Auteur: Kuro-Hagi – 20/08/2020

Genre: Amitié - Romance – Yaoi - Hurt/Comfort

Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.

Notes : Merci pour vos reviews et votre soutien ! Bon… je ne vais pas poster deux chapitres aujourd'hui ;)

Stella : Bisou ? Ou pas ? That is the question ;) Merci pour la review !


Remember When

20 août

.

AOMINE

Tu peux venir manger demain… Chez moi… J'habite au-dessus.

Il a accepté évidemment. Même si sur le moment… Il a totalement flippé. Et après quelques secondes de silence, son courage a parlé pour lui et accepté l'invitation.

Aller chez Taiga c'est un peu intimidant. C'est entrer dans son intimité et forcément oser quitter la neutralité relative apportée par le restaurant. D'un autre côté, aujourd'hui c'est jeudi. Ça veut dire que Taiga aura tout son temps en théorie. Ils pourront discuter tout l'après-midi, peut-être qu'ils ont besoin de ça, pour oser s'ouvrir un peu plus. Il a l'impression ces derniers temps de stagner avec Taiga. Même si évidemment, la présence d'Atsushi et Ryota ne les a pas aidés non plus les jours précédents. Mais malgré ça, il a la sensation qu'il reste des barrières, des réserves qu'ils n'arrivent pas à franchir.

Il ne blâme pas Taiga. Il sait qu'il a aussi beaucoup freiné, à chaque fois cette peur de s'engager de nouveau le fait reculer. Peut-être qu'il arrivera à être plus honnête dans l'intimité de l'appartement de Taiga. Après tout, les premières discussions vraiment profondes qu'il a eu avec lui il y a dix ans, c'était quand il se sentait tellement à l'aise chez lui qu'il avait simplement baissé sa garde et déballé ce qu'il avait sur le cœur. Bon ok, avec l'aide de pas mal d'alcool aussi pour être tout à fait honnête.

Il a peur d'évoquer leur passé. Ces deux mois où ils étaient amants et plus seulement amis. Ils n'ont fait que des vagues allusions à cette période et à chaque fois il avait battu en retraite comme un pleutre.

Il se sent complètement déchiré entre ses angoisses et ses désirs. Il veut Taiga. Quand il est seul avec lui-même il ose se l'avouer avec beaucoup de désespoir. Il a envie de retrouver ce bonheur qui a été si intense et beaucoup trop court.

Il est devant le Tora et se remémore les indications de Taiga. La ruelle sur la droite pour contourner le bâtiment puis la première à gauche pour arriver à l'arrière de l'immeuble. Il repère effectivement la porte du restaurant où il a surpris Taiga en train de fumer. Et juste derrière comme indiqué par son ex un escalier métallique pour rejoindre l'étage. Il hésite quelques secondes et finalement il grimpe doucement les marches, un peu nerveux.

.
KAGAMI

Quelques coups frappés à la porte le font sursauter. Il est nerveux. Il n'a encore une fois pas dormi de la nuit ou très peu. Nerveux parce qu'il a regardé la recette du fraisier et c'est pas simple comme recette, mais il a horreur d'abandonner un défi alors hors de question de renoncer. Et nerveux parce que c'est la première fois qu'il voit Daiki en dehors de son restaurant. Et mieux que ça chez lui, carrément.

Il va ouvrir. Au moins, le repas est prêt. Cette fois, il a pas fait un teriyaki. Daiki en mange déjà tous les jours. Il a choisi de lui préparer un truc qu'il aime. Enfin qu'il aimait il y a dix ans. Mais visiblement ses goûts n'ont pas tellement changé.

« Salut.

— Salut. »

Daiki a l'air un peu gêné. C'est juste super étrange de le retrouver là sur le pas de sa porte.

