Bonjour ou bonsoir ! Nouveau chapitre, hourra !

Je poste moins régulièrement, mais bon... Au moins les choses bougent dans l'histoire. Je n'ai rien d'autre à dire, à part :

Merci pour vos avis et votre soutien !

Dans le chapitre d'aujourd'hui, du drame. Alors que Harry pensait que tout irait bien, un évènement d'une gravité majeure vient perturber sa vie, et il craint que ce ne soit le début de la fin.

Bonne lecture.


Chapitre 16

Tom ne portait pas de grande attention au tri du Choixpeau. Les nouveaux élèves ne l'intéressait pas de toute façon. Pourquoi devrait-il se soucier des plus jeunes que lui-même ? Certes, à peine plus jeunes d'un an. Mais tout de même ! Il se sentait grand une fois en deuxième année. Grand par rapport aux première année. Mais il savait aussi que pour ceux plus âgés, lui, un pauvre petit deuxième année de 11 ans, n'était qu'un bébé. Mais pas de problème. Il s'était fait la résolution que quand il grandirait, il serait le meilleur. Et le commencement avait déjà commencé. Il s'était attiré les faveurs de pratiquement tout le personnel de Poudlard. Au final, peu importe qu'il soit un Serpentard, tant qu'il se comportait exemplairement devant eux et était bon élève, alors tous les adultes avaient mit de côté les préjugés sur sa maison. La seule impasse était les élèves.

Beaucoup étaient jaloux de lui, ou le détestait à cause de son sang, voire même du fait que son père soit un professeur. Il avait même entendu circuler quelques rumeurs absurdes sur lui, affirmant qu'il profitait de son statut de fils pour récupérer de bons résultats. C'était faux, car Harry ne le favorisait pas et serait capable de lui donner la pire note.

Il suffisait de bien se comporter. Lever la main. Donner la bonne réponse, ou si la réponse est fausse (ce qui n'arrive jamais avec lui), compenser avec une bonne attitude. Parler quand il le faut seulement. Quelques fois demander des conseils aux professeurs. Complimenter leur travail. Faire semblant d'être désolé auprès du professeur quand il y a des perturbations lors du cours. Aider à ranger les matériels. Et bien d'autre. C'est ainsi qu'il a gagné le cœur de presque tous.

Et Harry, bien entendu, était très fier de lui. Les professeurs lui disait à quel point Tom était un garçon formidable, merveilleux, studieux, gentil, serviable et poli. Et Harry le récompensait toujours par des câlins, des bisous et de bons chocolats chauds. Mais pour une raison qu'il ignorait, quand Tom ou des professeurs se vantaient du bon comportement de Tom, Harry, même s'il semblait heureux, soupirait silencieusement et se perdait dans ses pensées. Quand Tom lui avait une fois demandé pourquoi il ne semblait pas si fier de lui, Harry a juste sourit et n'a rien dit.

Bien-sûr, ce que Tom ne savait pas, c'était que Harry, à ces moments, soupirait car il se rappelait comment le Tom Riddle d'origine avait le même comportement studieux et bien élevé. Ce n'était pas un signe de malfaisance, au contraire. Mais dans ces moments, il était exaspéré que le Tom d'origine et son Tom actuel montraient leur meilleur côté auprès des gens. Et pourtant, il n'y pouvait rien. Tom était Tom. Un élève qui fait semblant d'apprécier les professeurs ne signifiait pas pour autant qu'il serait un Mage Noir en devenir. Et puis il y avait aussi le professeur de potions et directeur de la maison Serpentard : Horace Slughorn.

