Les jours qui suivirent furent des plus intéressants, finis les jours répétitifs sans rien faire, fini l'ennui de mes premières années. Le monde que je découvrais peu à peu était radicalement nouveau. Tout les jours j'apprenais, je renaissais. Je me sentais comme un aveugle voyant pour la première fois. Comme un estropié marchant pour la première fois. Tout avait maintenant une saveur différente.

Après des heures et des heures de vagabondage, je connaissais les moindres recoins, les moindres allées, les moindres détours de ce que je savais maintenant être le Chemin de Traverse. Les magasins n'avaient plus de secrets.

Je marchais comme à mon habitude lorsque je remarqua un détroit sombre que je n'avais jamais emprunté jusqu'à là, un sourire se dessina sur mon visage. Le passage menait sur d'autres, tous plus obscurs les uns que les autres. A peine rentré que je remarqua le changement radical de température entre ces allées et le Chemin de Traverse. Le soleil ne filtrait pas de par l'étroitesse entre les bâtiments. Les gens, tous habillés de vêtements sombre, se cachaient le visage sous d'ample cape, murmuraient tout bas et se faufilaient plus qu'ils ne marchaient.

Les magasins y étaient glauques, revêtant d'obscurs noms. En m'aventurant plus loin, je découvris mile et une chose que je n'avais jamais vu dans l'allée principale. Les livres y étaient plus variés, traitant de sujets plus 'noir', mais tout aussi fascinant. Je me procura d'ailleurs de nombreux livres dans un de ces magasins. Le vendeur me regarda à peine quand je vins payer mais renifla sous la charge de travail, se levant péniblement de sa chaise. Je sortis du magasins mes achats dans la poche.

Toujours à mon exploration, détaillant chaque objet nouveaux, je ne vis pas l'ombre se faufiler derrière moi. Soudainement mon corps fut plaqué contre un autre, ma bouche enserré par des doigts pâle, m'empêchant de dire un mot. Je fus traînait dans un recoin sombre entre deux magasins, le lieu était vide et sale. Sa main toujours contre ma bouche, il me projeta rudement contre un mur où il m'y maintient pendant que sa baguette s'enfonçait douloureusement contre ma gorge.

-"Ta vie ou tes galions petit !" asséna l'homme devant moi. Il était grand et maigre. Sa peau était livide et ses yeux creux. Il ne semblait pas pouvoir rester sur place, se balançant d'une jambes à l'autre, le regard fuyant. Sa respiration était rapide et de sa bouche émanait une odeur fétide.

-"Ne me fait pas répéter ! Je t'ai vu, je l'ai vu, ta sacoche pleine de galions" enfonçant plus profondément sa baguette dans ma gorge.

Les yeux affolés je cherchais Mort du regard. Elle était là comme toujours mais ne semblait pas décider à m'aider. Soit ! J'ouvris la bouche comme je pus et mordis férocement les doigts à ma portée. L'homme relâcha sa poigne, surpris mais, l'instant d'après, me frappa d'un coup sec le visage. Il grognait des paroles incohérentes et chercha à raffermir sa prise sur mon corps. Mais je ne lui laissa pas le temps, me déplaçant sur le côté. Sa main saignait maintenant abondamment et profitant d'un moment d'inattention, pendant lequel il essuya sa main sur sa robe, je fonça sur lui en y mettant toutes mes forces. J'arriva à le déséquilibrer et il tomba au sol m'entraînant dans sa chute. Sa baguette roulant non loin de là. Mais malgré sa maigreur, il restait plus fort et retourna la situation en me plaquant à terre à mon tour, m'écrasant le ventre de son genou. Dans un élan désespéré, j'empoigna son visage de ma main libre et libéra autant de magie que je pus.

