Me revoilà pour ce nouveau chapitre après plusieurs mois d'attente. Pour ceux qui me suivre, ils savent que c'est une habitude chez moi, mais que je compense donc tout ce temps en écrivant de long chapitre. Je tiens une fois de plus à remercier du fond du cœur tout ceux qui suivent cette fiction et également ceux qui laissent des reviews. Pour l'heure je vous laisse à votre lecture. J'espère que ce chapitre vous plaira.
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Point de vue extérieur :
-C'est de la folie ! Ne cessait de répéter inlassablement Carlisle en faisant les cent pas dans son salon. -Pour l'amour de dieu ne commettez pas cette folie...
Le docteur restait encore sous le choc de ce que venait de lui raconter Angélica qui était arrivée chez lui avec agitation et une inquiétude visible sur le visage, elle lui avait parlé de la création de cet Indien qu'elle appelait Mani, et enfin sa capture par les Volturi en Amérique du sud. Et comble de la surprise Angélica lui avait annoncé son intention de partir le sauver.
-Que dois-je faire selon vous Carlisle, tout est de ma faute ! Je ne vais pas le laisser mourir !? Répliqua la jeune femme avec force et colère. -Mon Mani entre les mains de ces tortionnaires, je ne pourrais jamais me le pardonner s'il lui arrivait malheur. Ils vont se servir de lui pour m'atteindre c'est une certitude. Je dois le sauver.
-Je comprends Angélica, mais enfin si vous retournez à Volterra vous êtes sûr de ne plus jamais en repartir ! Lui expliqua Carlisle en pesant chaque mot.
-C'est un risque que je suis prête à prendre ! Dit-elle avec détermination.
-Le risque est trop grand…Soupira le vampire l'air abattu.
-Je suis venue vous voir pour vous expliquer la situation mon ami et maintenant je pars seule, je ne veux plus que quiconque soit mêlé à ça. Et il est hors de question que Mani paye à ma place pour mes erreurs.
-Folie, folie que tout cela ! Répéta Carlisle. Je devrai venir avec vous, vous n'y arriverez pas seule !
-Non ! Refusa catégoriquement l'Italienne. –Carlisle...Je refuse que vous veniez avec moi ! Ecoutez, maintenant qu'ils ont Mani ils vont forcément savoir qu'il est lié à moi et donc Aro enverra ses meilleurs gardes à ma poursuite sur ce continent si cela n'est pas déjà fait. Ils seront alors moins nombreux à Volterra et les meilleurs membres ne seront pas là…et puis je ne pense pas qu'ils s'attendront à ce que je vienne en personne à Volterra.
-C'est suicidaire ! Lâcha lourdement Carlisle.
-Ça l'est, en effet ! Reconnue la jeune femme. –Mais je n'ai plus rien à perdre ! Pas même ma liberté, je n'en ai jamais eu, l'ombre des Volturi à toujours plané au-dessus de ma tête, qu'Aro prenne ma vie s'il le veut, mais ils ne toucheront pas à Mani !
-Mais enfin, comment allez-vous faire ? Demanda Carlisle l'air plus inquiet que jamais.
-Je ne sais pas encore, je monterais un plan et j'improviserais ! Maintenant le temps presse je dois y aller, si jamais je ne reviens pas mon ami…
-Ne dîtes point cela je vous en prie…La coupa le vampire en fermant les yeux comme pour ce dire que tout cela n'était qu'un mauvais rêve.
-Si je ne reviens pas Carlisle ! Insista Angélica. –Tout ce que je possède sera à vous ! Maintenant je vous dis au revoir. Puis sans un mot de plus le vampire la regarda partir à toute vitesse hors de sa maison, il soupira alors de fatigue et de résignation, il savait que quand Angélica était déterminée rien ne l'arrêtait pas même lui. –Oh mon dieu…murmura-t-il tout bas en levant les yeux au ciel. –Protégé-la !
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Volterra :
Deux gardes entrèrent dans la grande salle tenant avec une poigne de fer le prisonnier arrêté en Amérique du Sud. Ils le traînèrent sans ménagement devant les trois trônes au fond de la salle. Le prisonnier ne semblait pas réagir à ce qui se passait autour de lui, ne comprenant pas ce qu'il faisait là d'ailleurs. Il était maintenant à genoux en face de ces trois personnages dont il ne connaissait que les noms. Malgré tout l'Indien gardait la tête haute et fixait sans aucune expression apparente sur son visage, il avait balayé du regard la grande salle cherchant une issue potentielle, mais malheureusement pour lui il y avait un garde à chaque porte. L'homme qui était assis au milieu des deux autres. Il savait qui était cet homme et quel lien l'unissait à sa créatrice. L'homme en question étudia un moment l'Indien du regard sans un mot l'air intrigué et visiblement curieux. C'est alors qu'il desserra lentement ses lèvres et s'adressa au vampire à sa gauche :
-Voilà donc le vampire dont tu m'as parlé… quel singulier personnage. Fit-il remarquer.
-En effet ! Confirma l'autre. –Cet étranger à semble-t-il des choses à cacher selon Marcus. Des choses qui pourraient t'intéresser sur une certaine personne. –J'ai bien tenté de lui délier la langue à plusieurs reprises grâce à Jane. Expliqua le blond avec un sourire mauvais. –Mais il semblerait qu'il soit de nature coriace celui-là !
-Voyez-vous cela…murmura celui du milieu plus curieux que jamais. –Intéressant ! dit-il en se levant, puis avec élégance s'avança vers l'Indien qui ne l'avait toujours pas quitté des yeux.
-Il me semble mon cher…Commença-t-il d'une voix douce. –Que nous avons une connaissance en commun. (L'Indien ne répondit rien) –Cela faisait longtemps maintenant que j'attends de ses nouvelles. Mais avant tout chose permet moi de me présenter… Je suis Aro.
-Je sais qui tu es ! Trancha l'Indien d'une voix calme mais ferme.
-Oh ! S'exclama Aro visiblement ravie. –T'aurait-on déjà parlé de moi ?! Cela simplifie les choses alors ! Dit-il en tendant la main vers lui. –Puis-je te demander des nouvelles de ma chère Angélica ?!
-Je ne dirais rien ! Répondit Mani en comprenant ce que voulait ce vampire en lui tendant la main.
-Tu n'auras point besoin de parler, mais je suis curieux de ta vie comme celle de la personne que tu protèges.
Sans attendre l'ancien posa ses deux mains sur les joues du prisonnier qui toujours maintenu par les gardes ne pouvait pas se débattre ou encore résister. Aro prit une profonde inspiration et ferma les yeux laissant venir les souvenirs de cet Indien dans son esprit. Il put dès lors voir sa vie dans sa tribu, et ce fameux jour où il fit la rencontre de la belle Italienne. Malgré tout Aro savourait chaque souvenir et image où elle apparaissait, la seule frustration qu'avait le roi à la vue de ces souvenirs c'est que dès lors qu'Angélica avait su parler couramment l'Iroquois ce qu'elle apprit assez vite d'ailleurs, les conversations des deux vampires se faisaient principalement en Iroquois. Comme si elle avait prévue l'éventualité d'une capture, méfiante comme elle était. Son Angélica semblait tellement différente. Il reconnut le nomade qu'avait croisé Démétri quelques années auparavant, ensuite il vit la vie qu'avait mené le trio avant que ce nomade ne reprenne seul la route. Il fut surprit et impressionné de la dévotion de l'Indien à l'égard d'Angélica. Il était prêt à se sacrifier pour elle sans la moindre hésitation. Ainsi il sut qu'elle se trouvait bien dans le sud pendant les guerres de clans, donc qu'ils auraient pu l'attraper à ce moment-là. Cette pensée le contraria, mais la capture de ce vampire allait finalement lui être forte utile. Car il avait pu constater l'attachement de la jeune femme pour lui et qu'elle ne l'abandonnerait pas à son sort. Après quelques minutes Aro laissa lentement ses mains retomber le long de son corps. Et l'air satisfait de ce qu'il venait de voir il dit :
-Merci pour cet échange mon ami. Tu es donc la création de ma chère Angélica….Je dois avouer que je suis très surpris de cela. Comme de ta fidélité envers elle. Je suis cependant enchanté de faire ta connaissance, mais j'aurais préféré que cela se passe en d'autres circonstances. Grâce à toi mon cher, j'ai bon espoir de la revoir prochainement en ces lieux. Précisa-t-il d'une voix plus sombre.
-Jamais elle ne viendra ! Répondit fermement Mani en essayant encore de se débattre.
-Oh, détrompe-toi ! Rétorqua Aro toujours en le fixant. –Elle viendra pour toi, si ce n'est pas mes gardes qui la ramènent, quel bonheur ce sera de la revoir, elle nous a beaucoup manqué…
-Je t'apprends que l'inverse n'est pas aussi vrai en ce qui la concerne, Aro ! Dit Mani avec une voix cynique.
Aro ne répondit rien à cette remarque. Mais Caïus lui ne put se retenir de préciser :
-Aucune importance, cette traîtresse subira le sort qu'elle mérite ! Garde ! Appela-t-il. –Mettez-le au cachot et assurez-vous qu'il y reste !
