Note de l'auteur : Désolée du temps pour updater cette fic... J'ai beaucoup tardé et ce chapitre m'a pris pas mal de temps...
J'espère que ça vous plaira ! ^^
Impossible d'avaler quoique ce soit ce soir-là. Depuis que Kakashi est sorti inspecter les souterrains, Sakura reste prostrée dans la chambre, les yeux dans le vague. Son esprit carbure à toute allure pour analyser ce qu'il s'est passé ce soir, ainsi que ces derniers jours. Que ressent-elle vraiment pour son ancien professeur ? Et que ressent-il pour elle ?
Tout ça est si perturbant… Est-ce qu'elle s'imagine des choses, ou bien est-ce que Kakashi la regarde différemment ? Il a toujours été plus protecteur avec elle, mais leur relation a changé depuis le début cette mission. Elle le voit. Elle le sent. Elle ne peut pas se tromper, il y a trop de signes.
Mais peut-être qu'elle imagine tout ça. Après tout, Sakura n'a pas une grande expérience en termes de relation amoureuse. Peut-être qu'elle voit ces signes parce qu'elle a envie de les voir. Et d'ailleurs, pourquoi en a-t-elle envie ? Non mais, il est question de Kakashi quand même ! Ils ont plus de 10 ans d'écart et c'est son ancien professeur pour couronner le tout. Tout ça est trop bizarre.
Sakura imagine un instant Ino sortir avec Asuma, s'il était encore de ce monde, et… Évidemment que c'est trop bizarre ! C'est pas normal, pas… normal du tout ! Alors pourquoi ça ne lui semble pas trop choquant de s'imaginer avec Kakashi ? Et pourquoi meurt-elle d'envie de le toucher et de l'embrasser ?
Toutes ces questions lui vrillent la tête. C'est un vrai supplice. Pourquoi ne tombe-t-elle jamais sous le charme d'hommes plus… accessibles, plus comme tout le monde, normaux quoi !
"Oh et puis stop ! Arrête avec ces conneries. L'amour, c'est pas pour toi, tu le sais bien. Ce n'est qu'un puits sans fond, un abîme de désespoir qui t'anéantira. Tu vaux mieux que ça. Tu es avant tout une kunoichi. L'une des plus fortes qu'il soit sur terre. Et là tu as une mission à accomplir. Alors tu te concentres dessus et tu oublies cette espèce d'attirance dont rien de bon ne sortira."
Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle se force à chasser Kakashi de ses pensées et enfermer toutes ses questions dans une vieille malle au fond de son crâne. Terminé de se prendre la tête comme ça. De toute façon, elle n'a pas les réponses. Rien ne sert de tergiverser autant du coup.
Il lui est difficile de penser à la mission sans que le visage du ninja copieur ne lui vienne en mémoire, mais elle réussit à le repousser à chaque fois au loin. Tant d'efforts mentaux l'épuisent vite et elle finit par préférer tout oublier pour rejoindre les bras de Morphé.
Son sommeil est agité et entrecoupé. Sakura sait qu'elle sera épuisée au réveil. C'est désespérant. Soudain, elle entend la fenêtre qui coulisse doucement et se redresse d'un bond.
- Eikichi ?
- Oui, c'est moi.
- Alors, comment ça s'est passé ? Qu'as-tu découvert ?
- On en parlera demain matin, rendors-toi.
Avec une réelle déception, elle l'entend qui installe son sac de couchage par terre. Que croyait-elle ? Qu'il allait la rejoindre dans le seul lit de la pièce ? "Quelle imbécile je suis !"
Tous ses efforts sont vains. Son esprit est à nouveau envahi de tous ces moments qui les ont rapprochés ces derniers jours et qui lui font penser qu'il a peut-être… des sentiments pour elle.
Sakura soupire à sa propre stupidité, puis se penche vers lui et l'observe allongé par terre. Il est déjà endormi et semble si paisible. Son souffle est régulier. Ses cheveux brillent d'un magnifique éclat argenté à la lumière de la lune qui filtre par le rideau. Son regard émeraude s'attarde sur la cicatrice qui lui barre l'œil. Elle a envie de la toucher, de la guérir avec ses baisers. Les minutes s'écoulent et n'épargnent pas la kunoichi qui laisse ses pensées pour Kakashi la submerger complètement. Elle est si faible dans ses bonnes résolutions...