Horace Slughorn n'était pas une mauvaise personne. Harry et lui s'entendait très bien, même s'ils ne parlaient pas tout le temps. Seulement à l'occasion. Au cas où, Harry voulait à tout prix éviter que Tom ne rejoigne le Club de Slug. Ce n'était pas contre Tom ou Horace, mais il voulait aussi que les deux se parlent le moins possible. Il ne fallait surtout pas que Tom ne prenne connaissance des Horcruxes.


o0O0o


Harry pensait que tout irait bien. Il pensait que rien de fâcheux ne pourrait perturber son quotidien. Mais quand il entra dans la Salle des Professeurs un matin d'Octobre, il constata immédiatement l'agitation qui s'y trouvait. Les mines graves de ses collègues l'inquiéta profondément. Il y avait un rassemblement autour d'un mur. Harry s'approcha, intrigué, puis se mit sur la pointe des pieds pour mieux voir.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il aux professeurs après quelques tentatives vaines de voir par-dessus leurs tête.

Une main l'attrapa. Celle de Dumbledore. Il lui créa un passage à travers l'attroupement, et Harry se figea devant ce qu'il vit.

- Nous ne savons pas quand c'est arrivé, dit Haze qui était à sa droite. Et si c'était vraiment une blague de très mauvais goût, nous l'aurions déjà enlevé. Mais voilà, il y a… Eh, attention ! Ne t'y approche pas !

Mais Harry avait déjà touché ce qu'il y avait sur le mur. À peine l'eût-il effleuré qu'une violente douleur se fit ressentir dans à sa cicatrice. Il poussa un cri strident. La douleur était atroce et il porta ses main à sa cicatrice. Il sentait ses collègues l'appeler, mais il ne pouvait réagir. Quand la douleur disparut, il leva les yeux vers Haze et Dumbledore accroupis à ses côtés. Haze termina ce qu'il voulait dire tout à l'heure.

- Il y a une sorte de barrière magique emplie d'une puissante magie noire. Nous ne pouvons la toucher sans recevoir une douleur. Mais vous y avez ressenti les effets plus que nous, vous allez bien…? Nous avons seulement reçu un choc électrique, mais vous…

Harry ne l'écoutait pas. Il avait les yeux fixés sur une seule chose : le parchemin sur le mur. Cela avait été écrit avec de l'encre argenté. L'inscription, sans signature, était très claire : "Pauvre petit Potter. Tu croyais vraiment t'être débarrassé de moi ? Nous nous reverrons à Halloween."

Harry s'évanouit.


o0O0o


Il se réveilla à l'infirmerie dans l'après-midi. Les rideaux autour de son lit étaient tirés, et à son chevet se trouvait l'infirmière, dos à lui. Quand elle l'entendit bouger dans le lit, elle se précipita à ses côtés et le recoucha d'une main.

- Ne bougez pas. Vous êtes épuisé. Votre magie est très instable ! Heureusement j'ai réussi à vous stabiliser. Tenez, buvez cette potion. Et ne sortez pas du lit. Oh par Merlin, ça recommence à saigner… Ne bougez pas, je reviens !

Puis elle sortit en trombe. Harry, confus, se redressa sur le lit, mais une force le recoucha tout de suite.

- Couché ! siffla l'infirmière d'un ton dangereux. Mon dieu, voilà maintenant, le sang coule beaucoup plus.

Elle appuya une compresse sur le front de Harry. Elle essuya et Harry pu voir du sang dessus. Beaucoup de sang. L'expression de l'infirmière se fit troublée. Elle essuyait, essuyait, inlassablement, et cela dura plusieurs minutes. Le flot de sang ne diminuait pas. Mais Harry n'avait pas mal à sa cicatrice pourtant saignante. Il ressentait juste une grande faiblesse physique et mentale. Ses boucliers d'Occlumancie étaient pourtant bien en place.

- Que s'est-il passé ? dit Harry.

Sa voix avait à peine été soufflée, comme un murmure, des paroles dites dans une faible expiration, et il eut de la chance que l'infirmerie soit très silencieuse, sinon, l'infirmière ne l'aurait pas entendu.

- Vous avez perdu connaissance après avoir touché ce.. truc. Pas étonnant. C'était rempli de magie noire. Mais vous y avez réagi plus que les autres. Je pense que c'est en rapport avec votre cicatrice. Elle n'est pas normale. Elle a été faite à partir d'un maléfice, je me trompe ?

