Bonjour à tous, me revoilà en ce début d'année 2018 avec un nouveau chapitre. Qui fut ma foi, bien difficile à écrire. (Comme tous les autres, j'ai envie de dire…) Enfin bref, j'espère qu'il vous plaira. J'ai classé cette fic dans la catégorie « M ». Je remercie encore toutes celles et ceux qui me laissent des reviews comme : – Xuagram – Lola. Ainsi que tous ceux qui la suive et l'ajoute en favori. C'est toujours un élan de motivation pour moi. Merci et bonne lecture.
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Point de vue extérieur :
Dans son bureau Boris ravivait le feu de la grande cheminée. Le Russe affichait une mine affreuse, déçue.
-Et voilà…Marmonna-t-il d'une voix morne. Tout mon beau travail n'aura servi à rien…
Remuant inlassablement ses pensées il ne prit pas garde à Dimitri qui venait d'entrer dans la pièce sans frapper. Dimitri venait tout juste de revenir de son voyage à Saint-Pétersbourg où il avait traité certaines affaires.
-Bonjour Boris. Le salua Dimitri. –Je suis heureux de te revoir.
-Moi de même mon cher. Répondit son créateur sur un ton pourtant dénué d'émotion en se retournant vers lui. -Ton voyage s'était-il bien déroulé ?
-Tout à fait… nos affaires sont réglées, mais ces humains étaient vraiment pénibles et peu ouvert aux négociations … Mais ils ont fini par entendre le bon sens. Je leur ai fait une proposition qu'ils ne pouvaient pas refuser. Dit-il avec un petit sourire de triomphe.
-J'en suis fort aise.
-Ce n'est pas ce que je peux voir… Tu as plus d'entrain d'habitude. Quelque chose ne va pas ?
Boris n'eut pas le temps de répondre car une humaine venait de frapper à la porte du bureau. Le vampire donna l'ordre d'entrer. Quand la frêle humaine entra avec un beau bouquet de roses rouges en vase dans ses bras elle regarda les deux hommes avant de demander avec une voix un peu hésitante :- Pardonnez cette intrusion mes seigneurs, mais où dois-je porter ses fleurs ?
-Pose-les ici, je te prie. Lui indiqua Dimitri en désignant du menton la petite table à droite de l'entrée. La domestique s'exécuta et s'inclina avant de quitter la pièce.
-Comment les trouves-tu ? Demanda Dimitri cherchant l'approbation de Boris sur son choix. –Il est bien difficile d'en trouver d'aussi belles à cette période de l'année.
-Délicate attention si elles sont bien destinées à la personne à qui je pense qu'elles le sont.
-Pour qui d'autre voudrais-tu qu'elles soient ? Rétorqua l'autre devant l'air morne de Boris, cette attitude ne lui ressemblait pas. Depuis le temps qu'ils se connaissaient il sentait que son créateur lui cachait quelque chose.
-Qu'est ce qui se passe Boris ? Je sens que tu ne me dis pas tout. Demanda Dimitri avec méfiance.
Voyant que son créateur semblait chercher ses mots, il posa la question :
-Où est Rose ? Je n'ai pas senti sans présence en entrant ?
Boris poussa un long soupire avant de parler : -Elle est partie ce matin. Lâcha-t-il comme une bombe. –Tu l'as manqué de peu.
L'expression faciale du beau Dimitri, afficha une véritable stupeur à cette nouvelle, puis il fronça les sourcils l'air contrarié.
-Partie ? Répéta Dimitri sans comprendre. –Pour aller où ? Elle va revenir ? Questionna-t-il avec espoir.
Son créateur secoua négativement la tête : -Non tu m'as mal compris. Elle est partie, elle nous a quittés. Et pour aller où, ça elle ne l'a pas précisée. Rose est venue me trouver hier soir pour m'informer qu'elle venait de recevoir des nouvelles d'Amérique et qu'elle devait partir immédiatement. Elle n'en a pas dit plus.
-Mais pourquoi une telle précipitation ?
-Je ne sais ! Répondit Boris. Elle m'a remercié de notre accueil et s'est excusé de prendre congé de la sorte…
-N'a-t-elle rien laissée à mon attention ? Le coupa Dimitri, l'air hagard. –Je savais qu'elle allait bientôt repartir, mais elle ne l'aurait point fait sans me dire au revoir.
-C'est également ce que je crois. Mais non elle n'a rien laissée, aucun mot, aucune lettre.
-Je…Commençai Dimitri complétement secoué. –Je ne comprends pas, quelque chose ne va pas… Cela ne lui ressemble pas.
Tout à coup le vampire donna à une vitesse fulgurante un énorme coup de poing dans le mur derrière lui, dans un bruit fracassant.
-Oh, dieu du ciel. S'écria son créateur d'un ton faussement surprit. –Je le mettrai sur ta note, mon cher.
-Je t'en prie, fait donc ! Répondit sarcastiquement l'autre.
-Allons. Lui dit Boris en posa une main compatissante sur l'épaule de son compère. –Je sais ce que tu nourris une…affection à son égard. Mais as-tu des intentions ? Questionna-t-il sérieusement.
-Mon ami…Commença Dimitri d'une voix plus basse pour que lui seul l'entende. –Je sais ce que tu entends par « intention » seulement, Rose est aussi belle qu'intelligente, c'est une femme sensible à l'esprit vif, elle est farouche, indépendante en tout. Qu'ai-je à lui offrir qu'elle n'ait déjà ?
-C'est donc ça… qui t'arrête. Comprit Boris. –Loin de moi l'idée de me mêler de tes affaires d'ordre sentimentales.
-C'est pourtant bien ce que tu fais... Réplica Dimitri en se retournant vers lui.
-Mais je ne t'ai jamais vu aussi heureux, que quand elle était là. Coupa Boris. –Ce qui m'amène à me demander si tu comptes…
-Tu veux savoir si j'ai des sentiments sincères à l'égard de Rose. Lâcha enfin Dimitri qui n'aimait pas tourner autour du pot. –Et bien la réponse est oui ! J'en ai depuis le début.
-J'en étais sûr ! S'exclama Boris fier de voir qu'il ne s'était pas trompé. –C'est ta chance Dimitri, ne l'a laisse pas passer. Si tu la veux ta belle Rose, soit je ne dirai pas non, bien au contraire.
Dimitri posa ses mains sur les épaules de son créateur et le regarda fixement : -C'est toi qui l'a fait venir ici, merci. Je t'en serais éternellement reconnaissant Boris.
-Oh, je t'en prie trêve de flatterie et de remerciement. Dit-il faussement gêné. –Alors que comptes faire, à présent ?
Soudain Boris vit dans le regard de Dimitri, une assurance et une détermination débordante. Comme s'il venait de reprendre vie subitement. Il n'avait plus l'air abattu.
-Je vais la retrouver ! Déclara-t-il avec fougue, avant de repartir dans le couloir. –J'ai bien l'intention de plaider ma cause ! Cria-t-il.
-Fort bien ! Lâcha Boris retrouvant sa bonne humeur, et maintenant seul dans la pièce, il n'était pas mécontent de cette réponse pleine d'entrain. -Il est toujours bon de savoir ce que l'on veut dans la vie.
Plus tard dans les appartements du vampire, on toqua à la porte.
-Entre petite sœur ! Dit Dimitri ayant senti Ineska derrière sa porte. Le vampire préparait ses bagages pour le long voyage qui l'attendait, seule piste qu'il avait c'était l'Amérique, où il n'était jamais aller d'ailleurs. Mais il se jura de tout faire pour retrouver Rose. Il fallait qu'il sache. Qu'il ait des réponses à ses questions.
-Bonjour mon frère. Salua sa sœur.
-Bonjour, petite sœur. Répondit Dimitri sans cesser de préparer ses affaires. –Tu m'excuseras mais je n'ai pas trop le temps, comme tu vois je m'apprête à repartir.
-C'est ce que je vois, à peine arrivé, déjà reparti. Mais il faut vraiment que je te t'entretienne de quelque chose. Dit-elle avec une voix empressée.
-Plus tard, mon ange. Il faut que je m'empresse de partir.
-Si j'ose insister mon frère, c'est parce qu'il y a une chose que tu dois savoir avant…
Dimitri entendant l'air grave de sa sœur, releva pour la première fois les yeux sur elle, Ineska avait le visage soucieux.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il en s'arrêtant devant elle. –Parle je t'écoute. L'encouragea-t-il.
Ineska hésita, mais elle finit par parler : -Et bien, je ne sais pas si cela à un rapport avec le départ de Rose. Mais hier soir en sortant de la salle de musique j'ai aperçue… mère allée dans la chambre de Rose. Elle n'y est pas restée longtemps. C'était avant que Rose annonce son départ à Boris.
Dimitri poussa alors un soupir, l'air de dire « voilà l'élément manquant de l'histoire » Le russe n'avait aucune raison de mettre en doute les paroles de sa sœur, certes elle ne parlait pas beaucoup, mais elle voyait tout ce qui se passait dans cette demeure.
-Et après ? La poussa son frère. –Que sais-tu d'autre ?
-Quand, Rose est venue me dire au revoir je l'ai sentie préoccupée, plus tard je l'ai vu glisser une lettre sous la porte de ta chambre, il y avait j'en suis sûre ton nom écrit dessus…
-Et cette lettre qu'est-elle devenue ? La coupa Dimitri en lui saisissant doucement le bras. –C'est important…
Les traits du visage juvénile de sa sœur se firent soudain plus durs à cette question :
-Je crois, frère, que ce n'est pas à moi qu'il faut le demander.
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-Pourquoi ?! Demanda fermement Dimitri à Roxalana, toujours assise dans son fauteuil près de la cheminée du salon. Cette dernière restait silencieuse aux questions que lui posait son fils, visiblement furieux contre elle. Cela était chose rare que de le voir ainsi, lui d'ordinaire si calme. Mais ce jour-là le vampire avait de bonnes raisons d'être de fâcheuse humeur.
-Madame. Reprit Dimitri exaspéré du silence de sa mère qui restait muette, le dos bien droit sur sa chaise, les mains jointes telle une statue. –Je vous conseille de me dire au plus vite la vérité… parlez !