La dernière fois qu'il lui a ouvert la porte comme ça, lui revient comme un souvenir super clair en tête. Ça faisait boum-boum dans son cœur, il y avait mille papillons dans son ventre et un putain de sourire immense sur ses lèvres. Daiki, avait aussi accroché aux lèvres un immense sourire. Il s'était avancé vers lui pour agripper son sweat et l'embrasser à pleine bouche passionnément et il avait répondu avec le même désir. Il était juste tellement heureux de le voir… Alors qu'ils s'étaient quitté le matin même. Mais voir son petit ami était toujours une fête.

Mais aujourd'hui non. Il y a tout ce bonheur et cette passion. Il n'y a que deux mecs nerveux et un peu embarrassés.

Il se recule pour le laisser entrer.

« Fais comme chez toi. J'ai fait des makis… Tu veux boire quoi avec ?

— Des makis ? Carrément ?

— J'me disais que ça te changerait du Teriyaki et je peux pas en mettre à la carte.

— Ah bon ?! Pourquoi ?

— Trop cher. J'veux que mon resto reste un bistro abordable. Les makis entre la matière première et le temps de préparation… C'est beaucoup plus cher.

— Ah d'accord… Ben cool j'adore les makis ! »

Il sourit en regardant Daiki qui observe la pièce et souffle.

« Ouais… Je sais… »

Daiki lui jette un œil rapidement. Il a entendu, mais il ne relève pas.

« Ben une bière ou du vin blanc… C'est sympa chez toi… J'aime bien.

— Merci. »

C'est idiot, mais que Daiki trouve son appartement agréable lui fait plaisir. Daiki s'était toujours senti bien chez lui. En tout cas, c'était ce qu'il prétendait. Alors oui, il a envie que son ami se sente bien dans son nouveau chez lui aussi, qu'il ait envie de revenir. Il sort une bouteille de vin et les makis du frigo et les pose sur la table basse.

Daiki le rejoint après avoir fait un peu le tour de la pièce.

« C'est marrant… C'est pas comme ton ancien appart.

— Parce que avant c'était chez mon père… Ici c'est chez moi… Et j'aime le côté épuré et simple des logements japonais traditionnels.

— Ouais j'aime bien aussi. C'est cool. »

Le brun pose les yeux sur les makis et s'illumine.

« 'Tain… Tu sais depuis combien de temps j'ai pas bouffé des makis ?

— Non. Ça fait si longtemps que ça ?

— Au moins deux ans. T'as raison ça coûte cher… les derniers que j'ai mangés sont ceux de la mère de Tatsuya. Elle en avait donné à Satsuki pour qu'elle les ramène à l'appart… et avant ça… j'm'en souviens pas… C'était p'tet bien les tiens. »

Il conclut en prenant ses baguettes, salue solennellement ce bon repas et attaque les makis.

« Oh fuck… C'est trop bon. En plus j'avais trop faim.

— Merci. »

Il rit doucement soulagé de voir que Daiki apprécie son choix de menu. Il ouvre la bouteille de vin et les serre avant de commencer à manger lui aussi. C'est vrai qu'il ne fait pas des makis tous les jours non plus. Ils mangent un peu en silence et quand Daiki est un peu rassasié, il demande sans lever les yeux sur lui.

« T'as l'air crevé Taiga. Mal dormi ?

— Ouais… Un peu stressé. Et levé tôt. Un fraisier c'est du taf… J'espère que je me suis pas foiré… J'aurai pas le temps d'en faire un autre pour demain.

— Oh… Vraiment ? Tu aurais pu partir direct sur la tarte aux fraises.

— Bah ça claque plus un fraisier.

— Ouais mais bon…

— C'est mon pote… Enfin… C'était… Enfin bref… T'as compris, ça m'fait plaisir de faire ça pour lui. »

Daiki le regarde silencieusement et souffle.

« C'est toujours ton pote Taiga… Pendant tout ce temps… Lui et Tetsu ils ont jamais arrêté d'essayer de te contacter. Même Satsu…

— Vraiment ? »

Il soupire et se masse la nuque.

