Auteur: Kuro-Hagi – 08/08/2020
Genre: Amitié - Romance – Yaoi - Hurt/Comfort
Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.
Notes : Merci pour vos reviews et vos réactions ! J'aime beaucoup vos propositions !
Stella : Merci pour ta review :) Mais Daiki ne veut pas s'attacher alors même s'il trouve Yuu… Il le repousse forcément !
Remember When
8août
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AOMINE
Des bruits dans la pièce à côté le ramènent doucement vers la conscience. Une douce odeur chatouille ses narines. Ça faisait longtemps qu'on ne lui avait pas préparé des œufs bacons au petit déjeuner. Il sourit. Il espère qu'il n'a pas oublié le café. Il se sent bien là, le corps chaud blottit contre lui. Il se retourne pour le prendre dans ses bras et enfouit son nez dans son cou. L'odeur est différente et puis ce corps est trop fin et… Il ne peut pas être dans ce lit et dans la cuisine.
Il ouvre les yeux alors que celui qu'il tient entre ses bras presse ses lèvres dans son cou.
« Bonjour… »
Son corps s'affole dans sa poitrine soudain. Il se recule un peu nerveux. Fuck. Il devrait être parti depuis longtemps. Les mains de son compagnon de nuit se glissent sur ses flancs.
« Tu as passé une bonne nuit ?
— Hm… Ouais… »
Il sourit un peu et se retrouve soudain avec une bouche qui dévore la sienne et une main qui se glisse jusqu'à son sexe… Foutue érection matinale. L'autre mordille doucement sa lèvre et rit doucement.
« J'aime les hommes en forme dès le matin. »
C'est quoi son nom déjà ? Il n'a même pas la gueule de bois. Comment a-t-il pu se retrouver dans ce merdier ? Et qui fait la putain de cuisine à côté ?
Il est incapable de se dégager. Ou peut-être simplement qu'il n'en a pas envie. Les lèvres dans son cou lui filent des frissons et la main sur sa queue le fait gémir.
« Hm… Daiki… J'ai envie de te prendre… Tu ne travailles pas aujourd'hui hm ? Tu as tout ton temps… »
Non. Barre-toi ! Tu peux pas rester dans l'intimité de quelqu'un comme ça. Tu connais même pas son nom. Dégage !
« Ouais… J'ai tout mon temps. »
Il est faible face à ce mec qui tient sa queue entre ses mains. Il est beau gosse. Il sent bon. Et il a pris son pied hier soir, plusieurs fois. Mais comment il s'appelle ? Et pourquoi soudain il a envie de connaître son nom ? Parce qu'il se réveille dans ses bras ? Parce qu'il n'a pas assez l a gueule de bois ? Ou parce qu'il se reconnaît dans ce regard triste ?
Il se souvient maintenant. Le gars qui fait la cuisine. Son coloc. Il n'était définitivement pas assez bourré hier. Il avait même discuté et écouté. Tout ça parce qu'il avait précipité les choses à cause de ce Yuu. Ah ouais… Ce prénom par contre il l'a pas oublié. Il avait même parlé, certes vaguement, mais il lui avait parlé de ce mec qu'il n'arrive pas à oublier depuis dix ans alors qu'il est sur ce putain de continent de l'autre côté du Pacifique.
Il lui masse toujours la queue et lui arrache des gémissements. Il caresse doucement son dos et il se décide à se montrer plus actif. Il se sent proche de ce gars finalement. Dans le même bateau et il a envie de lui donner ce réconfort dont il a besoin… Dont ils ont besoin.
Il répond à son baiser et écarte les cuisses à sa demande. Il sépare leurs lèvres et le regarde.
« Hey… C'est quoi ton nom déjà ? »
Il rit. Un rire un peu triste mais agréable à entendre. Ses doigts commencent à masser son intimité quand il répond doucement.
« Je m'appelle Tooru. »
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KAGAMI
La tête de Yuu fatigué fait son apparition.
« Bonjour Kagami-san.
— Yuu… Petite nuit ?
— Ouais. J'peux me faire un café ?
— Hm… T'as pas dormi chez toi hein ?
— Nop. »
Yuu lui adresse un regard pétillant de malice.
« J'ai passé la nuit avec un charmant jeune homme. Oh ! D'ailleurs… Le gars qui jure que par la sauce Teriyaki ! Je savais que j'avais déjà vu sa tête ! Il traîne dans le même bar que moi. Il est super hot. Mais il a pas voulu passer la nuit avec moi… Parce que je travaille ici. »
Il rit doucement.
« Ouais… ça se défend ! Surtout s'il a envie de venir manger ici tous les jours…
— Que si y'a un Teriyaki au menu.