-Je ne vois pas de quoi tu parles. Nia-t-elle en bloque.
-Ah non ?! Vous osez vous moquer de moi? Rétorqua Dimitri en s'énervant d'autant plus. –Je fais référence à la nuit dernière, lorsque que vous êtes allée trouver Rose dans sa chambre, vous ne voyez toujours pas où je veux en venir, mère ?
Pour seule réponse sa mère le regarda droit dans les yeux cette fois, et il vit qu'elle avait très bien comprit de quoi il parlait.
-La lettre, madame ! Ordonna-t-il en tendant la main vers elle toujours immobile.
Alors le vampire aperçu les yeux froids de sa mère pivoter vivement vers les flammes de la cheminée.
-Naturellement…murmura son fils en abaissant sa main le long de son corps, nullement surprit. –Évidement que vous l'avez jetée au feu. Que disait cette lettre ?
-Je l'ignore, je ne l'ai pas ouverte. Dit simplement la vampire d'une voix sèche.
-Mais pourquoi avoir fait cela ?
-Je voulais te protéger. Finit enfin par dire sa mère.
-Mais me protéger de quoi, de qui, grand dieu ?! Répliqua Dimitri en haussent le ton de sa voix grave.
-D'elle, je suis sûre qu'elle te fera du mal…Lâcha avec dédain Roxalana.
-Mais c'est VOUS qui me faites du mal ! Explosa de colère Dimitri. –C'est vous qui l'avez poussé à partir loin d'ici. Sans vous, cela ne serait pas arrivé. Vous venez la voir en privée, vous lui parlez un instant et elle part le soir même, pour la dernière fois mère, je veux la vérité ! Que lui avez-vous dit ?
-Que se passe-t-il ici ? Intervient Boris en entrant dans le salon. Il observa Dimitri debout devant sa mère qui gardait les yeux baissés. –Toute la maisonnée vous entend.
-Ma mère est folle, Boris! Répondit avec force Dimitri sans quitter sa mère des yeux. –Complétement folle!
-Qu'a-t-elle fait ? Questionna Boris en fixant maintenant Roxalana.
-Ce qu'elle a fait ? Et bien madame, dites-lui ! Répondit Dimitri en incitant sa mère à faire de même, mais comme elle n'en fit rien, il poursuivi.- Elle a dérobée, puis brûlée la lettre que Rose m'avait adressée, avant de partir. C'est elle…! Rugit-il en pointant sa mère d'un doigt accusateur. -… qui l'a poussée à s'en aller.
-C'est quoi cette histoire ? Demanda Boris d'une voix sombre en s'approchant de Roxalana. –C'est vrai Roxalana ? Interrogea-t-il cette dernière.
Un silence s'installa entre eux, avant que Dimitri ne tourne les talons pour sortir de la pièce.
-Où vas-tu ? Demanda Boris en le suivant du regard.
-Elle m'a fait perdre assez de temps. Dit-il en tournant légèrement la tête vers sa mère, toujours avec autant de colère dans les yeux, puis il regarda son créateur : -Je pars retrouver Rose…
Tout à coup sa mère releva ses prunelles vers lui, l'air abasourdit par cette nouvelle, elle se redressa d'un bond. Elle se précipita vers son fils qui venait de sortir du salon en criant :
-Mon fils…Je t'interdis de faire ça !
Mais elle fut stoppé dans son élan par Boris qui l'agrippa avec force par le bras, et la propulsa contre le mur le plus proche dans un bruit fracassement.
-Laissez-le ! Rugit-il en lui enserrant le cou avec force. –Je vous avais ordonné de ne pas vous en mêler. Pourquoi cette folie de me désobéir, Roxalana ?
-…Pour protéger mon fils, de cette créature.
-Ma pauvre Roxalana…Dit avec méprit devant pareil mensonge. –La vérité c'est que vous n'avez jamais supportée que votre fils adoré puisse aimer une autre femme que vous.
Elle allait répondre, mais Boris la jeta à terre sans ménagement. –Silence ! Maintenant écoutez-moi bien, je vous veux partie de ce manoir avant minuit ce soir, vous partez dans notre résidence secondaire à Moscou. Car en l'absence de Dimitri, je ne souffrirai pas davantage votre présence en ces lieux, vous étiez prévenue Roxalana. Ne vous avisez surtout pas de vous montrer en ma présence avant le retour de votre fils. Cela étant dit, hors de ma vue…tout de suite ! Termina-t-il la voix tremblante de colère.
La vampire s'éclipsa de la pièce sachant très bien que toutes supplications étaient vaines, et la décision du maître des lieux sans appel. Etouffant sa rage et sa fierté bafouée, amère Roxalana s'exécuta. Boris quant à lui, aurait volontiers arraché la tête de cette femme, tant sa colère était grande. Mais il avait su se ressaisir de justesse et choisir en punition l'exile prolongé pour elle. En espérant que cela lui servirai de leçon une bonne fois pour toute.
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Quelques mois plus tard :
Dimitri avait maintenant parcouru une bonne partie des pays d'Europe, pour prendre le navire qui le conduirait aux Amériques, pays où il n'était jamais allé jusque-là. C'était la seule piste qu'il avait pour retrouver Rose. Cette femme était vraiment insaisissable, il n'avait aucun moyen de la pister. En toute franchise le vampire ne pensait pas la retrouver en Amérique, en vérité il cherchait un des nomade l'ayant côtoyé par le passé, il espérait que l'un d'eux saurait lui dire où elle pouvait bien se trouver.
Au fils des mois qui s'écoulèrent, Dimitri ressentait au fond de lui un manque qui lui faisait mal, du fait de l'absence de la femme qu'il aimait. Cela avait pour cause de renforcer son désir de la revoir un jour, et de tout mettre en œuvre pour retrouver sa trace. Peu importait pour lui le temps que cela prendrait.
Quand enfin il fut sur le navire, il repensa à la dernière lettre qu'il avait reçue de son créateur avant d'embarquer. Dans cette lettre Boris lui expliquait qu'il avait, peu de temps après son départ reçu au manoir la visite de deux vampires appartenant au clan des Volturi. Ces derniers étaient soi-disant à la recherche d'un vampire, sans pour autant donner de grandes précisions. Boris les avaient bien reçu, mais avait, cependant, dans le doute tût le passage de Rose au manoir. Et les deux vampires étaient repartis sans faire d'histoire. C'est alors que Dimitri songea aux circonstances qui avaient suivi le départ précipité de Rose. Il se demandait si ce détail, était lié à tout ça. Est-ce que Rose fuyait quelque chose ? Se cachait-elle de quelque chose ou de quelqu'un ? Hélas toutes ses interrogations restaient à ce jour sans réponses.
Dimitri arriva tard dans la nuit à la Nouvelle-Orléans. La ville était située sur les bords du Mississippi, non loin de son delta, sur les rives sud du lac Pontchartrain. Fondée en 1718 par Jean-Baptiste Le Moyne, Sieur de Bienville et des colons français, son nom a été choisi en l'honneur du régent Philippe, duc d'Orléans. Nommée capitale de la Louisiane en 1722. Elle était devenue peu à peu un centre commercial, exportant vers l'Europe des peaux et fourrures produites par les Amérindiens ainsi que des produits de plantations. Cédée à l'Empire espagnol puis reprise par la France, la ville a été définitivement vendue aux États-Unis, avec la Louisiane, par Napoléon Bonaparte en 1803.
En outre, la ville possède un important patrimoine colonial français, notamment dans le Vieux carré français, le Faubourg Marigny et Tremé ainsi que celui de Fontainebleau. Certains de ses habitants, descendants des créoles français, parlaient encore le français et le Mardi Gras était fêté chaque année.
C'était dans cette atmosphère chaleureuse que le russe débarqua. Mais toutes ces festivités n'étaient que peu de chose pour lui. Son seul objectif était de trouver le dénommé Garrett, dont Rose lui avait un jour parlé. Elle avait dit qu'elle lui rendrait, peut-être, un jour visite à la Nouvelle-Orléans. Dimitri avait une petite idée où trouver ce genre de personnage. Il se retrouva dans le Vieux Carré, centre historique de la ville. Il huma l'air ambiant cherchant une présence vampirique. Au milieu de la foule qui envahissait les rues. Quand enfin il perçu la présence d'un immortel, il suivi sa piste, qui le conduisit dans une ruelle humide, plongée dans la pénombre. Quand une subite odeur de sang embauma les narines du vampire. Il pénétra dans la ruelle en apparence déserte et découvrit quelques mètres plus loin sur le sol, une silhouette élancée accroupie sur un humain prit de convulsions, ses gémissement de douleurs étouffés par la poigne implacable de son agresseur, Dimitri entendit le dernier battement du cœur affolé de cet être, avant que son corps ne soit inerte au sol. Le vampire reporta alors son attention sur la créature qui lui tournait le dos, en se relevant du cadavre de sa victime.
-Je vois qu'ici nous autres, n'avons besoin que d'une paire de canine. Lâcha Dimitri d'une voix cynique.
Un ricanement provenant de son congénère résonna dans les aires. Celui-ci se retourna vers son interlocuteur affichant un sourire railleur.
-Tu ne crois pas si bien dire l'ami… Répondit-il en venant vers lui. –Tu parles anglais, mais vu ton accent comme ton allure de bourgeois, tu n'es pas d'ici ?!
-En effet. Répondit simplement le russe, en observant avec attention le vampire en face de lui. Il était presque aussi grand que lui. Il avait une allure dégingandée avec des yeux de rubis avides de curiosité et ses cheveux longs châtains étaient attachés avec une lanière de cuir. Et il était immédiatement évident qu'il était un aventurier. –Je suis à la recherche d'un certain Garrett. Reprit-il sans détour.
-Tiens donc ? Et on peut savoir ce que tu lui veux, à Garrett ? Demanda le vampire d'un air méfiant.
-Il faut que je lui parle.
