Problèmes de sécrétion
S'il y avait bien quelque chose qui dégoûtait Rachel, c'était son apparente incapacité totale à sortir dehors par une belle journée ensoleillée sans finir plus dégoulinante qu'un poisson tout frais pêché dans sa rivière.
Non, qu'il fasse quinze degrés plutôt que vingt ne faisait aucune différence, elle se retrouvait quand même avec la chemise trempée, sa frange collant mollement à son front sous l'effet de cette merveilleuse colle produite par le mélange du fond de teint et de la sueur – très appétissant, ça.
Oh, et l'odeur aussi. Il ne fallait pas oublier ce délicieux – non, pas du tout sarcastique, que croyez-vous donc – fumet qui s'exhalait de ses dessous de bras, en dépit d'une copieuse application de déodorant le matin et le soir. Sans oublier le fait qu'elle se rasait – les poils étaient supposés retenir les odeurs, alors des aisselles glabres auraient dû ne pas sentir mais va te faire fiche.
Et bien sûr, toute cette transpiration, ça lui donnait soif parce qu'il fallait remplacer toute cette eau qui s'obstinait à fuir par ses pores. Résultat, elle vidait au moins deux bouteilles par jour, un bon moyen de se sentir ballonnée et de fréquenter assidûment le petit coin parce que forcément, il fallait évacuer l'excès de liquide par les reins.
Franchement, avec un tel problème quand il faisait chaud, était-ce si étonnant qu'elle préfère l'hiver comme saison ?
