Note de l'auteur : Bonjour à tous ! J'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre cette fois ;)
Ce chapitre m'a vraiment pris beaucoup de temps à écrire. Il est d'ailleurs bien plus long que ce que je fais d'habitude, mais je ne voulais pas le couper avant. Je vous avais laissé sur un petit cliffhanger et vous allez maintenant découvrir le fin mot de l'histoire... J'espère que ça va vous plaire ! ^^
Sakura s'approche de la porte vitrée et observe un couloir sombre avec d'autres portes identiques à la sienne. D'autres cellules sans l'ombre d'un doute. En touchant la paroi froide elle sent qu'un courant de chakra la traverse. Sûrement un système de verrouillage plus performant. Konoha utilise également ce type de sécurité pour ses prisonniers. Inutile d'essayer d'exploser cette porte avec sa force surhumaine !
Mais est-ce que ses kidnappeurs savent qu'elle est une kunoichi ? Ou bien est-ce une précaution générale pour toutes les cellules ? Est-ce les autres filles qui ont disparues qui se trouvent derrière les autres portes ? Sakura appelle mais personne ne lui répond. Aucune ombre ne passe devant les vitres des autres cellules. Serait-elle seule ici ?
Son cerveau carbure à toute vitesse malgré cette migraine incessante. Elle s'est fait prendre alors qu'elle espionnait Edo. Cette fois, elle n'a pas été immobilisée comme la dernière fois. Cette fois, c'est une espèce de courant électrique qui a parcouru son corps et l'a mise hors service. Une technique raiton ? Oui, sûrement. Pas de chance, elle n'a pas grand-chose pour parer les attaques raiton. Sakura est plutôt une experte en taijutsu, en genjutsu et a même développé des compétences suitons. Néanmoins, l'eau étant un excellent conducteur d'électricité, ces techniques pourraient se retourner contre elle.
A ce moment-là, des pas dans le couloir la font sortir de ses réflexions. Deux personnes d'après le bruit. Sakura s'assoit sur le matelas, dos au mur et ramène ses genoux contre elle. Elle doit montrer qu'elle a peur, comme une civile devrait l'être. Puis, deux hommes font leur apparition devant la vitre en haut de sa porte. Le premier est un jeune homme d'une petite vingtaine d'année avec un fin et ovale visage et des cheveux bruns mi-longs dont les mèches semblent vouloir s'enfuir de tous les côtés. Il pose sur Sakura un regard violet sans émotion. Le deuxième est plus âgé, sûrement une quarantaine d'année avec une carrure trapue et le teint hâlé. Il est chauve et une énorme cicatrice barre son visage sur la joue gauche de sa bouche jusqu'à son oreille. Son regard est froid et dur. Aucun doute qu'il n'a aucune considération pour Sakura.
Le garçon ouvre une petite trappe située sous la vitre et y glisse un objet.
- Mets ce bracelet, lui dit-il sobrement.
Sakura ne fait pas un mouvement et se met à les questionner.
- Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ? Et où je suis ? Pourquoi vous me retenez prisonnière ?
- Oh la ferme, rosette ! beugle l'homme à la cicatrice. Tu fais ce qu'on te dit et tout se passera bien pour toi.
La jeune femme décide de continuer sur sa lancée et de rester dans son rôle.
- Non, je refuse ! Dites-moi ce que vous me voulez ? Et c'est quoi ce bracelet ?
- Fais ce qu'on te dit, répond avec calme le plus jeune.
- Ou quoi ? Qu'est-ce que vous allez me faire ? insiste-t-elle.
- Ou alors j'te le fais bouffer, connasse ! grogne le plus âgé.
Être têtue ne la mènera à rien et Sakura prend le bracelet. Immédiatement, elle sent qu'un flux de chakra le parcourt tout comme c'est le cas de la porte et fait attention à ne pas montrer sa découverte. A part ça, le bracelet n'a rien de notable. Il s'agit d'un cercle de métal noir avec une fermeture à verrou. Sakura comprend qu'une fois mis en place, il ne lui sera pas possible de le retirer.
- Non, je refuse de le mettre tant que vous ne me direz pas à quoi il sert.
- Il assurera ta sécurité. Maintenant mets-le, répond le jeune homme.
- Bien sûr ! Comme si vous vous préoccupiez de ma sécurité !
- Assez perdu de temps, rosette. Mets-le ! aboie l'aîné après un long soupir.
- Non ! s'obstine la kunoichi.
- Comme tu voudras, rosette. Seiji, ouvre la trappe, ajoute-t-il à l'adresse du plus jeune.
L'homme à la cicatrice affiche un sourire carnassier avant d'effectuer une série de mudras. L'instant d'après, un éclair jaune sort de son doigt, traverse la trappe et percute la jeune femme au ventre provoquant une terrible douleur. Elle hurle à plein poumon et se tord dans tous les sens. L'homme rigole, apparemment très friand de ce genre de spectacle.
- Arrête Iori. Laisse-la.
- Je prends pas d'ordre venant de toi, gamin. Et si t'avais été là quand je l'ai amenée ici, alors on aurait pu lui mettre ce satané bracelet sans problème.
Néanmoins, il arrête son jutsu peu après, laissant une Sakura pantelante. C'est donc lui qui l'a kidnappée quand elle espionnait Edo au restaurant. Sauf que cette fois-là, il avait visé sa tête et le flux électrique l'avait complètement immobilisée, avant de lui faire perdre connaissance. Par contre, dans le ventre l'effet est bien plus douloureux tout en la maintenant consciente. Sakura sait qu'elle ne peut pas lutter contre lui dans ces circonstances. Elle foudroie le type du regard avant de placer le bracelet à son poignet.
- Voilà… On est plus raisonnable à présent, ricane celui qui s'appelle Iori.
Le plus jeune, Seiji, si Sakura ne se trompe pas, place ses mains l'une contre l'autre, l'index et le majeur collés et les autres doigts entrelacés. Il désactive ainsi la barrière de chakra au niveau de la porte de la cellule, puis la déverrouille manuellement grâce à une clé. Le balafré entre alors et saisit Sakura par le bras, la forçant à se relever brutalement. Elle tente de se débattre, mais c'est comme si toute force l'avait quittée. Ses mouvements sont bridés. C'est donc à ça que sert le bracelet ? L'effet est extrêmement désagréable en tout cas et Sakura grimace en fusillant l'homme du regard.
Ils longent le couloir et Sakura se rend compte qu'il y a beaucoup de cellules comme la sienne. Elle en dénombre une douzaine environ et la plupart semblent occupées. Elle essaye de distinguer les filles sur les photos qu'elle a vu dans le dossier de la mission, mais passe trop rapidement pour les distinguer. De plus, aucune ne semble chercher à la regarder ou avoir son attention.