Le vampire s'approcha et lui donna une tape sur l'épaule en s'écriant : -Eh bien l'ami, c'est chose faîte ! Maintenant tu m'excuseras mais je n'ai pas que ça à faire. A la prochaine. Le salua-t-il sans plus de manière avant de poursuivre sa route. Dimitri loin d'être désappointé par cet accueil le suivit jusqu'à la rue principale.
-Ecoute « L'ami » Reprit sarcastiquement Dimitri en arrivant à sa hauteur. –J'ai fait un long voyage pour te trouver, je suis même surprit que cela eu été si facile.
-C'est trop d'honneur que tu me fais, et non ce n'est pas si surprenant que ça, il y a peu de vampires qui passent par ici, mais au faite… S'interrompît-il en s'arrêtant au milieu de la foule pour demander : -Je peux savoir qui tu es, et qui t'a parlé de moi ?!
-Pas ici, y a-t-il un endroit où nous pourrions parler en privée. Demanda le russe à voix basse.
-Tu m'intrigues. Réplica Garrett les yeux brillants de curiosité. -De quoi tu veux causer ? Vas-tu enfin me dire qui tu es ?!
-Je me nomme Dimitri Belikov.
-Un Russe ? S'étonna le dit Garrett.
-…Et je suis à la recherche d'une connaissance commune. Poursuivit-il.
-Et elle a un nom, cette connaissance commune ? Demanda Garrett, maintenant lasse de tant de mystère.
-C'est Rose, vos chemins se seraient croisés par le passé. Expliqua Dimitri.
À l'entente de ce nom, le visage du dénommé Garrett se ferma complétement. Il saisit aussitôt le bras du russe et l'entraina sans que celui-ci ne proteste, à l'intérieur de la taverne la plus proche et le fit s'assoir à une table dans un renfoncement de l'établissement où ils ne risquaient pas d'être dérangés par les humains présents. Le nomade s'assit en face de lui l'air clairement suspicieux.
-Comment tu connais Rose, toi? Et je te préviens ne me raconte pas d'histoire, ou je te casse ton beau minois, t'as compris !
-Ce ne sera pas nécessaire. Répondit calmement Dimitri nullement impressionné par ces menaces. –Je vous assure que je n'ai pas de mauvaises intentions.
-Cela vaudrait mieux pour toi, alors explique, d'où tu la connais ? S'impatienta Garrett.
-Ecoutez, si elle m'a parlé de vous c'est qu'elle me faisait suffisamment confiance pour le faire.
A cet argument Garrett ne trouvait rien à redire, il hocha seulement la tête pour l'inciter à continuer.
-Je l'ai rencontré l'année dernière, quand elle est venue rendre visite à notre clan en Russie. Et il y a quelques mois elle est partie sans explications. Depuis je suis à sa recherche, j'espérais que vous pourriez peut-être m'aider à la retrouver…Il s'interrompît soudain quand une dame vient leur demander s'ils désiraient boire ou manger quelque chose.
-Un verre de vin pour moi et toi, l'ami ? Demanda Garrett, les bras croisés sur sa poitrine, mais qui semblait s'être adoucie, à cette première explication.
-Rien pour moi, je vous remercie.
La dame repartie vers le comptoir, les yeux émerveillés devant la beauté de ces deux hommes, qui n'y firent pas grande attention.
-Si elle est partie sans rien dire, cela ne me surprend pas d'elle. Mais à quoi bon la chercher si elle est partie de son plein gré ?
-Il faut que je la retrouve, savez-vous où elle a pu aller ? Demanda Dimitri sans répondre à la question du nomade.
-Non et même si je le savais, je ne le dirais pas.
En effet le nomade se souvenait très bien de la dernière fois où il avait commis l'erreur d'en dire trop à un Volturi. Bien sûr il voyait bien que cet homme en face de lui n'avait rien d'un Volturi, malgré ses allures de noble à la barbe aussi bien taillée que son costume de riche. Il comprit que ce n'était pas non plus un espion, alors pourquoi il tenait tant que cela à retrouver Angélica, dont d'ailleurs il ne semblait pas savoir que c'était son vrai prénom. Puis une question lui vint à l'esprit.
-Dis-moi le russe, tu n'aurais pas un petit faible pour elle ? Se hasarda le nomade avec un petit rire. –Tu ne serais pas le premier et encore moins le dernier à tomber sous son charme.
Dimitri qui venait d'allumer une cigarette, le regarda droit dans les yeux avant de dire : -Pourquoi c'était votre cas ? Elle était votre compagne ?
-Certainement pas ! S'écria Garrett comme si il trouvait cette idée ridicule. -Nous avons voyagés ensemble à une époque avec un autre vampire, un indien qu'elle a elle-même créée, mais franchement, une princesse comme compagne très peu pour moi. Je n'ai jamais été suicidaire à ce point-là !
-Une princesse ? Répéta Dimitri qui ne comprenait pas de quoi il parlait.
-Oui, humaine elle était une princesse italienne. Elle ne vous en a pas parlé ?! S'étonna Garrett devant l'air stupéfait de son interlocuteur.
-Non, à vrai dire, Rose parlait très peu de son passé. Au final je ne sais rien ou très peu de chose de sa vie avant notre rencontre. Fut forcé d'admettre Dimitri.
-Elle a toujours était secrète. Renchérit le nomade. -Même avec moi.
-Hum…Secrète, c'est le mot. Répéta Dimitri songeur.
-Encore un…Murmura malicieusement Garrett en faisant un clin d'œil à la dame qui venait au même instant lui apporter son verre. Cette dernière eu un petit rire gêné, avant de repartir au comptoir.
-Comment ça encore un ? Réagi le russe à cette remarque.
-Mon pauvre ami, tes yeux te trahissent quand tu me parles d'elle. Toi aussi elle t'a fait tourner la tête, hein, avoue. Comme à tous les autres j'ai envie de te dire. Elle n'est pas femme à laisser les hommes indifférents. Crois-moi, oublie-la ça vaut mieux, ça t'évitera de cruelles désillusions.
-Pourquoi elle a quelqu'un ? Demanda subitement Dimitri, éprouvent malgré lui une certaine jalousie à cette pensée.
Garrett éclata de rire. –J'en étais sûr, il est tombé dans le piège. Non pas que je sache, je ne lui connais aucun compagnon. Mais des soupirants ça, elle en a plus d'un. Mais j'en ai jamais vu d'aussi entêté que toi.
-Que voulez-vous que je vous dise, Garrett. –Le mot renoncer ne fait pas partie de mon vocabulaire.
-Toi, tu me plais bien ! Lâcha Garrett avec un vrai sourire. –Ecoute l'amoureux, moi je ne peux rien pour toi, mais je pense que quelqu'un d'autre pourra t'aider dans ta « noble quête ». Ironisa Garrett.
-Où puis-je trouver cette personne ?
-C'est le plus vieil ami de ta dulcinée : Carlisle Cullen. Il vit en Alaska, s'il n'a pas déjà changé d'endroit.
-Merci, Garrett. Répondit Simplement Dimitri.
-Ne me remercie pas, l'ami. Je te souhaite de la retrouver, mais par solidarité masculine je te souhaite bonne chance, et courage surtout. Tu en auras besoin avec ce genre de femme. Va donc lui faire la cour, mais à tes risques et périls, mon vieux.
-Et ce monsieur Cullen, j'imagine qu'il est aussi singulier que vous ? Demanda –t-il en ignorant les commentaires du nomade.
-Carlisle, c'est Dieu tombé sur terre, par erreur. On ne croirait pas que c'est l'un des nôtres au lieu de tuer des humains, il leur sauve la vie, rend-toi compte. Je pense que lui seul pourra te renseigner, enfin si tu parviens, Ô noble vampire, à lui prouver que tes intentions sont honorables. Dit Garrett avant de partir dans un fou-rire, qui n'amusa que lui.
-Je saurais le convaincre. Répondit plus pour lui-même, Dimitri. –Encore merci. Dit-il ensuite en serrant la main du nomade.
-De rien, mais reste encore un peu, l'ami. Le jour va se lever. Tu partiras demain soir.
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Quatre ans plus tard : (Année 1836) : Venise.
Venise est la capitale de la région de la Vénétie. Fondée peu après 528, elle fut la capitale pendant onze siècles (697-1797) de la République de Venise. Durant le Moyen Âge et la Renaissance, la ville fut une grande puissance maritime. Après que Bonaparte livra Venise et ses territoires aux Habsbourg en échange de la Belgique, puis il la leur reprit en 1805 pour l'intégrer au royaume d'Italie dont il se fit couronner roi, avant que la ville ne fût intégrée dans l'Empire d'Autriche en 1815.
Les bâtiments de Venise sont construits sur des piliers de bois. Ils sont exposés à la menace de marées, notamment entre l'automne et le début du printemps. La ville est périodiquement inondée. C'est ce que les Vénitiens appellent acqua alta. Ce phénomène s'explique par la réunion de plusieurs facteurs naturels : attraction lunaire, et surtout le sirocco, vent chaud venu d'Afrique qui empêche la lagune de se vider, les marées hautes se succédant les unes aux autres.
Les conséquences sont importantes dans la vie quotidienne des habitants, qui doivent abandonner les niveaux inférieurs des maisons et emprunter des systèmes de passerelles pour se déplacer. Mais les conséquences les plus importantes sont la détérioration inexorable des monuments historiques et de l'habitat due à la montée des eaux.
En 1836 on compte bon nombre de divertissement en tout genre à Venise. Le faste des fêtes, le traditionnel carnaval, les musées, théâtres etc… Mais c'est à la Fenice qu'en cette année-là, la foule accourait. La Fenice est un opéra construit à Venise au XVIIIe siècle dans le style néo-classique avec une salle proposant cinq étages superposés de loges finement décorées en rouge et or. Il est l'un des temples les plus prestigieux de l'opéra italien. La Fenice a vu la création de plusieurs opéras. En 1774, le théâtre San Benedetto du quartier de San Marco de Venise brûle et la noblesse de la ville décide de faire construire une nouvelle salle par l'architecte Gian Antonio Selva. Elle est inaugurée le 16 mai 1792 avec un opéra et un ballet. Ce haut-lieu des cultures italiennes et européennes acquiert une grande renommée et présente des opéras, des pièces de théâtre, des ballets et des concerts de musique classique.