- Non, vous ne vous trompez pas…

L'infirmière hocha la tête d'un air grave.

- Je pense que le contact de cette cicatrice faite de magie noire en contact du parchemin rempli de magie noire a créé ce phénomène.

Harry ferma les yeux. C'était en partie le cas. Mais il pensait plutôt à une chose : ce parchemin avait été ensorcelé pour que justement Harry et Harry seulement en souffre.

Les rideaux s'écartèrent légèrement, laissant passer le directeur Armando Dippet accompagné de Dumbledore et Haze. Harry ouvrit difficilement les yeux et fixa les silhouettes floues de ses deux collègues. Il se rendit alors compte qu'il n'avait plus ses lunettes, mais ne s'en préoccupa pas.

- Professeur Riddle, commença Armando après s'être assis à son chevet, comment allez-vous ?

- Un peu groggy, répondit-il honnêtement d'une voix rauque.

- Je comprends… Vous avez eu une réaction plutôt inattendue à cela. Est-ce que par hasard… Vous connaîtriez le Potter dont parlait le parchemin ?

Harry ne s'attendait pas à cette question, et il resta quelques instants à fixer le vide. Il ne devait pas inquiéter plus que ça les gens autour de lui.

- Non, mentit-il dans un soupire.

Haze fronça les sourcils et le regard de Dumbleore se fit plus intense. Il était évident qu'ils savaient qu'il avait menti, Haze le connaissait suffisamment pour le savoir et Dumbledore se doutait de tout de toute façon. Mais Armando ne sembla pas s'en être rendu compte.

- Nous pensons que ce parchemin est apparu durant la nuit. Nous avons fait une fouille entière de l'école, mais rien ne ressortait de l'ordinaire. Il n'y a pas eu d'intrusion, ce qui nous fait penser que c'est quelqu'un du château. Malheureusement, nous ne pouvons accuser personne car nous ne possédons aucun indice. Nous avons envoyé une lettre à la famille Potter en les avertissant de la situation. Des mesures sont prises pour leur surveillance et protection. Même si l'hypothèse de la mauvaise blague est très probable, il n'empêche que l'écriture sur le parchemin était réellement du sang…

- Du sang de...?

Les quatres autres eurent des mines très graves. Puis Harry se rappela de la couleur de l'encre, et il blêmit.

- Du sang de licorne, souffla Armando d'une voix tremblante.

Harry ferma les yeux. Évidemment. Bien-sûr.

- Depuis quand suis-je inconscient ? demanda Harry après quelques secondes de silence tendu.

- Nous sommes en fin d'après-midi, répondit l'infirmière qui s'activait toujours à essuyer le sang qui coulait sans s'arrêter depuis tout à l'heure.. Vous êtes resté inconscient pendant huit heures. Le dîner dans la Grande Salle ne devrait pas tarder, mais je ne vous laisse pas y aller. Vous devez rester au lit le temps que votre magie se restaure complètement et que cette cicatrice arrête de saigner complètement. Je commence à croire que vous allez succomber d'une perte de sang si ça continue.

- Oh…

Puis le silence régna. Haze et Dumbledore fixaient toujours Harry et sa cicatrice. Il ferma les yeux, pour les rouvrir quelques secondes plus tard quand Armando se leva en disant devoir retourner à son travail. Maintenant, il ne restait plus que l'infirmière, Dumbledore et Haze avec lui. Haze parla en premier.

- Har… Riddle. Si vous avez des soucis, vous savez que vous pouvez m'en parler.

Harry le regarda avec amusement.

- Comme c'est mignon, dit-il faiblement mais joyeusement, je ne savais pas que vous vous souciez autant…

- Vous ne semblez pas réaliser que votre effondrement était particulièrement… effroyable. Votre cri, ainsi que tout le sang qui a coulé de votre cicatrice…

- Nous pensions vraiment vous avoir perdu, termina Dumbledore. Vous avez cessé de respirer à plusieurs reprises et vous étiez prit de convulsions. Le charme de protection autour du parchemin s'est brisé quand vous l'avez touché. Nous n'aurions jamais pensé que ceci en serait la conséquence.

