Auteur: Kuro-Hagi – 05/08/2020
Genre: Amitié - Romance – Yaoi - Hurt/Comfort
Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.
Notes : Merci pour vos reviews ! Petit incident technique à la maison (ah ah… sachez qu'un chauffe-eau ça peut s'éventrer oui oui…) alors ce n'est malheureusement pas encore aujourd'hui que je vais rattraper mon jour de retard ! Et … malheureusement, je n'ai pas non plus pu m'attaquer à la relecture du chapitre 46 d'American Dream. Mais promis c'est en cours ! Merci de votre fidélité ! Vous êtes géniaux ! À demain !
Stella : Oui Himuro risque de regretter d'avoir manqué cet appel !:) Merci pour tes petits mots !
Guest : Merci pour ton commentaire ça fait très très plaisir ! Je suis contente que ça te plaise :) Je ne pense pas me lancer en professionnelle mais c'est très gentil ! En tout cas tu peux toujours me trouver sur Ffnet et AO3 ! N'hésite pas à me lire !
Remember When
4août
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AOMINE
La chaleur est étouffante sur le chantier. Il a l'impression que son corps se liquéfie littéralement. Il boit et c'est comme si instantanément l'eau qu'il a bue ressortait par tous les pores de son corps. Ils ont commencé à cinq heures ce matin. Ils travaillent en décalé à ces périodes de l'année pour éviter les fortes chaleurs de l'après-midi, mais ce mois d'août est terrible et la canicule est bien installée. Le soleil est haut dans le ciel et tape durement sur les nuques. Sa peau d'ordinaire déjà très sombre est encore plus tannée par le soleil.
Il fait signe au camion de reculer pour qu'il déverse son chargement brûlant sur le sol. Il crie à son autre collègue de se tenir prêt avec le rouleau. Et il commence à étaler le bitume au sol. Il a l'impression d'être pris en étau entre la chaleur du goudron brûlant et le soleil qui incendie sa peau. Les premières fois, il avait vraiment eu cette impression d'étouffer. Les collègues s'étaient moqués gentiment de lui et l'avaient remplacé. Et puis, il a pris l'habitude. Mais entre la chaleur et l'odeur du revêtement liquide, parfois il se sent toujours un peu nauséeux. Surtout quand il a pris une bonne murge la veille.
Enfin, ils terminent la dernière zone pour la journée. Il est quatorze heures et c'est la pire heure de la journée. Ils remballent tout le matériel. Puis, ils squattent un des préfabriqués du chantier pour prendre une douche. Il soupire de soulagement en quittant sa combinaison. Il se débarrasse de ses sous-vêtements rapidement et se glisse dans une cabine. Il n'écoute pas ses collègues discuter. Il a toujours été l'asocial de l'équipe et depuis que l'un d'eux a découvert son homosexualité ce n'est pas allé en s'arrangeant pour faire ami-ami avec eux. Peu importe. Tant qu'ils le laissent faire son taf et ne cherchent pas à l'emmerder. La fraîcheur de l'eau sur sa peau lui fait du bien. Il se lave en frottant fort pour faire partir l'odeur du goudron, qui lui colle à la peau et aux cheveux. Puis, il se sèche et sort de la cabine habillé. Il laisse sa combi dans un casier, puis il file en saluant rapidement les collègues présents.
Il est affamé et après une légère hésitation il se rend au bistro qu'il a découvert grâce à Kuroko. Il reste un moment sur le trottoir et observe la devanture à laquelle il n'avait pas prêté attention la dernière fois. « Tora Izakaya » avec une jolie tête de tigre. Putain de bistro. Il soupire et s'avance pour consulter les plats du jour. Il y a du bœuf teriyaki. Il hésite mais finalement entre et s'installe à une table.
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MOMOI
Il est quinze heures, Daiki devrait être rentré. Elle sort son téléphone pour l'appeler. Il ne faut que quelques sonneries pour qu'il décroche.
« Yep ?
— T'es où ? Tu devais pas rentrer directement du boulot ?
— J'ai dit ça ?
— Oui…
— Je sais plus… J'avais faim je me suis arrêté dans un resto.
— Oh… Je pensais que tu serais là… Tatsuya est passé récupérer son téléphone.
— Hm… J'ai presque fini… Dis-lui que je suis là dans moins d'une demi-heure s'il peut patienter… »
Elle hésite, un peu inquiète. Elle entend du bruit derrière son ami et ce n'est pas trop son genre d'aller au restaurant, il préfère prendre un truc tout prêt au combini. Les seules fois où il sort c'est pour aller dans ses établissements où il se trouvait un ou deux gars pour passer la nuit. Tous les vendredis et samedis soir. Il ne ratait pratiquement jamais ses rendez-vous en tête à tête avec lui-même, à faire face à ses démons et tout le dégoût qu'il a de lui-même. Parfois, elle arrive à le traîner au ciné. Mais c'est rare, de plus en plus rare.
