Bonjour ou bonsoir ! J'ai l'impression que ça fait des années que je n'ai pas posté, alors que visiblement, ça fait presque un mois (ou un peu plus, je ne sais plus) depuis que j'ai donné de mes nouvelles.

Merci à toutes et à tous pour votre soutient !

Ce chapitre est plus court, mais il contient beaucoup de dialogues, et il sera surtout concentré sur... Tom et Malfoy ! Serait-ce le début d'une complicité entre eux...? En tout cas, Voldemort ne reviendra pas tout de suite. Je compte en fait développer la relation entre Tom et Abraxas, de même entre Harry, Haze et Dumbledore. Le sujet de Voldemort reviendra donc avec nos trois adultes.

Dans le chapitre d'aujourd'hui, Tom et Abraxas se parlent... De quoi déjà ? Oh, ils font juste connaissance. Il faut bien commencer quelque part !

Nous découvrons une nouvelle face de Malfoy. Derrière le titre de noble et la réputation de prince des glaces se cache évidemment une personnalité toute autre ! Et Tom semble avoir de moins en moins de difficulté à communiquer avec ceux de sa tranche d'âge...


Chapitre 19

Le silence de la salle fut brisé par les sanglots et les paroles d'excuse de Harry. Tom ne dit rien et enroula simplement ses bras autour de son père.

Cela durait déjà depuis plusieurs minutes, et pourtant Harry n'avait pas la force de se lever. Les mains de Tom ne bougeaient pas de son dos, et cela perdurait. Ce n'était ni agréable, ni désagréable. C'était… vide. Il n'y avait aucune émotion dans cette étreinte, ni dans la force de ces bras. Ni joie, ni colère, ni tristesse, ni aucun sentiment quelconque. Mais ça lui convenait. Il ne voulait rien ressentir à l'instant présent. Oh, comme il aurait aimé être une coquille vide. Ainsi il ne pourrait ressentir autant de sentiments négatifs.

Haze ferma les yeux un instant, réfléchit, puis prit une grande inspiration et regarda Harry.

- Venez m'en parler si vous ne vous sentez pas bien.

Puis il partit sans un autre mot, agitant sa baguette pour réparer le bazar dans la salle. Il ne restait plus que trois personnes. Dumbledore ouvrit plusieurs fois la bouche, mais décida de garder le silence. Harry lui lança un regard de reconnaissance et d'imploration que Dumbledore compris. Ce-dernier s'en alla à son tour, mais bien évidemment, Harry savait que le sujet reviendra inévitablement entre eux.

Il n'avait aucune idée de quoi dire ou faire sur le moment. Tom s'accrochait à lui comme une bouée de sauvetage, et Harry avait du mal à avoir une idée précise de qu'il pensait, d'autant plus qu'il ne pouvait utiliser de Légilimencie s'il ne pouvait même pas voir un bout de tête de Tom.

...Et cela durait. Durait. Longtemps. Harry se demandait même si Tom s'était assoupis, mais sa respiration et sa prise toujours ferme prouvait le contraire. Il avait de la chance, en un sens. Son fils aurait pu l'éviter, mais à la place, il se comportait comme du velcro. Ne voulant pas briser le moment, il se leva, et comme il l'avait deviné, Tom enroula ses jambes autour de sa taille. Instinctivement, il mit une main sur son dos et sous ses fesses pour le maintenir. Son fils n'était pas très lourd, mais n'était pas le plus petit non plus. Il se positionna devant la porte et hésita un moment, se disant que Tom n'aimerait pas être vu en public dans une position si embarrassante pour lui, d'autant plus que les sorts d'invisibilité n'existaient pas. Mais il ne pouvaient pas rester ici, et le Serpentard ne semblait pas réagir. Prenant une grande inspiration, il ouvrit la porte d'un informulé et sortit.

Il ne savait pas par quelle chance, mais il n'y avait absolument personne. Pas un chat, ni un crapaud, ni quoi que ce soit. Et pourtant, le silence le rendait inconfortable. La respiration de Tom était pratiquement inaudible, mais il sentait sa chaleur contre son cou. Il regagna ses appartements sans croiser rien ni personne.

Il se pencha pour poser Tom sur le canapé, mais celui-ci enroula ses bras encore plus fortement autour du cou de Harry.

- Tom, tu veux me lâcher ? demanda Harry en essayant de réprimer le tremblement de sa voix.

Il ne répondit pas tout de suite, mais Tom finit par faire un petit "Non…" à peine audible.

- Je veux dormir, dit Tom avec le même ton.

Le cœur de Harry se tordit. On aurait dit un bébé. N'ayant pas la tête à argumenter, il marcha en direction du lit et se coucha, Tom toujours enroulé autour de lui. Il ferma les yeux, se permettant de respirer une bonne fois pour toute à la sensation des draps moelleux et froids.