La mission concernait initialement cinq kidnappings, dont Ayumi Kudo qui avait été l'élément déclencheur pour l'implication de deux anbus. Néanmoins, il semblerait que ce nombre ait été sous-estimé. Sakura serre les dents à l'idée de ces familles qui ignorent ce qu'elles sont devenues.
Après un tournant, le jeune homme ouvre une porte et le plus âgé pousse Sakura à l'intérieur avant d'entrer avec elle. Assis sur une chaise, se trouve un homme qui la regarde les bras croisés. Il a le visage rond, des lunettes rectangulaires à grosse monture et une barbichette châtain, comme ses cheveux courts.
- Assieds-toi, commande-t-il d'une voix neutre.
Sakura reconnaît immédiatement la voix de l'homme qui était dans son dos la veille quand elle a failli se faire kidnapper.
- Je vois que tu te souviens de moi. Je me présente, je suis Shôta et c'est bien moi qui t'ai retiré l'usage de ton corps hier soir.
- Pourquoi avez-vous fait ça ?
- Ne te méprends pas, charmante Ran, je ne suis pas ton ami ici. Je ne répondrai donc pas à tes questions. Par contre, j'en ai quelques-unes pour toi et j'attends de toi une honnêteté absolue. Qui es-tu réellement ?
Ses yeux s'écarquillent de surprise. Ils ont découvert le pot aux roses ? Que savent-ils exactement ? Il est hors de question de tout leur dire évidemment.
- Quoi ? Je suis Mademoiselle Ran et personne d'autre. Pourquoi me demandez-vous ça ?
- Désolé mais je ne te crois pas, répond-il en penchant la tête de côté. Deuxième question, comment t'es-tu échappée hier soir ?
Elle ne peut pas mentir ouvertement, mais ne doit rien révéler de compromettant.
- Un ninja est venu à mon aide.
- Qui ça ?
- Je ne sais pas, je ne le connais pas.
- Encore un mensonge… dit-il en soupirant.
- Non ! C'est la vérité !
- Alors pourquoi je n'ai pas revu mes deux acolytes ? s'énerve-t-il tout à coup. Ils ne sont pas au poste de police et… tu as visiblement retrouvé le contrôle de ton corps. En tout état de cause, ils sont morts, ajoute-t-il sans émotion. Un ninja qui passerait dans les parages pile au bon moment ne les aurait pas tués.
- Non en effet, il est à mon service, mais je ne connais pas son identité.
- Pourquoi les a-t-il tués ?
- Il a pour mission de tout faire pour assurer ma sécurité. Y compris tuer.
- Un ninja mercenaire ? Très étonnant. Et, comment puis-je le trouver ?
- Je ne sais pas. Il ne parle presque jamais. Il veille sur moi comme une ombre. Je ne sais jamais où il est vraiment.
- Admettons. J'ai une dernière question pour toi. Que faisais-tu au restaurant ce midi ?
- Je déjeunais, quelle question !
Shôta jette un regard à l'homme à côté d'elle et celui-ci réalise à nouveau le jutsu électrique qu'il dirige sur l'abdomen de Sakura. La jeune femme tombe à terre et se tord de douleur.
- Je n'ai pas de temps à perdre avec ton petit jeu. Plus vite tu répondras à mes questions et plus vite tout cela finira. Alors, pourquoi étais-tu dans ce restaurant ce midi ?
- J'étais avec une amie et des partenaires pour un déjeuner d'affaire, réplique-t-elle en se redressant péniblement. Qu'est-ce que vous voulez entendre à la fin ?
Shôta se lève et s'accroupit devant elle. Il lui saisit la mâchoire d'une main puissante et la force à lui faire face.
- Ce que je veux entendre ? C'est pourquoi tu étais dans un putain de restaurant au lendemain d'une agression traumatisante dans une ville étrangère !
- Le ninja que j'ai payé m'a posé la même question ce matin. Pourquoi ? Parce que je suis une femme d'affaire bordel ! Malgré mon âge, je commence à percer et à me faire une réputation dans le milieu. Je ne peux pas me permettre de tout foutre en l'air ! C'est toute ma vie ! lui crie-t-elle en essayant d'être la plus convaincante possible. Alors oui j'avais la trouille. Oui, j'avais envie de me cacher dans ma chambre d'hôtel pour faire mes affaires et rentrer. Mais j'y suis quand même allée en pensant que ce stupide ninja allait me protéger encore une fois, termine-t-elle en se mettant à pleurer.
Shôta rajuste ses lunettes en l'observant attentivement et Sakura prie pour que son explication lui convienne car elle n'en a pas de meilleure.
- Ah ouais, rosette ? Et tu faisais quoi à espionner derrière cette porte ?
"Et merde !" pense-t-elle.
- J'ai vu Edo rentrer dans ce bureau et je voulais entendre ce qu'il disait.
- Pourquoi cela ? poursuit Shôta.
- Parce que j'avais rendez-vous avec lui plus tard dans la journée pour l'achat de plusieurs toiles, mais je n'avais pas confiance en lui. Son comportement était louche et je voulais voir si j'avais de quoi m'inquiéter quant à notre business ou non.
- C'est des conneries ! s'indigne le plus âgé. Sérieux, tu vas pas avaler ses sornettes quand même ?
Shôta scrute avec attention le visage de la kunoichi, comme s'il cherchait à lire dans ses pensées.
- Il faudra faire avec pour le moment car on manque de temps.
- De temps ? De temps pour quoi ? Qu'est-ce que vous allez me faire ? questionne-t-elle à nouveau.
- Tu verras ma jolie. Ne sois pas si impatiente, finit-il en ricanant.
Sakura en a froid dans le dos. Elle lui aurait bien collé son poing dans la tronche, si elle n'avait pas ses mouvements limités par le bracelet.
Puis Seiji la raccompagne jusqu'à sa cellule tandis que les deux autres restent seuls dans le bureau.
- S'il te plaît, dis-moi ce qu'ils vont me faire.
Pas de réponse. Décidément, pas un seul n'est pourvu de compassion, déplore-t-elle. Au moment où il ouvre la porte de sa cellule, elle se retourne sur lui et lui prend les mains.
- Je t'en prie Seiji… J'aimerais savoir ce que je vais devoir affronter.
Sakura utilise sciemment son prénom pour créer une certaine intimité et le pousser à lui répondre. Il la fixe un instant de son regard violet.
