Les vacances de Noël arrivèrent enfin, et avec elle, les premières neiges de l'année. Je me sentais enfin dans mon élément. Le froid engourdissait mon corps de la plus exquise manière et je passais énormément de temps dehors, sous la neige, à me reconnecter avec moi-même. Mort aussi semblait apprécier le temps qu'il faisait et m'accompagnait volontiers dans mes sorties enneigées.

Très peu d'élèves restèrent au château, tous préférant passer les fêtes avec leurs familles. J'eus donc le dortoir pour moi seul car aucun serpentard ne resta. Les quelques étudiants qui étaient restés, étaient principalement des septièmes années préférant continuer à réviser pour leurs examens. Tous mangeaient à une seule et même table disposée au milieu de la Grande Salle pour l'occasion.

La vie au château semblait s'être suspendu. Je marchais dans des couloirs toujours vide, ne croisant personne. Je n'entendais plus les bruits perpétuels des étudiants qui parlaient, criaient ou marchaient. Tout était calme, le silence se fit roi entre ces murs et je me sentais apaisé, soulagé d'un poids que je n'avais même pas conscience d'exister.

C'est le soir qui suivit le début des vacances que je reçu la lyre, livrée dans une boite en carton et enveloppée de papier. C'est Hugin qui me l'apporta alors que je me dirigeais vers le dortoir. Il arriva de mauvaise humeur, croassant de mécontentement, et dès qu'il me vit il lâcha le paquet dans mes mains avant de repartir sans autre forme de cérémonie.

Il n'avait pas du être ravi de trimbaler un colis de cette taille alors qu'il dut me chercher dans tout le château. La boite dans laquelle se trouvait la lyre était griffée à plusieurs endroits et montrait de nombreux trous, visiblement des coups de bec. Satané corbeau.

De retour dans ma chambre, j'ouvris la boîte, et inspectant la lyre, je la trouva, heureusement, en excellente état. Des instructions se trouvaient également dans la boîte, détaillant les sorts pour la faire fonctionner, et les conseils d'entretiens. Je décida d'agir entre Noël et le nouvel an, période pendant laquelle tout le monde se relâchaient.

Les jours passaient tranquillement, et je devenais de plus en plus impatient de découvrir enfin ce que cachait Dumbledore. Dépendant de ce que c'est, je pouvais soit le garder ou alors le vendre, me procurant alors un bon petit tas de galions. En attendant ma majorité, cela pouvait toujours être utile. Mais le garder était l'option la plus probable, quoi que ce soit, l'objet avait une valeur dépassant celui d'un être humain. Surement était ce un puissant artefact qui ne devait en aucun cas tomber aux mains de l'ennemi. Il pourrait alors m'être utile dans un situation dangereuse.


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Finalement Noël arriva. La Grande Salle se revêtit de couleurs festives et des centaines de bougies flottaient au plafond. Au menu se trouvaient des mets plus délicieux les uns que les autres, ravissant mes papilles à chaque bouchée. C'est le ventre rond que je retourna dans mon dortoir. Je décida de passer la soirée devant la cheminée avec un bon livre. Un thé n'aurait pas été de trop mais je n'avais pas encore trouvé les cuisines.

J'ajoutais du bois dans le foyer quand quelque chose retint mon attention. Dans un coin de la salle, sur un des bureau se trouvait un paquet enveloppé à la manière d'un cadeau. Rien d'extraordinaire pour un Noël, exception faite qu'il n'était pas là ce matin et que j'étais la seule personne restante dans le dortoir.

Intrigué je le pris, le soupesa, me demandant presque si je devais l'ouvrir. Je n'avais encore, de ma vie, reçu aucun cadeau, que se soit aux fêtes ou pour mon anniversaire et je n'avais pas réellement d'ami qui aurait pu me l'envoyer. L'écriture fine et élégante de mon nom me laissa perplexe mais je décida d'ouvrir le paquet.

A l'intérieur se trouvait un tissu de couleur argenté, je le pris précautionneusement et le déplia. C'était une cape, le tissu semblait aussi fluide que de l'eau et aussi léger que l'air, de plus je le sentais vivre entre mes mains, je pouvais percevoir les pulsions de la magie qui habitait la cape battre à l'instar d'un cœur. L'instant d'après ma propre magie cherchait à lui répondre, je n'avais jamais ressenti ça. Elle se répandait par vague tout autour de la cape, jusqu'à l'envelopper complètement. Elle s'engouffrait enfin à l'intérieur de la matière, s'unissant à la magie du vêtement pour ne former d'une seule entité.

