En pension
« C'était pas trop compliqué, le déménagement ? » s'enquit Jophiel, tout en regardant les photos qui défilaient sur l'écran du téléphone portable.
Les ailes de Hael s'agitèrent.
« Pas trop, non. Je veux dire, ils fournissent déjà les meubles et le lavabo, alors il y a juste besoin d'amener les draps et les vêtements. Si tu veux décorer, après, ça te regarde… »
« Tout de même. Pourquoi une pension ? Tu pourrais te trouver un appartement, ce serait plus simple. »
La brune se mordilla la lèvre.
« Je… pas tout de suite. Pas maintenant. »
La blonde haussa les sourcils mais s'abstint de commenter. Marrant, que Hael se fourre exprès dans des situations où elle serait obligée d'interagir avec les autres alors que ça la mettait sur les nerfs. Mais peut-être qu'elle essayait de soigner son angoisse sociale comme ça ?
« Je dois dire, question pension, ça m'a l'air mieux que celle de Rachel » déclara-t-elle. « Elle a peut-être le coin cuisine et la douche dans sa chambre, mais la fenêtre donne sur la rue et le môme d'à côté n'arrête pas de chougner… »
« C'est vrai que c'est bien calme comme quartier » reconnut Hael, s'attardant sur la photo de la cour qu'elle avait prise depuis sa fenêtre. « Et le directeur est charmant. »
« C'est pas un tout nouveau, lui aussi ? »
« Oh, si. Il vient du Sixième Ciel, tu te rends compte ? Carrément le trou du cul de l'Univers ! Qui va vivre au Sixième Ciel, franchement ? »
« La famille de ton directeur ? »
« Je hurle de rire. »
« Ca tombe mal, j'ai pas mes boules Quiès » se lamenta Jophiel.
« C'est une métaphore… Merde, pourquoi je m'embête avec ça ? Ou alors, tu le fais exprès. »
La blonde contempla son interlocutrice, ses yeux verts remplis de la plus stricte innocence.
« T'es vraiment pas croyable » finit par soupirer Hael.
« Merci. Dis, tu me fais visiter quand ? »
« Ah… La direction n'aime pas trop les visiteurs, alors c'est entrer et sortir, tu vois ? Et je vais être un peu prise la semaine prochaine, alors faudra passer le week-end, et généralement, t'es occupée du samedi matin au dimanche soir… »
« En fait, je peux dégager mon samedi après-midi » suggéra la blonde. « Alors on a un rendez-vous ? »
Les lèvres de la brune se retroussèrent.
« Pourquoi pas. »
Jophiel rayonna.
