Je courais, le souffle haletant, puisant dans ce qu'il me semblait, mes dernières forces à chaque enjambées supplémentaires. Mon cœur battait fort dans ma poitrine, ma gorge sèche me brûlait à chaque inspiration. Mais je devais fuir, me cacher et vite ! Dudley et ses sbires me poursuivaient, quelques mètres derrières moi. Ils avaient inventé un nouveau jeu, très drôle excepté pour moi qui jouait le rôle de la souris. La chasse au Harry. D'abord poursuivis jusqu'à ce qu'ils m'attrapent, je me faisais ensuite rué de coup jusqu'à ce que je ne puisse plus bouger.
Augmentant l'allure, je m'infiltra dans un passage entre deux maison. Mais rapidement je ne pus plus fuir, un mur se dressait sur mon chemin. Paniqué, le dos au mur, je ne pus que voir mes bourreaux se rapprocher. Je ferma les yeux, souhaitant être autre part, n'importe où mais pas ici.
Me voyant coincé, ils ralentirent le pas, rigolant bien que trempé de sueur et les joues rouges. Et alors qu'ils arrivèrent sur moi j'eus la désagréable sensation qu'une force me tirait par le nombril pour m'aspirer tout entier dans un minuscule tuyau. Lorsque je rouvris les yeux, j'étais dans le parc, celui près de la maison de Vernon. Et le principal, j'étais entier et sauf.
Quelques minutes plus tard, Mort me rejoignit. Mort ne pouvait intervenir dans les affaires des humains, en réalité elle ne pouvait même pas les toucher sans extraire leur âme. J'étais l'exception à cette règle. Mort ne parlait pas, pas à proprement parler, elle ne formulait pas des phrases avec des mots. Mais parfois je la sentait dans mon esprit, comme un chatouillis à l'intérieur de ma tête, elle me fait ainsi passer des images et des concepts, des idées et des pensées. Encore à cette époque elle me nourrissait régulièrement de son essence et de son énergie favorisant ainsi la communication entre nos deux esprit.
Ma magie par ailleurs ne se faisait que plus puissante et présente au fur et à mesure que je grandissais. Il était maintenant d'une simplicité enfantine de faire apparaître dans mon placard de la lumière pour pouvoir lire les nombreux livres que je volais à droite à gauche. De faire disparaître de la nourriture sur la table des Dursley pour la faire apparaître dans ma main sans qu'ils ne se rendent compte de rien. De faire mal aux autres enfants qui m'embêtaient à l'école, ou encore de tuer le chien de la sœur à Vernon quand il a voulu me mordre.
Il me suffisait de le vouloir pour que ça soit fait. Mais les frayeurs restent ancrées au plus profond de soi et trop souvent je me retrouvais démunis face à mes agresseurs, ne pouvant que fuir. Je me détestais pour la faiblesse de mon esprit, pour la faiblesse de mon corps. Je me détestais pour la faiblesse de mon cœur. Je sentais la colère et la haine me submerger perdant alors le contrôle sur mon propre corps, un froid brûlant m'entourant.
Mort peinait quelques fois à me calmer. Alors c'est tout naturellement, que chaque soir, elle me faisait asseoir sur mon matelas, ses orbites vides fixés dans mes yeux verts. Je sentais le chatouillis si familier de sa présence dans mon esprit, ensuite vinrent les images. Ces images qui me mettaient hors de moi, je me sentais à chaque fois bouillir de l'intérieur, haine, colère.
'MAÎTRISE', qu'elle me répondait alors. Et j'essayais toujours un peu plus fort de me débarrasser de ces sentiments inutiles, de les barricader dans un coin de ma tête. Mais ils revenaient plus grand encore.
'CONTRÔLE', et elle recommençait, m'envoyant toujours plus de ces infectes souvenirs.