Un lien se créait entre moi et la cape et je n'avais aucune idée du pourquoi ou du comment. Qui était l'expéditeur du cadeau ? Seule une note l'accompagnait où il était écrit 'Fais en bon usage'.

Soudainement Mort apparut, elle semblait agitée. Elle s'approcha de la cape et je pus sentir l'excitation émaner d'elle. Elle caressa doucement le tissu encore entre mes mains puis je sentis le chatouillis familier de sa présence dans ma tête. Ses pensées étaient tumultueuses et arrivaient à moi par vagues désordonnées. Je compris dans tout ce capharnaüm que cette cape lui appartenait autrefois, une cape semblable à la sienne. Qu'elle était mienne maintenant, qu'elle faisait partie de mon héritage de sa part. Les Reliques de Mort.

J'appris également l'existence des deux autres objets qui composaient son héritages, une baguette en bois de sureau, contenant à l'intérieur une infime partie de sa magie, et une pierre divisé en deux fragments, une sur terre et l'autre toujours en possession de Mort.

Elle me fit promettre de les retrouver tout les deux, qu'importe le temps et les sacrifices que cela pourrait prendre. Pendant trop longtemps ces objets furent entre les mains de mortels, il était temps qu'ils retrouvent leur vrai place.

Nox qui dormait, se réveilla du a l'agitation qui régnait et vint renifler la cape.

§Le temps coule et pas à pas IL se réveillera.§ siffla t-il d'un ton joyeux.

§Qui se réveillera, Noxx

§Yama§


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Le lendemain, alors que la lune était déjà haute dans le ciel, je me drapa de la cape d'invisibilité, attrapa la lyre et me rendis au couloir interdit du troisième étage, Mort sur mes talons. Lorsque j'ouvris la porte, cette fois ci, le Cerbère était bien réveillé et aboya férocement en essayant de me mordre. Après avoir jeter un sort de silence sur la pièce, j'activa la lyre, qui entama une douce mélodie. Le chien à trois têtes se calma peu à peu jusqu'à s'endormir profondément.

Je dégagea ses pattes de la trappe que j'ouvris largement. A l'intérieur, je ne voyais que les ténèbres, je lança alors un lumos essayant de distinguer ce qui se trouvait à l'intérieur. Au contact de la lumière, des tiges entrelacés plus ou moins large, se mouvèrent entre elles tels des serpents. Un filet du Diable. Un vrai saloperie ces plantes là, une fois pris dans ses branches, plus on se débattait plus les tiges se resserraient.

On croyait à tord que l'on mourrait d'étouffement mais le plus fréquemment, les branches du filet du diable compressaient les tissus, les muscles et les organes les faisant explosés sous la pression, la cause du décès se trouvait être alors une hémorragie interne. De quoi promettre une mort des plus douloureuse.

Les seuls points faibles de ces plantes : la lumière et le feu.

Je lança un lumos maxima qui n'eut pas le temps de s'écraser contre les tiges car elles s'écartèrent vivement sur son passage. Je pouvais presque entendre les cris silencieux d'agonies du végétal. Je remarqua aussi que le sol n'était pas très loin de la surface.

Lançant un deuxième lumos maxima, je sauta dans la trappe. Me réceptionnant sur mes deux pieds, j'inspecta les lieux. Les murs de pierre ne paraissaient pas entretenu comme le reste du château, et la poussière s'accumulait dans les recoins.

J'entendis alors comme des battements d'ailes et me dirigea vers la source du bruit. Après avoir passé une vieille porte en bois, je me retrouva dans une pièce remplie de clés possédant toutes de petites ailes leurs permettant de voler. Je compris rapidement qu'il me fallait attraper celle qui ouvrirai la porte à l'autre bout de la pièce. J'examina la serrure et me rendit compte que la clé devrait être de taille imposante contrairement à la plupart des clé qui volaient autour de moi.

Je partagea ma conclusion à Mort qui s'éleva alors parmi les clés. Je recherchais du regard celle qui irait à la serrure et mes yeux tombèrent sur une clé paraissant ancienne et de style de l'époque dernière. Mort l'attrapa sans difficulté, et au moment où ses mains se posèrent dessus, les ailes se désagrégèrent dans un souffle.

Apres un dernier coup d'œil dédaigneux au balai qui reposait dans un coin de la pièce, je passa la clé dans la serrure qui s'ouvrit.

