J'appris que j'étais en quelque sorte une célébrité pour avoir vaincu un vilain mage noir. Je soupirais mentalement devant tout ces clichés. Il y a longtemps que je savais que le monde n'était pas soit noir soit blanc, et que toute chose dépendait généralement du point de vue par lequel on se positionnait. Et que la morale n'était qu'un moyen pervers pour obtenir un certains contrôle sur la masse au même titre que la religion.
Ramenant mes cheveux vers l'avant, je cachais du mieux que je pouvais ma cicatrice. Je décidais dans un premier temps de m'acheter de nouveau vêtements, que les gens arrête de me regarder comme si j'étais une sorte de mendiant. Je rentra dans le premier magasin qui en vendait.
J'attendis patiemment que la dame finisse avec un garçon qui semblait avoir mon âge, tout en laissant mon regard vagabonder sur les différents articles. Lorsque ce fus mon tour, elle me demanda d'une voix chaleureuse:
-"C'est pour Poudlard mon garçon ?"
-"Oui, Madame, j'aimerais aussi me procurer de quoi renouveler entièrement ma garde robe"
Elle prit mes mesures, nous discutâmes de matières et de couleurs, me proposant des articles de toutes sortes. Je choisis surtout du confortable me moquant de la 'mode' actuel. Je paya pour les vêtements que je revêtis de suite, trop heureux de me débarrasser des vielles loques de Dudley, et lui promis de revenir d'ici la fin d'après midi récupérer le reste.
Me voila donc habiller d'un pantalon blanc ample style jogging et d'un simple t-shirt noir.
Ma deuxième destination fut la librairie, combler les lacunes que j'eus de ce monde devenait une priorité. Je sélectionna dans un premier temps tout les livres nécessaire pour Poudlard, pour ensuite flâner dans le magasin, parcourant tout les rayons. J'acheta des livres de sujets diverses et variés qui arrivèrent à retenir mon attention. Je passa à la caisse, paya et accepta de bonne grâce que le vendeur me rétrécisse mes livres, que je pus ensuite glisser dans ma poche.
Notant mentalement que tout les sorciers semblait avoir recourt a une baguette afin de pratiquer la magie je décidais de m'en procurer une, même si cela ne me semblait pas nécessaire.
Le seul vendeur de baguette de tout l'allée s'appelait Ollivander, en rentrant dans son magasin une forte odeur de poussière m'assaillit les narines et l'obscurité environnant me rappelait mon placard. Je sonnais la petite cloche posée sur le comptoir, ne voyant personne. Quelques secondes plus tard, un vieil homme apparut, il avait des cheveux blanc qui semblèrent défier les lois de la gravité et les yeux bleus les plus perçant que j'eu jamais vu de ma vie.
-"Et bien, et bien qui avons nous là ?"
Devais-je mentir ? Lui cacher mon identité ? Je décida de rester dans l'anonymat.
-"Hadrian Smith, Monsieur"
-"Première baguette, Mr Smith ?"
J'acquiesça d'un signe de tête. Il me dévisagea longuement avant bifurquer dans un coin de sa boutique tapotant distraitement les boites devant lui. Il en sorti une, et me la tendis. D'un mouvement de baguette les boites sortirent soudainement de leur tiroir comme entraînées par un vent violent. Je reposa la baguette sans plus de cérémonie.
Des dizaines de baguettes passèrent entre mes mains, provoquant chacune plus ou moins de dégâts dans la pauvre boutique.
-"Vous êtes un cas difficile, Mr Smith", puis passant ses doigts sur son menton il ajouta pour lui même "je peux toujours essayer".
Il disparut à l'arrière de sa boutique d'où il rapporta une vieille boîte empoussiérée. Il l'ouvrit, alors que celle ci tombait presque en lambeaux dans ses mains. Il me tendit la baguette qui se mit à crépiter doucement entre mes doigts.
-"Ceci", en la fixant, "est une baguette fabriqué par mon arrière-arrière-arrière grand mère, une femme n'ayant jamais eu toute sa tête, vous pouvez me croire, mais une femme remarquable tout de même. Elle aimait expérimenter, il y eu beaucoup d'échec et j'ai toujours pensais que cette la en était une également."
-"De quoi est-elle faite, Monsieur ?"
-"Le bois est de l'ébène, mais de l'ébène mort, d'où sa couleur grise," il semblait de plus en plus perplexe "jamais une baguette n'eut été faite de bois mort, aucune magie n'y trouverait compatibilité." et sa voix montait en crescendo comme prit d'une nouvelle exaltation "Et l'intérieur, Mr Smith, le cœur de cette baguette est parfaitement vide, il est dit dans ma famille, qu'elle réussit à emprisonner une ombre à l'intérieur. Une ombre ! Moi même, après des années de recherches et d'essais je n'ai jamais pu arriver à un résultat un tant soit peu concluant." puis comme soudain épuisé, sa voix se fit murmure, "le regret de ma vie, je dois avouer."