Soudain, un gémissement plaintif se fait entendre. Elle voit Kakashi gigoter et gémir de plus en plus fort. Ses paupières tressautent et il semble perturbé. "Il fait un cauchemar !" Sakura sort de son lit et pose doucement sa main sur l'épaule dénudée du shinobi.
- Kakashi… Réveille-toi.
Il continue sa transe sans entendre sa coéquipière. Elle écarte ses cheveux qui sont collés à son front et l'appelle un peu plus fort.
- S'il te plaît réponds-moi.
Puis, brusquement, il s'assoit en poussant un cri, les yeux écarquillés de terreur. Il halète, en nage, le visage empreint d'effroi. Sans réfléchir aux conséquences, Sakura l'enlace avec douceur et tente de le réconforter de son mieux.
- C'est fini. Ce n'était qu'un cauchemar. Je suis là. Tout va bien, lui dit-elle d'une voix douce en caressant ses cheveux.
Il tremble de tout son être et ça lui brise le cœur.
- Sakura ?
- Oui, je suis là. Ça va passer. Fais-moi confiance.
A son tour, il la serre doucement contre lui et laisse son front reposer sur l'épaule de la jeune femme. Égoïstement, elle apprécie cette étreinte plus qu'elle ne le devrait. Elle sait qu'elle profite de la situation, mais ne peut s'empêcher de savourer la douceur de sa nuque quand elle passe ses doigts dans les cheveux argentés. C'est mal de sa part, mais c'est plus fort qu'elle. Elle doit faire appel à toute sa raison pour se retenir de franchir la limite et déposer ses lèvres sur son visage. Pire que ça, elle doit essayer de se souvenir où est la limite de leur relation !
Au fur et à mesure, la respiration du shinobi revient à la normale et les tremblements de son corps s'amenuisent. Lentement, elle daigne se séparer du corps de son aîné avec regrets. Le pauvre semble chamboulé et triste. Les cauchemars sont fréquents chez les ninjas, elle a aussi son lot. Elle sait ce que c'est que d'être hanté par des corps déchiquetés ou revoir des amis se faire torturer… Ça fait parti du métier.
- Ça va aller ? demande-t-elle gentiment.
Incapable de répondre, il hoche la tête. Elle se lève lui servir un verre d'eau, puis détourne le visage pour lui laisser son intimité pendant qu'il baisse son masque. Ce n'est pas l'envie qui lui manque de le regarder, mais le moment d'assouvir sa curiosité est mal choisi.
- Merci. Je suis désolé de t'avoir réveillée.
- Oh ce n'est rien. Je sais ce que c'est, répond-elle en souriant.
Le shinobi se rallonge par terre les bras derrière la tête et contemple le plafond. Après quelques secondes d'hésitation, Sakura va chercher son oreiller et sa couette.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu crois que je vais tranquillement prendre le lit pendant que tu restes par terre ?
Elle positionne la couette à côté de son compagnon et s'enroule dedans. Elle attrape l'oreiller qu'elle place confortablement, puis reporte son regard vers Kakashi. Il la regarde avec surprise. "Merde, je suis allée trop loin !" se sermonne-t-elle.
- J'ai remarqué qu'on fait moins de cauchemars quand quelqu'un dort juste à côté. Autant que je serve à quelque chose, ajoute-t-elle pour expliquer son geste.
- Tu es très attentionnée à ce que je vois.
Elle rougit en serrant fort ses mâchoires.
- Tu veux m'en parler ? demande-t-elle par curiosité autant que pour détourner l'attention de son geste.
Son sourire s'efface et il secoue la tête en signe de négation. Sakura ne se démonte pas pour autant.
- J'en faisais souvent à la fin de la guerre. Je rêvais que j'étais sur le champ de bataille entourée de milliers de blessés qui hurlaient de douleur. Chaque fois que j'essayais de les soigner… ça ne fonctionnait pas. Mes techniques de médic-nin ne marchaient pas. Je ne pouvais rien faire. Et tous ces cris… ils amplifiaient et me torturaient...
- Et ça t'a aidée d'avoir Sasuke à côté de toi ?
Elle se sent rougir à nouveau.
- Oui, quand il était là je ne faisais jamais de cauchemars. Mais il était rarement présent. Et puis… au bout d'un moment, il a fait parti de mes cauchemars.
- Comment ça ?