— Y'en a tous les jours. »
Yuu sirote son café et sourit en le regardant préparer les plats.
« Et pourquoi ? Toi aussi tu aimes la sauce Teriyaki ?
— J'aime bien ouais…
— Mais ?
— Mon ex. Il adorait ça. »
Il voit la mâchoire de Yuu se décrocher.
« Tu es gay ?
— Ouais.
— Oh… Oh ! »
L'étudiant affiche alors un grand sourire charmeur. Ça le fait rire. Il secoue la tête.
« Non, non. Va plutôt draguer les clients.
— T'es pas drôle ! T'es tout à fait mon genre… Beau gosse, grand, musclé… »
Il rit et se remet à sa tâche.
« T'en trouveras d'autre.
— Hm… Ouais… J'espère que Teriyaki-san sera là… Lui aussi il est beau, grand et musclé…
— Ouais ouais. En attendant t'as du taf je te rappelle. Et t'es pas en avance. »
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MOMOI
Elle relève la tête en entendant la porte d'entrée s'ouvrir. Elle voit bientôt Daiki faire son apparition.
« Bonjour Dai-chan. »
Elle le scrute. Comme toujours inquiète de savoir dans quel état il rentre de ses soirées. En fait, c'est rare qu'il arrive si tard. D'habitude, il rentre tôt le matin, voir en plein milieu de la nuit. Il est presque midi et il a… bonne mine.
« 'Lut Satsu. »
Il baîlle.
« J'vais m'changer et j'vais manger au Tora. Tu veux venir avec moi ? »
Elle en reste un peu sous le choc. Elle réfléchit rapidement. On est en plein mois d'août. Mois de la déprime pour Daiki. Ce n'est pas son anniversaire. Il va pleuvoir ? Il disparaît dans sa chambre et revient rapidement dans une tenue propre.
« Tu prends pas une douche ?
— Déjà prise.
— T'étais où ?
— Chez un mec que j'ai rencontré hier.
— Dai…
— Il s'appelle Tooru. Et oui… Je le revois ce soir… Mais t'emballe pas. Il kiffe son meilleur pote et coloc. On se console quoi.
— Oui bien-sûr… »
Elle sourit. Ça commence comme ça et puis finalement ça peut finir en une belle histoire d'amour.
« Alors ? Tu viens ou pas ?
— Ah oui bien-sûr ! »
Elle ne va pas rater une si belle occasion d'obtenir des infos. C'est la première fois depuis le départ de Taiga que Daiki semble s'intéresser à quelqu'un. Elle enfile rapidement ses chaussures et ils sortent dans la chaleur.
« Ah… Il est climatisé le resto hein ?
— Ouais t'inquiète.
— Et pourquoi tu m'invites ?
— Parce que… J'suis un mec sympa ?
— Tu m'invites jamais !
— Parce que… J'ai pas la gueule de bois pour une fois… »
Elle rigole.
« Oui bien-sûr… Je te l'accorde. T'es exceptionnellement frais pour un samedi matin. Pourquoi tu m'invites ?
— Parce que… Le serveur… Je l'ai croisé hier soir au bar et il a commencé à me draguer. »
Daiki se renfrogne comme elle se met à rire. Elle s'accroche à son bras et plante un baiser sur sa joue.
« Tu dois vraiment aimer ce resto pour préférer m'inviter que de ne plus y mettre les pieds.
— Le Teriyaki est à tomber !
— Hm… Et comment tu sais qu'il va y en avoir ce midi ?
— Y'en a tous les jours.
— Oh… Surprenant. »
Peut-être que Daiki avance enfin. Il y a quelque temps il n'aurait jamais remis les pieds dans un restaurant qui lui rappelle Taiga. Elle l'observe discrètement. Il a l'air toujours mélancolique, mais l'angoisse qui lui tord les tripes habituellement le week-end quand elle le regarde lui laisse un peu de répit aujourd'hui.
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KAGAMI
Il sort dans la fournaise pour fumer sa cigarette. Il a posé le tablier. Prochain service dans deux heures. Il fait une pause. Il se sent épuisé, la courte nuit se fait durement sentir. Il boit quelques gorgées de sa bière. Il est seul. Comme chaque jour, Yuu quitte à quinze heures après avoir encaissé les derniers clients, pour revenir pour l'ouverture à dix-neuf heures.
Il joue avec son téléphone et parcourt la liste des derniers appels passés. Tatsuya est en tête de liste. Il boit sa bière et fume sa clope en fixant le nom de son ami et finalement il fait glisser son pouce sur la droite et rappelle le numéro. Il le porte à son oreille le cœur battant et la main tremblante. Son pouls résonne si fort dans ses oreilles qu'il a l'impression d'entendre à peine les sonneries se succéder. Et finalement, une voix d'homme lui répond. Familière et à la fois différente. Il ne l'aurait probablement pas reconnue, s'il ne s'était pas attendu à l'entendre.
