Note de l'auteur : Bonjour à tous et voilà ENFIN la suite de l'histoire ! Je suis sincèrement désolée du temps passé depuis la dernière update. J'étais bloquée sur une partie de l'histoire que je n'arrivais pas à avancer. Et puis j'avoue avoir passé beaucoup de temps à lire des fanfics qu'à écrire...

J'espère que ce chapitre va vous plaire. Il a au moins le mérite (ou pas) d'être plus long que les autres.

Switchkey : abandonner cette fic ? Jamais ! J'ai toute la trame à présent, y'a plus qu'à rédiger proprement. J'espère que ça te plaira.

memelyne : merci beaucoup pour ta review. Ils sont mignons tout plein, j'adore ce couple !

Guest : euhhh oups ! J'ai énormément tardé pour cette suite, j'espère faire mieux pour le reste :p

lili7100 : merci beaucoup pour ta review ! Enjoy !

Bonne lecture à tous !


Sakura marche en direction de la galerie où se trouve le fameux vernissage réunissant tout le gratin de Kumasaki. Elle porte une robe bustier assez extravagante, mettant parfaitement en valeur sa menue poitrine et sa taille fine. Il ne faut pas qu'elle passe inaperçu et même si ça la dégoûte, elle doit particulièrement accaparer l'attention d'Edo Chian, le principal suspect de leur enquête.

Kakashi est à ses côtés sous l'apparence de son assistant, la mine renfrognée. Il n'aime pas l'idée de la laisser seule avec ces gens et surtout, avec leur principal suspect. Il ne pourra pas être avec elle pour la protéger en cas de problème. Il a au moins insisté pour l'accompagner sur le trajet, même s'il ne peut pas participer à la réception. Ça lui permet de repérer les lieux et les environs.

Avant de tourner au dernier angle qui mène jusqu'à la luxueuse galerie, il stoppe net et attrape son poignet en lui faisant face. Son regard noir est si intense qu'elle en a le souffle coupé.

_Ran, je veux que tu sois extrêmement prudente. Fais bien attention à tout et à tout le monde. L'objectif de ce soir est de récolter des informations sur ce Edo Chian pour voir s'il a bien un lien avec ces enlèvements. Je te surveillerai de loin, autant que je le pourrais... mais je ne pourrai pas intervenir là bas.

_ Ne t'inquiète pas Kakashi, je serai particulièrement sur mes gardes, répond-elle le souffle court sous son regard perçant.

Il est si proche d'elle qu'elle sent son souffle chaud sur son visage. La pression sur son poignet se raffermit légèrement tandis qu'il la regarde sans sourciller durant de longues secondes. Comment arrive-t-il à la rendre si fébrile d'un seul regard ? Même si ce visage n'est pas le sien, son regard est identique et Sakura ne peut nier l'effet que son compagnon produit sur elle.

La jeune femme couvre la main ferme de Kakashi de la sienne dans un geste amical. La douceur de la peau sous ses doigts la surprend quelque peu. Sakura a plutôt l'habitude de voir des mains calleuses et des peaux abîmées chez les shinobis. Mais Kakashi ne semble pas soumis aux mêmes lois de la nature que ses compères.

L'espace d'un instant, la jeune femme a bien failli perdre le contrôle pour laisser sa main caresser la sienne. C'est si tentant… Ça semble si normal. Mais Sakura sait que ça ne l'est pas. Elle reprend le dessus et se concentre sur le message qu'elle veut lui transmettre. Il faut le rassurer et lui montrer qu'elle sera à la hauteur.

Alors, elle se penche légèrement vers son aîné et murmure sans le quitter des yeux.

_ Je ne me mettrai pas en danger et je serai attentive à tous les détails. Je te le promets, Eikichi.

Quelques secondes passent, sans réaction de la part de son coéquipier, le regard toujours verrouillé sur elle. Finalement, il hoche la tête, le visage toujours grave, avant de lâcher son poignet et disparaître dans la nuit tombante.

Sakura prend une minute pour respirer profondément avant de reprendre la route. Elle se sent si faible quand Kakashi est aussi proche d'elle. A peine une heure auparavant, elle s'était réveillée sur son torse étroitement entrelacée avec lui dans le canapé. Son ventre s'était liquéfié à cette constatation et sa bouche asséchée. Elle avait même eu le culot de rester quelques minutes de plus dans cette position pour respirer son parfum si envoûtant.

Rien qu'à l'évocation de ce souvenir, Sakura sent ses jambes se transformer en coton. Comment se fait-il qu'il provoque de telles réactions chez elle ? A partir de quel moment son ancien professeur s'est-il changé en ce séduisant shinobi dont la simple vue la fait défaillir ?

Elle secoue vivement sa tête et se sermonne quant à son manque de concentration. Oui, elle doit se poser de sérieuses questions quant à ses sentiments pour Kakashi, mais ce n'est pas le bon moment. La mission passe en premier, des vies sont en jeu. De plus, elle a promis à Kakashi d'être particulièrement prudente, ce n'est pas pour avoir la tête occupée par des considérations sentimentales. Il faut qu'elle soit entièrement concentrée sur la mission et sur cette soirée importante. Elle doit être parfaite ce soir et sortir le grand jeu.

A l'entrée de la galerie, deux hommes lui demandent son invitation. Sakura leur répond qu'elle n'en a pas, mais que son nom figure sur la liste. Après une brève recherche, ils lui confirment sa présence et l'invitent à déposer ses affaires au vestiaire.