L'homme se mit soudainement à hurler de douleur, sa voix résonnait contre les parois alentour rendant son hurlement comme sorti d'outre tombe. La peau de son visage s'effritait comme du papier rongé par le feu mais de son corps brûlant, je ne sentais que des vagues d'air glacées. Ses yeux devenus liquides, il ne fus plus possible de distingué la rétine et la pupille qui se confondaient avec le blanc de l'œil pour ne former qu'un amas grisâtre. Puis, dans un ploc écœurant, ils explosèrent, répondant leurs substances froides sur mon visage. Les os se désintégrèrent également, répandant une odeur de cendre dans l'air. Je fus taché par le sang qui s'écoulait maintenant librement des plaies béantes de l'homme.

Il s'arrêta brutalement de crier et son corps tangua de bas en haut avant tomber en avant. Je l'esquiva de peu, me roulant légèrement sur le côté et me débarrassa des bras et des jambes qui m'encombraient encore avant de me relever. Mort m'enveloppant dans sa cape, me nettoya le visage et je pus sentir sa fierté rayonnant autour d'elle. Je ne m'étais pas laissé prendre par mes émotions et je suis sorti vainqueur. Après tout 'tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort'.

Invisible, je sortis de là sans même un dernier regard pour l'homme sur le sol, évitant les curieux qui se rapprochaient et retourna à ma chambre.

Je sortis les livres de ma poche, les rendant leur taille normal, je les posèrent sur mon bureau. Avant tout une douche n'imposait.


HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH


L'été passa rapidement, trop rapidement à mon goût. Lorsque je n'était pas dehors à explorer aussi bien le côté clair que le côté sombre du Chemin de Traverse en faisant beaucoup plus attention, je passais mon temps dans ma chambre. Je finis de lire la première fournée de livre en quelques semaines, aussi bien les livres de cours que ceux supplémentaires. Exerçant par la même occasion les sorts rencontré au fur et à mesure de mes lectures. Faisant le tout sans l'aide de ma baguette, je n'y voyait toujours pas l'utilité. Mais c'est avec exaspération que j'appris que je ne pouvais m'en servir qu'arrivé à l'école.

Une matière en particulier me fit levée les yeux au ciel. Défense contre les forces du mal. Non, mais un peu de sérieux, les forces du mal ? Bien que je trouvais cette communauté passionnante car totalement inconnue alors, l'étroitesse des esprits et les préjugés que les sorciers portaient me faisait presque fulminé. Qu'attendre d'autres de personnes qui écrivent encore avec des plumes ?

Mort semblait partagé mon avis sur le sujet. Les moldus étaient plus évolués qu'eux sur bien des points.

Les livres achetés dans l'Allée des Embrumes me donnât une autre version du monde sorcier, un peu moins déformé, mais toujours souillé par la tradition et les idées préconçus. Il existait, d'après mes lecture une multitude de forme de magie comme la magie primaire où le sorcier à recours à sa baguette, la magie instinctive, celle la sans baguette mais dirigé par les émotions, la magie de l'esprit, la magie de sang, les charmes, les rituels, . . . tout cela créant une infinité de possibilité. Mais les sorciers trop obtus s'évertuaient ardemment à tous les catégorisées dans les cases 'blanche' et 'noire' au lieu de voir tout le potentiel que possède chaque magie.

Je trouva un livre très intéressant sur le genre de magie que je pratique. La magie instinctive ou sans baguette est réputé pour être une des plus difficile à maîtriser, même la magie non verbale n'est pas aussi compliqué. Courant chez l'enfant, la magie instinctive, est souvent le résultat d'émotions fortes voir violentes. Les quelques sorciers cités dans le livres ne pouvait pratiquer ce type de magie sans puiser une quantité considérable d'énergie de leur noyau et ceux même pour les sorts de moindre importance.

Mais j'étais encore et toujours l'exception qui confirme la règle, soupirais-je. J'avais décidé de me fondre dans la masse, ne pas me créer de problèmes et vivre ma vie en évitant que les gens m'appelle leur Élu ou Sauveur. Roulant sur lit je soupiras un nouvelle fois. Cela s'annonçait difficile !


HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH


J'appela mon chat Nox, n'étant ni mâle ni femelle, d'après ses dires, je lui attribua un nom qui sonnait neutre. Malgré son entêtement à me parler de tout sauf de ce que je voulais savoir, Nox se révéla être un chat plutôt câlin. Chaque soir, il s'endormait dans un coin du lit, roulé en boule et chaque matin, au levée du soleil je me réveillait avec ses poils plein la bouche, profitant de mon sommeil pour s'installer à sa convenance à côté, voir, sur ma tête.

Malgré la gène que cela entraînait, je trouvais sa compagnie rafraîchissante. J'aimais passer les doigts dans ses longs poils soyeux, l'écouter ronronner doucement, pendant que je lui gratter l'arrière de l'oreille.

Hugin, nommé en l'honneur d'un des deux corbeaux perchés sur l'épaules d'Odin dans la mythologie scandinave, était une toute autre affaire. Son caractère exécrable ne semblait pas vouloir s'améliorer, et je craignis qu'il ne revienne pas la première fois que je le libéra de sa cage. Il ne manquait jamais une occasion de me béquer mais prenait, la plupart du temps, son rôle de coursier très à cœur.


HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH


Très vite arriva le moment du grand départ, je fis ma malle la veille, bénissant les sorts de rétrécissement sans quoi toute mes affaires n'aurait jamais pu y entrer. Le matin, je n'eut plus qu'à la rétrécir pour la mettre dans ma poche. Hugin dans sa cage, ne le faisant pas tellement confiance, mais Nox sur mes épaules, je quittais le Chaudron Baveur pour me rendre à la gare Kings Cross.

Marchant entre les quais 9 et 10, je ressentis une concentration de magie venant de l'une des arcades, voyant que personne ne regardait dans ma direction je fis passer une main sur la pierre, mais elle la traversa comme passant à travers de la fumée. J'y passa alors mon corps entier.

De l'autre coté, je découvris un quai où se trouvait une locomotive du siècle dernier portant l'inscription 'Poudlard Express'. Plusieurs personnes y été déjà, pour la plupart habillé de manière à ressembler aux moldus sans pour autant y arrivé. Je soupira en voyant des vêtements bariolés qu'aucun moldus n'oserait porté ou encore un homme portant sa cravate sur la tête. Je me faufila entre tout ce monde et monta dans le train. Je pris la direction du compartiment le plus éloignée de l'avant, ne croisant que peu d'étudiants. Une fois arrivé à destination, je verrouilla la porte, ne souhaitant pas être dérangé, et je me plongea dans un livre, Nox sur les genou.

Une demi heure plus tard le train se mit en route, projetant dans les airs un torrent de fumée.

Je fus de tout le voyage importuné exactement trois fois. La première fut quand quelqu'un essaya de manière insistante d'ouvrir la porte, sans grand succès. Ensuite, je ne sais par quel enchantement la porte s'ouvrit sur une petite fille aux cheveux touffus et aux dents proéminentes. Il semblait qu'elle était à la recherche d'un crapaud quand elle s'arrêta net. Elle se mit à couiner devant Nox, s'apprêtant visiblement à le caresser. Nox, pas vraiment de cet avis après avoir été si bruyamment réveillé, feula et lui griffa la main.

-"Il ne t'aime apparemment pas" lui dis-je d'un ton neutre sans même arrêter de lire.

La petite fille aux bords des larmes et vexé s'en alla en claquant la porte.

La dernière turbulence survint lorsque qu'une petite tête blonde apparut devant le compartiment. Je me maudissait mentalement pour ne pas avoir remis un sors de fermeture sur la porte.

-"Je cherche Harry Potter" déclara t-il, avec sur le visage un petit air arrogant.

-"Ne cherche plus, tu l'as juste devant toi" jouais je d'un ton mélodramatique. Un tic nerveux fit trembloter sa lèvre supérieur. Visiblement non préparer à ma réplique ou au ton théâtral.

Je retourna à ma lecture, pendant qu'il me fixait bizarrement. Il congédiât ses deux sbires, puis s'assit silencieusement à l'opposé d'où je me trouvait.

Et c'est dans un silence presque religieux qu'on arriva à Poudlard.