Ce matin, nous avons un cours de sciences, et je dois dire que ce n'est pas la matière que je préfère, mais par moments, certains cours sont très intéressants. Surtout quand cela traite du corps humain. Quand le professeur traite le sujet du cœur, je prête une très grande attention à ce qu'il dit.

Je suis en avance, comme d'habitude. Je déteste être en retard, donc j'essaie de venir entre dix et quinze minutes en avance avant le début des cours. Le professeur arrive enfin, après quelques minutes. Il semble bien plus fatigué que la plupart d'entre nous. Toutefois, le cours débute rapidement, et il semblerait qu'il va nous parler des plantes, aujourd'hui. Je ne porte pas un grand intérêt à ces dernières, mais ce n'est pas grave.

Je prends tout de même quelques notes dans mon cahier. Quand il dessine une plante au tableau, j'essaie de faire de même, mais le résultat est plus que médiocre. Je ne serais jamais une bonne dessinatrice. Quand je commence à m'ennuyer en cours, je dessine. Cela m'aide à m'occuper quand je ne sais vraiment pas quoi faire. Mais je ne sais pas faire quelque chose de correct crayon en main. Mais au moins, cela m'aide à me concentrer, et comme ça, j'arrive à suivre le cours.

Dehors, il commence à pleuvoir, alors que j'avais prévu d'aller en ville avec Saki. S'il continue à pleuvoir, notre après-midi tombe à l'eau. Cependant, passer du temps avec ma meilleure amie est toujours une chose positive. Le temps passe, et ce cours cesse enfin.

Le professeur de sciences laisse la place au professeur d'Anglais. Du moins, ce doit être notre professeur d'Anglais, puisqu'elle s'exprime en Anglais. J'adore cette langue, car elle me permet de comprendre quelques uns de mes films préférés sans devoir mettre les sous-titres. Mais mon niveau en oral est minable, alors que j'arrive parfaitement à comprendre l'Anglais quand je le lis, mais mon accent est horrible.

Aujourd'hui, nous allons étudier du vocabulaire. Super, comme ça je n'ai pas besoin de parler, c'est une très bonne chose. J'écris chaque nouveau mot avec sa traduction en Japonais juste à côté. J'en connais quelques uns, mais je les écris quand même. La liste contient approximativement 25 mots, c'est vraiment pas grand-chose.

Quand le professeur nous demande de travailler en groupe, tout le monde bouge pour constituer des groupes. Même ma voisine. Je regarde tout autour de moi, et je remarque qu'une fille est encore seule. Une fille avec des cheveux violet foncé, et malheureusement des brûlures sur le côté droit de son corps. Elle sera ma partenaire du jour car nous devons travailler en groupe.

Je me dirige vers son bureau, lentement. Son attitude parle pour elle, elle est très timide. Je vais devoir être très gentille avec elle. Elle tremble dès qu'elle me voit arriver. Bon, Kaori, va falloir que tu la prennes avec des pincettes.

« Salut, je crois qu'on va devoir travailler ensemble. » Lui dis-je, avec le ton le plus amical possible.

« On doit... on doit vraiment? » Elle a l'air complètement perdue.

Je vais devoir prendre mon temps avec elle. J'ai l'impression que le moindre mot peut avoir de graves répercussions avec elle. Ce boulot est simple, mais le fait de travailler avec cette dernière l'est beaucoup moins. Les deux premières questions sont les plus simples, et y répondre ne prendrait que deux ou trois minutes. Je commence donc à travailler, et elle prend exemple sur moi. J'essaie d'être la plus calme possible pour tenter de l'apaiser. Mais quand elle arrive à la quatrième question, elle me pose une question.

« Comment... Est-ce que tu écris ça... En Anglais? »

Elle ne connait pas la traduction Anglaise du mot « Hanabi ». Je ne peux pas la juger, il y a beaucoup de personnes qui ont du mal à apprendre les langues étrangères.