Mani se sentant alors entrainé par les deux gardes ajouta d'une voix plus forte à l'attention d'Aro : -Elle a eu raison de te fuir, car tu portes le mauvais esprit en toi, Aro Volturi !
Aro, ne disait toujours rien, il était comme dans un état second, visiblement cet Indien en savait des choses, Angélica lui avait certainement raconté toute sa vie. Alors le roi sans un mot sorti à son tour de la salle et se dirigea dans le couloir de ses quartiers personnels l'air pensif. Il méditait sur tout ce qu'il venait de voir. Oui, il en était sûr qu'elle viendrait pour lui si ses gardes ne l'attrapaient pas avant, mais le plus difficile était de savoir quand. Mais il était aussi pris d'un doute, Angélica serait vraiment assez folle pour prendre ce risque, comment allait-elle faire ? Il n'avait plus assez d'effectif pour faire surveiller toutes les entrées du Palazzo. Mais qu'importe le plus important pour lui était qu'elle revienne. Il avait pendant les premières années qui ont suivies sa fuite espéré qu'elle revienne d'elle-même, il aurait alors peut-être put lui pardonner cette folie, mais aujourd'hui après la colère et la rage qu'il avait ressenti à ce moment-là avait laissé place au désespoir. Les échecs répétés de Démétri avaient laissé un gout amer dans sa bouche. Non, Aro voulait lui faire payer cet affront, lui faire payer ce vide immense qu'elle avait laissé derrière elle. Tout n'était maintenant qu'une question de temps avant qu'elle ne tombe dans son piège.
Plusieurs semaines s'écoulèrent, du fond de son cachot Mani comptais les jours qui passaient grâce à l'horloge du palazzo qui sonnait et dont il ressentait les vibrations à travers la pierre humide de la cellule dans laquelle on l'avait jeté. Plongé dans la pénombre, le vampire était enchaîné le dos contre le mur, il restait calme essayant de conserver les dernières forces qui lui restaient. Il pensa longuement à tous ces évènements à commencer par sa capture, qui en y repensant était vraiment d'une accablante stupidité les gardes qui l'avaient arrêté l'avaient seulement entendu appeler sa créatrice qu'il avait nommé heureusement à ce moment-là par son nom Indien mais il avait commis l'erreur de le faire en Italien. Ses pensées se tournèrent vers Angélica, bien sûr qu'elle essayerait de venir le chercher, mais l'idée qu'elle mette sa vie en danger pour lui, lui était insupportable. Il se demanda alors pourquoi cet homme en avait tant après elle, il savait que cet Aro était le « père » vampirique de sa créatrice, mais pourquoi un tel acharnement sur Angélica, se demandait-il sans cesse. Car il y avait certaines choses qu'Angélica ne lui avait pas dites, comme par exemple la nature exacte de sa relation avec son créateur. Mani sentant clairement un rapport de force insoutenable entre Aro et Angélica. Soudain un bruit venant de l'extérieur de la cellule le fit sortir de ses pensées, il leva les yeux vers les barreaux de la porte mais ne vit rien, pourtant il était sûr de ressentir une présence derrière cette porte, c'est alors que son esprit vif fit le lien et le vampire comprit comme une évidence de qui il s'agissait.
-Montre-toi, je sais que tu es là ! Appela doucement Mani, mais aucune réponse ne vint, après un long silence une voix masculine fini par lui répondre :
-Comment avez-vous deviné ? Demanda l'homme en apparaissent devant les barreaux de la porte.
-C'est toi son frère ! Répondit Mani sans la moindre hésitation, il le regarda un moment avant d'ajouter :- Tu as le même regard…tu lui ressembles beaucoup. Termina-t-il.
-Oui, c'est ce que beaucoup disent… Mais c'est faux nous sommes très différent. Répondit d'une voix morne William sans le regarder.
-Pourquoi tu es là? Demanda Mani avec une voix toujours aussi calme.
-Je ne sais pas vraiment…Commença l'autre. –Je crois que…Dit-il en cherchant ses mots, puis hésitant :- Je voudrais que tu me parle d'elle ! Est-ce qu'elle va bien ?
-Parce que son sort t'intéresse ? Demanda Mani d'un ton plus froid.
-Évidement ! Répondit William d'une voix agressive. –Elle est ma sœur !
-Vraiment ? Ne fais-tu pas parti de ceux qui la traque ?
-Non moi je cherche ma sœur, car sa place est auprès de sa famille, pas dans la nature c'est bien trop dangereux! Réplica-t-il avec force.
Mani, fit simplement un bruit de gorge, mais ne répondit rien, il trouvait l'arrogance de cet homme agaçante, visiblement il prenait encore sa sœur pour une petite fille et que savait-il du monde extérieur lui qui n'était visiblement jamais allé au-delà du territoire des Volturi.
-Au contraire, sa place n'est pas ici ! Dit alors Mani. –Angélica est trop sauvage, c'est un esprit libre ! Ce n'est pas à toi de décider de ce qui bon pour elle.
-Peut-être ! Reconnu son frère. –Mais ici elle avait tout pour être heureuse! Alors pourquoi s'était-elle enfuie comme une voleuse ?!
-Mais n'est-on jamais heureux sans liberté ? Répondit Mani. –Elle m'a beaucoup parlé de toi, toi tu ne sais pas voir, pas écouter !
A ces mots William frappa de colère dans le mur derrière lui, fissurant ainsi la pierre sous la force du coup, il savait que cet Indien avait raison et ces paroles lui rappelaient celles de sa sœur jadis. Il se retourna ensuite vers la porte de la cellule.
-Elle n'avait pas le droit de faire cela ! Rugit-il. –Je l'adorais ma sœur, j'aurais donné ma vie pour elle. Mais elle a décidée toute seule de m'abandonner à jamais.
-Ce n'est pas qu'elle soit partie qui provoque ta colère William, Tu n'as rien fait pour la protéger et empêcher que ça se produise. Expliqua Mani toujours aussi calme.
-Quelle importance aujourd'hui ! Rétorqua William. –Ma sœur reviendra bientôt grâce à toi. Termina-t-il avant de se reculer de la porte pour s'en aller mais avant qu'il n'atteigne l'escalier de sortie il entendit le vampire lui dire de sa cellule:
-Si tu aimes vraiment ta sœur, tu la laisseras libre de choisir sa vie !
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(Plusieurs semaines après)
-Volterra ! Murmura Angélica d'une voix sombre, contemplant au loin sur la plus haute colline la cité qu'elle avait fuie autrefois. Plongée dans la pénombre qui venait de s'installer elle fixait la petite ville qui n'avait pratiquement pas changée en plus d'un siècle. « Etrange » se disait-elle, aucune ville ne reste inchangée pendant si longtemps, elle remarqua de la lumière et des bruits comme de la musique venant du centre de la ville, il devait y avoir une fête et cette manifestation pourrait peut-être l'aider finalement. Mais malgré tout elle frissonna de peur, sentant tous les souvenirs de ces neuf années de vie ici lui revenir en mémoire. Son cœur se serra, son estomac se noua, ses jambes étaient comme paralysées sur place. C'était la première fois en 110 ans de cavale qu'Angélica revenait dans son pays natal, la peur au ventre. Elle détourna alors le regard vers le sol. Elle s'était vraiment fait violence (et encore le mot était faible) pour trouver le courage de revenir jusqu'ici, tant elle tremblait de terreur à l'intérieur d'elle-même. Mais si elle devait se sacrifier pour Mani elle le ferait sans hésiter. Elle se sentait responsable de lui et coupable de ce qui lui était arrivé à cause de son imprudence.
Alors elle prit la direction d'une ancienne chapelle en ruine dans la petite forêt qui bordait les collines. Elle savait de par les plans qu'elle avait vu jadis dans le secrétaire de son créateur tous les passages secrets qui menaient de l'intérieur à l'extérieur du Palazzo, elle n'avait pris le risque de reprendre le même que par celui duquel elle s'était échappée la première fois. Non, celui-ci était le plus ancien de tous, celui qui en théorie n'était plus utilisé depuis longtemps sans doute était-il même condamné. Mais il avait l'avantage d'être le seul qui menait non loin du niveau des cellules, qui était le niveau souterrain le plus bas du Palazzo.