- Il ne t'arrivera rien de mal. Ne t'en fais pas.
La jeune femme sait qu'elle n'obtiendra rien de plus de lui pour le moment. Il ne semble pas sadique ni complètement indifférent quant à son sort. Néanmoins, il ne sera pas facile à rallier à sa cause.
Pendant longtemps elle ne voit ni n'entend personne. Elle angoisse en ne sachant pas du tout ce qui l'attend pour la suite. Ce maudit bracelet anéantit toute chance de retourner la situation à son avantage. Non seulement sa force est amoindrie, mais elle ne peut plus malaxer son chakra. Impossible donc de réaliser le moindre jutsu !
Sakura entend alors du bruit dans le couloir et se précipite sur la porte vitrée pour voir qui passe par là.
- Donnez-moi un indice mon cher. Quel est donc ce cadeau si précieux ?
- Non, vous verrez ce soir. Laissez tomber !
- Allons, allons ! Laissez-moi jeter un œil à cette perle.
La jeune femme reconnaît la voix d'Edo au moment où son visage apparaît à sa porte. Il écarquille les yeux en apercevant Sakura.
- Ran ?
- Edo ! Laissez-moi sortir ! Libérez-moi, s'il vous plaît ! supplie-t-elle.
Il fronce les sourcils en guise de réponse et se retourne vers une deuxième personne que Sakura ne voit pas.
- Mais vous êtes complètement fou ?! hurle-t-il. De toutes les femmes du pays il a fallu que vous en preniez une ici même ? Après tout le mal que l'on s'est donné pour ne pas attirer l'attention sur Kumasaki ?
- Oui je… je sais. Je sais. Mais...
A ce moment-là, l'homme apparaît dans l'encadrement de la vitre et Sakura reconnaît le propriétaire du théâtre qu'elle avait rencontré la veille au vernissage.
- Monsieur Sanaka ? Qu'est-ce que… C'est vous ? C'est vous qui m'avez kidnappée ? demande-t-elle, incrédule
Sakura est abasourdie. Le quinqua bedonnant avait l'air si charmant qu'elle ne l'aurait jamais soupçonné. Mais aucun des deux hommes ne lui prêtent la moindre attention pour le moment.
- Mais vous êtes complètement inconscient ! Reprend Edo. Je vous rappelle que le kidnapping est un crime ! Il est hors de question que je coule avec vous. Ah non, là vous dépassez les bornes ! On avait établi des limites précises et c'est vous qui avez décidé de tout foutre en l'air ! Je ne risquerai pas ma réputation ni ma vie pour vous couvrir. C'est terminé, je sors de vos sales affaires.
Il s'apprête à partir quand Monsieur Sanaka le rattrape fermement et le force à lui faire à nouveau face.
- Écoutez-moi bien maintenant, commença-t-il d'un air menaçant. Vous ne pouvez pas laisser tomber car vous êtes dedans jusqu'au cou ! Si je coule, vous coulez ! Rien ne vous sauvera. Et puis… il me semble que vous profitez largement de mes sales affaires, comme vous le dites. Vous y trouvez bien votre compte et j'irai même jusqu'à dire que vos actions sont pires que les miennes
Edo tressaille aux paroles du petit homme. Il semble pris au piège.
- Pourquoi elle ? Et pourquoi maintenant ? demande-t-il en désignant la kunoichi. Vous auriez dû attendre qu'elle rentre chez elle pour la prendre.
- C'est l'anniversaire d'Enko ! Je ne pouvais pas attendre, il fallait que son cadeau soit exceptionnel et Mademoiselle Ran est parfaite pour ça !
Sakura trouve étonnant qu'il la désigne avec respect étant donné qu'elle est sa captive et qu'il compte l'offrir à on ne sait quel type !
- Comment ça en cadeau ? Je ne suis pas une marchandise ! crie-t-elle en frappant la porte aussi fort qu'elle le peut, c'est à dire assez peu.
C'est tellement frustrant de ne pas maîtriser son corps, d'être aussi faible qu'un enfant...
- J'exige que vous me libériez ! ajoute-t-elle. Vous n'avez pas le droit de me retenir prisonnière et je vais vous poursuivre en justice ! Le Seigneur saura ce qu'il se passe et il vous punira sévèrement.
Le quinqua au visage sympathique lui sourit gentiment.
- Allons ma chère mademoiselle Ran. Vous ne sortirez jamais d'ici et le Seigneur ne saura rien de cette affaire, réplique-t-il, inflexible. Shôta m'a tout raconté de votre interrogatoire et je doute que vous soyez celle que vous prétendez être, mais ça n'a plus aucune importance. Ici, personne ne viendra vous secourir. Vous n'avez aucune chance de vous échapper et il faut vous y faire. Quant à votre jeune assistant, qui n'est sûrement nulle autre que ce ninja qui vous a secourue hier soir, il ne doit plus être en vie au moment où l'on parle. J'ai engagé une équipe de cinq shinobis redoutables pour s'occuper de son cas. Il n'a aucune chance de s'en sortir !
Sakura panique intérieurement. Kakashi… Pourvu qu'il s'en sorte ! Oui, c'est sûr qu'il va s'en sortir. C'est le meilleur ninja de Konoha, un héros de la quatrième grande guerre. Il ne peut pas se faire avoir comme ça. C'est impossible… n'est-ce pas ?
- Maintenant je vous conseille de vous reposer. Une longue soirée vous attend.
Une pellicule de sueur froide recouvre son corps. Qu'est-ce qu'elle va devoir faire ? Qu'est-ce que ces pervers vont lui faire subir ? Pleins d'images atroces envahissent ses pensées et le stress la gagne.
Quelque temps plus tard, difficile de déterminer combien exactement, Seiji réapparaît avec un plateau qu'il glisse par la trappe.
- Seiji ! S'il te plaît, dis-moi ce qu'ils vont me faire. Aide-moi, je t'en prie, le supplie-t-elle de ses grands yeux verts.
Le jeune homme la regarde un instant, mais ne répond rien.
- N'as-tu donc pas de cœur ? Tu es comme eux, c'est ça ?
- Je ne peux rien faire pour toi, répond-il simplement.
Son regard est compatissant, mais il ne semble pas du tout enclin à l'aider. Il repart, laissant la jeune femme se morfondre sur son plateau repas. Elle ne sait pas si elle peut le manger sans risque. Y a-t-il une quelconque drogue dedans ? Elle ne peut même pas se servir de son chakra pour scanner les aliments. Pesant le pour et le contre, elle décide de manger tout de même un morceau. Elle n'a pas vraiment faim mais souhaite garder ses forces.
