Hello !
Ce petit recueil a été fait pour un event d'été. Je ne sais pas si je ferai tous les défis (spoiler, non), mais en tout cas, ça sera toujours autour de la thématique de la dystopie que j'ai inventé pour les besoins de ce recueil. Un monde bien sympa, pour lequel je m'inspire léger de Psycho-Pass, bien que ce soit différent sur le concept : l'idée m'est venue d'un MV, en fait, la chanson du même titre de Dreamcatcher xD.
Malgré tout, ça ne veut pas dire que tout sera drama... Le texte l'explique donc je ne vais pas paraphraser, mais les personnages pourront aussi bien vivre un rêve idyllique, qu'un cauchemar, ou un moment mitigé. Comme ça pas besoin de choisir entre fluff et drama ;).
Le texte répond au défi numéro 5. J'ai choisi la narration en Tu. C'est un Katsuki-centric, et il y a une mention de KiriBaku et de KatsuDeku.
J'ai rien de plus à dire, alors bonne lecture !
Un rêve en noir
Tu dors. Tu le crois, du moins. C'est doux, ton corps est dans un étau de bien-être, l'inconscience bénie du sommeil. Puis, tu tâtonnes, en t'en sentant tirer sans trop par quoi, ni pourquoi, te réveillant, la place à côté de toi. Tu sens un corps. Il est là, avec toi. Vous êtes ensemble. Ça te rassure, les premières secondes. Parce que tu te sens moins seul. Parce que tu es dans une chambre trop petite, trop sombre, trop noire, mais qu'il est quand même là.
Cette chambre a, tout de même, quelque chose qui ne va pas. Trop… éloignée. De toi. De ta vie. Tu es là, coincé. Tu n'as rien à faire ici. Ce n'est pas là où tu étais la dernière fois. Tu combattais, tu jouais au héros, au juge, et tu as rencontré les bourreaux.
Et tu le réalises soudain, qu'il ne devrait pas être là. Ce corps. Tu le retouches, tu tâtonnes. Il n'est même pas chaud. Même pas dur. Plutôt mou. Tes yeux veulent percer l'obscurité, mais tu ne vois rien, tu ne sens que le poids du draps, bien enfoncé dans les bordures du lit, sur tes jambes. Ça pèse lourd. Comme du plomb. Tu ne peux pas bouger. Ça te tire vers le bas, vers l'intérieur. Quelque chose ne va pas.
Tes tripes, ton pouls au rythme erratique, tout te le signal. Tu as peur. Et, brusquement, tu sais pourquoi.
Il y a des années, un programme fut créé. Pour empêcher les gens de virer du côté des Vilains, tes ennemis, vos ennemis, on les efface. Les critères sont simples. L'instabilité, la nervosité, la colère excessive, des trucs comme ça, même une putain de dépression peut servir d'excuse. On juge ces citoyens inutiles. Alors on les efface, on les dégomme. On les enferme dans un rêve. Dans un rêve où tu es coincé.
Parce que ça t'est arrivé. La colère, d'abord. T'as toujours été colérique, Katsuki, tu le sais très bien. Nerveux, aussi, c'est d'famille, t'façon. Instable… certains pensaient que oui. Tu savais même plus. Tu t'es mis à y croire plus qu'eux, et, oh, peut-être que c'est ça, qui t'a fait basculer. Être comparé à un vilain tout le temps, ça fait chier. T'avais plus seize ans, t'étais un homme fort, un putain d'adulte, mais ça a craqué.
Parce tu faisais le pompon entre Number One, Number Two, que tu l'as pas tout à fait supporté et que ces lois t'ont fait chier, tu t'es opposé, ils ont pas aimé. Tu fais du bruit, quand tu veux. Deku était d'accord avec toi. Kirishima aussi. Tu sais pas ce qu'ils sont devenus. La justice, elle existe plus. Des fois, tu entends leurs voix dans ta tête, comme si c'était eux qui devenaient toi, qui parlaient à ta place, qui existaient en toi. T'en peux plus, d'exister tout seul, là-dedans.
Tu rêves des moments avec eux. Avec ta famille. Avec tes amis. Quand tu l'embrassais, Eijiro, chaque matin, avant de partir bosser. Quand tu te tapais Deku au lycée. Mais ça, tu sais plus si ça a vraiment existé. Si c'est pas des souvenirs que la matrice t'a créés.
T'en sais plus trop rien, bordel.
Tu penses, encore, ça se retourne, dans ta tête, et ce corps, là, à côté, tu te demandes qui c'est. Des lumières s'allument. Des néons. Violets. Ça fait des tâches, comme des ecchymoses, sur tes bras, sur ton corps qui est enfoncé dans ce salopard de lit. Tu le quittes des fois, et t'aimes pas où tu vas.
Comme dans un jeu, dans un film d'horreur, ça sent pas bon. L'instinct, ça sent, ça sait, ces choses-là. Ça ventriloque en toi, tellement ça gargouille, la peur. Et t'es une loque. Une putain de loque. Cette société a créé un monstre.
C'est même pas toi, c'est même pas les vilains, c'est ce truc, où t'es. Ça s'appelle R.O.S.E Blue. Ça trafique tes peurs, tes désirs, pour te les faire voir à l'infini. Tu meurs jamais. Mais des fois, t'aimerais.
Tu fermes les yeux, lâchement, et tu respires. Ça bourdonne dans tes oreilles, t'oses pas regarder à côté.
Il y a une odeur, une odeur brûlée.
Parce que t'es quand même courageux, et que tu sais prendre tes couilles, tu ouvres les paupières. Le violet de la pièce te fait mal aux iris, ça te rendrait aveugle si c'était dans la vraie vie.
Ta nuque pivote, doucement. Chaque mouvement de tes muscles fait tressauter tes nerfs, t'en sens qui explosent partout, tellement tu flippes. T'as un déjà-vu. Ton gros orteil droit s'agite. Ton buste chancèle. Les bras pèsent une tonne.
À côté, c'est rien qu'Eijiro. Il dort. Une tête d'ange. T'es soulagé. Tu expires à fond la caisse, t'exhales, parce que tu t'es retenu de bien respirer. T'es content. C'est peut-être pas un mauvais rêve.
Tu ris, heureux, un rictus aux lèvres. Ça va bien. T'as juste trop flippé… Juste trop flippé.
Sauf qu'Eijiro, il bouge pas. Et y a un truc au fond de la pièce. Tu l'avais pas vu, avant.
Ça se déplace, ça rampe, vers toi. C'est une ombre. C'est rien. Mais ça te tétanise. Tu sais pas ce que c'est, ce que ça veut, ce que ça peut te faire.
Ça grimpe, sur le lit, sur toi. Tu secoues Eijiro, tu peux pas bouger, pas te lever. Il bouge pas. Il réagit pas.
La chose en ascension est au-dessus de tes jambes, encore, et t'essaies de faire cramer tes paumes. Ça marche pas. Pourtant tu transpires à mort. Et ça, c'est ton pire cauchemar. Perdre le contrôle, perdre ta force, face à une menace invisible.
La laisser blesser quelqu'un que t'aimes. Alors, tu gueules. Tu hurles.
Le décor change.
T'es assis, sur une chaise, et y'a quelqu'un dans ton dos.
Tu reconnais l'odeur de Deku. Et t'entends sa voix.
« Ils ont Kirishima. On va sortir de là, Kacchan, je te promets. »
Dans la vraie vie, tu l'aurais engueulé. Tu te serais battu. Mais là, c'est pas la vraie vie. Et tu sais que vous sortirez pas.
À suivre...
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Merci d'avoir lu et à la prochaine o/ !
