Congé sabbatique

Ces derniers temps, il y avait une telle tension dans l'air qu'Uriel avait juste envie de prendre ses cliques et ses claques pour se tirer. Quant au retour, eh bien, il avait du mal à l'envisager.

Sérieusement, ça commençait à bien chauffer entre Michel et Lucifer. Une querelle princière, c'était toujours très explosif, au sens littéral du terme, et ça garantissait d'éclabousser tout le monde au moins dans le Ciel où la tempête se déciderait à péter. Stratégie de survie la plus recommandée : fuir vite et surtout loin.

Peut-être qu'il irait se promener au Premier Ciel – une forêt, même tropicale, c'était sympa pour le camping, non ? Ou le Troisième, la campagne comme retraite constituait un indémodable classique.

Il méritait bien des vacances, aussi. Mine de rien, Virgile et Zacharie avaient beau être tolérables, tout le monde finit par atteindre une limite de saturation, et ce n'est à l'avantage de personne de vouloir se montrer plus généreux qu'on ne l'est. Ça finit toujours par se retourner contre vous.

Alors, des vacances. Peut-être qu'il inviterait Anaël, mais la connaissant, elle dirait sûrement non. Elle avait ses lubies, et en dépit de siècles de connaissance commune, Uriel n'était toujours pas capable de décrypter pleinement ce mystère féminin en particulier.