Je me retrouva ensuite devant un gigantesque jeu d'échec. Je n'aimais que moyennement les échecs, beaucoup de gens disaient que la guerre n'était qu'un immense jeu d'échec, mais de mon avis ce n'était absolument pas le cas. Dans la vrai vie, la guerre ne suivait pas des règles aussi limitées, tes propres pions se retournaient contre toi, ta reine pouvait te trahir et en aucun cas l'ennemi attendait son tour pour t'attaquer.

Je m'aventura sur le plateau et essaya de passer les pions devant moi mais ils se mirent soudainement à bouger et prirent une position défensif, m'empêchant de continuer plus loin. Je m'y attendais, après tout, ça ne pouvait pas être aussi facile. Retournant quelques pas en arrière, je m'installa au centre du jeu. Me concentrant, je pouvais sentir la magie émaner des pièces autour de moi, les sorts ne seraient d'aucune utilité, mais de la magie pure, c'est autre chose.

Je plaça mes mains en face de moi sur le plateau et je libéra autant de magie que possible. Elle se déchaînât sur le plateau emportant avec elle un flot de glace qui emprisonnât les pièces dans un cocon transparent, les figeant sur place.

Vacillant légèrement en me redressant, je passa les lignes ennemis sans plus d'effort.

Je passa une autre porte, mais au moment même ou je franchis le seuil, d'immense flammes violettes la recouvrit. De l'autre coté de la pièce, d'autres flammes apparurent, noir cette fois-ci, et bouchèrent la seul sortie. Au centre de la pièce se trouvait une table et posées dessus, sept fioles de formes variées, contenant chacune une potion différente.

Je m'approcha et y découvris un bout de parchemin où y était écrit une énigme. D'après ce qui était écrit une de ces fioles me permettrait de passer les flammes violettes, une autre les noires, trois me tueraient, et les deux dernières seraient sans effet, n'étant que du vin.

L'énigme n'était pas compliqué en soit. Un minimum de réflexion et n'importe quel idiot aurait pu trouver la réponse. Je prit deux fioles, rangea la première dans une de mes poches et bu la deuxième avant de traverser les flammes noires.

Je descendis les escaliers et atteint une salle où se dressait un miroir. Le miroir de Rised. Regardant mon reflet, je fronça les sourcils. Je pensais voir de nouveau Mort et moi mais je me vis, le sourire malicieux tenir une pierre dans la main, une pierre écarlate. Je n'avais aucune idée de ce que c'était. Je vis ensuite mon double mettre la pierre dans sa poche et au même moment je ressentis également un poids dans la mienne. Il me fit alors un clin d'œil, son sourire taquin collé au visage.

Je me voyais, c'était moi, les mêmes traits, les mêmes yeux mais il était comme une version alternative de moi, la gestuel n'était pas la même, tout comme les expressions.

Je reporta mon attention sur la pierre mais avant que j'eus le temps de l'attraper, quelqu'un passa les flammes. Le professeur Quirell apparut alors.

-"Potter" murmura t-il

-"Je ne suis pas surpris de vous voir ici, professeur" lui lançais-je

-"Comment..."

-"J'ai vu à travers votre petit jeu. C'était bien vu je dois dire, qui aurait soupçonner le pauvre et bégayant professeur Quirell." lui dis je en mimant moqueusement le professeur qui perdait de ses couleurs.

Reprenant contenance il me lança :

-"Bravo Potter! Comme Severus, vous m'avez démasqué, il m'a mener la vie dur l'année durant, traquant mes moindres faits et gestes, m'empêchant de passer le chien à Halloween. Il ne voulait pas me laisser seul, mais il ne comprend pas que je ne suis jamais seul. Jamais."

Après ces énigmatiques paroles, il s'approcha du miroir, je me déplaçais alors, faisant en sorte d'être toujours hors de sa portée. Il détaillait l'objet et murmurait pour lui même, oubliant ma présence.

-"Très bien, voyons ce que fait ce miroir" ne se doutant pas une seule seconde que j'avais déjà la pierre en ma possession, il continua de baragouiner "... mais comment l'obtenir..."

Une voix sifflotante, comme sortie de nul part s'éleva alors :

-"Sers toi de l'enfant"

Me mettant tout de suite sur mes gardes, je leva ma baguette dans sa direction.

-"Essayez pour voir" le défiais-je

-"Potter ! Ne faites pas l'idiot, venez ici tout de suite et dites moi ce que vous voyez !"

-"Il faudra plus que ça pour me convaincre professeur"

La voix se fit de nouveau entendre et dit :

-"Laisse moi parler au garçon."