« Tu es avec des collègues ?
— Quoi ? Tu crois vraiment que je pourrai aller faire une bouffe avec un de ces connards ? J'suis tout seul.
— Oh… Tu es où ?
— J'ai pas le droit d'aller manger tout seul dans un resto ?
— Bah… Tu le fais jamais…
— Ben là j'avais envie…
— Hm… Et tu veux pas me dire où tu manges ? C'est secret ? »
Elle l'entend soupirer. Elle sait qu'elle a gagné. Il ne peut jamais rien lui cacher.
« J'suis au bistro de samedi… Le Tora.
— Ah oui ? Le poulet Teriyaki qui a le goût de celui de Kagamin t'a séduit ?
— Hmpf… Bah le bœuf est aussi bon… Bon tu m'laisses finir que je puisse voler au secours de ton mec ?
— Bien-sûr ! Merci Dai-chan !
— Mouais… À c'soir.
— À ce soir. »
Elle raccroche en souriant. Ça fait longtemps que Daiki ne s'est pas pris d'intérêt pour quelque chose. S'il se met à traîner dans ce genre d'endroit il va peut-être de nouveau s'ouvrir à d'autres et rencontrer du monde. Enfin elle l'espère en tout cas. Elle envoie un message à Tatsuya et retourne à son bureau.
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KAGAMI
« Kagami-san ?
— Je suis là. »
Yuu le rejoint à l'extérieur où il fume une cigarette. Le jeune homme lui offre un grand sourire. Le service du midi se termine et ils vont bientôt pouvoir manger.
« Tu as les félicitations d'un client pour ton bœuf Teriyaki. Et il demande s'il y a un plat à la sauce Teriyaki tous les jours.
— Ouais… Y'en a tous les jours. Tu peux lui dire que demain c'est saumon.
— Il va être content. Apparemment, il adore ta sauce Teriyaki. »
Il a un sourire mélancolique. Comme Daiki.
« J'crois qu'il va venir souvent !
— Tant mieux pour les affaires.
— Clairement. »
Yuu disparaît pour terminer le service. Il termine sa cigarette, pensif. Les affaires vont même très bien. C'est une bonne nouvelle. Il passe une main sur sa nuque.
Est-ce que tu serais fier de moi Daiki ? Je me demande toujours si tu as suivi un peu ma carrière. Faudra que tu m'expliques pourquoi tu m'as pas rejoint. Tout ce temps je t'ai attendu… Je t'ai cherché Daiki. Je voulais qu'on leur prouve à tous que les Japonais valent quelque chose en NBA, à nos parents qu'on avait pas besoin d'eux et de leur accord pour réussir. J'imagine que quelque chose t'a empêché de me rejoindre. Peut-être que tu as rencontré quelqu'un d'autre… Je te connais. Tu aimes si fort que tu préférerais choisir la personne que t'aime au basket. T'es comme ça. Entier. Tu te donnes corps et âme à ceux que t'aime. C'est ce qui me fascinait chez toi. Et même si te donner autant te valait aussi quelques déboires et beaucoup de fragilités. Je t'ai toujours admiré Daiki.
Il écrase sa cigarette en soupirant.
Comme d'habitude, faut que je te parle dans ma tête même si t'es pas là… Je suis pas doué pour écrire, pour parler… Mais j't'ai accordé tellement de monologue pendant toutes ces années. Combien de fois je t'ai demandé de m'aider à avancer ? Tous ces matchs où tu m'as manqué… Tu te souviens Daiki comme je suis nerveux avant un match ? Vous vous moquiez tous de mes insomnies… Ben tu sais ça n'a pas changé. Je suis toujours super nerveux. Et depuis un mois, le stress pour ce restaurant… Je te laisse imaginer comme j'ai du mal à dormir. J'ai peur de t'appeler tu sais ? Peur de… De pas avoir ma place auprès de toi. J'aimerais juste pouvoir partager une bière avec toi, évoquer le bon vieux temps, faire un basket et te montrer à quel point j'ai progressé. Discuter. Rire… T'embrasser ? Te serrer dans mes bras… J'en rêve, mais je me contenterai de ce que tu pourras me donner. Et si t'as un mec… J'espère qu'il mesure sa chance bordel.
Il se relève. La journée n'est pas terminée. Il faut préparer le service du soir, laver, nettoyer et préparer les plats. Yuu est déjà au travail.
« Yuu ! Fais une pause !
— J'ai presque fini.
— Je m'en occupe. Aller file !
— Merci Kagami-san. À tout à l'heure.
— À tout à l'heure. »
