Aléas de trajet

Si on avait posé la question à Virgile, celui-ci aurait carrément déclaré que non, c'était pas du tout marrant d'avoir à visiter quelqu'un (en l'occurrence, l'inépuisable cercle d'amis de son gardien) qui habitait à l'autre bout des Sept Cieux – mais voilà, personne ne le lui demandait jamais. Ça valait sans doute mieux, car la coloration de sa réponse aurait indiscutablement été plutôt verte.

Sincèrement, qui pouvait se sentir motivé à la perspective de se lever à sept heures du matin pour prendre un train partant à huit, et ce afin de s'infliger sans aucun espoir de fuite la proximité de ses semblables pendant les trois quarts d'une journée ?

Parce que, la dame qui trouve malin d'engueuler sa belle-sœur au téléphone ou le type qui a oublié de s'appliquer du déodorant dans le slip à rayure tigrés, merci beaucoup, mais on s'en passerait bien. Genre, vraiment beaucoup.

Et après, les gens se demandaient pourquoi il s'engageait dans une profession où c'était obligatoire de bastonner des tronches. Qu'ils aillent donc à la rencontre du « peuple », tiens.