Auteur: Kuro-Hagi – 02/08/2020
Genre: Amitié - Romance – Yaoi - Hurt/Comfort
Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.
Notes : Bon anniversaire Kagami ! Ah la la ! Ça va pas je suis presque en retard un peu chaud de gérer pendant les vacances !Merci à tous pour vos reviews ! Je suis encore en vacances alors je n'ai pas pu vous répondre mais je le fais dès que je suis de retour !
Oui je sais c'est un peu sombre pour le début.
Stella : Merci pour ta review ^^ T'inquiète pas je continue American Dream ! Même s'il n'y a pas de chapitres aujourd'hui encore une fois pour cause de vacances ;)
Remember When
2 août
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KUROKO
Il craint qu'Aomine ne vienne pas. Même s'il est rare qu'il lui refuse quoique ce soit. Le deux août est presque une journée sacrée pour son ami. Une journée sacrée qu'il passe à ruminer dans sa chambre à se soûler et à fumer. Néanmoins il espère que son ami viendra. Il a une chose importante à annoncer et il ne voulait pas attendre plus longtemps. Et puis, techniquement il ne peut pas attendre. Son avion décolle demain. Il a choisi ce restaurant, parce qu'il a ouvert récemment et qu'il fait des supers milkshakes qui lui rappellent un peu ceux de Kagami. Il vient tout juste de découvrir cet endroit et il n'aura pas le temps d'en profiter alors il a décidé de faire d'une pierre deux coups. Un super milkshake avant de quitter le sol japonais pour rejoindre l'Afrique.
Il a toujours voulu faire participer à des œuvres humanitaires. Et l'occasion lui était enfin donnée. Il part pour neuf mois en Afrique pour travailler à la création d'une école dans des zones particulièrement sinistrées. Il est un peu nerveux d'annoncer la nouvelle à ses amis. Mais il attend ça depuis si longtemps. Il est content de pouvoir enfin concrétiser son rêve.
Ce n'est pas vraiment dans l'ordre des choses, mais il se commande un milkshake en attendant l'arrivée de ses amis. Il a rassemblé tout le monde. Enfin tous ceux qui pouvaient être présents : Aomine, Momoi et Himuro, Kise, Murasakibara, Akashi, Riko et Hyuuga. Midorima et Kiyoshi n'ont pas pu se libérer.
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AOMINE
Il entre dans le petit restaurant. Il a déjà bu et fumé un peu avant de venir, histoire de noyer son chagrin et se donner du courage. Pas moyen d'être sobre. Mais bizarrement, il y a un quelque chose qu'il aime bien dans ce restaurant. La déco est simple, c'est propre. C'est chaleureux. Ah ouais c'est ça… Le bois partout. Il aime ça. Ça fait un peu rustique et ça rappelle un bon vieux pub. La déco a été travaillée. Il s'attendait à un classique restaurant familial. Si c'est aussi bon que Kuroko le prétend, peut-être qu'il reviendra sadique, love… Je sens que ça va très bien fonctionner…un autre jour, après l'été. Un serveur beau gosse s'approche. Et peut-être qu'en plus il pourrait satisfaire d'autres besoins que son estomac ici. Après tout, ils sont au début du quartier gay de Tokyo peut-être que ça signifie que le serveur en est.
« Bienvenu monsieur. Vous avez réservé ?
— Ouais. C'est réservé au nom de Kuroko. Les autres doivent déjà être là.
— Oui. Suivez-moi. »
Il l'accompagne sur une petite terrasse ombragée qui contraste avec l'intérieur du pub avec un petit jardin japonais. C'est rafraîchissant aussi avec le bruit de l'eau qui coule en bordure de la terrasse. Il grimace en voyant la tablée. En plus, Tetsu a invité tout le monde. Le seul jour de l'année où il a juste envie de voir personne. Fuck.
Il salue vaguement la tablée en prenant la place libre à côté de Momoi, mais personne ne se formalise, ni de son salut peu motivé, ni de son retard. Et ça l'énerve presque un peu plus encore. Taiga n'aurait pas hésité à lui rentrer dedans et lui dire d'arrêter de jouer au con. Mais plus personne n'est là pour lui tenir tête, pour l'aider à affronter la vie, le quotidien, les gens.
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KAGAMI
« Table 5 ! Trois poulets teriyaki, deux nouilles sautées aux légumes et quatre saumons grillés. »
Le cri de Yuu lui parvient depuis l'entrée de la cuisine alors qu'il épingle la commande sur fil tendu pour qu'il puisse s'y référer. Mais il en a rarement besoin. Il a pris le rythme et il enchaîne les préparations. Il termine les plats de la table 7 et fait sonner la cloche pour que Yuu vienne les récupérer. Il doit payer Yuu toutes les deux semaines, mais le jeune étudiant a été sympa et accepté de ne pas recevoir sa première paye dans les temps. Il n'aurait jamais pu ouvrir son restaurant sans quelqu'un pour prendre les commandes et faire le service. Il n'a que trois plats différents au menu par jour ainsi que trois entrées et trois desserts, il prépare tout ce qu'il peut très tôt le matin à l'avance. Mais même avec la petite salle et c'est seulement dix tables, de midi à quatorze heures, il enchaîne les préparations sans pouvoir faire une pause.