D'un coup d'œil, Sakura scanne les invités déjà présents dans la galerie. Tous se sont mis sur leur 31 et elle se félicite du choix de sa robe qui rayonne particulièrement. Elle se saisit d'une flûte de champagne sur le plateau d'un serveur et entre dans la fosse aux lions. Que le jeu commence !

Sakura se glisse si parfaitement dans son rôle qu'elle s'étonne elle même. C'est comme une seconde peau. Il est vrai qu'elle a toujours été intéressée par l'art, mais sans jamais soupçonner avoir un œil expert. Elle se mêle aux conversations et donne son avis éclairé.

Elle repère rapidement sa cible, le maître de cérémonie, Edo Chian, mais l'ignore complètement. Elle sent le regard vicelard du mécène la suivre et la déshabiller comme une poupée.

"Très bien sale pervers… J'vais t'en donner plein la vue !"

Sakura se fait plus féline dans ses mouvements. Elle creuse ses hanches et transfère nonchalamment son poids d'une jambe sur l'autre avec grâce. Après moins de dix minutes de spectacle, Edo se glisse derrière la belle et frôle son épaule d'une main.

_ Ravi de vous voir illuminer cette soirée, très chère Ran.

_ Monsieur Chian, je vous remercie de m'avoir invitée. Les toiles sont splendides. Cet artiste a assurément beaucoup de talent.

_ Vous aimez ? J'en suis enchanté. Laquelle remporte votre préférence ?

_ Le choix est très compliqué… Clairement la toile qui remporte le plus de succès est celle de la petite fille qui joue dans la flaque d'eau, les reflets sont magnifiques et d'un grand réalisme, mais… moi je pense que celle qui me fait le plus vibrer est le visage du vieillard dont le regard vide est à la fois perturbant et très beau. Là encore l'artiste a joué sur les reflets mais les détails des iris et la finesse des cils sont à couper le souffle.

_ Ohhhh vous avez l'œil ! C'est également mon préféré. Son coup de pinceau prend une dimension bien plus puissante à travers les ondulations de cette peau ridée et marquée par les années.

_ Oui son travail est impressionnant, j'en suis hypnotisée !

_ Ran, venez avec moi, je voudrais vous présenter à l'artiste personnellement, déclare-t-il en posant une main dans le creux du dos de la kunoichi pour la guider entre les invités.

Sakura se mord l'intérieur de la joue à plusieurs reprises pour s'empêcher de cogner ce pervers aux mains baladeuses. C'est clair que ce type est accro aux femmes et certainement accro au sexe. Est-ce vraiment lui qui kidnappe les jolies filles du pays ? Est-il en train de se constituer un harem privé ? Et que leur fait-il subir ?

Encore une fois, les doigts du mécène effleurent l'épaule dénudée de Sakura. Celle-ci force un sourire sur son visage. Elle doit entrer dans les bonnes grâces de cet homme pour obtenir de lui les informations nécessaires à la mission. Pour cela, son charme naturel et surtout l'alcool sont ses alliés de choix.

_ Alors M. Chian…

_ Je vous en prie, appelez-moi Edo, l'interrompt-il en caressant subtilement son épaule.

_ Très bien Edo, minaude-t-elle. Vous m'avez l'air d'un homme extrêmement occupé dans cette glorieuse ville où l'art est souverain. Comment trouvez-vous le temps de vous reposer ?

_ Je ne le trouve pas ! Mais vous savez, quand on aime son métier autant que moi, ce n'est plus vraiment du travail. Surtout que le seigneur est un ami proche qui me tient en grande estime. J'ai carte blanche pour mener à bien tous les projets qui me sont chers.

" Un type comme lui doit forcément magouiller, même s'il n'est pas lié à cette affaire. Jusqu'à quel point le seigneur l'appuie-t-il ? "

_ Alors tout votre temps est uniquement au service de la ville ? Oh… vous n'allez pas me faire croire que vous êtes si… pieux ! Que me cachez-vous ? Demande-t-elle mimant un air faussement soupçonneux. Qui est donc le véritable Edo ?

_ Ah ça, très chère… commence-t-il en se rapprochant de Sakura. Cette facette est réservée à mes amis… intimes.

Son regard langoureux se balade sur la physionomie de la belle Kunoichi, ne laissant aucun doute sur le sous-entendu à comprendre. Sakura se demande si elle a raison de continuer sur cette voie. Jusqu'où est-elle prête à aller pour obtenir les informations désirées ? Si au moins elle avait plus d'éléments…

Sakura allait répondre à son interlocuteur quand l'extravagante Vanda fait son entrée dans leur cercle pour accaparer l'attention d'Edo. La jeune femme les observe silencieusement. La styliste ne rechigne sur aucune courbette ni compliment pour amadouer le conseiller du seigneur.

_ Ah ça, dès que Vanda entre dans la place, rien ni personne ne peut plus briller. Elle me fait l'effet d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Mais, un élégant pachyderme bien sûr !

Sakura pouffe de rire à la remarque qu'on vient de lui adresser discrètement. Elle se tourne vers l'auteur de la remarque, un homme d'une cinquantaine d'année, un peu bedonnant avec un sourire franc. Une bonne impression se dégage de lui et elle se rend compte que c'est l'une des seules personnes ici à ne pas se draper dans un rôle de bourgeois grotesque.

_ Comme vous y allez… Vanda est adorable, même si je dois admettre que c'est un sacré personnage !