Quand elle enfonça la veille porte en bois de chapelle, elle entendit et vit des oiseaux s'envoler sur les dernières poutres en bois qui tenaient encore la moitié du toit, tout le reste s'était effondré et la végétation avait commencée à envahir les lieux. La vampire se fraya un passage parmi les débris au sol pour atteindre l'autel en pierre au fond de la chapelle. Enfin elle se posta sur la gauche de l'autel et le poussa de ses deux mains droit devant elle, dans un bruit sourd un vieil escalier commença à apparaitre en dessous avec odeur nauséabonde qui s'en dégageait, une odeur tellement forte et insoutenable qu'Angélica ne put s'empêcher de mettre une main sur son visage et boucher son nez avec une grimace de dégout et de répulsion. Mais elle n'avait pas le choix elle devait y aller. En descendant les marches avec précaution elle s'aperçue que ce passage était bien plus étroit et plus bas qu'elle l'avait imaginé. Cela ressemblait à un vieux corridor en forme d'arche, même elle qui était mince et de taille moyenne devait courber la tête pour passer. Il y avait un court d'eau qui circulait au milieu du chemin ce qui rendait l'endroit humide. Angélica continua néanmoins de circuler dans le tunnel plongé dans le noir, priant pour que celui-ci se ne soit pas effondré à certains endroits, dégâts généralement provoqué par le temps. La vampire continua son chemin non sans appréhension de ce qui pourrait l'attendre à l'arrivé du tunnel, enfin après plusieurs minutes elle se trouva au bout du tunnel devant ce qui ressemblait à une grande dalle en pierre qui lui barrait le chemin. Sans grande difficulté Angélica poussa la pierre qui condamnait la voie, en priant pour que personne ne l'entende son but était de passer le plus inaperçue possible. Quand elle pénétra dans le couloir elle ne vit personne et ne sentait aucune odeur de vampire à proximité. Ce qu'elle trouva un peu étrange, malgré tout elle avança dans le couloir en pierre plongé dans la pénombre. Bientôt elle se retrouva devant un escalier aux marches raides et anguleuses. Elle les gravit avec précaution à pas de loup. Un stress immense lui nouait le ventre et la peur de se faire attraper était palpable dans son cœur. Mais l'Italienne était déterminée, arrivée au niveau des cellules c'était comme un carrefour de quatre couloirs dont un qui menait à l'étage au-dessus. Elle huma l'air pour repérer Mani au plus vite, espérant qu'il soit encore en vie. Elle sentit également la présence d'autres vampires aux étages supérieurs, il fallait faire vite.
Tout à coup au moment où elle crut sentir l'odeur de son ami, Angélica perçue une présence qui arrivait de l'étage du dessus « Un gardien » se dit-elle, aussitôt elle s'adossa contre le mur qui faisait l'angle à l'escalier principal duquel elle entendait déjà quelqu'un descendre sans un bruit elle attendit qu'il passe la dernière marche avant de l'attraper subitement par derrière et avant qu'il n'ait eu le temps de pousser un cri ou de se défendre. Elle utilisa son pouvoir pour le geler sur place, l'empêchant ainsi de faire le moindre mouvement. Elle traîna alors le corps immobile du garde en direction de la cellule où elle avait senti plutôt l'odeur de Mani. Devant la porte en bois elle arracha sans ménagement le trousseau de clé sur la ceinture du garde et ouvrit la porte avec empressement, quand elle pénétra dans la cellule, la jeune femme vit alors avec horreur son ami assit au fond du cachot les poignets et les chevilles enchaînés, la tête baissée, on eut dit qu'il était mort. Angélica se jeta à ses pieds les larmes aux yeux de le voir ainsi, se sentant tellement coupable.
-Mani ! Appela-t-elle en le libérant de ses chaînes, mais aucune réponse pas même un mouvement ne vint du vampire. –Mani ! Appela-t-elle encore en le tirant vers elle pour poser sa tête sur ses genoux, elle avait l'impression de tenir une poupée de chiffon dans ses bras, le pauvre avait des cernes profondément marquées sous les yeux, le tint gris signe qu'on l'avait assoiffé pour qu'il se tienne tranquille et qu'il soit incapable d'essayer de fuir. « Les barbares » Se disait-elle en songent aux bourreaux qui lui avaient infligé pareil traitement. C'est alors qu'elle revint vers l'autre vampire toujours immobile et le tira jusqu'à Mani à qui elle entrouvrit la bouche, elle saisit le poignet du garde et l'entailla d'un coup de morsure. Elle fit dégeler le sang dans les veines du garde et le fit couler dans la gorge de Mani. Enfin après quelques minutes Mani sembla revenir à la vie, il ouvrit lentement les yeux et les fixa sur elle.
-Qui…es-tu ? Demanda-t-il avec peine à articuler.
-Mais c'est moi, Mani ! Répondit Angélica, l'indien à première vue ne l'avait pas reconnu car elle était habillée comme un homme et ses cheveux étaient rentrés dans un chapeau. -Je suis venue te sauver ! Reprit-elle en essayant de le relever.
-Tu n'aurais pas dut venir ! Murmura-t-il.
-Sottise, aller lève-toi ! Lui ordonna-t-elle.
Reprenant peu à peu ses sens et quelques forces grâce au sang de l'autre vampire, Mani parvient à se lever. Prenant appui sur Angélica qui le soutenait.
-Aller nous devons partir avant qu'ils se doutent de quelque chose.
-Ils savaient… que tu allais… venir ! Murmura tout bas Mani.
-Evidement ! répondit simplement Angélica. –Aller il faut qu'on s'en aille.
Angélica prit soin de refermer la porte à clé (non sans trembler) derrière eux laissant le garde inanimé à l'intérieur de la cellule.
-Courage Mani…l'encouragea-t-elle. –Fait un effort ! Angélica emmena son ami jusqu'à l'entrée du passage qui lui avait permis d'entrer ici.
-Passe devant ! Dit-elle. –Ne t'arrête surtout pas, il te mènera hors de la ville et une fois dehors nous…
Tout à coup Angélica n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'elle se sentie agrippé par le bras et violement projeté sur le mur de derrière, elle porta une main à sa tête pour se ressaisir et chercha du regard qui l'avait prise par surprise mais ne vit rien.
-Angélica ?! Appela Mani inquiet qui avait déjà commencé à entrer dans le tunnel.
Sans réfléchir et prise de panique elle ordonna à Mani de fuir. Pourtant l'Indien commença à faire demi-tour pour lui venir en aide, mais Angélica lui ordonna encore de partir sans elle.
-Sauve-toi Mani ! Cria-t-elle en sentant une nouvelle fois cette force invisible la saisir par le bras.-Va-t-en !
Mani voulait lui désobéir et la défendre, mais il était trop faible pour l'aider et il le savait. Puis soudain il vit Angélica disparaître subitement, Alors dans l'urgence de la situation qui devenait critique il entreprit de sortir le plus vite possible du tunnel pour aller reprendre des forces en se nourrissant du sang animale ou humain qu'il pourrait trouver avant de revenir pour lui porter secours, et ce même si elle lui avait ordonné de fuir. Elle était revenue pour lui, il était hors de question qu'il l'abandonne.
Angélica quant à elle tomba lourdement sur le sol en bois d'une chambre qu'elle reconnue sans peine. Elle sentie également qu'on lui hotta avec force le chapeau qu'elle portait laissant ainsi apparaître ses longs cheveux.
-Tu es complétement folle ! Gronda une voix derrière elle.
-Moi aussi je suis heureuse de te revoir… mon frère! Répondit Angélica qui se releva en frottant sa veste de ses mains avant de se retourner pour lui faire face. –Je constate que tu as toujours une manière originale de recevoir la famille. Ajouta-t-elle avec sarcasme.
Les deux vampires se dévisagèrent un moment, William trouva sa petite sœur tellement changée, rien que dans son regard il y avait quelque chose de différent. Elle avait un regard perçant qui le mit un peu mal à l'aise. Les minutes passèrent et Angélica nota qu'elle n'entendait pas de gardes ou d'agitation dans le palazzo alors elle demanda à son frère :
-Tu n'as pas donné l'alerte ?!
-Etrange n'est-ce pas ? Répondit William froidement. –Et il ne tient qu'à toi que je ne la donne pas ! Précisa-t-il. –Il faut qu'on parle !
-William je t'en prie…commença Angélica, qui sentait la pression monter en elle de plus en plus.
-Tu oses revenir ici ?! Tu as perdu la tête, sais-tu seulement ce qu'ils te feront ? Tout ça pour lui ! Dit-il, énervé en parlant de Mani.
-Circonstances exceptionnelles, je n'allais pas laisser mon ami entre leurs mains ! Répondit-elle avec force. –Maintenant tu m'excuseras cher frère, ce n'est pas que je ne veuille pas discuter avec toi mais je dois y aller, pour des raisons de survies évidentes…
Angélica marcha en direction de la porte, mais William qui se trouvait devant celle-ci lui barra le chemin.
-Tu ne sortiras pas de cette pièce ! Dit-il fermement.
-Voyez-vous ça ?! Rétorqua sa sœur nullement impressionné. –Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi.
-Je veux savoir ce qu'il t'est arrivée ! Comment as-tu pu faire une chose pareil, disparaître sans rien dire...Pourquoi ?!
-La lettre que je t'ai laissée n'était pas assez claire ?! Je voulais vivre ma vie ce n'est pas un crime !
-Tu avais pourtant tout ici…Commença William.
-Mais pas la liberté ! Le coupa sa sœur.
-La liberté…Reprit son frère en ricanant. –Tu vois ce qu'elle te coûte aujourd'hui. Tu es traquée de toute part, Aro ne renoncera pas ! Termina-t-il d'un ton fataliste.
En effet, le fait de se savoir si proche d'Aro ne fit que redoubler l'angoisse d'Angélica, il fallait qu'elle se sauve et vite.