C'est physique. Il savait que ce serait difficile, mais il n'imaginait pas à quel point. Il espère que quand ça tournera parfaitement, il arrivera à s'améliorer et souffler un peu plus. Il a son petit succès cela dit. Son restaurant est quasiment midi et soir. Il se prend juste le temps de changer de musique pour se mettre un petit morceau de punk énergique et il se lance dans la préparation des commandes de la table cinq. Trois poulets, deux nouilles et quatre saumons.
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AOMINE
Il déglutit et regarde son plat devant lui. Il n'aurait pas dû prendre un poulet teriyaki. Pas un 2 août. Pas… quand il a envie de manger celui de Kagami. Ou peut-être qu'il l'a fait exprès. Pouvoir encore cracher sur quelqu'un parce que en termes de cuisine personne n'arrive à la cheville de son ex. Et oui il est parfaitement objectif.
Il déglutit et regarde son plat, l'odeur douce de la sauce teriyaki, la jolie présentation appétissante. Taiga aussi aimait bien présenter ses plats même si c'était moins subtil que ça. Il n'aurait pas dû prendre le poulet. Il ne fait que gâcher cette journée un peu plus.
Kuroko l'abandonne lui aussi à présent. Il se barre comme ça. Ok. Il en avait déjà parlé qu'il voulait partir pour des actions humanitaires en Afrique. Même ça fait plusieurs années qu'il en parle et que ça ne se fait pas. Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi maintenant ? Il essaie de se réjouir pour son ami. C'est ce qu'il veut. Et c'est tant mieux pour lui. Pourtant il a juste l'impression qu'on lui arrache un autre morceau de son cœur. Il finit son verre cul sec.
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HIMURO
Face à lui, il voit Daiki se décomposer. Kuroko vient de leur annoncer son départ pour le lendemain. Tout le monde l'a félicité. Daiki a jeté un vague 'cool pour toi', puis il est devenu livide. Ils ont été interrompus pour le service de leur plat et à présent Daiki fixe son poulet teriyaki comme s'il l'avait insulté personnellement. C'est son plat préféré, mais depuis le départ de Taiga, il n'y en a aucun qui le satisfasse. Dans ses bons jours c'est « mangeable ». Et aujourd'hui n'est pas un bon jour. Il a l'impression d'avoir devant lui une bombe à retardement, dont le déclencheur sera la première bouchée qu'il va avaler. Il ne sait pas s'il l'a fait exprès de prendre le poulet teriyaki, en sachant quel jour c'est et en connaissant son état d'esprit, comme s'il voulait une excuse pour exploser.
Non. Il connaît suffisamment Daiki pour savoir qu'il n'est pas aussi machiavélique que ça, pas consciemment en tout cas. Mais il a une part de lui qui semble toujours vouloir s'auto-détruire et c'est comme si elle le poussait à faire son possible empirer chaque situation à laquelle il est confronté. Ils ont appris à gérer ça, à l'aider quand il pète les plombs. Des fois, il en veut à Daiki d'être comme ça. Sans lui, il aurait emménagé avec Satsuki depuis longtemps. Mais elle ne veut pas l'abandonner. Daiki c'est son frère. C'est son rival dans le coeur de sa petite amie. Même si ce ne sont pas des sentiments identiques. Il ne passe pas avant Daiki. Enfin il n'a jamais essayé de concurrencer Daiki non plus, il n'aimerait pas être dans un sale état comme lui. Il a juste l'air de vouloir se tirer une balle presque tous les jours. Alors, il patiente et il espère que Daiki va remonter cette foutue pente qu'il ne semble faire que descendre depuis dix ans. Il ne comprend pas comment il ne peut pas s'en remettre après tout ce temps. C'est que dans les contes de fées qu'on ne tombe amoureux qu'une fois, qu'on a une âme-sœur à vie. Satsuki lui a expliqué que c'était aussi dans le tempérament et la façon de fonctionner de Daiki. Il a du mal à vivre dans le présent et dans le futur. Il reste souvent bloqué dans le passé. Et son passé le plus beau c'est Taiga. Mais c'est aussi à présent le plus douloureux.
Il le voit hésiter, alors que tout le monde a déjà commencé à manger. Et c'est super bon. Kuroko avait raison. C'est simple, les prix sont très corrects, l'ambiance du bistrot très agréable et les plats vraiment délicieux. Une petite perle ce restaurant, il se promet d'y revenir, en plus il a zieuté rapidement la carte des boissons et il y a quelques petites bières sympas. D'ailleurs, Satsuki le regarde en souriant.
« C'est super bon. Il faudra qu'on revienne.
— Ouais. Et encore on n'a pas goûté le dessert. D'après Kuroko ils sont aussi excellents.