_ Vous maniez très bien la diplomatie à ce que je vois ! Allons, personne ne nous entend, vous pouvez être honnête avec moi.

_ Je suis très sérieuse monsieur. Elle m'a beaucoup aidée, alors qu'elle me connaît à peine. Peu de personnes ont cette qualité.

_ Attention mademoiselle, rien n'est gratuit et surtout pas dans cette ville.

_ Je suis mademoiselle Ran, se présente-t-elle après quelques secondes de réflexion. A qui ai-je l'honneur ?

_ Miro Sanaka, je suis le propriétaire du théâtre de Kumasaki. J'avoue avoir une passion pour le type de peintures comme celles exposées ce soir. Je pense que je vais acquérir une ou deux toiles pour agrémenter mon théâtre. Et vous ? Quelle est votre activité ?

_ J'ai moi-même une galerie d'art dans le sud du pays du feu. Je suis venue à Kumasaki pour... l'inspiration ! J'ai un projet d'exposition et j'ai besoin de trouver de quoi surprendre et sublimer mon public.

_ C'est très intéressant. Cela semble être assez ambitieux. Et je comprends pourquoi vous vous intéressez à ce lourdaud d'Edo maintenant.

La surprise se lit sur les traits de la jeune femme ce qui fait sourire le vieil homme.

_ Ne faites pas cette tête-là. Je connais bien l'influence qu'a Edo dans ce milieu et je l'apprécie beaucoup, seulement… on peut bien admettre qu'il fanfaronne un peu trop et que c'est un vrai requin avec la gente féminine. Mais, je suis persuadé que vous l'aviez déjà compris.

Sakura ne peut réprimer un sourire qu'elle tente de masquer en buvant une gorgée de champagne.

_ Et vous alors ? N'êtes-vous pas ébloui par sa lumière ?

_ Aucunement car je n'en ai pas besoin. Je fais parti de ces personnes qui savent se contenter de ce qu'ils ont déjà. Mon théâtre m'apporte la stabilité financière et l'éveil artistique dont j'ai besoin. Je n'ai rien d'autre à demander à la vie.

_ Vous êtes un homme chanceux alors, déclare-t-elle en trinquant avec lui.

_ Je le pense. Si cela vous intéresse, la pièce qui se joue en ce moment dans mon théâtre aborde justement les thèmes de la cupidité, du risque de vouloir toujours plus et ne pas se satisfaire de ce que l'on a déjà. Si cela vous tente, je me ferais une joie de vous accueillir un prochain soir.

_ Merci beaucoup, ça a l'air très intéressant en effet.

Le reste de la soirée se passe sans événement notable. Sakura réussit à retrouver l'attention d'Edo mais en subissant les attouchements répétés de ce sale type sans rien apprendre de plus. Vanda l'accapare également un moment pour la présenter à d'autres personnes très intéressantes mais sans intérêt pour son enquête.

La jeune femme repart avec les derniers invités, un peu dépitée de ne rien avoir d'intéressant à raconter à Kakashi. Encore une perte de temps et la voilà qui culpabilise. Plus le temps passe et les chances de retrouver les disparues s'effilochent. Heureusement que Kakashi n'est pas là, elle redoute un peu de devoir lui faire face avec rien.

Soudain, elle sent qu'elle est suivie. Ce n'est pas Kakashi, ni même de simples passants. Non, son instinct lui crie qu'elle doit se tenir prête à se défendre. S'il s'agit de simples voleurs, alors ils vont regretter leur choix de victime pour ce soir.

Tous ses sens sont en éveil. Kakashi aurait dû la rejoindre ou devrait la suivre à distance, mais elle ne sent pas sa présence. Elle tourne brusquement dans une rue pour tenter de dissuader les potentiels agresseurs. Mais ceux-ci sont tenaces. Il est clair qu'elle va devoir les affronter, car il lui est impossible de fuir dans cette tenue de soirée. A présent, il lui faut décider elle-même du lieu de l'agression pour pouvoir se défendre. Elle s'engage sciemment dans une ruelle sombre et étroite. De là, il n'y aura pas de victime collatérale, ni de témoin de ses aptitudes.

Deux hommes apparaissent immédiatement pour lui barrer toute retraite, un sourire malsain sur leur visage. Sakura joue la jeune fille apeurée.

_ Tu t'es perdue ma jolie ?

_ Qu'est-ce que vous me voulez ? Demande-t-elle la voix chevrotante.

Sakura recule dans l'allée pour que personne ne les voit, en levant ses mains en protection devant son visage. Elle analyse les capacités de combat des deux hommes et ne se sent aucunement en danger. Mais à ce moment-là, une main se pose sur sa tête et… immédiatement, Sakura sent son corps l'abandonner.

Une foule de questions se bousculent dans son esprit alors qu'elle perd le contrôle de son corps. Ses bras se baissent sans qu'elle ne puisse réagir et ses jambes s'immobilisent. Elle est comme paralysée ! Elle n'arrive à effectuer aucun mouvement. Qui est cette personne derrière elle qu'elle n'avait pas senti ? Comment arrive-t-elle à la réduire à l'état de poupée d'une main ? Elle ne peut même pas tourner la tête pour la regarder.

Les deux autres hommes qui lui font face jubilent de la voir à leur merci. Ils s'approchent d'elle en ricanant.

_ Celle-là c'est une vraie beauté. Le maître a bien choisi.