C'est dans cette position qu'il s'endormit. Et malgré les évènements, Tom ne put lui aussi résister très longtemps à l'appel du sommeil.


o0O0o


Ce fut avec un grand mal de tête couplé d'une odeur d'infirmerie que Tom se réveilla. Et la première chose qu'il vit fut quelque chose auquel il n'aurait jamais pensé : Malfoy assis sur une chaise à sa droite, tenant son menton en coupe d'une main, le regardant d'un air paresseux et en quelque sorte détendu, et Tom se surprit à penser que ce visage paraissait beaucoup plus naturel et lui allait beaucoup mieux que son visage habituel. Les cheveux blonds et soignés de Malfoy brillaient même sans lumière, et sa belle frange descendait légèrement en cascade devant ses yeux ; néanmoins ses yeux gris atypiques possédaient un éclat envoûtant.

Quand il vit que Tom avait ouvert les yeux, un masque froid remplaça son ancienne expression. Tom fronça les sourcils, surpris de se soucier de la présence de Malfoy, et de l'avoir détaillé.

- Pourquoi est-ce que je suis à l'infirmerie ?

- Le professeur Riddle t'as amené ici ce matin. Tu n'étais pas là aux cours de l'après-midi, alors je lui ai demandé où tu étais. Il m'a dit que tu avais beaucoup de fièvre ce matin, que tu ne te réveillais pas, et il t'a déposé ici.

Tom le regarda simplement, et Malfoy détourna légèrement le visage, et il était évident qu'il essayait tant bien que mal de garder sa façade d'aristocrate en place.

- Non pas que je suis inquiet hein ! Juste intrigué hein ! Ne va pas te faire des idées ! C'est pour dire qu'après ce qu'il s'est passé, tout le monde se pose des questions.

Tom se redressa subitement.

- Ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Quoi, tu ne te souviens pas d'hier ? J'ai entendu dire que ton père avait été victime de possession et que l'intrus a été chassé de son corps. S'en est suivi un combat entre lui et les professeurs, et tu étais pris au milieu de la bataille. Je ne connais pas les détails, c'est tout ce qu'ils nous ont dit. Dès que le combat a eu lieu, tous les élèves ont été confinés dans leurs dortoirs sous étroite surveillance des professeurs.

- Ah oui, je me souviens.

- Tu as encore de la fièvre, recouche-toi.

- Tiens donc ? Monseigneur Malfoy joue les nounous ?

- N'importe quoi. Je ne veux juste pas avoir ta mort sur la conscience.

- Je ne te savais pas si sensible.

- Je…!

Tom mit un doigt sur la bouche de Malfoy qui se figea.

- Ne parle pas. Tu ne veux pas que l'infirmière arrive, non ?

Malfoy prit le doigt et le tordit légèrement. Tom serra les dents. Il massa son doigt pendant quelques instants, instants où le silence prit place dans la conversation. Malfoy s'accouda élégamment à la petite table de chevet et fixa le vide.

- L'intrus qui a possédé le corps de Harry est toujours en liberté, dit Tom après une minute de silence gênante.

- Hm. Je vois.

- Ça n'a pas l'air de te surprendre.

- Non, ça explique les deux gardes juste à l'extérieur des rideaux.

- ...Il y a des gens à l'extérieur ? Des "gardes" ? Tu as mit la zone sous Silencio j'espère.

- Tu penses que je suis aussi bête ? Bien évidemment. Je ne veux pas que les gens pensent que le Ô Grand Abraxas Malfoy soit resté au chevet de la personne qu'il a autrefois martyrisé et maltraité.

- Alors tu avoues m'avoir martyrisé, mal traité, et pas "joué".

Malfoy le regarda sans rien dire pendant quelques secondes.

- Sache que je ne recommencerai pas. J'ai non seulement promis, mais je n'étais pas moi-même avant.

- Tu veux dire que tu extériorisais ta haine sur moi. Ta haine de soi et envers ta mère.

Malfoy lui lança un regard de mépris, mais étrangement dénué de pics acérés comme il pouvait en recevoir quand Malfoy le harcelait.

- Tu n'as aucun tact, dit le blond.

- Tu n'es pas non plus très connu pour ton tact, répondit Tom.

- C'est vrai, dit-il en ignorant ce dernier commentaire. Je me servais de toi comme défouloir. Parce que tu es un Sang-de-Bourbe, tu n'es pas riche, tu ne pensais qu'à la réussite scolaire au lieu et refusais de t'intégrer aux autres.