« J'voulais pas dire que… Je sais pas en fait… Je sais plus. Dix ans c'est long… J'ai l'impression de le connaître… Et en même temps… Pas vraiment. C'est comme nous… »

Il croise le regard de Daiki quelques instants et finalement demande.

« On est quoi ? »

Daiki soutient son regard. Il le voit réfléchir, puis baisser le regard et boire quelques gorgées de vin avant de répondre.

« Amis… Je suppose… En tout cas, on l'a toujours été quelque part… Tu étais le meilleur, même à une époque. »

Amis… Son cœur se serre un peu.

T'es pas juste mon meilleur ami Dai… T'es l'homme que j'aime. Et je pourrai jamais changer ça.

Il aimerait dire ça. Mais il hoche doucement la tête et sourit tristement avant de se venger sur quelques makis.

« Ouais. On était inséparable.

— Tetsu était jaloux…

— Euh… Au bout d'un moment il l'était plus !

— C'est vrai… Apparemment il est pas trop porté sur le sexe entre mecs. »

.
AOMINE

Il rigole.

Ce serait le moment non ? De poursuivre et parler de leur relation… De ce qu'ils étaient. Plus que des amis… Même si, il a toujours considéré Taiga comme son ami, il était aussi bien plus que ça. Mais il sent qu'il a été maladroit et il est toujours aussi lâche… Et avant qu'il se décide Taiga change de sujet alors, encore une fois il laisse couler. Lâche.

« J'ai quelques trucs à finir pour le fraisier. Tu peux te poser devant la télé si tu veux… J'ai une console. »

Le fraisier c'est vrai… Il hésite et puis finalement sourit. Lâche.

« Ouais la télé c'est bien. J'me suis levé tôt alors j'vais sûrement faire une petite sieste si ça t'embête pas.

— Pas de problème. Fais comme chez toi.

— Merci. »

Il se lève et rejoint le canapé. Il allume la télévision et d'un œil il regarde Taiga s'agiter en cuisine et finir ses préparatifs. Observer Taiga cuisiner l'a toujours un peu fasciné. Il ne voit pas vraiment la télé et s'endort rapidement dans le canapé.

Quand il se réveille, il réalise qu'il a dormi presque deux heures. Taiga est assis par terre devant le canapé et joue à la console.

« Hm… Tu pouvais m'pousser… Désolé… J'étais claqué j'crois.

— Pas de soucis. Tu veux un café pour accompagner ta part de fraisier ?

— Tu as fini ?

— Ouais… J'crois. Tu vas me dire si j'ai bon ! »

.
KAGAMI

Il n'est pas vraiment fan des plats sucrés alors même s'il a goûté, il n'a pas vraiment su juger. Il regarde Daiki, curieux de savoir ce qu'il en pense. Et un peu inquiet aussi… Parce que ça demande beaucoup de préparation et il n'aura vraiment pas le courage de réessayer. Esthétiquement, il ne s'est pas foiré ça il en est sûr, par contre gustativement il attend le verdict un peu nerveusement.

« Allez Dai ! Arrête de me faire languir… ça va ou pas ?

— Si ça va ? Tu rigoles ou quoi ?

— Quoi ? »

Il commence un peu à paniquer.

« Ça va ? Non ça va pas… C'est DÉLICIEUX ! Bordel ! J'veux ça pour mon anniversaire. »

Oh putain le con ! Il lui donne un coup de poing dans l'épaule.

« Baka ! Tu m'as fait flipper !

— Mais c'est toi avec ton 'ça va' ! J'te l'ai déjà dit pourtant ! Ta cuisine c'est jamais juste un 'ça va' c'est toujours super bon !

— T'es pas objectif.

— Ah non ! Tu peux pas me ressortir cet argument ! Je te rappelle que j'ai kiffé ton restaurant avant de savoir que c'était le tien ! Alors si ça c'est pas la preuve que ta cuisine est divine. »

Il se sent rougir jusqu'aux oreilles.