_ Et si on s'amusait un peu avec elle avant ?

_ Hors de question, répond celui qui est derrière elle.

"C'est donc un homme" conclut-elle au son de sa voix.

_ Sérieux mec ! On se tape tout le sale boulot, on peut bien jouer un peu avec celle-là !

_ Le maître serait fâché d'apprendre ça.

_ Allez ! Il n'en saura rien ! On ne laissera aucune marque et on la nettoiera après.

Cette dernière phrase soulève le cœur de Sakura qui sent la nausée l'envahir. Que veulent faire ces porcs avec elle ?!

Un soupir exaspéré se fait entendre de l'homme derrière elle.

_ D'accord, mais pas longtemps alors et vous me la ramenez intacte, répond la personne derrière Sakura d'une voix glaciale.

Les deux autres crient de joie et s'avancent vers Sakura l'air carnassier.

_ Tu n'en veux pas un morceau ?

_ Baiser des poupées de chiffon ne m'a jamais fait kiffer, conclut-il sans considération pour sa prisonnière.

_ C'est con parce qu'avec ton don, tu pourrais te faire plaisir tous les soirs !

La peur envahit instantanément Sakura. Ils veulent la violer. Disposer de son corps comme bon leur semble, comme si elle n'existait pas. Comme si elle n'était pas un être humain. Elle panique. Elle veut hurler et courir et les frapper, mais son corps n'esquisse pas le moindre mouvement.

La main étrangère quitte son crâne et Sakura entend des pas s'éloigner. Avec horreur, la kunoichi constate qu'elle ne retrouve pas le contrôle de ses membres pour autant. Pourtant elle est certaine que c'était cette main qui lui retirait le contrôle de ses mouvements.

La voilà à présent prisonnière de son propre corps. Alors qu'elle est sur le point d'être agressée, c'est vraiment la pire sensation qu'elle ait jamais vécue. L'un des types, qui semble être le leader des deux prédateurs, s'approche d'elle et l'enserre à la taille. Il la toise de toute sa hauteur en se léchant les lèvres.

_ On va bien s'amuser ma belle. Tu vas voir, tu vas adorer… Déclare-t-il en ricanant.

Sans finesse, il commence à balader ses mains sur son corps inanimé. Il lui attrape les cheveux, tire sa tête sur le côté et lèche son cou ainsi offert. Une main descend et lui palpe les fesses avant de s'efforcer de remonter le tissu de sa jupe.

La kunoichi a envie de vomir. Ça ne peut pas être vrai. Elle ne peut pas juste être un pantin, un vulgaire jouet pour ses rebuts de l'humanité ?! A quoi ça sert d'avoir une force phénoménale si elle n'est pas libre de ses mouvements ? Ce n'est pas juste ! Des larmes roulent sur ses joues. C'est la seule marque de sa détresse car même son visage reste impassible et froid.

Son agresseur lui embrasse goulûment le cou et descend sur son buste. Il cherche à toucher sa poitrine et glisse la main dans le bustier de la robe de Sakura. La jeune femme veut hurler mais est incapable de bouger ses lèvres ou faire fonctionner ses cordes vocales. Il empoigne les seins de sa victime avec force et gémit en frottant la bosse de son pantalon contre la cuisse impassible de Sakura.

L'autre main se trouve sur sa cuisse nue, après avoir complètement relevé sa jupe. Il malaxe la peau tendre de Sakura et remonte pour empoigner sa fesse.

_ Elle a un corps à tomber ! Oh putain, on va s'éclater avec elle.

_ Ouais bah dépêche-toi, j'ai pas baisé depuis des mois, ajoute le second qui sort son sexe bandé de son pantalon en commençant à la caresser.

C'est à vomir. Un vrai cauchemar. Ses larmes inondent ses joues et lui brouillent la vue. Tant mieux, autant ne pas voir leurs yeux luisants d'envie et leurs sourires carnassiers. Comment le monde peut créer des monstres pareil ? C'est incompréhensible. Comment des hommes peuvent trouver du plaisir à... ça ?!

Ses considérations personnelles ne touchent pas le moins du monde ses agresseurs qui la palpent et lèche sa peau avec avidité. Peu importe qu'elle soit consentante ou non, ils feront ce qu'ils voudront d'elle. Elle n'est même plus un être humain pour eux, elle le voit dans leurs expressions.

La main sur sa fesse glisse sous sa petite culotte et se fraye doucement un chemin vers son sexe. Tout son être essaye de se libérer de leurs étreintes, mais sans succès. Elle n'est que le témoin impuissant de son agonie.

_ Chidori !

Soudain de puissants éclairs jaillissent de la poitrine de l'homme le plus en retrait, la queue à la main. Son visage se tord de douleur et il s'affaisse brutalement, le corps secoué de spasmes nerveux.

"Kakashi…"

Son cœur s'emballe dans sa poitrine. Il est là. Elle est sauvée. Un puissant sentiment de soulagement s'empare d'elle.

L'homme restant s'exclame à la vue de l'anbu au masque de loup. Immédiatement, il se place derrière Sakura et la menace d'un poignard sous la gorge. Sakura sent la lame froide contre sa gorge, mais elle sait que Kakashi ne le laissera pas faire.

Le shinobi avance sans ciller vers sa coéquipière. Tout son corps est sous tension. Sa posture fait penser à un animal, un prédateur qui va bondir d'un instant à l'autre. Est-ce qu'il la regarde elle ou bien l'autre homme, se demande-t-elle.