« Des feux d'artifices. Ce sont des feux d'artifices. » Lui répondis-je.

Je lui écris la traduction en Anglais, et elle la note dans un petit calepin, en souriant. Après cela, elle rebascule dans le silence le plus total. Mais nous continuons notre travail. Et nous arrivons à finir à l'heure. Cependant, juste après la fin du cours, elle disparaît, je ne peux pas lui en vouloir.

Saki doit m'attendre dans le hall, comme à son habitude. La plupart des étudiants se dirigent vers la cafétéria, mais aujourd'hui, je ne suivrais pas le troupeau. Toutefois, il n'y a personne dans le hall. Il semblerait donc que je sois seule, mais ce n'est pas un problème, je peux être très patiente. Soudainement, quelqu'un me pince les côtes, doucement, mais suffisamment pour me surprendre. Quand j'essaie de savoir qui a fait ça, le coupable me prend dans ses bras. Cela ne peut être que Saki, il n'y a qu'elle dans mon entourage qui puisse être aussi espiègle par moments.

« T'es prête pour une merveilleuse après-midi? » Me demande-t-elle. Elle doit sûrement blaguer, étant donné qu'il pleut des rabasses dehors.

« Évidemment. Tu seras mon parapluie, n'est-ce pas? » Elle sait que je plaisante. Par moments, elle me charrie à propos de ma taille, donc je ne fais que lui rendre la monnaie de sa pièce. Dehors, nous marchons aussi vite que nous le pouvons, pour ne pas être trempées. Mais si nous voulons aller au Shanghai, il va falloir marcher pendant un bout de temps.

...

Après un long moment, nous arrivons finalement au restaurant. Nous sommes trempées comme des soupes, et surtout, on a faim. Saki trouve une table libre, et nous prenons place à cette dernière. Je sais déjà ce que je veux manger, une soupe miso avec des nouilles, et Saki choisit également ce qu'elle veut manger. Puis, elle prend la commande pour nous deux. Quelques minutes plus tard, notre déjeuner est prêt. Je reconnais Yuuko grâce à sa voix, et évidemment, je la remercie pour nous servir aussi rapidement.

Quand je mange des ramen, je mange très vite, comme si j'avais peur que tout ceci disparaisse mystérieusement. Parfois, j'essaie de manger plus lentement, mais je n'y arrive pas. Ceci dit, ce plat est délicieux, si j'aime ce que je mange, je mange très rapidement, c'est une mauvaise habitude que j'ai gardé.

Mais soudainement, une question me vient à l'esprit.

« Dis, Saki, j'ai bossé avec une fille ce matin. Une fille timide, avec des brûlures sur le côté droit de son corps. Ceci dit, elle était mignonne. Tu ne saurais pas qui c'est, par hasard? »

Elle réfléchit un court instant, avant de me donner la réponse.

« Oh, tu dois parler d'Hanako. Ouais, elle est extrêmement timide, il faut vraiment être délicat avec elle.. » Me répond-elle.

« Est-ce qu'elle a des amies? » Cette question me paraît tout de même la plus appropriée.

« Lilly est sa meilleure amie. Elle l'aide énormément. » J'essaie de me souvenir qui porte ce prénom, mais rien ne me vient en tête. Saki s'en rend compte, et m'envoie sur la bonne piste.

« C'est une grande et belle fille, aveugle et avec des cheveux blonds. » Me dit-elle avec un grand sourire.

« Putain, c'est vrai. J'ai essayé de me souvenir de son prénom, mais je n'y arrivais pas. Je l'ai rencontré il y a quelques jours, elle était vraiment gentille. » Elle se met à glousser en m'entendant parler. Saki sait parfaitement que je ne suis pas innocente quand je parle de la sorte.