Le nouvel administrateur de l'opéra, assis à son bureau lisait avec attention une petite note accompagné d'un chèque d'un montant plus qu'onéreux. «Cher monsieur, j'assisterai à la prochaine représentions depuis ma loge habituelle, la numéro 2 qui me sera entièrement réservée. Veuillez trouver ci-joint une contribution pour les prochaines rénovations de l'opéra. Sincères salutations. Signorina Di Firenze. »
-Signorina Di Firenze…Répéta l'administrateur. –Qui est cette dame, si généreuse dans ses donations ? Demanda-t-il à son secrétaire et également homme à tout faire.
-C'est notre plus important mécène, Signore. Répondit-il comme si cela était une évidence.
-Ah…murmura-t-il en entendant ce détail.
-Depuis maintenant quelques années. Reprit l'autre. -C'est grâce à elle que l'ancien administrateur a pu faire rénover une grande partie de l'opéra. En échange de ces généreuses donations, la loge numéro 2 lui est toujours réservée quand elle en fait la demande.
-Je vois, pourtant ce nom ne m'évoque aucun visage. Elle ne doit pas être vénitienne ?
-Non, en effet.
-Que sait-on d'elle au juste ?
-Très peu de chose en réalité. Mais ce qui est certain c'est qu'elle a beaucoup d'argent, c'est le principal n'en convenez-vous pas, signore ?
-Certes, mais il me plait de savoir d'où vient les fonds de l'opéra.
-Elle possède un des palazzo dans le quartier de San Marco. Le lieu jouit d'une excellente réputation.
-C'est une vraie dame d'affaires. Ricana l'administrateur. –Depuis quand les femmes se mêlent des affaires des hommes.
-Oh, détrompez-vous, signore. Reprit le secrétaire. Pour son jeune âge, cette dame gère ses affaires d'une main de fer, à ce que l'on raconte.
-Et quel âge peut bien avoir cette jeune personne ?
-Moins de 25 ans. Et sans famille. Précisa-t-il.
Cette fois l'homme à son bureau était sidéré d'entendre ça. Il releva les yeux vers le secrétaire et lui demanda :
-Cette jeune personne me semble de plus en plus intéressante. Quand puis-je la rencontrer ?
-Après la représentation de ce soir, il me semble. Enfin quand les messieurs auront terminé de lui présenter leurs hommages. Dit-il en levant les yeux au ciel. -Parfois je me demande s'ils ne viennent pas plus pour la voir elle, que les plus célèbres cantatrices de cet opéra.
-Vous exagérez mon cher. Le sermonna l'administrateur.
-Quand vous lui serait présenté, signore, vous comprendrez, ce que je veux dire.
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Dans la loge numéro 2, ce soir-là à la Fenice, une dame élégamment vêtue applaudissait avec enthousiasme, en même temps que le public, le final de cet opéra. Quand les applaudissements se turent dans la salle le présentateur, nomma les artistes un par un et remercia les musiciens, le public ainsi que les différents mécènes de l'opéra. Quand les premiers spectateurs se rendirent dans le grand hall d'entrée pour la réception qui allait y être donnée pour quelques invités privilégiés, l'administrateur s'y trouvait déjà, accompagné de son épouse ainsi que de sa jeune fille. Il saluait la foule de gens venu le complimenter sur sa gestion de l'opéra et de son dévouement aux arts. De son travail, il en était fier et le montrait bien.
-Oh…Murmura soudain sa fille les yeux émerveillés. –Elle est magnifique.
Son père fronça les sourcils devant l'air béat de sa fille, cependant il regarda dans la même direction qu'elle pour voir ce qui la captivait à ce point. Tout à coup au sommet de l'escalier de marbre blanc, sous les bravos de l'assistance. Apparut une jeune femme. Tous les regards se tournèrent vers elle. Cette femme était incroyablement magnifique, elle avait une taille haute et sculpturale, avec une silhouette élégante, mise en valeur par une sublime robe de velours rouge pourpre et à dentelle noire sur les manches lui arrivants au-dessus des coudes. La coupe du haut de sa robe exposait ses belles épaules blanches. Son cou fin et délicat était orné d'un collier de diamants simple, mais d'un raffinement typiquement Italien. Elle avait de longs cheveux bruns foncées presque noirs attachés en parti en un chignon travaillé en tresse et le reste de sa belle chevelure bouclée qui lui tombait dans le bas du dos. Et son visage était celui d'un ange, l'image même de la beauté italienne.
« La plus belle personne sur cette terre » Pensa aussitôt l'administrateur, ne pouvait détacher ses yeux de cette créature qui lui semblait irréelle, c'est au moment où elle se mit à descendre les marches de l'escalier escortée par plusieurs hommes qui ne cessait de la couver du regard, de lui parler, la complimenter. « Signorina Di Firenze, quel plaisir c'est que de nous faire l'honneur de votre présence ce soir » Dit l'un d'eux.
-Tout le plaisir est pour moi, signore D'este. Répondit-t-elle de sa belle voix, avec sourire qui faisait rougir d'intimidation certains messieurs.
«Artemisia, vous êtes toujours aussi ravissante » s'extasia un autre.
-Oh, vous êtes un incorrigible flatteur, Marco. Le sermonna-t-elle.
« Je fais de mon mieux » Répliqua-t-il, trop heureux d'attirer son attention.
C'était donc elle, la magnifique Artemisia Di Firenze. Se disait l'administrateur, il comprenait maintenant ce que son secrétaire, voulait dire. Les hommes se bousculaient autour d'elle, avec pour la plupart des fleurs dans les bras. La demoiselle semblait être habituée à ce genre de manifestation. Quand elle arriva devant lui, ses beaux yeux noirs le fixèrent avec insistance, ce qui le mit d'abord mal à l'aise. L'escorte d'admirateur s'arrêta simultanément en même temps qu'elle.
-Vous devez, cher monsieur, être le nouvel administrateur de cet opéra. Je présume ? Demanda-t-elle avec un sourire éblouissant.
L'homme ne répondit rien, il était comme figé sur place, trop absorbé dans sa contemplation. Ce fut seulement au moment où sa fille lui tira discrètement la manche de sa veste pour lui faire comprendre « C'est vous que la belle dame s'adresse, père » L'homme se ressaisit subitement et inclina respectueusement la tête vers elle.
-En effet, signorina, je suis monsieur Buonaventura. Et je suis enchanté de faire votre connaissance.
-Moi de même, signore, j'ai entendu tant de bien de vous ainsi que de votre travail, votre prédécesseur est, je l'imagine, fier de voir cet opéra entre de bonnes mains.
-Vous êtes trop bonne, signorina. Rougit-il devant tant d'assurance chez une si jeune personne, elle devait être à peine plus âgée que sa fille. On aurait dit qu'il s'adressait à la propriétaire des lieux ou encore plus à une impératrice. -Je ferai de mon mieux. Mais permettez que je vous présente mon épouse Benedetta, et ma fille Alicia.
-Signora, Signorina. Salua-t-elle poliment. –Je suis ravie de vous connaître.
-Nous de même. Répondit la femme de monsieur Buonaventura. –Vous joindriez-vous à nous pour cette soirée ?
« S'il vous plaît, Artemisia, acceptez ! » Commercèrent à supplier les messieurs toujours fidèles au poste.
-Certainement, madame. Répondit la jeune femme, en ne prétend pas attentions à ces supplications. –Maintenant si vous le voulez bien, veuillez m'excuser, je suis attendue.
La jeune femme s'en alla, après une dernière salutation, laissant une forte impression de cet aparté.
-Vous avez vu ça mon ami. Lui demanda sa femme ébahie.
-Je la trouve merveilleuse. Murmura Alicia les yeux pleins d'admirations.
-Il est vrai que l'on ne rencontre pas ce genre de femme tous les jours. Dit enfin le père.
La fête se poursuivie plus tard au palais des doges, où un groupe de riches amis et admirateurs de la belle Artemisia, lui faisait la conversation.
-Je vous en prie, Artemisia, faites nous rire comme la dernière fois. Demanda le signore Moretti.
-Peut-être si je suis moins sotte vous ferai-je pleurer la prochaine fois. Rétorqua-t-elle en s'éloignant du groupe en riant.
Tout doucement le signore D'este, la prit par le bras et l'entraina à part pour lui dire quelques mots :
-Vous me ferai pleurer, ma chère si vous me faites languir davantage, avez-vous réfléchie à ma proposition ?
-Mon ami, je n'ai plus une journée de libre.
-Vous travaillez trop, avoir tant de responsabilité aussi jeune, je vous admire.
-Votre sollicitude me touche, mon ami. Mais de grâce, profitons de cette soirée.
-Vous verrai-je à la prochaine représentation à la Fenice? Demanda-t-il avec espoir.
-Celle de samedi ? Proposa-t-elle.
-C'est parfait. Murmura D'este en déposant un chaste baiser sur la douce main blanche de la jeune femme.
Sur-ce elle laissa D'este, pour venir s'assoir près de monsieur Vinira. Un Vénitien d'une cinquantaine d'années à qui elle avait racheté le palazzo où elle résidait, il était son plus proche ami à Venise.
-Je vois que vous vous amusé bien. Lui dit-il en lui servant un verre de vin.
-En effet Dominico. Merci de l'invitation.
-Ne me remercier pas voyons, c'est toujours un plaisir vous le savez. Ce pauvre D'este…Murmura-t-il en voyant ce dernier regarder dans leur direction. –Toujours aussi amoureux de vous, il ne lâche pas votre beau minois des yeux.
-Ô que ma beauté est cruelle. S'exclama théâtralement la jeune femme.
-Je pense qu'elle l'est en effet. Répondit Dominico. –Pour les hommes que vous rejetez, elle est cruelle.
-C'est uniquement mon refus, qui attise son désire. Parait-il qu'il veut m'épouser. Faut-il pas qu'il soit devenu fou…
Dominico n'eut pas le temps de répondre à cette réflexion, que son épouse vint vers la jeune femme d'un pas décidé.