« OK ok… Peut-être…

— 'Tain… J'ai cru que tu rougissais plus comme ça… »

Daiki a un sourire un peu mélancolique et tendre quand il murmure ces mots.

« Comment ça ?

— Non rien… Bref. Ton fraisier est parfait Taiga.

— Hm… Ok. Merci Daiki. Et ok… J't'en fais un pour ton anniversaire aussi.

— Ah ! Mais j'plaisantais.

— Non. Je t'en ferais un. On a jamais fait notre tête-à-tête pour ton anniversaire… Alors on va se rattraper… »

Daiki le regarde silencieusement et semble considérer la question. Il reprend un peu de fraisier en hochant la tête.

« OK. »

.

AOMINE

Il regarde Taiga toujours assis par terre, alors qu'ils sont en train de mener une lutte acharnée sur jeu de baston. Il a perdu le compte des heures depuis qu'ils ont commencé à jouer. Finalement, il est resté tout l'après-midi et maintenant il fait nuit. Taiga l'a convaincu de manger « le reste » des makis. Il est plus de vingt-trois heures et il voit bien que Taiga n'en peut plus. Il a capté, c'était pas très subtil en même temps, que Taiga essaye de le retenir depuis la dégustation du fraisier.

Il a l'air épuisé. Il ne peut pas s'empêcher d'en être préoccupé. Il a envie de le prendre dans ses bras et l'obliger à dormir. Il se souvient qu'il avait déjà fait ça. Quand même après l'amour, Taiga restait nerveux, il l'obligeait à rester allonger en le serrant contre lui et il attendait qu'il s'endorme avant de rejoindre les bras de Morphée à son tour.

« T'es crevé Taiga… Depuis quand tu dors mal ? »

Taiga se tend à côté de lui, il le devine à sa façon de se crisper sur sa manette et à son immobilisme soudain.

« Hm… Depuis toujours ?

— T'as jamais été un gros dormeur… De là à dire que tu dormais mal…

— Ouais… Tout dépend des circonstances… Les périodes stressantes je dormais jamais bien… Et disons que ces dernières années, j'ai eu beaucoup plus de stress…

— Mais t'as jamais eu besoin de prendre des médocs ! »

Taiga soupire et se mordille la lèvre. Il boit une gorgée de whisky. Ils sont allés chercher une bouteille au restaurant dans l'après-midi, visiblement ça va devenir un rituel cette petite dégustation de whisky… Bien que là c'était plus qu'une dégustation.

« Ok… Ok… Depuis que mon père m'a renvoyé à L.A. Depuis qu'ils nous ont séparés… J'ai eu des problèmes de sommeil.

— Et depuis quand tu prends des somnifères ?

— Beaucoup trop longtemps… Mais c'est de la merde… J'suis bon à rien quand j'en prends. »

Daiki hoche doucement la tête. Des cachets de tout genre il en a pris aussi, alors il a une bonne idée de ce que ça peut faire.

« Ouais c'est de la merde tous ces trucs… »

Et il ajoute en souriant.

« Et un bon whisky c'est vachement plus efficace.

— Hm… Pour dormir ouais… Mais le réveil est pas tellement plus agréable. »

Il rit. Et peut-être bien qu'il a trop bu de whisky en fait, ils en sont à combien là ? Leur troisième verre ? Et c'est sans compter le vin qu'ils ont terminé et les bières qu'ils ont enchaînées tout à l'heure.

« Ouais c'est pas faux. Et le sexe t'as essayé ? Ça ça fout pas mal au crâne le lendemain matin.

— Ouais… C'est un peu plus efficace je te l'accorde.

— Bah voilà ! T'as la solution.

— Tu te proposes de coucher avec moi ?

— Hm… Et si c'était le cas ?