_ N'approche pas ou j'la bute ! Hurle l'homme qui menace Sakura en remontant un peu plus le poignard sous le cou délicat.

_ Tu vas mourir ce soir, lui répond l'anbu d'une voix à glacer le sang.

_ T'es pas en position de menacer, connard !

En une fraction de seconde, le loup aux cheveux argentés disparaît de la vue de Sakura. Elle entend seulement un bruit sourd derrière elle, suivit d'un cri. Le poignard tombe à terre, elle peut enfin respirer. Mais c'est tout pour les bonnes nouvelles, car son corps est toujours paralysé. Debout, pétrifiée, elle ne voit plus ni Kakashi ni son agresseur. Mais rapidement, elle entend des cris. Kakashi est en train de faire payer cher la mauvaise fortune de son violeur.

_ Pourquoi l'avez-vous attaquée ? Gronde Kakashi de sa voix menaçante.

_ J'te dirai rien, sale con ! Ahhhh ! Arrête putain !

_ Pourquoi l'avez-vous attaquée ?! Demande-t-il à nouveau.

Pas de réponse du prisonnier. Mais peu après, Sakura entend une longue plainte qui s'échappe d'une bouche fermée.

_ Arrête ! J'peux rien dire. Tu pourras rien contre eux de toute façon !

_ Qui ça ?

_ Ahhhhhhhhhh ! Mais j'en sais rien, putain !

_ Dis-moi ce que tu sais alors !

_ Ok… ok ! Arrête et j'te dis tout ce que je sais.

_ Dépêche-toi, je perds patience.

_ Ok… calme-toi. Je ne connais que Shôta. C'est lui l'homme de main du maître.

_ C'est qui ce maître ?

_ Je ne sais pas. Je ne l'ai jamais vu en personne, mais il a le bras long, c'est certain. Shôta… il nous désigne une fille et on l'aide à l'enlever.

_ Pourquoi l'avoir désignée, elle ?

_ Mais j'en sais rien moi ! Je ne sais même pas ce qu'ils en font après. D'habitude, on les prend ailleurs, mais là, Shôta est venu nous chercher dans la soirée. Il nous a dit qu'on devait agir ce soir.

_ Où est-ce que vous les livrez ?

_ On laisse Shôta avec la fille dans les souterrains. Il y a une entrée secrète là-dedans.

Un blanc. Le silence perdure un moment.

_ Rends-lui sa liberté de mouvement. Maintenant !

_ J'peux pas faire ça. Ahhhhh ! Mais arrête putain ! Je ne PEUX pas ! Chui pas un putain de ninja moi !

_ Raconte-moi tout ce que tu sais sur ce Shôta et cette technique.

_ Stop ! Stop ! J'vais te le dire, c'est bon. Tout ce que je sais, c'est qu'il peut les transformer en poupée d'un simple touché. Là, elle est consciente mais ne peut rien faire.

_ Il est où ce Shôta ?

_ Il est retourné au repaire.

_ Comment on la libère de ce jutsu ?

_ Je ne sais pas. J'y comprends rien à son truc.

_ T'as pas intérêt à me mentir… Siffle-t-il entre ses dents.

_ S'il te plaît… laisse-moi partir. Je t'ai dit tout ce que je savais. Pitié…

Sakura n'entend pas de réponse. Que fait Kakashi ? Son cerveau est en ébullition. Ils ont appris de nombreuses informations et la jeune femme se réjouit que son calvaire n'ait pas été vain.

_ Qu'étais-tu en train de lui faire ? Hein ?

_ Pitié… Répond l'homme en pleurant.

_ Tu allais profiter de son état pour assouvir tes pulsions immondes, n'est-ce pas ?

_ J't'en prie… J'ai rien fait. J'l'ai pas touchée. Je l'aurais pas fait, j'te jure !

_ Menteur… Les types comme toi ne devraient pas avoir le droit de vivre, chuchote-t-il d'une voix caverneuse.

_ Non ! J't'en prie ! AHHHHHH !

Le cri empli d'effroi transperce Sakura. Un bruit morbide s'échappe de sa gorge, mélange de gargouillis de sang et de gémissement plaintif. Une seconde plus tard, la jeune femme s'effondre au sol. Elle a enfin retrouvé sa mobilité, mais elle tremble comme une feuille et se sent aussi faible qu'un nouveau né. Le soulagement et le traumatisme de ce qu'elle vient de vivre la font fondre en larmes et sa gorge laisse à présent passer des sanglots incontrôlables.

_ Ran, est-ce que ça va ? Demande Kakashi en se précipitant sur elle.

En état de choc, elle est incapable de parler. Les bras de Kakashi autour d'elle sont comme un promontoire qui l'aide à émerger. Elle s'accroche désespérément au plastron de sa tenue d'anbu et pleure contre son torse. Doucement, Kakashi la serre un peu plus encore contre lui. Il caresse sa tête pour tenter de l'apaiser, mais elle chasse violemment sa main. Elle ne peut pas lui expliquer son geste, mais elle ne veut plus jamais sentir une main sur son crâne. Pas après ce qu'elle vient de vivre.

_ Ce n'est que moi, Ran. Tout va bien se passer maintenant, je te ramène.