-Ma chère enfant, vous nous chanterez bien quelque chose. Supplia-t-elle presque. –Vous avez une voix si délicieuse.
-Oh, merci Diana. Mais…pas ce soir. Mais c'est promis je vous chanterai un air, lors d'une prochaine soirée. Déclina la jeune femme, en se relevant.
-Signorina Di Firenze. Appela un serviteur.
-Oui, c'est moi-même. Répondit l'intéressée en se retournant vers lui. –Que se passe-t-il ?
-Un homme demande à vous voir.
-Qui pourrait bien vouloir me voir à cette heure ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils. –Qui est-ce ?
-Il ne l'a pas dit, je pense que c'est un étranger. Il a seulement précisé qu'il était un de vos amis. Signorina.
-Un de mes amis ? S'étonna la jeune femme. –Mais il fallait le dire plus tôt. Qu'il entre. Ordonna-t-elle avant d'ajouter :-Avec votre permission Dominico.
-Mais faites, ma chère je vous en prie. Répondit celui-ci. –Nous sommes toujours curieux de voir de nouveaux visages.
Le serviteur s'inclina et reparti chercher le visiteur. La jeune femme se demanda alors de qui il pouvait bien s'agir. Elle fit pourtant comme si de rien était devant les regards curieux de l'assistance. Elle échangea quelques mots avec Diana, quand elle entendit des bruits de pas derrière elle, et vit les yeux des autres invités regarder fixement quelque chose ou plutôt quelqu'un arriver derrière elle. Alors elle se retourna avec lenteur vers le nouveau venu et se figea de stupeur en découvrant de qui il s'agissait.
-Dimitri ! S'exclama-t-elle, n'en croyant pas ses yeux.
Un sourire se dessina soudain sur les lèvres du beau russe. Sourire qu'elle lui rendit. Il n'avait pas changé, toujours aussi élégamment vêtu de son ensemble noir, toujours cette même tendresse dans ses yeux quand il les posait sur elle. Il hotta son haut de forme, et inclina la tête.
-Quelle coïncidence de vous trouver ici. Cela fait tellement longtemps…Lui dit-elle en le laissant avec joie déposer un baiser sur sa main.
-C'est moi qui suis heureux de vous revoir, belle dame. Lui dit-il dans un Italien impeccable, sans la quitter des yeux. Elle garda sa main dans la sienne, et approcha son visage du sien pour lui faire une bise à la française sur chaque joues.
Soudain un raclement de gorge provenant de derrière elle se fit entendre.
-Oh, c'est vrai. Dominico. S'écria-t-elle en reportant son attention sur lui et les autres invités qui dévisageaient l'étranger, avec fascination et pour certains en particulier avec un regard meurtrier. –Permettez. Reprit-elle. –Que je vous présente un vieil ami...d'enfance. Monsieur Dimitri Belikov, qui nous vient de Russie. Dimitri. Dit-elle à son intention. - Voici le signore Vinira et sa charmante épouse.
-C'est un honneur Signore. Salua Dimitri.
-Tout le plaisir et pour nous, monsieur. Vous nous venez de loin. Répondit monsieur Vinira. –Soyez le bienvenu à Venise.
Pour toute réponse le russe inclina la tête. Puis son regard se posa sur la jolie dame à ses côté. Il lui dit : -Je ne voudrais pas abuser, mais serait-il possible d'avoir un entretien avec vous, je n'ai hélas pas beaucoup de temps.
-Mais certainement. Lui répondit-elle. –Vous avez je crois beaucoup de chose à me dire.
-En effet. Répondit-il en hochant la tête en signe d'affirmation.
-Très bien. Concéda-t-elle en demandant au domestique qui passa de lui apporter son manteau.
-Oh, vous nous quittez déjà, que c'est dommage. Se lamenta Diana.
-Hélas oui, chère madame. Mais que voulez-vous les vieilles amitiés n'attendent pas.
-Nous comprenons. Dit alors Dominico. –Nous vous attendrons avec impatience.
La jeune femme salua poliment ses amis et laissa Dimitri prendre son manteau des mains du serviteur pour l'aider à l'enfiler, avant d'emprunter l'escalier principal qui menait à la sortie du palazzo, suivit des salutations respectueuses, comme des yeux envieux des messieurs présents sur son passage. Quand elle fut sortie du palazzo suivie de près par Dimitri qui lui emboitait le pas, les premières lueurs du jour commençaient à apparaitre à l'horizon. Ils firent quelques pas en silence sur la place San Marco déserte à cette heure en direction du canal.
-Angélica. Appela-t-il enfin, celle-ci se retourna vivement vers lui les yeux ronds visiblement surprise qu'il connaisse son vrai prénom.
-Comment…vous. Balbutia-t-elle. –Qui vous a dit où me trouver ?
-Un de vos amis.
-Carlisle…Devina-t-elle sans surprise.
-Oui, il n'a pas été aisé de le convaincre de le faire.
-Cela je m'en doute. Dit-elle sans le regarder. –Mais pourquoi ?
Dimitri prit la main cette fois plus réticente d'Angélica, qui leva les yeux vers lui.
-Il le fallait. Je sais ce que ma mère…
-…Oui, j'ai eu une entrevue avec elle. Le coupa-t-elle dans sa phrase.
-Elle a brûlé la lettre que vous m'aviez adressée. Boris l'a chassé du manoir pour cela. Et moi je suis parti dans l'espoir de vous revoir un jour. Ce qu'elle a pu vous dire…
-…Que je n'étais pas une femme pour vous, que jamais vous ne seriez heureux avec moi… Commença à énumérer la jeune femme, se remémorant ces paroles.
-…N'en croyez rien, Angélica. Dit ferment Dimitri. –Ce ne sont-là que des mensonges.
-Pourquoi êtes-vous ici ? Demanda la vampire.
-…Parce que, je ne peux plus réprimer mes sentiments. Ces dernières années ont étaient un supplice. Je suis venu ici pour vous. Je me suis heurté à mon bon sens, à ma position de chef de clan. Mais qu'importe aujourd'hui, je viens vous demander d'abréger ma souffrance.
-Pourquoi me dites-vous ça ? Demanda-t-elle le visage impassible.
-Parce que je vous aime. Répondit simplement le russe.
Elle ne répondit rien, elle le regarda seulement, comme si tout cela semblait la dépasser complétement. Comme si elle ne comprenait pas le sens exact de ces paroles.
-Angélica. Reprit Dimitri devant son silence –Je sais de quoi ça à l'air, j'arrive sans prévenir à Venise pour vous dire que je vous aime. Que depuis votre passage en Russie, je ne m'appartiens plus. C'est sans doute sans espoir et suis-je peut-être ridicule d'espérer…
-Non ! Réagit-elle soudain. –Jamais vous ne seriez ridicule à mes yeux. Je suis sensible à ce que vous me dîtes.
-Je sais que je n'ai rien de plus à vous offrir que vous n'ayez déjà. Vous êtes indépendante, belle, courageuse, rayonnante… Vous n'avez pas besoin d'un homme, de moi, dans votre vie. Cependant si j'ai l'audace d'insister, c'est que ces quatre années, qui sont pourtant peu de choses dans la vie d'un immortel, ont étaient les plus longues de mon éternité, sans vous… Angélica, vous m'avez manqué. Avoua-t-il sincèrement.
-Vous m'avez…terriblement manqué, Dimitri. Répondit-elle après un nouveau silence.
Dimitri lui sourit, heureux de cet aveu. Il prit son menton entre ses doigts, pour qu'elle le regarde.
-Angélica, je ne sais pas ce vous fuyez constamment, je ne vous demande pas de me l'expliquer. Il est vrai que je ne sais rien de votre passé, et il vous appartient à vous seule de m'en faire part un jour. Je ne souhaite qu'une chose : Laisse-moi seulement prendre soin de vous, que vous vous reposiez sur moi. Vous n'êtes pas obliger de tout affronter toute seule. En ce qui me concerne, je ne peux plus vivre sans vous. Je ne veux plus être séparé de vous.
-Que voulez-vous exactement de moi, Dimitri ? Demanda finalement Angélica, profondément touchée par ces paroles.
-Je pense que vous le savez…Commença le vampire, l'air un peu plus anxieux qu'à l'instant. Tout à coup Angélica, se raidit et devient plus blanche que d'ordinaire en le voyant mettre un genou à terre. Le vampire la regarda, cependant avec un visage serein, mais bien décidé.
-Mademoiselle Angélica, je ne suis peut-être qu'un pauvre fou, je vous l'accorde. Lâcha-t-il dans un rire nerveux. -Mais rien ne me rendrait plus heureux que de vivre le reste de mon éternité à vos côtés. Me feriez-vous l'immense honneur de me faire une place dans votre vie, en devenant : ma femme.
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Deux semaines, venaient de s'écouler depuis ce jour, où Dimitri lui fit sa demande. Angélica ne lui avait pas encore fait réponse, elle n'avait pas dit oui, mais n'avait pas dit non. « C'était assurément un peut-être » Se disait Dimitri. S'il fut quelque peu déçu, il eut l'élégance de ne pas le montrer. Angélica lui avait seulement demandé un temps de réflexion. Qu'il lui accorda volontiers, en même temps il s'y attendait un peu en vérité. Arriver de la sorte après quatre ans et dire « Je vous aime, épousez-moi » C'était pari risqué. Elle n'allait tout de même pas lui tomber dans les bras aussi facilement.
Cependant, le vampire supportait très patiemment cette attente, d'autant plus qu'elle l'avait invité à résider chez elle, en toute discrétion bien sûr, enfin d'éviter les commérages mal placés, de certains imbéciles d'humains. Mais ce qui irritait le russe, c'était les quelques soupirants, venant faire leur cour sous la fenêtre d'Angélica, qui n'y prêtait absolument aucune attention. « Je vais finir par en dévorer un » Se répétait-il sans cesse.