Plus tard, Seiji revient accompagné de l'homme à la cicatrice, Iori c'est ça ? Sans rien dire ils la sortent de sa cellule et l'emmènent avec eux. Elle leur demande où ils la conduisent mais évidemment, aucun des deux hommes ne lui répondent. Ils la font entrer dans une grande pièce où se trouvent déjà 3 femmes en train de s'apprêter. Sakura reconnaît deux d'entre-elles pour avoir vu leurs photos dans le dossier fourni par Tsunade. Elles portent de jolies robes et se coiffent ou sont en train de se maquiller. Sakura essaye de capter leur regard mais aucune d'elles ne lui prête la moindre attention. Elles semblent résignées et font ce que l'on attend d'elles.
Seiji apporte à Sakura une robe ample vert clair pleine de dentelle et garnie d'un bijou rouge rubis au niveau de la poitrine. Elle le regarde comme pour lui demander si c'est une blague et il lui fait signe de se changer derrière le paravent au fond de la salle. Pourquoi se déguiser de la sorte ? C'est ridicule. Est-ce une espèce de bal costumé pour personnes dépravées ? Néanmoins, elle n'a pas le choix alors elle va se déshabiller à l'endroit indiqué. Il lui faut un certain temps pour comprendre comment enfiler cette fanfreluche et elle entend Iori appeler les autres filles pour qu'elles le suivent.
- Comment je suis ? demande-t-elle à Seiji une fois prête.
Il la regarde de haut en bas sans montrer la moindre émotion. "Tiens, on dirait Sasuke quand je me faisais belle pour lui…" se dit-elle non sans une pointe d'ironie.
- Merci du compliment, c'est trop gentil de ta part, minaude-t-elle.
Elle souhaite briser la glace avec lui. C'est sa seule chance de sortir d'ici, mais pour ça, il faut qu'il lui réponde.
- Seiji, s'il te plaît… tente-t-elle à nouveau. Dis-moi ce qui m'attend au moins.
- Rien de grave, tu n'as pas à t'inquiéter, répond-il stoïquement.
"C'est un bon début. Un début tout du moins."
- Pourquoi est-ce que tu es avec eux. Ça se voit que tu n'es pas quelqu'un de mauvais alors pourquoi est-ce que tu les laisses faire ? ajoute-t-elle en lui touchant le bras.
Il regarde un instant sa main posée sur lui, puis plonge ses prunelles violettes dans le vert de ses yeux. Il s'approche légèrement d'elle et Sakura ne fait pas un mouvement.
- Qu'est-ce que tu m'offres pour que je t'aide ? Ton amour indéfectible ? Ou bien peut-être ton corps pour mon usage personnel ?
Sakura est horrifiée. Elle qui pensait le jeune homme doué d'un minimum d'empathie, c'est raté ! Encore un salopard de première, oui !
- Non ! se défend-elle.
- Tant mieux car toutes les autres m'ont déjà fait ce type de proposition, alors ne te fatigue pas, reprend-il impitoyablement. Allez, termine de te préparer maintenant.
- Et si je refuse ?
- Eh bien j'irai chercher Iori pour qu'il t'y force et… ce sera déplaisant pour toi.
La jeune médic-nin serre les dents et s'assoit devant une coiffeuse munie d'un grand miroir pour faire ce qu'il lui demande. Néanmoins, elle ne compte pas le laisser filer à si bon compte.
- Tu es un ninja déserteur ? Tu as trahi qui, hein ? Et qu'est-ce que Miro Sanaka t'a promi ? Il te paye bien ? Tu es fier de toi ? Bravo ! Quelle vie admirable. Ta famille doit être fière de toi.
Gagné ! Il la foudroie du regard.
- Ferme-la, tu ne connais rien de moi.
- Eh bien raconte-moi. Je t'en prie je n'ai que ça à faire, continue-t-elle en maquillant ses yeux. Raconte-moi la triste vie du petit Seiji qui n'avait d'autre choix que de se vendre à un criminel pour survivre.
Le jeune homme se penche vers elle tout en lui lançant un regard noir et perçant.
- Je te conseille de ne pas t'engager sur cette voie si tu ne veux pas le regretter, chuchote-t-il d'un air menaçant.
Sakura ne se débine pas et soutient son regard.
- Et tu feras quoi, Seiji ? Tu vas courir chercher le grand méchant Iori pour te défendre ? Ce type est un sadique. Il éprouve du plaisir en balançant ses décharges électriques. Toi aussi tu aimes nous voir souffrir et nous tordre de douleur ?
Il plisse les yeux.
- Je ne suis pas comme ça.
- Alors qui es-tu, Seiji ? Que fais-tu là avec ces types ?
Il se redresse à nouveau en détournant les yeux. Peut-être a-t-elle gagné une manche. Sakura décide de ne pas trop le pousser dans ses retranchements pour ne pas tout gâcher et elle continue de se préparer en silence. Une touche de blush et un peu de brillant à lèvres. Puis elle attache ses cheveux en chignon, se disant que ça ferait plus sophistiqué avec la robe. Une fois terminé, elle se tourne à nouveau vers lui.
- Et maintenant, monseigneur ?
Il l'attrape par le bras pour la relever sans ménagement. Elle dégage son bras autant qu'elle le peut avec sa force de bébé et c'est là qu'il se crispe et la serre plus fort.
- Aïe ! Qu'est-ce qu'il te prend ?
- C'est quoi ça ? demande-t-il vivement.
Elle regarde ce qu'il lui désigne : son tatouage d'anbu qui est visible sous sa courte manche ! Sakura prend peur. Elle est découverte ! Tout est foutu. Ils vont peut-être l'éliminer sans cérémonie.
- Tu es… de l'unité spéciale ? Tu es une anbu ? demande-t-il à nouveau les sourcils froncés.
Sakura tressaille. Que répondre ?
- Seiji, je t'en prie. Il ne faut rien dire, le supplie-t-elle.
- Shôta avait raison alors. Tu n'es pas cette amatrice d'art qui se faisait remarquer. T'étais en mission !
- Seiji, je te raconterai tout mais tu dois garder le secret. Je t'en prie…
A ce moment-là on toque à la porte et Sakura sursaute de peur.
- Oh ! Vous faites quoi là-dedans ? demande Iori avec animosité. Tout est prêt pour la nouvelle alors qu'elle bouge son cul !
Seiji et Sakura échange un regard tendu. Elle n'ose même plus respirer et son rythme cardiaque est déchaîné. Elle le supplie du regard. S'il révèle son identité alors tout est foutu. Ils la tueront sans hésiter.