- Il a tout de même essayé de me tuer plusieurs fois. Même si je lui ai pardonné… une partie de moi n'oubliait pas. Et comme sa "froideur" avec moi me devenait de plus en plus insupportable, j'ai commencé à faire des cauchemars autour de lui. Je rêvais qu'il me soulevait du sol en enserrant ma gorge d'une main puissante. Je suffoquais, j'avais mal. J'avais beau me débattre, il était trop fort. Et son regard… Ce regard de fou haineux me transperçait. Dans ces rêves, je suis convaincue que je vais mourir. Je sais qu'il va me tuer.
Il la regarde avec tendresse et compassion.
- Comment as-tu pu rester avec lui en faisant ces cauchemars ?
- Pour la même raison que je t'ai déjà expliquée… Cet amour que j'éprouvais pour lui depuis toujours me retenait prisonnière. Une partie de moi voulait fuir, tandis que l'autre se raccrochait à ce qu'il a toujours souhaité. C'est parfois difficile de se séparer d'une vieille habitude. Ça me fait un peu penser à ça.
- Je pensais que tu étais heureuse avec lui. Que le passé était pardonné, voire... oublié. C'était stupide.
- Non pas vraiment. Tout le monde a cru ça. Moi la première…
Elle plonge ses iris dans les yeux sombres de son coéquipier. Elle y lit de la compréhension. C'est tellement rassurant de se sentir comprise. Et elle se sent si bien quand il la regarde.
- C'était Rin, commence-t-il par expliquer. Je fais toujours le même cauchemar depuis que… depuis que je l'ai tuée.
Sakura se souvient que Rin était la coéquipière de Kakashi avec Obito. Elle se souvient de l'histoire de sa mort. Son cœur se serre à cette pensée.
- Dans ces rêves, je revis sa mort encore et encore. Je la transperce avec mon chidori et elle me regarde avec effroi en murmurant mon nom. Ensuite… elle change… elle… crie mon nom avec colère, son ton me condamnant pour cet acte et... c'est à ce moment-là que je me réveille.
Sakura est émue par cette histoire. Elle sait qu'il voulait protéger Rin plus que tout et c'est finalement lui qui l'a achevée, sans le vouloir. Tous ces événements avaient été orchestrés par Madara. Kakashi n'avait été qu'un pion, mais il en gardera toujours la culpabilité. Elle comprend que ce drame est son plus grand traumatisme.
- Je suis désolée que tu aies dû vivre quelque chose d'aussi… atroce.
Il plonge avec douceur ses iris dans les orbes émeraude de sa compagne.
- Moi aussi. Mais le passé est le passé. Il faut faire avec. Allez, rendors-toi maintenant.
Mais la jeune femme aux cheveux rose a bien du mal à trouver le sommeil. Son esprit ne pense qu'à son coéquipier juste à côté d'elle. Elle a de la peine pour les démons auxquels il doit faire face. Elle sait qu'elle ne peut pas l'aider. Elle a juste envie d'être présente pour lui.
Sakura se réveille en première mais sans se sentir reposée pour autant. La nuit a été bien trop agitée pour avoir été réparatrice. Elle grimace en voyant son visage dans le miroir de la salle de bain et file se frictionner sous la douche.
En pénétrant dans la chambre elle découvre la pièce rangée et les rideaux tirés.
- Bonjour Eikichi.
- Bonjour Ran, bien dormi ?
- Bof… Alors, qu'as-tu découvert lors de ta sortie nocturne ?
- Ok, alors déjà c'est un vrai labyrinthe là dessous et certaines galeries menacent de s'effondrer. Mais c'est une bonne nouvelle car j'ai facilement pu repérer là où des renforts ont été posés, ce qui me permet de confirmer que ces souterrains sont bien utilisés. Ça et des traces au sol. Il y a un vrai trafic qui passe par là, c'est certain. Mes recherches ont été interrompues quand je me suis retrouvé face à une large porte en métal. Elle est bien plus récente que la construction de ces galeries, donc elle a été installée pour empêcher les fouineurs. Ne sachant pas ce qui se trouvait derrière, je n'ai pas voulu forcer les serrures. Je suis resté caché à attendre pendant des heures, mais il ne s'est rien passé. Il n'y avait aucune activité ce soir.