Je regardais le vieil homme qui lui aussi ne semblait ne plus avoir toute sa tête, rangea ma baguette, paya, et le laissa à ses tristes et mélancoliques pensées.
Du bois mort, encore un coup de Mort, pensais-je en soupirant. A quel point à tel avait-elle affecté ma magie ? Je ne lui en voulais pas, mais cacher ses petites particularités aller s'avérer difficile, encore heureux que j'eus caché ma véritable identité à Ollivander. Déjà ennuyé par une célébrité non désiré, je ne voulais en aucun cas que Mort soit découverte. La catastrophe que cela serait.
Je finissais mes achats en passant par l'apothicaire, où je pris mes dernières fournitures ainsi qu'une malle. Regardant avec dédain les plumes achetés, je me promis que dès que j'aurais le temps je passerai dans une boutique non-sorcière m'acheter des stylos, bien plus pratique à mon goût.
Relisant une dernière fois ma liste, vérifiant n'avoir rien oublié, je me frappa mentalement en me remémorant quelque chose "nous attendons votre hiboux le 31 juillet au plus tard". Bon au moins ce ne sont pas des pigeons qui font office de facteur !
Je me rendis donc à l'animalerie, souriant de bon gré. Mort resta à l'extérieur pour ne pas effrayer les pauvres animaux beaucoup plus sensible à sa présence. Malgré mon aversion pour les êtres humains, je me suis parfois laissé surprendre par une tendresse à l'égard des animaux. Il est vrai que j'ai tué le chien de Marge, mais c'était mérité, le chien ne valait pas mieux que la maîtresse. J'ai aussi rendu quelques chats malades mais c'était tout, il s'en sont remis pour la plupart.
Retournant à mes hiboux, j'avais un large choix d'espèces et de couleurs, mais je ne pouvais détourner mes yeux du corbeaux se trouvant dans un coin, apparemment seul. Je m'approcha et je reçu de sa part un regard méprisant, stupéfié par la beauté de son plumage noir je ne pus m'empêcher d'essayer de le toucher en murmurant un petit "mais que t'es mignon, toi". Je reçu en réponse un cou de bec bien placé. Le doigt en sang, je le mis dans ma bouche. Je sursauta légèrement lorsque qu'un voix interrompit mes pensées.
-"Il n'est pas très commode celui là, gamin" me dit le vendeur qui s'était rapproché. "Il a un sale caractère, d'ailleurs je doute qu'on me l'achète un jour."
-"Il distribue les lettres comme les hiboux ?" lui demandais-je d'une voix innocente.
-"Oui, mais..."
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que je lançais "Je le prend !"
Bien trop content de s'en débarrasser, le vendeur ne fit aucun autre commentaire. Je posais le corbeau sur le comptoir et continua mon exploration. Je discuta tranquillement avec quelques serpents mais aucun n'éveilla mon intérêt. Je passais dans le secteur réservé aux félins lorsque j'entendis un sifflement de serpent, me rapprochant pour mieux entendre je tomba nez à nez avec un chat. Son pelage d'un blanc immaculé n'était taché que par une importante abondance de noir sur la majeur partie de sa gueule, à l'image d'un siamois. Ses poils longs semblais flotter dans l'air. Ses yeux perçant me fixait, quand soudain, de sa bouche sortie une langue pareil aux serpents.
§Il ne sais encore rien§
§Qu'est ce que je ne sais pas ?§
§Le temps n'est pas venu, les mots ne servent à rien§
Aux autres questions que je lui posèrent, je n'eus de réponse que le silence, pendant qu'il se réinstallait dans sa cage, visiblement prêt à dormir. Agacé, je retourna au comptoir, bien décidé à partir mais au dernier moment, je retourna pour prendre avec moi la cage du siamois.
-"Combien pour les deux, s'il vous plaît ?"
Il m'indiqua un prix que je négocia et partis. Maintenant encombré de deux cages, qui n'étaient pas des plus légères, je me rendis compte que l'après midi touchait à sa fin. Je me rendis alors à la boutique récupérer mes vêtements, qui une fois rétrécis, furent placé dans ma poche.
Après cette journée, il fut inconcevable pour moi de retourner chez les Dursley, quitte à dormir dans la rue. Je repéra un bar/ auberge, Le Chaudron Baveur, et m'y engouffra prestement. Je demanda à louer une chambre pour le reste de l'été. Je dus inventer une sombre histoire de parents moldus et malades, incapables de me ramener pour la rentrée, le tout agrémenté d'yeux larmoyants et d'un air angélique.
Il ne pu me le refuser, et quelques minutes plus tard j'atterris dans ma chambre, au second étage. Je m'affala peu élégamment sur mon matelas soudain pris d'une fatigue immense. Je m'endormis tout habillé ignorant royalement le croassement du corbeau et les sifflements du chat réclamant à manger. Ils attendront demain.
Un petit message de remercie à lesaccrosdelamerceri pour ses encouragements.
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