hum… Oui, c'est vrai, mais…

La porte du wagon s'ouvrit, coupant la parole de Harry. Son visage s'illumina. Haze se tenait là, comme lors de leur première rencontre. Il n'avait pas un air surpris et croisa les bras.

- Encore en retard, messieurs Riddle ?