- Il faudrait savoir où mène cette porte…
- Ça ne va pas être simple. Il faut que je puisse accéder aux archives de la ville. Bien entendu on ne peut pas officiellement en faire la demande, donc je vais devoir m'infiltrer discrètement.
- Quant à moi, j'ai rendez-vous ce midi avec Vanda. Elle doit me présenter à tout le gratin aujourd'hui. Ce soir, comme prévu, j'irai avec elle à un vernissage que je ne peux pas louper.
Les yeux de Kakashi s'obscurcissent à l'évocation de cette soirée et Sakura affiche une moue déterminée.
- Tu ne me tiendras pas enfermée ici. J'ai un travail à faire et tu n'es pas mon garde du corps.
- Évidemment, glisse-t-il les dents serrées. J'essaierais de t'accompagner au maximum cet après-midi et ce soir, mais je devrais m'esquiver comme hier, à cause de mon henge…
- Euh… non. Tu ne pourras pas venir ce soir. Je suis désolée mais tu n'es que mon assistant. Ce soir, c'est une soirée mondaine… Seules les personnalités sont conviées, termine-t-elle avec une petite moue désolée.
Kakashi réfléchit un moment en scrutant la jeune femme d'un regard sombre, puis il soupire profondément.
- Très bien. Je te suivrai à bonne distance dans ce cas.
Du moment où Kakashi, sous les traits du jeune assistant de Sakura, fait son entrée chez la styliste Vanda Kirié, cette dernière délaisse ses invités pour tourner autour du beau jeune homme. Sakura lève les yeux au ciel et tente de masquer son agacement.
Elle repense à ces pauvres femmes kidnappées. Sont-elles encore à Kumasaki ? Qui les détient ? Comment faire pour débusquer les coupables ? Sakura a l'impression qu'elle fait du surplace et passe plus de temps à jouer un rôle qu'à avancer dans son enquête. Jusqu'à présent, Vanda est la personne la plus influente qu'elle ait pu rencontrer, mais il lui semble complètement improbable qu'elle soit mêlée de près ou de loin à cette affaire. Qu'aurait-elle à y gagner ? "Est-ce que tout ce cirque sert bien à quelque chose ?" s'interroge-t-elle.
Le carillon de la porte d'entrée résonne à nouveau et Vanda se précipite pour accueillir le nouvel invité. Il s'agit d'un quadragénaire élégant et plutôt bel homme qui capte complètement l'attention de toutes les personnes présentes par son charisme naturel.
- Edo te voilà très cher ! Que me vaut le plaisir de ta visite ? Je ne pensais te voir que ce soir au vernissage.
- Ma belle, c'est justement à propos de ce soir que je te rends visite. Figures-toi que le costume que j'avais prévu vient d'être détruit par ma femme de ménage. Il faut que tu me sauves de ce mauvais pas.
- Tu ne pouvais pas plus me faire plaisir ! Je vais de ce pas te chercher quelques costumes dans ma réserve. Je suis sûre que tu vas les adorer !
A peine sortie de la pièce, le fameux Edo reporte son attention sur Sakura. Son regard bleu laiteux dévisage la jeune femme ne laissant nul doute quant à son appréciation. Il s'approche d'elle d'un pas assuré, un sourire ravageur sur les lèvres.
- Veuillez me pardonner pour mon irruption, dans sa hâte de m'apporter son aide, Vanda a oublié de nous présenter. Je suis Edo Chian, conseiller du seigneur sur les questions de l'art et de la culture et mécène à mes heures perdues, déclare-t-il en se vantant sans honte. Et vous êtes ?
- On m'appelle simplement mademoiselle Ran. Je viens d'une bourgade en pleine expansion dans le sud du pays où je détiens une galerie d'art.
- Je suis enchanté de faire votre connaissance mademoiselle Ran, dit-il d'un ton mielleux.
Il se penche vers Sakura et prend délicatement sa main pour y déposer un doux baiser sans la quitter du regard. La jeune femme ne peut se retenir de rougir et un sourire satisfait étire les lèvres d'Edo. Sakura aperçoit du coin de l'œil Kakashi qui se rapproche d'eux. Il semble aux aguets et prêt à bondir en cas de faux pas.
- Et que nous vaut l'honneur de votre… rayonnante présence à Kumasaki, ma très chère Ran ?
- Je suis venue ici pour débusquer quelques nouveaux talents car j'ambitionne de présenter une fabuleuse exposition où toutes les formes d'art se mélangent.