De son côté, Angélica réfléchissait très sérieusement à la proposition de Dimitri. Enfermée dans son bureau elle y méditait sans relâche « Le mariage » Pensa-t-elle, Angélica se doutait que Dimitri allait lui demander de rester auprès d'elle, mais l'épouser ça elle ne l'avait pas du tout envisagé. Elle n'avait pas été très démonstrative avec lui. Elle était cependant heureuse qu'il soit là, et flatté qu'il ait fait tout ça pour elle. D'une certaine manière elle l'aimait, elle aimait sa présence, son audace, sa détermination. Cet homme, lui avait témoigné un tel respect, et avait fait preuve d'une grande patience avec elle. Et il voulait l'épouser.
« Que dois-je faire ? » Elle avait de l'expérience dans la vie avec d'autres vampires, mais avec un vrai compagnon. Avec un mari, perdrai-t-elle son indépendance ? Elle avait toujours en mémoire ce qui c'était passé avec Mani chez les Volturi. « Et si une pareille chose devait se reproduire ?»
-Et pourquoi, n'y aurai-je pas le droit moi aussi ? Dit-elle à elle-même. –Pourquoi ne pourrai-je pas me marier à un homme qui m'aime vraiment, et qui veut faire mon bonheur ?
Au moment où elle pensait ça, l'image des Volturi s'imposa à elle. « Comment faire ? ». La menace qu'ils représentaient ne pouvait être ignorée. Mais devait-elle rester condamnée à vivre seule ? Cette solitude qui lui pesait énormément chaque jour. Et de plus, même si cela ne lui plaisait pas de le reconnaître, voyager et interagir avec des humains en étant pour eux qu'une jeune femme seule, pouvait s'avérer parfois compliqué. Avec un mari, ce serait plus facile à certains égards, au moins cela tiendrai à distance des admirateurs trop insistant. Et elle changerait de nom, également.
Toutefois, il faudrait révéler certaines choses à Dimitri, au moins au sujet des Volturi, mais pas de suite. Carlisle ne semblait pas lui en avoir parlé. Cela pouvait attendre un peu, jusqu'à ce qu'elle soit prête à le faire.
-Je sais que je devrais lui en parler en premier, mais comment puis-je aborder ce sujet avec lui ? Dit-elle en se laissant tomber dans son fauteuil. –Il le faudra pourtant. Mais avant il faut que je me décide, si j'accepte ou non sa demande en mariage ?
Le lendemain matin, Dimitri jouait du piano dans le grand salon de style vénitien, dans son répertoire musical il y avait du Mozart principalement ou bien des aires qu'il avait composé lui-même. Quand Angélica fit irruption dans la pièce avec des papiers dans les mains, il la regarda venir vers lui et poser ces documents sur le piano. Le vampire s'interrompit alors dans sa mélodie et la fixa l'air sérieux.
-Bonjour Rose, vous êtes ravissante ce matin. La complimenta-t-il.
-Je vous remercie, Dimitri.
-J'imagine à vous voir ainsi, que vous venez me porter votre réponse ?
-Tout à fait. Répondit-elle. –Mais avant de vous en faire part, je souhaitais évoquer avec vous mes conditions…
-Des conditions ? Répéta-t-il perplexe. –Mais certainement, je vous écoute.
-Voilà ! Dit Angélica en s'éclaircissant la voix. -Pour commencer, si je vous épouse je n'apporterais aucune dot…
-Je n'en attendais pas de toute manière. Répondit calmement Dimitri. –Autre chose ?
-Oui, chacun s'occupe de ses finances respectives. Et dispose de son argent comme il l'attend.
Dimitri hocha simplement la tête.
-Je ne tiens pas à vivre en Russie, si vous voulez être mon mari, il vous faudra vivre chez moi en Italie.
-Je vois. Murmura-t-il un peu dubitatif. - Autre chose ?
-Oui, une dernière. Le mariage sera célébré en juillet, ici à Venise et en comité restreint, pas plus de deux témoins.
-Oh. Dit Dimitri un peu surprit par ces demandes. –Si tel… est votre désir, et bien soit.
-Vous n'avez pas d'objection ? S'étonna la jeune femme. -Le mariage est un contrat après tout.
-Je n'en ai pas chère Rose, si vous posez ces conditions c'est que vous avez vos raisons.
-Alors…Puisque nous sommes d'accord. Commença-t-elle en s'approchant de lui pour venir s'assoir avec grâce sur ses genoux, et en enlaçant son cou de ses bras souples. Elle sentie Dimitri passer une main sur sa taille, pour la maintenir contre lui. –Monsieur Belikov, j'accepte de vous épouser.
Les deux vampires échangèrent un sourire, quand Angélica s'empara avec tendresse des lèvres de son fiancé. Celui-ci ferma les yeux, appréciant ce moment dont il avait tant rêvé pendant quatre ans, il passa son autre main sous les jambes de sa bien-aimée et se releva avec elle entre ses bras protecteurs. Il la fit tournoyer dans les airs en riant de bonheur, avant de s'arrêter.
-Angélica, je promets de tout faire pour vous rendre heureuse. Il me semble, ma belle dame. Qu'étant donné ces nouvelles circonstances, vous pourriez me dire « Tu » désormais.
-Ce serait un bon début, j'en conviens.
-Juste une question. Demanda-t-il en la posant par terre. –Pourquoi attendre quatre mois, pour ce mariage ?
-Pour laisser le temps à mon témoin d'arriver. Expliqua-t-elle.
-Et qui sera ce témoin ?
-Carlisle Cullen, quelle question. Mon frère ne pouvant malheureusement pas être présent, pour me conduire à l'autel, il n'y aura que Carlisle pour le faire. Et puis cela te laissera le temps d'annoncer la bonne nouvelle à ta famille. Termina-t-elle dans un léger rire, en pensant à la tête que risquait de faire la mère de son promis.
-Ah. Fit Dimitri comme s'il se remémorait soudain ce détail. –C'est vrai que j'ai une famille.
-Et de plus cher monsieur…Dit-t-elle d'une voix taquine. - Pendant que j'y pense, vous osez demander ma main, sans m'avoir au préalable offert une bague de fiançailles, c'est scandaleux.
-Oh, quelle image je vous donne de moi, vous avez raison. Répondit Dimitri sur le même ton. Viens ma colombe, pour la peine tu la choisiras, nous la ferons faire sur mesure, allons-y de suite. Dit-il en lui prenant la main pour l'inciter à aller de ce pas chez l'orfèvre.
Angélica eut soudain l'impression d'avoir de nouveau vingt ans. Elle n'avait jamais vu Dimitri aussi heureux. Peut-être avait-elle fait le bon choix. En tout cas elle sentait qu'une nouvelle page de sa vie venait de commencer avec Dimitri.
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Une semaine après, Dimitri dut retourner en Russie annoncer leur mariage. Et dire à Boris qu'il lui laissait l'entière direction du clan. Bien qu'il le lui ait demandé de l'accompagner pour le mois qu'il y passerait, Angélica refusa. Elle lui promit de l'attendre à Venise, et de préparer le mariage. Pour l'aider à mener à bien ces préparatifs, la jeune femme demanda à une amie, qu'elle avait mis dans la confidence, et lui avait également demandé d'être son second témoin. Mais tout cela devait rester secret. Cette amie, c'était la signora Vinira. Qui s'était trouvé honoré et ravie que la jeune femme se soit tournée vers elle, pour un événement de cette importance.
-Ah, ma chère enfant. S'exclama Diana Vinira. -Cessez de vous inquiéter. Nous trouverons la robe qu'il vous faut.
Depuis plusieurs heures, Angélica et la signora Vinira, cherchaient une robe de mariée, et discutaient avec la couturière, des tissus, de la forme de la robe. Pendant que la couturière s'adonnait chercher et comparer des tissus dans l'arrière-boutique. Les deux femmes papotaient entre-elles.
-Je vous remercie, Diana. D'avoir acceptée de me porter secours pour toutes ces choses, je ne savais pas vers qui d'autre demander ça.
-Je vous en prie, ma petite. C'est follement excitant pour moi. Répondit Diana avec entrain. -Voyez-vous, je n'ai eu que des fils. Et ce n'est pas à cinquante ans passé que j'aurais une fille. Expliqua-t-elle en riant. –Et le mariage est un moment si important dans la vie d'une jeune femme. Monsieur Belikov, mesure sa chance, j'espère.
-Mesdames. Dit la couturière en revenant vers elles. –Voilà les tissus, et ici les croquis des modèles que nous proposons.
Angélica observa avec attention les modèles avant de dire :
-Vous n'avez rien de plus…simple. Je trouve ces robes très belles, mais trop chargées à mon goût.
-Oh. Murmura la commerçante perplexe. –Avez-vous une idée plus précise de ce que vous recherchez mademoiselle ?
-Peut-être…Intervient madame Vinira. –Pouvez-vous partir sur ce modèle de robe ? Dit-elle en pointant du doigt un des croquis. –On raccourcit les manches, jusqu'aux hauts des coudes.
-Oui, je n'aime pas trop les manches bouffantes. Mais le décolleté à dentelle me plaît.
-Très bien, mesdames, je vais voir ce que je peux faire. Dit la couturière en dessinant un autre modèle avec ses critères.
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Dimitri renvient finalement un mois avant le mariage. Il avait l'air contrarié, ce que sa future femme remarqua de suite. Elle vient vers lui, qui se trouvait devant la fenêtre du salon, bras croisés contre sa poitrine.
-Dimitri. Appela-t-elle en posa une main sur son avant-bras. –Que se passe-t-il ? Je te sens préoccupé.
Il tourna son beau visage vers elle, et lui sourit faiblement. Il l'observa un instant sans retenue, elle portait une simple chemise de nuit avec sa robe de chambre rose pâle ornée de bordure par-dessus. Un autre subterfuge pour duper les humains à son service. Il adorait la voir vêtue de la sorte, bien qu'il n'y ait encore eu aucune relation charnelle entre eux. Tous deux se comportait déjà comme mari et femme, même si Angélica faisait toujours preuve de réserve vis-à-vis de lui.
-Boris et Ineska seront présent à notre mariage.