- Et qui te dit que ce n'est pas toujours le cas ? rétorqua-t-il avec un léger sourire qui ne contenait aucun bon sentiment.

- Je n'ai pas dit le contraire. Tu es toujours un Sang-de-Bourbe, et tu le seras pour toujours d'ailleurs. Tu es pauvre, tu es un rat de bibliothèque. Les gens se demandent même pourquoi tu n'es pas tombé à Serdaigle. Et tu refuses toujours d'engager les conversations avec les autres. Et quand tu parles, on entend ta voix à peine cinq secondes.

- Tu es sûr que tu es Malfoy ? Tu agis assez différemment de ce que je m'attendais. Je pensais que tu m'aurais juste jeté ton regard froid habituel et serais parti, mais tu es resté et a tenu la conversation avec moi.

- Ton père est le professeur Riddle. Pour être honnête, je le porte très haut dans mon estime, et tu sais pourquoi. Je le respecte beaucoup. Je peux au moins me permettre de faire un effort pour m'entendre avec son fils. De plus, il est normal pour un Malfoy d'étendre son réseau social.

- Efface la dernière partie et je pourrais presque être ému.

- Efface ce que tu viens de dire, parce que je sais que c'est totalement faux.

Ils se défièrent du regard pendant un court instant avant qu'un léger sourire ne fleurit sur le visage de Malfoy. Tom fut surpris et haussa légèrement les sourcils. Jamais il n'avait vu Malfoy sourire, ou du moins avoir un sourire semblant si… réel.

- Je n'en peux plus, soupira Malfoy.

Son sourire se brisa, et Tom découvrit alors une autre expression sur le visage de son ancien ennemi : la tristesse.

- Ces gens superficiels qui ne pensent qu'à la renommée et au pouvoir. Je veux dire, je suis pareil. J'aime ce qu'aiment tous les autres aristocrates, parce que j'ai grandi entouré de ça. C'est contradictoire. Je me plains des autres, mais les autres sont ce que je suis.

- Je ne pense pas.

Malfoy fut surpris, mais ne le montra pas entièrement. Il haussa un simple sourcil.

- Même si les autres sont "superficiels", sont "comme toi", au final, ce qui compte, c'est que tu es toi, non ?

- Étrange venant de toi. Je pensais que tu serais plus égocentrique.

- Je le suis, claqua Tom.

Malfoy lui lança un regard amusé suite à cet aveux. L'autre se contenta simplement de grogner légèrement.

- Ce que je veux dire, c'est que ce qui compte, c'est toi et toi seul. Les autres sont comme toi ? Alors je te conseillerai de ne pas te rabaisser à leur niveau. Si tu veux te rassurer, dis-toi qu'ils sont bien inférieurs…

- Je le pense. Je suis un Malfoy, je te signale. Même les Parkinson ne sont pas aussi puissants que nous. Ça ne change rien à leur superficialité.

- Dis-toi qu'ils sont bien inférieurs car ils ne sont que des copies de toi, l'originel. Et puisque tu es l'originel, tu n'es pas pareil qu'eux, tu n'es pas eux. Ils pensent au pouvoir et toi aussi ? Alors eux seuls sont à plaindre. Ils t'ont copié.

- C'est une vision assez égocentrique, pour le coup. Mais je comprends. Mais toi ? Toi qui n'a pas grandi dans la richesse et la renommée, as-tu le même point de vue ?

- Non. Je suis supérieur à beaucoup, mais je suis encore plus un être originel que quiconque, puisque personne ne me copie.

- Hm. Je vois maintenant.

Tom prit alors soudainement le bras de Malfoy et remonta la manche. Il vit toutes les cicatrices passées, rappel des horreurs qu'il avait vécu et de tout ce malheur. Malfoy garda son expression de prince des glaces habituelle, mais son cœur, lui, s'était comme réellement gelé.

- Viens me voir si l'envie t'en prend.

- Comment tu sais pour ça ? dit froidement Malfoy. Ton père te l'a dit ?

- Non, idiot. Je l'ai juste deviné depuis le temps. Je voulais juste une confirmation.

- Je pourrais juste aller voir ton père. Pourquoi irais-je vers toi ?

- J'ai dit "si l'envie t'en prend". Je m'en fiche que ce soit moi ou mon père.

Tom relâcha le poignet de Malfoy et remonta ses genoux contre son torse. Il porta une main à son front et attendit.

- Ah, je crois que ma fièvre a baissée. Tu devrais appeler l'infirmière et lui dire que je ne me sens plus malade.

Malfoy le dévisagea quelques instants, et pouffa légèrement de rire. Bien entendu, il pouffa élégamment à la Malfoy. Sinon, ça ne ferait pas très noble.