- Elle est prête, répondit-il sans détacher ses yeux d'elle. On arrive.
La jeune femme peut enfin respirer et lui chuchote un "merci" plein de gratitude. Il attrape ses épaules et tire sur les manches de sa robe pour les faire redescendre suffisamment afin de masquer son tatouage.
- Tu as intérêt à tout me raconter après.
Elle hoche la tête en guise de réponse.
Ensuite, il la guide vers ce qui ressemble à des coulisses. Un spectacle ? Ils kidnappent des femmes pour faire un spectacle ? C'est ridicule ! A ce moment-là, Shôta fait son apparition. Sakura tremble en le voyant, espérant qu'il ne voit pas son tatouage.
- A toi de jouer maintenant lui dit-il.
Puis il pose sa main sur sa tête et Sakura perd à nouveau le contrôle de son corps. Complètement. Comme la veille alors qu'elle allait se faire kidnapper. Elle voit Seiji qui effectue le même signe des mains qu'au moment de désactiver la barrière de chakra de sa cellule et son bracelet se détache de son poignet.
Maintenant qu'elle est neutralisée, ce gadget ne sert plus. Puis tout à coup, elle se met à marcher. Quelle sensation horrible d'avoir son corps qui bouge sans qu'elle n'y soit pour rien. C'est ce Shôta qui la contrôle. Alors sa technique n'est pas uniquement faite pour immobiliser. Non, elle lui donne le plein contrôle de la personne qui ne devient rien de plus qu'une marionnette.
Ça lui fait penser à grand-mère Chiyo qui l'avait contrôlée comme une marionnette dans leur combat contre Sasori. Mais à ce moment-là, elle pouvait tout de même bouger d'elle-même. Là, il lui est même impossible de bouger la tête.
Sakura se positionne juste derrière le rideau masquant la scène. Elle constate qu'il s'agit d'un vieux théâtre. Pas étonnant de la part de Sanaka, c'est son milieu.
Quand elle entend un : "faites entrer la comtesse !" Sakura se remet en marche et entre sur scène. Elle est éblouie par l'éclairage et remarque qu'elle a le contrôle de ses yeux et de ses paupières. Sur la scène se trouvent les trois autres femmes qui se préparaient. Elles sont installées dans des fauteuils anciens luxueux et prennent le thé comme si de rien n'était.
"Mais qu'est-ce que c'est que ce délire ?" se demande-t-elle.
Son attention se tourne vers le public et s'aperçoit qu'il est uniquement composé de Miro Sanaka et d'une femme dont le visage est masqué. Serait-ce Vanda ? Non, elle semble bien plus petite que la créatrice de mode. Le masque qu'elle porte ressemble au visage d'une poupée de porcelaine. Ça lui file des frissons.
A mesure qu'elle avance et se rapproche, la femme du public pousse un cri strident, se lève et saute en l'air en tapant des mains. Elle baragouine des mots que Sakura ne comprend pas, mais une chose est sûre, ce n'est pas une femme, mais une enfant. A son attitude, Sakura lui donnerait à peine cinq ou six ans mais sa taille fait plutôt penser à une adolescente.
Miro se lève et prend la petite fille dans ses bras en lui souhaitant un joyeux anniversaire et espérant que son cadeau lui plaise. Ah oui… Sakura a presque oublié qu'elle est le fameux cadeau. Et donc, cette gamine est la fille de Sanaka apparemment. A les voir ils semblent être presque normaux, à part l'attitude bizarre de l'enfant masqué. La gamine est purement folle de joie, comme s'il s'agissait d'un cadeau normal. Mais non, ça n'a rien de normal bon sang ! On n'offre pas des êtres humains ! Sakura a envie de hurler, mais son corps reste de marbre.
Puis, la kunoichi voit Shôta débarquer dans le public et serrer la main de la petite. L'instant d'après, la kunoichi se met à danser et tourbillonner sur la scène au milieu des trois autres femmes qui sont à présent immobiles. Sakura a l'impression de valdinguer de tous côtés et qu'elle va immanquablement se casser la figure. Mais non, au bout d'un moment elle se rend compte que son corps bouge sans perte d'équilibre et avec une certaine grâce même. Par contre, elle ressent très vite une nausée caractéristique du mal de mer. Évidemment, comme elle ne sait pas ce que va faire son corps, ses yeux ne fixent jamais les bons points et son cerveau en est complètement perturbé.
Tout à coup, la danse infernale cesse. Sakura s'immobilise sur la scène et tente désespérément de retrouver sa stabilité, enfin, son cerveau en tout cas. Elle rassemble ses esprits et réfléchit à la situation. Ce Shôta a donc la possibilité de donner le contrôle de sa marionnette à quelqu'un d'autre, car il lui est évident que c'est la petite fille qui la contrôle à présent.
Puis, tout naturellement son corps se déplace pour s'asseoir sur le canapé à côté des autres femmes. Une blonde à sa droite tourne sa tête et lui propose une tasse de thé. Sakura s'entend lui répondre par l'affirmative et écarquille les yeux de surprise. Il leur est possible de contrôler sa parole aussi ? Décidément, ce jutsu est surpuissant.
La blonde prend la théière et sert Sakura. Du moins, elle fait comme si car aucun liquide ne sort de la théière. Sakura se rend compte que les tasses à thé sont toutes vides. D'un coup, elle prend vraiment conscience de ce qu'il se passe. Les belles femmes, les robes clinquantes, la scène de théâtre… cette gamine joue à la poupée, avec des poupées humaines ! Sakura est abasourdie. Mais dans quel monde se croit-elle ? Elle ne peut pas jouer à la poupée avec des satanés poupées comme tous les mômes ?
La discussion entre les quatre marionnettes est parfaitement insipide. Elles parlent de bal et de prince charmant et Sakura subit docilement son calvaire. Elle n'a pas le choix de toute façon. Au moins, personne ne lui fait endurer l'un des scénarios pervers qu'elle avait imaginés.
Au bout de ce qui lui semble être une éternité, le petit jeu ridicule cesse et Shôta récupère les poupées pendant que Seiji leur remet leurs bracelets. Sakura retrouve l'usage de son corps avec une grande satisfaction, même si ses mouvements et sa force sont à nouveau contraints par le bracelet. Elle entend la gamine jubiler et son père la féliciter.
Puis, Seiji et Iori accompagnent les filles à la loge pour qu'elles se déshabillent. Encore une fois, la jeune kunoichi est effarée par l'état de soumission de ses camarades. Elles effectuent leurs tâches sans broncher ni se révolter. Rien du tout… Sakura veut leur parler, mais la présence de Iori la fait renoncer. Ce type est bien trop sadique, mieux vaut ne pas lui donner des raisons d'utiliser ses chocs électriques.