-Mon frère je t'en supplie laisse-moi partir, le temps presse !
-Je ne peux faire cela ! Ta maison et ta famille sont ici, enfin Angélica soit raisonnable…
Cette fois Angélica l'interrompit avec un rire amer :-C'est toi qui délire et tu dis que c'est moi la folle ! Enfin William ouvre les yeux pour une fois, il hors de question que je revienne vivre dans cet endroit maudit. Jamais tu entends ! Laisse-moi vivre !
William s'avança vers elle à toute vitesse et lui saisit les avant-bras avec force.
-Angélica tu ne te rends pas compte du danger…
-Bien sûr que si, c'est bien pour ça que je te demande de me laisser partir ! Réplica-t-elle. –Ecarte-toi de mon chemin !
-Tu préfères être chassé comme un animal ? Réfléchi enfin, tu n'as plus rien…
-Si, ma vie ça personne ne me l'a prise.
-Et tu crois qu'elle veut le coût d'être vécue ainsi ! Ricana une fois de plus son frère.
-En tout cas c'est mieux qu'ici. Rétorqua sa sœur.
Tout à coup elle entendit de l'agitation dans le palazzo « Trop tard » se dit-elle. « Ils ont dus trouvés le garde » William quant à lui soupira :
-Comment as-tu pu faire tout cela ? Demanda-t-il plus pour lui-même.
-Et toi alors ?! Rétorqua sa sœur au bord de la crise de panique.
-Qu'ai-je fais ? Demanda William sans comprendre ce qu'elle voulait dire. – Dis-le-moi !
-Rien ! Justement, c'est peu non ? La manière dont Aro me traitait, dont il me tenait prisonnière, tu préférais que tout se passe dans ton dos, hein ? En fermant les yeux et les oreilles comme à ton habitude. Aro pouvait faire de moi ce qu'il voulait, puisse que pour toi le plus important était qu'Angélica soit toujours là à sa place quoi qu'il arrive. Tu croyais peut-être que si j'étais à lui ça serait profitable ?
-Si tu penses vraiment cela c'est que tu es devenue un monstre ! Murmura son frère horrifié par ces paroles.
-Et toi ?! Rugit sa sœur.
-Que pouvais-je faire d'autre pour te protéger?!
-Me protéger ? Ricana Angélica. –Tu appelles cela comme ça ! Décidément tu n'as jamais eu de volonté propre ! Je n'ai pas voulu y croire au début au moment où je commençais à comprendre que je ne pouvais plus compter sur toi. Je le voyais chaque jour dans tes yeux tu ne ferais rien pour m'aider…
-Je ne crois pas que tu saches lire dans mes yeux. Répondit tristement William.
-J'y ai vu de la peur ! La peur que je m'échappe à jamais de cet endroit, que je parte loin de toi ! Et c'est ce qu'il s'est passé finalement.
-C'est vrai que j'avais peur de te perdre. Reconnu son frère le tient encore plus pale que d'habitude. –Je veux seulement te protéger…
-Cesse de mentir, tu ne sais pas le faire ciller des yeux. Tu veux seulement que ton petit monde redevienne comme avant !
-Tu disais que tu m'aimais, que nous serions toujours ensemble. Tenta de lui rappeler William espérant peut-être l'attendrir.
-Et toi qu'as-tu dis ? Qu'as-tu fais ?!
William ne répondit pas, il savait qu'il était inutile ne nier la vérité. Laissant ses bras retomber le long de son corps, le regard perdu. Mine de rien le fait de voir son grand frère qu'elle avait tant admiré autrefois dans cet état lui faisait quand même mal au cœur, en le voyant si désemparé la colère qu'elle avait ressentie envers lui commença à se dissiper peu à peu. Bien sûr qu'elle aimait toujours son frère, elle n'était pas insensible, même si leur séparation il y a maintenant un siècle lui avait fait terriblement mal cela l'avait malgré tout endurcie, mais pour son frère ça l'avait visiblement anéanti.
-Très bien ! Dit-il après un long soupir comme résigner. – Je vois qu'il est inutile d'espérer te fais changer d'avis. Tu veux partir, alors vas-y ! Mais ne t'avise jamais plus de revenir ici !
-Mon frère…commença Angélica d'une voix plus douce.
-Va-t'en ! La coupa-t-il en ferment les yeux et se détournant d'elle. –Tu as choisi ton destin après tout !
-William ! Appela sa sœur en se postant devant celui-ci en lui mettant une main sur l'épaule pour attirer son attention elle sembla hésiter un moment puis fini par dire :
-Pars avec moi !
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Quartiers Royaux : point de vue extérieur (Un peu avant):
Dans les quartiers royaux se trouvaient les maîtres et leur épouses, ils vaguaient tous à leurs occupations Athénodora était en grande conversation avec son époux, Sulpicia profitait de la compagnie de Corin, quant à Marcus et Aro ils lisaient chacun un livre de leur côté. Pourtant malgré ce calme apparent Aro lui ressentait au fond de lui comme un malaise, une angoisse grandissante ce qui le laissa perplexe car c'était une sensation très étrange, il avait la sensation que ces sentiments ne lui appartenaient pas. Alors le vampire ferma son livre et alla à la fenêtre, les mains jointes dans le dos l'air pensif. Il pensa alors à cet Indien dans les cachots, à son plan pour capturer celle qu'il pourchassait depuis si longtemps. Il n'avait aucun doute sur la réussite de son plan, elle allait revenir ici, il en était sûr. Mais alors pourquoi ressentait-il cette angoisse ? Brusquement il sorti de ses pensées quand un garde arriva à toute vitesse dans le salon.
-Maîtres… commença-t-il en inclinant la tête respectueusement. –Pardonnez-moi cette intrusion.
-Qu'il y a-t-il de si important pour que tu viennes nous déranger de la sorte ! Dit Caïus d'une voix méprisante.
-Maîtres, le prisonnier s'est échappé ! Lâcha-t-il, à ces mots tous les regards des vampires présents se tourneraient vers lui.
-Comment ?! Dit Caïus ahurie en se redressant. –Comment une telle chose est-elle possible ?! Parle ! Ordonna-t-il.
-Nous venons de trouver le garde qui surveillait l'entrée des cachots dans la cellule du prisonnier…
-Il est mort ? Le coupa sèchement Caïus.
-Non, mon seigneur. Il est toujours vivant, mais c'est très étrange il est comme pétrifié, incapable de bouger ou parler avec des traces de givre sur le visage…
Sur ces derniers mots les trois maîtres se regardèrent simultanément, de toute évidence ils avaient compris à qui il fallait attribuer cet étrange phénomène. Alors Aro réalisa que ce qu'il ressentait depuis quelques heures venait d'elle, c'étaient ses émotions à elle ! Il se maudissait de le comprendre que maintenant. Caius lui avait le visage déformé par la colère à la simple pensée d'être prit pour un imbécile dans sa propre demeure par cette petite garce, comme il se plaisait à la nommer. Il était hors de question qu'elle puisse s'échapper une nouvelle fois, quelle humiliation ce serait pour le clan Volturi. Mais Angélica n'était pas un vampire ordinaire Caïus le savait au fond de lui, elle lui avait toujours fait peur de par son don, mais bien sûr il ne l'avouera jamais pas même à lui-même.
-Il y a une intruse dans la palazzo ! Rugit Caïus. - Trouvez-la ! pas question qu'elle prenne la fuite une seconde fois. Envoyé tous les gardes du château à sa recherche ! Exécution ! Aboya-t-il au garde.
-Tout de suite maître ! S'exécuta le garde.
-Alors comme ça elle est revenue. Murmura Aro d'une voix sombre. –Enfin…
Aro sorti alors du salon dieu seul savait ce qu'il avait l'intention de faire, Corin, elle horrifié à l'idée que le frère et la sœur se retrouvent partie à la recherche de William. L'agitation gagna tout le palazzo à une vitesse folle. Les épouses elles se regardèrent avec stupéfaction, appréhendant ce qui allait suivre, quant à Marcus il haussa seulement les épaules et laissa échapper à long soupir convaincu que cela finirait mal. Corin couru jusqu'à la chambre de compagnon espérant qu'il n'était pas déjà parti à la recherche de sa sœur.
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-Partir avec toi !? Répéta doucement William l'air rêveur.
-Oui ! Insista Angélica. –Qu'est-ce qui te retiens ici mon frère ? Pars avec moi !
William caressa la joue de sa sœur avec tendresse et lui répondit tristement :
-Je ne puis venir…
-Mais pourquoi ?! Demanda Angélica sans comprendre. –Il est encore temps, viens ! Insista-t-elle en le secouant un peu comme si elle voulait le réveiller.
-Je suis désolé mais je ne peux pas…Corin va…
-Corin ?! Le coupa sa sœur avec froideur. –Evidement !
Angélica ne sut ce qu'elle devait en penser, car c'était quand même elle qui avait autrefois encouragée son frère à avoir une compagne, même si d'un autre côté elle savait que Corin avait dû bien profité de son absence pour avoir le champs libre auprès de William et qu'elle l'avait sans aucun doute volontiers consolé de son départ.