— Je répondrai qu'il y a une seule période de ma vie où j'ai réellement bien dormi… »

Taiga déglutit et le regarde dans les yeux de ce regard intense et plein de défi, sa voix est un peu plus basse, plus étranglée quand il souffle.

« … Quand je dormais avec toi… »

Cette réponse lui éclaircit d'un coup les idées, il sent l'adrénaline couler dans ses veines et l'angoisse lui monter à la gorge. Son cœur s'affole dans sa poitrine et il trop chaud d'un coup, l'air semble lui manquer.

« Quand on dormait ensemble ou quand on couchait ensemble ? »

Taiga rit et ça le surprend un peu, mais désamorce légèrement son anxiété.

« C'est quoi la différence ?

— Ben dormir… Y'a pas forcément de sexe. »

Il rit un peu plus franchement avec légèreté et le regarde.

« Dai… J'crois qu'on n'a pas dormi ensemble une seule fois sans sexe.

— C'est pas faux. »

Il se passe une main dans les cheveux et rit un peu lui aussi et lui adresse un regard amusé et inquisiteur.

« Ben… C'est p'tet l'occasion de faire une expérience. Est-ce que tu as besoin de sexe ou de dormir avec quelqu'un ?

— J'ai besoin de toi Daiki. »

Il repose son verre. Il a besoin de réfléchir un peu. Ok. Lui il a proposé du sexe… Mais le sexe c'est pas s'engager.

J'ai besoin de toi Daiki.

Ça… ça fout une pression de dingue. L'angoisse remonte d'un seul coup. Son cœur s'affole dans sa poitrine de nouveau il a le souffle court. Il essaie de calmer sa respiration. D'un autre côté, est-ce que juste du sexe avec Taiga c'est possible ? Bien-sûr que Taiga va pas accepter d'être juste un sexfriend. C'est absolument utopique de croire qu'ils peuvent s'en tenir à ça. C'est impossible. Il sait lui-même que Taiga c'est plus que ça. Mais ça fait tellement flipper.

.
KAGAMI

J'ai besoin de toi Daiki.

Il a vraiment dit ça ? Ok… Vu le silence de Daiki… Il a vraiment dit ça. Il déglutit et maintenant qu'il l'a dit autant aller au bout. Son estomac se tord un peu.

« C'est que… J'ai testé le sexe avec d'autre… Et c'était pas fou non plus quoi… »

Et bizarrement, il se sent un peu coupable d'avouer qu'il a couché avec d'autres mecs que Daiki. Ce qui est idiot parce qu'il sait que lui non plus ne s'est pas gêné. Son ami détourne les yeux et avale son whisky cul sec.

.

AOMINE

C'est con mais ouais ça le fait un peu chier de savoir que Taiga a couché avec d'autres mecs.

« Daiki… Je te demande rien ok ? »

Il a mis trop de temps à réfléchir. Il reporte son attention sur Taiga, qui a l'air triste ? Déçu ? Et puis pourquoi il revient sur ce qu'il a dit ? Et pourquoi ça le fait chier que Taiga ne demande rien ? Il réalise qu'il commence à penser n'importe quoi. Énervé par tout et son contraire.

« Je peux pas te donner ce que tu veux Taiga…

— Qu-quoi ? »

Il n'aime pas le regard blessé du tigre et encore moins d'en être responsable.

« J'dis pas que ce sera jamais le cas… Mais j'suis pas quelqu'un de fiable… Tu peux pas t'appuyer sur moi… J'me sens pas assez solide…

— J't'ai rien demandé Daiki…

— Alors pourquoi t'as besoin de moi ? »

Taiga baisse le regard et soupire.

« J'ai toujours des sentiments pour toi Dai… Mais j'm'en sors tout seul… Si tu m'dis que tu veux plus être avec moi… Que toi et moi c'est plus possible… Qu'on peut plus être plus que des amis. J'survivrai… »

Survivre ? Survivre… Et tu vas réussir à dormir Taiga ?