Je termine mon assiette rapidement. Cet endroit est l'un de mes restaurants favoris. Je n'ai jamais été déçu de la nourriture ici, contrairement à l'école. Saki mange de toute manière plus lentement que moi, mais ce n'est pas grave, je suis toujours patiente avec elle. Quand Yuuko nous demande si nous voulons un dessert, nous déclinons son offre, avant de partir après avoir payé la note et l'avoir salué au passage.

Heureusement, il ne pleut plus, c'est déjà ça. Il ne fait pas vraiment beau, mais au moins, nous allons rester sèches. Il y a des flaques partout, et cela me fait sourire. Je me rappelle de beaucoup de choses grâce à ces flaques.

« Tu vois cette grosse flaque? J'avais l'habitude de sauter dans ce genre de flaques avec mon père quand j'étais petite. Maman détestait ça, mais c'était très drôle. Quand j'étais môme, il passait beaucoup de temps avec moi, on jouait toujours aussi simplement. Mais maintenant... »

« Il n'a plus le temps de le faire, n'est-ce pas? » Me répond Saki, intéressée par ce genre d'explications sur mon passé.

« Plus maintenant. Mais... Je dois dire que ça me manque. » Elle me donne une petite tape d'empathie sur le bras, et nous continuons à marcher. Mais soudainement, une idée me vient en tête. Je la prend par le bras, sans rien lui dire, et je l'emmène dans une petite bijouterie. J'ai envie de lui acheter quelque chose, et quelque chose pour moi aussi.

En quelques minutes, je repère ce dont j'ai envie. Ce sont deux petits colliers. Ce n'est pas grand chose, mais c'est vraiment adorable, il y a une moitié de cœur sur chacun d'eux. Je les achètent sans même me poser de questions. Je sais d'avance que cela rendrait Saki heureuse, et, effectivement, quand elle voit ce que je viens d'acheter, elle est plus qu'heureuse. Puisqu'elle me prend dans ses bras comme jamais elle ne l'a fait auparavant, ce qui sous-entend que ça compte beaucoup à ses yeux.

Comme elle est ma meilleure amie, rien n'est trop beau pour la rendre heureuse. Ceci dit, cela lui va très bien. Et elle veut aller dans la petite librairie à côté de la bijouterie. On dirait qu'elle a repéré un livre il y a de cela quelques jours, pourquoi pas?

A l'intérieur, il y a énormément de livres, bien plus que je ne l'aurais imaginé. La boutique semble petite de l'extérieur, mais à l'intérieur, elle est immense. Saki me quitte un instant, pour aller chercher le livre en question. Je ne sais pas du tout ce qu'elle fait, mais elle veut être seule pour le faire. En à peine quelques minutes, je trouve un nombre assez important de livres très intéressants.

Toutefois, alors que je lis un résumé, elle me pince les côtes, de manière totalement innocente. Nous quittons donc la boutique, et une fois dehors, elle m'offre un gros livre.

« Je sais que tu adores ce genre de bouquins, donc j'étais obligée de te l'acheter. » Me dis Saki, avec un grand sourire.

C'est un livre qui traite de la mythologie Japonaise. Et un très gros d'ailleurs. En plus, il vient d'un auteur que j'admire beaucoup, donc c'est un merveilleux cadeau à mes yeux.

« Merci... Ça signifie beaucoup pour moi, tu sais. » Lui dis-je, en l'enlaçant fortement.

Durant le trajet du retour, nous ne disons pas un mot. Parfois, il est tout bonnement inutile de parler, puisque nous pouvons parfois communiquer et nous comprendre sans rien dire. Saki sait que je l'aime énormément, et je sais qu'elle m'aime tout autant. Elle sera toujours là pour moi, comme je serais toujours là pour elle. C'est avant tout le rôle d'un meilleur ami. J'étais vraiment chanceuse de la rencontrer.

Une fois devant le dortoir, nous nous séparons, mais pas pour longtemps. De toute façon, nous ne nous séparons jamais longtemps.