Cela me prit des mois pour me débarrasser complètement de ces émotions. Au lieu de les combattre comme je le faisais au début, j'appris à les analyser, les disséquer, pour ensuite détruire une à une les chaînes qui me contrôlaient. Ce ne fut pas la chose la plus facile à faire, je dû à chaque étape me demander pourquoi. Pourquoi je réagis comme ça à tel moment ? Pourquoi tel mot me met hors de moi ?
Que serais je devenu sans Mort ? Un gamin totalement dirigé par ses émotions ?
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A partir de cette période, ma vie devint infiniment plus simple. Je pus sans qu'il m'en coûte rien fermer les oreilles aux moqueries et aux railleries des autres enfants, ne porter aucune attention à leurs blagues débiles, les évitant juste du mieux que je pouvais sans rechercher la vengeance sous le coup de la colère. Non, car une autre chose que Mort m'a appris c'est bien que la vengeance est un plat qui se mange froid, et dans ce cas ci, glacial.
Je ne détestais, ni n'aimais, les choses se déroulaient dans ma vie comme une succession d'actions sans aucun intérêt. Je m'ennuyais beaucoup, il fallait le dire. Je passais le temps qu'il me restait après mes corvées à lire, bien vite je supprima les romans de ma liste de lecture, trop prévisible, trop sentimentale. Les livres scientifiques ne firent pas non plus long feu, bien qu'ils durèrent bien plus longtemps que les livres d'histoires.
J'entraînais alors ma magie, essayant de nouvelles choses, je me découvris une prédisposition particulière à l'eau et plus particulièrement à la glace. Je fis tomber de la neige en mois de mars dans mon placard, chose qui me laissât sans voix quelques minutes.
Quand même la pratique de ma magie devint lassante, je m'en servis pour préparer quelques vengeances personnelles. Il fallait que ça ait l'air d'accidents, il me fallait donc des plans. Dans un premier temps je me concentra sur Vernon et Pétunia. Pensant à quelque chose de douloureux mais non mortel, j'esquissa un sourire quand la solution se présenta à mon esprit. Un accident de voiture car voyait vous il m'était difficile de croire que mes parents eurent périt tout les deux dans un tel accident et qu'il ne m'ait rien arrivé au part cette petite cicatrice. Et quelque chose d'encore plus profond, me criait au mensonge.
Maintenant restait a savoir comment provoquer un accident. La réponse fut des plus évidente. Alors j'agis un samedi, car comme tout les samedi, les Dusley conduisaient Dudley à la piscine où il rejoignait ses amis. Ils empruntaient inlassablement le même chemin, à la même heure. Sur le chemin du retour cependant cette fois là, Vernon roula sur une plaque de givre, perdant ainsi le contrôle de sa voiture qui glissa sur la plaque pour se retrouver au milieu de la route où un autre automobiliste les percuta assez violemment. Avec un sourire je réapparus dans mon placard, planifiant déjà ma seconde vengeance.
Les Dursley furent transportés à l'hôpital où ils y restèrent plusieurs jours. Pétunia s'en tira avec un bras fracturé et des côtes cassées mais Vernon, lui, ne pourra jamais plus se lever de sa chaise roulante. Oui, la vengeance a du bon.
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Plusieurs mois passèrent avant que je ne mis à exécution mon second plan, essentiellement par soucis de prudence et de recherche. En effet, je comptais empoisonner toute mon école, en glissant quelque chose dans le repas de la cantine. Il me fallait donc m'entraîner à modifier une molécule pour en créer une autre, je ne réussi cette petite merveille d'ingéniosité que grâce aux connaissances de chimie déjà acquises par le passé. Les test durèrent plusieurs semaines, pendant lesquels je me fis généreux de nourrir les pauvres chats de la voisines d'en face. Les résultats parurent satisfaisants.
Le lundi qui suivit vit dans l'après midi, la plus grosse épidémie de gastro de l'école. Les élèves et les professeurs se jetèrent dans les toilettes qui devinrent vite saturées. Les odeurs plus nauséabondes les unes que les autres s'élevèrent déjà. N'ayant aucune envie d'assister à ce spectacle je rentra calmement.