Une fois démaquillées et rhabillées, Seiji les raccompagnent chacune dans leur cellule, veillant bien à réactiver la barrière de chakra derrière elles. Il dépose Sakura en dernière mais rentre avec elle dans sa cellule et referme la porte derrière eux.
- Maintenant dis-moi qui tu es.
Le jeune garçon paraît stressé, ses yeux profondément ancrés dans les siens. Sakura hésite quant à la réponse qu'elle doit lui donner. Il sait qu'elle est une anbu et il aurait pu la dénoncer aux autres, mais il ne l'a pas fait. Il faut qu'elle le mette en confiance en lui donnant une part de vérité mais pas complètement.
- Je suis une kunoichi de Konoha. L'hokage m'a envoyée en mission à Kumasaki pour mettre un terme à un trafic de drogue qui sévit ici, mens-t-elle. Je me suis fait passer pour une amatrice d'art pour infiltrer ce milieu qui, je le pense, est impliqué dedans. Néanmoins, j'ai atterri ici… Dis-moi ce qu'il se passe exactement.
Le jeune garçon aux yeux violets la regarde l'air dubitatif.
- Tu n'étais pas là pour libérer ces filles ? demande-t-il en ignorant sa question.
- Je n'étais au courant de rien, mais il est hors de question que je reste ici et je libérerai ces filles en même temps.
- Tu ne pourras pas sortir d'ici.
- Je te jure que je sortirai, d'une façon ou d'une autre. L'hokage ne me laissera pas tomber.
Elle préfère ne pas lui dire qu'elle était son apprentie. S'il se met à flipper, il risque de révéler son identité aux autres et tout sera foutu. Maintenant elle devait le rallier à sa cause.
- Seiji, si tu m'aides tu en seras récompensé.
- Comme si l'hokage allait m'accorder son pardon… Je suis impliqué dans tout ça. Elle ne pourrait pas l'ignorer.
- Mais si tu m'aides, elle en tiendra compte. Je te le promets.
Il détourne les yeux, visiblement en train de considérer ce qu'elle vient de lui dire. Une vague d'espoir l'enveloppe.
- Il n'y a pas que moi dans l'histoire… J'ai… J'ai une sœur qui a besoin de mon aide. Si je vais en prison qu'est-ce qu'elle deviendra ? Ce "job" est bien payé et permet de subvenir à nos besoins. Elle n'a personne d'autre pour s'occuper d'elle.
- Tu crois que Konoha laisserait ta sœur à l'abandon ? Je te promets que je m'assurerai moi-même qu'elle ait tout ce qu'il lui faut.
A nouveau, il prend le temps de réfléchir à tout ce qu'elle vient de lui dire.
- Non, je ne te crois pas. J'irai en taule et ma sœur se retrouvera seule au monde. Je ne peux pas prendre ce risque, conclut-il en repartant.
Sakura l'arrête en lui prenant le poignet. Elle ne peut pas le laisser partir comme ça. Elle doit obtenir des informations.
- Seiji, attends. Dis-moi ce qu'il se passe ici. C'est qui cette gamine ? Et on est où là ?
Il soupire bruyamment.
- C'est Enko, la fille du maître. Elle… c'était une kunoichi avant.
- Avant quoi ?
- Son accident. Elle était en mission mais ça s'est mal passé. Je ne sais pas exactement ce qu'il lui est arrivé, mais elle en est ressortie affreusement défigurée. A un tel point qu'elle en a perdu l'esprit et s'est retranchée dans son enfance, incapable de supporter son apparence actuelle.
- C'est pour ça qu'elle porte un masque. Pour cacher son visage.
- Oui. Et la seule chose qui lui procure du plaisir est de jouer à la poupée. Elle passait ses journées enfermées dans sa chambre à jouer avec ses poupées. Quand le maître a croisé la route de Shôta, il a rapidement eu l'idée d'offrir à sa fille des poupées vivantes. Et c'est peu de dire qu'elle a adoré l'idée. Étant une ninja, Shôta peut lui donner le contrôle de ses marionnettes.
- Alors… il kidnappe des femmes pour que sa fille joue à la poupée avec elles ?
- C'est ça. Je ne pense pas qu'elle ait vraiment conscience de ce que ça implique. Pour elle, ce sont des objets pour son usage personnel.
- Comment Sanaka peut faire une chose pareille ?! s'emporte-t-elle.
- Je crois que le drame qu'il a vécu d'avoir failli perdre sa fille unique, de l'avoir vu perdre la tête et se cloîtrer dans sa chambre… C'était trop pour lui. Il a voulu lui apporter un peu de bonheur.
- De bonheur ? C'est du délire !
- Je ne dis pas que c'est bien. Je te dis juste ce que je vois.
Sakura plisse les yeux en secouant la tête.
- Ça ne peut pas continuer. On doit mettre un terme à tout ça. Et tu dois m'aider Seiji.
- On ne peut pas lutter. Shôta et Iori sont trop forts. On ne peut rien contre eux et je ne risquerai pas ma vie et l'avenir de ma sœur pour une cause perdue, conclut-il.
- Je peux lui offrir un avenir… et à toi aussi. Mais pour ça tu dois m'aider.
Il la regarde un long moment, puis s'en va, l'enfermant à nouveau. La jeune femme ne se laisse pas abattre. Son plan peut marcher. Il lui faut du temps pour réfléchir à sa proposition, bien entendu. Elle est presque sûre que ça va fonctionner. Ça doit fonctionner.
Le lendemain matin, Sakura est impatiente de voir Seiji. Elle espère qu'une bonne nuit de sommeil lui a fait reconsidérer sa proposition.
- Bonjour Seiji, l'accueille-t-elle dès qu'il vient déposer son petit déjeuner par la trappe de sa porte.
Il ne répond pas. "C'est mauvais signe ça…"
- Tu as réfléchi à ce que je t'ai dit ? tente-t-elle.
- Arrête, ça ne sert à rien de lutter contre eux.
- Mais… commence-t-elle.
Sans lui laisser le temps de finir sa phrase, il repart avec hâte. Elle qui pensait avoir réussi à lui faire changer de camp, c'est raté. Elle se morfond en se calant au fond de son matelas contre le mur. Comment Kakashi se débrouille-t-il ? Est-ce qu'il a pu venir à bout des mercenaires envoyés pour le tuer ? Est-ce qu'il pense à elle ? Elle sait qu'elle doit oublier ce qu'il s'est passé entre eux, mais une partie d'elle n'en a pas envie, même s'il l'a rejetée.