- Pourquoi est-ce que tu me montres tes faiblesses, Malfoy ? Tu ne crains pas que je puisse les retourner contre toi ? Te ridiculiser ? Répandre des rumeurs comme quoi le prestigieux hériter de la grande famille Malfoy est faible devant les Sang-de-Bourbe ?

Malfoy sembla réfléchir un instant, puis regarda Tom droit dans les yeux.

- Je t'imagine facilement faire ça. Mais étonnement, sans raison, je suis persuadé que tu ne le feras pas !


o0O0o


Tom reprit son souffle puis prit une gorgée de chocolat chaud.

- ...Et c'est comme ça que Malfoy…

Harry lui lança un énième regard.

- Je veux dire, Abraxas, a dit qu'il me faisait confiance. Enfin, il ne l'a pas dit explicitement, mais l'a sous-entendu.

Tom avait raconté sa journée à Harry. Il avait omis certains détails, mais avait dit les éléments essentiels.

- Son attitude était bizarre aujourd'hui. C'est sa vraie nature, mais je me demande pourquoi il est à Serpentard.

- Allons, La maison ne définit pas tout. Le fait d'avoir un masque insensible ne signifie pas que tu es obligatoirement un Serpentard.

Tom fixa Harry.

- C'est vrai, dit le Serpentard. Alors moi, pourquoi est-ce que je ne suis pas à Serdaigle ? Je préfère la compagnie des livres à celle des autres. J'ai du mal socialement.

- Heu…

Bien évidemment, Harry ne pouvait lui dire la vérité.

- Eh bien, comme je l'ai dit, la maison ne définit pas tout. Le fait que tu préfères les livre aux gens ne signifie pas que tu es obligatoirement un Serdaigle. Et tu n'as pas tant de mal socialement. Regarde, tous les professeurs t'apprécient parce que tu te comportes très bien. Tu n'es pas renfermé sur toi-même, tu n'es pas trop extraverti. Tu es sociable seulement quand tu le veux. Je t'ai dit que ce n'était pas grave si tu n'as aucun ami. Oh, mais du coup, Abraxas et toi, vous semblez bien proches en ce moment.

- Pas particulièrement. On a juste un peu parlé aujourd'hui, c'est tout.

- C'est déjà un exploit venant de toi.

Harry était plutôt content. Aujourd'hui, rien de catastrophique n'était arrivé, si ce n'est sa petite panique dans la matinée quand il s'est réveillé et a remarqué que Tom était très fiévreux. Il s'est en fait avéré qu'il avait attrapé un gros rhume. Il l'a donc directement emmené voire l'infirmière. Bien heureusement, la magie a guérit ça en une matinée, et il a pu retourner en cours l'après-midi. Par précaution, Haze lui a confié deux "connaissances" dignes de confiance, pour monter la garde devant le lit de son garçon fermé par les rideaux.

Tom est retourné dans les appartements de Harry le soir comme si de rien n'était. Harry avait un peu moins peur, car quand Voldemort s'était échappé la veille, les deux "connaissances" de Haze l'avait traqué grâce à la magie. Voldemort s'était déplacé très vite avec sa forme incorporelle, et ils ont failli perdre sa trace à plusieurs reprises. Voldemort n'est actuellement plus à Poudlard, et sa traque ne fait que commencer.

Cette fois-ci, les évènements n'ont pas échappés à la presse, et Harry ne sait vraiment pas si c'est pour le mieux. Par chance, Armando Dippet a réussi à s'en sortir en gardant son poste de directeur. Des Aurors et beaucoup d'autres sorciers spécialisés en sorts de protection ont établis de puissantes barrières magiques autour de Poudlard, pour ne laisser passer aucun esprit ou forme de Magie Noire. Peu importe si Voldemort avait la taille d'une fourmi, son âme serait la même, et serait repoussée. Du moins, Harry l'espérait.

Il avait tenu à participer à la création des barrières, mais n'a pas pu y donner beaucoup de sa magie, car tout simplement, il y avait trop de magie en lui. Il ne voulait pas attirer l'attention plus que ça. Cependant, il comptait tout de même renforcer les barrières en secret les jours à venir. Sa magie serait plus efficace face à Voldemort.

Tom n'avait pas non plus posé de questions sur Voldemort, à la grande surprise de Harry. Ce-dernier n'osait pas aborder le sujet tout se suite avec lui, et s'il pouvait enfin souffler un bon coup maintenant qu'il sait et sent que Voldemort est loin et ne revient pas pour le moment, alors il profitera de cette pause qui lui est offerte.

Pour le moment, il voulait juste profiter du présent les yeux fermés, respirer sans stresser, buvant du chocolat chaud avec son fils emmitouflé dans le même plaid que lui, et l'écouter raconter sa journée.