- Je… vois…

- Je vais dans la Grande Salle. Vous devriez vous reposer.

- Combien sont au courant pour ce qu'il s'est passé ?

- Ne vous en faites pas, seuls les Potter, les enseignants présents, le directeur et l'infirmière le savent. Le directeur s'est assuré que ce qui s'est produit reste confidentiel. Les élèves ne le sauront pas.

- Et Fleamont Potter ?

- N'est pas au courant.

Harry voulut soupirer de soulagement. Manquerait plus que ça, que son grand-père paternel soit au courant. Si un élève était au courant, alors toute l'école le saurait. Et si toute l'école le savait, alors la presse aussi. Sur ce, Dumbledore se leva et parti. L'infirmière cria de soulagement, faisant sursauter Harry.

- Le saignement s'est enfin arrêté ! Tenez, restez allongé et gardez cette compresse, on ne sait jamais.

L'infirmière partit à toute allure.

Haze ne bougea pas et Harry tourna son regard vers lui. Il se pinça les lèvres, puis dit à son ami qu'il pouvait partir. Mais Haze ne bougea toujours pas, et ses yeux perçants étaient ancrés dans ceux de Harry qui déglutit et renforça ses boucliers mentaux par réflexe, même si aucune tentative d'intrusion ne s'était produite.

- Hm… Haze ? J'ai dit que ça allait, pas la peine de…

- Silencio.

Haze avait lancé ce sort autour du lit. Toute personne voulant écouter à travers les rideaux en serait incapable.

- Pourquoi est-ce que vous gardez tout pour vous ? lâcha Haze de sa voix froide habituelle.

Harry écarquilla les yeux. Il ne s'y attendait pas.

- Que voulez-vous dire…?

Haze claqua sa langue.

- Vous savez ce que signifiait ce message. Votre réaction le prouve. Vous savez très bien à quoi cette personne a fait allusion dans son message. Maintenant, dites-moi tout. Ne gardez pas tout pour vous.

- Je…

Harry s'arrêta dans sa lancée. Il ne pouvait rien dire.

- Je suis désolé, finit-il par dire. Je ne sais vraiment rien. Si ma cicatrice a réagi ainsi, c'est à cause de la magie noire de ce parchemin. Ma cicatrice provient d'un sort de magie noire, alors elle a réagi… Ce n'est qu'une coïncidence.

Haze fronça les sourcils dangereusement.

- Vous…

L'infirmière arriva à ce moment-là, criant sur Haze.

- Le professeur Riddle doit se reposer ! Déguerpissez ! Oust ! Allez oust !

Et Haze, malgré lui, se fit virer de l'infirmerie. Harry put enfin souffler un bon coup. Il pensait que tout irait bien quand il est allé dans cette époque. Il pensait que la seule difficulté serait l'éducation de Tom alors qu'il n'était encore qu'un mineur quand il l'a adopté. Mais non. Il a fallu que ÇA arrive. La pire chose qui aurait pu arriver. La chose à laquelle il n'avait même jamais émis l'idée que ça arriverait. Car c'était tout bonnement impossible.

Voldemort était vivant et de retour, et Harry et tout le reste du Monde Sorcier n'était plus en sécurité.


o0O0o


Harry ouvrit la porte de ses appartements et constata avec surprise un Tom à bout de souffle qui le fixait avec de grands yeux. Harry ouvrit la bouche pour parler, mais Tom le poussa à l'intérieur de l'appartement et referma la porte derrière eux. Il agrippa fermement le bras de Harry et planta ses yeux dans les siens. Harry put y déceler du soulagement et de la colère.

- Où étais-tu ? demanda Tom d'une voix calme.