-Mais tu l'aimes au moins ? Demanda alors Angélica prise d'un doute.
-…D'une certaine manière oui. Fini par répondre William.
-D'une certaine manière ? Répéta Angélica un peu septique de ces paroles. –Ce n'est donc pas pour elle que tu refuses de me suivre.
-Tu as toujours été la plus forte de nous deux Angélica. Je n'ai pas l'âme aventurière et indépendante comme la tienne, ma place est ici. Je suis un bel égoïste, vraiment…
-Mon frère, je t'en prie…
-N'insiste pas… Dit faiblement William. –Il faut que tu t'en ailles maintenant !
-Mais ils sauront que tu m'as aidé…Dit-elle inquiète.
-Ah, que peuvent-ils me faire de plus…tu es ma sœur. Va maintenant.
Sans un mot de plus il prit sa sœur dans ses bras et la serra fortement. C'est ce qu'il lui manquait le plus. Tout à coup la porte s'ouvrit dans un bruit fracassant laissant place à Corin.
-William chéri, vite Angélica est… Corin se figea sur place en voyant que son compagnon n'était pas seul, en effet il tenait une autre femme dans ses bras qui la fixait froidement comme pour lui signifier qu'elle venait de les déranger. –William ! Appela-t-elle choquée par cette vision qu'elle n'espérait plus jamais voir.- Que fait-elle ici ?! Que fais-tu ?
-Je viens rendre visite à mon frère, Corin. Répondit Angélica à la place de son frère, elle brisa leur étreinte et poursuivie : -Cela te poserait-il un problème ?
-Tu n'as rien à faire ici Angélica ! Rétorqua Corin. –Tu veux attirer des ennuis à ton frère ? William viens, il faut prévenir les autres.
-En effet je n'ai rien à faire ici ! Mais tu ferais mieux de me remercier Corin, car si tu es la compagne de mon frère c'est bien grâce à moi !
-Comment oses-tu ?! Dit Corin indignée. –Tu n'as point perdue ton arrogance, Angélica. Tu souriras moins quand le maître…
Corin n'eut pas le temps de finir sa phrase car soudain un autre vampire arriva et lui enserra le cou entre son bras et saisit un de ses poignets de sa main libre. C'était Mani. Angélica fut à la fois en colère mais ravie de le voir.
-Viens ! Dit Mani à Angélica. –Les autres arrivent.
En effet Angélica pouvait entendre à quelques étages plus bas la garde qui fouillait tout le château à sa recherche, ils allaient bientôt arriver ici.
-Angélica ! Intervient William en voyant sa compagne se débattre contre la prise de Mani. –Dit-lui de la relâcher.
-Si elle se tient tranquille…Répondit Angélica qui fit un signe de tête à Mani qu'il la relâche. Alors Mani lâcha prise sur Corin qui se mit aussitôt à hurler : -A la garde ! Angélica le regard blasé devant pareil stupidité elle se précipita vers Corin, l'attrapa part le cou et lui fit la même chose qu'au gardien des cellules. Corin tomba alors inerte sur le sol de la chambre sous les yeux choqués de son frère.
-Que lui as-tu fais ? Demanda-t-il en s'agenouillant auprès de Corin désormais pétrifiée.
-Ne t'inquiète pas les effets se dissiperont quand je serais partie. Et d'ailleurs… Commença-t-elle en s'agenouillant à son tour près de son frère. –C'est le moment d'y aller. Expliqua Angélica en posant une main sur la joue de son frère. –Cela ne la gêne pas, ça ne fais pas mal. Le Rassura-t-elle avant de déposer un baiser sur son front : -Au revoir, mon frère ! Puis elle partit rejoindre Mani qui l'attendait impatient de pour sortir d'ici.
-J'en ai neutralisé certain dans les cachots, mais maintenant il est impossible de s'enfuir par le passage des sous-sols.
-Il faut qu'on trouve un autre moyen de sortir d'ici alors. Heureusement pour nous que les plus redoutables de la garde ne sont pas ici je n'ai pas senti leur odeur. Si c'est comme je le pense ils vont faire rappeler tous les soldats ici, donc si nous parvenons à sortir d'ici ce sera plus simple de fuir dans la nature. Ils arrivèrent devant un escalier, qui descendait à l'étage inférieur, mais Angélica retient Mani qui s'apprêtait à descendre.
-Non pas par-là, tu les entends ils arrivent. Dit-elle en voyant l'ombre de certains gardes apparaître en bas des escaliers. –Suis-moi Mani vite pour l'amour du ciel! Dit-elle en l'entrainant dans une pièce voisine. C'était la bibliothèque, Angélica avait l'avantage de connaître les lieux. –Vite Mani, ils doivent contrôler tous les souterrains par conséquent il nous ait impossible d'espérer nous évader par-là, réfléchissons. Dit-elle sur le point de céder à la panique.
-Nous ne pouvons vraiment pas nous battre contre eux ? Demanda Mani avec un peu d'espoir.
-Non, toi tu risques d'être tué et moi faite prisonnière, ce n'est pas le résultat que je veux obtenir. Et nous ne pouvons pas passer par les fenêtres elles donnent pour la plupart sur la place en fête, ça ne serait pas discrets même à vitesse vampirique le risque est trop grand, non le seul moyen c'est de s'enfuir par les toits !
-Par les toits ? Répéta Mani étonné.
-Oui il faut monter à la tour du palazzo le plus vite possible, une fois là-haut nous prendrons des directions différentes et après on improvisera…Dit-elle ne sachant que faire exactement.
-Ils sont ici ! Cria un garde qui venait d'entrer dans la pièce.
Sans plus attendre Angélica propulsa un jet de glace dans sa direction pour faire diversion et entraina Mani derrière elle avant que les autres gardes ne se ramènent pour les stopper. Les deux vampires se mirent à courir aussi vite que possible changeant de direction ou se cachant dès qu'ils entendaient des gardes arriver vers eux. Même si Angélica commençait à croire qu'ils ne parviendraient pas à sortir de là, Mani lui ne perdait pas espoir d'atteindre la tour avant de se faire attraper. Ils durent de temps à autre neutraliser des gardes qu'ils ne pouvaient contourner mais sans les tuer pour autant. Deux étages plus bas quatre vampires venaient de se regrouper.
-Alors ?! Rugit Caïus qui participait activement aux recherches. Où sont-ils ?
-Maître ils ont été repérés au troisième étage, mais il est difficile de les suivre, nous ne savons pas comment ils font…
-Ah, la peste. Marmonna le blond entre ses dents. Elle connaît bien le château, elle sait par où passer ou se cacher, elle en train de jouer avec NOUS ! Cria-t-il furieux. Et Aro où se trouve-t-il ?
-Nous l'ignorons maître. Intervient Renata. –Nous ne l'avons pas vu depuis que l'alerte a été donnée.
-Maître ! Appela Afton. –Nous avons découvert plusieurs gardes paralysés sur les deux étages supérieurs.
A ces mots Caïus comprit : -Ils se dirigent vers la tour, ils comptent fuir par-là ! Suivez-les ! Je vous déconseille de les laissez pas s'échapper !
Sortant d'une nouvelle cachette, Angélica et Mani atteignit le vieil escalier de la tour, ils avaient eu beaucoup mal à y parvenir. Soudain elle crut entendre la voix détestable de Caïus venant du bout du couloir qu'ils venaient d'emprunter, la jeune femme regarda à toute vitesse autour d'elle pour trouver une façon de stopper leur assaillants pour gagner du temps et elle finit par avoir une idée, mais avant de la mettre en pratique elle tourna vers Mani qui venant de s'arrêter pour l'attendre.
-Pars devant ! Lui ordonna-t-elle d'une voix ferme.
-Non pas sans toi ! Répliqua Mani avec obstination.
-Je te l'ordonne Mani ! Rugit alors sa créatrice. –Si je te dis de fuir et de me laisser ici tu dois le faire ! Pars devant je te rejoindrais !
