« Colonel Mustang à l'appareil, j'écoute. »

Souffles, murmures, silences, plaintes.

« Dépêches-toi, fait vite. »

Bips sonores, fin de l'appel.

Il ne fallut pas plus de dix secondes au Colonel Mustang pour enfiler son manteau sous les regards interrogateurs de ses subalternes.

« Question de vie ou de mort », dit-il simplement avant de quitter la pièce avec fracas.

Sautant dans son véhicule militaire, Roy ne faisait plus attention à rien, le message était clair. Il s'en voulait déjà suffisamment pour, en plus, ne pas l'accompagner dans cette étape. La science n'étant pas à son apogée, le risque zéro n'existait pas et s'il souhaitait être sûre que cela ne finisse pas en mare de sang, il se devait de se dépêcher. Au moins pour elle.

Arrivé en bas d'un immeuble, Roy gravit les étages aussi rapidement qu'il put, sautant quelques marches de temps à autre. Arrivant devant la porte de son propre appartement, il se laissa deux petites secondes pour reprendre son souffle avant de frapper. La porte s'ouvrit aussitôt. Roy dégluti. Devant lui, son ancien premier Lieutenant, en robe, n'arrivant pas à faire plus de quinze pas. Tout de même, il ne put s'empêcher de la regarder, ses cheveux lâchés, ses beaux yeux, ses longues jambes, la bague qui ornait sa main gauche et surtout son ventre légèrement rond. Il l'aimait, elle était belle.

« Aide-moi, je n'y arrive plus. »

Roy ne se fit pas prier et prit Riza dans ses bras. Il faut dire que les entrainements militaires avaient du bon, même si Riza n'avait pas pris tant de poids durant sa grossesse, elle faisait tout de même son pesant de cacahuètes.

Ainsi il courut, faisant le chemin inverse emprunté à peine deux minutes plus tôt.

« Un peu de délicatesse, se plaignit Riza alors que Roy venait de la déposer, un peu brusquement, sur le siège passager.

-Désolé, je suis un peu stressé. »

Beaucoup de choses avait changé lors de l'ascension de Grumman au pouvoir, beaucoup de lois avaient été abolies. Les relations entre militaires de la même unité n'était qu'un exemple parmi tant d'autres. Pour autant, ce fut précisément à l'annonce de celle-ci que Roy et Riza décidèrent de sauter le pas. Au début, cela n'importait pas dans leur travail, puis il y'avait eu le mariage. A partir de là tout s'enchaîna très vite. Riza tomba enceinte. N'ayant encore parlé d'avoir des enfants, cette nouvelle les avaient quelque peu déstabilisés. Devaient-t-ils décider que Riza avorte pour le bien de sa carrière, ou bien faudrait-il garder l'enfant.

Leur choix fut vite décidé : Roy avait trente-trois ans et Riza trente-et-un, c'était maintenant ou jamais. Plus tard, ils le savaient, ils n'auraient pas la même patience. Ainsi ils avaient prit la décision de garder l'enfant.

Après dix minutes de route, durant lesquelles Riza commença à avoir ses premières contractions, ils arrivèrent à destination : l'hôpital de Central City.

Reprenant sa femme dans ses bras, il dévala l'entrée pour se diriger à l'accueil afin de savoir quel chemin emprunter pour se rendre au niveau maternité. La jeune femme, deux de tension, à qui Roy demanda dans quelle direction se rendre, prit plus de temps à le regarder qu'à lui répondre et ça l'agaçait. Ne voyait-elle pas, dans ses bras, la jeune femme ayant déjà perdue les eaux, qui en plus de ça, avait des contractions ?

Une fois le chemin indiqué, il suivit les indications qui les rendirent, effectivement, dans le secteur maternité où Riza fut vite prise en charge. Quel soulagement !

Il fallait l'avouer, Roy ne supportait pas de voir Riza dans cet état, même si la cause était un heureux événement. Elle souffrait et ça, Roy ne pouvait le concevoir. Il stressait, plus qu'il tentait de le montrer, se forçant à oublier les « et si » qui ne faisait que l'inquiéter davantage.

L'appel l'avait quelque peu étonné, à vrai dire, l'accouchement avait lieu avant terme. Trois semaines. Vingt-et-un jours. Cinq-cents-quatre heures plus tôt. Il le savait, même si l'hôpital de Central était le plus réputé de la région, il n'avait pas les mêmes métrises en matière médicale qu'à Xing. Les médecins n'étaient que de simples personnes, lambdas, qui pouvaient à tout moment faire des erreurs. Comme tout le monde.

L'attente lui paraissait long, trop long. Il avait peur que de futures complications voient le jour. En comparaison, cela voulait dire que le travail n'était pas bâclé, enfin, il tenta de se rassurer de la sorte.