— Vrai ! J'ai hâte de goûter cette mousse au chocolat.
— Rien de très sophistiqué… Mais c'est vraiment très bon. »
Atsushi approuve lui aussi. Et dieu sait que celui-là est très exigeant en matière de cuisine. Même si c'est un gros goinfre qui se gave de toutes les cochonneries possibles… Il sait reconnaître de la bonne cuisine. Alors il l'observe en souriant, attendant son verdict officiel.
« Très bon. Ça fait penser au poulet Teriyaki de Kagamin. »
Aussitôt, un silence s'installe autour de la table et un certain nombre de regards se tournent vers Daiki. Atsushi ne connaît pas la subtilité et le tact. C'est un garçon adorable mais qui n'a aucune conscience de la portée de ses mots. Il est juste sincère et profondément naïf et honnête. Il ne regarde même pas Daiki. Ce n'est pas faute de lui avoir expliqué. Mais ça ne l'atteint pas, d'ailleurs il en rajoute, sans lever le nez de son assiette.
« Tu trouves pas Minechin ? »
Daiki a visiblement entamé son assiette. Son visage semble un peu surpris, ému et profondément mélancolique. Bizarrement, face à Atsushi il n'a jamais élevé la voix, même quand celui-ci lui parle de Taiga comme s'il était encore là hier.
« Ouais Atsushi… ça fait penser au poulet de Taiga… »
La voix de Daiki est éteinte et s'étrangle un peu. Il mange lentement. Et comme la bombe n'a pas explosé les discussions reprennent doucement.
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MOMOI
Elle pose sa main sur celle de son ami, elle le sent particulièrement ému et triste. Étrangement, il lui répond et serre sa main dans la sienne. Elle le surveille d'un œil, surprise. Elle le sent tendu. Elle serre plus fort ses doigts entre les siens. Mais à la moitié de son assiette, Daiki se lève brusquement et file aux sanitaires. L'instant d'incompréhension passé, elle le suit. Elle frappe à la porte des toilettes doucement.
« Dai-chan ? Est-ce que ça va ? »
La voix de son ami lui répond faiblement que tout va bien. Elle reste stupéfaite. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas pleuré.
« Ok… Je… Je retourne à table… »
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KAGAMI
« Merci p'pa… Bonne journée à toi. »
Il raccroche et s'affale, la tête reposant sur ses bras croisés sur le bar. La journée avait été éreintante. C'est souvent comme ça le dimanche. Il se laisse envahir par le calme du restaurant à présent vide et sirote une bière. C'est pas le pire anniversaire qu'il ait connu, mais celui-là n'a rien de réjouissant non plus. Il se rappelle toujours de son anniversaire il y a dix ans, il était avec lui. C'était le plus bel anniversaire dont il se souvienne. Un basket. Du surf. Une nuit dans un bungalow au bord de la mer. Et surtout Daiki. Juste eux deux. En tête à tête dans un endroit isolé. Daiki avait tout organisé, seul. C'était une surprise et il voulait que personne ne soit au courant de ce qu'il avait prévu, de l'endroit où ils allaient. Ça ressemblait à une fuite en amoureux et ça avait été magique. Daiki l'avait convaincu d'aller faire un bain de minuit totalement nu. Et il s'était aimé toute la nuit, les fenêtres ouvertes, le bruit des vagues qui s'échouent les unes après les autres sur le sable. Il se rappelle de cette impression de liberté et d'un moment de pur bonheur, sans penser aux compétitions, aux cours et à tout ce qu'on attendait d'eux. Ils avaient cru être plus fort que le monde et que rien ne pourrait leur arriver.
Et pourtant, quelques jours plus tard tout s'arrêtait. Ils n'avaient même pas pu fêter l'anniversaire de Daiki en tête à tête. Ils n'avaient eu que le temps de le faire avec leurs amis et il n'avait jamais pu lui offrir son cadeau. Il a peur de le contacter. Il aura refait sa vie. Il espère quoi ? Pouvoir revenir à ce 2 septembre où on l'a mis dans un avion sans lui laisser le choix ? S'il avait su réellement ce que ça signifiait il n'aurait pas laissé son père l'embarquer comme ça. Dix ans ont passé. Il sait que les choses ne vont pas reprendre leur cours là où elles se sont arrêtées. Ils ont vieilli, Daiki aura changé et même s'il n'a pas refait sa vie ses sentiments auront changé. Malgré tout, il s'est promis de reprendre contact avec lui avant son anniversaire. Avant que cela fasse dix ans révolus, c'est comme une échéance qu'il ne veut pas franchir, comme si dix ans ça signifiait avec certitude qu'il n'y avait plus rien à rattraper pas même une amitié.
Il lui reste un mois pour faire ce pas. Même si Daiki l'a oublié, même si Daiki a refait sa vie et n'a plus de place pour lui même comme ami ou rival. Il doit passer cet appel pour réussir à avancer et tourner la page.