Il déglutit. Il n'a pas envie que Taiga survive. Il n'a pas envie qu'il ait cette vie grise qu'il a eu ces dix dernières années. Il veut… Que Taiga retrouve le sourire, son humour, sa joie de vivre. Le Taiga facétieux, coquin, aimant et tendre qu'il était il y a dix ans lui manque. Il veut revoir le désir ardent de l'affronter au basket dans son regard, où celui plus féroce et sauvage de lui faire l'amour passionnément. Il a eu des tas de partenaires sexuels, mais aucun ne l'a jamais aimé avec autant de passion que Taiga a pu le faire.

Survivre… Ça ne te va tellement pas Taiga. Tu mérites d'être heureux. Mais j'peux pas te rendre heureux. J'suis plus qu'une loque pathétique qui fait que survivre entre jeux dangereux et débauche tous les week-ends.

Taiga a l'air tellement épuisé, et encore plus maintenant alors qu'il le regarde et qu'il parle de « survivre ». Il mérite tellement plus que ça. Sa poitrine se serre, il ne se sent tellement pas à la hauteur, tellement pas assez bien pour lui.

Il déglutit. Il ne voit pas comment il pourrait le rendre heureux. Mais le voir avec un autre le tuerait. Peut-être que c'est ce qu'il aurait dû faire depuis longtemps arrêter de vivre pour libérer Taiga. Mais même ça il n'a pas eu le courage.

« Je sais pas Taiga… »

Taiga se redresse et s'assoit sur la table basse pour lui faire face. Coudes poser sur les genoux, il le regarde. Il a l'air triste mais déterminé.

« J'suis revenu pour toi Dai. Pour rien d'autre… J'peux pas t'oublier… Tout ce temps j'ai jamais pu… Je sais pas non plus si c'est possible. Je sais pas non plus ce qui peut nous attendre… Mais j'sais que je pourrai pas t'oublier. Jamais. Ma seule chance c'est que tu aies envie d'être avec moi… Comme j'en ai toujours envie… Ou que tu m'dises d'aller me faire foutre une bonne fois pour toutes. »

Une larme glisse sur la joue de Taiga et ça lui retourne complètement les tripes. Et ça lui donne une putain d'envie de chialer à lui aussi. Sa voix s'étrangle un peu quand il répond.

« J'peux pas te dire ça… J'veux pas que t'ailles te faire foutre… Et dans tous les sens du terme…

— Baka…

— J'ai toujours envie d'être avec toi Taiga… Mais j'flippe. Et je suis pas… Sûr d'être prêt. »

.

KAGAMI

Cette réponse ne lui plaît pas. Il a juste envie d'avancer. Il n'aime pas quand les choses ne sont pas claires ça ne fait que l'angoisser encore plus. Il soupire doucement. Il ne veut pas mettre la pression à Daiki. Il se souvient que ça l'avait toujours fait flipper… D'être trop exigeant et pousser son petit ami à en avoir marre de lui. Alors, il essayait toujours de ne pas trop en faire quitte à se frustrer et se rendre malheureux. Mais Daiki l'avait rassuré et lui avait dit qu'il avait le droit d'être capricieux. Est-ce qu'aujourd'hui il a encore le droit d'être capricieux ? Il est tellement fatigué. Mais il a l'air vraiment flippé. Il regarde l'heure. Il est presque minuit et il doit se lever tôt. Il est épuisé et là… Il veut juste dormir.

« Ok… J'comprends… »

Non en fait, il ne comprend pas. Mais ce soir il n'est pas en état de comprendre et de discuter de ça. Il passe une main dans ses cheveux déjà en bataille et il déglutit. Il le regarde suppliant.

« Mais… Dors avec moi… Juste dormir… S'il te plaît… Tu… Tu as toujours réussi à m'aider à dormir… Et j'ai juste besoin de dormir… »

Daiki n'hésite pas. Il hoche doucement la tête.

« Ok. »