-C'est une bonne chose. Répondit-elle. –Et en ce qui concerne ta mère ? Demanda-t-elle plus hésitante.
-Elle ne viendra pas, elle refuse catégoriquement cette union.
-Le contraire m'aurait étonnée. Rétorqua Angélica nullement surprise.
-Cela n'aucune importance. Reprit Dimitri en caressant tendrement les cheveux de sa fiancée. –Ce qui compte c'est que nous soyons ensemble.
La jeune femme baissa les yeux, comme si elle hésitait à prendre la parole. Elle se détourna de lui pour aller s'assoir sur le fauteuil devant la cheminée. Dimitri la suivit du regard et vint à son tour s'assoir près d'elle.
-Je vois que je ne suis pas la seule à avoir des préoccupations. Remarqua-t-il en posant sa main sur la sienne. –Parle-moi, ma chérie.
-…C'est seulement que… Commença-t-elle en cherchant ses mots, la gorge nouée par l'émotion. –Tu fais tellement d'efforts pour moi, que j'ai l'impression de ne pas en faire assez te concernant.
-Pourquoi, dis-tu cela ?
-Parce que tu acceptes tellement de chose, sans rien demander en retour. J'ai le sentiment que je ne pourrais jamais te rendre autant, j'aimerais te parler de mon passé mais je ne me sens pas prête à le faire.
Dimitri ne disait rien, il préférait l'écouter jusqu'au bout. Mais la voir aussi inquiète et pleine de doute, le toucha. Quel passé si terrible pouvait-elle bien garder pour elle de cette façon ?
-Je ne veux pas te rendre malheureux. Poursuivi-t-elle.
-Angélica, ne pense pas ainsi, au contraire je suis très heureux et tellement honoré que tu veuilles de moi comme mari. Pour être honnête je pensais que tu dirais non…Avoua-t-il dans un ricanement nerveux, qui la fit rire.
-…Mais. Continua-t-il. –Si tu ne te sens pas prête à me parler de ta vie passée, ce n'est pas grave. J'attendrais, nous avons l'avantage d'avoir l'éternité devant nous.
-Es-tu toujours aussi optimiste ? Lui demanda-t-elle.
-Seulement lorsque je vois que tu en as besoin, mon ange. Répondit-il en portant sa main à ses lèvres. Viens-là ! Dit-il en l'attirant contre lui de sorte de caler sa tête entre sa poitrine et son bras tel un enfant qu'on berce pour qu'il s'endorme. Elle le laissa faire sans aucune résistance, plongeant son regard rougeoyant dans le sien.
-Je ne veux pas que tu t'inquiètes de ne pas me manifester, autant d'affection que tu le voudrais. On dit souvent que dans un couple il y en a un qui aime plus que l'autre: Ce sera moi ! La rassura-t-il avec un sourire. – Laisse-nous le temps. Qu'importe ce qu'il arrivera, je t'aimerai.
Angélica, essayait de retenir ses larmes, se demandant comme cet homme pouvait à ce point lui faire perdre tout contrôle sur ses émotions. Comment avec quelques mots, il avait su l'apaiser. Angélica posa sa main droite sur la joue de son fiancé, et la caressa tendrement en murmurant :
-Embrasse-moi, Dimitri.
A cet instant, il la couva de ses yeux brûlants, tout en affirment son étreinte, puis penchant la tête, il prit ses lèvres en un baiser où se mêlaient du désir et la tendresse de l'amour, tandis qu'une de ses mains glissa sur son flanc, pour remonter vers ses seins frémissants. S'abandonnant à la vague de chaleur qui montait en elle, Angélica s'agrippa à lui de toutes ses forces. Elle sentait son cœur mort se gonfler dans sa poitrine.
Un long frisson secoua le corps puissant de Dimitri, qui laissait libre cours à sa passion. Il ressentait pour son adorable compagne, une attirance incroyable, immensément plus forte que pour aucune femme avant elle. Quelques instants plus tard, qui lui semblaient durer une éternité, il s'arracha à ses lèvres. Enfin il la fixa intensément, il était maintenant immobile. A l'expression de son visage, elle comprit ce qu'il attendait. Il voulait qu'elle lui dise s'il pouvait poursuivre ses caresses, sachant très bien où cela les mèneraient.
-Je puis, attendre que nous soyons mariées, si tu…
-Pas moi ! Le coupa-t-elle en posant son index sur les lèvres de son amant pour lui intimer le silence, puis elle laissa retomber sa main sur son ventre et laissa sous les yeux attentifs de Dimitri ses doigts fins défaire avec lenteur le nœud qui fermait sa robe de chambre, écartant ensuite les pans de celle-ci dévoilant une longue chemise blanche en soie et dentelle. Le désir qu'elle vit dans les yeux de Dimitri, s'infusait en elle comme un alcool, si fort qu'elle en avait la tête qui tournait.
Le vampire ne fut pas surprit de cette assurance, dont elle faisait preuve. Pourtant connaissant la nature méfiante et insaisissable de cette femme incroyable, qui ne se laissait pas séduire si facilement, le poussa à demander :
-Je ne pense pas être le premier homme dans ta vie, mais j'ai l'impression que pour toi c'est la première fois. Dit-il avec sérieux.
-…En effet. Répondit-elle à ce qui était plus une affirmation, qu'une question. La jeune femme se défie de son étreinte et se releva du fauteuil. En se retournant vers lui elle poursuivie : -Mais tu es le premier à qui je dis: Oui.
Angélica laissa alors glisser sa robe de chambre le long de ses bras, la laissant tomber au sol. Ensuite elle leva la main au-dessus de sa tête et retira de ses cheveux l'épingle en argent qui les retenait. Passant ensuite la main dans ses cheveux détachés, elle regarda Dimitri toujours assit. Celui-ci l'observait avec fascination cette fois, dos à la cheminée, la lumière des flammes se reflétait sur elle. Laissant apparaitre très distinctement à travers le tissu, les formes parfaites et généreuses de la vampire.
-Tu es tellement belle. Furent les seules mots qui vinrent aux lèvres du russe, tant il était absorbé par la vision qu'il avait devant lui.
Angélica ne répondit pas, elle leva une main vers sa poitrine, sur le nœud de sa chemise et en tira lentement le bout sans perdre du regard l'homme qui venait de se lever, se tenant maintenant devant elle. La jeune femme surveilla le regard que Dimitri posa sur elle, un air grave ainsi, qu'un désir évident se lisait dans ses yeux.
-Pose tes mains sur moi, Dimitri. Murmura-t-elle, en lui prenant les mains pour les porter sur son corps en une invitation ouverte. Constatant la puissance qu'elle détenait en cet instant sur le vampire, qui lui, laissa ses mains errer avec douceur sur ses hanches, s'emparant des lèvres sublimes de sa bien-aimée. Puis il repoussa le tissu de ses épaules d'ivoires, et laissa la chemise tomber au sol. Dimitri contempla avec admiration cette femme qu'il aimait tant, à moitié nue devant lui, seul lui restait pour vêtement, ses bas de soies ainsi que des fins sous-vêtements.
Angélica, quant à elle, se sentait désirée mais plus que tout aimée par cet homme. Quand bien même elle appréhendait ce qui allait suivre, elle était décidée à s'offrir à lui. Elle entreprit de déboutonner son veston, ce qu'elle fit, aidée de Dimitri, qui retira sa chemise aussi vite, elle put alors poser ses mains sur son torse, on aurait dit une statue magnifiquement sculpter. Fascinée elle caressa ses épaules puissantes. Le vampire l'emprisonna dans ses bras et l'embrassa avec fougue. Les mains de son amant s'aventurèrent sur son cou, son dos, ses seins. Elle s'enivrait de son odeur, de son parfum qui flottait dans l'air.
La bouche de Dimitri se faisait plus exigeante à chaque baiser, projetant dans son corps des vagues de plaisirs. Angélica rendait caresse pour caresse avec autant de ferveur et de passion que lui. Dimitri plongea la main dans l'épaisseur de ses cheveux bruns en grondant de désir, l'étouffant de baisers. Plus le temps passait plus il avait du mal à garder le contrôle sur lui-même.
-Mon ange. Murmura-t-il en lui caressant le menton, cherchant son regard, savourant la pureté de ses traits angéliques. Il enfouit ensuite son visage dans le creux de l'épaule de sa bien-aimée pour savourer son bonheur.
Comme hypnotisé elle demeura silencieuse, pour la première fois elle avait envie de s'abandonner corps et âme. Elle l'étreignit, se lova entre ses bras, se pressa éperdument contre lui, comme si elle avait trouvé sa place. De la main, il lui enserrait le cou, perdant ses doigts dans la chevelure, et quand, des lèvres, il se saisit du lobe de son oreille pour le mordiller doucement, il la sentit défaillir. Délicatement il lui ôta ses derniers vêtements.
Quand ils furent nu, sans prévenir, il la prit dans ses bras et s'avança en direction de la chambre. Vers le lit, s'allongeant auprès d'elle dès qu'il l'eut délicatement posée sur les draps. Elle s'agrippait à lui comme si elle avait peur qu'il disparaisse. Pour la première fois de sa vie, tous ses problèmes lui semblaient loin. Pour l'heure, elle ne pensait qu'à Dimitri, au plaisir qu'il lui procurait en cet instant, à la joie qu'elle ressentait d'être dans ses bras protecteurs. Non, elle ne regrettait pas du tout son choix. Plus que tout autre chose, elle voulait qu'il reste toujours auprès d'elle.
Quand la main de Dimitri, se posa sur la chair nue de sa cheville, elle se mit à trembler, elle obéit presque aussitôt, néanmoins, à l'ordre muet qu'il lui donnait par cette caresse, s'offrant un peu plus à lui, en remontant lentement la jambe vers lui, qu'il commença à y déposer des baisers et de douce caresse, qui la faisait frissonner dans tout son être. Il devait l'aimer beaucoup, songea-t-elle au fond de son cœur, pour la traiter avec autant d'égards. Secoué de désir le corps de Dimitri réclamait satisfaction, voir sa belle Angélica aussi passionnée et impatiente que lui le comblait de bonheur et lui donnait la force d'attendre encore un peu. Il rampa sensuellement sur son corps, utilisant sa bouche tout contre sa peau, trouvant habillement chaque petit coin délicat. Il goûtait, mordillait chaque parcelle de sa peau d'albâtre.