- Ça m'a l'air époustouflant ! Il faut absolument que vous veniez au vernissage que j'organise ce soir dans la galerie d'un ami. J'ai trouvé une perle rare qui excelle dans la capture des émotions humaines.
- Edo ! Ah, regarde un peu ce que j'ai trouvé, tu vas adorer ! s'exclame Vanda qui vient de revenir les bras chargés de costumes.
- Vanda, ma chère, tu dois absolument amener cette charmante créature au vernissage ce soir.
- Mais voyons, c'est déjà prévu comme ça. Je savais que tu allais l'adorer. N'est-elle pas… éblouissante ?
- Oui, tu m'enlèves les mots de la bouche.
Sakura tente de cacher sa gêne. Elle se sent déshabillée du regard comme on disposerait d'une poupée : sans son consentement. Ce sentiment est extrêmement déplaisant, mais Sakura reste imperturbable dans son rôle et feint d'être flattée.
A plusieurs reprises Kakashi intervient pour détourner le prédateur de sa nouvelle proie, mais le conseiller ne lâche pas le morceau et revient sans cesse à la charge. Néanmoins, une fois son costume choisi, il quitte la boutique en se réjouissant de retrouver l'objet de sa convoitise le soir même.
- Comment le trouves-tu, Ran ? Séduisant, n'est-ce pas ?
- Oui euh… Il ne doit laisser personne indifférent assurément.
- En tout cas, il t'adore déjà et si tu sais être maligne… votre collaboration pourrait se révéler très profitable pour toi, susurre-t-elle avec un clin d'œil complice.
Sakura reste bouche bée. A-t-elle bien compris l'allusion de Vanda ? Lui suggère-t-elle vraiment de coucher avec cet homme pour bénéficier de sa notoriété et de ses relations professionnelles ? C'est écœurant…
- Vanda, je ne suis pas sûre… Je ne souhaite pas utiliser de tremplin pour percer dans ce milieu, mais uniquement grâce à mon talent. Et je ne mélange pas travail et plaisir.
- Que tu es vieux jeux ! Crois-moi, tu ne serais pas déçue. Edo a des mains magiques ! Pourquoi s'en priver ?
Sakura rougit et tente de changer de sujet de conversation, mais c'est sans compter sur l'entêtement de Vanda qui revient à la charge.
- Allons Ran, est-ce qu'au moins tu as quelqu'un pour satisfaire tes besoins sexuels en ce moment ? Tu m'as l'air d'avoir bien besoin de jouir.
La jeune femme se sent de plus en plus mal à l'aise. Elle soupçonne même son aînée d'être aussi directe pour le plaisir de la voir rougir.
- Non, je n'ai personne, mais je me consacre à ma carrière. On verra les relations amoureuses plus tard.
- Qui te parle d'amour ? Moi je te parle de sexe, ma chérie ! Une bonne partie de jambes en l'air est idéale pour évacuer le stress et aide aussi à la créativité. C'est essentiel dans nos métiers ma chérie.
- C'est vrai. Mais ne t'inquiète pas, j'ai ce qu'il me faut.
- Oh… tu as donc un sexfriend ?
- Un quoi ?
- Un sexfriend ! Un ami avec qui coucher quand le besoin se fait sentir, quoi. Ne me dit pas que tu n'en as jamais eu !
- Ah… Si bien sûr, mais on n'avait pas mis de mot sur notre relation.
- A la bonne heure ! Tu n'es peut-être pas aussi coincée que prévue au final !
Cette conversation est une véritable torture et Sakura profite de l'excuse d'avoir à se préparer pour le soir pour s'éclipser. A côté d'elle, Kakashi semble préoccupé mais il ne dit rien jusqu'à leur retour à leur chambre d'hôtel.
- Alors Eikichi, que penses-tu de ce Edo Chian ? demande-t-elle en s'affaissant dans un large fauteuil.
- J'en pense qu'on tient là une très belle piste pour notre mission.
- Tout à fait ! Il est puissant, influent et avide de pouvoir. Le mobile pour les kidnappings me semble tout trouvé…
- Oh oui. Aucune femme n'est en sécurité avec lui, ce qui m'inquiète beaucoup pour toi à vrai dire.