Kakashi crée rapidement un clone et lui ordonne de s'occuper des deux corps. Ensuite, avec beaucoup de précautions, il passe un bras sous les genoux de la jeune femme et l'autre en soutien au niveau de son dos pour la porter comme on s'occuperait d'un enfant. Par instinct et pour se réfugier dans cette masse de muscles rassurante, Sakura passe ses bras autour de son cou et le serre aussi fort qu'elle le peut. L'instant d'après, ils décollent du sol et sautent de toit et toit.

Dans sa tête se pressent les images terrifiantes de ce qu'elle vient de vivre avec la peur tétanisante de ne rien pouvoir faire. Elle se sent faible et inutile. Elle se retrouve à nouveau dans le corps de cette gamine incapable de se battre et qui a besoin qu'on vienne à sa rescousse. Ses mains tremblent. Toutes ces années d'entraînement n'ont servies à rien. Quel est l'intérêt de continuer ainsi ? Elle n'est qu'une gêne pour Kakashi. Elle ne lui sert à rien. Cette réalisation l'effraie encore plus et ses pleurs redoublent d'intensité.

_ Hé ! Tu vas t'apitoyer sur ton sort encore longtemps ?

Quelle est cette voix ?

_ Tu m'as déjà oubliée ? Ce n'est pas parce que je ne te parle plus que j'ai disparu.

_ Qu'est-ce que c'est que ça ?

_ Allez, arrête de chialer et reprends-toi. Tu n'as pas le droit de t'effondrer.

Sa voix intérieure… Elle qui était tellement présente quand elle était enfant, elle a fini par complètement disparaître en grandissant, comme un ami imaginaire.

_ Je ne suis pas un putain d'ami imaginaire ! S'indigne son fort intérieur.

_ Qu'est-ce que tu fais-là ? Pourquoi es-tu revenue ?

_ Pas très perspicace… répond-elle, moqueuse. Parce que tu as besoin de moi, voilà pourquoi. Un échec et tu baisses les bras ? Tu es minable !

Sa fierté en prend un coup.

_ C'est pas toi qui a failli te faire violer sans pouvoir rien y faire.

_ En effet, enfin… Quelque part, si c'est moi aussi. Bref, peu importe combien ça a été traumatisant, t'as pas le droit de laisser tomber. T'as pas le droit de montrer tes faiblesses. Non mais regarde-toi en train de pleurer dans les bras de Kakashi ! T'as pas honte ? Qu'est-ce qu'il doit penser de toi, hein ?

_ J'm'en fiche, j'ai le droit de craquer !

_ Non, t'as pas le droit ! T'es une kunoichi de Konoha. Tu es l'apprentie de Tsunade, la cinquième Hokage. Tu as combattu Kaguya avec l'équipe 7. Tu es l'une des meilleures médecin ninja du MONDE et l'une des kunoichis les plus accomplies, alors non, tu n'as pas le droit de t'effondrer ! Et non tu ne t'en fiches pas de ce que pense Kakashi de toi, pas la peine de me mentir.

_ …

_ Maintenant écoutes-moi bien. Tu vas arrêter de pleurer et de trembler comme une enfant. Tu vas relever la tête et affronter tout ça comme la femme forte que tu es. Particulièrement devant Kakashi, tu vas lui montrer que tu vaux plus que ça.

Les paroles de son fort intérieur diffusent en elle une force dont elle manquait cruellement. Elle se sent prête à affronter le monde et à faire face à son ancien professeur. Elle relève la tête et voit Kakashi relever la fenêtre de leur chambre d'hôtel pour la faire pénétrer à l'intérieur. Combien de temps a duré le trajet du retour ? Ça peut être 10 minutes ou 1 heure, le temps ne s'est pas écoulé de la même manière pour elle.

Sakura s'est reconstitué une expression neutre et fait face à Kakashi la tête haute, comme l'avait ordonné son fort intérieur. Il la regarde avec douceur et compassion. Il veut la ménager. "Parce que je suis faible" pense-t-elle amèrement.

_ Comment tu te sens, Ran ? Demande-t-il en glissant son vrai prénom à nouveau.

_ Beaucoup mieux, merci. C'était un peu… compliqué à vivre, mais ça va mieux maintenant.

_ Tu en es sûre ? Insiste-t-il en lui frôlant le bras.

_ Oui je t'assure, répond-elle en le fixant des yeux sans ciller.

_ Bien. Est-ce que tu peux me raconter en détail ce qu'il s'est passé ? Si tu préfères, ça peut attendre demain...

_ Non, je peux le faire maintenant. Déjà la soirée… J'ai passé du temps avec Edo mais n'ai rien appris de compromettant à son égard, ni rien pour le relier aux kidnappings. J'ai fait complètement chou blanc.

Elle baisse les yeux à l'évocation de son inutilité complète, mais serre les dents et continue.

_ En repartant, je me suis sentie suivie alors j'ai changé mon trajet pour éviter de laisser des témoins le temps de me débarrasser d'eux. Malheureusement, ça n'a pas marché comme prévu.

Elle doit faire appel à toute sa force pour ne pas se laisser submerger par la peur qu'elle a ressentie. Elle s'assoit sur le bord du lit et retire ses jolies chaussures à talons afin d'occuper son esprit à une tâche commune. Kakashi s'assoit à côté d'elle, sans se mettre trop près. Sakura inspire profondément et reprend son récit.