Plusieurs heures passent avant qu'elle ne revoie Seiji. Puis, il vient la chercher pour une séance de jeux avec Enko. Sakura est contrariée à l'idée d'être à nouveau changée en poupée. Cette situation ridicule ne peut pas durer.
- Seiji, chuchote-t-elle. Il faut que tu m'aides. Je peux sauver tout le monde, mais j'ai besoin que tu me libères de ce bracelet.
Il ne lui répond pas et la conduit dans la grande loge où se trouvent deux autres femmes et un homme. Ça alors, elle n'en revient pas. Il n'y a donc pas que des femmes parmi les personnes qui ont été enlevées.
Néanmoins, Sakura comprend vite le but de la présence d'hommes ici. Il faut bien un prince charmant pour agrémenter les fantasmes enfantins de la fillette. Et Sakura admet pour elle-même que celui-ci est vraiment beau garçon. Dans l'histoire inventée par la fillette, il joue le rôle de son prétendant, Sakura étant évidemment la jolie princesse martyrisée par des concurrentes aussi jalouses que méchantes. Ses cheveux roses sont moqués par les deux mégères mais le gentil prince la défend et lui assure qu'elle est la plus belle créature qu'il lui ai été donné de voir.
L'histoire est d'une stupidité effarante et Sakura ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel à plusieurs reprises. Après un temps infini, Miro vient récupérer sa fille pour le déjeuner ce qui libère les poupées qui peuvent ainsi regagner leur cellule minable. Depuis combien de temps toutes ces personnes doivent subir ça ? Pas étonnant qu'elles aient perdu le goût de se battre. La lassitude, l'ennui et le désespoir sont leur quotidien.
Seiji est toujours aussi peu bavard. Sakura essaye de le faire parler pour qu'il s'ouvre à nouveau à elle, mais rien à faire, il reste de marbre. Au moment où il récupère son plateau du midi elle tente à présent de l'apitoyer.
- Tu as conscience que toutes ces personnes ont une vie qui les attend dehors ? Il ne s'agit pas juste de moi, de toi, ni même de ta sœur. Elles ont des mères, des pères, des amis qui se morfondent en ignorant tout de ce qu'elles sont devenues. Tu ne peux pas ne rien faire.
Il la fusille du regard.
- Qu'est-ce que tu crois ? Bien sûr que je m'en rends compte. Mais on ne peut rien faire.
- Tu es un ninja toi aussi, non ?
- Pas vraiment. J'ai commencé ma formation mais me suis vite arrêté. C'était trop difficile…
"Super ! C'est un lâche ! Je comprends mieux pourquoi il n'a pas bougé le petit doigt."
- Tu sais malaxer le chakra, donc tu dois avoir des connaissances en ninjutsu.
- Je ne connais pas beaucoup de techniques. Les barrières de chakra que je crée, c'est un héritage familial. Mon père me les a apprises quand j'étais petit.
- Tu as donc une famille, s'étonne-t-elle.
- J'avais une famille. Mes parents sont morts pendant la guerre. Il ne reste que ma sœur et moi. Elle a à peine quinze ans et vit seule, aidée par quelques voisins. C'est pour ça que j'ai besoin de gagner beaucoup d'argent.
Sakura admet volontiers que sa situation est compliquée. Il a dû vivre des moments très durs. Maintenant, elle doit tourner ça à son avantage. Et pour ça, elle doit en révéler un peu plus sur elle.
- Écoute Seiji. Même si je n'en ai pas l'air, je suis très forte. J'étais l'apprentie de l'hokage et je me suis battue pendant la guerre. J'ai affronté Kaguya en personne avec l'aide de mon équipe. Tu as dû entendre parler de Naruto, non ? Le héros de guerre. C'est mon coéquipier depuis l'académie. Je suis en capacité de nous sortir de là.
Elle use d'un peu de manipulation en utilisant le "nous" afin d'inclure Seiji aux victimes de Sanaka, le ralliant d'office à sa cause et lui montrant qu'elle va également le protéger lui.
- Je peux arrêter toute cette mascarade. Pour ça j'ai juste besoin d'un petit coup de pouce de ta part. Avec ce bracelet je ne peux rien faire. Retire-le-moi au bon moment et je m'occupe du reste.
A ce moment-là, des pas résonnent dans le couloir et Sakura arrête net de parler. Edo Chian apparaît devant sa porte et arbore un large sourire.
- Mademoiselle Ran, susurre-t-il. Je suis vraiment ravi de vous revoir. Vous avez l'air en forme.
Quelque chose dans le ton qu'il emploi et son regard ne lui dit rien qui vaille.
- Que faites-vous là ? Vous allez me faire libérer ? tente-t-elle.
- J'ai bien peur que non, répond-il avec une légère grimace désolée. Disons que je viens pour… vous consoler de votre malheur.
Un frisson parcourt l'échine de la pauvre kunoichi. Oh non… Non non non. Pas ça. D'un coup, elle se souvient de ce qu'avait dit Sanaka à Edo la veille, qu'il profitait largement de tout ça et que ce qu'il faisait était même pire. Cela voulait-il dire que…
- Ouvre la porte, petit et referme derrière moi, ordonne-t-il à Seiji sans quitter Sakura de son regard vicieux.
Il viole ces pauvres femmes qui n'ont aucun moyen de se défendre. Ce porc protège Sanaka en échange de faveurs sexuelles de la part des prisonnières. Voilà qui expliquait encore plus l'état léthargique des femmes qu'elle avait croisées. Combien de fois se sont-elles fait violer ? Il leur était même impossible de lui mettre une simple gifle.
- Non ! Ne lui ouvre pas ! supplie-t-elle Seiji sous le rire d'Edo.
- Allons allons, ça ne sert à rien de résister, tu as bien compris ce qui allait se passer. Je dois dire que j'ai eu envie de te baiser à la minute où je t'ai aperçue chez Vanda. Voilà une occasion que je ne peux pas manquer. Allez, ouvre-moi, gamin !
- Non Seiji ! J't'en prie. T'as pas le droit de le laisser faire ça. En ton âme et conscience tu ne peux pas le laisser faire ça !
Edo fronce les sourcils et attrape le jeune homme par le col de son pull.
- Écoute-moi bien, gamin, tu dois m'obéir sinon ton maître sera fort fâché après toi. Et tu n'as pas envie qu'il te punisse, n'est-ce pas ?
- En effet, je n'ai pas envie de lui déplaire.