Sakura est surprise qu'il n'essaye même pas de cacher ses inquiétudes pour elle. Elle lit dans ses yeux le stress que lui procure de savoir qu'elle sera seule sans lui au vernissage, avec un tel homme. Elle plonge ses prunelles de jade dans le regard sombre du ninja copieur avant de poursuivre :
- Je suis forte Kakashi. Je saurai me défendre.
Il ne répond rien et Sakura sait qu'il est vain d'essayer d'apaiser ses craintes. Il s'inquiète pour elle et aucun des deux n'y peut rien.
- Bon je vais me faire du thé, tu en voudras ? demande-t-elle en se redressant.
- Oui merci.
Elle prépare donc une théière pleine, puis sert deux tasses quand le thé est prêt. Kakashi la remercie et elle s'assoit à côté de lui pour le déguster.
- Alors comme ça tu as eu des… sexfriends ? lui demande-t-il l'air de rien.
Sakura avale de travers la gorgée qu'elle a encore en bouche et manque de s'ébouillanter au passage. Elle tousse un peu puis lui jette un regard profondément choqué.
- Mais pas du tout ! J'ai dit ça pour rentrer dans le jeu de Vanda voyons.
- Arrête, je sais reconnaître quand tu mens Sakura.
- C'est ce que tu crois, mais tu ne me connais pas aussi bien que ça.
- C'est ce que tu aimerais, mais tu te trompes. Alors… Qui est-ce ?
Les joues de la jeune femme rougissent furieusement. Mais qui est cet homme qui se fait passer pour son ancien professeur ? Ça ne lui ressemble pas de poser des questions aussi personnelles.
- Depuis quand es-tu aussi indiscret ? Ce n'est pas ton genre.
- Eh bien, quand tu m'as parlé de ta relation avec Sasuke, tu as également sous-entendu avoir eu d'autres relations, mais j'ai compris que c'était des histoires sans importance. Et là, ta réaction m'a bien confirmé que tu as eu des relations non sérieuses, alors oui, je l'admets, ma curiosité est piquée au vif.
- Toi… curieux ! J'aurais tout vu !
- Tu détournes le sujet jeune fille.
Sakura plisse les yeux. Il a l'air vraiment sérieux. Passé la surprise, une idée fait doucement son chemin. "Très bien Kakashi… On va s'amuser alors". Elle sourit avec malice, puis se lève et fouille dans un placard pour y débusquer une bouteille de saké.
- Ok. Si tu veux savoir, alors on va jouer.
Il arque un sourcil légèrement inquiet de l'attitude de la kunoichi.
- Qu'est-ce que tu sous-entends ?
- Si tu veux savoir des choses aussi indiscrètes, alors tu bois ton verre cul sec. Alors ? Tu veux jouer ? demande-t-elle un grand sourire narquois sur les lèvres.
- Je ne crois pas qu'il soit très malin de boire juste avant une étape aussi cruciale de la mission.
- C'est comme tu voudras, réplique-t-elle en s'emparant à nouveau de la bouteille pour la ranger.
Le message est clair : il ne saura rien d'elle s'il ne rentre pas dans son jeu. Il attrape vivement son poignet pour l'arrêter dans son élan, un large sourire dessiné sous son masque. Elle sait qu'elle a gagné et sert généreusement un verre à son compagnon. Kakashi le prend et fait signe à Sakura de se retourner le temps qu'il baisse son masque, mais celle-ci fait non de la tête avec un sourire encore plus éclatant. Il lève les yeux au ciel et se retourne pour boire son verre, un petit rire cristallin parvenant à ses oreilles.
- Quelle est ta question mon cher ?
- Qui était ce partenaire occasionnel que tu fréquentais ?
- Tu sous-entends que c'est fini avec lui… Qu'en sais-tu ?
- Tu as dit à Vanda que tu n'avais personne en ce moment pour satisfaire tes hum… besoins sexuels.
Entendre Kakashi dire "besoins sexuels" éveille justement l'appétit de la jeune femme et elle sourit en sentant ses joues rougir à nouveau.
- J'ai peut-être menti.
- Je t'ai dit que je savais quand tu mentais, mais bref, j'attends la réponse, fait-il en haussant un sourcil.
- C'est Tokuma Hyûga.
- Un Hyûga ? Ouah… Et je crois que c'est un jounin assez réputé dans le village.
- En effet. Il n'est pas aussi doué que l'était Néji, mais il est bon tout de même. A mon tour… Vous m'avez dit ce même soir que vous aviez eu 2 relations sérieuses : Anko et… qui était la deuxième ?