_ Je me suis enfoncée dans une allée sombre, puis me suis retournée pour faire face aux deux hommes que tu as vu. J'ai vite compris qu'il ne s'agissait pas de simples voleurs. Néanmoins, ils ne semblaient pas forts et j'allais leur régler leur compte vite fait… Mais je n'ai pas pu car un troisième homme dont je n'avais pas senti la présence… Sakura serre ses mâchoires au souvenir de son erreur. Il m'a touché et j'ai immédiatement perdu le contrôle complet de mon corps. Je ne pouvais plus bouger. Plus rien.

Kakashi soupire et fronce les sourcils. Sakura se sent vraiment minable. Elle aurait dû sentir la présence de cet homme et tout se serait bien passé. Elle était en situation de danger, elle aurait être plus prudente. Kakashi n'a pas arrêté de lui demander de faire attention, mais non… il a fallu qu'elle se fasse avoir comme une débutante.

_ Écoute… Je suis désolée. J'ai merdé, c'est vrai, dit-elle en évitant son regard, le rouge lui montant aux joues. Tu m'avais pourtant dit de faire attention et je t'avais promis de le faire... Je sais que j'ai été nulle… S'il te plaît… S'il te plaît… Redonnes-moi une chance.

Elle est rouge de honte. De toutes les personnes qu'elle veut impressionner, Kakashi fait parti de la tête de liste. Elle a tellement d'estime pour lui…

_ Qu'est-ce que tu racontes ? Tu n'as pas merdé, c'est moi qui n'étais pas là. J'aurais dû être là quand tu sortais mais, j'ai choisi de suivre un autre invité qui me semblait louche. J'ai mis du temps à te retrouver.

Elle relève brusquement la tête et plonge ses yeux dans l'onyx des siens. Une flamme d'espoir lui réchauffe le cœur.

Il s'approche d'elle et encadre son visage de ses mains puissantes et douces à la fois.

_ Écoutes-moi bien Sakura. Tout le monde aurait pu se faire avoir, moi y compris. Certaines personnes arrivent à mieux cacher leur présence que d'autres. Ces deux types n'étaient pas des ninjas, alors que ce Shôta en était un. Tu ne pouvais pas le savoir.

Une larme s'échappe de ses yeux verts et coule jusque sur la main de Kakashi sur sa joue.

_ J'aurais dû… J'aurais dû…

Il ne la laisse pas finir et colle son front contre le sien. Sakura sent son cœur s'emballer à cette action. Elle est pétrifiée et son corps s'abreuve de la chaleur du sien qui se diffuse en elle. Il rouvre les yeux et la regarde intensément sans décoller son visage.

_ Tu es forte Sakura. Tu n'as pas besoin de me le prouver, je le sais déjà.

Elle a chaud. Sa peau brûle au contact de Kakashi et en même temps, elle en veut plus. Sans réfléchir, elle passe ses bras autour de lui et l'enlace en enfouissant son visage dans le creux de son cou. Immédiatement, son odeur corporelle l'enivre et brouille ses sens. Elle ne saurait pas comment caractériser son parfum mais elle en est folle. Comment peut-il être aussi attirant ? Elle doit faire appel à toute sa volonté pour ne pas l'embrasser ici et maintenant. Elle s'interdit de faire le moindre mouvement et reste collée à lui comme si sa vie en dépendait.

_ Allez Sakura, il faut se reposer à présent. On en reparlera demain.

Elle lui obéit et se prépare rapidement avant d'investir le lit en position fœtale. Kakashi s'est installé par terre dans son sac de couchage, mais elle aurait aimé qu'il soit avec elle et qu'il la réconforte encore par sa présence. Malgré l'heure tardive, le sommeil la fuit. Le silence qui règne, la pénombre ambiante, son malaise intérieur, tous ces éléments réveillent ses peurs.

_ Kakashi ? Appelle-t-elle doucement.

_ Hum ?

_ Est-ce que… Est-ce que ça t'embêterait de dormir avec moi ?

Ses joues s'enflamment à nouveau. Elle a honte de se rabaisser à demander ça, mais elle ne veut pas dormir seule. Pas ce soir. Quelques secondes passent sans qu'il ne lui réponde, à se demander s'il l'a entendue. Puis, elle l'entend qui se lève et s'approche du lit. Son cœur s'affole dans sa cage thoracique et un frisson parcourt son corps.

La place à côté d'elle dans le lit s'abaisse et il rabat la couverture sur lui.

_ Merci.

Elle aimerait même dormir dans ses bras, mais elle ne peut tout de même pas lui demander ça, n'est-ce pas ? A quelle distance se trouve-t-il d'elle ? Est-ce qu'elle peut prendre sa main dans la sienne ? "STOP ! Arrête tes conneries Sakura." Se sermonne-t-elle.

Contre tout attente, elle réussit à s'endormir peu de temps après. A croire qu'avoir un beau shinobi à ses côtés l'a grandement aidée… Néanmoins, malgré cette présence rassurante, la jeune femme est rapidement assaillit par un cauchemar aussi réaliste que terrorisant. Évidemment, les événements traumatisant qu'elle a vécu quelques heures avant n'y sont pas étrangers et elle se retrouve prise au piège de simples bandits. Elle veut courir, mais son corps n'avance pas. Elle crie à s'en déchirer la gorge, mais aucun son ne sort de sa bouche. Elle veut frapper, mais ses mains sont aussi faibles que celles d'une jeune enfant.

Elle se recroqueville et ferme les yeux de toutes ses forces pour quitter cet enfer. Par miracle, elle se réveille dans son lit alors que la nuit est encore jeune. Ses membres tremblent et elle ne peut retenir quelques larmes de s'échapper de ses yeux. Elle se retourne et croise le regard de Kakashi sur elle.