Le prénom, ils ne l'avaient pas encore choisi, il y en avait eu quelques-uns qui leurs avaient plu mais la conversation était resté en stand-by trois jours plus tôt. S'ils avaient su … Et puis, ils ne savaient même pas s'il s'agissait d'une fille ou d'un garçon, voulant garder la surprise pour le moment venue. Quelle merveilleuse idée…

Tout était prétexte pour angoisser davantage. Riza était parti plus sereine que lui en salle d'accouchement… A croire que c'était lui qui allait accoucher. C'en était d'un ridicule, pensa-t-il de lui-même.

Par ailleurs, les autres personnes présentent dans la pièce le regardait bizarrement, ou plus précisément, dévisagèrent la tenue de ce dernier. Il s'en fichait, la seule chose qui l'importait était la femme, à trois murs de lui, qui donnait la vie à leur enfant.

C'est alors qu'une infirmière s'avança vers lui.

« Vous êtes celui qui accompagnait madame Mustang, questionna ladite infirmière.

-Oui, répondit-il simplement.

-Etes-vous un membre de sa famille ?

-Son conjoint.

-Très bien, suivez-moi. »

La suivant, ils se dirigèrent vers une petite chambre destinée aux patients post-accouchent. Une fois la porte ouverte, il la vit, transpirante et tenant dans ses bras le fruit de leur amour.

« Comprenez, l'accouchement a été éprouvant pour votre compagne, elle s'est assoupie mais vous pouvez rester avec elle et votre fille. »

Une fille, il s'agissait d'une fille ! Eléonor, Maude ou Louise d'après les prénoms qu'ils avaient notés sur un petit cahier, qu'importe, elle était magnifique. Un beau mélange : blondinette aux yeux sombres. Il comprenait mieux Maes maintenant ! Une chose était sûre, elle en ferait des ravage ! Elle ne pourrait qu'être la perfection, elle était la chose issue d'un amour pure et sincère.

C'est alors que Riza s'éveilla, elle paraissait en bonne forme et son sourire eu le mérite de le rassurer. Baissant son regard sur la masse présente sur son ventre, elle dirigea sa main sur la joue de ce petit être. Roy resta éblouis devant le spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Ils avaient fait le bon choix, prit la bonne décision.

« Une fille, constata-t-elle.

-Elle est belle, hein, dit fièrement Roy.

-C'est vrai, conclu Riza avec un grand sourire. »

Roy s'avança près des deux femmes de sa vie, volant un baiser à Riza. Elle y répondit et il se senti aux anges : avec sa famille.

« -Et quel prénom lui donner, questionna Roy.

-J'aime beaucoup Maude et toi ?

-Je t'avoue avoir une légère préférence pour Louise mais Maude, je trouve ça très jolie. Appelons-la comme ça.

-Alors je crois que c'est adjugé vendu pour le prénom Maude. Maude Mustang. »

Les larmes aux yeux, ils s'enlacèrent, profitant de cette étreinte pour évacuer les restes de stresse, pour se calmer et pour montrer l'amour qu'ils se portaient respectivement.

Le lendemain, Riza et la petite Maude purent sortir de l'hôpital pour rebrousser chemin jusqu'à chez eux.

Une fois reposée, la petite famille se dirigea au QG, après tout, tous les hommes de main du général souhaitaient voir l'enfant de ses supérieurs. Arrivant là-bas, les réactions furent diverses et variés : Breda et Falman les félicitèrent, Havoc tentait de trouver à qui la petite ressemblait le plus, Fuery pleurait d'émotion tandis que Black Hayate sautait en aboyant joyeusement dans tous les sens.

Tous les membres de la team Mustang étaient émues, ils s'agissaient des premiers de l'équipe à vivre ça, et le regard de Roy, en direction de sa femme portant leurs fille, en disait long, il l'aimait.

Certes, ceci n'était pas nouveau mais une nouvelle chose brillait dans son regard : l'amour d'un père.


FMA ne m'appartient pas… C'est trop triste…! T﹏T

Bon, j'espère que vous avez aimez lire ce one-shot.

Ça fait un petit moment que je l'ai écrit, normalement, je ne devais pas le publier maintenant mais bon, je n'ai pas pu résister. A chaque fois que j'écrivais quelque chose sur ce site, je le voyais là, tout seul et je n'ai pas pu finalement, il semblerait que ma main à ripée sur "Publier"…

Je me suis vraiment amusée pour l'écrire. Je voulais quelque chose où on voyait Mustang stresser à mort tout en gardant cet aspect mignon et finalement, je crois avoir trouvé le thème idéal.

A très très vite pour une future histoire !