Il n'eut pas cours de toute la semaine.
Ma toute dernière vengeance concernait Dudley. Je laissa passer un an et quelques mois après la scène à l'école, pour être sûr. Car personne ne devait se douter que j'y étais pour quelques chose, jamais. Plus les mois passèrent et plus j'en devenais presque impatient, comme un gamin attendant Noël. Je ne pris que quelques mois pour maîtriser la création du charme que j'allais utiliser. D'ailleurs Mort, fut d'une grande aide dans cette dernière. Malgré cela j'étais décider à attendre que les choses se tassent et que les gens oublient.
Et le jour arriva, en plein mois de février, la neige virevoltant entre les branches nus des arbres emportée par le vent froid de l'Est. J'aimais le froid, je me sentais bien quand elle attaquait ma peau et s'infiltrait dans ma chair, cela me rappelait Mort d'une certaine manière. Il était alors tout naturel que mon chef d'oeuvre prenne place en hiver.
J'attendis que la journée d'école se termine et je fis mine comme d'habitude de rentrer, faisant bien attention a ce que Pétunia me voit m'enfermer dans mon placard. Mais une fois à l'intérieur, j'apparu dans un pop dans le parc où je savais que Dudley y serai. J'avais même préparer un abri en haut d'un arbre un peu éloigner pour être sûr de ne pas être vu. Après une inspection brève des environs, je me concentra pour faire apparaître un loup fait de glace et de neige. Ce genre d'apparition me demandaient beaucoup d'énergie et de concentration.
Les enfants n'ayant toujours rien remarqué continuèrent de jouer, inconscient. Jusqu'à ce qu'un cri s'éleva, excessivement aigu surtout lorsque je vis qu'il fut poussé par un garçon. Ils commencèrent à courir dans tout les sens, embrouillant quelque peu les sens du loup. Mais un fois la cible trouvée, le loup fonça dans le tas, et enfonça sa mâchoire profondément dans le mollet d'un garçon gras qui tomba dans un bruit sourd étouffé par la neige. Criant pour sa vie aucun de ses amis ne se retourna, courant pour sauver la leurs.
Du haut de mon perchoir j'avais une superbe vue. Le calvaire de Dudley dura plusieurs minutes qui, sûrement, lui sembla des heures. Le clouant au sol de son poids, le loup donna un premier coup de croc dans l'abdomen du pauvre garçon qui criait encore à la mort. De mon côté je ne pus que trouver fascinant la couleur rouge du sang se mêlant à la blancheur de la neige. Le loup continua sa tâche, et mordis encore et encore jusqu'à mettre à jour les entrailles sanglantes. Une fois que ce fut fait il s'arrêta, jeta un regard sur les quelques personnes qui accouraient par là et s'engouffra derrière des fourrés où je le fis disparaître.
Dudley n'était pas encore mort, les intestins tâchant le sol, il gémissait des propos incohérents, son sang se vidant de tout les cotés. Quand les ambulances arrivèrent, il était déjà trop tard pour le sauver.
Je réapparu dans mon placard et ne fus jamais suspecter. Pendant plusieurs semaines, il y eut de équipes qui virent pour tenté d'abattre le loup, mais personne ne le revit jamais. La terreur était présente dans chaque maison, les enfants ne sortaient plus jouer et les adultes redoutaient une nouvelle apparition du loup. Dudley fut enterré, et je retourna à ma vie des plus ennuyante.
Je pensais être lassé de tout, que rien ne pourrait plus m'étonner ou me sortir de la torpeur dans laquelle mon cerveau s'installa.
Mais un mois avant mes onze, quelques mois après l''incident' du loup, un chose des plus surprenante se produisit. Un hiboux me tendis une lettre, il me Tendis la lettre, du jamais vu. Déchirant méthodiquement l'enveloppe, je pris connaissance du contenu qui se révéla être des plus intrigant.