_ Ça va aller Sakura, dit-il en tendant la main vers elle.

Elle se blottit contre lui et sent sa main se poser sur son épaule, puis glisser dans son dos à mesure qu'il la serre contre son torse. Sans pudeur, elle enfouit son visage dans ses pectoraux et hume son parfum dont elle est maintenant accro. Il l'enveloppe tellement qu'elle se sent toute petite face à lui.

_ Merci Kakashi. Je… Je suis désolée de t'avoir réveillé, chuchote-t-elle.

_ Ne t'en fais pas pour ça, je ne dormais pas bien. Tu veux m'en parler ?

_ Pas vraiment… C'était un écho des événements de ce soir. C'est tout, répond-elle d'une toute petite voix.

Pendant quelques minutes, elle profite simplement des bras musclés qui l'entourent et de cette odeur entêtante. Elle voudrait rester toute la nuit comme ça.

_ Je suis désolé, je ne peux rien te dire pour alléger ta souffrance. Je n'arrive pas à croire que des types comme ça puissent exister. Profiter d'une femme sans son consentement… C'est un crime intolérable.

_ Tu sais… Ce n'est pas cette partie là qui est la plus difficile dans cette histoire.

_ Comment ça ? S'étonne-t-il.

_ Attention, je ne dis pas que ce n'est rien, évidemment. C'est juste que… hé bien j'ai un peu plus l'habitude, alors que me retrouver impuissante comme ça, sans pouvoir me défendre… C'est ça qui me traumatise le plus.

_ Attends… qu'est-ce que tu veux dire par "j'ai un peu plus l'habitude" ?

Comment peut-il poser cette question ? Il est forcément au courant. Depuis le temps qu'il fait des missions, il sait forcément de quoi elle parle.

_ Bah, en tant que kunoichi forcément, j'ai dû moi aussi remplir des missions de... séduction.

Un blanc. Elle sent la main de Kakashi dans son dos se crisper légèrement.

_ Toi aussi ? Toi aussi tu as eu ce type de mission ?

_ Oui, comme toutes les kunoichis.

_ Toutes ?! S'emporte-t-il.

_ Oui, enfin… toutes sauf Hinata. En tant qu'héritière du célèbre clan Hyuga… tu vois ce que je veux dire. Sinon, toutes les autres ont eu ce type de mission. Mais ce n'est qu'une fois ou deux par an…

_ Sakura, tu te moques de moi ? Réagit-il en s'écartant d'elle pour la regarder dans les yeux.

Son visage est crispé, ses sourcils froncés, visiblement en colère. Sakura a du mal à comprendre d'où vient une réaction aussi excessive.

_ Tsunade t'a envoyée toi sur ce type de mission ? Toi, son apprentie ?

_ Kakashi, je crois que tu n'as aucune idée de ce que c'est que d'être une kunoichi, soupire-t-elle. Ces missions servent à éviter un conflit qui pourrait faire des morts. Alors nous pouvons refuser bien sûr. Personne ne peut nous obliger à user de notre corps en ce sens si on ne le veut pas. Mais on accepte toujours, pour protéger ceux qu'on aime. C'est pour le bien du village qu'on fait ça.

Le regard de Kakashi est si intense qu'elle en oublie de cligner les yeux. Il est contrarié et se contrôle pour ne pas laisser sa colère le submerger.

_ Est-ce que… Est-ce que tu as dû… jusqu'au bout ?

Sakura baisse les yeux et retourne se blottir contre son torse.

_ Oui, une fois, chuchote-t-elle. J'ai dû le laisser faire jusqu'au bout. Je n'ai pas pu m'y soustraire.

Elle sent les muscles de son bras se contracter à cette révélation.

_ Grâce au succès de cette mission, un réseau d'esclavagistes a été démantelé. Ça m'a aidé à supporter ce fardeau. On nous a appris à faire avec pendant notre formation.

_ Tsunade est avant tout une kunoichi. Comment peut-elle vous envoyer faire… ça ?!

_ Qu'est-ce que tu crois Kakashi ? Que c'est par gaieté de cœur qu'elle le fait ? S'emporte-t-elle en le regardant à nouveau dans les yeux. C'est justement parce que c'est une femme et qu'elle a elle aussi dû faire ce type de mission qu'on a confiance en elle. Chaque fois qu'elle nous y envoie, c'est qu'aucune autre solution n'est possible. On sait qu'elle a tout envisagé avant de nous imposer ça.

Il ne répond rien mais ne la quitte pas du regard.

_ Si tu l'avais vue la première fois qu'elle m'a envoyée sur une de ces missions… Reprend-elle avec douceur. Elle était ravagée. Ça lui brisait le cœur. On a toutes confiance en elle. On fait ça pour notre village, pour ceux qu'on aime et pour vous, nos coéquipiers.

Il secoue la tête en signe de négation.

_ Ce sacrifice est trop grand…

Elle lui sourit chaleureusement.

_ On est des kunoichis, Kakashi. On fait ce qu'il faut pour le bien de notre village.

Après un long échange de regards, Sakura ferme les yeux et se rendort le nez bien au chaud contre lui. Contre Kakashi. Celui qui lui fait perdre les pédales. L'homme qui fait battre son cœur plus vite. Oh oui, elle est prête à le protéger avec toutes les armes dont elle dispose car c'est exactement ce qu'il ferait pour elle.

"Kakashi…"