L'indien ne se le fit pas répéter deux fois bien que cette perspective de la laisser en arrière lui déplut fortement, il monta l'escalier jusqu'au sommet de la tour. Angélica, elle aperçue enfin Caïus au bout du couloir celui-ci se figea un moment en la voyant se demandant peut-être si l'espace d'un instant il ne voyait pas un fantôme. Cependant il se ressaisit vite et à peine fut-il un pas dans la direction de la jeune femme, celle-ci posa ses mains sur l'arcade en pierre qui formait l'entrée du couloir et y créa un épais mur de glace pour leur bloquer le passage avec une rapidité telle que Caïus même à vitesse vampirique n'eut pas le temps de le franchir. Angélica l'entendait hurler de rage de l'autre côté, taper avec toute sa force sur la glace, mais sans succès pour l'instant du moins. Car ce n'était pas de la glace ordinaire elle mettait un moment avant de céder sous les coups. Mais c'était assez pour lui laisser le temps de fuir, à son tour Angélica monta l'escalier ignorant royalement les insultes que Caïus pouvait lui lancer et dieu sait qu'ils y en avaient. La pensée à laquelle elle se raccrochait pour ne pas céder à la panique c'était celle de partir d'ici. Quand elle atteignit enfin le sommet de la tour carrée, elle tourna sur elle-même regardant les quatre ouvertures de style vénitiennes qui donnaient sur des petites allées entre les remparts et les quatre murs de pierre qui formaient la tour cherchant par quels côtés fuir. Elle sortit prudemment sur la petite allée côté jardin intérieur du Palazzo pour ne pas être vue des humains sur la place en fête, le vent souffla dans sa direction lui indiquant ainsi de quel côté était parti Mani, elle alla sur la gauche et en un mouvement rapide elle posa une botte sur la balustrade avec l'intention évidente de s'en servir d'appui pour sauter sur le toit d'en face, mais elle se stoppa dans son élan et se raidit quand elle sentit une autre odeur qui lui frappa les narines de plein fouet. Toujours la botte sur son appui elle posa également ses mains sur la balustrade et tourna rapidement la tête sur la droite pour voir qui se tenait derrière elle. Et c'est là qu'avec stupeur elle le vit à quelques mètres d'elle au bout de l'allée, depuis combien de temps était-il là ? Angélica se sentie complétement paralysée rien qu'en le voyant, il était là immobile et silencieux vêtu de sa longue toge noire, on pouvait seulement distinguer ses cheveux d'un noir d'encre de sa toge par le fait que le vent les agitaient sur son passage. Son visage semblait imperturbable, ses traits toujours surprenant de beauté. Mais ce qui frappa le plus Angélica c'était les yeux de son créateur qui prient une telle expression pénétrante qu'Angélica se sentie pour ainsi dire transpercée jusqu'au fond de son âme par ce regard qu'il tenait sans cesse attaché sur elle.
A les voir ainsi tous les deux figés se dévisageant sans retenue on aurait dit qu'Aro la regardait tel un oiseau de proie qui a longtemps rétrécie en silence les cercle formidable de son vol et qui tout à coup s'apprêtait à s'abattre sur sa proie tant convoitée. Angélica, elle le regardait avec une méfiance non dissimulée mais aussi avec une lueur de défi dans les yeux guettant le moindre de ses gestes. Elle savait qu'elle aurait dû se douter qu'Aro, parviendrait sans peine à deviner par où elle tenterait de lui échapper sans doute l'avait-il comprit avant tous les autres c'est pour cela qu'il était seul ici, mais il avait visiblement laissé Mani fuir sans chercher à l'arrêter car dans le fond ce n'était pas l'indien qui l'importait, lui n'était qu'un simple appât pour l'attirer elle. Angélica reconnue que c'était brillant. Soudain Aro fit un pas vers elle sans un mot, Angélica réagit alors comme si elle s'apprêtait à sauter du haut du palazzo. Aro percevant ce qu'elle allait faire s'arrêta et dit d'une voix douce, trop douce pour Angélica :-Attend…
Angélica se stoppa malgré elle, comme si ses jambes refusaient de lui obéir, sans le regarder elle entendit Aro reprendre calmement :-Angélica, ne fais pas ça. (Elle le vit du coin de l'œil tendre la main paume ouverte vers elle) –Reviens-moi ! Ajouta-t-il sans la quitter des yeux. A ces derniers mots elle osa le regarder et elle fut subjuguée par l'intensité de son regard. L'accent de sa voix était presque tendre et si elle ne connaissait pas aussi bien Aro elle s'y serait laissé prendre. Mais « Aro reste, Aro »se dit-elle, elle savait ce qu'il essayait de faire comme la manière forte (c'est-à-dire la faire ramener par Démétri avait lamentablement échoué) il avait changé de tactique, il pensait qu'il l'amadouerait avec quelques paroles du style «Reviens et tout est oublié, pardonné » en lui tendant la main comme si Aro faisait à Angélica l'immense honneur de la pardonner de ses fautes. Bien sûr que non, Aro avait la rancune presque aussi tenace que la sienne il comptait bien se venger. Angélica malgré la peur que cet homme lui inspirait refusa de se laisser abuser par ses belles paroles dont il avait le secret, elle releva la tête avec une expression à la limite de l'arrogance et lui répondit dans un soupir en se mettant debout sur la balustrade: -Voyons Aro, c'est toi même qui me l'a dit «Les Volturi n'accordent jamais de seconde chance ». A ces mots elle vit un éclair de fureur qui passa dans les pupilles laiteuses du maître Volturi, autrefois il en aurait souri d'amusement mais plus aujourd'hui visiblement. La jeune femme savait qu'avec ces mots c'était comme si elle lui crachait au visage, pourtant elle frissonna de peur en décelant une lueur de folie dans yeux, Aro venait de faire tomber le masque. Tout en laissant sa main se refermer durement sur elle-même et retomber le long de son corps il fit un autre pas vers elle en lui adressant un sourire qui la fit trembler dans tout son corps. –Soit ! Murmura-t-il d'une voix faussement enjouée. Tout à coup elle le vit bouger rapidement vers elle, avec l'intention évidente de l'attraper heureusement pour elle, Angélica avait de bon réflexe tout aussi vite que lui elle sauta en manquant de peu qu'Aro parvienne à lui saisir le bras et en un salto rapide elle atterrir sur le rempart derrière lui et aussitôt avec une vitesse surprenante au moment où le vampire se retourna vers elle, il ne vit qu'un épais nuage de givre flotter devant lui, lui cachant la vue quand il se dissipa Angélica avait une fois de plus disparût.
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Enlaçant Mani de toutes ses forces, Angélica ne parvenait pas à calmer l'agitation dans son esprit. Elle n'arrivait pas à croire qu'ils aient pu s'en sortir vivants tous les deux. Elle venait de retrouver son ami qui l'attendait caché dans les bois, mais tout danger n'était pas encore écarté très vite ils se remirent à courir avant que d'autres gardes Volturi ne les retrouvent. Tout en courant le plus loin possible Angélica transmettait à Mani des instructions très précises :
-Nous ne pouvons plus rester ensemble Mani ! Lui dit-elle l'air grave.
-N'y aurait-il pas un autre moyen ? Demanda-t-il.
-Non malheureusement c'est impossible! Ils savent que tu m'accompagnes, c'est trop dangereux pour toi. Tu vas faire exactement ce que je te dis ! Tu vas aller voir Carlisle en Alaska et lui expliquer ce qu'il s'est passé, après tu iras rejoindre Nahuel et sa tante, tu l'as rencontré il me semble. (Mani hocha la tête en signe d'affirmation) –Ils sont d'accord pour t'accueillir, je pense que tu seras bien avec eux. Conclue-t-elle.
Mani s'arrêta brusquement et la regarda faire de même avant de demander : -Et toi ?
-Il est préférable que tu n'en saches rien en ce qui me concerne. Moins tu en sauras mieux cela vaudra.
-Non je ne peux pas faire ça ! Refusa catégoriquement Mani.
-Faire quoi ?! Rétorqua sa créatrice à bout de patience.
-Te laisser seule…
-Bien sûr que tu le peux et tu le dois ! Exigea-t-elle en prenant son visage en coupe entre ses belles mains. –Mani, il le faut. Je ne puis faire autrement, quand je le pourrais je te ferais parvenir de mes nouvelles. Fais-moi confiance mon ami c'est la meilleur solution que nous avons pour le moment et quand nous arriverons à la frontière Française on se séparera ! Maintenant viens.
Ils reprirent leur course en silence cette fois. Bien entendu que l'idée de se séparer de Mani lui faisait mal, mais Angélica n'avait pas le choix et elle savait que Mani au fond de lui le comprenait. A deux ils étaient trop reconnaissables, une Italienne accompagnée d'un Indien ce n'était pas très discret. Après quelques heures de route ils arrivèrent à la frontière.
-Voilà…Commença Angélica essayant de contenir sa tristesse. –C'est ici que je te laisse. Encore une chose…dit-elle en enlevant de sa poche de manteau une bourse d'argent en cuir noire et une lettre qu'elle lui donna. –Tiens c'est pour toi et va prendre le navire « L'espérance » à Bordeaux, donne aussi cette lettre au capitaine il est au courant de ta venue et t'attendra jusqu'à demain soir à 20h alors ne soit point en retard.
-Tu avais tout prévue ! Dit-il sans surprise.
-Plus ou moins c'est vrai mais pour être honnête je ne croyais pas qu'on s'en sortirait tous les deux. Avoua-t-elle.
-Tu es vraiment sûr que c'est ce que tu veux ?
-Si j'avais pu faire autrement Mani tu te doutes bien que je l'aurais déjà fait. Maintenant il faut que tu y ailles. Mais tu vas tellement me manquer. Ajouta-t-elle.
Mani s'avança vers elle et l'enlaça en lui murmurant: -Merci de ce que tu as fait pour moi. Merci d'être venue me sauver.
-Tu n'as pas à me remercier, tu sais bien que je ne t'aurais jamais abandonné. Autrement je ne me serais plus jamais regardé dans un miroir sans me cracher dessus. Dit-elle avec une touche d'ironie.
-Angélica, ne reste pas seule tu auras besoin d'amis, choisie les soigneusement. Lui conseilla Mani.