Angélica, quant à elle, avait envie de lui avec une violence qui la choquait elle-même. De se voir se tordre de désir en gémissant dans ses bras, le corps tendu. Elle ne voulait plus réfléchir aux conséquences de ses actes, et elle se rendit compte qu'il n'y aurait plus de retour en arrière possible. Elle réclama ses lèvres, l'embrassa avec fougue, frissonnant de plaisir. Ses mains vagabondèrent sur son dos puissant aussi dur que le marbre et elle se colla contre lui. La jeune femme sentait l'érection du vampire contre ses cuisses, alors que son amant se redressa sur ses coudes pour mieux la contempler, passant une main dans ses magnifiques cheveux étalés sur les oreillers. Il pouvait clairement voir les expressions de désir sur le visage de sa compagne.
-…Pourquoi… me regardes-tu ainsi ? L'interrogea-t-elle entre deux soupirs, voyant qu'il s'était immobilisé en la fixant intensément. –Je t'en prie ne t'arrête pas.
-Je n'en avais pas l'intention. La rassura-t-il avec un sourire tendre.
Il prit position entre ses jambes et la prit sans douceur, mais avec toute la fougue qu'elle attendait de lui. Elle sursauta légèrement, accueillant la douleur qu'elle éprouva à ce premier coup de rein, elle étouffa un gémissement plaintif, qui n'échappa pas à Dimitri, qui s'immobilisa subitement pour la soulager. Mais elle le retient et l'encouragea à continuer, elle l'enserra de ses jambes pour l'attirer plus profondément en elle, collant son bas-ventre tout contre le sien, en gémissant. Dimitri la sentait se détendre tout doucement, et les beaux traits de son visage redevinrent calmes, signe que la douleur commençait à se dissiper. Il commença à bouger en elle, glissant une main sous ses hanches pour la supporter. Ses jambes soulevées et enroulées autour de sa taille, rencontrant ses mouvements de bassins avec les siens, haletante, la tête d'Angélica se reversa en arrière, pour la première fois depuis des années elle venait de lâcher prise, elle s'abandonnait complétement corps et âme. Le vampire accéléra le rythme de ses va-et-vient, alors que les gémissements d'Angélica augmentaient en intensité.
Tout à coup sans qu'il y prenne garde, Dimitri se retrouva à une vitesse fulgurante à la place de son amante, en effet celle-ci venait de le faire basculer, de sorte à se retrouver sur lui. Le vampire stupéfait malgré lui de cet effet de surprise, les mains sur les cuisses de la jeune femme qui lui adressait à un large sourire taquin avant de baisser légèrement vers lui, posant ses fines mains sur son torse.
-De grâce mon chéri, laisse toi gouverner… Murmura-t-elle en approchant ses lèvres des siennes, les yeux mi-clos. Le vampire lui rendit son sourire agréablement surpris, mais quand il voulut prendre ses lèvres pulpeuses, elle se redressa aussitôt, le repoussant avec force contre les draps alors qu'il avait tenté de s'assoir afin de la saisir entre ses bras.
-Ah, non. Gronda-t-elle faussement. –Laisse toi faire !
Elle prit alors ses mains dans les siennes et les porta à sur sa taille, pendant qu'elle imposait le rythme au fur et à mesure qu'elle ondulait avec une exquise lenteur sur lui. Envahit par des vagues de plaisir de plus en plus forte, Dimitri poussa un gémissement rauque, presque animal qui résonnait dans la pièce. Il la sentait s'arquer et frémir sur lui, ses mains s'aventurèrent sur ses seins, écartant au passage les longues mèches brunes de sa chevelure. En cet instant il croyait s'unir à une nymphe. Le sexe de sa compagne était comme un fourreau, serré qui faisait gronder le vampire de plaisir et secouait Angélica de sensation qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant.
Cette fois Dimitri se redressa et enserra la taille d'Angélica entre ses bras et captura ses lèvres pour un baiser langoureux. Faisant ensuite un pause entre ses seins, il léchait, mordillait délicatement les mamelons, faisant davantage vibrer sa compagne, qui soupirait son nom à son oreille, ce qui excitait au plus haut point Dimitri. La jeune femme sentit les ruées sauvage et plus rapide de Dimitri en elle. Angélica s'agrippa fortement à ses épaules, sentant son sexe se resserrer autour du membre très dur de son amant, qui glissait profondément à l'intérieur d'elle. Dimitri, perdant cette fois tout contrôle, poussa un rugissement triomphant, en jouissant, au son du cri d'extase que sa compagne tenta par la suite d'étouffer en mordant sans retenue la chair froide entre le cou et l'épaule de son compagnon. Mais les marques commencèrent à se refermer dès qu'elle en retira ses dents.
Attrapent encore sa bouche pour un autre baiser passionné, Dimitri laissa ensuite le front de la vampire reposer contre le sien. Se remettant de leurs émotions. Angélica qui avait gardé les yeux clos, les rouvris tout doucement, comme si elle se réveillait d'un rêve particulièrement délicieux. Elle s'étendit à côté de Dimitri. Une délicieuse langueur se rependit dans les membres d'Angélica. Dimitri, l'attirant d'une manière possessive vers lui, la prenant tout contre le creux de son corps. Il gisait le visage blotti dans les cheveux de sa femme, abasourdit par la plénitude qu'il venait d'éprouver. Angélica soupira en se louvant contre le corps froid et ferme de son futur époux. Pour l'heure elle éprouvait elle aussi un sentiment de plénitude parfaite.
Dimitri observait sur le visage de sa femme le reflet des émotions qui bouleversait son cœur, et qu'elle ne pouvait cacher comme à son habitude. Il lui caressa la joue du bout du doigt en un geste plein de tendresse. Les premières lueurs de l'aube passaient maintenant à travers les fenêtres de la chambre, et le son des cloches de la grande tour de la place San Marco se firent entendre.
-C'était merveilleux, Dimitri. Murmura-t-elle avant de l'embrasser de nouveau. Il lui rendit son baiser avec autant de ferveur, quand tout à coup dans un bruit sourd, ils poussèrent un cri de surprise en se sentent s'enfoncer dans le lit dont les lattes venaient de céder sous eux, suivie de l'une des barres en bois du baldaquin qui céda elle aussi dans un bruit de craquement. Les deux vampires toujours silencieux et enlacés échangèrent un regard avant d'éclater de rire.
-Il nous faudra recommencer, mon chéri. Dit-elle en reprenant ses caresses sur son corps absolument parfait.
-Ô que oui, mon amour. Lui répondit Dimitri. En la serrant dans ses bras pour l'emparer une fois de plus de ses lèvres. –J'y compte bien, madame Belikova.
-Dieu du ciel, il va falloir que je m'y habitue à ce nom-là. Dit-elle en riant avec lui. –Mais cela sonne plutôt bien je trouve. Rose Belikova , qu'en penses-tu, mon chéri ?
-C'est charment ! Répondit Dimitri avec un large sourire.
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Plus loin dans une des tavernes de Venise, deux hommes étaient penchés l'un vers l'autre, comme si ils échangeaient des messes basses. L'un d'eux était de forte carrure aux cheveux blonds presque blancs mi- longs et l'autre avait la chevelure longue noire et son corps plus svelte, mais ils avaient en commun une chose : La beauté. En effet ils avaient l'air bien différent des gens présents en ces lieux quelque peu délabrés malgré l'ambiance chaleureuse qui y régnait. Visiblement, c'étaient des étrangers.
-Mais que fait-il à la fin ? S'impatienta l'un d'eux. –Il s'est arrêté manger en chemin.
-Un peu de patience. Lui répondit l'autre. – Tu sais bien qu'il prend toujours son temps.
Plus tard un autre homme vient se joindre à eux, l'air très préoccupé. Il s'assit sur la chaise restée libre aux côtés des deux autres.
-Alors ? On commençait à croire que tu t'étais perdu. L'interrogea le blond.
-…J'ai un doute. Avoua l'intéressé sans relever sa remarque. –C'est bien une de notre espèce, mais je ne m'avancerais pas à dire que c'est l'immortelle que l'on recherche.
-Il nous faut être sûr, Narcisse. Cela fait plusieurs mois qu'on la cherche. Nous n'avons pas le droit à l'erreur.
-Je le sais, c'est pourquoi nous devons rester prudents sur la marche à suivre. Les humains d'ici m'en ont dressés un portrait assez ressemblant aux informations que nous avions déjà. Mais il nous manque « La preuve » qu'il s'agit bien de cette vampire.
-Tu as pu l'approcher ? Demanda l'autre.
-Non, à vrai dire je ne l'ai même pas vu.
-Le maître, est patient, mais il n'attendra pas indéfiniment. Fit remarquer le blond.
- Pourtant, ce n'est pas le temps qui lui manque. Lâcha le dit Narcisse en riant.
-Peu importe, il faut agir vite. Déclara avec sérieux celui aux cheveux noirs. –Nous devons savoir si nous avons enfin trouvés, celle qui intéresse notre maître.
-Et que proposes-tu ? Demanda le blond.
-De passer à la vitesse supérieure. Déclara-t-il d'un ton ferme.
Les trois hommes se regardèrent, avant d'hocher la tête en signe d'approbation, il était évident qu'ils s'étaient compris. Visiblement ils semblaient se connaître depuis très longtemps. Ils savaient ce qu'ils venaient chercher et ils semblaient bien déterminés à accomplir leur mission.
À Suivre….
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Et voilà, que de changement… C'est la première fois que j'écris une scène érotique, j'ai fait de mon mieux, car c'est toujours très délicat à écrire (personnellement ça m'a pris la tête un moment). J'espère que ce chapitre vous à plût. Je vous attends dans le prochain chapitre. N'hésitez pas à me donner votre avis, cela m'intéresse toujours. À la prochaine et Bonne Année à tous.