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HIMURO
« Allo ? »
Quand il va dire à Satsuki que le gars a rappelé elle va être dégoûtée d'avoir passé l'après-midi avec Daiki. Il a le sourire aux lèvres à l'idée de lui raconter mais…
« Allo ? Y'a quelqu'un ?
— Hi… Tatsuya ?
— C'est moi. Et vous êtes ?
— … It's... Taiga... »
Son cœur rate un battement. Il se redresse dans son siège. Il oublie Satsuki. Son sourire se fane. C'est vraiment Taiga ?
« Taiga… Really ?
— Yes… Can… Can we talk ?
— Yes… Yes of course… Do you want we meet ? Wait… Tu es aux US ? »
Cette voix évidemment que Satsuki a cru la reconnaître. Il en reste un peu sous le choc. Il essaie de rassembler ses idées, il sent Taiga sur la défensive. Fuck… Ils ne se sont pas parlés depuis dix ans et connaissant le garçon ça n'a rien d'étonnant de le sentir nerveux et timide.
« Non. A Tokyo… Euh… Je… Je travaille dans deux heures. Et j'ai des trucs à préparer mais…
— Ok. Ok. On peut juste… Discuter un peu au téléphone. »
C'est idiot. Mais il a terriblement peur qu'il raccroche sans avoir eu le temps de lui parler, de comprendre. Il n'est pas en colère, il n'est pas triste. Il se sent… Rien du tout en fait. Mais juste il ne veut pas perdre l'opportunité de lui parler. Il pense à Daiki qui a mis sa vie en pause depuis dix ans. Il pense à Satsuki qui a peur chaque jour pour son meilleur ami. Comme avec un chat craintif, il a peur de le voir fuir. Alors il essaie d'y aller doucement. Il faut qu'il parle, parce que Taiga ne le fera pas en premier. Ça a toujours été comme ça, sauf avec Daiki.
« Ouais… ça me va.
— Tu es à Tokyo depuis longtemps ?
— Un mois et demi.
— Ok. Tu es là temporairement ?
— Non. Je vais rester.
— Comment tu vas Taiga ?
— ça va. Et toi ?
— Je vais bien. Tu as essayé d'appeler l'autre jour… Je suis désolé j'avais oublié mon téléphone chez Satsuki.
— Momoi ?
— Exact.
— … Je savais que tu en pinçais pour elle.
— Ouais.
— C'est bien.
— Et toi… Tu as quelqu'un ?
— Non. »
Il se mord la lèvre. Ça va pas être possible comme ça. Le téléphone ça marche pas.
« Taiga… J'aimerais vraiment te voir pour discuter…
— Ok… Demain ? Je t'envoie une adresse… Vers seize heures ?
— Ok.
— Momoi… Elle voit toujours Daiki ?
— Oui… Ils sont en coloc.
— S'il te plaît… Lui dites rien avant qu'on se voie.
— Tu me demandes pas de pas en parler à Satsuki ?
— Tu lui diras de toutes façons… Je te demande juste… D'attendre pour Daiki… S'il te plaît…
— OK. On lui dira rien. C'est promis.
— Thanks.
— De rien.
— À demain.
— À demain.
— Hey ! 'Lil bro…
— Yeah ?
— I missed you…
— Yeah… Me too… »
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KAGAMI
Il raccroche. Sa main tremble. Son coeur est affolé dans sa poitrine, il a chaud. Il regarde son téléphone un peu perdu et il retient des larmes d'émotion. Il l'a fait. Et il n'en revient pas. Et maintenant il a encore plus peur. Que va dire Tatsuya quand il le verra demain ? Est-ce qu'il va vraiment garder sa langue ? Il aimerait contacter lui-même Daiki, mais il veut savoir à quoi il doit s'attendre avant. Daiki… Il lui doit de l'appeler directement… Mais peut-être qu'il vaut mieux pas. Il ne sait pas. Mais Daiki se rapproche soudain et ça lui semble vertigineux. Sa poitrine lui fait mal. Il tire durement sur sa cigarette et en allume une autre alors qu'il descend le reste de sa bière cul sec.
Quand il se calme un peu, il pense à envoyer un message à Tatsuya avec les coordonnées d'un bar et lui rappeler l'horaire. Il fume sa cigarette et se détend un peu. Il se lève enfin et retourne en cuisine pour les préparatifs du prochain service en espérant se vider la tête.