Trop calme. Son ton ne correspondait pas à ses yeux fous et son comportement actuel.

- Je… Comment ça ? Tom, lâche-moi.

Mais la prise sur son bras se fit plus forte.

- Ce midi, quelques professeurs, dont toi, n'étaient pas présents lors du repas. Nous avons pensé à une réunion ou quelque chose du genre. Ils avaient l'air étrange. Lors du dîner de ce soir, tous les professeurs étaient présents. Tous sauf toi. Et les professeurs chuchotaient entre eux avec des visages pâles, peinés ou sérieux. J'ai même surpris les professeurs Haze et Dumbledore me regarder quelques fois. Et même le directeur. Tu entends ? Pendant un instant, j'ai cru que… Que tu étais…

La voix de Tom trembla. Harry le regarda tristement et lui caressa la tête.

- Cela me fait très plaisir que tu te soucies autant de moi, dit Harry. Mais ne t'en fait pas, il y a juste eu un accident magique dans la salle des professeurs ce matin. J'ai été le plus proche de la source de cet accident, et ça m'a rendu inconscient. J'étais à l'infirmerie. Mais je vais mieux maintenant, je suis sorti il y a peu. Les professeurs étaient tous très inquiets pour moi, mais l'infirmière a fait du bon travail et m'a remit sur pied.

Tom le regarda sans ciller, détaillant chaque micro-expression de Harry dans la recherche d'une quelconque trace de mensonge. Mais Harry ne semblait pas mentir. Alors Tom se permit un long et grand soupire de soulagement. Il posa sa tête contre le buste de Harry, et ce-denrier ne put s'empêcher de constater à quel point Tom avait grandi alors qu'il n'avait que onze ans. Ou alors c'était juste lui qui était petit.

- Tom, tu veux un chocolat chaud ?

- Oui…

Tom ne voulant pas lâcher Harry, il durent aller ensemble dans la cuisine. Une fois la boisson prête, ils s'installèrent sur le canapé, emmitouflés à deux dans le grand plaid. Le silence était étrange, mais ni l'un ni l'autre ne voulait parler. Alors ils se turent. Il n'y avait pas grand chose à dire de toute façon. Chacun avait eu sa dose d'émotion pour la journée.


o0O0o


Haze grogna de frustration et peinait à corriger les copies devant lui. Cela faisait deux semaines depuis l'incident. L'excitation était à son comble parmi les élèves à l'approche de Halloween, mais parmi les professeurs, c'était une toute autre histoire. Aucun n'avait oublié le message, et tous redoutaient plus ou moins Halloween. Car ils ne savaient vraiment pas si quelque chose se passerait réellement, et si quelque chose se passait, alors qu'est-ce que ça serait ? Une attaque d'un sorcier inconnu ?

Face à cette éventualité, tout le corps enseignant était paré, et même l'infirmière dans le pire des cas. Personne n'avait oublié le sang de licorne.

Harry était le pire d'entre eux. Il agissait comme s'il redoutait la fin du monde, renforçant les doutes de Haze qui passa une énième fois la main dans ses cheveux détachés.

Deux semaines. Deux semaines complètes. Deux semaines complètes depuis que Harry l'évitait comme la peste. Les seules fois où ils se retrouvaient ensemble était pendant les cours. Quand Haze avait voulu lui parler, Harry avait sorti une excuse à la noix et s'était échappé. Et cela frustrait Haze au plus au point de ne pas savoir la raison exacte.

Il manqua de peu de casser sa plume à cause de son poing serré trop fort. Il se décida finalement. Si Harry ne voulait pas le voir, alors il n'avait qu'à employer la manière brusque. Il abandonna ses copies et se leva précipitamment, se dirigeant d'un pas déterminé vers les appartements de Harry. Il toqua à la porte et Harry lui ouvrit. Celui-ci avait une mine affreuse. Il avait des cernes visibles et des yeux fatigués, ses cheveux étaient encore plus en bataille que d'habitude.