-Ne t'inquiète pas pour moi, aller vas-y maintenant c'est déjà assez difficile de te laisser partir. Nous nous reverrons de façon, je te le promets.
-N'oublie jamais Yepa, si tu as besoin de moi, n'importe quand pour quoi que ce soit, je serai là !
-Je sais ! Répondit-t-elle avec tendresse avant d'embrasser Mani sur le front. –Bonne chance !
Elle brisa alors leur étreinte et le regarda partir avec un pincement au cœur, elle s'était efforcé de ne pas laisser ses larmes couler. Elle prit alors la direction opposée et alla aussi loin qu'elle le put sans se retourner. Elle se dit que c'était la toute première fois qu'elle se retrouvait vraiment toute seule. Au bout d'un certain temps elle finit par s'arrêter au milieu d'une forêt, ignorant complétement où elle pouvait bien se trouver. Angélica prit un temps pour essayer de réfléchir calmement, elle n'arrivait toujours pas à croire ce qu'elle avait fait, qu'elle l'avait revue lui, inchangé dans tous les sens du terme. La vampire en tremblait encore rien qu'en y repensant, la façon dont il l'avait regardé, ce qu'il lui avait dit. Et son frère qui avait refusé de la suivre cela faisait beaucoup trop d'émotions pour elle. Angélica ne parvenait pas à se réjouir d'avoir réussi à leur échapper encore une fois, car maintenant qu'allait-elle faire ? Et où aller ? Sa vie n'avait pas de sens pour elle car elle se résumait à « courir, manger, se cacher » Pourtant elle avait toujours su que ce serait comme ça. La jeune femme commençait à se lasser de la vie de nomade, elle voulait avoir un endroit où elle pourrait rester sans contrainte, un lieu bien à elle et qui sait une famille peut-être mais c'était là un rêve auquel elle préférait ne point songer, la seule pensée qu'elle ne pourrait jamais avoir d'enfant lui faisait déjà terriblement mal. Dieu qu'elle avait l'âme profondément humaine malgré tout, un vampire dit normal n'avait pas ce genre de préoccupation. Mais pour le moment toutes ces choses d'une vie calme et paisible lui était impossible, il faillait maintenant qu'elle se fasse oublier quelque temps. A cette pensée elle se demanda où pourrait-elle bien s'exiler sans trop de danger. Elle passa une main sur son visage, où quelques larmes avaient commencées à couler, elle était fatiguée de tout cela. Oh c'est vrai un vampire ne pouvait pas ressentir la fatigue, la fatigue physique du moins. Sentant une bague en argent sur un des doigts de sa fine main d'un blanc de neige, elle observa la bague avec attention, c'est fou comme certains bijoux que nous portons deviennent avec le temps comme une part de nous-même on ne les sent même plus sur nous et le jour où nous ne les portons plus on sent alors qu'il manque quelque chose. Cette petite bague qu'elle avait au doigt était celle que ce fameux vampire Russe « Boris » lui avait offert un jour en lui précisent que si elle voulait venir le voir elle serait la bienvenue. « Et pourquoi non ? » se dit-elle alors, la Russie elle n'y était jamais allée et ne parlait pas langue pourtant cette idée s'imposa à elle comme une évidence. Oui pourquoi pas, Boris ne connaissait pas son vrai nom et ne savait rien de sa vie, c'était parfait. « Je pense qu'il sera heureux de me voir »Se dit-elle en prenant sa décision.
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Point de vue extérieur: La Russie année 1831 :
C'est en plein hiver qu'Angélica arriva à la frontière de la Russie, elle avait pris soin de ne pas passer par la Pologne à cause du soulèvement de l'armée Polonaise qui avait lieu contre l'occupation Russe. Soulèvement qui était justement en train de se faire violement écrasé par l'armée de la Russie. Angélica avait pour seul bagage une malle qu'elle avait emportée avec elle et qui contenait uniquement des vêtements d'homme à sa taille, car bien évidement les jupons et les corsets et autre chose du genre prenaient toujours trop de place. Elle ne savait pas où elle se trouvait et encore moins où pouvait bien vivre Boris, elle se souvient qu'il lui avait dit que lorsqu'elle arriverait en Russie il le saurait et il viendrait à sa rencontre. Oui certainement mais pour l'heure elle se disait qu'il serait préférable pour elle de trouver peut-être une chambre décente dans la ville la plus proche. Angélica avait essayé tant bien que mal de repérer une odeur vampirique, mais rien n'y a fait. Elle erra encore quelques heures sous la neige, c'était un climat tellement froid, mais qui pour elle était parfait comme ça il serait plus aisé d'utiliser son don en cas de problème. Au bout d'un moment n'y tenant plus elle posa sa malle dans la neige et s'assit dessus « Aller, nous allons faire cela à la manière humaine »se dit-elle, et elle sortit une carte (à son avis peu exacte) de sa poche et l'étudia un moment. Angélica y renonça très vite et finit par jeter cette carte au sol, agacée. Soudain, une odeur nauséabonde lui parvient aux narines, une odeur si forte qu'elle se plaqua une main sur son nez. « Mais quelle est cette senteur immonde »se demanda-t-elle avec une grimace de dégout. « Un animal est mort depuis plusieurs jours ? »se dit-elle avec ironie. Tout à coup elle entendit un hurlement animal qui l'a fit tressaillir de tous ses membres.
-Qu'est-ce que cela ? Dit-elle en se relevant, cherchant d'où pouvait bien provenir ce hurlement.
Elle monta la pente enneigée à sa droite en direction du bruit qu'elle entendait se rapprocher de plus en plus de sa position et aperçue quelques mètres plus bas une clairière entièrement blanche, trois silhouettes au loin, la première elle vit que c'était un homme, un vampire sans aucun doute car son odeur commençait à lui parvenir. Il courait à vitesse vampirique à travers la clairière poursuivit de très près par ce qui ressemblait à d'énormes loups, il y en avait deux qui avaient pris en chasse le vampire.
-Dieu du ciel ! S'étonna Angélica en voyant ça. –Mais ces choses qui lui courent après ce ne sont pas des loups… c'est…c'est des Lycans !
Angélica n'arrivait pas à en croire ses yeux « des Lycans » elle avait toujours crut qu'ils avaient été chassés jusqu'à l'extinction par les Volturi il y avait de cela plusieurs siècles et comme si ça ne suffisait pas ils pouvaient semble-t-il se transformer en pleine journée. Comment une telle chose était-elle possible. Angélica n'eut cependant pas l'occasion de pousser la réflexion plus loin car elle vit soudain le vampire changer de direction et venir tout droit vers l'endroit où elle se cachait « Il est pas sérieux » se dit-elle en courant ramasser sa malle à quelques mètres d'elle et sauta alors dans un gros sapin juste devant elle et à peine l'eut-elle fait que l'autre vampire apparût dans son champ de vision il venait de sauter jusqu'ici, mais quand il atterrit un des deux lycans qui le suivait avec plus de rapidité que son congénère faillit l'attraper, mais le vampire fut plus rapide et esquiva de peu les mâchoires puissantes de l'animal dont on pouvait voir les crocs acérés prêts à mordre de nouveau sa cible. L'homme donna alors un puissant coup de poing dans l'abdomen du lycan au pelage noir qui venait de se redresser sur ses pattes arrière et dans uns rugissement qui fit trembler de peur Angélica du haut de son arbre, fut propulsé plusieurs mètres plus loin. Mais aussitôt l'autre lycan aux poils bruns fonça sur le vampire qui ne l'avait pas vu venir. Ces bêtes étaient vraiment monstrueuses à voir de près comme de loin. Le vampire allongé sur la neige tenait entre ses mains la tête du lycan qui essayait de le mordre, l'homme prononçait des paroles en russe. C'est à ce moment-là qu'une grosse malle tomba de tout son poids sur l'énorme tête du monstre qui sous la violence du choc tomba sur le côté visiblement assommé. Le vampire toujours à terre ne comprit pas très bien ce qu'il venait de se passer, il vit alors une fine silhouette atterrir de nulle part et faire face à l'autre lycan qui grognait furieusement devant ce nouveau vampire qui venait d'apparaître, aussi vite que l'éclair avant même que le lycan lui fonce dessus l'autre vampire fit un mouvement du bras droit et simultanément la neige au sol accompagna le mouvement comme répondant à un ordre mystérieux et se changea en glace qui se dirigea droit sur les quatre énormes pattes de la bête l'immobilisant presque instantanément. Alors le vampire russe se releva au même moment où l'autre vampire se retourna vers lui. Ils se dévisagèrent quelques minutes avant que la vampire qui venait de le sauver ne reprenne sa malle qu'elle avait laissé tomber sur la tête de l'autre lycan. Aussitôt le vampire russe lui attrapa le poignet en voyant derrière elle le lycan noir commencer à se libérer une première patte de la glace et l'entraina de force derrière lui, les deux vampires se mirent à courir à toutes allures sans se retourner, mais entendant à nouveau un lycan les suivre, ils arrivèrent bientôt devant une grande rivière et la jeune femme comprit sans difficulté qu'il allait falloir sauter par-dessus, toujours entrainé par le russe elle suivit son mouvement quand il sauta avec elle sur l'autre rive échappent une nouvelle fois de peu à un coup de patte du lycan qui à la grande surprise de l'Italienne ne sauta pas et resta sur sa rive hurlant de frustration à la vue de ses proies qui venaient de s'enfuir. La jeune femme resta un moment sans rien dire, sans bouger. Elle se rendit compte que ce mystérieux vampire la tenait contre lui un bras protecteur autour de sa taille, en levant les yeux vers lui elle le observa de plus près, il était grand aux cheveux bruns presque aussi foncés que les siens tirés en arrière arrivant au niveau de sa nuque il portait une fine moustache taillée d'une façon à ce qu'elle soit reliée à sa barbe qui atteignait le bas de ses joues épousant parfaitement la forme de sa mâchoire, il avait un nez bien dessiné, de léger plies au niveau des yeux quand il fronçait les sourcils, des traits parfait et propre à tout vampire. Il était vêtu de noir qui contrastait avec le tient pale de sa peau et portait un chapeau typiquement russe pourrait-on dire. « Un bien bel homme »Pensa aussitôt la jeune femme, le vampire lui, il fixait le lycan sur l'autre rive avec un air féroce comme pour lui signifier d'un simple regard qu'il ne valait mieux pas pour lui qu'il ose tenter de les rejoindre. Finalement le lycan sembla renoncer à les chasser et reparti dans la forêt dans un dernier grondement venant de sa poitrine. La jeune femme se défit de l'étreinte protectrice du vampire qui tourna aussitôt son beau visage vers elle comme si il se rappelait soudain de sa présence. Le regard inexpressif il lui dit d'une belle voix grave : - Всё в порядке, мисс ? Mais devant l'incompréhension visible sur le visage de la jeune femme, il reprit : -Peut-être comprenez-vous le Français?