Kakashi réfléchit un instant avant de faire signe à la kunoichi de boire un verre pour mériter une réponse. Sakura sourit et boit son verre d'un trait sans quitter son compagnon des yeux. Immédiatement, sa gorge s'enflamme au contact du liquide fort en alcool.
- C'était une civile. Une institutrice dans le quartier nord-est. Tu ne dois pas la connaître.
- Sûrement. Pourquoi ça s'est terminé ?
- Non, non… C'est à mon tour de poser une question.
- Oh oh… Te voilà vraiment très curieux, dit-elle en accentuant le "vraiment". Très bien, je suis toute ouïe, dit-elle en servant à nouveau son ancien professeur.
- Pourquoi une telle relation ?
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Pourquoi une relation non sérieuse ? Pourquoi n'êtes-vous pas sorti ensemble au grand jour, si tu préfères ?
- Bois, ordonne-t-elle après un long soupir. Une fois chose faite, elle rassemble ses idées avant de répondre. Eh bien, pour trois raisons. Premièrement, c'était quelques semaines après avoir rompu avec Sasuke. Je ne voulais surtout pas que mes amis l'apprennent. Ça aurait compromis le petit jeu que je menais de faire croire que j'étais effondrée. Deuxièmement, je n'avais plus confiance dans les hommes et encore moins en moi. Je ne voulais surtout pas laisser quelqu'un entrer dans ma vie. Et troisièmement, parce que je n'étais pas amoureuse de lui.
- Alors pourquoi avoir commencé quelque chose avec lui ?
- Il était gentil. C'était agréable d'avoir quelqu'un qui pensait à moi, même de manière occasionnelle. Déjà, ça m'a permis de réapprendre à lâcher prise. De profiter de… de la vie, sans me prendre la tête, conclut-elle en haussant les épaules.
- Je n'aurais pas cru ça de toi dis donc…
- Oh arrête, comme si tu n'avais jamais eu ce type de relation.
- Jamais, répond-il une façade angélique sur son visage.
- Menteur ! s'exclame Sakura en le pointant du doigt.
- Peut-être… reprend-il un petit sourire caché sous son masque. Mais si tu veux savoir, il faudra que tu boives.
- Ah oui ? Et qu'en est-il du "pas plus de deux verres jeune fille !" fait-elle en imitant la voix grave de son camarade.
- Peut-être que j'ai mis de côté mon penchant paternaliste… répond-il en se resservant à boire. Donc ma question est : Est-ce que ça lui allait comme façon de fonctionner à ton Hyûga ?
Sakura sourit et lui fait signe de boire. Kakashi se retourne à nouveau et avale d'un trait le contenu.
- J'attends le moment où tu oublieras de te retourner et où je verrai ton visage en entier, lui dit-elle en plissant les yeux.
- C'est pas demain la veille ma belle, enchérit-il l'air légèrement aguicheur.
"Ma belle ? La vache, il vient de dire ma belle ? Sérieusement ? L'alcool doit vraiment faire son effet, c'est pas possible autrement." Un frisson lui parcourt le dos et elle refoule une furieuse envie de se jeter sur lui pour l'embrasser passionnément. Elle aussi sent l'alcool désinhiber ses sens. Elle a envie de jouer et de titiller ce mâle si sexy.
- Alors ? J'attends la réponse à ma question, relance-t-il en la sortant de sa rêverie.
- Pour Tokuma ? Eh bien, il était content de ne pas avoir à se prendre la tête avec les contraintes d'une petite copine. Du moins, au début… Au fil des mois il est devenu plus irascible. Un jour, j'ai mis les pieds dans le plat et lui ai demandé les raisons de son changement de comportement. Il m'a répondu qu'il voulait qu'on devienne un vrai couple et… je l'ai quitté. Pourtant je l'aimais bien, mais à ce moment-là j'ai eu peur. L'idée de le laisser rentrer dans ma vie m'était insupportable. J'avais l'impression que j'allais perdre le contrôle. Il n'en était pas question.
- Tu es une briseuse de cœur ! lance Kakashi après quelques secondes de silence.
- Quoi ? s'offusque-t-elle.
- Le pauvre garçon est tombé amoureux de toi et tu l'as éjecté comme un malpropre ! clame-t-il en éclatant de rire. T'es une horrible personne Sakura, je suis très choqué !