Quand il vit Haze, son premier réflexe fut de refermer précipitamment la porte. Mais Haze coinça son pied, ignorant la douleur que son geste lui procura sur le coup. Il passa sa main et referma brutalement la porte derrière lui. Harry balbutiait des choses incompréhensibles et reculait.

Haze avançait dans le même temps. Et bientôt, le dos de Harry toucha le mur. Haze continua d'avancer jusqu'à se retrouver à quelques centimètres de Harry. Pour éviter qu'il ne s'échappe, Haze plaqua ses deux mains contre le mur, à côté de la tête de Harry. Son corps sembla soudain beaucoup plus imposant face à la carrure de Harry qui le regardait avec crainte. Haze se pencha légèrement.

- Vous avez peur de moi ? dit Haze d'une voix froide.

Harry ne put s'empêcher de frissonner à la voix grave et profonde qui résonnait juste contre son oreille. Mais les mots de Haze le frappa.

- Non, répondit simplement Harry. Je suis juste…

- Ne gardez pas tout pour vous, le coupa Haze. J'en ai assez de votre petit jeu. Vous m'évitez comme la peste depuis deux semaines, et je veux en connaître la raison.

Harry hésita. S'il avait évité Haze, c'était pour garder ses distances et le tenir éloigné de tout danger concernant Voldemort. Si le Seigneur des Ténèbres apprenait la proximité de entre lui et Haze, il n'hésitera pas à se servir de cela à son avantage. À ce moment-là, la vie de Haze sera en danger total.

- Je veux vous protéger, avoua Harry.

L'expression de Haze ne changea pas, mais il était très surpris au fond de lui. Le protéger ?

- Me protéger ? dit-il tout haut.

Harry soupira. Il n'y avait plus de retour en arrière.

- Comme vous l'avez deviné, je connais la personne à l'origine du parchemin. C'est un ancien ennemi. Je pensais l'avoir vaincu, mais… Il est revenu. Et je n'ai aucune idée de comment.

- Vous devez pourtant savoir que des ennemis vaincus chercheront toujours à revenir se venger.

Harry secoua la tête.

- Non, pas cette fois, Haze. Cet ennemi… J'étais censé l'avoir tué. De mes propres mains. Mais il est revenu à la vie, et m'a trouvé. Je ne peux pas vous en dire plus, mais… Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il n'agisse. Je ne sais rien de ce qu'il est en ce moment précis. Est-il un fantôme ? A-t-il un nouveau corps ? Je n'en sais rien. Et c'est ça qui me terrifie. Je ne sais rien. Je ne sais pas comment lui faire face à nouveau, car je ne sais pas comment il est actuellement.

Haze commençait à comprendre.

- Je veux vous protéger, continua Harry en sentant les larmes monter. Vous protéger de lui. C'est un être vil, cruel, qui n'hésiterait même pas à tuer un nourrisson. Il est capable de tout, et vous le savez, à cause du sang de licorne…

Harry, malgré ses lunettes, senti sa vision se brouiller à cause des larmes. Il fit de son mieux pour qu'elles ne coulent pas, mais il savait qu'elles devaient forcément couler à un moment ou un autre. Pendant ce temps, Haze essayait d'avaler les nouvelles informations. Un long silence qui dura une éternité s'installa. Puis Haze eut un regard déterminé. Il s'apprêtait à parler, quand un bruit gros de livres tombant au sol se fit entendre à leur gauche. Harry et Haze se tournèrent vivement, directement sur leurs gardes, vers la source du bruit.

Au pas de la porte se tenait Tom, une expression de choc difficilement contenue, droit comme un i, les livres à ses pieds. Il fixa les deux professeurs et analysa la scène sous ses yeux. Harry était plaqué contre le mur par Haze le dominant. Le visage de Haze était penché vers celui de Harry, et ce-dernier avait ses yeux remplis de larmes qui menaçaient de ruisseler.

- ...Qu'est-ce que vous faites…?