Fête foraine

Les machines à sous, décida Anaël, étaient une arnaque premier choix.

« Mais j'avais la peluche » répéta Castiel au bord des larmes – le nouveau-né prenait comme une trahison du premier degré le fait que le lapin bleu tant convoité avait glissé du grappin à peine suspendu dans les airs.

« Dis donc, tu penses pas que mes churros ont durci depuis tout à l'heure ? Ouvre le bec et croque, tiens. »

Oui, c'était une distraction éhontée et très lâche. Il n'empêche que ça eut l'effet escompté sur le petit – et il fallut qu'elle tienne son cornet en papier en l'air pour empêcher le petit goinfre de piquer plus qu'un churros dedans.

Remarque, elle pouvait bien se permettre de partager – on n'imaginait vraiment pas comme c'était bourratif, ces pâtisseries-là. Surtout avec le supplément Nutella.

« Anna ? »

« Moui ? »

« Je peux retourner faire le circuit voiture ? »

« Si tu veux » décida la jeune femme, intérieurement ébahie par le fait que Castiel réclamait toujours le même manège quand il visitait la fête foraine. Pour sa part, Anaël se faisait un devoir d'essayer tout, du stand de tir aux montagnes russes en passant par la maison des horreurs.

Remarque, pas alors qu'elle venait ou était en train de manger. Dégobiller les gaufres dans la poubelle, non merci.

Parfois… c'était juste profiter de l'ambiance. Écouter les rires et inhaler le relent de caramel et de jus de fruit. C'était pas mal non plus.

Bon, quand on se retrouvait à faire du baby-sitting, on était obligé de participer, forcément.