- Arrête de dire n'importe quoi ! Non mais, trois petits verres de rien du tout et t'es complètement beurré !
- C'est pas vrai, j'ai la pleine maîtrise de mes mouvements. Tu veux voir ?
Sur ces dires, Kakashi se lève et effectue une cabriole parfaite avant de se rasseoir sous les applaudissements de son ancienne élève. Elle rit aux éclats et pose nonchalamment sa main sur son épaule.
- Ok ok, je n'ai rien dit, même si ton comportement prouve que tu n'es pas du tout toi même... Bon, à mon tour. Alors, combien, de temps ça a duré avec ton institutrice ? demande-t-elle en buvant un verre avant même le signal de Kakashi.
- Trois ans et demi.
- Oh la vache ! J'en reviens pas que tu aies réussi à nous cacher ça pendant tout ce temps. Mais pourquoi ça n'a pas marché du coup ?
Un coup d'œil de Kakashi vers la bouteille et Sakura boit un autre verre. L'alcool (et leur petit jeu) lui tournait pas mal la tête à présent. Elle sent qu'il ne faut pas qu'elle aille plus loin. Mais que c'est drôle de voir Kakashi comme ça.
- Qu'est-ce que tu crois ? Nos vies étaient trop différentes. C'est compliqué pour un civil d'être avec un shinobi. On part souvent en mission, on ne peut rien raconter et on peut mourir à chaque instant. Elle m'a posé un ultimatum : soit je me pose et on fonde une famille, soit tout était fini. Tu connais déjà ma réponse.
- Ah ça… dit-elle en se levant. Comme si le grand Kakashi au Sharingan allait troquer son bandeau frontal contre la panoplie du parfait époux et père de famille. Je t'imagine bien préparer des petits plats à une ribambelle d'enfants en attendant que ta femme rentre du travail. Ah ah ah !
Elle se moque de lui en singeant des mimiques plus grotesques les unes que les autres.
- Arrête de dire des bêtises, t'es complètement saoule, dit-il en lui attrapant le poignet pour la faire se rasseoir.
Ce faisant, Sakura retombe lourdement sur le canapé, tout contre lui. Mais la jeune femme continue de taquiner son ancien professeur et s'approche très près de lui en continuant de lui réciter toutes les tâches ingrates qu'il aurait à faire dans la peau d'un homme rangé.
- Et qui te dit que ça ne m'intéresserait pas ? l'interrompt-il.
- Tu l'as dit toi même je te ferais remarquer. Et c'est vrai que ça ne te ressemble pas comme vie.
- Peut-être que je n'ai juste pas trouvé la bonne personne pour me faire aimer cette vie.
Ils se regardent un instant de manière intense. Ses yeux d'onyx la transpercent littéralement et Sakura sent une nuée de papillons s'envoler de son ventre. Est-ce une façon de lui dire qu'il l'attend, elle, pour fonder une famille ?
"N'importe quoi ma fille. Tu prends tes fantasmes pour la réalité. Rien de ce qu'il a dit ou fait ne montre un tel désir chez lui. Arrête de débloquer."
- Tu sais quoi Kakashi ? Je crois qu'on est des cas désespérés l'un comme l'autre, déclare-t-elle en soupirant bruyamment.
- Peut-être en effet. Mais maintenant, il faut qu'on récupère un peu avant de se préparer pour la soirée à venir, déclare-t-il avant de s'affaler plus sur le canapé.
- Ouais.
Et sans y réfléchir à deux fois, Sakura s'étale également en ramenant ses jambes sur le canapé et pose sa tête sur le torse de Kakashi. Elle sait que sans avoir bu, elle n'aurait jamais osé faire ça. Mais pour le moment, elle s'en fiche. Elle avait envie de le toucher et maintenant qu'elle est là, elle ne bougerait pour rien au monde.
Kakashi ne dit rien alors elle ferme les yeux et se laisse bercer par le rythme cardiaque sous sa puissante cage thoracique. Elle inhale profondément son odeur masculine transportée par la chaleur qui se dégage de son corps.
Elle se sent si bien. Elle voudrait que le temps s'arrête.
Note de l'auteur : Les choses se précises entre eux, non ? Je peux vous dire que le prochain chapitre sera plus... croustillant !
Comme d'hab, n'hésitez pas sur les reviews j'adore ça ! :D