- Alors ouvre cette porte ! hurle-t-il.
- Néanmoins, il ne faut pas oublier que je suis essentiel ici. Mon don permet de maintenir les captives sous contrôle. Je ne pense pas que le maître pourrait me remplacer facilement.
Edo fronce les sourcils et grimace, visiblement furieux de l'attitude du jeune homme.
- Tu es tombé amoureux de cette pétasse, c'est ça ?
- Ça n'a rien à voir.
- Jamais tu ne m'avais tenu tête avant, c'est que tu dois en pincer pour elle.
- Ou bien peut-être que votre manège me dégoûte tellement que je ne peux plus le supporter.
- Vois-tu, petit, mon rôle ici est aussi essentiel. Sans moi, vous allez tous croupir en taule jusqu'à la fin de vos jours ! C'est moi qui vous protège de la police ! Je sais quelles pattes graisser et lesquelles couper. On va voir qui de toi ou moi est le plus essentiel du point de vu de ton maître, termine-t-il en s'éloignant à pas rapides.
Sakura relâche enfin la respiration qu'elle n'avait pas conscience de retenir. Elle plonge ses grands yeux verts dans les prunelles violettes de Seiji.
- Merci infiniment Seiji. Tu m'as sauvée sur ce coup.
Il pince légèrement ses lèvres en hochant la tête. Il se retourne pour partir quand elle le rappelle.
- On ne peut pas le laisser faire ça. Il viole ces femmes ! Leur sort n'est-il pas déjà suffisamment misérable comme ça ? Je comprends mieux maintenant leurs expressions abattues. Elles perdent complètement le contrôle de leur corps à tous les niveaux. C'est extrêmement dégradant et je n'imagine même pas leur état émotionnel. Il faut vite les sortir d'ici, Seiji ! S'il te plaît… J'ai besoin de toi !
Il ferme les yeux, la mâchoire crispée.
- J'peux pas t'aider. Je suis désolé...
En fin d'après-midi, si Sakura se basait sur le rythme des repas distribués, Seiji revient la chercher pour une autre séance de jeux. Cette fois, la kunoichi incarne une mannequin et actrice qui se change en super héroïne grâce à une amulette autour du cou. Elle porte une robe patineuse rouge qui souligne à merveille sa taille fine et met en valeur la chute de ses reins.
Encore une fois, l'histoire est assez pathétique et simplette et Sakura joue le rôle de la gentille héroïne adulée de tous. Pour la première fois, c'est Ayumi Kudo qui est avec elle, la fameuse jeune fille qui a déclenché cette mission. Elle a le rôle de la méchante qui essaye de détruire l'héroïne parce qu'elle ose être plus belle qu'elle. La petite Enko a l'air complètement extatique et ne peut s'empêcher de crier et sauter sur place en manipulant ses poupées.
La séance terminée, elle retourne dans la loge avec Ayumi et Seiji. Sakura essaye de discuter avec la jeune femme qui se dérobe à ses questions. La kunoichi n'a pas le temps d'insister que Iori déboule dans la pièce pour dire à Seiji que le maître le demande. Le jeune garçon s'étonne et jette un regard interrogateur à Sakura avant de faire ce qui lui est demandé.
Iori arbore un large sourire puis attrape le bras d'Ayumi.
- Allez, il est temps que tu retournes dans ta cellule.
- Mais, je n'ai pas fini de…
- La ferme ! Tu fais ce que j'te dis.
Et ils quittent la loge juste après que Iori regarde Sakura avec un petit sourire narquois. La jeune femme a un mauvais pressentiment. Pourquoi la laisse-t-il seule sans surveillance ?
En effet, à peine quelques secondes plus tard, la porte s'ouvre à nouveau et Sakura voit entrer avec effroi nul autre qu'Edo Chian.
- Nous voilà enfin seul ma jolie, ricane-t-il.
Sakura est terrorisée. Sans Seiji pour l'aider, il peut faire d'elle tout ce qu'il veut. Instinctivement, elle touche le bracelet à son poignet. Son geste ne passe pas inaperçu et Edo sourit de plus belle.
- Eh oui. J'ai bien peur que tu ne sois entièrement à ma merci cette fois. Ce sale gamin ne pourra pas te sauver.
- Non ! N'approchez pas ! crie-t-elle d'une voix faible.
Il se jette sur elle et la jeune femme essaye de toutes ses forces de le repousser. Un rire démoniaque retentit à la vue de ses vaines tentatives pour lui échapper. Il joue même un peu avec elle, lui faisant croire qu'elle réussit à se libérer avant de la bloquer contre lui.
- Allez ma petite. Il est temps de passer à la casserole comme on dit. Laisse-toi faire et il se pourrait que tu aimes ça.
- Jamais ! hurle-t-elle.
Il la renverse sur la coiffeuse, son buste collé contre le bois dur. Puis il frotte la bosse de son sexe bandé contre ses fesses tout en faisant courir ses mains sur son corps. Elle est totalement impuissante et des larmes commencent à inonder ses joues. Il relève ensuite le bas de sa robe rouge et empoigne brutalement ses fesses.
- J'adore ton petit cul bien ferme. J'ai tellement hâte d'y engouffrer ma bite.
- Ne me touchez pasi ! hurle-t-elle. Allez-vous-en ! Au secours ! crie-t-elle sous les ricanements sadiques du pervers collé à elle.
- T'aimerais ça, hein ? T'aimerais que je t'ouvre le cul ?
- J'vous en supplie, laissez-moi, demande-t-elle pitoyablement.
- Oh… Tu sais bien qu'il n'y a rien que tu puisses dire ou faire pour m'arrêter. Mais je suis un homme bon et je vais d'abord commencer par ta chatte. Si tu es une bonne fille je m'arrêterai peut-être là pour aujourd'hui.
- Non ! Non !
D'une main, il fait glisser sa culotte le long de ses cuisses et écarte ses jambes sans ménagement. Puis elle entend le bruit caractéristique d'une braguette se baisser. Elle crie et hurle autant qu'elle peut pour tenter vainement de le stopper.
Soudain, la porte s'ouvre dans un grand fracas.
- Mais qu'est-ce qu… commence à s'indigner son tortionnaire.
Sakura tourne la tête et aperçoit un masque de loup à travers ses larmes. Son cœur manque un battement.
- Kakashi !
Note de l'auteur : TADAAAAAA ! Alors ? Est-ce que ça vous plaît ? Vous n'êtes pas trop déçu ? Laissez-moi tout plein de comm pour me dire ce que vous en pensez.
Et restez à l'abri chez vous à lire des fanfics !