-Oui ! Répondit-elle. –Vous pouvez me parler en Français. Excusez-moi mais à qui ai-je l'honneur ?
-C'est vrai que je n'ai point eu l'occasion de me présenter, pardonnez-moi. Dit-il avec un accent russe aussi prononcé que cela de Boris. –Je me nomme Dimitri Belikov, pour vous servir belle dame.
« Dimitri » pensa la jeune femme, c'était donc lui dont Boris avait mentionné le prénom autrefois.
-…Je suppose, mademoiselle que vous êtes Italienne ? Poursuivi Dimitri en la regardant de haut en bas sans retenue. –Et que vous vous appelez Rose ?
-Oui, comment le savez-vous ? L'interrogea la vampire méfiante.
-Nous avons un amis en commun…Précisa-t-il avant de prendre délicatement sa main dans la sienne :-Permettez ? Dit-il en y déposant un baiser respectueux.
-Boris ! Devina-t-elle sans surprise.
-Lui même, il m'a tant parlé de vous, c'est lui qui m'envoi vous chercher, venez, il vous attend avec impatience. Dit-il en prenant la malle à côté de la jeune femme. –Du moins si c'est bien lui la raison de votre présence ici ? Interrogea-t-il.
-Tout à fait, monsieur Belikov.
-Je vous en prie appelez-moi Dimitri.
Angélica hocha la tête en signe d'approbation et ils se mirent en route, sur le chemin Dimitri n'avait de cesse de la regarder avec curiosité, au bout d'un moment elle finit par lui en demander la raison :
-Je peux savoir pourquoi vous me regardez ainsi ?
-Excusez-moi si je vous dévisage mais je n'ai pas pour habitude de voir une femme vêtue comme un homme. Répondit-il en toute sincérité.
-C'est moins encombrant pour voyager. Expliqua simplement Angélica. –Cela vous dérangerait-il ?
-Pas du tout, cela vous va même plutôt bien. Ajouta-t-il en osant lui lancer un regard par-dessus l'épaule.
-Dites-moi une chose Dimitri, vous m'avez dit que Boris vous avez envoyé à ma rencontre, mais comment saviez-vous que j'étais là ?
-Excellente question. Répondit Dimitri sans la regarder cette fois. –Voyez-vous notre clan emploi quelques vampires nomades qui contrôlent tant bien que mal les frontières de notre territoire, c'est un de cela qui nous a signalé avoir repéré une odeur inconnue, celle d'un vampire femelle, mais sur le territoire lycan, d'ordinaire nous ne nous soucions guères des imprudents qui s'y aventure, mais étant donné que nous ne recevons que très peu de visiteur et qu'il se trouvait que le visiteur en question soit une femme, Boris a alors songé que ça pouvait être vous. Il m'a donc envoyé en espérant que je vous trouverais avant les lycans, mais malheureusement ce sont eux qui m'ont trouvé avant. Et maintenant que j'y pense, je ne vous ai point remercié de votre aide mademoiselle Rose… Brillante idée la malle sur la tête ! Termina-t-il avec un petit ricanement.
-Je vous en prie. Répondit Angélica. –Je n'avais vu ce genre de créature auparavant…
-A ce propos ma chère, comment avez-vous fait cela ?
-Cela ? Répéta la jeune femme faisant mine de ne pas comprendre de quoi il voulait parler.
-Neutraliser le second lycan. Précisa-t-il. Je n'ai jamais rien vu de tel, au cours de mon existence.
-C'est mon don ! Avoua Angélica qui ne pouvait pas le nier, elle espérait d'ailleurs ne pas s'être trahie à cause de ça elle se demandait si les Russe étaient au courant des recherches des Volturi sur une vampire ayant se pouvoir, elle l'ignorait pour l'instant.
-Un don physique, c'est très impressionnant. Dit-il admiratif. –Et très rare surtout…
-Justement, Dimitri…Commença la jeune femme un peu gênée.- Pouvez-vous garder pour vous ce que vous avez vu, je ne tiens pas à ce que cela se sache.
-Comme vous voudrez. Répondit-il le vampire non sans lui lancer un coup d'œil intrigué. –Je tairais cette petite mésaventure avec les lycans…
-Merci, mais encore une chose si vous me le permettez ? Comment se fait-il que des lycans puissent se transformer en plein jour, j'ai toujours crut cela impossible.
-Tout comme les vampires qui ne peuvent pas paraître au soleil sans brûler. Répondit-il avec un sourire amusé. –C'est un mythe, mais seul les plus âgées en sont capables en plein jour même si leurs capacités en sont quelque peu diminuées. Autrement ils ne sont pas dépendant de la pleine lune pour se transformer, ils sont seulement plus puissant sous son influence. Maintenant mademoiselle si le voulez bien nous reprendrons cette conversation plus tard, nous allons arriver.
En effet la nuit venait de tomber quand ils arrivèrent après avoir traversé un long sentier dans les bois, devant la grille d'un grand manoir bien isolé du reste du monde. A la vue de ce manoir sombre de l'extérieur Angélica eu un frison désagréable qui l'a parcouru dans tout son corps, il y avait une aura étrange qui émanait de cet endroit. Elle se demanda alors si elle avait bien fait de venir jusqu'ici ne sachant pas vraiment ce qu'elle y trouverait. Dimitri ouvrit la grille et l'invita à passer devant.
-Allez-y, je vous en prie il n'y a pas de quoi avoir peur. La rassura-t-il avec un sourire.
-De quoi aurai-je peur ?! Demanda-t-elle sans trop comprendre le ton qui se voulait rassurant de Dimitri qui était en train de refermer la grille derrière eux.
-Mais pour rien. Dit-il sans perdre son sourire. –Venez !
Ils arrivèrent devant la porte d'entrée, quand Dimitri toqua trois fois le levier sur la grande porte et se tourna ensuite vers elle pour lui dire au même moment où la porte s'ouvrit:- Soyez la bienvenue au Manoir des Belikov, chère Rose.
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Paroles en Russe :-Всё в порядке, мисс ? (Tout va bien mademoiselle ?) Si la traduction est correcte, c'est toujours difficile de traduire mot à mot.
Je tiens à préciser que le Dimitri Belikov de cette fiction n'a aucun rapport avec celui de « Vampire Academy » C'est seulement le nom qui me plaisait. Alors pas de comparaison s'il vous plaît. Merci.
Voilà pour ce quatrième chapitre, j'espère de tout cœur qu'il vous aura plu. Et pour être honnête avec vous j'ai bien cru ne jamais parvenir à sortir des couloirs du Palazzo. Horrible vous dis-je et je ne souhaite à personne de s'y perdre comme je l'ai fait. N'hésitez surtout pas à me laisser des reviews, ça ne fait pas de mal au moral des auteurs en générale. Pour ceux qui espèrent voir un jour Aro et Angélica ensemble, je vous demanderai avant toute chose…de la patience et surtout de me faire confiance. Car pour le moment vous l'aurez lus c'est plutôt mal parti. Mais…mais vous verrez bien la vie est pleine de surprise. Je vous dis à très bientôt dans le prochain chapitre.
P.S:Per gli italiani che leggono questa finzione, potete lasciare un commento, avete fortuna l'autore sa parlare italiano. A presto !
